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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>L'&#233;cole face &#224; un monde plurilingue (1)</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article419.html</link>
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		<dc:date>2016-02-26T08:38:50Z</dc:date>
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		<dc:creator>Marielle Silhouette</dc:creator>



		<description>&lt;div STYLE=text-align:justify&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The Conversation France a d&#233;cid&#233; de publier une s&#233;rie de trois articles sur le th&#232;me de l'enseignement des langues face aux r&#233;formes en cours, dans le cadre d'un dossier coordonn&#233; par Marielle Silhouette, professeure &#224; Paris X et pr&#233;sidente de l'Association des germanistes de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes tous trop souvent mentalement et naturellement monolingues alors que le monde est plurilingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardez une classe aujourd'hui. Plusieurs nationalit&#233;s sont souvent repr&#233;sent&#233;es et elles sont parfois nombreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas nouveau et c'est un trait de notre histoire mill&#233;naire. Au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, on estime qu'une moiti&#233; de la population comprenait et parlait le fran&#231;ais, les autres ne connaissaient que les langues de nos provinces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, avec la g&#233;n&#233;ralisation de l'&#233;ducation et les m&#233;dias, il n'y a pas d'int&#233;gration sociale pour quiconque ne ma&#238;trise la langue nationale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un article repris du magazine The conversation un site sous licence cc by nd&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div STYLE=text-align:justify&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The Conversation France a d&#233;cid&#233; de publier une s&#233;rie de trois articles sur le th&#232;me de l'enseignement des langues face aux r&#233;formes en cours, dans le cadre d'un dossier coordonn&#233; par Marielle Silhouette, professeure &#224; Paris X et pr&#233;sidente de l'Association des germanistes de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article repris du magazine The conversation un site sous licence cc by nd.&lt;/p&gt;
&lt;/em&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes tous trop souvent mentalement et naturellement monolingues alors que le monde est plurilingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardez une classe aujourd'hui. Plusieurs nationalit&#233;s sont souvent repr&#233;sent&#233;es et elles sont parfois nombreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas nouveau et c'est un trait de notre histoire mill&#233;naire. Au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, on estime qu'une moiti&#233; de la population comprenait et parlait le fran&#231;ais, les autres ne connaissaient que les langues de nos provinces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, avec la g&#233;n&#233;ralisation de l'&#233;ducation et les m&#233;dias, il n'y a pas d'int&#233;gration sociale pour quiconque ne ma&#238;trise la langue nationale. Cela ne veut pas dire que les autres langues, celles qui sont parl&#233;es dans les familles n'ont pas d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Pas de langue universelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'on sort du cadre national, c'est une &#233;vidence que le monde est plurilingue et qu'aucune langue n'est universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les langues que l'on dit &#171; internationales &#187;, l'anglais en premier, mais aussi le fran&#231;ais, l'espagnol, notamment, quand elles ne sont pas parl&#233;es par des natifs, ne sont parl&#233;es que par des couches restreintes de la population dont le niveau d'appropriation est &#233;minemment variable et avec des syst&#232;mes de r&#233;f&#233;rence qui ne sont pas ceux naturellement attach&#233;s &#224; cette langue, mais ceux de leur propre culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait m&#234;me que l'on parle de langue &#171; internationale &#187; signifie que cette langue est plus ou moins d&#233;pouill&#233;e de ses substrats et syst&#232;mes de r&#233;f&#233;rence qui font toute la sp&#233;cificit&#233; des multiples variantes d'une m&#234;me langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la langue est une abstraction. Concr&#232;tement, il n'y a que des individus et des soci&#233;t&#233;s qui, par le ou les langages qu'ils ont en commun, se comprennent et organisent leur vie sociale. Avant d'&#234;tre une grammaire, la langue est un fait social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La