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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>D&#233;bat : alerte sur l'enseignement sup&#233;rieur de gestion fran&#231;ais</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article2699.html</link>
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		<dc:date>2017-09-27T07:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Grenoble &#201;cole de Management (GEM), Michel Albouy, Professeur senior de finance</dc:creator>



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&lt;p&gt;Des &#233;tudiants en management souriants&#8230; mais, en France,le syst&#232;me est fragile. University of Salford via Visual Hunt , CC BY &lt;br class='autobr' /&gt;
L'enseignement sup&#233;rieur de gestion des entreprises est aujourd'hui en difficult&#233; et court prochainement &#224; sa perte si les pouvoirs publics n'en prennent pas conscience. Tous les efforts qui ont &#233;t&#233; accomplis depuis la cr&#233;ation de la Fondation nationale pour l'enseignement de la gestion des entreprises (Fnege) cr&#233;&#233;e en 1968 par l'&#201;tat fran&#231;ais et le secteur priv&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L496xH331/file-20170921-82-a329ad8b-6ef2c.jpg?1706898896' width='496' height='331' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;Des &#233;tudiants en management souriants&#8230; mais, en France,le syst&#232;me est fragile.&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;a class=&#034;source&#034; href=&#034;https://visualhunt.com/photo/223965/&#034;&gt; University of Salford via Visual Hunt &lt;/a&gt;, &lt;a class=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/&#034;&gt;CC BY&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement sup&#233;rieur de gestion des entreprises est aujourd'hui en difficult&#233; et court prochainement &#224; sa perte si les pouvoirs publics n'en prennent pas conscience. Tous les efforts qui ont &#233;t&#233; accomplis depuis la cr&#233;ation de la Fondation nationale pour l'enseignement de la gestion des entreprises (Fnege) cr&#233;&#233;e en 1968 par l'&#201;tat fran&#231;ais et le secteur priv&#233; dans le but de d&#233;velopper un v&#233;ritable enseignement sup&#233;rieur de gestion risquent d'&#234;tre perdus.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Cinq d&#233;cennies de croissance et de structuration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons-nous : il y a seulement 50 ans, il n'existait pas v&#233;ritablement de corps professoral de sciences de gestion en France. Certes, il y avait bien des &#233;coles de commerce qui dispensaient des formations appliqu&#233;es, mais elles faisaient essentiellement appel &#224; des professionnels d'entreprises et quelques professeurs de droit et d'&#233;conomie des facult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne pour faire des manuels de gestion, personne pour r&#233;diger des &#233;tudes de cas, pas de revues acad&#233;miques dans cette discipline qui &#233;tait &#224; inventer. C'est avec la cr&#233;ation de la &lt;a href=&#034;http://www.fnege.org/&#034;&gt;Fnege&lt;/a&gt; en 1968 et son programme phare de formation aux &#201;tats-Unis d'enseignants de gestion que la dynamique s'est enclench&#233;e. Ce programme d'envoi de jeunes boursiers outre-Atlantique a permis de former le socle des enseignants-chercheurs en gestion qui manquait tant &#224; la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; leur retour, les boursiers de la Fnege &#8211; souvent titulaires d'un doctorat am&#233;ricain (Ph.D) &#8211; ont int&#233;gr&#233; les universit&#233;s (parfois difficilement) et les grandes &#233;coles de commerce qui n'avaient &#224; cette &#233;poque qu'un seul programme : le dipl&#244;me de l'&#233;cole. Ce n'est seulement qu'en 1976 &#8211; il y a un peu plus de 40 ans seulement &#8211; que l'Universit&#233; fran&#231;aise a cr&#233;&#233; l'agr&#233;gation des sciences de gestion pour le recrutement de professeurs des universit&#233;s dans cette discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant cela, il n'y avait pas de carri&#232;re pour les enseignants-chercheurs en gestion &#224; l'universit&#233;. Ils restaient ma&#238;tres de conf&#233;rences, plus ou moins tol&#233;r&#233;s par les professeurs de sciences &#233;conomiques qui eux-m&#234;mes s'&#233;taient lib&#233;r&#233;s, peu d'ann&#233;es avant, des professeurs de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, 50 ans apr&#232;s la cr&#233;ation de la Fnege, on ne peut que se f&#233;liciter de cette r&#233;ussite. Nos grandes &#233;coles de management caracolent dans les &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/09/11/classement-des-ecoles-de-commerce-2017-du-financial-times-la-france-cede-du-terrain_5184110_4401467.html&#034;&gt;classements du &lt;em&gt;Financial Times&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et les Instituts d'administration des entreprises (IAE) permettent au plus grand nombre d'acc&#233;der &#224; des formations professionnelles de haut niveau en gestion des entreprises (Master). Ajoutons au tableau, et cela dans la suite de mai 1968, la cr&#233;ation de l'universit&#233; Paris-Dauphine qui doit sa r&#233;ussite &#224; son caract&#232;re de Grand &#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Mais des d&#233;fis importants &#224; relever&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant cette r&#233;ussite est aujourd'hui fragile et il ne faudrait pas croire que notre syst&#232;me d'enseignement sup&#233;rieur en sciences de gestion conna&#238;tra &#224; coup s&#251;r la m&#234;me trajectoire de r&#233;ussite dans le futur. En effet, plusieurs d&#233;fis se dressent sur la route de nos &#233;coles et universit&#233;s. Le premier d&#233;fi est celui de la mondialisation des formations en management. Le deuxi&#232;me d&#233;fi est celui de leur vrai manque de moyens financiers pour faire face &#224; cette concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces d&#233;fis, les deux syst&#232;mes de l'enseignement sup&#233;rieur fran&#231;ais de gestion n'ont pas les m&#234;mes atouts ni les m&#234;mes contraintes, mais ils restent tr&#232;s fragiles. Prenons-les successivement.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Les dilemmes des grandes &#233;coles de commerce : manque d'argent et concurrence internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord les grandes &#233;coles de management (qui se font aussi appeler &lt;em&gt;business schools&lt;/em&gt;). Ces &#233;coles, gr&#226;ce &#224; leur ind&#233;pendance et leur libert&#233; de fonctionnement, ont pu v&#233;ritablement s'internationaliser depuis les ann&#233;es 2000 (c'est relativement r&#233;cent). Elles ont nou&#233; des partenariats avec de tr&#232;s nombreuses universit&#233;s &#233;trang&#232;res (plus ou moins bonnes) et permettent &#224; leurs &#233;tudiants d'aller aux quatre coins du monde. Elles ont aussi d&#233;velopp&#233; de nombreux programmes internationaux (MBA, MIB, MSc notamment) qui leur permettent de recruter de nombreux &#233;tudiants &#233;trangers. Elles ont aussi recrut&#233; massivement des professeurs &#233;trangers, ce qui ne va pas toujours sans poser de probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'augmentation consid&#233;rable du nombre de leurs dipl&#244;m&#233;s, elles continuent &#224; les int&#233;grer au monde du travail malgr&#233; la concurrence nationale des IAE. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, leurs places dans les classements internationaux (&lt;em&gt;ranking&lt;/em&gt;) et notamment ceux du c&#233;l&#232;bre Financial Times &#233;taient exceptionnelles. Par exemple, HEC Paris a &#233;t&#233; pendant de tr&#232;s nombreuses ann&#233;es class&#233;e n&#176;1 par le &lt;em&gt;Financial Times&lt;/em&gt; (FT) devant la c&#233;l&#232;bre London School of Business. Nombreuses sont nos grandes &#233;coles de commerce &#224; figurer dans le top 20 du FT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aujourd'hui, et devant la concurrence mondiale, elles commencent &#224; reculer. L&#233;g&#232;rement pour le moment, mais cela risque de s'aggraver comme le souligne l'ancien directeur g&#233;n&#233;ral d'HEC Bernard Ramanantsoa (cf. Xerfi Canal, 18/09/2017) qui pointe le d&#233;crochage r&#233;cent de nos &#233;coles de management.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau ci-dessous montre la perte de comp&#233;titivit&#233; de nos grandes &#233;coles de management selon le classement du FT. Comme on peut le constater, toutes (sauf HEC Paris) perdent des places. Et cela au profit de nouveaux entrants sur le march&#233; de la formation en gestion des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;figure class=&#034;align-center zoomable&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://images.theconversation.com/files/186772/original/file-20170920-935-1fk5l7s.