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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>L'exp&#233;rience lyc&#233;enne des r&#233;seaux sociaux num&#233;riques</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article3257.html</link>
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		<dc:date>2018-04-06T08:12:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;l Person, Philippe Cottier</dc:creator>



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&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; une classe d'&#233;l&#232;ves de lyc&#233;e professionnel afin de conna&#238;tre leurs usages des r&#233;seaux sociaux num&#233;riques (RSN) dans le cadre de leur exp&#233;rience scolaire. &#192; partir d'une m&#233;thodologie combinant des entretiens collectifs et l'analyse de donn&#233;es en ligne issues des interactions des &#233;l&#232;ves sur leur groupe-classe Messenger, nous interrogeons les logiques &#224; l'&#339;uvre et questionnons l'int&#233;r&#234;t de ce groupe-classe instrument&#233; pour leur parcours scolaire. La notion d'exp&#233;rience, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique2.html" rel="directory"&gt;Retours d'exp&#233;riences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; une classe d'&#233;l&#232;ves de lyc&#233;e professionnel afin de conna&#238;tre leurs usages des r&#233;seaux sociaux num&#233;riques (RSN) dans le cadre de leur exp&#233;rience scolaire. &#192; partir d'une m&#233;thodologie combinant des entretiens collectifs et l'analyse de donn&#233;es en ligne issues des interactions des &#233;l&#232;ves sur leur groupe-classe Messenger, nous interrogeons les logiques &#224; l'&#339;uvre et questionnons l'int&#233;r&#234;t de ce groupe-classe instrument&#233; pour leur parcours scolaire. La notion d'exp&#233;rience, comme conduite des lyc&#233;ens dans le cadre de leurs activit&#233;s d'&#233;changes, est centrale et met en &#233;vidence l'importance que rev&#234;t pour eux ce groupe-classe. Si l'efficacit&#233; scolaire de ce dispositif communicationnel reste ambivalente, il se r&#233;v&#232;le, par ses propri&#233;t&#233;s de confidentialit&#233; et d'instantan&#233;it&#233;, un puissant vecteur de socialisation entre pairs, &#224; l'abri du regard des adultes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/dms/2098&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris de la revue &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/dms&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Distance et M&#233;diations des Savoirs&lt;/a&gt;, une revue sous licence CC by sa&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Mots-cl&#233;s&lt;/strong&gt; : RSN, Messagerie instantan&#233;e, groupe-classe, apprentissage informel, sociabilit&#233; juv&#233;nile, travail scolaire&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2016, 79 % des 12-17 ans ont particip&#233; &#224; des r&#233;seaux sociaux sur Internet (Croutte, Lauti&#233; et Hoibian, 2016), utilisant principalement Facebook, Twitter, Snapchat et Instagram (Schmutz, 2015). Cette app&#233;tence pour les r&#233;seaux sociaux num&#233;riques (RSN) se traduit par des usages s'inscrivant notamment dans des logiques de constructions identitaires et d'&#233;changes entre pairs, un mode de communication qui constitue pour Dominique Pasquier une &#171; sc&#232;ne sociale particuli&#232;re &#187; (2005) o&#249; les adolescents cheminent entre volont&#233; d'autonomie et d&#233;sir d'appartenance, curiosit&#233; et recherche d'intensit&#233;. De nombreuses recherches, sur les blogs adolescents (Delaunay-T&#233;terel, 2008 ; Fluckiger, 2006), sur la place des SMS et de la messagerie instantan&#233;e (Metton, 2009) ; (Brachotte et Lardellier, 2012), ou d'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale sur les usages adolescents des r&#233;seaux sociaux num&#233;riques (Boyd, 2014), insistent sur ces formes de sociabilit&#233;s juv&#233;niles, les enjeux identitaires qu'elles impliquent et t&#233;moignent de l'int&#233;r&#234;t de la recherche pour ces dispositifs communicationnels et leurs enjeux en &#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la faveur d'&#233;quipements en smartphones qui ne cessent de croitre (85 % des 12-17 ans poss&#233;daient un smartphone en 2016 (Croutte, Lauti&#233; et Hoibian, 2016), les usages en mobilit&#233; se d&#233;veloppent et les lyc&#233;ens incorporent &#233;galement ces r&#233;seaux dans leur sph&#232;re scolaire. Dans leur &#233;tude sur &#171; Le lyc&#233;e en r&#233;gime num&#233;rique &#187;, Cottier et Burban (2016) soulignent ainsi la place importante occup&#233;e par les RSN dans la scolarit&#233; des &#233;l&#232;ves et plus particuli&#232;rement sur leur recours aux groupes-classes Facebook (GCFB). La fonction &#171; Groupe &#187; propos&#233;e par le r&#233;seau social permet de cr&#233;er une communaut&#233; d'utilisateurs autour d'un centre d'int&#233;r&#234;t commun. Les modes &#171; priv&#233; &#187; et &#171; secret &#187;, activ&#233;s par l'administrateur param&#232;trent le degr&#233; de confidentialit&#233; recherch&#233; et limitent ainsi son acc&#232;s aux membres autoris&#233;s. V&#233;ritables espaces hybrides entre monde priv&#233; et monde scolaire (Aaen, Dalsgaard, 2016), l'usage de ces groupes par les lyc&#233;ens para&#238;t se g&#233;n&#233;raliser en dehors de toute prescription, souvent comme alternative aux outils institutionnels prescrits par les &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution scolaire est ambivalente &#224; l'&#233;gard de ces usages. V&#233;cue comme perturbatrice par une partie des enseignants, l'implication des RSN via les mobiles personnels est aussi parfois souhait&#233;e pour des pratiques s'inscrivant dans le courant du BYOD (Bring Your Own Device). Un enjeu pour des soci&#233;t&#233;s comme Facebook, laquelle propose un guide destin&#233; aux &#233;ducateurs o&#249; la plateforme prend les attributs d'un outil pour enseigner et apprendre (Fordham et Goddard, 2013). Ces pratiques demeurent cependant confidentielles tant elles posent aux &#233;tablissements de nombreux probl&#232;mes, li&#233;s notamment &#224; leur responsabilit&#233; vis-&#224;-vis de la circulation de donn&#233;es personnelles d'&#233;l&#232;ves souvent mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quoi ces dispositifs sociotechniques qui font l'ordinaire des adolescents peuvent-ils &#234;tre utiles dans le cadre de leur scolarit&#233; ? Que font r&#233;ellement les adolescents de ces r&#233;seaux sociaux lorsqu'ils les mobilisent dans le cadre de leurs activit&#233;s lyc&#233;ennes ? Constituent-ils des ressources au service de leur exp&#233;rience scolaire ? Quelles logiques sous-tendent ces pratiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondre &#224; ces questions n&#233;cessite d'acc&#233;der au plus pr&#232;s des usages et aux significations qu'en donnent les acteurs eux-m&#234;mes. Or ces groupes sont confidentiels et l'&#233;tude des &#233;changes qui s'y d&#233;veloppent est probl&#233;matique pour l'observateur qui ne b&#233;n&#233;ficie bien souvent que de traces partielles de l'activit&#233; en r&#233;seau fournie par les jeunes eux-m&#234;mes, sous la forme de copies d'&#233;crans par exemple. Pour parer cette difficult&#233;, nous avons men&#233; une enqu&#234;te ethnographique sur un double terrain : en face &#224; face lors de rencontres, d'entretiens individuels et collectifs, et en ligne par une observation participante, puis non participante, des &#233;changes op&#233;r&#233;s sur ce groupe-classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant 5 mois, aupr&#232;s d'une classe de 18 &#233;l&#232;ves de 1re pro M&#233;tiers de la S&#233;curit&#233; (MS) utilisant un