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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Dix autres id&#233;es fausses sur la vulgarisation scientifique</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article2910.html</link>
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		<dc:date>2018-01-04T09:00:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Blanchard, Charg&#233; de cours en m&#233;diation des sciences, Universit&#233; de Bordeaux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Science. steevithak / Flickr / on Visual hunt, CC BY-SA &lt;br class='autobr' /&gt;
Les id&#233;es fausses r&#233;pertori&#233;es par Julien Bobroff dans un article publi&#233; par 1/2The Conversation1/2 sont importants &#224; combattre pour engager les chercheurs dans une d&#233;marche de vulgarisation qui ne leur est pas toujours naturelle. Restent cependant &#224; traiter quelques questions &#233;pineuses de la diffusion des savoirs : pourquoi ? pour qui ? comment ? Questions toujours d&#233;battues, mais sur lesquelles nous &#233;clairent les meilleurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L496xH372/file-20180102-26-c13d3a11-0a7e3.jpg?1707401599' width='496' height='372' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;Science.&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;a class=&#034;source&#034; href=&#034;https://visualhunt.com/f2/photo/13233433785/7fa9917dfa/&#034;&gt;steevithak / Flickr / on Visual hunt&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/&#034;&gt;CC BY-SA&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/dix-idees-fausses-que-se-font-les-scientifiques-de-la-vulgarisation-89191&#034;&gt;id&#233;es fausses r&#233;pertori&#233;es par Julien Bobroff&lt;/a&gt; dans un article publi&#233; par 1/2The Conversation1/2 sont importants &#224; combattre pour engager les chercheurs dans une d&#233;marche de vulgarisation qui ne leur est pas toujours naturelle. Restent cependant &#224; traiter quelques questions &#233;pineuses de la diffusion des savoirs : pourquoi ? pour qui ? comment ? Questions toujours d&#233;battues, mais sur lesquelles nous &#233;clairent les meilleurs sp&#233;cialistes des &#233;tudes des sciences, et que je traite depuis 2006 &lt;a href=&#034;http://www.enroweb.com/blogsciences/&#034;&gt;sur mon blog&lt;/a&gt;. En voici une s&#233;lection&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#171; La vulgarisation est n&#233;cessaire tant l'inculture du public est grande &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de cette id&#233;e fausse, les chercheurs s'appuient sur l'ignorance qu'ils constatent autour d'eux ou sur les enqu&#234;tes qui interrogent &#224; intervalles r&#233;guliers un panel de citoyens sur quelques connaissances scientifiques, comme le fait par exemple l'Eurobarom&#232;tre. C'est au mieux inutile (les scores n'ont pas boug&#233; entre 1992 et 2001, comme sous l'effet d'un fond culturel &#224; grande inertie) et au pire contre-productif : parce qu'un &lt;a href=&#034;http://ec.europa.eu/commfrontoffice/publicopinion/archives/ebs/ebs1/22241/2report1/2en.pdf&#034;&gt;tiers des sond&#233;s ne sait pas que la Terre tourne autour du soleil&lt;/a&gt; alors il faudrait vulgariser des connaissances de niveau CE1-CE2 ? Quel ennui pour tout le monde, alors m&#234;me que les personnes concern&#233;es se d&#233;placent rarement &#224; un &#233;v&#233;nement de culture scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#171; Une technologie vulgaris&#233;e est une technologie mieux accept&#233;e &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les sachants et les gouvernants estiment qu'un peuple mieux inform&#233; prendra de meilleures d&#233;cisions, c'est-&#224;-dire celles que lui-m&#234;me d&#233;fend : &#171; si on explique mieux et plus largement les nanotechnologies, alors on aura les citoyens derri&#232;re nous &#187;. Sauf que, selon Jo&#235;lle Le Marec (&lt;a href=&#034;http://bit.ly/2lEANNk&#034;&gt;&#171; Le