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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Les technologies peuvent-elles aider &#224; accentuer une forme universitaire qui gagne en l&#233;gitimit&#233; tout en restant singuli&#232;re ?</title>
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		<dc:date>2019-01-03T06:37:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel Durampart</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un articlede Michel Durampart repris de la revue Distances et M&#233;diations des Savoirs, un site sous licence CC by sa &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;flexion revient sur le premier texte de Daniel Peraya au sein de la rubrique D&#233;bat-discussion de DMS : &#171; Technologies, innovation et niveaux de changement : les technologies peuvent-elles modifier la forme universitaire ? &#187; (Peraya, 2018) prolong&#233; depuis par d'autres chercheurs et Daniel Peraya lui-m&#234;me. Le tr&#232;s int&#233;ressant texte quasiment prospectif de Daniel Peraya (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique2.html" rel="directory"&gt;Retours d'exp&#233;riences&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L150xH111/arton4267-c28b7.png?1694237613' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/dms/3205&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt;de Michel Durampart repris de la revue Distances et M&#233;diations des Savoirs, un site sous licence CC by sa&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;flexion revient sur le premier texte de Daniel Peraya au sein de la rubrique D&#233;bat-discussion de DMS : &#171; Technologies, innovation et niveaux de changement : les technologies peuvent-elles modifier la forme universitaire ? &#187; (Peraya, 2018) prolong&#233; depuis par d'autres chercheurs et Daniel Peraya lui-m&#234;me. Le tr&#232;s int&#233;ressant texte quasiment prospectif de Daniel Peraya appelle et suscite plusieurs remarques et r&#233;actions. En premier lieu, nous allons souligner deux lignes de force qui nous paraissent constituer la forme scolaire : la &#171; cl&#244;turation &#187; et la transformation des pratiques &#233;ducatives li&#233;es au d&#233;veloppement des m&#233;dias &#233;ducatifs qui s'inscriraient alors dans la longue lign&#233;e d'une d&#233;marche p&#233;dagogique centr&#233;e sur la transformation d'un support de communication en outil de transmission (M&#339;glin, 2005). Ceci permet d'aborder de fait l'innovation li&#233;e aux technologies &#233;ducatives au sein de la forme scolaire comme atout principal pour penser les enjeux du statut et du r&#244;le de l'universit&#233;. La question des changements mis en &#339;uvre dans l'&#233;volution de la forme universitaire se pose alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, il nous semble opportun de r&#233;agir sur le pr&#233;texte utilis&#233; par Daniel Peraya &#224; partir de la pol&#233;mique sur le smartphone dans les &#233;tablissements scolaires. Nous avons conduit et particip&#233; &#224; des programmes de recherche o&#249; indirectement cette question de la place du smartphone, de la t&#233;l&#233;phonie mobile, au sein de l'&#233;cole se traduit dans la question de la place des objets-fronti&#232;res (entendons par objets-fronti&#232;res des objets qui, du point de vue de l'&#233;cole, peuvent poser des questions de l&#233;gitimit&#233;, objets informels buissonnants entre la sph&#232;re priv&#233;e et publique). Dans les contextes &#233;ducatifs, nous avons partiellement constat&#233; que le smartphone pouvait s'int&#233;grer dans les pratiques &#233;ducatives scolaires, mais cela se produit souvent dans des dynamiques de contournement des principes et des r&#232;gles sous la forme de contrats, de n&#233;gociations pass&#233;es entre les enseignants et personnels &#233;ducatifs et les &#233;l&#232;ves. Ce ph&#233;nom&#232;ne donne raison &#224; Bruno Devauchelle (2018) : &#171; Ce sont les acteurs eux-m&#234;mes, et en particulier ceux qui y travaillent