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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Casilli Antonio (2019). En attendant les robots. Enqu&#234;te sur le travail du clic, notes de lecture par Micha&#235;l Bourgatte</title>
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		<dc:creator>Micha&#235;l Bourgatte</dc:creator>


		<dc:subject>Num&#233;rique responsable</dc:subject>

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&lt;p&gt;Micha&#235;l Bourgatte, &#171; Casilli Antonio (2019). En attendant les robots. Enqu&#234;te sur le travail du clic &#187;, Revue fran&#231;aise des sciences de l'information et de la communication [En ligne], 22 | 2021, mis en ligne le 01 mai 2021, consult&#233; le 24 mai 2021. URL : http://journals.openedition.org/rfsic/11495 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rfsic.11495 &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui a lu le premier opus de Tintin au pays des soviets aura sans doute gard&#233; en m&#233;moire ces vignettes donnant &#224; voir des usines fumantes lesquelles se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/mot46.html" rel="tag"&gt;Num&#233;rique responsable&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Micha&#235;l Bourgatte, &#171; Casilli Antonio (2019). En attendant les robots. Enqu&#234;te sur le travail du clic &#187;, Revue fran&#231;aise des sciences de l'information et de la communication [En ligne], 22 | 2021, mis en ligne le 01 mai 2021, consult&#233; le 24 mai 2021. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/rfsic/11495&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/rfsic/11495&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/rfsic.11495&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/rfsic.11495&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a lu le premier opus de Tintin au pays des soviets aura sans doute gard&#233; en m&#233;moire ces vignettes donnant &#224; voir des usines fumantes lesquelles se r&#233;v&#233;laient n'&#234;tre que des fa&#231;ades en carton-p&#226;te d&#232;s lors qu'on les approchait. Herg&#233;, sous les traits de son jeune reporter, cherchait alors &#224; d&#233;voiler la face cach&#233;e d'un socialisme sovi&#233;tique d&#233;faillant dans un savant m&#233;lange d'humour et de politique. Loin de comparer pied &#224; pied ce volume de Tintin et le livre d'Antonio Casilli, une analogie au moins est possible. Si la proposition est cette fois-ci scientifique, elle n'est ni d&#233;nu&#233;e d'humour (qui connait un tant soit peu l'auteur sait qu'il n'en est pas d&#233;pourvu), ni d'engagement politique (bis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant les robots d'Antonio Casilli est un livre qui se positionne &#224; la fronti&#232;re de la sociologie et des sciences politiques, disciplines dont l'auteur se revendique lui-m&#234;me dans les derni&#232;res pages du livre. Une perspective qui est ent&#233;rin&#233;e par la pr&#233;sence d'une postface au volume sign&#233;e par Dominique M&#233;da dont l'approche se situe &#233;galement &#224; cet endroit. &#192; premi&#232;re vue, la perspective d'Antonio Casilli peut donc appara&#238;tre &#233;loign&#233;e des pr&#233;occupations d'un chercheur en SIC. Or, il n'en est rien. D'embl&#233;e, il me semble en effet important de dire que ce livre servira avec certitude les desseins de ceux qui, en SIC, donneront un grand cours d'introduction au num&#233;rique en Licence ou plus largement sur les cultures num&#233;riques. Un livre qui entrera &#233;galement dans les bibliographies de ceux qui veulent explorer le fonctionnement de cette industrie avec leurs &#233;tudiants. Du point de vue de la m&#233;thode employ&#233;e, le livre est aussi un mod&#232;le du genre (explorer les relations entre la th&#233;orie et le terrain, les modalit&#233;s de conduite d'enqu&#234;tes, etc.). Finalement, il pourra alimenter un grand nombre de recherches en SIC sur le num&#233;rique tant il aborde de nombreuses questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant les robots regarde l'envers du d&#233;cor de la Silicon Valley pour nous montrer la coulisse d'un capitalisme en berne. Derri&#232;re le faste apparent de l'univers de la High Tech californienne, des innovations et des dollars, une machine infernale d'exploitation humaine plus ou moins f&#233;roce est en marche, dans l'ombre, depuis des ann&#233;es. Quand on