public dans l'enqu&#234;te, au mus&#233;e, et face &#224; la recherche &#187;&lt;/a&gt; dans &lt;a href=&#034;http://bit.ly/2CFLd6C&#034;&gt;&lt;em&gt;La publicisation de la science&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, Presses universitaires de Grenoble, 2005) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il existe certes une corr&#233;lation entre le degr&#233; de m&#233;fiance envers la science, et la cat&#233;gorie socioprofessionnelle, et cette corr&#233;lation a peut-&#234;tre contribu&#233; &#224; renforcer le cadre d'interpr&#233;tation issu du &lt;em&gt;deficit model&lt;/em&gt;, selon lequel ce sont les repr&#233;sentants des cat&#233;gories les moins dipl&#244;m&#233;es qui sont n&#233;cessairement les plus m&#233;fiants &#224; l'&#233;gard du d&#233;veloppement scientifiques et techniques. Mais Daniel Boy (1999) a soulign&#233; l'&#233;volution tr&#232;s significative de cette corr&#233;lation : actuellement, les plus dipl&#244;m&#233;s partagent avec les autres une m&#233;fiance vis-&#224;-vis des retomb&#233;es du d&#233;veloppement scientifique et technique, ce qui met en cause le st&#233;r&#233;otype de la relation de causalit&#233; entre la m&#233;fiance (associ&#233;e aux fameuses peurs irrationnelles) et le degr&#233; d'ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2&gt;&#171; Il faut vulgariser pour susciter des vocations scientifiques &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est un objectif fr&#233;quemment rencontr&#233;, et comme l'explique la chercheuse en sciences de l'&#233;ducation (&lt;a href=&#034;https://ec.europa.eu/research/research-eu/pdf/research-specedu1/2fr.pdf&#034;&gt;Camilla Schreiner&lt;/a&gt;) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; plus un pays est d&#233;velopp&#233;, moins ses &#233;tudiants souhaitent devenir scientifiques ou ing&#233;nieurs. Ces disciplines ne leur apparaissent pas suffisamment importantes et significatives. Elles semblent &#8220;hors du coup&#8221; et obsol&#232;tes. Mais il est int&#233;ressant de noter que des domaines mieux c&#244;t&#233;s &#8211; comme la biologie, la m&#233;decine et les &#233;tudes de v&#233;t&#233;rinaire, les sciences de l'environnement &#8211; ne souffrent pas du m&#234;me manque d'&#233;tudiants. Pour ces jeunes, travailler sur des d&#233;fis dans les domaines de la sant&#233; ou de l'&#233;cologie a plus de sens que de se plonger dans la physique, les maths ou la technologie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sur ce terrain de bataille des valeurs, il n'est pas certain que la vulgarisation soit la meilleure arme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#171; On vulgarise pour les bonnes raisons &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si ce n'est pas pour combattre l'inculture ou la m&#233;fiance, si ce n'est pas pour susciter des vocations, alors pourquoi vulgariser ? Il reste une bonne raison possible, celle qui vise &#224; former des citoyens &#233;clair&#233;s et critiques. Nous verrons par la suite que ce n'est pas inn&#233; dans la d&#233;marche de vulgarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Osons donc une propositions iconoclaste : et si finalement la vulgarisation &#233;tait surtout un pr&#233;texte &#224; faire des activit&#233;s, rencontrer du monde, &#233;changer autour de questions et pr&#233;occupations communes &#8211; et finalement &#224; faire soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins pos&#233; sur un pi&#233;destal, le savoir scientifique trouverait sa valeur sociale dans la curiosit&#233;, l'&lt;a href=&#034;http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?post/2006/12/24/92-de-l-emerveillement-du-scientifique&#034;&gt;&#233;merveillement&lt;/a&gt; et le lien social qu'il permet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#171; La vulgarisation doit se concentrer sur les faits &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On attribue &#224; Roland Barthes ce commentaire