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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Journalisme, m&#233;dias et p&#233;dagogie : oxymore, controverse ?</title>
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		<dc:date>2020-12-14T09:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans les m&#233;dias de masse on entend de plus en plus souvent des questionnements sur la qualit&#233; de la communication des dirigeants politiques,surtout en p&#233;riode de crise. En particulier, on leur reproche et ou conseille de faire preuve de davantage de P&#201;DAGOGIE. Cette assertion est int&#233;ressante, car elle pose plusieurs questions : que recouvre ici le terme p&#233;dagogie ? quel sens prend ce terme dans le contexte de la communication politique ? Quelle place tiennent les m&#233;dias et les journalistes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique17.html" rel="directory"&gt;Veille, par Bruno Devauchelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;pf-content&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans les m&#233;dias de masse on entend de plus en plus souvent des questionnements sur la qualit&#233; de la communication des dirigeants politiques,surtout en p&#233;riode de crise. En particulier, on leur reproche et ou conseille de faire preuve de davantage de P&#201;DAGOGIE. Cette assertion est int&#233;ressante, car elle pose plusieurs questions : que recouvre ici le terme p&#233;dagogie ? quel sens prend ce terme dans le contexte de la communication politique ? Quelle place tiennent les m&#233;dias et les journalistes dans cette vision p&#233;dagogique ? Comment est instrumentalis&#233;e la p&#233;dagogie au service d'une grande confusion communicationnelle ?&lt;br /&gt;
Dans cette approche qui entend r&#233;clamer plus de p&#233;dagogie aux personnels politiques, on ne peut ignorer le contexte et sa complexit&#233;. En p&#233;riode de crise, une analyse pr&#233;cise de la situation r&#233;v&#232;le rapidement la multifactorialit&#233; des &#233;l&#233;ments qui participent de cette situation. Ce qui est inqui&#233;tant dans ces critiques, c'est le rapport qu'entretiennent les m&#233;dias et de nombreux journalistes avec l'incertitude. Et celle-ci est d'abord la leur. C'est-&#224;-dire la fragilit&#233; du syst&#232;me m&#233;diatique actuel en regard de l'&#233;mergence de nouvelles formes d'expression et de communication qui s'affranchissent du syst&#232;me des m&#233;dias de masse et donc des interm&#233;diaires traditionnels. Derri&#232;re cela il y a aussi l'importance de la popularit&#233; comme repaire essentiel pour justifier une activit&#233;. Et l&#224;, les m&#233;dias anciens et actuels se rejoignent, leurs acteurs aussi. Cela provoque un effet qui est particuli&#232;rement grave : les propos doivent susciter l'adh&#233;sion d'un public en nombre m&#234;me s'ils &#339;uvrent &#224; des mouvements qui peuvent troubler la compr&#233;hension. L'&#233;motion, le sensationnel, la satire, l'effet d'annonce, les titres doivent attirer&#8230;. Il est fr&#233;quent d'&#234;tre d&#233;&#231;u &#224; la lecture de la totalit&#233; d'un article au titre et sous-titre attirant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de p&#233;dagogie, ce mot est quasi quotidien dans les m&#233;dias, c'est demander &#224; ce que ce qui est dit dans l'espace public soit compris et accept&#233;. Or un propos p&#233;dagogique est d'abord un propos qui a pour but de faire passer, d'&#234;tre compris et l'acceptation au sens d'adh&#233;sion au contenu du message transmis n'entre pas en ligne de compte, au moins dans un premier temps. Ce qui est recherch&#233; par le p&#233;dagogue, c'est que la transmission ait r&#233;ellement lieu. Malheureusement, dans le d&#233;bat public actuel, la p&#233;dagogie prend un sens diff&#233;rent : si je ne suis pas d'accord, c'est que l'on m'a mal expliqu&#233; et donc que l'on manquerait de p&#233;dagogie. Le biais de conformit&#233; est largement pr&#233;sent dans cette mani&#232;re de penser. Le p&#233;dagogue serait alors celui qui dit ce que j'ai envie d'entendre (et donc que je com-prends au sens premier du terme). Comme les professionnels des m&#233;dias insistent beaucoup en r&#233;utilisant souvent le mot, on s'aper&#231;oit rapidement qu'ils instrumentalisent le terme pour parvenir &#224; leurs fins : donner un avis personnel (le leur) sur un fait en mettant en cause celui qui est charg&#233; de l'expliquer (le politique). Pour le dire autrement, demander de faire preuve de p&#233;dagogie, ce serait demander &#224; l'autre de dire ce que l'on a envie d'entendre et de la mani&#232;re dont on souhaite qu'il le dise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays dans lequel la d&#233;fiance envers le monde politique est grand, et dans lequel la population d&#233;clare avoir des difficult&#233;s &#224; associer la parole aux actes, il y a suspicion a priori face &#224; des propos tenus, en particulier si ceux qui les tiennent ont des opinions diff&#233;rentes des n&#244;tres. Les communicants qui accompagnent les politiques sont toujours dans une recherche d'&#233;quilibre entre ce qui est, ce qui doit ou peut &#234;tre dit et comment on peut le dire, bref r&#233;duire l'&#233;cart. Comme dans ces messages s'embarquent aussi d'autres enjeux (r&#233;putation, image personnelle, etc&#8230;) le contenu transmis peut parfois &#234;tre tr&#232;s &#233;loign&#233; de ce qui est r&#233;ellement, mais rel&#232;ve de ce qui peut &#234;tre entendu. C'est donc un chemin de m&#233;fiance qui s'instaure. Surtout que face &#224; ces communications construites, il y a les m&#233;dias et les professionnels de ces m&#233;dias qui essaient, eux aussi de faire valoir leurs propres int&#233;r&#234;ts et ne pas se faire prendre dans ce que ces communicants veulent imposer. On peut ajouter &#224; cette &#171; cacophonie &#187; le r&#244;le des experts appel&#233;s par les m&#233;dias et le r&#244;le de la population qui d&#233;sormais s'exprime davantage (en particulier les groupes de pressions) du fait de nouveaux vecteurs de communication, souvent sans filtre. Le reproche de manque de p&#233;dagogie ne peut se faire si chacun de nous, selon sa place et son r&#244;le, nous nous incluons dans le p&#233;rim&#232;tre, en tant que participant de cette p&#233;dagogie : quand je re&#231;ois le message, je l'interpr&#232;te. L'enseignant dans sa classe est tributaire du public qu'il a en face de lui. L'&#233;l&#232;ve est aussi en recherche de p&#233;dagogie tout en essayant aussi de &#171; manipuler &#187;, parfois l'enseignant pour infl&#233;chir sa pratique. Faire preuve de p&#233;dagogie n'est pas un acte isol&#233;, c'est un acte syst&#233;mique.&lt;br /&gt;
Les professionnels des m&#233;dias ont beaucoup de mal &#224; accepter la critique, dire cela est en g&#233;n&#233;ral mal vu. Certains politiques critiquant leurs propos se font fortement contester d&#232;s lors qu'ils s'essaient d'en parler (allant parfois &#224; essayer de les interdire). Ce refus de la critique devrait pourtant &#234;tre lev&#233; car au sein du syst&#232;me m&#233;diatique, les journalistes sont eux-m&#234;mes prompts &#224; critiquer les autres. De plus, la mise en sc&#232;ne d'experts, de sp&#233;cialistes ou de tout autre intervenants qu'ils sollicitent participe de ces critiques et amplifient leur propre activit&#233; et mani&#232;res de faire. Il est vrai que certaines attaques contre le monde des m&#233;dias rel&#232;vent de la mauvaise foi, en particulier lorsqu'on leur reproche de ne pas &#171; passer les plats &#187;, c'est-&#224;-dire de dire ce que ceux qu'ils analysent ou critiquent auraient souhait&#233;. En effet, la premi&#232;re r&#233;action lorsqu'un journaliste fait &#171; un papier &#187; sur notre activit&#233; est de v&#233;rifier qu'il dit bien ce que l'on veut qu'il dise. Cela n'autorise pourtant pas ces professionnels &#224; refuser les critiques et &#224; assumer leurs erreurs : manque de rigueur, point de vue partial, etc&#8230;.&lt;br /&gt;
Rappelons ici un fait ais&#233;ment observable : chaque propos est bas&#233; sur les convictions (les savoirs et les croyances aussi) de la personne qui les tient : scientifiques, journalistes, enseignants, etc&#8230; L'accepter, c'est reconna&#238;tre la diversit&#233;, l'alt&#233;rit&#233;. Le refuser, c'est tenter d'imposer sa propre vision sur l'autre et &#224; l'autre. On peut ainsi d&#233;crypter les questions pos&#233;es par les journalistes et animateurs &#224; leurs invit&#233;s ainsi que les mani&#232;res de les poser en int&#233;grant cela. Il en est de m&#234;me pour les autres acteurs de m&#233;diation, consciente ou inconsciente, l'intention du m&#233;diateur est &#224; prendre en compte et &#233;ventuellement &#224; d&#233;crypter lorsque l'on assiste &#224; de telles situations. D&#233;construire les discours est &#224; faire, aussi bien pour celui qui est interrog&#233; que pour celui qui interroge. Ce travail d'analyse s'appuie aussi bien sur le contenu de l'&#233;change (reformulations, approfondissements, pr&#233;cisions&#8230;.) que sur la forme de l'expression (interruption de l'interlocuteur lorsqu'il parle, remarques personnelles etc&#8230;).&lt;br /&gt;
L'instrumentalisation du terme p&#233;dagogie n'est pas celle de la p&#233;dagogie elle-m&#234;me. C'est le d&#233;tournement d'une repr&#233;sentation associ&#233; &#224; une situation pr&#233;cise. L'objectif est d'abord de mettre en cause une perception d'inefficacit&#233; de la part du politique qui s'exprime. Cette mise en cause est bas&#233;e sur une intention de celui qui utilise ce terme, en utilisant la m&#233;taphore de l'enseignement, de la transmission que l'ensemble de la population est cens&#233; avoir v&#233;cue et conna&#238;tre. Cette mani&#232;re d'utiliser ce terme pourrait relever d'une sorte de tentative de manipulation. Les m&#233;dias d'opinion (affichant clairement leurs positions politiques) devraient avoir le souci de distinguer les faits du point de vue duquel ils parlent (les faits, les sources et leur interpr&#233;tation). Mais chacun revendique la qualit&#233; de son analyse, de son regard, en particulier lorsque les m&#233;dias qui les portent revendiquent une neutralit&#233; (?) qui, de notre point de vue, n'existe jamais. Il reste alors l'autorit&#233; de l'affirmation et son effet sur ceux qui la re&#231;oivent. Il y a en plus la possibilit&#233; ou non de prise en compte du r&#233;cepteur par celui ou celle qui pose une affirmation . Dans la salle de classe l'autorit&#233; de l'affirmation de l'enseignant est confort&#233;e par le pouvoir de sanctionner l'&#233;l&#232;ve. En retour l'&#233;l&#232;ve, qui apprend son m&#233;tier va osciller entre la soumission apparente, la contestation formelle (chahut), et la s&#233;paration des sph&#232;res, entre le propos officiel et ses propres connaissances/convictions/croyances. L'&#233;quilibre fragile de la salle de classe est celui de la p&#233;dagogie.&lt;br /&gt;
Si critiqu&#233;e est-elle, en particulier depuis la mont&#233;e de critiques bas&#233;es sur le n&#233;ologisme &#171; p&#233;dagogo &#187; utilis&#233; pour disqualifier a priori sans analyse de fond, la p&#233;dagogie est aussi au coeur du myst&#232;re de la transmission. L'id&#233;e de soumission est pr&#233;sente dans l'esprit de celui qui veut transmettre d&#232;s lors qu'il ne parvient pas &#224; susciter la compr&#233;hension puis l'adh&#233;sion. Mais c'est justement la diff&#233;rence : le p&#233;dagogue ne cherche pas &#224; susciter l'adh&#233;sion, mais &#224; d&#233;velopper la capacit&#233; d'analyse et de choisir l'adh&#233;sion ou pas au contenu propos&#233;, &#224; condition bien s&#251;r de fournir les outils de cette analyse. C'est un abus de langage que d'utiliser le terme p&#233;dagogie pour critiquer un discours auquel on n'adh&#232;re pas. Bien davantage c'est une d&#233;rive qui oscille parfois entre tentative de manipulation et tentative d'imposition de la part de celui qui l'utilise comme cela. Le monde de la transmission est peupl&#233; de nombre de m&#233;tiers diff&#233;rents aux int&#233;r&#234;ts, statuts, places, bien diff&#233;rents. Pour chacun de ces m&#233;tiers, le terme p&#233;dagogie est employ&#233; dans des sens souvent diff&#233;rents. Aussi est-il n&#233;cessaire d'inciter chacun &#224; la prise de conscience de ces abus, d&#233;rives qui petit &#224; petit discr&#233;ditent toute parole d'o&#249; qu'elle vienne. Et cela est l'une des sources de tous les complotismes et autres th&#233;ories du complot&#8230;. Les moyens num&#233;riques n'arrangent rien &#224; cette &#233;volution et cela renforce l'importance d'y travailler tr&#232;s t&#244;t aussi bien dans le monde scolaire que dans les familles et aussi dans l'ensemble de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre et &#224; d&#233;battre&lt;br /&gt;
BD&lt;/p&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hybridation, le retour ! Pour une nouvelle forme scolaire ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>


		<dc:subject>Hybridation</dc:subject>

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&lt;p&gt;Hybridation, le retour ! une nouvelle forme scolaire ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec l'annonce de nouvelles mesures sanitaires en lyc&#233;e, en r&#233;ponse aux manifestations des &#233;l&#232;ves et des enseignants, il faut reprendre tout ce qui s'est dit sur l'hybridation et sur la sc&#233;narisation p&#233;dagogique dans un contexte distanciel. Or nombre de productions ont &#233;t&#233; mises en ligne sur le sujet, mais il semble que la mise en oeuvre reste difficile. Rappelons ici que le maintien des gestes barri&#232;res est important, et que les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/mot43.html" rel="tag"&gt;Hybridation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;pf-content&#034;&gt;