langue est souvent d&#233;crite comme un outil. C'est vrai, dans une certaine mesure, pour demander son chemin, pour commander ou ob&#233;ir &#224; des ordres &#233;l&#233;mentaires, pour prendre l'avion ou lire un mode d'emploi. Mais pour aller au-del&#224;, exprimer un sentiment, une opinion, une mani&#232;re de voir, elle cesse d'&#234;tre un outil et r&#233;v&#232;le sa nature profonde qui en fait un milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe allemand Leibniz y voyait un milieu qui conditionne la pens&#233;e et non un v&#233;hicule de la pens&#233;e. Dirions-nous du poisson qu'il se sert de l'eau pour nager ? Peut-&#234;tre, mais quand il est hors de l'eau, il meurt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on comprenne bien. La langue est une fen&#234;tre sur le monde et les langues sont autant de fen&#234;tres et de mani&#232;res de voir le monde, nullement &#233;tanches les unes aux autres, mais au contraire souvent fluides, en interactions r&#233;ciproques, gr&#226;ce au plurilinguisme et &#224; la traduction.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Balbutiements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est cela qu'il faut apprendre &#224; l'&#233;cole et cela est vrai du fran&#231;ais comme de toutes les langues vivantes enseign&#233;es. Bien s&#251;r, cela ne vient pas tout seul, il ne suffit pas de le dire, comme dans cet article. Il faut que cela soit bien compris, ressenti, v&#233;cu, et il faut des ann&#233;es pour atteindre ce r&#233;sultat, et ce seul fait justifie qu'il faille commencer tr&#232;s t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au risque de choquer, d'une certaine fa&#231;on, nous sommes aux balbutiements de l'enseignement des langues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le coll&#232;ge et le lyc&#233;e &#233;taient encore r&#233;serv&#233;s &#224; une minorit&#233; de la population, les langues &#233;taient une sorte d'attribut de la culture. Apprendre deux langues signifiait qu'on appartenait &#224; une cat&#233;gorie pas forc&#233;ment ais&#233;e de la population, mais plut&#244;t culturellement &#233;duqu&#233;e. Les langues vivantes &#233;taient une forme de distinction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui tout est diff&#233;rent. Tous les enfants vont au coll&#232;ge et tous devraient aller au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le contexte de la mondialisation fait que tout le monde ou presque se trouve d'une mani&#232;re ou d'une autre en contact avec d'autres qui ne parlent pas forc&#233;ment sa langue ou qui la parlent plus ou moins. Il faut donc apprendre &#224; comprendre l'autre. C'est un tr&#232;s gros effort.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Les langues comme instrument du vivre ensemble&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un des premiers textes internationaux, sinon le premier, qui ait trait&#233; des langues vivantes comme instrument du vivre ensemble est la &lt;a href=&#034;http://www.coe.int/t/dg4/CulturalConvention/Source/Bilan50_FR.pdf&#034;&gt;convention culturelle europ&#233;enne de 1954&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e de l'apr&#232;s-guerre, et pour emp&#234;cher que le pire ne recommence, pour favoriser &#171; une union plus &#233;troite entre ses membres, notamment afin de sauvegarder et de promouvoir les id&#233;aux et les principes qui sont leur patrimoine commun &#187;, cette convention pr&#233;voyait de favoriser chez les ressortissants de tous les membres du Conseil, et de tels autres &#201;tats europ&#233;ens qui adh&#233;reraient &#224; cette Convention, l'&#233;tude des langues, de l'histoire et de la civilisation des autres Parties contractantes, ainsi que de leur civilisation commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, le Conseil de l'Europe, sous l'&#233;gide duquel cette convention a &#233;t&#233; conclue, a produit plusieurs recommandations dans lesquelles on ne disait pas le nombre de langues &#224; apprendre, mais cherchait les voies d'un syst&#232;me paneurop&#233;en d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est un pays dans lequel on a enseign&#233; au coll&#232;ge et au lyc&#233;e de nombreuses langues vivantes. &#192; partir des ann&#233;es quatre-vingt, petit &#224; petit l'anglais s'est impos&#233;, comme partout en Europe, au d&#233;triment des autres langues, en m&#234;me temps on observait avec la d&#233;mocratisation de l'enseignement un plafonnement, voire un abaissement du niveau de langue des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000 a &#233;t&#233; publi&#233; par le Conseil de l'Europe, le &lt;a href=&#034;http://www.coe.int/t/dg4/linguistic/Source/Framework_fr.pdf&#034;&gt;Cadre europ&#233;en commun de r&#233;f&#233;rence pour les langues&lt;/a&gt; (CECRL) destin&#233; &#224; faciliter