taquin : &#171; Quand on m'explique les math&#233;matiques, je perds pied d&#232;s le premier mot. En physique, je comprends la premi&#232;re phrase, en biologie j'ai compris l'essentiel du message et en sciences humaines, chacun donne son avis. &#187; Toutes les sciences ne sont donc pas log&#233;es &#224; la m&#234;me enseigne : plus elles traitent d'objets abstraits et plus elles sont compliqu&#233;es &#224; vulgariser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le degr&#233; d'abstraction est un obstacle, mais aussi le formalisme et la &#171; puret&#233; &#187; des lois de la discipline. La science livresque est souvent son propre ennemi, cette &#171; empoisonnante et r&#233;p&#233;titive corv&#233;e qui consiste &#224; frapper le pauvre d&#234;mos indisciplin&#233; avec le gros b&#226;ton des &#8220;lois impersonnelles&#8221; &#187; comme la d&#233;crit le sociologue des sciences Bruno Latour (&lt;a href=&#034;http://bit.ly/2CqLhdB&#034;&gt;&lt;em&gt;L'espoir de Pandore. Pour une version r&#233;aliste de l'activit&#233; scientifique&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, La D&#233;couverte, 2007). Le chercheur s'int&#233;resse plut&#244;t &#224; ce qui n'est pas encore &#233;t&#233; prouv&#233;, alors pourquoi vouloir sans arr&#234;t y int&#233;resser le public ?&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#171; Le public s'int&#233;resse seulement &#224; ce qui a &#233;t&#233; prouv&#233; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans l'un de &lt;a href=&#034;http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?post/2009/07/23/405-passee-la-porte-du-laboratoire-2&#034;&gt;mes livres de vulgarisation pr&#233;f&#233;r&#233;&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Seed to Seed&lt;/em&gt; (non traduit en fran&#231;ais), le biologiste des plantes Nicholas Harberd explique ses travaux sur les prot&#233;ines mais surtout, met en avant son questionnement scientifique, sa mani&#232;re propre de faire des sciences. Ceci n'est pas naturel : le chercheur rechigne &#224; r&#233;v&#233;ler son fil de pens&#233;e, tout comme le cuisinier n'aime pas montrer ses cuisines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que quand le secret du cuisinier participe au succ&#232;s de son art et ne trompe personne sur la nature du travail accompli, la pudeur du chercheur a un effet n&#233;faste sur la r&#233;ception des sciences par la soci&#233;t&#233;&#8230; comme l'a montr&#233; le scandale du &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident1/2des1/2e-mails1/2du1/2Climatic1/2Research1/2Unit&#034;&gt;&lt;em&gt;climategate&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, et sur les doctorants qui r&#233;alisent douloureusement qu'&#171; &#224; l'oppos&#233; de toutes les images d'&#201;pinal, qui montrent la recherche scientifique comme un arch&#233;type de travail m&#233;thodique, conqu&#234;te syst&#233;matique et contr&#244;l&#233;e de l'inconnu, c'est l'errance et la contingence qui y sont la r&#232;gle &#187; (Jean&#8209;Marc L&#233;vy-Leblond, &#171; Le chercheur, le crack et le cancre &#187;, dans &lt;a href=&#034;http://bit.ly/2lDFiYq&#034;&gt;&lt;em&gt;Impasciences&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, Le Seuil, 2003). Le m&#233;tier de chercheur n'est pas celui de guichetier ou de plombier. En tentant de faire bouger la fronti&#232;re entre ce qu'on conna&#238;t et un peu d'inconnu (&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2009-2-page-349.htm&#034;&gt;comme l'explique le physicien St&#233;phane Douady dans le film &#171; Cherche toujours &#187;&lt;/a&gt;), le chercheur poss&#232;de une part d'ombre, de doute, et verse d'un c&#244;t&#233; que peu de gens ont l'occasion de c&#244;toyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il ma&#238;trise un sujet sur le bout des doigts, il s'abstrait malgr&#233; lui de l'exp&#233;rience quotidienne de la nature et voit avec d'autres yeux le monde qui nous entoure. En &#233;tat permanent d'&#233;veil et de curiosit&#233; par rapport &#224; ce monde, il laisse parler l'imaginaire qu'il a en lui. En ce sens, le chercheur est tr&#232;s proche de l'artiste, dont la vision du monde est &#233;galement singuli&#232;re. Mais le chercheur a une responsabilit&#233; suppl&#233;mentaire, celle de nous faire entrer dans le monde qu'il participe &#224; construire et de nous en r&#233;v&#233;ler la trame.