&lt;p&gt;Hybridation, le retour ! une nouvelle forme scolaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'annonce de nouvelles mesures sanitaires en lyc&#233;e, en r&#233;ponse aux manifestations des &#233;l&#232;ves et des enseignants, il faut reprendre tout ce qui s'est dit sur l'hybridation et sur la sc&#233;narisation p&#233;dagogique dans un contexte distanciel. Or nombre de productions ont &#233;t&#233; mises en ligne sur le sujet, mais il semble que la mise en oeuvre reste difficile. Rappelons ici que le maintien des gestes barri&#232;res est important, et que les lyc&#233;ens sont consid&#233;r&#233;s par les chercheurs comme des adultes pour ce qui est de la contagiosit&#233;. Or le minist&#232;re a voulu que tous les &#233;l&#232;ves reprennent le chemin de la classe en septembre 2020. Or il s'av&#232;re que cela n'est pas tenable sans un am&#233;nagement des locaux, des temps et des lieux de travail. Nous pensions pendant ce temps de vacances et au vu de l'aggravation de la pand&#233;mie, que le minist&#232;re saurait distinguer dans les mesures, ce qui rel&#232;verait des r&#233;alit&#233;s observ&#233;es et connues et non pas de choix politiques incertains. Or c'est la dimension politique qui a pr&#233;valu : d'une part, une in&#233;galit&#233; entre le sup&#233;rieur scolaire et le sup&#233;rieur universitaire et, d'autre part, une ignorance des conditions sanitaires r&#233;elles des &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revenant &#224; un pragmatisme local, le ministre tente de montrer qu'il entend les collectivit&#233;s territoriales (si pr&#233;sentes dans les EGN), renomm&#233;s judicieusement les territoires pour ne pas laisser toute la main au local. Les &#233;tablissements ont donc la possibilit&#233; d'am&#233;nager pour les lyc&#233;ens l'organisation du travail pour respecter les r&#232;gles de distanciation sociale. Ce retour en arri&#232;re aurait pourtant pu &#234;tre anticip&#233; de deux mani&#232;res : d'une part en analysant les situations r&#233;elles, et d'autre part en profitant des deux premiers mois de l'ann&#233;e scolaire pour amener enseignants, &#233;l&#232;ves, familles, bref la communaut&#233; &#233;ducative &#224; &#233;voluer dans leurs mani&#232;res de faire &#233;cole et surtout en d&#233;veloppant des comp&#233;tences pour l'hybridation qui soient bas&#233;es sur un socle technique solide d'un c&#244;t&#233;, mais aussi sur des conceptions de sc&#233;narisation p&#233;dagogiques adapt&#233;es. Pour le dire autrement en pr&#233;parant d'abord les enseignants puis en les invitant &#224; pr&#233;parer leurs &#233;l&#232;ves, on aurait gagn&#233; en temps et en capacit&#233; &#224; transformer le paysage scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien l'accepter, l'hybridation risque de devenir une nouvelle &#171; forme scolaire &#187; souple et adaptable. Or la transposition du simple pr&#233;sentiel en distanciel n'est pas autre chose qu'un rem&#232;de symptomatique alors qu'on a besoin d'une chirurgie de fond. En &#233;coutant plusieurs coll&#232;gues enseignants du sup&#233;rieur mis devant le fait de devoir faire leurs cours &#224; distance (dont des enseignants d'Inspe), tout comme en lisant les analyses sur le v&#233;cu des enseignants du &#171; &#224; distance &#187; du printemps, on entend les difficult&#233;s rencontr&#233;es et l'absence de pr&#233;paration. Il en est de m&#234;me dans l'enseignement scolaire et en particulier dans les lyc&#233;es. Il faut analyser cette situation plus avant si l'on veut tenter de d&#233;velopper de nouvelles mani&#232;res de faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re hypoth&#232;se &#233;merge : le passage de l'implicite du pr&#233;sentiel &#224; l'explicite du distanciel est un r&#233;v&#233;lateur de la forme enseignement. Face &#224; la situation impos&#233;e du &#171; &#224; distance &#187;, l'enseignant se rend compte que lorsqu'il est en classe avec les &#233;l&#232;ves, il m&#232;ne de nombreuses interventions r&#233;gulatrices de diff&#233;rentes natures autour des contenus travaill&#233;s. Pour voir ces interventions, il faudrait filmer la classe (j'ai eu l'occasion de le faire et ainsi de l'analyser). Mais &#224; distance, il se passe autre chose, surtout lorsque le &#171; &#224; distance &#187; n'est pas uniquement synchrone (en direct). D'une part, il y a l'amont du cours qui suppose d'imaginer la situation de l'autre, celui qui apprend. En pr&#233;sentiel on a une telle habitude qu'on n'a pas besoin de construire cette repr&#233;sentation, tant elle est implicite. D'autre part, il y a la conduite de l'activit&#233; qui permet d'apprendre. A distance, celle-ci ne tient pas dans le temps contraint de l'horaire du pr&#233;sentiel puisque l'on associe le temps de classe et le travail personnel. Enfin, la sc&#233;narisation de l'activit&#233; &#224; distance est assez diff&#233;rente de celle en pr&#233;sentiel : on a besoin de pr&#233;voir toutes les ressources, on ne pourra pas ajuster en temps r&#233;el, les consignes doivent &#234;tre rigoureuses et l'accompagnement anticip&#233; de mani&#232;re &#224; ne pas laisser les &#233;l&#232;ves face &#224; un probl&#232;me sans pouvoir &#234;tre aid&#233;s&#8230; pour progresser. Ainsi, quand on a l'habitude d'enseigner, le passage &#224; la distance est d'abord une remise en question de soi. Nous l'avons travaill&#233; avec des enseignants qui, justement, enseignaient &#224; distance entre 2000 et 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me hypoth&#232;se peut aussi &#234;tre explor&#233;e : L'autonomie et l'autoformation des &#233;l&#232;ves est antinomique avec l'enseignement en pr&#233;sentiel, avec l'institution scolaire et son organisation. Les travaux de recherche sur le sujet l'ont bien montr&#233;, le monde enseignant ne semble pas en mesure de l'envisager (cf. La th&#232;se d'H&#233;lo&#239;se Durler). En effet, l'institution scolaire est une organisation qui doit &#171; contr&#244;ler &#187; ce qui se fait afin de r&#233;pondre aux missions qu'elle re&#231;oit. Or ce contr&#244;le s'exerce de nombreuses mani&#232;res, d'abord aupr&#232;s des enseignants et par rebond des &#233;l&#232;ves. On s'aper&#231;oit aussi que le syst&#232;me de contr&#244;le est tr&#232;s centralis&#233; en France, ce qui renforce, au nom de l'&#233;galit&#233;, les cadres de contraintes. Y a-t-il un paradoxe entre l'&#233;mancipation et l'autonomie ? Ce qui ne semble pas &#234;tre le cas, on pourrait m&#234;me dire que l'un construit l'autre. Et, pourtant l'&#233;cole pr&#233;tend &#234;tre &#233;mancipatrice et en m&#234;me temps elle limite l'autonomie &#224; l'apr&#232;s. Car c'est ce qui surprend quand on regarde l'&#233;cole de l'ext&#233;rieur, c'est que l'autonomie se construit &#224; la porte de l'&#233;tablissement. Avec l'enseignement &#224; distance, l'&#233;l&#232;ve reprend une certaine autonomie qui fait &#233;cho &#224; la fameuse boite noir des &#171; devoirs &#224; la maison &#187;. Mais se limiter &#224; reproduire cela dans un contexte d'hybridation, c'est faire de cette partie &#224; distance un objet de contr&#244;le suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chance du retour de l'hybridation, c'est qu'elle pourrait permettre d'augmenter les d&#233;marches de projet, d'investigation, de recherche, de probl&#233;matisation&#8230; toutes ces d&#233;marches qui impliquent une autonomie de l'&#233;l&#232;ve et une auto-direction de leur activit&#233;. Oui, cela suppose de r&#233;organiser les temps de travail des enseignants comme ceux des &#233;l&#232;ves. Mais cela invite aussi &#224; concevoir des activit&#233;s qui font davantage sens, c'est &#224; dire dont les &#233;l&#232;ves peuvent s'emparer pour se diriger dans le chemin de l'apprendre. Avec ou sans num&#233;rique, l&#224; n'est pas la question. Il s'agit surtout que les &#233;l&#232;ves aient acc&#232;s &#224; des ressources pertinentes et riches, qu'ils en trouvent par eux-m&#234;mes, qu'ils les partagent et qu'ils s'inscrivent dans des dynamiques au moins collectives pour construire leurs connaissances&#8230; C'est alors que les moyens num&#233;riques sont une ressource suppl&#233;mentaire dont on peut largement utiliser la souplesse et la proximit&#233; pour enrichir les activit&#233;s des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre et &#224; d&#233;battre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BD&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Michel Serres, un t&#233;moin &#233;clair&#233; de notre temps&#8230;</title>
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		<dc:date>2019-06-08T13:53:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s de Michel Serres ne laisse pas indiff&#233;rent. Philosophe et raconteur d'histoire, il a su amener chacun &#224; avoir envie de penser au travers non pas d'abord de ses ouvrages philosophiques, mais de ses essais. C'est en particulier celui qui a fait pol&#233;mique, Petite Poucette, qui concerne tous ceux que les questions de transmission, d'&#233;ducation et de d&#233;veloppement technologique de nos soci&#233;t&#233;s interroge.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique17.html" rel="directory"&gt;Veille, par Bruno Devauchelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s de Michel Serres ne laisse pas indiff&#233;rent. Philosophe et raconteur d'histoire, il a su amener chacun &#224; avoir envie de penser au travers non pas d'abord de ses ouvrages philosophiques, mais de ses essais. C'est en particulier celui qui a fait pol&#233;mique, Petite Poucette, qui concerne tous ceux que les questions de transmission, d'&#233;ducation et de d&#233;veloppement technologique de nos soci&#233;t&#233;s interroge. Parce que le privil&#232;ge de l'&#226;ge et de l'exp&#233;rience permet de parler &#171; autrement &#187;, il est int&#233;ressant de revenir sur certains de ses &#233;crits, tant ils nous disent ce que nous sommes en train de devenir. C'est en quelque sorte aux mutations de notre culture qu'il s'int&#233;resse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les chapitres 1 &#224; 4 de son livre Petite Poucette, Michel Serres fait un inventaire des changements intervenus dans nos soci&#233;t&#233;s au cours du XX&#232; si&#232;cle et au d&#233;but du XXI&#232;. Malheureusement, la plupart des lecteurs ont oubli&#233; ces quatre chapitres au profit du reste du livre qui d&#233;crit cette jeune personne qui int&#232;gre le num&#233;rique et la vision que Michel Serres donne de l'humain en construction. Consid&#233;r&#233; comme un optimiste, Michel Serres sait aussi signaler les dangers ou tout au moins les points nodaux des mutations en cours. Ces quatre chapitres montrent que le d&#233;veloppement du num&#233;rique intervient dans un contexte de transformation bien plus large et que cela suppose que l'on r&#233;interroge ce que signifie &#171; faire soci&#233;t&#233; &#187;. Ce sont vingt-neuf points de r&#233;flexion que nous avons identifi&#233; dans ces quatre premiers chapitres, les voici, r&#233;&#233;crits, comment&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1 &#8211; Urbanisation grandissante : les humains vivent d&#233;sormais presque exclusivement dans des villes&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2 &#8211; Changement du rapport &#224; la terre et &#224; la nature devenues &#233;trang&#232;res, voir exotique (tourisme) : on ne connait plus notre terre, celle qui est l&#224;, sous nos pieds, et on tente de la d&#233;couvrir la plupart du temps en allant &#171; ailleurs &#187;, en touriste, en visiteur, en voyeur presque.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 &#8211; Augmentation de la population mondiale : De mani&#232;re in&#233;gale, mais tr&#232;s impressionnante la population a fortement augment&#233;, questionnant les &#233;quilibres &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 4 &#8211; Augmentation de la dur&#233;e de l'esp&#233;rance de vie : jamais nous n'avons v&#233;cu aussi longtemps et dans un &#233;tat de sant&#233; largement am&#233;lior&#233;, m&#234;me si de nouveaux probl&#232;mes se posent avec l'&#226;ge&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 5 &#8211; Une autre vision de la vie que les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes : L'&#233;cart de conception de la vie entre g&#233;n&#233;ration s'est agrandi. On ne regarde pas le monde avec les m&#234;mes yeux&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 6 &#8211; Absence de conflits et de guerres sur notre territoire : la violence globale baisse, et en particulier celle issue des grands conflits entre Etats.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 7 &#8211; Changement par rapport &#224; la douleur, la souffrance : Les progr&#232;s techniques et scientifiques ont chang&#233; notre rapport au risque, &#224; la maladie, &#224; la douleur. Nous acceptons moins de souffrir.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 8 &#8211; Contr&#244;le des naissances : D&#233;sormais nous choisissons combien et quand nous voulons avoir des enfants. Le contr&#244;le, m&#234;me a posteriori change notre relation &#224; la parentalit&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 9 &#8211; &#201;volution de la structure des familles, divorces, unions libres etc&#8230; : La tradition familiale se transforme. Elle reste pr&#233;sente dans l'imaginaire, mais est v&#233;cue diff&#233;remment&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 10 &#8211; Hybridation des populations, des milieux et des cultures : l'acc&#233;l&#233;ration des moyens de transports des biens et des informations augmente le m&#233;tissage culturel, mais pose le probl&#232;me des nouvelles migrations&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 11 &#8211; D'une vie difficile &#224; une vie facile, sans souffrance : le niveau de vie augmente partout dans le monde, confort, commodit&#233;s, loisirs m&#234;mes, parfois sans effort, mais toujours in&#233;galitaire&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 12 &#8211; Transformation de la repr&#233;sentation de l'histoire et de son d&#233;roulement : Nous avons tendance &#224; &#234;tre amn&#233;siques ou &#224; r&#233;&#233;crire l'histoire pour qu'elle nous rassure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 13 &#8211; D&#233;veloppement de la repr&#233;sentation visuelle du monde au travers de m&#233;dias courts : l'acc&#232;s aux informations sur le monde est d&#233;sormais instantan&#233; et accessible sous des formes tr&#232;s courtes en longueur, en dur&#233;e (zapping, plan s&#233;quence, twitts etc.)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 14 &#8211; Transformer la soci&#233;t&#233; du spectacle en une soci&#233;t&#233; p&#233;dagogique : Avec les m&#233;dias de flux on avait le spectacle d&#233;sormais il nous faut apprendre &#224; faire face &#224; l'information, &#224; la d&#233;coder.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 15 &#8211; L'enseignement menac&#233; par la s&#233;duction de l'information : la masse d'information disponible imm&#233;diatement nous est rendue accessible au travers de formes de s&#233;duction qui sont &#224; l'oppos&#233; de l'enseignement tel qu'il a &#233;t&#233; construit&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 16 &#8211; Perte de cr&#233;dibilit&#233; des enseignants : la valeur du m&#233;tier d'enseignant, de transmetteur est mise en question par la g&#233;n&#233;ralisation de la circulation des savoirs et des informations.