au quotidien, qui pilotent l'&#233;volution de cette forme et les r&#233;sistances que l'on observe &#187;. Nous reviendrons sur cet argument en le nuan&#231;ant quelque peu cependant. Pour exemple, dans une de nos observations men&#233;es en coll&#232;ge sur un projet p&#233;dagogique dit innovant (Collet, Durampart et P&#233;lissier, 2014), une responsable de CDI passe un accord avec les &#233;l&#232;ves fr&#233;quentant le centre afin qu'ils puissent utiliser leur portable (proscrit au sein du centre de documentation) pour peu qu'ils en fassent un usage utile en termes de recherche d'informations li&#233;e &#224; leur pr&#233;sence dans le centre. Elle se r&#233;sout &#224; agir ainsi plut&#244;t que de passer un temps chronophage &#224; r&#233;primer les utilisations non conformes. Pour autant, et Daniel Peraya (2018) rappelle avec justesse et judicieusement d'autres exemples venus d'autres pays, cette interdiction/ encadrement pose question, n'est jamais vraiment r&#233;gl&#233;e. Ce ph&#233;nom&#232;ne repose cette ancienne question bien &#233;tudi&#233;e par Pierre Moeglin (2002) de l'aporie entre stabilisation et instabilit&#233;. C'est bien aussi la porosit&#233; entre des pratiques sociales et des pratiques &#233;ducatives qui nous obs&#232;de lorsque la forme scolaire est aux prises avec l'&#233;volution de la place des m&#233;dias &#233;ducatifs en son sein. Le t&#233;l&#233;phone mobile est r&#233;tif. Il est complexe et d&#233;licat de le fondre dans une d&#233;marche bien &#233;tablie au c&#339;ur de l'&#233;cole qui consisterait &#224; en faire un m&#233;dia &#233;ducatif, op&#233;ration qui consiste donc &#224; transformer et re-cl&#244;turer son usage pour qu'il soit conforme avec le monde scolaire et ses finalit&#233;s. C'est ce qu'illustre cette situation, mais est-il possible de proscrire plut&#244;t que de chercher &#224; cl&#244;turer ainsi, d'une certaine mani&#232;re, un dispositif qui joue une place centrale dans les relations entre l'&#233;cole et son environnement. La question est ouverte et l'&#233;tude au long cours des cons&#233;quences de cette d&#233;cision sera certainement fertile.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La forme scolaire permet-elle (et avec quelles limites) une caract&#233;risation de l'universit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si nous revenons sur le fond m&#234;me de la proposition de Daniel Peraya, nous voudrions apporter un point de vue peut-&#234;tre un peu dissonant sur cette tr&#232;s pertinente sp&#233;culation (qui semble rejoindre certaines positions des diff&#233;rentes auteurs contribuant &#224; ce d&#233;bat) consistant &#224; faire entrer une projection de la forme scolaire vers une forme universitaire. L'usage que nous faisons de la forme scolaire, et cela a ouvert une discussion r&#233;cemment lors d'une communication au colloque Ludovia (Durampart, 2018), nous fait &#233;tablir une certaine distance avec des cat&#233;gorisations d&#233;limit&#233;es de cette forme. Il s'agit plut&#244;t de prendre ce mouvement de pens&#233;e et ces d&#233;bats sur la forme scolaire comme une invocation, une r&#233;f&#233;rence qui offre comme socle pertinent de reposer diff&#233;remment avec d'autres focales la question du statut, du r&#244;le et de la place de l'&#233;cole et du rapport entre &#233;cole et soci&#233;t&#233;. Il est bien s&#251;r possible de la d&#233;finir et de la prendre comme curseur d'interrogation. Autrement dit, nous serions plus sensible aux interrogations et termes de ces interrogations li&#233;es &#224; la forme scolaire qu'au versant caract&#233;risation. D'ailleurs, dans sa stimulante contribution Melina Solari Landa (2018) montre bien que : &#171; ses caract&#233;ristiques [de la forme scolaire] ne font pas l'unanimit&#233; chez les chercheurs &#187;. De plus, nous &#233;prouvons une certaine difficult&#233; &#224; prendre la forme scolaire comme un concept, il s'agit pour nous plut&#244;t d'une notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan des formes, puisque Daniel Peraya nous propose d'enrichir les r&#233;f&#233;rences, nous voudrions souligner, &#233;videmment sur un tout autre plan, la possibilit&#233; de prendre en compte les travaux produits, au sein du courant de la communication des organisations. Il s'agit notamment d'articles de C. Le M&#246;enne (2001) sur les formes sociales qu'il traduit du c&#244;t&#233; des techniques par &#171; formes objectales &#187; &#224; partir, par exemple, des travaux de Th&#233;venot (1986). Formes sociales propensives, dissipatives, alt&#233;r&#233;es, etc. qui tentent aussi de rejoindre une forme de mat&#233;rialit&#233; du contexte sociotechnique li&#233;e &#224; une mat&#233;rialit&#233; et un imaginaire des techniques : &#171; Ces objets num&#233;riques nous obligent au fond &#224; repenser profond&#233;ment, en remontant &#224; l'origine des techniques, notre rapport aux objets, qui ne sont pas ext&#233;rieurs &#224; nous, qui sont des &#171; formes objectales &#187;, dans la mesure o&#249; elles sont des dispositifs de m&#233;moire cristallis&#233;e par des normes et des pratiques collectives accumul&#233;es, qui nous permettent, depuis l'aube de l'humanit&#233;, d'agir dans des mondes sur lesquels nous ne connaissons pas grand-chose, gr&#226;ce aux routines et informations cristallis&#233;es dans ces formes. Autant dire que les dispositifs num&#233;riques apparaissent &#224; quelques &#233;gards comme le r&#233;sultat de longues lign&#233;es &#233;volutionnaires d'objets informationnels, et non pas comme les premiers dispositifs de m&#233;moire artificielle. &#187; (Le Mo&#235;nne, 2015). Cette traduction est &#233;videmment tr&#232;s rapide. Sch&#233;matiquement, elle signifie que les techniques, les objets, sont ancr&#233;s &#224; travers des processus, des routines, des investissements affectifs qui, d'une certaine fa&#231;on, peuvent cristalliser, s&#233;dimenter la fa&#231;on dont les sujets sont aux prises avec la marche incertaine du monde et de l'environnent qui les entoure en les r&#233;assurant en quelque sorte face &#224; l'incertitude. Ces formes objectales ont donc une propension, &#224; travers des processus d'appropriation, &#224; r&#233;v&#233;ler la fa&#231;on dont les sujets se conduisent dans les mondes sociaux, qu'il s'agisse d'accompagnement, de focalisation, mais aussi de d&#233;tournement ou de d&#233;viation. Cette question des formes objectales qui agissent au sein des formes organisationnelles prend aussi en charge la question des rythmes d'&#233;volution, de l'acc&#233;l&#233;ration, des dislocations/recompositions organisationnelles et nous para&#238;t donc int&#233;ressante &#224; relever. Elle offre un compl&#233;ment, un contrepoint, permettant d'interroger ce qui se passe entre les organisations de la connaissance et l'apport des TNIC (technologies num&#233;riques d'information et de communication) en termes de formes organisationnelles dont la forme universitaire. De plus, elle s'inscrit bien dans une arch&#233;ologie des m&#233;dias &#233;ducatifs en termes de fili&#232;re longue, d'historicit&#233; des &#233;volutions &#233;ducatives. Il nous semble bien que l'int&#233;ressante notion de cristallisation marque bien la tension entre p&#233;rennisation des transformations et leur d&#233;licate stabilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais ajouter &#224; la lign&#233;e des travaux invoqu&#233;s par les diff&#233;rents auteurs dans cette rubrique, la part cruciale du d&#233;bat critique apport&#233;e par ces analyses. Nous pouvons relever que l'int&#233;r&#234;t des travaux sur la forme scolaire (Montandon, 2005 ; Vincent, 1994) est que cette notion servait &#224; r&#233;v&#233;ler des d&#233;bats qui se d&#233;roulaient alors que l'&#233;cole traversait une crise de l&#233;gitimit&#233; et se voyait contest&#233;e par d'autres formes concurrentes, confrontant espace ouvert et ferm&#233;, cl&#244;ture et ouverture alt&#233;rit&#233; et alt&#233;ration, formes institu&#233;es/formes