la comparaison des syst&#232;mes d'apprentissage entre eux et de permettre d'&#233;valuer les comp&#233;tences en langues, voire de s'auto&#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CECRL introduisait aussi l'id&#233;e qu'il existe une comp&#233;tence globale en langue dont les capacit&#233;s dans les langues d'enseignement et dans les langues dites &#233;trang&#232;res, qu'elles soient vivantes ou anciennes, sont en r&#233;alit&#233; des d&#233;clinaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on ne peut apprendre toutes les langues auxquelles on peut &#234;tre confront&#233; au cours de sa vie, l'apprentissage scolaire d'au moins deux langues permet d'acqu&#233;rir une connaissance m&#233;talinguistique qui peut &#234;tre r&#233;investie tout au long de la vie. L'acquisition d'une troisi&#232;me langue est toujours plus facile que celle de la premi&#232;re et de la seconde. C'est ce que le CECRL nomme la comp&#233;tence &#171; plurilingue et interculturelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Apprendre au moins deux langues &#233;trang&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux ann&#233;es plus tard, en mars 2002, le Conseil europ&#233;en, r&#233;uni &#224; Barcelone, a &#233;mis dans ces conclusions finales la recommandation que d&#232;s le plus jeune &#226;ge, les Europ&#233;ens apprennent au moins deux langues &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette recommandation &#233;tait d&#233;j&#224; int&#233;gr&#233;e dans la l&#233;gislation fran&#231;aise dont l'&lt;a href=&#034;http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006524389&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071191&#034;&gt;article 121-3 du code de l'&#233;ducation&lt;/a&gt; affirmait depuis le 22 juin 2000 que &#171; la ma&#238;trise de la langue fran&#231;aise et la connaissance de deux autres langues font partie des objectifs fondamentaux de l'enseignement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux rapports et recommandations de l'Union europ&#233;enne ont &#233;t&#233; produits dans la p&#233;riode de 2002 &#224; 2010 sur la question des langues vivantes destin&#233;s &#224; donner une impulsion et &#224; concr&#233;tiser le projet initi&#233; en 1954.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en sommes l&#224;. &#171; Les langages pour penser et communiquer &#187; font partie aujourd'hui du socle commun de connaissance, de comp&#233;tences et de culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donner corps &#224; pareille ambition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la ministre avait annonc&#233; au printemps dernier sa volont&#233; d'engager la diversification des enseignements de langues vivantes d&#232;s l'&#233;cole primaire, en m&#234;me temps que le d&#233;mant&#232;lement des classes bilangues, faisant peser sur les langues autres que l'anglais, l'allemand en premier, une menace redoutable, l'OEP (&lt;a href='http://www.observatoireplurilinguisme.eu/'&gt;Observatoire europ&#233;en du plurilinguisme&lt;/a&gt; ) a choisi de prendre la ministre aux mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat est tomb&#233;. Apr&#232;s la circulaire du 20 octobre 2015, le pire n'est pas arriv&#233;, mais le mieux reste en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau publi&#233; le 16 janvier sur le site de l'ADEAF, l'Association pour le D&#233;veloppement de l'Enseignement de l'Allemand en France, laissait pr&#233;voir la fermeture de plus de 1 000 classes bilangues. Le nombre de fermetures est finalement de 622, soit 30 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute est rude, mais on mesure le chemin parcouru et le poids des derniers arbitrages rendus par la ministre. La protestation et la mobilisation du printemps et de la pr&#233;sente rentr&#233;e ont &#233;t&#233; utiles et constructives. La ministre a &#233;cout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut regarder l'ensemble des mesures et non seulement les classes bilangues pour avoir un jugement &#233;quilibr&#233;, les classes bilangues continuant d'occuper au c&#339;ur du dispositif une place essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Points positifs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re analyse, nous voyons trois points positifs et quatre points n&#233;gatifs dans le programme de Najat Vallaud-Belkacem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons donc par les points positifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Enfin une strat&#233;gie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re fois depuis Jack Lang qu'un ministre a une strat&#233;gie pour les langues vivantes. Nous ne citerons pas un pr&#233;c&#233;dent ministre qui avait fait du d&#233;veloppement de l'enseignement de l'anglais d&#232;s