groupe-classe Facebook-Messenger, nous avons pu acc&#233;der &#224; la parole des lyc&#233;ens sur leurs usages des RSN pour eux et pour l'&#233;cole, ainsi qu'&#224; des traces de leurs interactions sur la messagerie instantan&#233;e servant de support &#224; leur groupe-classe. Nous avons pu constater ainsi le r&#244;le essentiel qu'il joue dans l'exp&#233;rience scolaire des &#233;l&#232;ves, associant un environnement communicationnel et informationnel plus vaste, compos&#233; d'autres RSN, de SMS, de l'ENT&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SMS (Short Message Service), ENT (Environnement Num&#233;rique de Travail)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'&#233;tablissement, etc. Nous montrons dans cet article combien les RSN sont &#224; la fois op&#233;rateurs et r&#233;v&#233;lateurs de &#171; l'exp&#233;rience lyc&#233;enne &#187; tels que Dubet et Martuccelli la d&#233;finissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une pr&#233;sentation du cadre th&#233;orique sur lequel repose l'enqu&#234;te, nous exposons la m&#233;thodologie mise en &#339;uvre, les difficult&#233;s rencontr&#233;es dans l'approche de ce terrain et proposons les principaux r&#233;sultats recueillis et discut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Les RSN, op&#233;rateurs et r&#233;v&#233;lateurs de l'exp&#233;rience des lyc&#233;ens&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s des RSN s'explique notamment par leur rencontre avec les tendances au d&#233;voilement identitaire caract&#233;ristique des processus d'individualisation des soci&#233;t&#233;s contemporaines (Cardon, 2009). Entre risque et opportunit&#233;, l'exposition de soi s'inscrit dans la recherche d'un &#233;quilibre entre subjectivation et simulation. Pour maximiser ses chances d'&#233;largir son r&#233;seau, l'individu peut montrer un certain nombre de facettes de sa personnalit&#233;, r&#233;elles ou imagin&#233;es, et afficher sa singularit&#233;. C'est lui qui ajuste les param&#232;tres de confidentialit&#233; et de publication de son compte selon qu'il d&#233;sire restreindre ou &#233;largir l'acc&#232;s &#224; son profil. Dans ce &#171; clair-obscur &#187;, l'individu est acteur de ses propres strat&#233;gies &#171; d'exhibition, de masquage et de capture du nouvel espace de surveillance interpersonnelle qui s'est ouvert &#224; travers les plates-formes relationnelles. &#187; (Cardon, 2009, p. 65). Serge Tisseron voit dans ce jeu l'investissement de d&#233;sirs dont le caract&#232;re est ontologique. L'intimit&#233;, qui se manifeste par la protection du territoire de son propre corps contre le regard ou l'intrusion de l'autre, y c&#244;toie l'extimit&#233;, &#171; processus par lequel des fragments du soi intime sont propos&#233;s au regard d'autrui afin d'&#234;tre valid&#233;s &#187; (Tisseron, 2011, p. 84). Ainsi dessin&#233;, l'espace communicationnel propre aux RSN constitue un territoire &#171; priv&#233;-public &#187; o&#249; &#171; chacun est &#224; la fois metteur en sc&#232;ne de soi et spectateur des repr&#233;sentations des autres &#187; (Jaur&#233;guiberry et Proulx, 2011, p. 114).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les adolescents l'Internet et les RSN viennent d'abord en soutien &#224; des amiti&#233;s pr&#233;existantes. L'enjeu majeur r&#233;side alors dans l'activation et la pr&#233;servation du r&#233;seau de liens forts constitu&#233; d'amis intimes (Stenger et Coutant, 2011) et l'extension progressive de son r&#233;seau par la recherche de nouveaux &#171; amis &#187; et les demandes en &#171; amiti&#233; &#187;. Internet et RSN accroissent en cela l'autonomie culturelle et relationnelle des jeunes. L'instantan&#233;it&#233; et la mobilit&#233; caract&#233;risent ces &#233;changes associant smartphones, messageries instantan&#233;es et dispositifs de notifications : un lien potentiellement continu qui permet aux adolescents utilisateurs de d&#233;velopper autant que jauger un capital social &#171; r&#233;sultat de la capacit&#233; individuelle &#224; se constituer un cercle social influent et protecteur &#187; (Balleys, 2015, p. 3) et d'adapter sa conduite en fonction de sa r&#233;putation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un environnement marqu&#233; par une forte hi&#233;rarchie sociale, l'un des enjeux pour l'adolescent connect&#233; vise alors &#224; consolider l'image qu'il se fait de lui-m&#234;me et qu'il veut transmettre aux autres, il doit prouver et n&#233;gocier son statut social au sein de son r&#233;seau. Loin d'un simple exhibitionnisme, ce d&#233;voilement en ligne op&#233;r&#233; par les jeunes r&#233;pond &#224; une gestion de leur capital social par &#171; la mise en sc&#232;ne de [leur] vie priv&#233;e &#187; (Balleys et Coll, 2015). Cette publicisation des &#233;changes amicaux et amoureux vise un gain en termes de popularit&#233; et de hi&#233;rarchie sociale au sein du groupe de pairs. Les interactions se r&#233;partissent savamment entre le mur (espace public o&#249; peuvent commenter tous les &#171; amis &#187;) et la messagerie instantan&#233;e (o&#249; se rejoignent les amis proches &#171; s&#233;lectionn&#233;s &#187; pour approfondir le sujet de discussion entam&#233; en public) dans une recherche de dramatisation. Ici, les t&#233;moins, compos&#233;s des membres du r&#233;seau affinitaire, constituent une instance de l&#233;gitimation des relations adolescentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mani&#232;res de faire en ligne peuvent &#234;tre lues &#224; partir de l'activit&#233; des acteurs, de leur exp&#233;rience (Dubet et Martuccelli, 1996), d&#233;finie comme une mise en jeu strat&#233;gique o&#249; l'acteur cherche &#224; la fois &#224; &#234;tre appr&#233;ci&#233; par ses pairs, rentable et efficace, et &#224; se construire comme sujet (Dubet, 1994). Pour Jaur&#233;guiberry et Proulx (2011), qui s'engagent sur cette voie, la banalisation des usages num&#233;riques par le biais de la t&#233;l&#233;phonie mobile et de l'informatique personnelle rend plus &#233;vidente cette mise en jeu. La logique d'int&#233;gration (en &#234;tre) se caract&#233;rise par le besoin d'&#234;tre reconnu et int&#233;gr&#233; dans des r&#233;seaux (familiaux, amicaux, professionnels), les usages permettent le d&#233;veloppement de cette recherche de contacts et d'opportunit&#233;s de rencontres. La logique utilitaire vise l'efficacit&#233;, le gain et la rentabilit&#233;. La logique de subjectivation renvoie &#224; la notion d'autonomie du sujet, capable d'une certaine mise &#224; distance critique. Mobilis&#233;es, ces logiques contribuent &#224; l'&#233;mergence d'usages singuliers des technologies num&#233;riques d'information et de communication qui constituent &#171; l'exp&#233;rience individuelle et sociale dans laquelle l'usager est engag&#233; &#224; titre de sujet &#187; (Jaur&#233;guiberry et Proulx, 2011, p. 9). L'individu &#171; branch&#233; &#187; est ainsi mu par le besoin d'&#234;tre int&#233;gr&#233; et se trouve confront&#233; &#224; une exp&#233;rience h&#233;t&#233;rog&#232;ne, g&#233;n&#233;ratrice de tensions entre l'individuel et le collectif, entre l'objectivation du monde et sa subjectivation, entre une vision &#171; rentabiliste &#187; et une vision d&#233;sint&#233;ress&#233;e des &#233;changes sociaux. S'il veut vivre son exp&#233;rience sans &#234;tre &#171; happ&#233; &#187; par l'une ou l'autre des forces qui constituent cette exp&#233;rience, il doit d&#233;velopper des conduites lui permettant de conserver une certaine distance. Ce cadre interpr&#233;tatif est mobilis&#233; dans le contexte de notre enqu&#234;te o&#249; le num&#233;rique (personnel et institutionnel) constitue une dimension essentielle de la vie personnelle