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 17 &#8211; Transformation du fonctionnement mental li&#233; &#224; l'environnement techno&#8212;* informationnel : peut-on imaginer que le d&#233;veloppement du cerveau et la plasticit&#233; qui suit ne soit pas marqu&#233;es par l'environnement nouveau qui est le notre&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 18 &#8211; &#201;volution de la perception de l'espace topologique : Les distances, les lieux, les espaces ne sont plus per&#231;us de la m&#234;me mani&#232;re, pr&#233;sents et distants &#224; la fois&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 19 &#8211; Transformation de l'acc&#232;s &#224; la connaissance : l'acc&#232;s &#224; l'information et aux savoirs d&#233;sormais facilit&#233; par les technologies suppose de nouvelles comp&#233;tences pour pouvoir en faire des connaissances&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 20 &#8211; &#201;volution de la langue et de son utilisation : Une langue vit. Ses vecteurs d'utilisation l'am&#232;nent &#224; s'adapter &#224; la mani&#232;re dont les humains l'instrumentalisent et s'instrumentent&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 21 &#8211; Mont&#233;e en puissance de l'individu et de l'individualisme : Le mod&#232;le sous-jacent des technologies num&#233;riques est celui de l'individu pilote. Mais vers quoi va-t-il piloter sa vie ? c'est l'enjeu de la ma&#238;trise de ces environnements en &#233;volution&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 22 &#8211; La fin de la plupart des collectifs anciens, l'&#233;mergence de nouveaux : si les r&#233;seaux sociaux ne sont pas nouveaux, les collectifs qui apparaissent actuellement prennent d'autres chemins parfois plus &#233;ph&#233;m&#232;res&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 23 &#8211; Le nouvel individualisme contre le collectivisme, l'appartenance aveugle : l'individualisme montant est aussi le ferment de la recherche d'appartenance, d'identit&#233; plus affirm&#233;e et partag&#233;e&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 24 &#8211; Inventer de nouveaux liens, c'est encore &#224; faire : Les jeunes adultes qui utilisent les technologies num&#233;riques construisent de nouvelles formes de liens qui bousculent les mod&#232;les ant&#233;rieurs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 25 &#8211; M&#234;me nos lieux d'enseignement ne sont plus adapt&#233;s &#224; ce nouveau monde : Il est d&#233;sormais paradoxal d'enfermer la transmission dans des lieux ferm&#233;s alors que les savoirs circulent constamment autour de nous et sont facilement accessibles.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 26 &#8211; Transformation de la p&#233;dagogie comme jadis avec le livre : le livre a impos&#233; un mod&#232;le p&#233;dagogique bas&#233; sur sa raret&#233;. L'univers num&#233;rique est aux antipodes du fait de la quantit&#233; d'information et de son accessibilit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 27 &#8211; De nouvelles possibilit&#233;s de transmission : transmettre est d&#233;sormais ouvert &#224; tous et au-del&#224; de l'espace-temps de la pr&#233;sence simultan&#233;e.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 28 &#8211; Une mutation des &#171; cerveaux &#187; : Les cerveaux sont en train de se transformer, de s'adapter &#224; un monde multimodal et circulant.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 29 &#8211; Changer la transmission impose de changer l'organisation de nos soci&#233;t&#233;s : il ne suffit pas de s'en tenir &#224; la mutation de la scolarisation, mais bien de parler de l'organisation de la soci&#233;t&#233; et de la place de la transmission dans ce contexte nouveau&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces propositions sont autant de th&#233;matiques de r&#233;flexion, d'&#233;change, de d&#233;bat. Mais surtout ils montrent que Michel Serres ne met pas les technologies de l'information et de la communication en dehors des autres progr&#232;s techniques et scientifiques. Malheureusement &#224; la lecture de Petite Poucette, la plupart y ont vu une approche positive des technologies num&#233;riques et de leur usage par les jeunes sans prendre en compte les autres &#233;volutions. Cette approche analytique des probl&#232;mes de notre soci&#233;t&#233; est courante et malheureusement introduit un biais important dans l'analyse des situations que nos soci&#233;t&#233;s traversent. Nous sommes rassur&#233;s car l'on peut d&#233;signer un coupable&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour reprendre et simplifier cette analyse, en voici une version simplifi&#233;e de la liste des questions qu'il pose, r&#233;dig&#233;e &#224; la sortie du livre de Michel Serres&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Urbanisation des humains,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Allongement de l'esp&#233;rance de vie,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Evolution des temporalit&#233;s de la vie et de la transmission,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Apaisement de la vie en soci&#233;t&#233;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Disparition des morales de la souffrance,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Programmation familiale,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Multiculturalisme &#224; l'&#233;chelle mondiale,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Disparition progressive, en occident en particulier, de l'urgence vitale&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La d&#233;pression collective, &#233;mergence de la premi&#232;re crise d'un monde num&#233;rique ?</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article4514.html</link>
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		<dc:date>2019-02-03T07:22:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;un articlerepris du blog de Bruno Devauchelle, un site sous licence CC by sa nc &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on met de c&#244;t&#233; les provocations et autres propos insens&#233;s tenus par quelques un(e)s, les mouvements auxquels nous assistons depuis plusieurs mois sont surtout le signe d'une forme de &#171; d&#233;pression collective &#187;. D&#233;pression d'autant plus &#233;tonnante qu'elle n'est pas bas&#233;e sur la perte d'un sentiment d'auto-efficacit&#233;, la plupart de ceux qui s'expriment dans la rue pensent qu'ils peuvent arriver &#224; changer le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique17.html" rel="directory"&gt;Veille, par Bruno Devauchelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;un &lt;a href=&#034;http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=2844&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt;repris du blog de Bruno Devauchelle, un site sous licence CC by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on met de c&#244;t&#233; les provocations et autres propos insens&#233;s tenus par quelques un(e)s, les mouvements auxquels nous assistons depuis plusieurs mois sont surtout le signe d'une forme de &#171; d&#233;pression collective &#187;. D&#233;pression d'autant plus &#233;tonnante qu'elle n'est pas bas&#233;e sur la perte d'un sentiment d'auto-efficacit&#233;, la plupart de ceux qui s'expriment dans la rue pensent qu'ils peuvent arriver &#224; changer le cours des choses, mais plut&#244;t &#224; un manque &#171; d'estime de soi &#187;. M&#234;me si cette analyse est un peu caricaturale et trop rapide, elle permet toutefois d'aborder la question des &#233;l&#233;ments de contexte qui peuvent amener &#224; ce que nous nommons d&#233;pression collective. Nous vivons depuis maintenant 50 ans la mont&#233;e en puissance de l'informatique dans la soci&#233;t&#233;. Apr&#232;s avoir concern&#233; le monde des entreprises et du travail en g&#233;n&#233;ral, l'informatique s'est offert une place de premier choix dans notre vie quotidienne allant jusqu'&#224; devenir un &#171; allant de soi &#187;, marquant ainsi le caract&#232;re quasi in&#233;luctable de la g&#233;n&#233;ralisation de l'informatique en arri&#232;re-plan de ce que l'on nomme d&#233;sormais num&#233;rique. Dans le m&#234;me temps c'est cette m&#234;me informatique qui a transform&#233; le travail et l'a complexifi&#233; en automatisant de plus en plus de t&#226;ches routini&#232;res. Ne n&#233;gligeons pas non plus le d&#233;veloppement d'un ch&#244;mage consid&#233;r&#233; par certains comme structurel et dont l'informatisation des t&#226;ches pourrait &#234;tre au moins une cause partielle. N'oublions pas non plus que d'autres &#233;volutions de la soci&#233;t&#233; peuvent aussi augmenter ce sentiment d&#233;pressif tout en ayant un habillage de progr&#232;s : contr&#244;le des naissances, vieillissement etc.&#8230; mais aussi complexit&#233; des activit&#233;s professionnelles, augmentation de la pression de rentabilit&#233;/performance, mobilit&#233; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En allant plus loin dans l'analyse de ce qui est en train de se passer, il nous faut prendre quelques objets symboliques et tenter d'identifier en quoi ils peuvent participer de l'&#233;mergence d'une d&#233;pression collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux sociaux num&#233;riques (RSN) ont ouvert un vaste champ d'expression. Presque sans contr&#244;les, ces RSN donnent &#224; chacun un sentiment de puissance de sa parole proportionnelle aux retours qui en est fait par le biais des likes, des commentaires, des vues, des reroutages, etc&#8230; Rapidement un vertige peut prendre l'usager surtout lorsqu'il a l'impression que ce qu'il dit a de l'audience. Mais cette audience se traduit parfois en monnaie (r&#233;mun&#233;ration au clic) ou en influence (organisation d'&#233;v&#232;nements) en popularit&#233;. Attention, la moindre baisse va enfermer celui ou celle qui s'exprime dans une mise en question angoissante. Confront&#233; &#224; l'audience des m&#233;dias classiques, chaque contributeur souhaite s'&#233;lever &#224; leur niveau, et, supr&#234;me r&#233;compense acc&#233;der &#224; leurs colonnes ou tribunes. D'ailleurs les m&#234;mes qui acc&#232;dent &#224; cela sont prompt &#224; attaquer leur cr&#233;dibilit&#233; : si je parviens &#224; autant de popularit&#233; par les RSN, alors quelle confiance puis-je avoir en des m&#233;dias qui m'obligent &#224; passer par des &#171; censeurs &#187;&#8230; ou jug&#233;s comme tels. De plus les RSN associent &#233;motion, popularit&#233; et imm&#233;diatet&#233; ce qui renforce leur impact, leurs effets. Ils sont le symbole de cette ambigu&#239;t&#233;, nous sommes en m&#234;me temps c&#233;l&#232;bres et inconnus, efficaces et inaudibles&#8230; de quoi se sentir mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sondages sont aussi un &#233;l&#233;ment du paysage fabriqu&#233; par les m&#233;dias traditionnels. Il suffit d'ne lire quelques pr&#233;sentations de r&#233;sultat pour comprendre qu'ils affirment des opinions, des postures et m&#234;me parfois des votes alors que ce ne sont que des expressions verbales &#224; chaud en r&#233;ponse &#224; des questions parfois orient&#233;es. D'ailleurs les r&#233;pondants ne s'y trompent pas qui d&#233;lib&#233;r&#233;ment r&#233;pondent avec un niveau de r&#233;flexion bien &#233;loign&#233; de celui qu'ils auraient dans un bureau de vote ou encore s'ils r&#233;pondaient en public. Cette forme d'imm&#233;diatet&#233; que permet le sondage ne peut &#234;tre confondu avec ce qui est le fond m&#234;me de la pens&#233;e des personnes. Les professionnels du secteur, habitu&#233;s &#224; ces critiques, font d'ailleurs tout un discours qui leur permet de continuer leur travail (march&#233;) et d'encourager les m&#233;dias &#224; les utiliser, caisse de r&#233;sonnance bien pratique. Mais c'est l'effet de ces comptes rendus de sondage qui tendent &#224; modifier la perception du r&#233;el. Un mouvement social modeste peut &#234;tre port&#233; aux nues ou d&#233;cri&#233; sur la simple lecture d'un sondage, aussi douteux soit-il. D&#232;s lors le public devient-il curieux de ces affirmations p&#233;remptoires qui renforcent ou infirment son mouvement. La d&#233;pression collective trouve dans le sondage un premier miroir qui la rend supportable et la conforte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias en continu ont en permanence besoin d'alimenter leur propos. Aussi la r&#233;currence th&#233;matique est-elle le moyen privil&#233;gi&#233; de pr&#233;sentation, impos&#233; par le moyen technique. En ligne ou sur l'&#233;cran de la t&#233;l&#233;vision le m&#233;dia en continu va amplifier temporairement tel ou tel fait en le r&#233;p&#233;tant chaque fois qu'un fait, aussi minime soit-il va se produire. Il faut alors donner l'impression d'une nouveaut&#233; constante, un renouvellement pour maintenir le lecteur/spectateur dans le flux (th&#233;orie du flow). Malheureusement d&#232;s que le flux souhait&#233; se modifie, la d&#233;prime peut surgir, impression de disparition, d'enfouissement. Ces m&#233;dias assurent une identit&#233; collective, &#233;tonnamment renforc&#233;e lorsqu'ils sont violemment attaqu&#233;s et d&#233;nigr&#233;s. Si les r&#233;seaux sociaux num&#233;riques permettent de construire l'identit&#233;, les m&#233;dias de flux en sont une caisse de r&#233;sonnance. Le sentiment d'exister doit donc associer les deux vecteurs. La persistance dans la dur&#233;e devient &#224; un moment le seul moteur de ce sentiment au risque de perdre la substance m&#234;me de la d&#233;pression qui passe alors &#224; une manifestation formelle au lieu d'&#234;tre l'expression d'un mal-&#234;tre r&#233;el. La mise en place d'un d&#233;bat public et ouvert est une r&#233;ponse tr&#232;s int&#233;ressante &#224; suivre. Elle &#233;chappe en grande partie aux m&#233;dias classiques, mais aussi aux nouveaux m&#233;dias, et remet en avant la confrontation verbale directe comme premi&#232;re. A l'instar du psychanalyste, le grand d&#233;bat est le divan collectif de notre d&#233;prime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perte de certains rep&#232;res physiques ne semble pas a priori avoir un impact sur le sentiment de mal-&#234;tre. Il ne faut pas n&#233;gliger l'importance de la modification des rep&#232;res spatio-temporelles qu'apportent les moyens num&#233;riques. Imm&#233;diatet&#233;, proximit&#233;, acc&#233;l&#233;ration, territorialisation etc.