l'&#233;cole maternelle, en commen&#231;ant par le 7&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris, son vaisseau amiral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Diversification d&#232;s le primaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie commence par la diversification par l'&#233;cole primaire et, selon les chiffres annonc&#233;s, il ne s'agit pas seulement d'une d&#233;claration d'intention, mais, &#224; travers les cartes acad&#233;miques des langues vivantes, d'un revirement majeur par rapport &#224; la tendance pass&#233;e. Revirement majeur, qui n'est nullement nuisible &#224; l'anglais, mais qui au contraire doit permettre aux enfants, d'acqu&#233;rir &#224; un m&#234;me niveau deux langues vivantes &#233;trang&#232;res et non une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence de cette diversification est de permettre le maintien de classes bilangues en sixi&#232;me et d'assurer une continuit&#233; p&#233;dagogique dans la langue choisie d&#232;s le CP. En classes bilangues, les enfants ayant commenc&#233; l'allemand, l'espagnol, d&#232;s le CP, pourront continuer l'allemand ou l'espagnol en sixi&#232;me avec horaires renforc&#233;s, tout en commen&#231;ant l'anglais. &#192; d&#233;faut de classe bilangue, les enfants commenceront l'anglais en cinqui&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Informer les parents&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre a conscience de la n&#233;cessit&#233; d'&#233;clairer les parents sur l'importance de l'apprentissage de deux langues au moins et non du seul anglais. D'o&#249; la cr&#233;ation de la Semaine des langues. Cela aussi est un renversement, le minist&#232;re jusqu'&#224; pr&#233;sent se r&#233;fugiant derri&#232;re la pr&#233;f&#233;rence des parents pour d&#233;laisser les langues autres que l'anglais. Enfin, le minist&#232;re reconna&#238;t sa responsabilit&#233; dans l'information des parents et se d&#233;fait d'une politique au fil de l'eau (pour les langues).&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Points n&#233;gatifs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Passons maintenant aux points n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Une r&#233;duction du potentiel de classes bilangues&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement 70 % des classes bilangues seront maintenues, ce qui repr&#233;sente une r&#233;duction importante d'un potentiel dont b&#233;n&#233;ficiaient des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) L'&#233;galit&#233; ne trouve pas son compte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer la quasi-disparition des classes bilangues dans l'Acad&#233;mie de Caen quand 100 % sont conserv&#233;es dans l'Acad&#233;mie de Paris ? Peut-&#234;tre le recteur de l'Acad&#233;mie de Caen est-il hostile aux classes bilangues, tandis que le recteur de l'Acad&#233;mie de Paris en est un ardent d&#233;fenseur ? &#192; suivre donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le chapitre de l'&#233;galit&#233;, soulignons cependant que 20 % des classes bilangues sont situ&#233;es en REP (R&#233;seaux d'&#233;ducation prioritaire) et que la cr&#233;ation de classes de langues autres que l'anglais dans le primaire est plus que significative. Plus de 7 000 &#233;coles sont concern&#233;es sur pr&#232;s de 32 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) La formation est absente du programme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait d&#233;j&#224; fait observer que les langues vivantes ne comptaient pas dans les &#233;preuves de recrutement des professeurs des &#233;coles, ni dans leur formation dans les &#233;coles sup&#233;rieures du professorat et de l'&#233;ducation (ESPE). On comprend que le minist&#232;re a fait fond sur les professeurs des &#233;coles qui avaient d&#233;j&#224; une comp&#233;tence en langues, soit en raison de leurs origines, soit en raison de leurs dipl&#244;mes, ind&#233;pendamment de leur vocation d'enseignant. Mais avec de tels exp&#233;dients, on ne fait pas une politique &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Pas de perspective &#224; moyen terme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie annonc&#233;e porte curieusement sur la seule rentr&#233;e scolaire 2016 et ne d&#233;voile aucune perspective &#224; long terme. O&#249; sont les objectifs ? O&#249; sont les moyens ? Ceux-ci ne sont pas pr&#233;cis&#233;s. Il n'y a ni objectifs chiffr&#233;s et situ&#233;s dans le temps, ni moyens mis en face. Et tout le probl&#232;me est l&#224;. Il faut un plan &#224; moyen terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous f&#233;licitons de sortir de l'obscurit&#233;, nous pourrions dire de l'obscurantisme minist&#233;riel en ce qui concerne les langues, mais nous n'avons pas encore la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce texte a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; en collaboration avec Christian Tremblay, pr&#233;sident de l'Observatoire europ&#233;en du plurilinguisme.