informelles. Cl&#233;op&#226;tre Montandon (2005) met cette filiation th&#233;orique en relation avec le contexte des ann&#233;es 1960 et 1970, pendant lesquelles l'&#233;cole a &#233;t&#233; accus&#233;e de bien des mani&#232;res diff&#233;rentes de faillir &#224; sa mission avec les crit&#232;res universalisme/particularisme, sp&#233;cificit&#233;/diffusion, affectivit&#233;/neutralit&#233; pour caract&#233;riser des formes sociales de relations, dont la forme scolaire. &#192; notre &#233;poque, l'&#233;cole doit sans cesse red&#233;finir et pr&#233;server cette pr&#233;s&#233;ance avec ces formes concurrentes (en les connaissant bien &#233;galement et en &#233;tant lucide sur les enjeux en lice). Cette situation critique s'est d'autant plus accentu&#233;e avec l'enseignement &#224; distance, la formation sur mesure (notamment du fait que c'est un march&#233; tr&#232;s convoit&#233; et dynamique). Le milieu scolaire et, sans doute avec une plus forte pression encore, les universit&#233;s, doivent donc prendre en compte les propositions et les atouts de ces formes concurrentes. D'autant plus que celles-ci s'attachent en plus de fa&#231;on diss&#233;min&#233;e &#224; fonder leur pr&#233;s&#233;ance en d&#233;l&#233;gitimant les formes insatur&#233;es de la transmission des connaissances comme l'universit&#233; ou, tout au moins, &#224; soutenir que ces institutions ne sont plus en mesure de remplir leur mission.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La fabrique de l'enseignement &#224; l'universit&#233; confront&#233; aux dispositifs num&#233;riques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est, nous semble-t-il, un des termes de ce d&#233;bat qui vaut pour l'universit&#233;, mais il peut manquer un aspect dans ce qui est distinctif &#224; l'universit&#233;. Cela peut sembler une &#233;vidence (mais l'est-elle autant de fait ?) que l'on fasse une distinction entre p&#233;dagogie et andragogie au sein d'un m&#234;me d&#233;bat sur la l&#233;gitimit&#233; de l'&#233;cole comme de l'universit&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; leur grande mission et r&#244;le et leur contestation souvent invoqu&#233;e ou implicite par toutes les formes &#233;ducatives concurrentes qu'elles soient formelles ou informelles. De ce point de vue, l'universit&#233; peut connaitre ces bouleversements, mais elle est d&#233;j&#224; dans un &#233;tat de contamination, exposition &#224; son environnement puisque, bien plus que l'&#233;cole, elle est en situation de ne pas r&#233;guler les pratiques venues de l'ext&#233;rieur. De ce point de vue, l'universit&#233; est sans doute encore peut &#234;tre plus expos&#233;e face &#224; la construction de discours porteurs et promoteurs des MOOC, par exemple, dans la sph&#232;re de la formation, de l'apprentissage pour adultes qui devient un march&#233; dense et extr&#234;mement concurrentiel. L'industrialisation de la formation devient aussi l'enjeu de toutes les formes concurrentes au secteur public sur le socle de la capacit&#233; &#224; &#233;riger une &#233;ducation de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus ouverte et poreuse face &#224; sur son environnement et c'est l&#224; que l'on peut faire une distinction, l'universit&#233; a-t-elle besoin d'une forme de &#171; cl&#244;turation &#187; pour &#234;tre efficiente ? En fait, c'est bien dans deux directions que cet axiome peut se r&#233;v&#233;ler pertinent. La relation privil&#233;gi&#233;e et construite avec les apprenants sur la base d'une formation citoyenne suppose la non-reproduction des mod&#232;les professionnels des mondes priv&#233;s, entrepreneuriaux &#224; partir d'une formation de masse (au moins collective) privil&#233;giant une temporalit&#233; longue avec des parcours install&#233;s dans un cadre privil&#233;gi&#233; et sp&#233;cialis&#233; en pr&#233;sence et en proximit&#233;. De ce point de vue, on doit bien constater que l'universit&#233; ne peut s'emp&#234;cher de reproduire des mod&#232;les import&#233;s tout en tentant de d&#233;finir des mod&#232;les propres &#224; sa forme. Il peut s'agir de cr&#233;ation de parcours et dipl&#244;mes ad hoc, de validation des acquis professionnels, d'adossement entre formation continue et formation initiale, de mod&#232;les organis&#233;es de plateformes p&#233;dagogiques collectives se voulant collaboratives, mais aussi d'importation ou de recr&#233;ation de MOOC ou de propositions standardis&#233;es fournies par les grands op&#233;rateurs ou prestataires du web.