&#8230; sont des &#233;l&#233;ments de ces changements apport&#233;s au temps et &#224; l'espace. Ces rep&#232;res physiques sont remplac&#233;s ou augment&#233;s de nouveaux rep&#232;res produits par les moyens num&#233;riques disponibles et de plus en plus utilis&#233;s dans la sph&#232;re personnelle et professionnelle. L'exemple des communications t&#233;l&#233;phoniques et vid&#233;o illustre bien cette nouvelle perception de la distance &#224; l'autre. La crainte de la s&#233;paration vient renforcer l'utilisation de ces moyens au point de les rendre si habituels que leur dysfonctionnement est source d'inqui&#233;tude potentielle. L'acc&#233;l&#233;ration permise est aussi celle de la productivit&#233; et donc l'attente d'un retour de cette productivit&#233;. Si les moyens num&#233;riques augmentent un sentiment de pression, ils n'apportent que tr&#232;s imparfaitement une r&#233;compense de l'acceptation de cela. L'invisibilit&#233; ou l'incompr&#233;hension des processus num&#233;riques &#224; l'&#339;uvre augmente dans certains cas l'angoisse, surtout lorsqu'il y a des d&#233;faillances techniques. L'utilisateur quotidien est le plus souvent perdu face &#224; une panne num&#233;rique, il doit appeler &#224; l'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/30/malaise-democratique-la-france-fissuree_5416415_823448.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article r&#233;cent&lt;/a&gt; de Fran&#231;oise Fressoz (Le Monde) publi&#233; le 30 janvier 2019, &#233;tait intitul&#233; : &#171; &#171; Gilets jaunes &#187;, grand d&#233;bat&#8230; Les Fran&#231;ais sont-ils encore capables de faire soci&#233;t&#233; ? &#187; Cette derni&#232;re expression me semble &#234;tre embl&#233;matique d'une urgence &#233;ducative et sociale. On trouve une explication de cette expression sous la plume de Jacques Donzelot dans un article intitul&#233; : &#187; Faire soci&#233;t&#233; &#187; en France ? (Jacques Donzelot, Dans Tous urbains 2015/2 (N&#176; 10), pages 10 &#224; 11) en &#233;cho au livre &#233;ponyme publi&#233; en 2004, mais qui concernait la politique des villes en France et aux Etats Unis. Cette expression semble bien avoir un positionnement sp&#233;cifique dans l'&#233;volution de nos soci&#233;t&#233;s et est en lien avec des travaux nord-am&#233;ricains (mais pas seulement) et rejoint les notions d'empowerment ou mieux encore de capabilit&#233; issue des travaux d' Amartya Sen. L'id&#233;e essentielle est celle de la possibilit&#233; d'agir dont il faut s'emparer, comme le font certains en ce moment, revendiquant une auto-efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, r&#233;pondant &#224; une question sur le r&#244;le de l'&#233;cole dans une soci&#233;t&#233; qui se questionne face au fait num&#233;rique, je r&#233;pondais : il ne suffit pas de se limiter en &#233;ducation au &#171; vivre ensemble &#187; mais bien permettre aux jeunes de &#171; faire soci&#233;t&#233; &#187;, et c'est cela qui manque au syst&#232;me &#233;ducatif actuel. En avan&#231;ant cette proposition, je voulais signifier l'insuffisance de la proposition r&#233;publicaine et d&#233;mocratique actuelle face aux &#233;volutions de la soci&#233;t&#233;, en particulier num&#233;riques. Je voulais aussi signifier un renversement dans la mission &#233;ducative de l'&#233;cole passer de l'int&#233;gration dans le monde &#224; la construction du monde. Le seul vivre ensemble me semblait alors bien insuffisant, la suite semble prouver que je n'avais pas tort. Ainsi &#171; faire soci&#233;t&#233; &#187; et d&#233;velopper cette capacit&#233; chez chacun des jeunes et des adultes c'est choisir d'assumer une responsabilit&#233; active face &#224; une d&#233;pression collective dont la l&#233;gitimit&#233; ne peut &#234;tre contest&#233;e. Mais le constat ne suffirait pas, tout &#233;ducateur se doit de participer au d&#233;veloppement d'une &#233;ducation qui permette de faire soci&#233;t&#233;, de r&#233;inventer la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre et &#224; d&#233;battre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BD&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;ducation aux m&#233;dias et &#224; l'information ? une exp&#233;rience ancienne (et toujours d'actualit&#233;).</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article4261.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article4261.html</guid>
		<dc:date>2019-01-02T07:35:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un article repris du blog de Bruno Devauchelle, un site sous licence CC by sa nc &lt;br class='autobr' /&gt;
Enseignant de lettres histoire en lyc&#233;e professionnel, j'ai eu la chance de pouvoir &#171; inventer &#187; un dispositif de travail (en 1987) pour permettre aux &#233;l&#232;ves de travailler aussi bien les m&#233;dias, les informations que l'expression &#233;crite et orale. J'ai mis longtemps &#224; r&#233;aliser que cette exp&#233;rimentation &#233;tait particuli&#232;rement int&#233;ressante au-del&#224; du seul r&#233;sultat pour les &#233;l&#232;ves. En regardant de nombreux projets (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique17.html" rel="directory"&gt;Veille, par Bruno Devauchelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=2813&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris du &lt;a href=&#034;http://www.brunodevauchelle.com/blog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog&lt;/a&gt; de Bruno Devauchelle, un site sous licence CC by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseignant de lettres histoire en lyc&#233;e professionnel, j'ai eu la chance de pouvoir &#171; inventer &#187; un dispositif de travail (en 1987) pour permettre aux &#233;l&#232;ves de travailler aussi bien les m&#233;dias, les informations que l'expression &#233;crite et orale. J'ai mis longtemps &#224; r&#233;aliser que cette exp&#233;rimentation &#233;tait particuli&#232;rement int&#233;ressante au-del&#224; du seul r&#233;sultat pour les &#233;l&#232;ves. En regardant de nombreux projets pr&#233;sent&#233;s dans des manifestations autour de l'innovation, parfois m&#234;me dans des livres publi&#233;s par ces enseignants, je me suis rendu compte que cette d&#233;marche qui date de trente ans est encore d'actualit&#233; et que la raconter pourrait servir &#224; d'autres. Mais en partageant cette exp&#233;rience, je voudrais aussi montrer que ce que chacun tente d'inventer au quotidien dans la classe n'est jamais vraiment nouveau en soi. Le travail p&#233;dagogique n'est pas une invention permanente mais plut&#244;t un ajustement constant entre ce que l'on envisage de faire et le chemin que l'on veut concevoir pour y parvenir. La p&#233;dagogie de projet, incarn&#233;e en partie dans l'id&#233;e des TPE ch&#232;re &#224; Philippe Meirieu, est pr&#233;sente ici, comme si cette id&#233;e avait anticip&#233; la proposition des TPE qui arrivera pr&#232;s de dix ann&#233;es plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'ann&#233;es scolaire 1987 1988, j'ai con&#231;u et r&#233;alis&#233; (en collaboration et avec l'aide de l'enseignante-documentaliste) un dispositif d'enseignement et d'apprentissage pour des &#233;l&#232;ves de Bac professionnel tertiaire. Centr&#233; sur le rapprochement entre les disciplines professionnelles (communication organisation) et les disciplines g&#233;n&#233;rales (lettres, histoire) le dispositif a &#233;t&#233; &#233;tal&#233; sur deux trimestres &#224; raison de deux heures par semaines. L'objectif initial &#233;tait de faire r&#233;aliser par les &#233;l&#232;ves un produit de communication. Les formes possibles de communication &#233;taient vari&#233;es, de l'informatique &#224; l'audiovisuel en passant par le cin&#233;ma, la radio, et aussi l'expression orale, l'enqu&#234;te, l'exposition&#8230; Ce travail a &#233;t&#233; rendu possible gr&#226;ce &#224; une enseignante documentaliste qui a mis ses comp&#233;tences au service des &#233;l&#232;ves ainsi que les moyens mat&#233;riels mis &#224; disposition au CDI et dans les salles p&#233;riph&#233;riques disponibles (audiovisuel, informatique, travail de groupe)&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Le dispositif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Dans un premier temps, sur quatre s&#233;ances de deux heures, les &#233;l&#232;ves devaient &#233;laborer un projet d'un produit de communication en petits groupes (affinitaires)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif est d'amener les &#233;l&#232;ves &#224; se poser une question et &#224; d&#233;finir les moyens dont ils ont besoin pour acc&#233;der &#224; une r&#233;ponse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Apr&#232;s &#233;change avec les enseignants, le projet est d&#233;fini et r&#233;dig&#233; en indiquant les &#233;tapes, le calendrier et les moyens &#224; mettre en place&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;valuation de la premi&#232;re &#233;tape vise &#224; v&#233;rifier la faisabilit&#233; du projet et l'implication de chacun dans le projet. Cette &#233;tape est parfois r&#233;alis&#233;e en deux temps par besoin de r&#233;ajustement, de pr&#233;cisions.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Conception de fabrication du produit vis&#233; : en 12 s&#233;ances de 2 heures, comprenant des visites &#224; l'ext&#233;rieur, des rendez-vous, des rencontres,&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de cette &#233;tape, qui s'appuie sur une contractualisation, l'autonomie est importante. Chaque groupe d'&#233;l&#232;ve organise son activit&#233;, g&#232;re son planning, demande les autorisations n&#233;cessaires, fait appel aux ressources disponibles, humaines ou mat&#233;rielles. La gestion du projet est en phase active et chaque groupe sait ce qu'il a &#224; faire. En cas de difficult&#233;, il demande de l'aide et rend compte de la mani&#232;re de r&#233;soudre le probl&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Pr&#233;sentation publique des produits (&#224; la classe, &#224; la direction, aux intervenants &#233;ventuels, aux autres &#233;l&#232;ves de l'&#233;tablissement),&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est essentiel qu'une d&#233;marche de projet se termine, en particulier dans le cas des projets buts. La pr&#233;sentation finale des travaux peut prendre des formes multiples pouvant associer plusieurs modalit&#233;s, mais en lien avec le projet (d&#233;gustation, exposition, expos&#233;, dossier, logiciel&#8230;). La pr&#233;sentation devant les pairs et avec les pairs a pour but de favoriser les trois formes d'&#233;valuations : celle des pairs, l'auto&#233;valuation, et celle de l'enseignant et ou de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Quelques projets et leur(s) production(s)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Emission de radio sur la vie des jeunes&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;l&#232;ves sont attir&#233;s par les m&#233;dias qu'ils veulent comprendre de l'int&#233;rieur. L'&#233;tablissement scolaire est situ&#233; non loin de la radio r&#233;gionale, et une animatrice journaliste propose d'ouvrir son &#233;mission &#224; des publics divers. Les &#233;l&#232;ves prennent contact avec elle. Cette animatrice intervient dans la classe pour expliquer son travail et le fonctionnement du m&#233;dia lors d'une s&#233;ance prise en dehors du temps consacr&#233; au projet. La pr&#233;paration de l'&#233;mission prend du temps car les jeunes font une enqu&#234;te aupr&#232;s des autres &#233;l&#232;ves de l'&#233;tablissement. Puis arrive le jour de l'&#233;mission qui sera enregistr&#233;e et ensuite diffus&#233;e &#224; toute la classe.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Conf&#233;rence exposition sur le SIDA&lt;br class='autobr' /&gt;
L'importance croissante prise par le SIDA au d&#233;but des ann&#233;es 1980 interroge beaucoup les jeunes. Ils d&#233;cident de prendre contact avec le m&#233;decin de l'h&#244;pital sp&#233;cialiste de cette maladie. Apr&#232;s s'&#234;tre largement renseign&#233;s, les &#233;l&#232;ves rencontrent le m&#233;decin pour une interview et pour n&#233;gocier avec lui la mani&#232;re de sensibiliser les autres &#233;l&#232;ves. Le m&#233;decin accepte de venir faire une heure d'intervention dans la classe. Cette intervention sera pr&#233;par&#233;e par la fabrication d'affiches, le rassemblement de documentations qui permettront &#224; la classe de pr&#233;parer l'&#233;change avec le m&#233;decin.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Logiciel pour aider &#224; comprendre les &#233;lections locales et leurs enjeux&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'occasion d'&#233;lections locales, un groupe propose de d&#233;velopper un logiciel pour expliquer &#224; des &#233;lecteurs (certains &#233;l&#232;ves sont aussi en &#226;ge de voter) le sens du vote, son d&#233;roulement et le fonctionnement de la collectivit&#233; territoriale issue de ce vote. Sur la base d'un enseignement assist&#233; par ordinateur simple fait de pages d'explications avec graphiques, d'exercices et de compl&#233;ments textuels (au moment de la r&#233;alisation les possibilit&#233;s graphiques sont tr&#232;s r&#233;duites). Lors de la finalisation du logiciel, les &#233;l&#232;ves pourront tester l'application ainsi produite.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Festival de vid&#233;os&lt;br class='autobr' /&gt;