des adolescents engag&#233;s dans leur parcours scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la pr&#233;adolescence, les comp&#233;tences en mati&#232;re d'utilisation de ressources num&#233;riques se r&#233;v&#232;lent par une familiarit&#233; et une aisance avec les &#233;quipements num&#233;riques pr&#233;sents au foyer et qui n'ont cess&#233; d'augmenter en nombre et en performance depuis les ann&#233;es 2000 (Martin, 2004). Le mythe du &#171; digital native &#187; s'est en partie b&#226;ti sur l'observation de ces jeunes s'emparant sans crainte des outils technologiques disponibles et progressant dans leur appropriation de mani&#232;re ludique, par essai-erreur, en &#233;changeant entre pairs. Dans les faits, ces pratiques s'av&#232;rent h&#233;t&#233;rog&#232;nes, li&#233;es &#224; des d&#233;terminants socio-&#233;conomiques et d&#233;mographiques (Octobre et Merckl&#233;, 2012), mais aussi au rapport que les jeunes entretiennent avec le monde scolaire (Cottier, Michaut et Lebreton, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre &#224; l'aise avec le num&#233;rique dans sa vie quotidienne ne pr&#233;juge pas en effet, comme le soulignent Fluckiger et Bruillard (2008), que ces comp&#233;tences soient ais&#233;ment mobilisables pour des t&#226;ches scolaires. Ce transfert bute sur plusieurs obstacles auxquels tous les &#233;l&#232;ves ne font pas face avec la m&#234;me aisance, comme le niveau de conceptualisation qu'ils ont des propri&#233;t&#233;s des outils utilis&#233;s ou encore la sur&#233;valuation de leurs comp&#233;tences r&#233;elles. En outre, les temporalit&#233;s diff&#232;rent nettement entre les usages personnels, qui r&#233;pondent &#224; un besoin d'imm&#233;diatet&#233; et d'urgence, et les usages scolaires qui n&#233;cessitent du temps et une certaine prise de distance. D&#232;s lors, un hiatus se dessine entre les pratiques personnelles et scolaires des adolescents (Fluckiger et Bruillard, 2008 ; Guichon, 2012). Les groupes-classes par leurs caract&#233;ristiques propres (groupes secrets, communaut&#233;s en lien avec la vie scolaire) illustrent selon nous cette situation &#171; d'entre-deux &#187;. &#192; quoi servent-ils aux &#233;l&#232;ves ? Afin d'approcher au plus pr&#232;s la nature des &#233;changes op&#233;r&#233;s sur le groupe-classe, nous optons pour une approche ethnographique combinant les repr&#233;sentations des jeunes sur leurs usages et l'observation de leurs &#233;changes en contexte num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un double terrain d'enqu&#234;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre enqu&#234;te se d&#233;veloppe sur deux terrains. Un terrain physique, le lyc&#233;e, o&#249; se d&#233;roulent les entretiens en face &#224; face avec les &#233;l&#232;ves, et un terrain &#171; num&#233;rique &#187; constitu&#233; par la plateforme Facebook et sa messagerie instantan&#233;e Messenger par lesquels nous poursuivons nos &#233;changes avec les lyc&#233;ens, puis acc&#233;dons progressivement &#224; leurs communications de groupe-classe (cf. Fig. 1).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2961 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L480xH295/img-1-small480-9-addd7.png?1523175217' width='480' height='295' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fig. 1. Chronologie de la recherche illustrant les 2 terrains et les diff&#233;rentes phases de l'enqu&#234;te de janvier &#224; juillet 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agrandir &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/dms/docannexe/image/2098/img-1.png&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Original&lt;/a&gt;(png, 46k)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ethnographie classique et ethnographie en ligne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons signal&#233;, la collecte des traces d'&#233;changes en ligne ne suffit pas &#224; elle seule, ces communications n'ont de sens que resitu&#233;es dans le contexte plus global de l'enqu&#234;te (Balleys, 2010). Atteindre leurs significations exige le recours &#224; une explicitation et une approche n&#233;cessairement qualitative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit, Josiane Jou&#235;t et Coralie Le Caroff (2013) soulignent la compl&#233;mentarit&#233; des d&#233;marches ethnographiques classiques et en ligne. D&#232;s lors qu'il s'agit d'enqu&#234;ter aupr&#232;s d'une communaut&#233; telle que la classe, groupe ancr&#233; dans les relations quotidiennes directes et se poursuivant dans une sociabilit&#233; &#233;lectronique (Martin, 2004), cette compl&#233;mentarit&#233; s'impose. Les deux types de mat&#233;riaux recueillis se nourrissent dans un aller-retour dynamique tout au long du travail d'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre en &#339;uvre une d&#233;marche d'ethnographie en ligne n&#233;cessite d'acc&#233;der au RSN mobilis&#233; par les acteurs. Or, la particularit&#233; des groupes-classes Facebook et Messenger r&#233;side dans leur acc&#232;s restreint, r&#233;serv&#233; &#224; un collectif de participants autoris&#233;s. Les donn&#233;es qui s'y &#233;changent rev&#234;tent un caract&#232;re priv&#233; qui rend leur acc&#232;s prot&#233;g&#233;. Notre acceptation au sein d'une telle communaut&#233; d&#233;pend de l'accord de tous ses membres. Il a donc &#233;t&#233; n&#233;cessaire de leur fournir une information claire sur les usages des donn&#233;es que nous d&#233;sirions recueillir et garantir le respect de la confidentialit&#233; qu'exige leur consentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le terrain &#171; physique &#187;, l'entretien collectif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix m&#233;thodologique de recourir &#224; des entretiens collectifs compr&#233;hensifs s'est impos&#233; par l'objet de recherche : l'unit&#233; th&#233;matique du groupe d'&#233;l&#232;ves d'une m&#234;me classe et la praticit&#233; de rencontres permettant de r&#233;unir et questionner plusieurs &#233;l&#232;ves sur un temps libre commun. R&#233;unis autour de la communaut&#233; d'exp&#233;rience qu'est la classe, les acteurs sont porteurs de mod&#232;les culturels, de normes communes, de repr&#233;sentations auxquels l'entretien collectif permet d'acc&#233;der. Autre avantage, le groupe peut s'av&#233;rer rassurant pour certains dans la mesure o&#249; &#171; le rapport de force [enqu&#234;teur/&#233;l&#232;ves] se trouve &#224; leur profit &#187; (Duchesne et Haegel, 2004, p. 61). La r&#233;p&#233;tition des entretiens, avec d'une rencontre sur l'autre une reprise de questions d&#233;j&#224; pos&#233;es, permet de relier les discours, de les confronter et d'&#233;toffer l'analyse par la prise en compte des points de convergence ou de divergence entre les acteurs. Les 8 entretiens collectifs r&#233;alis&#233;s &#233;taient bas&#233;s sur une participation volontaire. D'une dur&#233;e de 30 &#224; 45 minutes, ils ont r&#233;uni entre 3 et 10 participants et nous ont fait rencontrer 16 &#233;l&#232;ves sur les 18 que compte la classe. Les principaux th&#232;mes abord&#233;s portaient sur les usages num&#233;riques des jeunes en g&#233;n&#233;ral, leur rapport au groupe-classe en particulier et leur regard sur la fili&#232;re d'enseignement choisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'analyse du corpus num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s aux traces num&#233;riques fournies par les &#233;l&#232;ves, ainsi que les &#233;changes en ligne sur la messagerie instantan&#233;e, rendent possible l'analyse d'une autre sc&#232;ne sociale. L'acc&#232;s direct aux donn&#233;es en ligne du groupe-classe FB nous &#233;tant refus&#233; dans un premier temps, nous nous rabattons alors