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interrogation de la forme du point de vue du fonctionnent montre bien que l'hybridation des mod&#232;les, des supports, des situations, ne va pas de soi (Peraya, 2014). N'est-il pas question plut&#244;t d'un renouvellement o&#249; l'innovation se doit d'assumer conjointement la rupture et le prolongement avec les pratiques en cours ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le syst&#232;me scolaire, il a pu se produire la tentation d'une cong&#233;lation, il nous semble qu'actuellement les r&#233;alit&#233;s et les politiques &#233;voluent sur ce plan. Nous sommes en accord avec l'argument avanc&#233; par Daniel Peraya dans le premier texte : &#171; la g&#233;n&#233;ralisation d'un outil, sa &#171; routinisation &#187;, n'implique pas n&#233;cessairement une &#233;volution g&#233;n&#233;rale et homog&#232;ne de son usage, pas plus que des pratiques p&#233;dagogiques dans lesquelles elles s'int&#232;grent &#187;. Une autre id&#233;e s'ins&#232;re donc alors autant pour l'&#233;cole que l'universit&#233;, ces formes ont pour r&#244;le de r&#233;sister aux ph&#233;nom&#232;nes d'acc&#233;l&#233;ration (Rosa, 2010), de pr&#233;cipitation, de saturation, que les TNIC peuvent susciter dans d'autres formes organisationnelles. L'&#233;cole a alors pour r&#244;le de ralentir, de proposer un cadre de connaissances en sus de l'acquisition d'un savoir et d'une maitrise, l'universit&#233; a au moins pour fonction, de contextualiser ces socio-technologies. Cela suppose de fait d'&#233;laborer un socle, un processus, qui permet de propager une intelligence institutionnelle &#224; partir d'une r&#233;flexivit&#233; (penser ce que l'on fait en m&#234;me temps que l'on fait). Sous un autre angle, on pourrait &#233;voquer le manque ou la faible consistance d'une discipline fond&#233;e dans l'enseignement historique, culturel, pol&#233;mique, discut&#233;, des technologies num&#233;riques, non pleinement assur&#233;e &#224; l'&#233;cole. Penser le num&#233;rique devrait se retraduire dans l'histoire longue d'une pens&#233;e sur la culture des techniques qui pourrait constituer une discipline (m&#233;ta discipline) en elle m&#234;me. C'est visiblement difficile &#224; constituer &#224; l'&#233;cole, mais l'universit&#233;, encore une fois, par le biais de disciplines constitu&#233;es : sciences de l'&#233;ducation, sciences de l'information-communication, psychologie, sciences cognitives, s&#233;miologie, philosophie, anthropologie, etc., est pour le coup bien arm&#233;. C'est bien la question d'une culture des techniques et d'une histoire des technologies et de leur traitement scientifique autant que du sens de leur usage pour l'universit&#233; et d'une &#171; p&#233;dagogisation &#187; du num&#233;rique au sein de l'&#233;cole : Sloterdijk, l'hom&#233;otechnique (2000) et Latour, la traduction (1994). Nous sommes de ce fait assez enclin &#224; partager la conclusion du texte de Fran&#231;ois Villemonteix (2018) &#233;voquant un rapport r&#233;cent de l'IGAENR (2018) qui : &#171; souligne la difficult&#233; des universit&#233;s &#224; prendre en compte les potentialit&#233;s qu'offre le num&#233;rique pour le d&#233;veloppement d'une nouvelle culture professionnelle et organisationnelle &#187;. La porosit&#233;, la contamination, ce que l'&#233;cole et l'universit&#233; font avec le num&#233;rique, le renouvellement en ce sens des pratiques rend encore plus sensible une n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server