Passionn&#233;s par le cin&#233;ma, un groupe d'&#233;l&#232;ve souhaite proposer un festival de cin&#233;ma aux autres &#233;l&#232;ves de l'&#233;tablissement. Approche juridique, approche artistique, approche culturelle, les &#233;l&#232;ves pr&#233;parent une semaine th&#233;matique. Ils &#233;tudient les films choisis, organisent leur pr&#233;sentation sous forme de panneaux et pr&#233;sentent les &#339;uvres choisies avant la projection.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Manifestation/exposition sur la cuisine des algues&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tablissement scolaire comporte outre une section tertiaire une section hotelli&#232;re. Ceci n'interdit nullement les &#233;l&#232;ves du tertiaire d'aller explorer un domaine comme celui de la cuisine des algues. Le projet semble ambitieux. Il faut d'abord conna&#238;tre ces algues et leurs vertus (nous sommes en Bretagne, pr&#232;s de la mer, cela facilite les choses). Ensuite, apr&#232;s avoir rencontr&#233;s des personnes qui travaillent les algues (recueil, production, transformation) les &#233;l&#232;ves ont travaill&#233; avec les enseignants de cuisine pour explorer les possibilit&#233;s d'exploitation de ces algues en cuisine. Ils organisent une d&#233;gustation de produits &#224; base d'algues qu'ils ont fabriqu&#233; avec des &#233;l&#232;ves cuisiniers et font une exposition de panneaux dans la salle o&#249; a lieu la d&#233;gustation. Un discours &#224; plusieurs voix pour pr&#233;senter le travail des algues va permettre &#224; toute la classe (ainsi que des &#233;l&#232;ves cuisiniers) de d&#233;couvrir cette nouvelle approche de l'utilisation des algues pour l'alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons beaucoup appris de ce dispositif qui associait d'abord un enseignant de lettres-histoire et une professeur documentaliste et qui s'appuyait aussi sur les enseignants de communication. L'espace CDI &#233;tait le plus appropri&#233; pour permettre ce travail. Compos&#233; d'une grande salle de lecture avec des ilots, de plusieurs salles annexes, travail de groupe, salle audiovisuel (t&#233;l&#233;viseur magn&#233;toscope) et salle informatique (nanor&#233;seau), l'espace CDI a permis &#224; chaque groupe de pouvoir mener &#224; bien son projet. La mise &#224; disposition de moyens (humains et techniques) s'est faite tr&#232;s ais&#233;ment de par la proximit&#233; des lieux. La gestion des &#233;l&#232;ves a &#233;t&#233; d'autant plus ais&#233; que leur engagement a &#233;t&#233; grandissant au fur et &#224; mesure du projet qui s'&#233;talait sur un temps long. Si le choix d'un projet est le plus d&#233;licat, la mise en &#339;uvre une fois ce choix valid&#233; est tr&#232;s ais&#233;e. Les &#233;l&#232;ves ont pu aussi sortir &#171; en autonomie &#187; sur les heures de cours (autorisations multiples) pour effectuer les rencontres n&#233;cessaires &#224; leur projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pilotage de ce genre d'activit&#233; suppose aussi d'articuler ce travail avec les apprentissages scolaires pr&#233;vus et les comp&#233;tences requises dans le r&#233;f&#233;rentiel des bac-pros d'alors. Le d&#233;coupage disciplinaire est rapidement tomb&#233; du fait de l'imbrication des projets. Plus int&#233;ressant encore, des comp&#233;tences non signal&#233;es dans les r&#233;f&#233;rentiels de formation ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es et mises en &#339;uvre. C'est dans ce domaine qu'il faut nous interroger. Au-del&#224; de la sympathique valorisation des &#233;l&#232;ves lors de leur pr&#233;sentation publique, il y a les notes attribu&#233;es pour &#234;tre conforme avec les exigences acad&#233;miques, mais il reste un vide autour des comp&#233;tences non &#171; scolaris&#233;es &#187;. Encore aujourd'hui, dans des p&#233;dagogies de projet similaires, on note qu'une partie de ces comp&#233;tences non pr&#233;vues ne peuvent pas &#234;tre valoris&#233;es &#224; leur juste valeur. Jusqu'au &#233;l&#232;ves eux-m&#234;mes qui, n'ayant pas conscience de ces comp&#233;tences, ne peuvent pas s'appuyer dessus dans leur parcours. Il est grand temps que l'on aide les jeunes &#224; int&#233;grer ces &#233;l&#233;ments souvent semi-formels voire informels dans leur dynamique personnelle. Portfolio, badges et autres dispositifs semblent vouloir mettre aussi l'accent sur ces comp&#233;tences. Toutefois on ne sent pas, au sein du syst&#232;me &#233;ducatif une v&#233;ritable volont&#233;. Pourtant dans le sup&#233;rieur, la valorisation de l'engagement, par exemple, est de plus en plus souvent valoris&#233; jusque dans la d&#233;livrance des certifications et dipl&#244;mes. Cependant il reste un &#233;l&#233;ment &#224; travailler : ce que les &#233;l&#232;ves, les jeunes, ceux qui apprennent, connaissent et font de ces comp&#233;tences est tr&#232;s sous exploit&#233; et m&#233;connu. C'est une question de &#171; r&#233;flexivit&#233; &#187;, voir de m&#233;ta-comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre&lt;br class='autobr' /&gt;
BD&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment on a emp&#234;ch&#233; la prise de conscience du num&#233;rique en &#233;ducation !</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article4149.html</link>
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		<dc:date>2018-12-04T12:05:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un article repris du blog de Bruno Devauchelle, un site sous licence CC by sa nc &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons par un aphorisme provocateur : ceux qui ont critiqu&#233; le B2i et ses successeurs, ceux qui ont frein&#233; sa mise en place sont en grande partie responsable du fait qu'aujourd'hui la culture technologique des enseignants soit aussi faible. M&#234;me ceux qui d&#233;noncent cette faiblesse (comme l'article du Monde (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique17.html" rel="directory"&gt;Veille, par Bruno Devauchelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=2801&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris du blog de Bruno Devauchelle, un site sous licence CC by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par un aphorisme provocateur : ceux qui ont critiqu&#233; le B2i et ses successeurs, ceux qui ont frein&#233; sa mise en place sont en grande partie responsable du fait qu'aujourd'hui la culture technologique des enseignants soit aussi faible. M&#234;me ceux qui d&#233;noncent cette faiblesse (comme l'article du Monde &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/11/27/la-formation-au-numerique-une-tache-immense-pour-l-education-nationale_5389089_3232.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/11/27/la-formation-au-numerique-une-tache-immense-pour-l-education-nationale_5389089_3232.html&lt;/a&gt;) et tentent d'imposer aujourd'hui un enseignement d'informatique (aux &#233;l&#232;ves et aux enseignants) faisaient partie de ceux-l&#224; qui critiquaient le B2i, le C2i et autres certifications cr&#233;&#233;es entre 2000 et 2006 et inscrite dans la loi, mais jamais appliqu&#233;e r&#233;ellement. Pourquoi ces critiques et surtout pourquoi cette pression d'aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, quand se construit le B2i dans les couloirs du minist&#232;re, il y a une conscience aig&#252;e de la mont&#233;e rapide d'une transformation culturelle, sociale et bien s&#251;r technologique et donc de la n&#233;cessit&#233; d'agir dans le monde scolaire. Un ouvrage de 1993 t&#233;moigne de cette r&#233;flexion au travers d'un des chapitres &#233;crit par Jean Michel B&#233;rard. Ce m&#234;me inspecteur g&#233;n&#233;ral, est le p&#232;re de ce B2i et en m&#234;me temps publiait en 2001, avec Anne Marie Bardi, un rapport sur l'enseignement de mise &#224; niveau en informatique en classe de seconde &#187; et les conclusions, &#224; l'&#233;poque, &#233;taient claires. Mais les opposants &#224; cette approche &#233;taient nombreux et aussi bien du c&#244;t&#233; des professionnels et chercheurs dans le domaine que du c&#244;t&#233; des sceptiques du progr&#232;s informatique voir des anti-technologiques. Comme de plus le B2i s'inscrivait dans une dynamique d'&#233;valuation des comp&#233;tences, il s'est trouv&#233; mis de c&#244;t&#233; dans la majorit&#233; des &#233;tablissements scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a tort d'avoir raison trop t&#244;t. Dans ma th&#232;se sur le B2i et son d&#233;veloppement (&lt;a href=&#034;http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00345765/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00345765/fr/&lt;/a&gt;), j'ai mis en &#233;vidence la force d'invention institutionnel de ce dispositif, ainsi que sa coh&#233;rence avec la mont&#233;e en puissance des &#233;quipements personnels et des habilet&#233;s techniques des jeunes. Malheureusement, il faut admettre l'&#233;chec g&#233;n&#233;ral de cette proposition combattue de toute part. Ce qui f&#226;che aujourd'hui c'est de constater que les m&#234;mes qui ont critiqu&#233; le B2i s'aper&#231;oivent qu'aujourd'hui il y a une n&#233;cessit&#233; de g&#233;n&#233;ralisation aussi bien pour les jeunes que pour les enseignants. En critiquant de toute part cette initiative, qu'ils soient pros ou anti informatique, ils ont tous retard&#233; la mont&#233;e en puissance n&#233;cessaire d'une culture, non pas de l'informatique seule, mais du num&#233;rique. On peut entendre de la part d'une chercheuse de l'INRIA qui me disait r&#233;cemment qu'enseigner des logiciels de bureautique ce n'est pas enseigner l'informatique. Mais couper le lien entre pratique et fondement d'une pratique, s&#233;parer l'informatique de ses usages (le bon grain de l'ivraie selon certains) est parfaitement irresponsable et ce d'autant plus que c'est le fondement des disciplines enseign&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pix ne risque pas de combler le foss&#233;. Pourquoi, parce qu'il ne peut &#234;tre simplement ext&#233;rieur au syst&#232;me &#233;ducatif. Malheureusement les propositions du minist&#232;re sont nettement insuffisantes, et m&#234;me si les enseignants obtiennent un certain niveau de certification PIX, cela traduira-t-il une r&#233;elle conscience technologique ? On ne peut qu'&#234;tre d'accord avec l'article de ce chercheur de l'INRIA dans le monde &#224; propos de l'urgence de formation. On ne peut que d&#233;plorer que ce soit maintenant qu'on en parle alors que cela fait pr&#232;s de quarante ann&#233;es que nous sommes nombreux, Georges Louis Baron, &#201;ric Bruillard et bien d'autres &#224; avoir tent&#233; de faire avancer cette prise de conscience. Les divergences restent encore vives. Chacun tente d'influencer le pouvoir : les entreprises du secteur en mal de recrutement (les m&#233;dias parlent d'une &#171; &#233;cole 42 &#187; dans chaque r&#233;gion), les chercheurs du domaine en mal de reconnaissance (CAPES Agr&#233;gation), les autres disciplines en mal de territoire (regardons ce qui se passe &#224; chaque r&#233;novation des programmes, chacun prend sa calculette), les politiques, dont la plupart n'ont pas une vision &#224; moyen et long terme, mais se contentent de contenter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sol&#233; d'&#234;tre aussi critique, mais il faut reconna&#238;tre que d&#232;s 1985 et le plan informatique pour tous (IPT) ces oppositions se sont exprim&#233;es. Mais ce que tous ces d&#233;batteurs n'ont pas vu venir, c'est la massification et la g&#233;n&#233;ralisation de l'informatique dans la soci&#233;t&#233; et de ses descendants, le num&#233;rique, les m&#233;dias num&#233;riques et autres r&#233;seaux sociaux. Les usagers ont cantonn&#233; les informaticiens dans leurs salles obscures devant les &#233;crans (et ils en sont souvent contents), ils ont d&#233;velopp&#233; avec quelques soci&#233;t&#233;s visionnaires une nouvelle mani&#232;re de communiquer et d'informer. Mais il ne s'agit pas que de cela, il s'agit aussi de transformation des modes de vie priv&#233;e (conf&#232;re les articles du journal T&#233;l&#233;rama de d&#233;but d&#233;cembre &lt;a href=&#034;https://www.telerama.fr/monde/partout%2C-tout-le-temps-tous-accros-a-nos-smartphones%2Cn5908086.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.telerama.fr/monde/partout%2C-tout-le-temps-tous-accros-a-nos-smartphones%2Cn5908086.php&lt;/a&gt; ).&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes d&#233;sormais face &#224; un probl&#232;me global qui associe technique &#233;conomie soci&#233;t&#233; et socialit&#233;, voir affect et &#233;motions. Vouloir atomiser les approches en les opposant est contre-productif. Cela n'am&#232;nera, comme au d&#233;but des ann&#233;es 2000 &#224; une absence de prise de conscience, une absence de r&#233;flexion culturelle sur la place prise par l'informatique, et de ses compagnons m&#233;dias, t&#233;l&#233;matique&#8230; dans la soci&#233;t&#233;. Est-il pour autant trop tard. On peut penser que oui, &#224; l'instar de ce qui se passe pour la prise de conscience &#233;cologique. Chacun de nous y voit commodit&#233;, facilit&#233;, mais tr&#232;s peu y voient contrainte, contr&#244;le, algorithme, et autres programmes. Le prix de la libert&#233; est bien s&#251;r la connaissance et la conscience. Mais elle ne doit pas &#234;tre kal&#233;idoscop&#233;e !!!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Peut-on faire confiance dans un monde num&#233;rique, le cas des ENT ?</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article4146.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un articlerepris du blog de Bruno Devauchelle, un site sous licence CC by sa nc &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot confiance est utilis&#233; plus que de raison en ce moment, en particulier dans les propos des responsables de l'&#233;ducation nationale. C'est en particulier le cas &#224; propos des Environnement num&#233;riques de travail qui ont fait l'objet d'une journ&#233;e d'&#233;tude lors du salon Educatech Educatice le mercredi 21 novembre dernier. L'insistance syst&#233;matique sur ce mot laisse &#224; penser au moins deux choses : d'une part les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique17.html" rel="directory"&gt;Veille, par Bruno Devauchelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=2797&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt;repris du &lt;a href=&#034;http://www.brunodevauchelle.