sur la proposition d'&#233;l&#232;ves volontaires pour nous fournir des copies d'&#233;cran. Au cours de l'enqu&#234;te, les 1res MS acceptent finalement de cr&#233;er &#224; notre intention un groupe-classe &#171; exp&#233;rimental &#187; par lequel nous pouvons, sinon observer leurs &#233;changes, du moins poursuivre nos investigations avec les &#233;l&#232;ves volontaires dans le cadre de la messagerie instantan&#233;e. &#192; notre surprise, ce groupe-classe cr&#233;&#233; avant des cong&#233;s scolaires se r&#233;active et continue &#224; fonctionner entre &#233;l&#232;ves ind&#233;pendamment de nos sollicitations, nous donnant finalement acc&#232;s aux interactions comme nous le souhaitions initialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois types de traces sont finalement recueillis : 20 copies d'&#233;cran de conversations du groupe-classe fournies par des &#233;l&#232;ves ; 53 photos et 8 vid&#233;os qui illustrent les &#233;changes de documents qui se font via le groupe ; les copies d'&#233;cran r&#233;alis&#233;es par nos soins sur l'int&#233;gralit&#233; des &#233;changes que nous avons avec les &#233;l&#232;ves sur Facebook et Messenger, auxquelles s'ajoutent les &#233;changes des &#233;l&#232;ves apr&#232;s r&#233;activation du groupe classe. Ces documents repr&#233;sentent 16 conversations en duo (l'enqu&#234;teur avec trois interlocuteurs diff&#233;rents), et 70 conversations d'&#233;l&#232;ves entre eux, du 29 mars au 4 juillet 2017. Les photos des fiches de cours et notes diverses illustrent une certaine syst&#233;maticit&#233; et rapidit&#233; d'envoi de documents &#224; la demande. Les captures de conversations quant &#224; elles sont cod&#233;es selon une typologie adapt&#233;e des travaux d'Aaen et Dalsgaard (cf. tableau 1) sur les cat&#233;gories de contenus dans les conversations de GCFB afin de faire &#233;merger les usages dominants du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tableau 1. Cat&#233;gories de contenus dans les conversations de GCFB. D'apr&#232;s Aaen et Dalsgaard (2016).&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Expression sociale&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Expressions sans rapport direct avec l'&#233;cole et les activit&#233;s qui y sont li&#233;es. Langage phatique, &#233;motic&#244;nes, photos, gifs anim&#233;s&#8230;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&#201;v&#233;nements sociaux dans et hors de l'&#233;cole&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Messages s'adressant &#224; l'ensemble de la communaut&#233; des &#233;l&#232;ves (passer l'information, organisation, relais des messages des enseignants ou de l'administration, &#233;v&#233;nements de sociabilit&#233; pour la classe).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Contenus et sujets scolaires&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Obtenir des r&#233;ponses &#224; des questions portant sur les devoirs &#224; faire, les documents &#224; lire, des notions &#224; &#233;claircir. Ils concernent &#233;galement les demandes sur les horaires des cours, les points d'emploi du temps, les absences ou pr&#233;sences des enseignants.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Le groupe-classe Messenger : prolongement de la vie de classe en ligne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gen&#232;se du groupe classe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'issue du troisi&#232;me entretien que nous comprenons que le groupe-classe repose essentiellement sur l'application Messenger et un flux de conversations impromptues rendues possibles par l'&#233;quipement personnel des &#233;l&#232;ves en smartphones. Le groupe classe g&#233;n&#233;ralement pr&#233;sent&#233; par la litt&#233;rature n'est pas celui que nous avons observ&#233;. Le mur d'actualit&#233;s n'est pas mobilis&#233; par les jeunes : &#171; on s'en sert pas &#187; (Adeline E3). L&#224; o&#249; le mur du groupe-classe Facebook peut &#234;tre vu comme un mode de communication statique, asynchrone, la messagerie s'installe dans un rituel d'&#233;changes dynamiques ax&#233;s sur la simultan&#233;it&#233; et l'imm&#233;diatet&#233; (Brachotte et Lardellier, 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce groupe se cr&#233;e d&#232;s le d&#233;but de la seconde, de mani&#232;re spontan&#233;e, certains des &#233;l&#232;ves ayant d&#233;j&#224; exp&#233;riment&#233; des groupes-classes. Il ne semble pas y avoir de r&#244;les pr&#233;d&#233;finis parmi les &#233;l&#232;ves quant &#224; son fonctionnement. M&#234;me si techniquement l'un d'entre eux s'est charg&#233; de cr&#233;er le compte et un autre d'y ajouter un visuel, l'ouverture, l'administration et la mod&#233;ration paraissent relever d'un consensus et d'une habitude dans les mani&#232;res de faire. Si des hi&#233;rarchies existent au sein du groupe d'&#233;l&#232;ves, elles ne sont pas apparentes ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les principaux int&#233;r&#234;ts d&#233;clar&#233;s du GCM, l'aspect pratique est mis en avant dans plusieurs entretiens. Tous les &#233;l&#232;ves ont d&#233;j&#224; un compte Facebook depuis le coll&#232;ge, il est d&#232;s lors plus simple d'utiliser cette plateforme et sa fonction int&#233;gr&#233;e de messagerie instantan&#233;e Messenger. Par ailleurs, le GCM supplante l'usage des SMS, m&#234;me s'il ne les remplace pas, ce qui t&#233;moigne d'une certaine hybridation des pratiques (Jou&#235;t, 2000). Les &#233;changes entre &#233;l&#232;ves sont donc facilit&#233;s. Sa simplicit&#233; d'usage et le fait que tous les &#233;l&#232;ves aient l'application Messenger sur leur smartphone rend son utilisation quasi quotidienne, y compris sur les week-ends et jours de vacances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre avantage d&#233;clar&#233; du groupe-classe : sa confidentialit&#233;. Les &#233;changes sont r&#233;serv&#233;s au cercle restreint d'utilisateurs constitu&#233; par la classe. Les lyc&#233;ens se soustraient ainsi au regard des adultes et autres personnes ne faisant pas partie de leur communaut&#233;. Pour Marc : &#171; y'a vachement d'informations sur un groupe qu'on peut pas se permettre de divulguer&#8230;&#224; toutes les personnes ext&#233;rieures qu'on conna&#238;t pas &#187; (E3). Le groupe est pr&#233;sent&#233; comme un espace a priori &#233;galitaire auquel chaque membre a acc&#232;s, o&#249; il peut donner son avis et intervenir &#224; sa guise. Les RSN sont utilis&#233;s pour leur potentiel de communication en dyade ou en communaut&#233;. Ils permettent de cr&#233;er, entretenir et conserver le lien amical (Metton-Gayon, 2009). Une certaine hi&#233;rarchisation se fait jour n&#233;anmoins, reposant sur les affinit&#233;s au sein du groupe classe. Des sous-groupes coexistent dans un type d'&#233;changes plus &#171; affinitaires &#187;. L'appartenance &#224; la m&#234;me classe ne signifie nullement que tous les &#233;l&#232;ves sont amis intimes, le fait qu'ils ne poss&#232;dent pas les num&#233;ros de tous leurs camarades dans le r&#233;pertoire de leur portable en est un indicateur. Par ailleurs, m&#234;me si nos observations n'ont pu nous permettre de d&#233;terminer pr&#233;cis&#233;ment la fr&#233;quence d'utilisation du GCM, le croisement des donn&#233;es recueillies lors de nos entretiens avec les analyses des conversations traduisent un degr&#233; d'investissement variable et permet des dresser trois profils types d'utilisateurs (cf. Tableau 2) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tableau 2. Trois profils d'utilisateurs du GCM&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Les &#171; animateurs &#187;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Toujours pr&#234;ts &#224; plaisanter et &#224; &#171; ambiancer &#187; le groupe, ils savent aussi transmettre les messages les plus s&#233;rieux, mais la conversation peut rapidement prendre une tournure loufoque.