un espace privil&#233;gi&#233;, hors des pressions sociales tout en assumant au mieux ces effets sociotechniques devenus incontournables avec le &#171; technologisation &#187; du monde, &#171; la plissure num&#233;rique &#187; diraient certains. Il ne s'agit donc pas tant de proscrire, que de ralentir, de contextualiser de mettre &#224; distance. L'&#233;cole, pas plus que l'universit&#233;, n'a &#224; se pr&#233;occuper de reproduire les mondes sociaux en son sein, autre incidence s'il en est de la traduction de la forme scolaire. Par contre, elle a pour destination de les faire &#233;tudier et de pr&#233;parer les citoyens de demain &#224; s'y ins&#233;rer au mieux tout en gardant une libert&#233; d'agir et d'&#233;voluer. Nous sommes toujours un peu navr&#233; d'entendre certains coll&#232;gues (notamment en Institut Universitaire Technologique, IUT) qui &#233;noncent d'une certaine fa&#231;on un contresens constituant &#224; dire que le mieux en termes d'enseignement c'est de faire au plus pr&#232;s des mod&#232;les des professionnels au sein des entreprises, voire de proc&#233;der comme ils le font. Indirectement, ils reprennent ainsi &#224; leur compte l'id&#233;e que l'universit&#233; n'est pas en phase avec les attentes des entreprises. On peut se demander si, vis-&#224;-vis des TNIC, le m&#234;me type de position n'a pas tendance &#224; se d&#233;velopper alors qu'il s'agit de donner ainsi aux &#233;tudiants la possibilit&#233; de les connaitre et les utiliser tout en forgeant aussi une distance et une &#233;ducation afin de former d'aussi bons praticiens que de vrais citoyens. L'enseignement de la maitrise et celui de la connaissance ne devraient pas &#234;tre incompatibles, mais les conceptions qui forgent l'id&#233;e que la maitrise (par exemple celle du codage) suffit &#224; constituer la connaissance nous paraissent au mieux emprunts d'une certaine m&#233;connaissance de ce qu'est la d&#233;licate mission d'enseigner, au pire, emprunt d'une vision d&#233;terministe qui fait fit rapidement de l'histoire de la philosophie, de l'heuristique des connaissances et des enjeux techniques, enjeux du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'universit&#233; peut ais&#233;ment, autant ou plus que l'&#233;cole, r&#233;approprier dans un cadre contingent les TNIC afin de re-l&#233;gitimer le r&#244;le et le statut de l'universit&#233; face &#224; toutes ses formes concurrentes. N'y a t-il pas au fond de la question l'id&#233;e de promouvoir autrement que par des injonctions performatives ce fameux statut de l'apprenant-acteur, strat&#232;ge (ce qui m&#233;rite par ailleurs une r&#233;flexion sur le fait que cette d&#233;signation &#171; apprenant-strat&#232;ge &#187; pourrait v&#233;hiculer en germe une forme de d&#233;mission de la fonction d'enseignement). Il semble bien qu'en l'&#233;tat la liaison pr&#233;sence et distance peut &#234;tre d'une certaine fa&#231;on d&#233;sarticul&#233;e et pourrait m&#234;me renvoyer alors plut&#244;t &#224; l'absence (Jacquinot-Delaunay, 1993).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, lorsqu'il s'agit de l'&#233;volution des pratiques p&#233;dagogiques, le statut de l'apprenant est encore plus crucial &#224; l'universit&#233; du fait qu'il s'agit d'une andragogie destin&#233;e &#224; des adultes. Cependant, nous voudrions relativiser la place centrale donn&#233;e aux acteurs dans le cadre des effets ou d&#233;marches de changement, d'adaptation. L'&#233;cole (plus que l'universit&#233; pour le coup), actuellement, montre des dispositions au niveau institutionnel &#224; susciter des dynamiques, des matrices (E Fran, Incubateurs, Fab Ecole) qui tentent de r&#233;soudre l'infernale &#233;quation opposant les innovations locales (micro) aux conduites de changement global (niveau macro : le plan informatique pour tous &#224; l'&#233;cole dans les ann&#233;es 1980 et les plans &#233;quipement tablettes conduits en France &#224; partir de 2012). Ces d&#233;marches (qui impliquent le plus souvent des