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog de Bruno Devauchelle&lt;/a&gt;, un site sous licence CC by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot confiance est utilis&#233; plus que de raison en ce moment, en particulier dans les propos des responsables de l'&#233;ducation nationale. C'est en particulier le cas &#224; propos des Environnement num&#233;riques de travail qui ont fait l'objet d'une journ&#233;e d'&#233;tude lors du salon Educatech Educatice le mercredi 21 novembre dernier. L'insistance syst&#233;matique sur ce mot laisse &#224; penser au moins deux choses : d'une part les personnels du minist&#232;re de l'&#233;ducation appliquent la rh&#233;torique de leur ministre, d'autre part si l'on parle tant de la confiance c'est qu'elle n'est aussi &#233;vidente que cela dans les pratiques effectives du num&#233;rique dans les &#233;tablissements scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot confiance est tir&#233; du verbe confier si l'on s'en r&#233;f&#232;re au dictionnaire historique de la langue fran&#231;aise d'Alain Rey. Apr&#232;s avoir &#233;limin&#233; le sens d'un autre terme &#171; confidence &#187; au cours de l'histoire, le sens qui s'impose est double autour de l'id&#233;e de se fier, &#171; se fier avec &#187;. Pour le dire autrement, la confiance fonctionne &#224; double sens, elle doit &#234;tre bas&#233;e sur la r&#233;ciprocit&#233;. Si l'on regarde le d&#233;veloppement du terme au travers de la d&#233;finition qu'en donne le CNRTL (&lt;a href=&#034;http://www.cnrtl.fr/definition/confiance&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cnrtl.fr/definition/confiance&lt;/a&gt;) on constate que le terme s'applique &#224; la confiance que l'on donne &#224; l'autre avant d'&#234;tre la confiance que l'on se donne &#224; soi ou que l'on attend des autres envers soi. Mais la confiance c'est plus largement la mise en place d'un sentiment de s&#233;curit&#233; et d'harmonie. L&#224; o&#249; le sens du terme confiance pose question c'est dans son rapprochement avec la foi. La confiance serait alors une forme de croyance. Si on pose la question du c&#244;t&#233; du juridique, on s'aper&#231;oit que la forme la plus usit&#233;e du terme est li&#233;e &#224; l'expression &#171; abus de confiance &#187;. Du coup on s'aper&#231;oit que la confiance est en amont de la loi. On fait d'abord confiance et si on trahit cette confiance, c'est la loi qui tranche. Cette lecture ouverte du terme confiance peut certes &#234;tre critiqu&#233;e, mais elle essaie de montrer la complexit&#233; du terme et surtout &#224; en r&#233;v&#233;ler les ambigu&#239;t&#233;s ou tout au moins la polys&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e des &#171; porteurs de projets ENT &#187; organis&#233;e par la Direction du Num&#233;rique pour l'Education, en marge du salon Educatech-Educatice, a eu pour m&#233;rite de mettre en &#233;vidence une querelle ancienne autour de ces textes si obscurs pour le commun des mortels, m&#234;me dans l'&#233;ducation, que sont les SDET, CARMO et autre RU003 ou encore quelques initiales si habituelles dans le jargon de l'&#233;ducation en France. C'est le terme de &#171; cadre de confiance &#187; qui est avanc&#233; par le minist&#232;re pour sp&#233;cifier son travail pour organiser le d&#233;veloppement des ENT. Le cadre de confiance n'est pas la loi, comme nous l'avons vu pr&#233;c&#233;demment. C'est exactement la m&#234;me chose qui diff&#233;rencie une charte et un r&#232;glement dans un &#233;tablissement scolaire. Les sch&#233;mas directeurs et autres textes de cadrage que propose le minist&#232;re sont des orientations pas des obligations. Mais ce qui est important c'est que ces diff&#233;rents documents tentent d'organiser au mieux la vie num&#233;rique de l'institution scolaire. S&#233;bastien Reinders, Expert EdTech &#8211; Ecole Num&#233;rique chez Agence du Num&#233;rique (AdN) dans la Wallonie en Belgique a mis en &#233;vidence de mani&#232;re aussi bien humoristique qu'ironique ce que pouvait produire le fait de n'avoir aucun cadre, ce qui est le cas de sa r&#233;gion. Or le minist&#232;re tente depuis 2003 d'organiser le num&#233;rique dans les &#233;tablissements scolaires au travers de l'initiative ENT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un cadre de confiance est propos&#233;, il y a aussi la loi qui peut parfois sous-tendre ces cadres propos&#233;s. Mais parfois il n'y a ni aucune directive politique et encore moins de texte de loi vot&#233; dans les assembl&#233;es (et transcrit dans le code de l'&#233;ducation). Deux exemples r&#233;cents montrent combien tout cela est fragile, m&#234;me lorsqu'il s'agit de la loi : la loi dite de l'interdiction des t&#233;l&#233;phones portables et la loi sur la protection des donn&#233;es personnelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Pour ce qui est du t&#233;l&#233;phone portable et des appareils mobiles, on observe que c'est d'abord un texte politique qui s'appuie sur une probl&#233;matique de d&#233;bordement : les adultes d&#233;couvrent avec effarement l'attitude des enfants devant les &#233;crans et avec leur t&#233;l&#233;phone portable alors qu'ils sont les premiers responsables de l'acquisition puis de l'encadrement de l'utilisation quotidienne. En &#233;crivant une loi, le l&#233;gislateur, relay&#233; par le ministre, se rassure et permet aux adultes, parents et &#233;ducateurs, de se rassurer &#224; peu de frais sur leur propre difficult&#233; &#233;ducative. Dans le m&#234;me temps, l'inscription des exceptions p&#233;dagogiques dans la loi est aussi le double signe d'une part d'un fait &#233;tabli d'usage du portable et d'autre part de l'&#233;chec partiel de toutes les politiques massives d'&#233;quipements des &#233;l&#232;ves par les pouvoirs publics. Pour le dire autrement cette loi est comme un filet de p&#234;che &#224; larges mailles, il ne retient que les cas les plus spectaculaires (cf. aussi Hadopi).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Pour ce qui est de la loi sur la protection des donn&#233;es, on est &#233;tonn&#233; de voir qu'aujourd'hui encore, au niveau de chaque &#233;tablissement d'enseignement, elle reste globalement incomprise, m&#233;connue quand ce n'est pas tout simplement pas mise en &#339;uvre. L'entr&#233;e en vigueur du texte europ&#233;en aurait d&#251; &#234;tre largement anticip&#233;e dans nos institutions scolaires, elle ne l'a pas &#233;t&#233;. Comme si en bon fran&#231;ais et irr&#233;ductibles gaulois, la loi ne nous concernait pas ou simplement &#224; la marge. D'ailleurs la d&#233;finition du p&#233;rim&#232;tre d'action du d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la protection des donn&#233;es du minist&#232;re, lors de ces journ&#233;es, a provoqu&#233; des interrogations nombreuses : quel est la r&#233;f&#233;rence ? quels sont les outils ? quel est le processus d'analyse et d'accompagnement des acteurs de terrain ? L'&#233;vocation de la responsabilit&#233; locale du chef d'&#233;tablissement fait fr&#233;mir : encore une loi qui va alourdir dans la mise en &#339;uvre comme dans la responsabilit&#233; le poids de la t&#226;che quotidienne. De plus, au vu des questions pos&#233;es et malgr&#233; la r&#233;f&#233;rence au document propos&#233; par CANOPE : &#171; Les donn&#233;es &#224; caract&#232;re personnel, Comprendre et appliquer les nouvelles r&#233;glementations dans les &#233;tablissements scolaires &#171; &lt;a href=&#034;https://www.reseau-canope.fr/fileadmin/user_upload/Projets/RGPD/RGPD_WEB.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.reseau-canope.fr/fileadmin/user_upload/Projets/RGPD/RGPD_WEB.pdf&lt;/a&gt;, la plupart des acteurs se sent fort d&#233;muni face &#224; cette loi transcrite dans le droit fran&#231;ais bien tardivement :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le RGPD, vot&#233; en 2016 et entr&#233; en application le 25 mai 2018, est la nouvelle r&#233;glementation europ&#233;enne en mati&#232;re de protection des donn&#233;es directement applicable dans le droit fran&#231;ais. La loi n&#176; 2018-493 du 20 juin 2018 relative &#224; la protection des donn&#233;es personnelles est venue compl&#233;ter la loi de 1978 qui reste toujours en vigueur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;p&#233;tition du terme &#171; confiance &#187; risque un jour de se retourner contre celles et ceux qui l'utilisent &#224; tout va. L'enseignant dans sa classe le sait bien : faire confiance aux &#233;l&#232;ves repose aussi sur la confiance que les &#233;l&#232;ves accordent &#224; leur enseignant. C'est cette r&#233;ciprocit&#233; qui semble pour l'instant manquer. On peut m&#234;me aller plus loin d'analyse et s'interroger sur le paradoxe que recouvre l'emploi surabondant du terme : en tant que pilote plus je parle de confiance plus cela r&#233;v&#232;le que je redoute la m&#233;fiance. Des subterfuges existent pour emp&#234;cher la mont&#233;e de la m&#233;fiance et de la d&#233;fiance, ils sont souvent employ&#233;s par les d&#233;cideurs. Mais lorsque les pratiques avancent et se d&#233;veloppent, il peut s'av&#233;rer que le doute s'installe. Les deux r&#233;centes lois d'une part, les propos dispers&#233;s du ministre &#224; l'occasion de son discours de Ludovia repris sur la page du minist&#232;re &#171; Le num&#233;rique au service de l'&#201;cole de la confiance &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.education.gouv.fr/cid133192/le-numerique-service-ecole-confiance.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.education.gouv.fr/cid133192/le-numerique-service-ecole-confiance.html&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste un point important &#224; &#233;voquer ici et qui semble consid&#233;r&#233; comme important dans les couloirs du minist&#232;re : la question des donn&#233;es. Non pas tant celle des d&#233;clarations l&#233;gales et autres discours publics, mais celle du quotidien. La phrase : &#171; Mieux prot&#233;ger pour mieux valoriser sera donc la pierre angulaire de la strat&#233;gie minist&#233;rielle en mati&#232;re de donn&#233;es num&#233;riques. &#187; est r&#233;v&#233;latrice d'une forte tension. On sait que la &#171; possession des donn&#233;es &#187; est essentielle aujourd'hui pour un syst&#232;me social et &#233;conomique. Mais le revers de la m&#233;daille c'est l'humain, l'usager face &#224; ses donn&#233;es personnelles qui sont transmises dans les diff&#233;rents syst&#232;mes. La prise de conscience doit &#234;tre aussi individuelle. Pour le dire autrement, il est indispensable que chaque citoyen prenne conscience de la mani&#232;re dont il est le r&#233;servoir d'alimentation de syst&#232;me divers qui utilisent justement ces donn&#233;es. Le monde scolaire qui se voudrait &#224; part du monde r&#233;el du fait d'ENT et autre DPD, est-il capable d'&#234;tre &#233;ducateur sur ce domaine ? Cela passe par la sensibilisation des enseignants et des personnels &#224; la responsabilit&#233; vis &#224; vis des autres membres de la communaut&#233; &#233;ducative. Quand on d&#233;nonce le fichier d'un syndicat qui comprend des donn&#233;es sur certains de ses membres, on peut de la m&#234;me fa&#231;on s'interroger sur certaines &#171; appr&#233;ciations &#187; stock&#233;es par certains dans les &#233;tablissements scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les ENT se cache donc plusieurs questions importantes : comment prot&#233;ger les jeunes dans un monde num&#233;rique si on veut que ce num&#233;rique soit pr&#233;sent dans les &#233;tablissements scolaires ? Comment &#233;duquer les jeunes &#224; ce monde num&#233;rique ? Comment faire prendre conscience aux personnels des &#233;tablissements de l'importance de cette attention &#224; toutes les donn&#233;es personnelles ou non. Plus largement cette journ&#233;e est aussi l'occasion de soulever la question de la formation juridique des enseignants et responsables des &#233;tablissements scolaires et de leur hi&#233;rarchie. On peut parfois &#234;tre effar&#233; de certaines questions qui laissent &#224; penser au mieux une ignorance, au pire un d&#233;ni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourra compl&#233;ter cette lecture en allant lire cette page du minist&#232;re : &lt;a href=&#034;https://gar.education.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gar.education.fr/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
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		<title>Quelle science pour quelle politique du num&#233;rique&#8230; en &#233;ducation ?</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article3788.html</link>
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		<dc:date>2018-08-21T08:24:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un articlerepris du blog de Bruno Devauchelle, un site sous licence cc by sa nc &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand les politiques disent qu'ils font appel &#224; la science pour prendre leurs d&#233;cisions, on peut s'interroger dans deux directions : d'une part la tentative d'instrumentalisation, d'autre part la recherche de reconnaissance. Le politique a int&#233;r&#234;t &#224; situer ses d&#233;cisions dans un cadre diff&#233;rent de celui dont ils rel&#232;vent habituellement (le discours politico-m&#233;diatique) afin de ne pas subir trop de contestation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique17.html" rel="directory"&gt;Veille, par Bruno Devauchelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=2764&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt;repris du blog de Bruno Devauchelle, un site sous licence cc by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les politiques disent qu'ils font appel &#224; la science pour prendre leurs d&#233;cisions, on peut s'interroger dans deux directions : d'une part la tentative d'instrumentalisation, d'autre part la recherche de reconnaissance. Le politique a int&#233;r&#234;t &#224; situer ses d&#233;cisions dans un cadre diff&#233;rent de celui dont ils rel&#232;vent habituellement (le discours politico-m&#233;diatique) afin de ne pas subir trop de contestation et surtout de pouvoir s'appuyer sur d'autres pour r&#233;pondre aux questions soulev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis &#224; vis du public, la magie scientifique peut &#234;tre convoqu&#233;e et ainsi s'assurer le soutien le plus large, sachant que le &#171; grand public &#187;, n'ira pas voir au-del&#224; des arguments d'autorit&#233; la valeur des travaux scientifiques qui servent &#224; appuyer les d&#233;cisions. L'argument, &#171; j'appuie mes d&#233;cisions sur les travaux des chercheurs &#187; est souvent un argument d'autorit&#233;. Les chercheurs, de leur c&#244;t&#233;, sont d&#233;sormais, du fait de l'&#233;volution de l'organisation des financements, &#224; la recherche de soutiens (politiques) et de moyens (financiers). Ils ont donc besoin de trouver des ressources (financi&#232;res) au-del&#224; de leur activit&#233; statutaire. La recherche, financ&#233;e par l'Etat (ou autres acteurs publics) sur projet ou financ&#233;e par les acteurs &#233;conomiques (entreprises, associations, fondations&#8230;), est li&#233;e &#224; des &#171; intentions &#187; voir des &#171; int&#233;r&#234;ts &#187;. L'habilet&#233; des financeurs, priv&#233;s ou publics, est d'associer leurs int&#233;r&#234;ts &#224; ceux des laboratoires et des chercheurs (survie, financement etc.