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH268/file-20170920-93-0926f439-38a13.png?1706898896' width='500' height='268' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;figcaption&gt; &lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;span class=&#034;source&#034;&gt;Financial Times&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la scolarit&#233; d'un &#233;l&#232;ve de programme &#171; grande &#233;cole de commerce &#187; tourne autour de 35 000 euros pour les trois ann&#233;es d'&#233;tudes, davantage si l'&#233;tudiant fait une &#171; ann&#233;e c&#233;sure &#187;. &#192; ce montant il faut bien &#233;videmment ajouter les frais d'h&#233;bergement et de transport, soit 6 000 euros/an au bas mot. Au total cela fait donc au minimum pour un dipl&#244;me d'&#233;cole de commerce 53 000 euros hors frais de bouche. C'est cher pay&#233; pour un dipl&#244;me, qui, sauf pour les trois plus grandes (HEC, ESSEC, ESCP), ne fera pas une grosse diff&#233;rence avec de bons Master d'IAE (qu'on peut trouver &#224; c&#244;t&#233; de chez soi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison &#8211; souvent &#233;voqu&#233;e par les directeurs des &lt;em&gt;business schools&lt;/em&gt; fran&#231;aises &#8211; avec les tarifs pratiqu&#233;s avec les grandes universit&#233;s am&#233;ricaines n'a pas grand sens. Outre le fait que ces grandes universit&#233;s am&#233;ricaines offrent un tout autre environnement, les parents am&#233;ricains sont tr&#232;s loin de supporter les pr&#233;l&#232;vements fiscaux de nos compatriotes qui payent &#233;galement avec leurs imp&#244;ts pour le fonctionnement des universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, m&#234;me les universit&#233;s publiques am&#233;ricaines sont payantes, contrairement aux universit&#233;s fran&#231;aises. Il n'existe donc pas aux &#201;tats-Unis l'&#233;quivalent des IAE qui sont quasiment gratuits pour des formations en gestion. L'arbitrage est donc diff&#233;rent. Et cela sans compter avec l'existence d'une universit&#233; publique comme Dauphine qui revendique &#233;galement, et &#224; juste titre, l'excellence en recherche comme en formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour jouer dans la cour des grands &#8211; c'est-&#224;-dire des &lt;em&gt;business schools&lt;/em&gt; internationales du top 30 &#8211; nos grandes &#233;coles de commerce ont d&#251; &lt;a href=&#034;http://lemde.fr/2yf7BA9&#034;&gt;recruter &#224; grand frais des enseignants-chercheurs&lt;/a&gt; internationaux (disons plut&#244;t des chercheurs tant leur implication p&#233;dagogique reste faible) pour progresser dans les fameux rankings. Face &#224; l'explosion de leurs co&#251;ts de fonctionnement, elles ont fondamentalement jou&#233; sur deux leviers : la hausse des frais de scolarit&#233; et l'augmentation du nombre d'&#233;tudiants. &lt;a href=&#034;http://lemde.fr/2fRJv6E&#034;&gt;La hausse des frais de scolarit&#233;&lt;/a&gt; a atteint aujourd'hui un plafond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de penser que dans les dix prochaines ann&#233;es, les augmentations enregistr&#233;es &#224; ce jour pourront se perp&#233;tuer, surtout dans un environnement &#233;conomique &#224; inflation quasi nulle. On arrive ainsi &#224; un palier et les marges de man&#339;uvre sont tr&#232;s limit&#233;es sinon inexistantes dans ce domaine. En effet, et contrairement &#224; ce que d'aucuns croient, ce n'est pas en faisant de la formation continue ou du conseil aupr&#232;s des entreprises que ces &#233;coles pourront &#233;quilibrer leurs budgets qui sont en fait financ&#233;s souvent &#224; plus de 85 %, voire 90 %, par les &#233;tudiants ; les chambres de commerce s'&#233;tant retir&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants se retrouvent donc &#224; financer la recherche de professeurs qui pourront aller voir ailleurs au gr&#232;s du Mercato international des professeurs de gestion. De plus, vu la charge d'enseignement relativement faible de ces super stars de la recherche, ils ont peu de chances de les avoir comme enseignant (&#224; supposer qu'il y ait une corr&#233;lation entre niveau de la recherche et qualit&#233; de l'enseignement). Quant &#224; l'augmentation des effectifs &#233;tudiants, on a &#233;galement atteint un niveau qu'il sera difficile de repousser, sauf &#224; perdre ce qui fait l'essence m&#234;me d'une &#233;cole : des promotions &#224; taille humaine qui permettent un &#233;change et une proximit&#233; avec des enseignants. Dans ces conditions, comment continuer &#224; recruter davantage d'enseignants-chercheurs capables de publier dans des revues de premier rang ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment rester dans la course mondialis&#233;e aux &#233;toiles CNRS (r&#233;f&#233;rence au classement de la section 37 &#233;conomie-gestion du CNRS) ? Admettre qu'on n'est plus qu'une &#171; teaching institution &#187; ? Mais dans ces conditions, comment continuer &#224; recruter