triomphe de l'automation et de l'intelligence artificielle, il n'est en fait que le produit d'une exploitation humaine plus ou moins consentie. Si l'&#233;paisseur du volume (pr&#232;s de 400 pages) pourrait rebuter le lecteur, il convient de pr&#233;ciser d'embl&#233;e qu'une bonne partie de celui-ci (pr&#232;s d'un quart) est consacr&#233; &#224; la postface (pr&#233;cieuse), aux notes (nombreuses) et &#224; la bibliographie (riche) qui assoient ce livre comme une r&#233;f&#233;rence incontournable sur le sujet. En outre, le texte est &#233;crit dans une langue aussi exigeante qu'accessible, ce qui met sa lecture &#224; la port&#233;e de tous, enseignants-chercheurs, &#233;tudiants et m&#234;me grand public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e en mati&#232;re est aussi efficace qu'incisive. En quelques lignes &#224; peine, le sujet est pos&#233; : de jeunes entrepreneurs du num&#233;rique ne sont pas en capacit&#233; d'automatiser leurs services ou bien ils doivent faire en sorte que leurs machines apprennent &#224; r&#233;pondre &#224; des requ&#234;tes. Ainsi, ils promeuvent une id&#233;e sous la forme d'une proof-of-concept aupr&#232;s d'investisseurs, puis sous-traitent un travail de collecte ou encore de mod&#233;ration de donn&#233;es en ligne &#224; une main-d'&#339;uvre bon march&#233;. Cette derni&#232;re r&#233;alise un travail sous-terrain, &#224; la main, qui singe une action automatique ou accompagne l'apprentissage de la machine. Ces &#171; travailleurs du clic &#187; comme Antonio Casilli les appelle, sont ici ou l&#224; dans l'oc&#233;an Indien, &#224; Madagascar, aux Philippines, en Inde ou au Kenya. Pay&#233;s un salaire de mis&#232;re, il est toujours plus &#233;conomique de les employer en nombre que de conclure un contrat on&#233;reux avec une petite &#233;quipe d'informaticiens comp&#233;tents qui pourraient &#339;uvrer au d&#233;ploiement d'une v&#233;ritable IA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du digital labor, autrement traduite par &#171; travail pr&#233;caire du num&#233;rique &#187;, est l'axe de sp&#233;cialit&#233; de l'auteur. L'engouement grandissant autour des IA et leur capacit&#233; &#224; g&#233;n&#233;rer des flux &#233;conomiques sans pr&#233;c&#233;dent a conduit &#224; l'&#233;mergence d'une situation nouvelle et quasi inattendue de d&#233;placement ou de transformation du travail de l'ouvrier. Le voici d&#233;sormais au service de la machine, l&#224; o&#249; la question de l'automatisation avait longtemps &#233;t&#233; envisag&#233;e d'une seule mani&#232;re : celle du grand remplacement. Autre mutation : la sur-pr&#233;carisation de ce travailleur qui n'a plus gu&#232;re de comp&#233;tence r&#233;elle &#224; faire valoir, sinon &#234;tre r&#233;silient (on pensera en particulier &#224; cette mod&#233;ratrice philippine travaillant pour Youtube et capable d'absorber une quantit&#233; journali&#232;re d'images ph&#233;nom&#233;nale dans la minis&#233;rie Les travailleurs du clic produite par France T&#233;l&#233;vision et supervis&#233;e par Antonio Casilli lui-m&#234;me).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les observations de l'auteur s'inscrivent dans une histoire longue du capitalisme et elles soul&#232;vent de nouvelles questions politiques de fond. En effet, la situation d'une tr&#232;s grande partie des travailleurs du num&#233;rique va clairement &#224; l'encontre des id&#233;aux utopiques qui animaient les pr&#233;curseurs de l'informatique et des r&#233;seaux, lesquels id&#233;aux ont ensuite &#233;t&#233; repris par les h&#233;rauts de cette nouvelle &#233;conomie : mettre en commun les ressources de l'humanit&#233;, bannir le principe de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et finalement faire dispara&#238;tre le travail ali&#233;nant de la surface du globe. Le principe de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e reste de mise, tandis que de nouveaux m&#233;tiers particuli&#232;rement d&#233;gradants ont vu le jour. M&#233;tiers dans lesquels le travail de l'ouvrier n'aboutit m&#234;me plus &#224; la production d'un bien tangible qui a une valeur concr&#232;te. La valeur se trouve d&#233;sormais dans les donn&#233;es permettant de le caract&#233;riser, de l'identifier ou de le localiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique algorithmique &#8211; &#224; partir de laquelle les nouveaux entrepreneurs