&#8230;). Ces derniers sont alors implicitement ou explicitement li&#233;s &#224; leurs financeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance que chacun peut souhaiter est un des moteurs de l'engagement, qu'il soit politique, professionnel, scientifique. Dans un jeu r&#233;ciproque, le politique et les scientifiques ont donc un int&#233;r&#234;t &#224; travailler en proximit&#233; pour justement trouver cette reconnaissance. Celle-ci est un moteur &#233;tonnant et souvent d&#233;ni&#233;. M&#233;dailles, postes honorifiques, rapports, etc.&#8230; certains sont engag&#233;s dans une sorte de course &#224; la reconnaissance personnelle. Acceptons le fait que cela soit aussi un moteur pour chacun de nous au quotidien. Mais bien &#233;videmment les cons&#233;quences en sont bien diff&#233;rentes, question de milieu. Entre politiques et scientifiques la reconnaissance peut passer par la gratification r&#233;ciproque mais aussi par l'opposition. L'histoire des sciences est peupl&#233;e d'exemples dont certains ont &#233;t&#233; dramatiques car ils ont simplement bloqu&#233; l'av&#232;nement de savoirs nouveaux. Car la science, comme la politique, vit des renversements parfois douloureux &#224; d&#233;faut d'&#234;tre violents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre publi&#233; r&#233;cemment par Mathias Girel, &#171; Science et territoires de l'ignorance &#187; (&#233;ditions Quae, 2017), apporte &#224; cette introduction un ensemble d'&#233;l&#233;ments d'explicitations qui devraient &#234;tre au coeur du travail de tout scientifique, quelque soit la discipline. Il devrait aussi &#234;tre lu par les politiques soucieux de s'appuyer sur la science pour prendre leurs d&#233;cisions. En effet, abordant successivement l'ignorance, ses formes et des dynamiques, la question de l'indiscernable et enfin la question des logiques conspirationnises, Mathieu Girel nous invite aussi &#224; penser comment peut exister &#171; l'agnotologie &#187; dans notre soci&#233;t&#233; actuelle. Rappelons ici que &#171; l'agnotologie &#187; est souvent d&#233;sign&#233;e comme la science de l'ignorance (production culturelle de l'ignorance selon Proctor 1992, cit&#233; par M Girel), mais nous pr&#233;f&#233;rons parler de &#171; science du questionnement ou du doute &#187; par r&#233;f&#233;rence &#224; cette autre d&#233;signation qu'est &#171; l'agnostique &#187; (qui doute en termes de croyance religieuse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture de ce livre rejoint nos questionnements (B Devauchelle, comment le num&#233;rique transformes les lieux de savoirs, FYP, 2012) sur l'ignorance, dans une de ces dimensions : nous, humains, sommes condamn&#233;s &#224; l'ignorance davantage qu'aux connaissances, tant la masse de savoirs est importante et croissante. Les ethnologues et les anthropologues ont mis en &#233;vidence cette rupture dans les groupes humains lorsque le savoir du groupe ne peut plus &#234;tre le savoir de chacun et qu'il faut donc le partager, le segmenter. Mais accepter notre ignorance est une difficult&#233;, surtout lorsque l'on est un personnage politique public, on se doit d'affirmer pour rassurer, mais aussi lorsque l'on est scientifique et que l'on doit reconna&#238;tre ses limites. Les d&#233;rives li&#233;es &#224; cette question de l'acceptation de l'ignorance sont bien d&#233;montr&#233;es par Mathias Girel, en particulier dans son troisi&#232;me chapitre qui abord la question des conspirations et des complots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail rigoureux et syst&#233;matique de l'auteur l'am&#232;ne en fin d'ouvrage &#224; exprimer ceci :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si les conflits d'int&#233;r&#234;t sont un type de pression possible sur l'expertise et sur la recherche, ils ne sont pas le seul exemple. Brown, par exemple, voit dans le recours des gouvernements au &#171; mod&#232;le lin&#233;aire &#187; &#8211; dans le cadre duquel les d&#233;cisions politiques d&#233;couleraient naturellement de conclusions scientifiques &#8211; un puissant vecteur d'instrumentalisation de la science et de mont&#233;e du soup&#231;on. (p.133, Mathias Girel). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; le ministre de l'Education, &#224; l'instar de l'un de ces pr&#233;d&#233;cesseur (G de Robien entre autres) d&#233;clare s'appuyer sur la recherche, il serait bon qu'il lise cet ouvrage. Il pourrait aussi inviter ses &#171; appuis &#187; scientifiques &#224; en faire autant. Andr&#233; Tricot et Franck Amadieu (Apprendre avec le num&#233;rique : Mythes et r&#233;alit&#233;s, Retz 2014) nous ont pourtant, &#224; propos du num&#233;rique, propos&#233; un chemin. Il ne s'agit pas, pour eux, de dire le bien ou le mal, mais de dire le questionnement. Notre tropisme naturel est bien s&#251;r d'aller vers ce qui rassure (ce qui est s&#251;r ?), et de tels propos sont rapidement r&#233;duits &#224; des prises de position. En ce qui concerne le num&#233;rique et l'&#233;ducation, il en va de m&#234;me, mais la surexposition m&#233;diatique du domaine rend encore plus difficile le fameux &#171; discernement &#187; cher au ministre&#8230; et &#233;nonc&#233; &#224; plusieurs reprises au cours des six premiers mois de sa prise de fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut &#233;duquer dans un monde num&#233;rique, il faut faire preuve d'une grande humilit&#233; et accepter ses ignorances. Accepter aussi ses limites, personnelles et collectives. Chacun tente de tirer la couverture &#224; soi et surtout &#224; traduire ses intentions en actes. Le march&#233; du num&#233;rique &#224; l'&#233;chelle mondiale est au moins aussi puissant que le march&#233; de l'&#233;nergie ou celui des produits chimiques ou d'autres. Il s'y produit, comme l'a bien montr&#233; Proctor &#224; propos du climat, des manipulations d'information, de connaissances et m&#234;me de savoir. Gageons que chacun de nous, des pro aux anti num&#233;rique &#233;ducatif, nous saurons &#234;tre dans une dynamique agnotologique et non pas dans une affirmation p&#233;remptoire, afin d'en permettre une r&#233;elle prise en compte au quotidien dans les Ecoles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre et &#224; d&#233;battre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des entr&#233;es similaires est &#233;tablie par le module d'extension &lt;a href='https://wordpress.org/plugins/yet-another-related-posts-plugin/'&gt;YARPP&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Mod&#233;lisation : des cadres d'analyses du num&#233;rique en &#233;ducation</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article3761.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article3761.html</guid>
		<dc:date>2018-08-08T08:31:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un article repris du blog de Bruno Devauchelle, une publication sous licnece CC by sa nc &lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe plusieurs mod&#233;lisations du d&#233;veloppement du num&#233;rique en &#233;ducation qui aident &#224; analyser ce qui est en train de se produire dans les syst&#232;mes &#233;ducatifs contemporains. SAMR, et ASPID (T Karsenty) sa prolongation, sont souvent &#233;voqu&#233;s. De m&#234;me le mod&#232;le TPACK. On dispose aussi d'outils d'analyse comme le TAM (Technologie Acceptance Model) moins centr&#233; sur l'&#233;ducation. D'aucuns reconnaissent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique17.html" rel="directory"&gt;Veille, par Bruno Devauchelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=2741&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris du blog de Bruno Devauchelle, une publication sous licnece CC by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe plusieurs mod&#233;lisations du d&#233;veloppement du num&#233;rique en &#233;ducation qui aident &#224; analyser ce qui est en train de se produire dans les syst&#232;mes &#233;ducatifs contemporains. SAMR, et ASPID (T Karsenty) sa prolongation, sont souvent &#233;voqu&#233;s. De m&#234;me le mod&#232;le TPACK. On dispose aussi d'outils d'analyse comme le TAM (Technologie Acceptance Model) moins centr&#233; sur l'&#233;ducation. D'aucuns reconnaissent aussi au triangle d'Engestr&#246;m, et &#224; la th&#233;orie de l'activit&#233;, une valeur de synth&#232;se et un outil souple d'analyse. Tous ont mis l'accent sur des dimensions de dynamique et de syst&#232;me. Pour le dire autrement analyser l'introduction de l'informatique et du num&#233;rique dans l'&#233;cole et dans la soci&#233;t&#233; n&#233;cessite une approche syst&#233;mique et s'inscrivant dans une dimension temporelle ou historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise l'objet d'&#233;tude &#171; le d&#233;veloppement du num&#233;rique en &#233;ducation &#187;, c'est que c'est un objet complexe d'une mod&#233;lisation analytique ne peut suffire &#224; &#233;clairer. Il faut donc se tourner vers des mod&#232;les non seulement syst&#233;miques, mais surtout approches de la complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en juge par ce qu'en &#233;crit Edgar Morin, &#171; Donc la complexit&#233; s'impose d'abord par une impossibilit&#233; &#224; simplifier ; [&#8230;]La complexit&#233; n'est pas la complication : ce qui est compliqu&#233; peut se r&#233;duire &#224; un principe simple comme un &#233;cheveau embrouill&#233; ou un n&#339;ud de marin&#8230; &#187;. On comprend d&#232;s lors que les chercheurs qui se penchent sur la question du d&#233;veloppement du num&#233;rique en &#233;ducation sont fortement tent&#233;s d'aller vers une approche analytique, mais qu'ils en rencontrent vite les limites et qu'ils s'int&#233;ressent alors &#224; des approches &#171; complexes &#187;. C'est pourquoi toute mod&#233;lisation du ph&#233;nom&#232;ne doit &#234;tre interrog&#233;e et critiqu&#233;e afin d'en montrer les limites. Monique Linard aussi (Des machines et des hommes, L'Harmattan 1990) avait bien mis en &#233;vidence cette complexit&#233; en abordant le probl&#232;me par un autre aspect, celui de la conception (le mod&#232;le H&#233;lices)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons ici de nous int&#233;resser &#224; une autre mod&#233;lisation des situations complexes pour tenter de l'utiliser pour notre objet de travail. C'est Jacques Ardoino, qui fut proche d'Edgar Morin, qui a d&#233;velopp&#233; une grille d'analyse des situations conflictuelles complexes. Si l'on consid&#232;re l'irruption d'un objet nouveau (l'informatique) dans un contexte social donn&#233; (l'enseignement, l'&#233;ducation), on peut aussi l'&#233;tudier en termes de situation conflictuelle complexe. Six niveaux d'analyse sont envisageables dans cette approche. Pour chaque niveau une lecture diff&#233;rente et diff&#233;renci&#233;e peut &#234;tre faite, et il est int&#233;ressant de passer par les six niveaux si l'on veut que l'analyse soit au moins compl&#232;te au mieux pertinente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici nous reprenons cette pr&#233;sentation issue de la page : &lt;a href=&#034;http://apprenons.apaap.be/outils-de-formation/47-la-grille-dardoino.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://apprenons.apaap.be/outils-de-formation/47-la-grille-dardoino.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; &lt;strong&gt;Personnel &lt;/strong&gt; : moi &#8211; Solutions dans le comportement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de nous est confront&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; du num&#233;rique dans son quotidien personnel et professionnel. C'est d'abord dans le rapport personnel que j'entretiens avec ces technologies que je peux lire le degr&#233; de conflit qu'elles provoquent en moi et la mani&#232;re de le d&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; &lt;strong&gt;Interpersonnel &lt;/strong&gt; : les relations entre les personnes et moi &#8211; Solutions dans le syst&#232;me de relation, de communication par ex en prenant les acteurs individuellement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les possibilit&#233;s relationnelles fournies par le num&#233;rique et ses usages transforment mon rapport &#224; l'autre. La construction identitaire passe par cette relation privil&#233;gi&#233;e &#224; l'autre et les retours qui sont propos&#233;s par l'autre. Se construit un syst&#232;me relationnel qui se transforme progressivement (imm&#233;diatet&#233;, multimodalit&#233;, absence de distance physique etc.