chercheurs universitaires) semblent bien se d&#233;velopper afin d'&#233;chapper aux freins des innovations locales non transposables et des plans globaux sur un mod&#232;le g&#233;n&#233;ral et descendant se diluant dans la lourdeur et les nombreuses apories des processus mis en &#339;uvre ou de leurs propres contradictions. L'universit&#233; serait &#224; ce niveau plus r&#233;tive &#224; se penser, si l'on ose dire, comme porteuse de son propre changement, mais elle est aussi structur&#233;e autour de l'activit&#233; scientifique que, finalement, elle ne sait pas toujours bien utiliser comme vecteur d'une capacit&#233; &#224; penser l'universit&#233; dans un cadre de renouvellement, donnant toute sa place aux technologies socialis&#233;es, qui modifierait &#233;galement sa forme. Pour reprendre et compl&#233;ter la distinction trilogique de la proposition de Daniel Peraya &#224; partir des niveaux micro, meso, macro, nous proposons alors de subdiviser encore cette trilogie (comme le fait Melina Solari Landa) en articulant conjointement l'institution, l'organisation, le syst&#232;me constitu&#233; de collectifs. Le niveau micro pourrait alors s'incarner aussi dans le fonctionnement, l'op&#233;rationnel, le niveau meso dans l'activit&#233; et la structure et le macro dans l'orientation, l'encadrement, la planification. Par ailleurs, une des particularit&#233;s finalement de cette forme universitaire pourrait r&#233;sider dans l'adossement formation-recherche. C'est un m&#233;ta savoir qui est en jeu, ce qui ravive donc la question de la contextualisation qui permet d'&#233;viter une &#171; cl&#244;turation &#187; sans porosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, les dynamiques d'innovation devraient donc s'accompagner d'une r&#233;flexivit&#233;, d'un auto-apprentissage, sur les changements conduits, d'une contextualisation, d'une prise en compte des rem&#233;diations. Il n'est finalement pas si grave que l'innovation soit conduite en rupture, transposition ou continuit&#233;, m&#234;me s'il convient d'interroger cette trilogie dans la r&#233;ponse pertinente ou non qu'elle apporte. Le probl&#232;me est bien qu'un consensus se forge peu sur le sens et l'orientation des transformations conduites et pas non plus sur les strat&#233;gies qui devraient souder les pratiques de changement, les termes des innovations conduites avec l'&#233;volution de la forme universitaire par exemple. L'universit&#233;, plus encore que l'&#233;cole, est en mesure de r&#233;duire ces tensions entre innovation locale difficiles &#224; s&#233;dimenter ou &#224; g&#233;n&#233;raliser et grandes orientations strat&#233;giques s&#233;par&#233;es d'un portage et d'une acceptabilit&#233; localis&#233;e (M&#339;glin, 2002) par la remise en cause d'un imp&#233;rium du niveau macro avec la constitution d'une dynamique de projets port&#233;e par le collectifs. &#192; ce niveau, nous proposerions d'&#233;tudier en parall&#232;le comment, dans des contextes diff&#233;rents, des formes structur&#233;es par une mission de service public sont disloqu&#233;es et reconfigur&#233;es conjointement comme l'universit&#233;, l'h&#244;pital, les organisations de sant&#233;, le secteur de l'intervention sociale. Une telle approche serait utile &#224; prendre en compte dans la conduite d'une mise en perspective des tensions au sein des formes. Cela pourrait, et c'est l&#224; que la proposition de Daniel Peraya est tr&#232;s stimulante et judicieuse, souligner comment se constitue des asym&#233;tries entre les changements conduits dans le fonctionnel et l'op&#233;rationnel, les pratiques, et l'&#233;volution r&#233;elle des formes qui ne traduisent donc qu'incompl&#232;tement et imparfaitement ces dynamiques et mouvements. C'est l&#224; aussi que l'intelligence des acteurs pourrait aussi trouver une traduction et un appui dans l'intelligence organisationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collet, L., Durampart, M. et P&#233;lissier, M. (2014). Focus sur les terrains de recherche CRDP, m&#233;diath&#232;ques, OBTIC, en r&#233;gion PACA. Les cahiers de la SFSIC, p. 154-155.