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&#034;The Conversation&#034; height='1' src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-21c2e963-3f6b9.gif?1707007148' width='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Marielle Silhouette est pr&#233;sidente de l'Association des germanistes de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div STYLE=text-align:justify&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;volution de l'enseignement des langues vivantes en France : massification et uniformisation (2)</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article418.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article418.html</guid>
		<dc:date>2016-02-25T07:59:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marielle Silhouette</dc:creator>



		<description>&lt;div STYLE=text-align:justify&gt;The Conversation France a d&#233;cid&#233; de publier une s&#233;rie de trois articles sur le th&#232;me de l'enseignement des langues face aux r&#233;formes en cours, dans le cadre d'un dossier coordonn&#233; par Marielle Silhouette, professeure &#224; Paris X et pr&#233;sidente de l'Association des germanistes de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/em&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de l'&#233;volution de l'enseignement des langues en France met en &#233;vidence de nombreux paradoxes. Dans un pays qui s'est souvent fait le champion de la diversit&#233; culturelle, qui s'efforce de promouvoir la francophonie contre le &#171; tout anglais &#187;, qui est souvent d&#233;cri&#233; pour son centralisme et pour l'interventionnisme &#233;tatique qui y r&#232;gne, il n'y a pas de v&#233;ritable politique nationale des langues qui prendrait en compte ses besoins et r&#233;gulerait l'offre d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un article repris du magazine The conversation un site sous licence cc by nd.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div STYLE=text-align:justify&gt;

-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div STYLE=text-align:justify&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;The Conversation France a d&#233;cid&#233; de publier une s&#233;rie de trois articles sur le th&#232;me de l'enseignement des langues face aux r&#233;formes en cours, dans le cadre d'un dossier coordonn&#233; par Marielle Silhouette, professeure &#224; Paris X et pr&#233;sidente de l'Association des germanistes de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article repris du magazine The conversation un site sous licence cc by nd. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de l'&#233;volution de l'enseignement des langues en France met en &#233;vidence de nombreux paradoxes. Dans un pays qui s'est souvent fait le champion de la diversit&#233; culturelle, qui s'efforce de promouvoir la francophonie contre le &#171; tout anglais &#187;, qui est souvent d&#233;cri&#233; pour son centralisme et pour l'interventionnisme &#233;tatique qui y r&#232;gne, il n'y a pas de v&#233;ritable politique nationale des langues qui prendrait en compte ses besoins et r&#233;gulerait l'offre d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Treize langues sont enseign&#233;es en France, mais seulement trois d'entre elles, l'anglais, l'espagnol et l'allemand sont propos&#233;es dans la plupart des &#233;tablissements du second degr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des langues comme le portugais ou l'arabe sont presque absentes alors qu'elles sont les langues d'origine de nombreuses familles issues de l'immigration. On a laiss&#233; s'effondrer l'enseignement du russe alors que la Russie reste une puissance non n&#233;gligeable en Europe. L'enseignement de l'allemand a longtemps recul&#233; alors que la coop&#233;ration politique entre la France et l'Allemagne &#233;tait d&#233;cisive pour l'avenir de l'Europe et que la coop&#233;ration &#233;conomique imposait une bonne ma&#238;trise de la langue du partenaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Des choix uniformis&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re de l'&#201;ducation n'a jamais jug&#233; utile de mettre en place une v&#233;ritable information pour le choix des langues (si l'on excepte la diffusion de la brochure &#171; l'allemand, un atout pour l'avenir &#187; depuis 2004) et se contente de faire correspondre l'offre d'apprentissage avec les choix des parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que l'enseignement d'au moins deux langues a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; l'ensemble des &#233;l&#232;ves du