de la Tech r&#233;fl&#233;chissent &#8211; ne trouve pas toujours de concr&#233;tisation technique, ce qui explique pourquoi il faut remplacer la machine par des hommes ou faire travailler des hommes pour qu'ils apprennent &#224; la machine &#224; devenir performante. Dans le premier cas de figure, les usagers eux-m&#234;mes sont mis &#224; contribution, plus ou moins &#224; leur insu, et tr&#232;s souvent gratuitement, en notant ou commentant des biens et des personnes. En faisant cela, ils donnent de la valeur &#224; des plateformes comme Airbnb qui met en relation une offre et une demande, le propri&#233;taire d'un bien immobilier et une personne souhaitant louer ce bien. Airbnb se concentre ainsi sur les performances techniques de son service. Les utilisateurs font le reste en produisant les donn&#233;es qui lui permettent de grossir et de se renforcer selon un double principe cumulatif et de raffinement continu. Dans le second cas de figure, des travailleurs faiblement r&#233;mun&#233;r&#233;s r&#233;alisent des t&#226;ches r&#233;p&#233;titives pour entra&#238;ner la machine, laquelle apprend toujours selon le m&#234;me mod&#232;le cumulatif et de raffinement. Les mod&#233;rateurs de vid&#233;os Youtube, comme dans l'exemple pr&#233;c&#233;demment cit&#233;, &#233;vitent ainsi aux internautes de tomber sur des images non appropri&#233;es (pornographie, violence&#8230;), mais dans le m&#234;me temps, ils creusent leur tombe, puisque la machine sera capable &#224; plus ou moins long terme de faire ce travail de mod&#233;ration sans assistance humaine ou presque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amazon est le ma&#238;tre d'&#339;uvre de cette pr&#233;carisation &#224; travers sa filiale Mechanical Turk. L'entreprise orchestre &#224; grande &#233;chelle la r&#233;partition de t&#226;ches n&#233;cessitant des petites mains mal pay&#233;es. Des t&#226;ches qui consistent &#224; documenter des images, filtrer des vid&#233;os ou transcrire des documents. Mechanical Turk est une plateforme de mise en relation d'entrepreneurs avec des personnes pr&#233;caires pr&#234;tes &#224; travailler en ligne pour un commanditaire selon un principe de libre inscription, lequel travail permet de pallier le manque de performance de l'IA (ce qui est encore tr&#232;s clairement le cas aujourd'hui dans des domaines comme l'analyse des images). Le nom de cette compagnie a &#233;t&#233; choisi en r&#233;f&#233;rence &#224; ce qui a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#8211; au 18e si&#232;cle &#8211; comme un automate capable de jouer aux &#233;checs, lequel &#233;tait creux et contenait en fait un &#234;tre humain. Pour ajouter de la f&#233;&#233;rie au subterfuge, l'inventeur de cette fausse machine lui avait donn&#233; les attributs d'un myst&#233;rieux ottoman &#224; moustache enturbann&#233;, d'o&#249; son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce catalogue des d&#233;faillances, des aberrations ou encore des impens&#233;s de l'&#233;conomie num&#233;rique, il faut aussi pointer le fonctionnement des r&#233;seaux sociaux qui soutiennent des formes originales de communication &#224; travers la publication de posts ou de stories, mais qui, dans le m&#234;me temps, moissonnent les traces de leurs utilisateurs pour attirer des annonceurs et favoriser la vente de produits ou de services. On ne manquera pas non plus d'&#233;voquer le cas d'Uber (VTC, Eat) sur lequel Antonio Casilli s'arr&#234;te longuement, en ce sens o&#249; l'entreprise se distingue (malheureusement) &#224; plusieurs endroits dans la logique de pr&#233;carisation des travailleurs qu'elle emploie : les usagers de ses services notent et commentent, produisant ainsi gratuitement de la donn&#233;e sur les chauffeurs ou sur les restaurants lab&#233;lis&#233;s ; tandis que ses op&#233;rateurs sur le terrain &#8211; conducteurs ou livreurs &#8211; sont faiblement r&#233;mun&#233;r&#233;s, au pourcentage et &#224; la t&#226;che accomplie, sans r&#233;el contrat ni protection salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la partie conclusive &#224; l'ouvrage, Antonio Casilli fixe son attention sur le cadre th&#233;orique du digital labor. L&#224; o&#249; on a trop souvent tendance &#224; consid&#233;rer certains gestes comme des activit&#233;s ludiques et/ou bienveillantes (le fameux Captcha de v&#233;rification d'une transaction en ligne &#233;tant