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Les &#171; r&#233;guliers &#187;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Consultent fr&#233;quemment le groupe &#224; des fins utilitaires et interviennent &#171; s'ils connaissent la r&#233;ponse &#187; ou si un message leur est destin&#233;. Ils participent &#233;galement aux &#171; d&#233;lires &#187;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Les &#171; passants &#187;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Peu nombreux, ils ont peu d'int&#233;r&#234;t pour le groupe, pour les &#171; d&#233;lires &#187; qui peuvent s'y d&#233;rouler. Ils consultent les messages occasionnellement et interviennent rarement.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre branch&#233;, le groupe-classe Messenger pour les relations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'un groupe-classe sur un RSN est l'une des nombreuses possibilit&#233;s offertes par les technologies pour cr&#233;er du lien entre pairs et semble aller de soi. Il s'agit bien l&#224; &#171; d'en &#234;tre &#187; et de ne pas &#171; perdre le contact &#187; (Jaur&#233;guiberry et Proulx, 2011). Le groupe-classe sur Messenger (GCM) s'inscrit dans cet espace num&#233;rique de communication &#224; dimensions variables (t&#233;l&#233;phone, SMS, messagerie instantan&#233;e, appels vid&#233;o, diff&#233;rents RSN), o&#249; se poursuivent les &#233;changes entam&#233;s au cours de la journ&#233;e. Il est &#224; la fois un prolongement des temps de classe sur les heures pass&#233;es hors de l'&#233;tablissement : temps de transport, domicile, activit&#233;s ext&#233;rieures, vacances ; mais aussi superposition des temps de classe lorsque les communications se d&#233;roulent durant la journ&#233;e de cours. Le lien est &#171; r&#233;ifi&#233; &#187; (Metton-Gayon, 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous inspirons de la typologie d'Aaen et Dalsgaard (2016) pour &#233;tablir les cat&#233;gories de contenus des conversations men&#233;es sur le GCM. Les messages ayant un objet directement li&#233; &#224; la sociabilit&#233; et regroup&#233;s dans la cat&#233;gorie &#171; Expression sociale &#187; ne sont pas majoritaires et passent par d'autres canaux (sous-groupes affinitaires sur FB, SMS, autres RSN). L'expression sociale sans rapport avec l'&#233;cole se manifeste de mani&#232;re transversale. Elle appara&#238;t en superposition dans une conversation initi&#233;e au d&#233;part par un sujet relatif &#224; la classe ou &#224; l'&#233;cole, que ce soit dans la formulation m&#234;me de la demande, souvent directe et famili&#232;re (&#171; c'est quoi le truc en anglais ? &#187; ; &#171; on commence vraiment &#224; 10 :30 ? ?), ou les commentaires induits par les r&#233;ponses, &#224; base de smileys, de &#171; like &#187; ou de &#171; mdr &#187;, relevant d'un langage phatique qui t&#233;moigne de la fonction sociale du groupe-classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique d'int&#233;gration est facilit&#233;e par la connexion quasi permanente avec les smartphones. Les traces recueillies t&#233;moignent par exemple de messages envoy&#233;s d&#232;s 6h38 le matin. Les &#233;l&#232;ves sont de cette mani&#232;re &#224; l'aff&#251;t des demandes d'aide, des propositions de sorties, des rendez-vous et informations diverses qui constituent leur exp&#233;rience de lyc&#233;en. Ils peuvent aussi s'envoyer des marques d'affection ou de connivence, poursuivre des discussions ou &#171; d&#233;lires &#187; commenc&#233;s en classe. Au cours d'un entretien collectif sont &#233;galement &#233;voqu&#233;es des petites &#171; embrouilles &#187; n&#233;es sur le groupe et qui ont d&#251; se r&#233;gler en classe. Autant de signes qui t&#233;moignent de l'intensit&#233; propre aux relations adolescentes (Barr&#232;re, 2011). Hormis les messages concernant les questions d'organisation, le GCM est &#233;galement un espace de l&#226;cher-prise o&#249; peuvent s'&#233;changer ce que les &#233;l&#232;ves nomment eux-m&#234;mes des &#171; conneries &#187; et clins d'&#339;il qui ne les concernent pas forc&#233;ment tous, mais qui, pour des motifs d'inclusion qu'explicite bien Claire Balleys (2015), n&#233;cessitent d'&#234;tre expos&#233;s au vu et au su des camarades. Ces derniers, sans &#234;tre directement concern&#233;s, repr&#233;sentent l'autorit&#233; l&#233;gitime de validation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GCM n'est pas mod&#233;r&#233;, il est le th&#233;&#226;tre d'une expression &#171; autodisciplin&#233;e &#187; o&#249; s'affirme un langage tant&#244;t s&#233;rieux, tant&#244;t l&#233;ger selon la nature du th&#232;me discut&#233; et des participants. C'est un espace appr&#233;ci&#233; pour la libert&#233; de ton qu'il permet &#171; ouais c'est assez libre, apr&#232;s c'est s&#233;curis&#233;, c'est vraiment notre groupe &#224; nous, (&#8230;) y'a pas vraiment de sujet qu'on veut pas aborder tout &#231;a, il nous sert vraiment &#224; tout, il est pas r&#233;serv&#233; par exemple que au niveau scolaire &#187; (Vincent E5). La confidentialit&#233; du groupe-classe sur Messenger rend les &#233;l&#232;ves plus libres de leurs propos : &#171; FB c'est public, tout le monde peut voir, sur Messenger on fait moins attention, parce qu'on sait avec qui on parle, c'est juste avec une personne, donc &#231;a reste plus discret que si on poste sur FB. &#187; (Jean E5). L'humour est souvent de mise et les fonctionnalit&#233;s de la messagerie sont abondamment utilis&#233;es (smileys, &#171; likes &#187;, images), ce qui conf&#232;re &#224; la conversation ce c&#244;t&#233; ludique propre aux communications instantan&#233;es sur Internet. Un message s&#233;rieux peut vite d&#233;river vers du d&#233;lire que C&#233;line Metton-Gayon d&#233;finit comme &#171; une envol&#233;e complice n&#233;e d'un fait ou d'un d&#233;tail, qui noue une complicit&#233; particuli&#232;re entre les personnes qui le partagent &#187; (Metton-Gayon, 2009, p. 122). Le d&#233;lire se traduit par l'usage immod&#233;r&#233; d'&#233;motic&#244;nes, de gifs anim&#233;s, autant de signes contenus dans les fonctionnalit&#233;s de l'application de messagerie ou glan&#233;s sur le web qui cassent le d&#233;roulement de la conversation et cherchent &#224; provoquer le rire et la surench&#232;re. La logique d'int&#233;gration se manifeste &#233;galement par les codes culturels inspir&#233;s de la s&#233;mantique du web et qui sont partag&#233;s par les membres du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inconv&#233;nient du d&#233;lire est son effet perturbateur. Comme la plupart des membres du groupe sont connect&#233;s en permanence et que des notifications sonores les avertissent qu'un message a &#233;t&#233; post&#233;, des rafales de &#171; like &#187; envoy&#233;s par jeu peuvent s'av&#233;rer &#233;prouvantes, &#171; le contenu de l'&#233;change important finalement moins que le fait de manifester le lien social &#187; (Fluckiger, 2006). Le ou les membres qui se sentent importun&#233;s envoient alors un message demandant l'arr&#234;t des d&#233;lires. Le d&#233;s&#339;uvrement, l'impression de solitude, peuvent &#234;tre &#224; l'origine de ces envois impromptus, ainsi se manifeste une expressivit&#233; adolescente li&#233;e aux humeurs du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre efficace, le groupe pour l'&#233;cole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#233;cole pas de groupe-classe, cette &#233;vidence rappelle que c'est bien la r&#233;union de ces &#233;l&#232;ves particuliers, dans