secondaire et m&#234;me depuis une vingtaine d'ann&#233;e du primaire, ces choix se sont uniformis&#233;s. De plus en plus de dipl&#244;m&#233;s pr&#233;sentent le m&#234;me profil linguistique : anglais &#8211; espagnol. Est-ce souhaitable ? Un pays ouvert comme le n&#244;tre ne devrait-il pas promouvoir le plurilinguisme dans ses fili&#232;res d'enseignement et &#233;laborer une politique des langues adapt&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re langue vivante choisie dans l'enseignement secondaire fran&#231;ais au d&#233;but du XXe si&#232;cle &#233;tait l'allemand. Sans doute parce qu'on jugeait utile de conna&#238;tre la langue de &#171; l'ennemi h&#233;r&#233;ditaire &#187;. Depuis, l'Allemagne est devenue notre &#171; amie h&#233;r&#233;ditaire &#187;, mais l'apprentissage de sa langue n'a cess&#233; de d&#233;cliner, face d'abord &#224; l'anglais qui s'est impos&#233; en LV1 (99% des jeunes fran&#231;ais l'apprennent en 2015), mais aussi face &#224; l'espagnol dont l'apprentissage s'est d&#233;velopp&#233; en LV2 (47,2% des &#233;l&#232;ves du secondaire contre 15,2% pour l'allemand).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;clin s'est op&#233;r&#233; en deux phases : jusque dans les ann&#233;es 70, l'enseignement de l'allemand recule face &#224; l'anglais, mais reste la seconde langue &#233;tudi&#233;e : avec environ 16% des &#233;l&#232;ves de l'enseignement secondaire &#233;tudiant l'allemand en premi&#232;re langue, il b&#233;n&#233;ficie d'un statut de langue I (LV1) assez confortable et bien consolid&#233;, loin derri&#232;re l'anglais il est vrai (80% des &#233;l&#232;ves), mais loin devant les autres langues qui se partagent les 4% restants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'allemand est par ailleurs la premi&#232;re langue vivante II (LV2) enseign&#233;e (37% des &#233;l&#232;ves en 1974, contre 33,8% en espagnol). Il est &#224; noter que dans un premier temps la d&#233;mocratisation de l'enseignement secondaire, avec la suppression du 1er cycle des lyc&#233;es et la cr&#233;ation des CES, n'a pas v&#233;ritablement p&#233;nalis&#233; l'allemand, qui entre 1969 et 1974 a gagn&#233; pr&#232;s de 200.000 &#233;l&#232;ves. En 1974, 30% des &#233;l&#232;ves du secondaire environ &#233;tudient l'allemand &#224; un titre ou &#224; un autre, c'est le double de l'espagnol (15,14%). Si les 3 langues majoritaires restent stables, c'est au d&#233;triment des autres langues qui perdent des &#233;l&#232;ves (-2% pour l'italien LV2 par exemple entre 1969 et 1974).&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Pluies et embellies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le contexte politique n'est pas &#233;tranger &#224; cette situation : les impulsions donn&#233;es &#224; partir de 1963 par le trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e, le d&#233;veloppement des &#233;changes &#233;conomiques, mais aussi scolaires entre la France et l'Allemagne, apportent une embellie et le nombre de germanistes atteint son apog&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 70 (1,4 millions), aussi bien s&#251;r &#224; cause de l'augmentation globale des effectifs scolaris&#233;s dans le secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'allemand est loin de profiter autant que l'espagnol de cet afflux d'&#233;l&#232;ves en coll&#232;ge et sa part dans le bouquet des langues enseign&#233;es baisse rapidement. &#192; partir de 1976 la baisse de l'allemand s'accentue : on observe en effet un l&#233;ger infl&#233;chissement en LV1 (15,9%), mais surtout, pour la premi&#232;re fois, l'espagnol devance l'allemand en LV2 : 35,8% contre 35%. Et &#224; partir de cette date, la baisse se poursuit r&#233;guli&#232;rement, tant en LV1 qu'en LV2 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LV1 : 12,7% (1990) &#8211; 11,5% (1997) &#8211; 8,96% (2002) &#8211; 8,4% (2006)&lt;br&gt;
LV2 : 20,8% en 1995 (espagnol : 59,5%) ; 14% en 2006 (espagnol : 70%)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, l'introduction de l'enseignement de la langue vivante 1 en primaire et sa g&#233;n&#233;ralisation progressive portent un coup fatal &#224; l'allemand. S'il &#233;tait en effet encore possible de maintenir une section de germanistes en coll&#232;ge, il devenait impossible de proposer l'allemand dans les 5 ou 6 &#233;coles primaires d&#233;pendant de ce coll&#232;ge faute d'effectifs suffisants. Malgr&#233; l'engagement des enseignants et celui de Jack Lang au Minist&#232;re de l'Education, l'anglais s'est impos&#233; presque partout dans le premier degr&#233;. Seules les r&#233;gions de l'est (Alsace, Moselle) ont continu&#233; &#224; proposer l'allemand &#224; l'&#233;cole. L'espagnol a &#233;t&#233; introduit dans certains secteurs du sud-ouest ainsi que l'italien dans le sud-est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est l'allemand et le russe qui b&#233;n&#233;ficiaient d'un statut de LV1 qui ont le plus souffert du d&#233;veloppement de l'enseignement des langues en primaire. R&#233;put&#233;es difficiles, victimes d'un d&#233;ficit d'image, elles n'ont pas pu regagner en LV2 les parts perdues en LV1 et freiner le d&#233;veloppement de l'espagnol aujourd'hui choisi par pr&#232;s de trois quart des coll&#233;giens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#201;volution de l'&#233;tude de l'allemand, de l'anglais et de l'espagnol&lt;br&gt;