aussi un exercice d'entra&#238;nement des robots &#224; la reconnaissance de chiffres, de lettres ou d'images), les tenants du digital labor, dont Antonio Casilli fait partie, les identifient comme du travail non r&#233;mun&#233;r&#233;. Tandis que travailleurs du num&#233;rique qui sont salari&#233;s le sont dans des conditions d&#233;plorables : contrats pr&#233;caires et/ou au pourcentage. Parmi les th&#233;oriciens du digital labor, certains vont jusqu'&#224; assimiler ces pratiques &#224; de l'imp&#233;rialisme, du n&#233;o-esclavagisme ou de nouvelles formes de colonialisme, une radicalit&#233; qu'Antonio Casilli r&#233;cuse parce qu'il refuse de banaliser l'usage de mots ayant un sens historique bien d&#233;termin&#233;. Son objectif unique est de montrer &#8211; par l'enqu&#234;te et le recueil de donn&#233;es &#8211; que &#171; ce ne sont pas les machines qui font le travail des hommes, mais les hommes qui sont pouss&#233;s &#224; r&#233;aliser un digital labor pour les machines, en les accompagnant, en les imitant, en les entra&#238;nant &#187; (p. 24).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation ouvre la voie &#224; un projet politique dont Antonio Casilli se fait le porte-parole dans les derni&#232;res pages de son livre : celui de la p&#233;rennisation de ces t&#226;ches dans de saines conditions (signature de v&#233;ritables contrats avec des contraintes et des obligations, une juste r&#233;mun&#233;ration, une protection sociale, etc.). Sans qu'aucune r&#233;ponse n'ait pour l'heure &#233;t&#233; apport&#233;e, la perspective th&#233;orique du digital labor se pr&#233;sente en tout cas comme un moyen privil&#233;gi&#233; d'engager des changements sociaux. En effet, le mouvement est parvenu &#224; r&#233;v&#233;ler une situation inconnue ou mal connue du grand public et il a aliment&#233; les discours m&#233;diatiques avec l'espoir d'attirer l'attention des politiciens. Car il y a encore un v&#233;ritable march&#233; du num&#233;rique &#224; constituer qui n'en est qu'&#224; ses balbutiements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un d&#233;fi pour le monde de l'enseignement : la diffusion d'une culture num&#233;rique</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article305.html</link>
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		<dc:date>2016-02-12T14:50:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Micha&#235;l Bourgatte</dc:creator>



		<description>&lt;div STYLE=&#034;text-align:justify;&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une id&#233;e (fausse) circule depuis (trop) longtemps &#224; propos des technologies du num&#233;rique &#224; l'&#233;cole qu'il convient de d&#233;faire : selon certains, elles devraient n&#233;cessairement permettre &#224; l'&#233;l&#232;ve d'obtenir de meilleurs r&#233;sultats et d'avoir plus de comp&#233;tences. Cette conception, on a tendance &#224; l'oublier, est en prise avec nos modes de raisonnement et de production intellectuelle qui sont eux-m&#234;mes assujettis &#224; la rationalit&#233; capitaliste. Comme la formation aux usages des technologies passe par un n&#233;cessaire investissement des &#233;tablissements de l'enseignement et, par extension, des pouvoirs publics, on fantasme l'id&#233;e d'un retour sur investissement. Quelque part, on se met m&#234;me &#224; l'esp&#233;rer. Mais &#224; tort.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;center text-center&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Un d&#233;fi pour le monde de l'enseignement : la diffusion d'une culture num&#233;rique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un article de &lt;Font color=&#034;red&#034;&gt;&lt;strong&gt;Micha&#235;l Bourgatte&lt;/strong&gt; &lt;/Font color=&#034;red&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de Conf&#233;rences en Humanit&#233;s Num&#233;riques, Institut Catholique de Paris&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;