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#171; Il suffit de conna&#238;tre la science pour vulgariser &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'indiquais avec les camarades du groupe Traces &lt;a href=&#034;http://www.groupe-traces.fr/projet/manifeste-revoluscience/&#034;&gt;dans notre manifeste &#171; Revoluscience &#187; en 2010&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bien des aspects de la science moderne et de ses rapports &#224; la soci&#233;t&#233; ne se comprennent qu'&#224; travers une compr&#233;hension &#233;labor&#233;e non plus depuis &#171; l'int&#233;rieur &#187; de la science, mais gr&#226;ce &#224; de multiples regards disciplinaires ext&#233;rieurs. Comment d&#233;m&#234;ler l'histoire du 1/2climategate1/2 &#224; l'aide de ses connaissances en sciences du climat ? Le recours aux arguments purement scientifiques est&#8208;il meilleur que le recours &#224; l'&#233;pist&#233;mologie pour &#233;valuer les degr&#233;s de scientificit&#233; respectifs de la th&#233;orie de l'&#233;volution et de &lt;em&gt;l'intelligent design&lt;/em&gt; ? [&#8230;] En d'autres termes, pour comprendre et faire comprendre les controverses, les rapports entre savoir et pouvoir, la gen&#232;se des d&#233;couvertes, les changements de paradigmes, les crit&#232;res de scientificit&#233;, la question de la d&#233;saffection pour les &#233;tudes de science et autres mouvements antiscience, le m&#233;diateur scientifique devra parfois savoir se faire vulgarisateur de la sociologie des sciences, de l'histoire et de l'&#233;pist&#233;mologie.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et parfois m&#234;me dans sa propre discipline, le chercheur peut &#234;tre pi&#233;g&#233; par une m&#233;connaissance de l'arri&#232;re-plan &#233;pist&#233;mologique de ses propres hypoth&#232;ses et concepts. J'ai le souvenir d'une conf&#233;rence du fameux biologiste et entomologiste Edward O. Wilson se faisant reprendre par la philosophe Gloria Origgi pr&#233;sente dans le public, et incapable de se positionner sur l'histoire des concepts qu'il manipulait, &#224; commencer par l'altruisme qui fut introduit par Auguste Comte et &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2012-2-page-287.htm&#034;&gt;fortement teint&#233; de cat&#233;chisme positiviste&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#171; La vulgarisation est destin&#233;e au grand public &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'un des pionniers de l'&#233;tude des modes de vulgarisation scientifique en France, Baudouin Jurdant, &lt;a href=&#034;http://science-societe.fr/baudouin-jurdant-intervention-communication-scientifique-et-reflexivite-2009/&#034;&gt;d&#233;fend l'hypoth&#232;se&lt;/a&gt; selon laquelle la diffusion du savoir remplirait une fonction d'oralisation de la science profitant aussi bien au scientifique qui vulgarise qu'au public qu'il est cens&#233; informer. Il s'agirait non pas d'une d&#233;gradation du savoir pur mais du c&#339;ur m&#234;me du fonctionnement de la science moderne, la condition de son existence comme culture :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'a mis la puce &#224; l'oreille de cette r&#233;flexivit&#233;, c'est ce qui s'est pass&#233; un jour o&#249;, &#224; une conf&#233;rence sur la vulgarisation scientifique, on avait invit&#233;, certains d'entre vous l'ont peut-&#234;tre connu, Michel Crozon. Michel Crozon est physicien des particules, grand vulgarisateur, homme tout &#224; fait agr&#233;able et tr&#232;s int&#233;ressant. &#192; la conf&#233;rence, on lui a