le cursus qu'ils ont choisi, qui pr&#233;side &#224; la cr&#233;ation du groupe. Si celui-ci s'alimente dans la vie sociale des &#233;l&#232;ves, il trouve son int&#233;r&#234;t dans une pratique d'entraide pour faire face au parcours scolaire et enrichir l'exp&#233;rience du lyc&#233;e. Anne Barr&#232;re a bien expliqu&#233; les ressorts de l'instrumentalisme scolaire, pratique qui &#171; transforme le travail scolaire en une s&#233;rie d'investissements calcul&#233;s au plus pr&#232;s en fonction des b&#233;n&#233;fices scolaires attendus &#187; (Barr&#232;re, 1997, p. 159). Le groupe-classe Messenger (GCM), par les opportunit&#233;s d'entraide qu'il propose selon un syst&#232;me demande/r&#233;ponse, correspond aux attentes de certains lyc&#233;ens pour les aider dans leur &#171; m&#233;tier d'&#233;l&#232;ve &#187; (Perrenoud, 1994). D&#232;s lors, entre en jeu une logique strat&#233;gique visant l'efficacit&#233;. Il s'agit, pour reprendre les termes de Jaur&#233;guiberry et Proulx, de &#171; g&#233;rer l'urgence, de rentabiliser les temps morts, de rationaliser les t&#226;ches en temps r&#233;el, bref d'&#234;tre performant. &#187; (Jaur&#233;guiberry et Proulx, 2011, p. 109). Pour les uns, demandeurs r&#233;guliers d'aide et d'informations, le GCM est l'opportunit&#233; d'&#233;conomiser du temps et des efforts cognitifs, pour d'autres, une fa&#231;on d'asseoir une position hi&#233;rarchique au sein du groupe en d&#233;livrant r&#233;ponses et informations strat&#233;giques (Cottier, Michaut et Lebreton, 2016) ou en apparaissant comme plus responsables dans un environnement parfois immature (cf. Tableau 3). Cette dimension strat&#233;gique peut aussi s'inscrire dans une forme de loyaut&#233; li&#233;e aux valeurs de la fili&#232;re, laquelle, dans le cadre de notre enqu&#234;te, encourage la solidarit&#233; entre &#233;l&#232;ves. Les &#233;ch&#233;ances des examens sont dans toutes les t&#234;tes, les questionnements sur les d&#233;bouch&#233;s professionnels &#233;galement. Il s'agit donc de mener &#224; bien son ann&#233;e scolaire, sinon pour &#234;tre dans le peloton de t&#234;te, du moins pour garder la moyenne. Dans cet objectif, le GCM occupe une place tout &#224; fait d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L480xH277/img-2-small480-8-5a234.png?1523175217' width='480' height='277' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tableau 3. Extraits du GCM : demandes d'aide. Les hachures sur les copies d'&#233;cran ont &#233;t&#233; effectu&#233;es par les &#233;l&#232;ves eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/dms/docannexe/image/2098/img-2.png&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Original&lt;/a&gt;(png, 401k)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela passe par le travail personnel r&#233;alis&#233; &#224; la maison, m&#234;me si de l'avis g&#233;n&#233;ral, les 1res MS, comme la plupart des fili&#232;res professionnelles, ont peu de travail &#224; la maison (Jellab, 2008). Malgr&#233; tout, les r&#233;visions sont n&#233;cessaires avant certains cours, en pr&#233;paration d'un contr&#244;le ou d'un stage. Si une certaine homog&#233;n&#233;it&#233; existe entre les &#233;l&#232;ves concernant leurs profils, les comp&#233;tences scolaires et mani&#232;res de faire sont diff&#233;renci&#233;es. Par ailleurs, l'obtention sans effort d'une ressource lib&#232;re du temps pour faire autre chose, ce qui s'inscrit dans un contournement du rythme et de l'intensit&#233; du travail demand&#233; par l'enseignant (Zaffran, 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les demandes portent &#233;galement sur des points d'organisation concernant les horaires, les lieux de rendez-vous (cf. Tableau 4). Pour leur d&#233;fense, les &#233;l&#232;ves signalent que leur emploi du temps change constamment et que l'acc&#232;s &#224; l'ENT et les informations qui y sont port&#233;es ne sont pas toujours jug&#233;s fiables. L'ENT, plateforme institutionnelle, reste consult&#233; pour les emplois du temps et les notes, mais ne rencontre que peu d'utilisateurs convaincus, comme l'avaient d&#233;j&#224; observ&#233; Cottier, Michaut et Lebreton (2016).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2963 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L480xH187/img-3-small480-5-4f772.png?1523175217' width='480' height='187' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tableau 4. Extraits du GCM : Message annon&#231;ant un changement d'emploi du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/dms/docannexe/image/2098/img-3.png&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Original&lt;/a&gt;(png, 24k)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le GCM sert &#224; demander de l'aide et &#224; en donner, il permet aussi de relayer des informations concernant les cours, parfois m&#234;me &#224; la demande de certains enseignants. Pour quelques &#233;l&#232;ves qui avouent ne pas prendre de notes sur les devoirs &#224; faire ou les changements d'heure, le groupe est une ressource appr&#233;ciable, pr&#233;f&#233;r&#233;e &#224; des demandes plus individuelles. Il s'agit d'un choix strat&#233;gique qui augmente les chances d'obtenir une r&#233;ponse &#224; la requ&#234;te d&#233;pos&#233;e. Les informations d'aide qui nous sont donn&#233;es &#224; voir restent malgr&#233; tout assez sommaires. &#171; Les situations d'entraide par le biais d'outils num&#233;riques sont souvent ax&#233;es sur la recherche d'une r&#233;ponse directe, un &#233;change de &#8220; bons proc&#233;d&#233;s &#8221; et moins sur une construction. &#187; (Cottier, Michaut et Lebreton, 2016, p. 38).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'usage du smartphone comme appareil photo est tr&#232;s r&#233;pandu et son usage quasi syst&#233;matique pour r&#233;pondre &#224; une demande de document, administrer une preuve ou pour servir d'aide-m&#233;moire. Des photos prises &#224; la vol&#233;e (cf. tableau 5) expriment l'&#233;conomie de temps pour r&#233;pondre &#224; une demande pressante. L&#224; encore s'illustre la recherche d'efficacit&#233;. Il s'agit de r&#233;agir au plus vite, car le fonctionnement m&#234;me de Messenger sous forme d'affichage vertical ininterrompu peut mener &#224; une disparition assez rapide de la requ&#234;te, remplac&#233;e par des communications sans rapport ou par de nouvelles demandes. L'efficacit&#233; r&#233;side aussi dans ce contrat tacite de r&#233;activit&#233; et de service mutuel propre aux normes de ce collectif d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2967 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L480xH349/img-4-small480-3-04efc.png?1523175217' width='480' height='349' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tableau 5. Extraits du GCM : documents post&#233;s sur l'espace du groupe-classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/dms/docannexe/image/2098/img-4.png&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Original&lt;/a&gt;(png, 1,1M)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre autonome, une exp&#233;rience scolaire individuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat d'esprit rattach&#233; aux M&#233;tiers de la S&#233;curit&#233;, la convivialit&#233; au sein d'un groupe homog&#232;ne d'&#233;l&#232;ves, d&#233;j&#224; li&#233;s par le passage des entretiens de s&#233;lection (les 18 &#233;l&#232;ves retenus sur 117 dossiers de candidature), renforce le sentiment d'appartenance. Pourtant, les entretiens font &#233;galement appara&#238;tre chez certains &#233;l&#232;ves un esprit de comp&#233;tition qui se manifeste par exemple lors des examens ou des &#233;preuves sportives. Si le collectif est le principe organisateur de la section, il n'emp&#234;che pas une