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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Un d&#233;fi pour le monde de l'enseignement : la diffusion d'une culture num&#233;rique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un article de &lt;Font color=&#034;red&#034;&gt;Micha&#235;l Bourgatte &lt;/Font color=&#034;red&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de Conf&#233;rences en Humanit&#233;s Num&#233;riques, Institut Catholique de Paris&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div STYLE=&#034;text-align:justify;&#034;&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/un-defi-pour-le-monde-de-lenseignement-la-diffusion-dune-culture-numerique-48021&#034;&gt;version originale&lt;/a&gt; de cet article a &#233;t&#233; publi&#233;e sur &lt;a href=&#034;http://theconversation.com&#034;&gt;The Conversation&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;center text-center&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;https://62e528761d0685343e1c-f3d1b99a743ffa4142d9d7f1978d9686.ssl.cf2.rackcdn.com/files/95919/width668/image-20150923-2634-cbzwed.jpg &#034;, width=480, height=300 style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;BR&gt;
&lt;p&gt;Une id&#233;e (fausse) circule depuis (trop) longtemps &#224; propos des technologies du num&#233;rique &#224; l'&#233;cole qu'il convient de d&#233;faire : selon certains, elles devraient n&#233;cessairement permettre &#224; l'&#233;l&#232;ve d'obtenir de meilleurs r&#233;sultats et d'avoir plus de comp&#233;tences. Cette conception, on a tendance &#224; l'oublier, est en prise avec nos modes de raisonnement et de production intellectuelle qui sont eux-m&#234;mes assujettis &#224; la rationalit&#233; capitaliste. Comme la formation aux usages des technologies passe par un n&#233;cessaire investissement des &#233;tablissements de l'enseignement et, par extension, des pouvoirs publics, on fantasme l'id&#233;e d'un retour sur investissement. Quelque part, on se met m&#234;me &#224; l'esp&#233;rer. Mais &#224; tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en quoi un outil &#8211; aussi intelligent soit-il &#8211; pourrait-il am&#233;liorer les comp&#233;tences intellectuelles des individus ? Il peut les assister, leur permettre de progresser dans leurs apprentissages, leur faciliter la t&#226;che, d&#233;mocratiser l'acc&#232;s au savoir, mais d'aucune mani&#232;re les &lt;a href=&#034;http://www.education.gouv.fr/cid208/l-utilisation-du-numerique-et-des-tice-a-l-ecole.html&#034;&gt;Technologies de l'Information et de la Communication pour l'&#201;ducation (TICE)&lt;/a&gt; &#8211; ces outils et produits num&#233;riques utilis&#233;s dans le cadre de l'&#233;ducation et de l'enseignement &#8211; n'ont le pouvoir d'am&#233;liorer nos capacit&#233;s c&#233;r&#233;brales.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Un contexte de rupture technique et intellectuelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand ils sont apparus, le livre de poche, le manuel scolaire et toutes les autres formes d'imprim&#233;s &#224; large diffusion, le stylo Bic&lt;sup&gt;&#169;&lt;/sup&gt; ou encore le Ron&#233;otypage&lt;sup&gt;&#169;&lt;/sup&gt;, n'ont pas permis intrins&#232;quement aux apprenants d'accro&#238;tre leurs comp&#233;tences intellectuelles. Ils ont, par contre, permis une accession et une diffusion plus massive et facilit&#233;e aux connaissances ; ils ont particip&#233; &#224; une &#233;l&#233;vation g&#233;n&#233;rale des esprits, &#224; un &#171; nivellement par le haut &#187; des comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture, l'&#233;criture, l'accession au savoir n'&#233;taient plus l'apanage d'une &#233;lite. Elles &#233;taient maintenant ouvertes &#224; tous. Mais les effets de ces technologies de l'intellect n'ont pas &#233;t&#233; imm&#233;diats : il a fallu un temps de diffusion puis de domestication. Toutefois, d&#232;s lors qu'elles existaient, et qu'on en avait mesur&#233; les effets positifs, elles &#233;taient devenues incontournables. Il fallait &#171; faire avec &#187; sans que cela nous dispense de continuer &#224; enseigner des gestes de calligraphie ou &#224; faire l'acquisition de beaux livres reli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, les TICE marquent une rupture technique et intellectuelle dans le fonctionnement du syst&#232;me &#233;ducatif. Elles sont l&#224; pour accompagner, diffuser et faciliter les apprentissages. Les enseignants l'ont d'ailleurs tr&#232;s bien compris en l'utilisant dans des logiques de p&#233;dagogies par projets ou de p&#233;dagogies adapt&#233;es (ou diff&#233;renci&#233;es). L'outil num&#233;rique remplit alors une fonction de rassembleur le temps d'une production collective (g&#233;n&#233;ralement un blog ou l'animation d'un r&#233;seau social pour rendre compte d'activit&#233;s conduites