&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &#8211; &lt;strong&gt;Groupal &lt;/strong&gt; : les relations &#224; l'int&#233;rieur d'une unit&#233; plus grande (dynamique de groupe) -la classe &#8211; Solution dans la gestion de la dynamique de groupe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des relations &#224; l'autre, il y a la dimension sociale et collective. Groupes d'appartenance, communaut&#233;s d'int&#233;r&#234;ts ou de pratique, des dynamiques de r&#233;seaux viennent enrichir les dynamiques interpersonnelles. De simples groupes d'&#233;tudiants ou d'&#233;l&#232;ves &#224; des revendications collectives, la dimension groupale est tr&#232;s pr&#233;sente en particulier depuis les ann&#233;es 2005 &#224; partir du moment o&#249; le web devient plus &#171; interactif &#187; et de mani&#232;re possiblement collective. Pour l'enseignement et l'apprentissage des possibles nouveaux &#233;mergent, m&#234;me si l'exp&#233;rience des Moocs connectivistes n'a pas vraiment connu de succ&#232;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 &#8211; &lt;strong&gt;Organisationnel &lt;/strong&gt; : fonctionnement de l'organisation-l'&#233;cole (PO)- Les relations de pouvoirs (coop&#233;ration, conflits), enjeux, strat&#233;gie et les modalit&#233;s de fonctionnement (r&#244;les, proc&#233;dures, structures) Solution dans les r&#244;les sociaux, les r&#232;gles du jeu du syst&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du num&#233;rique dans les &#233;tablissements a d'abord marqu&#233; leur organisation : administrative d'abord, vie scolaire ensuite, p&#233;dagogique enfin. Toutefois l'observation et l'analyse de nombreux &#233;tablissements permet de penser qu'il y a l&#224; un &#233;l&#233;ment d'analyse et de solutions potentielles important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 &#8211; &lt;strong&gt;Institutionnel &lt;/strong&gt; : la soci&#233;t&#233;, la politique de subsides- Groupes de pression, partis politiques, les institutions &#233;tatiques qui &#233;laborent les lois, les r&#232;gles de fonctionnement &#8211; Solution dans l'action politique de revendication, groupes de pression pour modifier des l&#233;gislations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de nos soci&#233;t&#233;s ont fait de l'informatique puis du num&#233;rique un enjeu majeur et plan&#233;taire d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1980 voire avant. A l'instar des actions groupales possibles, il y a au niveau des institutions des cl&#233;s de lecture tr&#232;s int&#233;ressantes : il suffit de faire une analyse socio-historique du domaine pour s'en convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 &#8211; &lt;strong&gt;Historicit&#233;/id&#233;ologique&lt;/strong&gt; : Les valeurs fondamentales qui guident les actions men&#233;es et leur histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce niveau est transversal au cinq autres. Chacun des cinq niveaux est travers&#233; par une histoire et des id&#233;ologies. Il convient donc, dans les analyses d'interroger ces deux dimensions pour chacun d'eux. Dans de nombreuses situations, l'histoire prise au sens de dynamique historique, pas seulement ce qui s'est pass&#233;, mais surtout comment cela s'est encha&#238;n&#233;. De m&#234;me le cadre id&#233;ologique, souvent pass&#233; sous silence parce qu'impliquant, est aussi &#224; prendre en consid&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En synth&#232;se, nous proposons de tenter, chaque fois que cela est pertinent d'utiliser cette grille pour analyser ces situations dans lesquelles le num&#233;rique s'est immisc&#233; dans le quotidien de chacun. Pour chacun des niveaux il fait tenter de renseigner ce qui peut l'&#234;tre de mani&#232;re suffisamment pr&#233;cise. ON &#233;vitera en particulier de n'utiliser qu'un seul ou deux niveaux : cela supprimerait l'id&#233;e m&#234;me de complexit&#233; propre &#224; cette grille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de l'utiliser dans notre domaine du num&#233;rique &#233;ducatif, que ce soit pour analyser une pratique individuelle ou le d&#233;ploiement dans un &#233;tablissement, voire dans un pays ou une collectivit&#233; territoriale. Quelque soit le niveau d'entr&#233;e dans la probl&#233;matique &#233;tudier les autres niveaux fournis quasi syst&#233;matiquement des &#233;l&#233;ments de compr&#233;hension compl&#233;mentaires. Au-del&#224; de l'instrument, il s'agit aussi d'une posture scientifique face &#224; une situation. D&#233;velopper l'utilisation d'une grille quelle qu'elle soit est toujours un plus car elle permet la prise de distance face au r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A suivre et &#224; d&#233;battre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des entr&#233;es similaires est &#233;tablie par le module d'extension &lt;a href='https://wordpress.org/plugins/yet-another-related-posts-plugin/'&gt;YARPP&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;l&#233;phone portable : imbroglio, confusion, incompr&#233;hension, m&#233;connaissance</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article3759.html</link>
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		<dc:date>2018-08-03T07:12:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Devauchelle</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;un articlerepris du blog de Bruno Devauchelle, une publiation sous licence cc by sa nc &lt;br class='autobr' /&gt;
En intitulant son article &#171; Imbroglio autour de l'interdiction du portable &#224; l'&#233;cole &#187; la journaliste du Monde, Mathilde Damg&#233;, (Le Monde du 01/082018) n'a fait qu'ajouter du bruit au bruit. Outre qu'elle aussi joue de son interpr&#233;tation, elle reprend en fait les &#233;changes actuels sur les r&#233;seaux sociaux et dans la presse et en fait une accumulation qui enrichit la difficult&#233; &#224; y voir clair. Pourtant une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique17.html" rel="directory"&gt;Veille, par Bruno Devauchelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;un &lt;a href=&#034;http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=2737&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt;repris du blog de Bruno Devauchelle, une publiation sous licence cc by sa nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En intitulant son article &#171; Imbroglio autour de l'interdiction du portable &#224; l'&#233;cole &#187; la journaliste du Monde, Mathilde Damg&#233;, (Le Monde du 01/082018) n'a fait qu'ajouter du bruit au bruit. Outre qu'elle aussi joue de son interpr&#233;tation, elle reprend en fait les &#233;changes actuels sur les r&#233;seaux sociaux et dans la presse et en fait une accumulation qui enrichit la difficult&#233; &#224; y voir clair. Pourtant une publication du texte (ce que nous avons fait ici m&#234;me) suivi d'une analyse pr&#233;cise aurait permis de soulever d'une part ce qui est exactement dans les &#233;crits officiels (4 articles sont directement modifi&#233;s) et d'autre part de mettre en &#233;vidence les zones d'incertitude du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le montre la jurisprudence, un texte de loi est d'abord un cadre qui ensuite se d&#233;cline en des modalit&#233;s diff&#233;rentes selon les r&#233;alit&#233;s auxquelles il s'applique. Il est rare qu'un texte ne fasse pas l'objet de discussions, mais au final c'est la justice qui tente de trancher. Pour l'instant c'est la rumeur publique et malheureusement, la presse professionnelle n'est pas tr&#232;s &#224; son honneur &#224; ce propos. Jouant davantage sur l'intention politique, une promesse du candidat E. Macron tenue par un ministre JM Blanquer, que sur la probl&#233;matique de fond, les usages des smartphones dans la vie quotidienne donc aussi dans le contexte scolaire, la presse n'a pas rendu service ni aux uns (les politiques) ni aux autres (les usagers, enseignants, parents, &#233;l&#232;ves etc.&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons ici quelques &#233;l&#233;ments du texte de l'article L 511.5 : interdiction maternelle, primaire et coll&#232;ge est le premier volet du texte &#171; d'un t&#233;l&#233;phone mobile ou de tout autre &#233;quipement terminal de communications &#233;lectroniques &#187;. A celui-ci s'ajoute trois &#233;l&#233;ments disjoints : en premier lieu l'exception p&#233;dagogique et &#233;ventuellement le r&#232;glement int&#233;rieur, en second lieu les cas particuliers comme le handicap, et en troisi&#232;me lieu la confiscation. Sur chacun de ces points il y a beaucoup &#224; dire, mais simplement notons que le &#171; r&#233;alisme &#187; du l&#233;gislateur a permis de laisser une marge d'initiative &#171; locale &#187; pour la p&#233;dagogie et pour le projet &#233;ducatif de l'&#233;tablissement (r&#232;glement int&#233;rieur). Si, laisser aux &#233;tablissements le soin de pr&#233;ciser (de m&#234;me pour le lyc&#233;e) les p&#233;rim&#232;tres d'interdiction et d'autorisation, est une id&#233;e int&#233;ressante, elle fait d&#233;bat car certains auraient pr&#233;f&#233;r&#233; que le ministre d&#233;cide de tout et qu'il tranche en amont les d&#233;bats qui ne manqueront pas de na&#238;tre dans les &#233;tablissements. Plus largement se profile une &#233;volution qui fait question au-del&#224; de la simple question du t&#233;l&#233;phone portable : le p&#233;rim&#232;tre de l'autonomie des &#233;tablissements.&lt;br class='autobr' /&gt;
En interdisant tout autre &#233;quipement, on peut penser que le ministre tire &#224; vue sur les &#233;tablissements dot&#233;s de tablettes et autre ordinateurs connect&#233;s&#8230; C'est bien pourquoi cette nuance sur l'usage p&#233;dagogique est importante. Sinon il deviendrait impossible d'utiliser un ordinateur (ou tout autre&#8230;) connect&#233; dans un &#233;tablissement scolaire. Quant aux exceptions et assouplissements, en particulier au lyc&#233;e et pour le handicap, ils sont l&#224; encore issus de ce r&#233;alisme du l&#233;gislateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La notion de confiscation m&#233;rite toutefois notre attention (voir liens infra). En effet si le t&#233;l&#233;phone portable est un &#171; espace priv&#233; personnel &#187;, la confiscation doit reposer sur des r&#232;gles tr&#232;s pr&#233;cises. Il sera n&#233;cessaire que le minist&#232;re pr&#233;cise ce que signifie la confiscation et les modalit&#233;s de restitution en ne laissant pas dans le vide des CA et autres conseils p&#233;dagogiques ou salles des profs des &#233;tablissements le soin d'en pr&#233;ciser les contours juridiques, au risque de proc&#232;s complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi parler de deux autres articles modifi&#233;s par la loi et dont presque personne ne parle dans ce d&#233;bat : article L121-1 et l'article L312-9. On y retrouve le r&#233;alisme l&#233;gislatif sur la n&#233;cessaire &#233;ducation au num&#233;rique : celle-ci s'incarne donc de plusieurs mani&#232;res : la responsabilit&#233; &#233;ducative de l'&#233;cole (L121.1) et ce que recouvre &#171; l'initiation &#224; la technologie et &#224; l'usage &#171; responsable &#187; de l'informatique. &#187; (L312.9). On ne peut comprendre le premier article si on ne prend pas en compte les deux autres. On peut y lire en particulier d'une part l'enseignement de l'informatique, d'autre part le (ex ?) B2i, ainsi que l'EMI et l'EMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'imbroglio, il y a surtout une lecture partielle et partisane encourag&#233;e par les uns et les autres qui tentent d'instrumentaliser une question pour faire valoir un point de vue. On reprochera &#224; l'auteur de ce billet sa complaisance vis &#224; vis du l&#233;gislateur (les assembl&#233;es et pas du ministre bien s&#251;r, soyons pr&#233;cis). Mais en fait il faut distinguer l'analyse de ce qui est &#233;crit de ce que l'on d&#233;fend. Aussi il faut &#233;clairer la position que nous d&#233;fendons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le portable et en fait l'ensemble des Terminaux Personnels Mobiles Connect&#233;s (TPMC) sont d&#233;sormais des &#233;l&#233;ments de pratiques culturelles et sociales quotidiennes de l'ensemble de la population (jeunes et vieux&#8230;). Le choix d'engager un texte sous le th&#232;me de &#171; l'interdiction &#187; est en fait un signe de faiblesse &#233;ducative et manag&#233;riale. Pour le dire autrement pour canaliser les pratiques, sortons le b&#226;ton&#8230; Plut&#244;t que de favoriser des usages responsables on commence par interdire. Le sens d'apparition des mots dans les trois textes n'est pas neutre : si l'on commence par interdire et qu'ensuite on &#233;crit &#171; mais&#8230; &#187;, c'est qu'on n'est pas bien s&#251;r de pouvoir arriver &#224; interdire effectivement. C'est une question &#233;ducative fondamentale : &#224; un tout petit on peut tenir l'interdiction, &#224; un plus grand c'est plus compliqu&#233; (d'o&#249; la nuance sur le lyc&#233;e). Quant aux enseignants, c'est quasiment impossible d'interdire, eux qui sont nombreux &#224; avoir d&#233;j&#224; autoris&#233; l'utilisation de ces appareils dans leur classe (au coll&#232;ge et au lyc&#233;e). Si l'interdiction est une agitation verbalo-juridique, l'autorisation mesur&#233;e aurait &#233;t&#233; un engagement &#233;ducatif d'une autre nature. Connaissant bien le projet &#233;ducatif j&#233;suite, on est &#233;tonn&#233; de cette interdiction, ce projet qui veut justement responsabiliser la personne. Mais l'influence j&#233;suite sur le gouvernement est en fait tr&#232;s marginale (malgr&#233; les ann&#233;es pass&#233;es dans ces &#233;tablissements par certains).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un fait de soci&#233;t&#233;, l'article L121.1 est int&#233;ressant &#224; analyser, car il montre la philosophie &#233;ducative sous-jacente. C'est une philosophie principalement d&#233;fensive. Si l'article L312.9 vient expliquer ce qu'il convient de faire, il ne r&#233;duit pas pour autant l'id&#233;e du pr&#233;c&#233;dent. Faut-il comprendre que le monde adulte est en train de prendre peur d'un &#171; monstre &#187; qu'elle aurait engendr&#233; ? Si ce n'est le cas, tout du moins on peut s'interroger et &#224; nouveau la presse professionnelle ne nous aide pas lorsqu'elle passe de l'analyse &#224; l'interpr&#233;tation. Friands de scoops et d'informations qui font vendre, certains pensent qu'il suffit d'agiter des situations graves pour faire r&#233;agir et pour vendre. Il est plus facile de parler de ce qui va mal que ce qui va bien (cf. le journal la Croix qui r&#233;fl&#233;chit depuis de nombreuses ann&#233;es &#224; cette question), mais surtout il semble que cela fasse vendre. En plein &#233;t&#233;, entre une coupe du monde de football, le tour de France cycliste et le retour du championnat de foot de ligue 1 et ligue 2, les jeux du cirque nous offrent un autre volet, un d&#233;ballage public path&#233;tique d'un monde politique qui a du mal &#224; s'entourer de personnes fiables (les affaires de cette nature ont touch&#233; tous les gouvernements de la 5&#232; r&#233;publique). Il ne manquait plus que cette loi sur le t&#233;l&#233;phone portable pour compl&#233;ter le tout : l'&#233;tat est sauf, il tient l'&#233;cole, la discipline et donc revendique l'autorit&#233;. Malheureusement l'autoritarisme n'est pas l'autorit&#233;. Seule cette derni&#232;re est v&#233;ritablement &#233;ducative, celle qui &#171; autorise &#187; pour reprendre ce que disait et &#233;crivait Jacques Ardoino&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Ardoino : Les avatars de l'&#233;ducation : probl&#233;matiques et notions en devenir, PUF, 2000&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques Ardoino : Propos actuels sur l'&#233;ducation, l'Harmattan 2004 (1er ed 1965)&lt;br class='autobr' /&gt;
Confiscation &#8211;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article permet d'&#233;clairer la question : &lt;a href=&#034;https://www.letudiant.fr/college/confiscation-d-objets-personnels-fouille-quels-sont-les-droits-des-eleves.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.letudiant.fr/college/confiscation-d-objets-personnels-fouille-quels-sont-les-droits-des-eleves.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou encore mieux celui-ci : &lt;a href=&#034;https://www.cabinet-piau.fr/droit-de-leducation/la-confiscation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cabinet-piau.fr/droit-de-leducation/la-confiscation/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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