dans le second degr&#233; &#8211; 1995 &#224; 2013 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut attendre 2005 pour que le d&#233;clin de l'allemand soit enray&#233; : &#224; l'occasion du 40e anniversaire du trait&#233; de l'&#201;lys&#233;e, les responsables politiques mettent en place un plan de relance de l'enseignement des langues partenaires pr&#233;voyant notamment le d&#233;veloppement des classes bilangues et des campagnes de promotion de la langue partenaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Positionnement attractif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif bilangue redonne en effet &#224; l'allemand un positionnement original et attractif, non plus en concurrence avec l'anglais, mais &#224; c&#244;t&#233; de l'anglais. Pr&#233;tendre placer l'allemand avant l'anglais (d&#232;s le primaire) ne semblait plus cr&#233;dible en dehors des acad&#233;mies de Strasbourg et Nancy-Metz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proposer &#224; c&#244;t&#233; de l'anglais &#224; partir de la sixi&#232;me permettait de mettre en valeur la parent&#233; de ces deux langues. L'apprentissage de l'allemand renfor&#231;ait celui de l'anglais comme celui de l'anglais permettait de mieux ma&#238;triser l'allemand. Dans de nombreux &#233;tablissements, les enseignants d'anglais et d'allemand se sont concert&#233;s pour &#233;laborer des projets bas&#233;s sur les synergies rendues possibles par l'apprentissage de deux langues cousines. Ainsi positionn&#233;, l'allemand a pu &#233;chapper &#224; la concurrence directe avec l'espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2005 ces actions volontaristes se traduisent par un arr&#234;t de l'&#233;rosion des effectifs d'allemand comme le montre le tableau pr&#233;c&#233;dent. La corr&#233;lation entre le d&#233;veloppement du dispositif bilangue est &#233;vidente et apporte la preuve qu'une politique volontariste peut, &#224; l'aide de mesures structurelles cibl&#233;es, influer sur le choix des langues :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;veloppement des classes bilangues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les r&#233;sultats de cette politique en faveur de l'allemand ne sont pas contestables, il convient de les nuancer : &#224; c&#244;t&#233; des progr&#232;s enregistr&#233;s, des zones d'ombre subsistent. L'allemand reste plus fortement repr&#233;sent&#233; en lyc&#233;e (21,5% &#224; la rentr&#233;e 2013) qu'en coll&#232;ge (14,7%) et il reste sous-repr&#233;sent&#233; en lyc&#233;e professionnel (4,8% en 2013), m&#234;me s'il est en progression (4% en 2005) essentiellement &#224; cause de l'introduction plus large de la LV2 en LP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De moins en moins d'&#233;l&#232;ves du primaire choisissent / ont la possibilit&#233; de choisir l'apprentissage de l'allemand : 6% &#224; la rentr&#233;e 2012 contre 13% en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les disparit&#233;s g&#233;ographiques d&#233;j&#224; marqu&#233;es dans les ann&#233;es 90 s'accentuent : 67% de germanistes dans l'acad&#233;mie de Strasbourg &#224; la rentr&#233;e 2009, 38% pour Nancy-Metz, 3,7% pour Toulouse, 4,5 pour Nice et Bordeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'uniformisation linguistique reste une tendance forte, comme le montre cette statistique des langues vivantes &#233;tudi&#233;es dans le second degr&#233; &#224; la rentr&#233;e 2014.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Constance et d&#233;termination&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour s'y opposer et favoriser le plurilinguisme, il est essentiel de faire preuve de constance et de d&#233;termination. Tel n'est pas le cas en France puisque le gouvernement vient de remettre en question la politique men&#233;e depuis 2004 en faveur de l'allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la mise en place de la r&#233;forme du coll&#232;ge, le dispositif bilangue a &#233;t&#233; supprim&#233; ou du moins conserv&#233; pour les seuls &#233;l&#232;ves ayant b&#233;n&#233;fici&#233; de l'enseignement d'une autre langue que l'anglais en primaire &#8211; une toute petite minorit&#233; si l'on excepte l'Alsace et la Moselle pour