dans la classe). Il peut aussi r&#233;pondre &#224; des besoins d'acc&#233;l&#233;ration ou de d&#233;c&#233;l&#233;ration dans les apprentissages, toutes les personnes n'ayant pas le m&#234;me rythme de travail l'outil num&#233;rique vient alors assister l'enseignant qui ne peut pas r&#233;pondre aux besoins tous sp&#233;cifiques de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Pour une formation des formateurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On observe ici des effets incontestablement positifs de l'introduction du num&#233;rique &#224; l'&#233;cole qui renforce les apports des technologies de l'intellect qui ont cons&#233;cutivement &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es dans le milieu &#233;ducatif ; il les raffine, mais il n'a aucune place &#224; tenir en tant que vecteur d'accroissement du savoir individuel. Si tout le monde s'accorde sur la grande difficult&#233; qu'il y a d'&#233;voluer dans notre soci&#233;t&#233; sans avoir des comp&#233;tences minimales li&#233;es au num&#233;rique (trouver une information pratique en ligne, r&#233;aliser des achats ; utiliser les r&#233;seaux sociaux &#224; bon escient ; mais aussi : se cultiver, apprendre, d&#233;couvrir ; avoir des comportements corrects et d&#233;ontologiques ; jusqu'&#224; la fabrication elle-m&#234;me d'outils et services num&#233;riques), l'engagement du corps p&#233;dagogique dans cette voie est tr&#232;s variable, car il est peu ou mal form&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement, les initiatives sont prises &#224; titre individuel et en fonction de comp&#233;tences d&#233;velopp&#233;es par chacun, en toute autonomie. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que l'appellation &#171; natifs du num&#233;rique &#187; (Digital Natives), utilis&#233;e pour d&#233;signer les jeunes g&#233;n&#233;rations, a connu une fortune certaine dans les milieux &#233;ducatifs pour asseoir cette rupture entre des enseignants (soi-disant) malhabiles et des &#233;l&#232;ves (soi-disant) d&#233;brouillards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, ce sont les p&#233;dagogues qui doivent d'abord acqu&#233;rir les comp&#233;tences n&#233;cessaires &#224; la conduite de cette nouvelle mission qui est la leur. Une mission qui consiste &#224; former les jeunes g&#233;n&#233;rations &#224; la ma&#238;trise de la technique, mais plus encore : &#224; la ma&#238;trise d'une v&#233;ritable culture technique. Un besoin auquel une institution comme &lt;a href=&#034;http://www.icp.fr&#034;&gt;l'Institut Catholique de Paris&lt;/a&gt; tente de r&#233;pondre en cette rentr&#233;e 2015-2016 puisqu'elle a d&#233;cid&#233; d'offrir &#224; ses personnels enseignants une formation adapt&#233;e &#224; leurs besoins. Sans attendre les premi&#232;res retomb&#233;es, un tiers de son personnel statutaire s'est engag&#233; dans cette voie pour monter en comp&#233;tences au plus vite et encadrer au mieux les &#233;tudiants. La preuve que les besoins sont l&#224; et que les motivations sont grandes.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;De nouveaux m&#233;tiers : les auxiliaires num&#233;riques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais toutes les connaissances et les comp&#233;tences n&#233;cessaires &#224; la manipulation des technologies ne sont pas du seul ressort de l'enseignant. Il importe donc que les institutions d'enseignement se dotent urgemment d'auxiliaires num&#233;riques dont la t&#226;che est de r&#233;pondre &#224; des besoins d'assistance technique et de production de ressources multim&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, l'Institut Catholique de Paris a pris cette probl&#233;matique &#224; bras le corps avec sa direction informatique en montant un service ad hoc &#8211; l'Atelier du Num&#233;rique &#8211; compos&#233; d'une &#233;quipe qui est l&#224; pour r&#233;pondre aux besoins du personnel &#233;ducatif : installation et entretien du mat&#233;riel, captation de ressources vid&#233;o, animation d'un environnement num&#233;rique de travail, sauvegarde, gestion et stockage des donn&#233;es, etc. Des probl&#233;matiques soulev&#233;es par l'usage des technologies &#224; l'&#233;cole dont on ne peut se d&#233;partir et qui se posent aussi pour les acteurs du primaire et du secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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