comp&#233;tition propre &#224; l'exp&#233;rience scolaire qui se manifeste par les notes et les appr&#233;ciations des enseignants et des personnels de l'&#233;tablissement. Pour l'adolescent, le lyc&#233;e est aussi le lieu d'une &#171; affirmation de soi par la valeur scolaire &#187; (Barr&#232;re, 1997). Par ailleurs, l'impression d'homog&#233;n&#233;it&#233; des profils des &#233;l&#232;ves s'amenuise &#224; mesure que les parcours singuliers se d&#233;couvrent dans les entretiens. M&#234;me si des amiti&#233;s solides sont n&#233;es au sein de cette classe, les individus qui la composent ne sont pas tous li&#233;s les uns aux autres avec la m&#234;me intensit&#233;. Nous identifions &#224; partir de nos entretiens 4 types de manifestations de cette logique de subjectivation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re manifestation est la non-participation au groupe. Deux &#233;l&#232;ves n'y sont pas ou plus inscrits, sans que les raisons de leur absence ne nous soient r&#233;v&#233;l&#233;es. Le non-usage doit en effet &#234;tre pris en compte dans l'exp&#233;rience scolaire des RSN, car cette mise &#224; distance peut relever d'une absence d'int&#233;r&#234;t pour les contenus, d'un abandon ou de motifs li&#233;s aux relations entre les &#233;l&#232;ves. Le GCM occupe une telle place au sein de l'exp&#233;rience des 1res MS que son &#233;vitement interroge. Il n'est toutefois pas exclu que des &#233;changes priv&#233;s se fassent entre ces &#233;l&#232;ves et le reste de la promotion hors du groupe-classe, que ce soit sur d'autres RSN ou par SMS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me se caract&#233;rise par un usage &#171; raisonn&#233; &#187; du groupe. Les visites sont occasionnelles, on n'intervient que lors de demandes pour lesquelles on a une r&#233;ponse. Les participations aux d&#233;lires sont moindres, voire inexistantes. Du c&#244;t&#233; de ces utilisateurs &#171; mod&#233;r&#233;s &#187;, cette distance appara&#238;t par la d&#233;signation d'un noyau d'habitu&#233;s : &#171; des fois ils parlent de certaines choses entre eux, mais en g&#233;n&#233;ral &#231;a dure pas longtemps. &#187; (Jean E5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me est d'ordre instrumental, li&#233;e au fonctionnement de Messenger lorsqu'il est activ&#233;, ce qui est le cas la plupart du temps. Les lyc&#233;ens sont expos&#233;s aux sonneries incessantes d&#232;s que des conversations se mettent en route et s'emballent dans le cas d'un d&#233;lire. Adeline souligne le c&#244;t&#233; ali&#233;nant du groupe dont les sollicitations peuvent intervenir &#224; n'importe quel moment. &#171; &#8230;des fois le w-e quand on est en soir&#233;e, on re&#231;oit des messages pour demander les devoirs et tout, ben quand t'es en soir&#233;e tu sais pas forc&#233;ment, donc du coup &#231;a sert un peu &#224; rien de r&#233;pondre. &#187; (E7). Les notifications sont autant de rappels des interactions qui se jouent sur le GCM, mais il est impossible de savoir si la conversation peut &#234;tre utile (les questions de cours, d'organisation) ou futile (d&#233;lires, apostrophes &#224; la cantonade) sans y jeter un coup d'&#339;il m&#234;me furtif, ce qui oblige &#224; interrompre une activit&#233; en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me se r&#233;v&#232;le dans les &#233;changes et r&#233;actions qui peuvent appara&#238;tre sur le groupe, &#224; rebours de son ambiance potache et d&#233;contract&#233;e. L'interface de Messenger laisse appara&#238;tre les pastilles identifiant les personnes connect&#233;es qui ont vu le message. Ceci peut entra&#238;ner une certaine frustration comme l'explique Mohammed : &#171; parce que souvent on trouve &#231;a inutile, personnellement souvent ils posent&#8230;souvent c'est les m&#234;mes questions, (&#8230;), tout le temps ton t&#233;l&#233;phone sonne, (&#8230;), y'a tout le temps les m&#234;mes personnes qui posent les m&#234;mes questions ou quand tu poses une question, tu vois tout le monde qui voit, mais qui te r&#233;pond pas et &#231;a, &#231;a m'&#233;nerve&#8230; et l&#224; du coup tu te dis, &#231;a sert pas quoi. &#187; (E7). Le groupe peut donc &#234;tre un sujet de tensions s'il n'est que le relais des d&#233;lires d'une minorit&#233; ou si les questions pos&#233;es sont jug&#233;es st&#233;riles. Ces propos t&#233;moignent que l'adh&#233;sion sans r&#233;serve au groupe-classe n'est pas unanime et que chacun conserve sa capacit&#233; &#224; se distancier des contenus qui l'indisposent ou &#224; critiquer sur le GCM les pratiques jug&#233;es perturbantes. Du fait m&#234;me d'&#234;tre reli&#233;s en permanence au groupe-classe et t&#233;moins parfois involontaires de discussions qui ne les concernent pas directement, les &#233;l&#232;ves ne peuvent r&#233;ellement op&#233;rer un filtrage des contenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation d'une certaine distanciation des &#233;l&#232;ves &#224; l'&#233;gard du GCM se double d'une relative prise de recul vis-&#224;-vis des technologies elles-m&#234;mes. Que ce soit sur les risques li&#233;s aux RSN (la divulgation d'informations priv&#233;es, le tra&#231;age commercial, etc.) ou la &#171; d&#233;pendance &#187; au portable. Les lyc&#233;ens rencontr&#233;s sont r&#233;ceptifs aux discours m&#233;diatiques, aux sensibilisations men&#233;es au lyc&#233;e et aux avis des adultes qui les entourent. Leur appartenance &#224; la fili&#232;re M&#233;tiers de la S&#233;curit&#233; les rend probablement plus attentifs aux enjeux de la &#171; r&#233;putation num&#233;rique &#187;. Cette question est particuli&#232;rement sensible pour postuler &#224; des emplois dans la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Notre approche bas&#233;e sur l'exp&#233;rience des lyc&#233;ens dans le cadre du GCM nous a permis de mettre en &#233;vidence les tensions entre individu et collectif, et entre sph&#232;re personnelle et sph&#232;re scolaire. Hybridation des temporalit&#233;s, des relations entre pairs, porosit&#233; entre des espaces et des temps traditionnellement d&#233;limit&#233;s, s'installent dans un allant de soi. Dans cette r&#233;organisation spatio-temporelle (en ce qu'elle affecte les temporalit&#233;s de l'&#233;cole et celles de la vie priv&#233;e, en m&#234;me temps que les lieux et les distances traditionnels), le groupe-classe occupe une place d&#233;terminante dans le quotidien des &#233;l&#232;ves rencontr&#233;s, mais &#224; des degr&#233;s divers selon les individus. Avec ses limites, notre enqu&#234;te montre combien les jeunes engag&#233;s dans leurs &#233;tudes mobilisent les RSN via des groupes restreints, mais bien plus clairement au service du relationnel et d'un certain &#171; esprit de classe &#187;, que de l'efficacit&#233; scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites de la d&#233;marche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail ethnographique aupr&#232;s d'adolescents requiert une d&#233;marche progressive et prudente. Consid&#233;rant la temporalit&#233; propre de l'ann&#233;e scolaire pour les lyc&#233;ens, notre arriv&#233;e tardive sur le terrain (janvier) et la dur&#233;e de notre phase d'observation (5 mois) ne nous ont pas permis d'acc&#233;der au groupe-classe originel des &#233;l&#232;ves et particuli&#232;rement &#224; l'historique des conversations avant notre intervention. Pourtant, nous avons constat&#233; qu'une certaine familiarit&#233; s'installait au gr&#233; des rencontres r&#233;guli&#232;res et des conversations en ligne. Cette proximit&#233; a contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation du groupe-classe &#171; exp&#233;rimental &#187; puis &#224; sa poursuite sans notre intervention, nous donnant &#224; voir ce qui