l'allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re n'a sembl&#233; se pr&#233;occuper de l'impact de la r&#233;forme sur l'enseignement de l'allemand que plusieurs mois apr&#232;s son annonce et cherche maintenant &#224; limiter les d&#233;g&#226;ts sans se d&#233;juger, en proposant aux recteurs d'interpr&#233;ter de fa&#231;on plus large la notion de bilangue de continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces incoh&#233;rences risquent de r&#233;duire &#224; n&#233;ant dix ans d'efforts pour relancer l'apprentissage de l'allemand en France et pour r&#233;&#233;quilibrer les choix de langue faits par les jeunes Fran&#231;ais :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;parce qu'une mesure structurelle tenant compte des difficult&#233;s de positionnement de l'enseignement de l'allemand est partiellement abrog&#233;e &#8211; sous pr&#233;texte qu'elle favoriserait des comportements &#233;litistes.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;parce qu'elle introduit entre l'anglais (de facto LV1 pour la quasi majorit&#233; des &#233;l&#232;ves) et les autres langues une in&#233;galit&#233; de traitement qui d&#233;cr&#233;dibilise le plaidoyer de nos responsables en faveur de la diversification linguistique. On consacrera &#224; l'avenir du cours pr&#233;paratoire &#224; la classe de terminale au moins 28 heures cumul&#233;es &#224; l'apprentissage de l'anglais et 15 heures &#224; la LV2.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;h2&gt;Mondialisation et internationalisaton&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la France veut vraiment relever les d&#233;fis de la mondialisation et donner &#224; son &#233;conomie les moyens de s'adapter &#224; l'internationalisation des &#233;changes, elle doit certes mettre en place une politique des langues qui permette au plus grand nombre de ma&#238;triser l'anglais, mais aussi s'ouvrir &#224; un plus grand nombre de cultures, promouvoir l'apprentissage des langues de nos partenaires les plus importants, l'Allemagne, mais aussi l'Italie, les pays arabes, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures structurelles telles que le dispositif bilangue, les sections europ&#233;ennes (supprim&#233;es elles aussi en coll&#232;ge) peuvent y contribuer, surtout si elles s'accompagnent d'une meilleure information des parents et des &#233;l&#232;ves sur l'enjeu du choix des langues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;flexion devrait &#234;tre &#233;galement men&#233;e sur les rythmes d'apprentissage : toutes les r&#233;formes men&#233;es depuis trente ans ont conduit &#224; allonger les p&#233;riodes d'apprentissage et en m&#234;me temps &#224; r&#233;duire le temps d'exposition hebdomadaire &#224; la langue &#233;trang&#232;re apprise : est-il raisonnable et efficace d'apprendre une langue pendant 12 ans &#224; raison d'une 1h30 par semaine pendant 5 ans, de 3 heures pendant 4 ans et de 2,5h pendant 3 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne serait-il pas pr&#233;f&#233;rable d'intensifier l'apprentissage pendant une p&#233;riode limit&#233;e, puis d'utiliser la ma&#238;trise acquise dans des modules de disciplines non-linguistiques enseign&#233;s en langue &#233;trang&#232;re et donc de d&#233;velopper les classes europ&#233;ennes ? La limitation de la p&#233;riode d'apprentissage permettrait de proposer un plus grand nombre de langues et de donner leur chance &#224; des langues injustement n&#233;glig&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela supposerait bien s&#251;r que notre pays se dote enfin d'une v&#233;ritable politique des langues. L'exemple de l'&#233;volution de l'apprentissage de l'allemand montre qu'une telle politique est possible et qu'on peut obtenir des r&#233;sultats : mais tout reste &#224; faire, et la r&#233;flexion est &#224; reprendre l&#224; o&#249; l'avait laiss&#233; Jack Lang, le seul Ministre de l'&#233;ducation &#224; s'&#234;tre vraiment pench&#233; sur le dossier de l'apprentissage des langues au d&#233;but des ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce texte a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; en collaboration avec Jean-Michel Hannequart, professeur d'allemand en CPGE au Havre et membre du bureau de l'ADEAF, l'Association pour le D&#233;veloppement de l'Enseignement de l'Allemand en France&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&#034;The Conversation&#034; height='1' src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-068c6f06-7fc28.gif?1706999188' width='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Marielle Silhouette estpr&#233;sidente de l'Association des germanistes de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div STYLE=text-align:justify&gt;&lt;/div&gt;
		
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