demand&#233; &#171; Pourquoi vulgariser ? &#187;, ce qui &#233;tait le sujet m&#234;me de la conf&#233;rence. Et c'est lui qui &#233;tait le premier interlocuteur. Et imm&#233;diatement, il a dit : &#171; Pourquoi je vulgarise ? Voil&#224;, c'est pour mieux comprendre ce que je fais. &#187;. Et dans cette parole, ce qu'il exprime de fa&#231;on absolument claire et &#233;vidente, c'est le d&#233;sir d'une certaine r&#233;flexivit&#233;. &#171; Pour mieux comprendre ce que je fais &#187;. Ne soup&#231;onnez pas Michel Crozon d'&#234;tre un mauvais physicien ou un physicien qui ne comprenait pas ses formules, non, ce n'est pas du tout &#231;a. La contrainte de parler, d'exposer, de pr&#233;senter la science sp&#233;cialis&#233;e dont il &#233;tait porteur, &#224; un public profane, &#224; un public qui n'y conna&#238;t rien, c'est &#231;a qui lui permettait &#224; lui, de mieux comprendre ce qu'il faisait. C'est l&#224; le b&#233;n&#233;fice que lui trouvait &#224; vulgariser.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2&gt;&#171; Chercheurs et chercheuses sont &#233;gaux devant la vulgarisation &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ses travaux ayant pour terrain la Suisse, &lt;a href=&#034;https://applicationspub.unil.ch/interpub/noauth/php/Un/UnPers.php?PerNum=9095&amp;LanCode=37&#034;&gt;Fabienne Crettaz Von Roten&lt;/a&gt; a constat&#233; que la structure pyramidale des r&#233;tributions et des ressources dans la communaut&#233; scientifique se retrouve dans les activit&#233;s de m&#233;diation : les femmes participent moins que les hommes et leurs activit&#233;s de vulgarisation sont per&#231;ues comme une perte de qualit&#233; scientifique lors des proc&#233;dures de nomination, alors que chez les hommes la vulgarisation est valoris&#233;e comme moyen de toucher le grand public ! Chercheurs, pensez-y la prochaine fois qu'un m&#233;dia vous sollicitera en lieu et place d'une coll&#232;gue tout aussi experte du sujet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&#171; La vulgarisation par l'art ne peut pas &#234;tre efficace sans vulgarisation scientifique &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les collaborations art-science sont &#224; la mode, mais les chercheurs les r&#233;duisent souvent &#224; des effets si elles ne sont pas accompagn&#233;es d'une vraie m&#233;diation scientifique. Dans une &lt;a href=&#034;http://www.academia.edu/2418930/Quand1/2la1/2Mediation1/2Scientifique1/2sempare1/2de1/2la1/2Danse&#034;&gt;&#233;tude men&#233;e au Jardin des plantes de Paris&lt;/a&gt;, Joanne Clavel a &#233;tudi&#233; la r&#233;ception par le public d'un spectacle de danse &#224; contenu scientifique, pour comprendre comment il en construit le sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; il s'av&#232;re que le prospectus &#8220;scientifique&#8221; qui accompagne le spectacle est finalement tr&#232;s peu lu : les spectateurs sont surpris par le spectacle de danse qui se d&#233;roule dans les all&#233;es de la m&#233;nagerie et s'arr&#234;tent pour y assister. Une fois leur int&#233;r&#234;t enclench&#233;, ils comprennent ce qu'ils voient (plus de 80 % des spectateurs ont reconnu une interpr&#233;tation d'oiseaux), et ressentent des &#233;motions assez fortes (note moyenne de 3,5 sur une &#233;chelle allant de -5 &#224; 5). Il s'agit clairement d'une approche alternative &#224; la transmission de connaissances : la m&#233;diation par la danse renvoie aux dimensions esth&#233;tiques et sensibles de la biologie de la conservation et pas uniquement &#224; sa dimension cognitive classique ; mais cette approche donne des r&#233;sultats &#233;galement valables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-653a6106-a351f.gif?1707401599' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Antoine Blanchard est membre du groupe Traces et de l'association du Caf&#233; des sciences.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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