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durampart, M. (2018, ao&#251;t). Quel devenir pour la forme scolaire face aux innovations li&#233;es aux dispositifs num&#233;riques ? Communication pr&#233;sent&#233;e au Colloque, Ax-les-Thermes, France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacquinot-Delaunay, G. (1993). Apprivoiser La distance et supprimer l'absence ? Ou les d&#233;fis de la formation &#224; distance. Revue Fran&#231;aise de P&#233;dagogie, 102, 55-67. R&#233;cup&#233;r&#233; de : &lt;a href=&#034;http://ife.enslyon.fr/publications/edition-electronique/revue-francaise-de-pedagogie/INRP_RF102_6.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ife.enslyon.fr/publications/edition-electronique/revue-francaise-de-pedagogie/INRP_RF102_6.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Latour, B. (1994). De l'humain dans les techniques. Dans L'empire des techniques (p.167-179). Paris : Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peraya, D. (2018). Technologies, innovation et niveaux de changement : les technologies peuvent-elles modifier la forme universitaire ? Distances et m&#233;diations des savoirs. 21. R&#233;cup&#233;r&#233; de : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org.proxy.scd.univ-lille3.fr/dms/2111&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org.proxy.scd.univ-lille3.fr/dms/2111&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peraya, D. (2014). Distances, absence, proximit&#233;s et pr&#233;sences : des concepts en d&#233;placement. Distances et m&#233;diations des savoirs, 8. R&#233;cup&#233;r&#233; le 20 f&#233;vrier 2018 de : &lt;a href=&#034;http://archiveouverte.unige.ch/unige:44549&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://archiveouverte.unige.ch/unige:44549&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#339;glin, P. (2005). Outils et m&#233;dias &#233;ducatifs : une approche communicationnelle. Grenoble : Presses universitaires de Grenoble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moeglin, P. (2002). Qu'y a-t-il de nouveau dans les nouveaux m&#233;dias. Dans G.-L. Baron et E. Bruillard, Les technologies en &#233;ducation, perspectives de recherches et questions vives (p. 153-164). Paris : Maison des sciences de l'Homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montandon, C. (2005). Formes sociales, formes d'&#233;ducation et figures th&#233;oriques. Dans Les formes de l'&#233;ducation : vari&#233;t&#233; et variations (p. 223-243). Bruxelles : De Boeck. Raisons &#233;ducatives, 223&#8209;43.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Vincent, G. (1994). L'&#233;ducation prisonni&#232;re de la forme scolaire ? Scolarisation et socialisation dans les soci&#233;t&#233;s industrielles. Lyon : Presses universitaires de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;venot, L. (1986). Les investissements de forme. Paris : Presses universitaires de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour citer cet article&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rence &#233;lectronique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Durampart, &#171; Les technologies peuvent-elles aider &#224; accentuer une forme universitaire qui gagne en l&#233;gitimit&#233; tout en restant singuli&#232;re ? &#187;, Distances et m&#233;diations des savoirs [En ligne], 24 | 2018, mis en ligne le 17 d&#233;cembre 2018, consult&#233; le 07 janvier 2019. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/dms/3205&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/dms/3205&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Durampart&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aix Marseille Univ, Universit&#233; de Toulon, IMSIC, Toulon , France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel.durampart@univ-tln.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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