nous &#233;tait refus&#233; au d&#233;part. M&#234;me si la nature des propos que nous avons pu observer peut &#234;tre influenc&#233;e par le contexte particulier de leur production, le ton spontan&#233; et d&#233;brid&#233; des &#233;changes nous donne le sentiment que s'op&#232;re un certain oubli de la pr&#233;sence du chercheur (Balleys, 2015) et que les adolescents agissent de mani&#232;re authentique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le groupe-classe observ&#233;, s'il repose principalement sur la messagerie instantan&#233;e, se r&#233;v&#232;le &#233;galement inclus dans un syst&#232;me communicationnel plus large compos&#233; de SMS, d'e-mails, de l'ENT de l'&#233;tablissement et autres applications de r&#233;seautage social (communication vid&#233;o par exemple) auxquels nous n'avons pas eu mat&#233;riellement acc&#232;s. Une observation fine des interactions m&#233;di&#233;es par les RSN n&#233;cessiterait la prise en compte et l'analyse des &#233;changes sur les diff&#233;rents dispositifs de m&#233;diation utilis&#233;s afin de reconstituer de fa&#231;on plus fine l'&#233;cosyst&#232;me communicationnel et informationnel dans lequel &#233;voluent les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il conviendrait sans doute, afin d'&#233;largir et confirmer les r&#233;sultats pr&#233;sent&#233;s ici, ainsi que la m&#233;thodologie que nous avons employ&#233;e, d'&#233;tudier des situations de classes dont l'identit&#233; professionnelle est moins affirm&#233;e (fili&#232;res g&#233;n&#233;rales par exemple) et d'&#233;largir le recueil de donn&#233;es aux SMS et autres r&#233;seaux potentiels. Car si nous insistons sur l'importance des logiques d'action constituant l'exp&#233;rience des lyc&#233;ens, &#224; la suite de Dubet et Martuccelli (1996), et montrons qu'elle est fortement marqu&#233;e dans notre contexte par une certaine culture du secret et de la protection, il y aurait sans doute &#224; voir sur d'autres terrains comment elles organisent les usages d'autres lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une efficacit&#233; scolaire ambivalente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#233;tudes (notamment Aaen et Dalsgaard, 2016 ; Cottier et Burban, 2016) sugg&#232;rent que les RSN ont un potentiel &#233;ducatif, notamment par l'utilisation des groupes-classes que les &#233;l&#232;ves peuvent investir pour leur travail scolaire. Or, le contexte particulier que nous avons &#233;tudi&#233; (Enseignement professionnel, peu de travaux scolaires personnels ou collectifs &#224; la maison) ne nous permet pas d'aller en ce sens. Les contenus li&#233;s aux enseignements font davantage l'objet de simples v&#233;rifications ou de questions utilitaires en vue de compl&#233;ter les savoirs (Le Douarin et Delaunay-Teterel, 2011), les demandes post&#233;es sur le GCM rel&#232;vent la plupart du temps d'un certain instrumentalisme qu'ont bien d&#233;crit par exemple Anne Barr&#232;re (1997) ou encore Fran&#231;ois Dubet et Danilo Martuccelli (1996). Nous avons pu cependant constater que ce dispositif communicationnel, utilis&#233; dans un ensemble plus vaste de ressources technologiques, contribue &#224; l'&#233;mergence et &#224; l'exercice de comp&#233;tences sociales et informationnelles, certes localis&#233;es, mais bien r&#233;elles. Les aptitudes &#224; communiquer, comme l'auto-organisation du collectif d'&#233;l&#232;ves sur des temps de classe ou hors classe, sont autant d'&#233;l&#233;ments propices &#224; l'apprentissage de la coop&#233;ration. En d&#233;pit d'une faible conceptualisation de leur environnement num&#233;rique en tant que ressources pour l'&#233;cole (Fluckiger et Bruillard, 2008), les &#233;l&#232;ves tirent bien parti des caract&#233;ristiques techniques de la messagerie au service de leur recherche personnelle d'efficacit&#233;, mais aussi pour l'entraide entre pairs. Une conscientisation des lyc&#233;ens sur les potentialit&#233;s compl&#232;tes des outils et des savoirs mis en &#339;uvre permettrait probablement de d&#233;velopper l'efficacit&#233; de ces ressources au service d'apprentissages scolaires ou de communication et de valoriser les comp&#233;tences acquises par les &#233;l&#232;ves en termes de m&#233;diation, d'animation de communaut&#233;, de recherche et diffusion d'information. Mais cette conscientisation demeure probl&#233;matique tant l'existence m&#234;me de ce type de r&#233;seau est subordonn&#233;e &#224; l'absence de l'adulte, qu'il soit parent ou enseignant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un outil relationnel au service du collectif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les interactions des &#233;l&#232;ves sur le groupe-classe sont r&#233;v&#233;latrices des relations qui se jouent entre eux dans la classe. Les R&#233;seaux Sociaux Num&#233;riques sont susceptibles d'amplifier les ph&#233;nom&#232;nes de cliques et d'exclusion (Balleys, 2015). La fonction groupe sur un RSN peut, le cas &#233;ch&#233;ant, proposer un &#171; terrain &#187; d'int&#233;gration o&#249; les &#233;l&#232;ves apprennent &#224; interagir sans les inhibitions induites par les relations en face &#224; face. Nous avons pu constater que le groupe-classe occupe une place importante dans l'exp&#233;rience scolaire des &#233;l&#232;ves. Activ&#233; d&#232;s le d&#233;but de la classe de seconde il fait partie int&#233;grante de la scolarit&#233; d'une majorit&#233; d'&#233;l&#232;ves. Son utilisation r&#233;guli&#232;re, parfois compulsive, intensifie les relations au sein du collectif et contribue &#224; l'information et &#224; l'entraide. Il sert de lieu de rendez-vous en ligne, prolonge les liens de sociabilit&#233; nou&#233;s en classe et permet l'envoi de signaux permanents t&#233;moignant de l'appartenance au groupe. Cette pratique s'apparentant &#224; &#171; l'esprit d'&#233;cole &#187; (Dubet, 2008) caract&#233;ristique des fili&#232;res s&#233;lectives est ici d&#233;ploy&#233;e par les &#233;l&#232;ves de la fili&#232;re MS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit cependant insister sur une implication des lyc&#233;ens au sein du GCM qui varie en intensit&#233; et en dur&#233;e selon des facteurs tels que : le rapport au collectif, aux &#233;tudes, aux RSN et aux outils num&#233;riques, aux mani&#232;res d'&#233;tudier (Cottier, Michaut et Lebreton, 2016), au contexte familial, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction de groupe-classe, tout comme les usages des RSN, gagnerait l&#224; encore &#224; &#234;tre approfondie &#224; l'&#233;cole, pour explorer les activit&#233;s sociales que ces dispositifs permettent (dynamique de classe, coh&#233;sion, &#233;mulation et entraide) et comprendre &#233;ventuellement les dynamiques d'inclusion et d'exclusion &#224; l'&#339;uvre au sein d'une classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ritable &#171; espace prot&#233;g&#233; &#187;, le groupe-classe Messenger prolonge ainsi les temps sociaux du collectif d'&#233;l&#232;ves, mais renforce &#233;galement la p&#233;n&#233;tration de th&#232;mes en lien avec la scolarit&#233; dans leur quotidien hors de l'&#233;cole, les pla&#231;ant dans un flux communicationnel et informationnel ininterrompu dont il semble difficile de se tenir &#224; l'&#233;cart.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI (Digital Object Identifier) sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les utilisateurs des institutions abonn&#233;es &#224; l'un des programmes freemium d'OpenEdition peuvent t&#233;l&#233;charger les r&#233;f&#233;rences bibliographiques pour lesquelles Bilbo a trouv&#233; un DOI.&lt;/p&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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