des &#233;tudiants internationaux pour des masters (MSc) &#224; 30 000 euros ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quation semble sans solution. Et c'est bien l&#224; le drame des grandes &#233;coles fran&#231;aises de gestion qui ne peuvent compter sur aucune aide de l'&#201;tat alors qu'elles contribuent &#224; la comp&#233;titivit&#233; des entreprises fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Les dilemmes des formations universitaires : les contraintes de l'universit&#233; et le manque de libert&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sauf &#224; de rares exceptions pr&#232;s, comme l'universit&#233; Paris-Dauphine, l'enseignement des sciences de gestion &#224; l'universit&#233; se trouve essentiellement &lt;a href=&#034;https://www.iae-france.fr/&#034;&gt;dans les IAE&lt;/a&gt;. Ces derniers r&#233;unis dans un r&#233;seau national se pr&#233;sentent depuis 2014 comme des &#171; &#233;coles universitaires de management &#187;. Le r&#233;seau compte 32 instituts et environ 45 000 &#233;tudiants. Ils proposent plus de 30 parcours de la licence au doctorat en sciences de gestion. Leur pr&#233;sence sur le territoire est incontestablement une r&#233;ussite au niveau franco-fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette forte pr&#233;sence, s'il elle est un atout, constitue &#233;galement une faiblesse : quelle diff&#233;rentiation ? Pourquoi choisir Lyon plut&#244;t que Lille ou Bordeaux si les formations sont &#233;quivalentes ? Au niveau international, le paysage est plus contrast&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;figure class=&#034;align-center zoomable&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://images.theconversation.com/files/186983/original/file-20170921-8224-127k6hz.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH257/file-20170921-82-445a3800-44e90.jpg?1706898898' width='500' height='257' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;figcaption&gt; &lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;L'IAE Aix-Marseille Universit&#233;.&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Globalement leur internationalisation est relativement modeste et leur reconnaissance internationale faible. Aucun n'appara&#238;t dans le classement du Financial Times. De plus, &#224; part l'&lt;a href=&#034;http://bit.ly/2xTlmbA&#034;&gt;IAE d'Aix-en-Provence&lt;/a&gt; (le premier IAE cr&#233;&#233; en 1955), aucun n'est titulaire de l'&lt;a href=&#034;http://www.efmd.org/accreditation-main/equis&#034;&gt;accr&#233;ditation internationale tr&#232;s s&#233;lective EQUIS&lt;/a&gt;, alors que les grandes &#233;coles de commerce (top 10) le sont toutes. Elles ont souvent aussi les trois couronnes internationales (AACSB, AMBA, EQUIS). Bien s&#251;r, l'Universit&#233; Dauphine poss&#232;de le label EQUIS mais elle est bien la seule universit&#233; fran&#231;aise dans ce cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r les IAE, &#233;tant &lt;a href=&#034;http://bit.ly/2xoQdLJ&#034;&gt;des composantes d'universit&#233;s&lt;/a&gt;, b&#233;n&#233;ficient des avantages et des inconv&#233;nients de cette situation. Par exemple, ils n'ont pas &#224; payer leurs professeurs contrairement aux grandes &#233;coles car ce sont des fonctionnaires d'&#201;tat. Ils ne payent pas &#233;galement leurs personnels administratifs (sauf &#224; la marge). En &#233;change, ils n'ont aucune autonomie de gestion. Ils ne peuvent faire payer leurs &#233;tudiants (m&#234;me &#233;trangers), ils ne peuvent pas vraiment les s&#233;lectionner (comme les &#233;coles) &#224; travers des concours nationaux et surtout ils ne peuvent que tr&#232;s difficilement recruter des professeurs &#233;trangers du fait des proc&#233;dures sp&#233;cifiques d'acc&#232;s aux corps des professeurs d'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, et ce n'est pas leur faire injure, leurs &lt;a href=&#034;http://bit.ly/2wIEww1&#034;&gt;marges de man&#339;uvre&lt;/a&gt; sont des plus r&#233;duites. Pas de quoi partir &#224; la conqu&#234;te du monde, sauf exception locale. Et pour quoi faire puisque dans tous les cas cela ne ferait que consommer des ressources contraintes et limit&#233;es allou&#233;es par l'&#201;tat sans v&#233;ritablement mettre en face des recettes nouvelles (absence de frais de scolarit&#233; et/ou de ressources propres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces instituts sont de fait sous la d&#233;pendance du bon vouloir de l'&#201;tat de cr&#233;er de nouveaux postes d'enseignants-chercheurs en sciences de gestion pour se d&#233;velopper. Or, chacun sait que l'&#201;tat souhaite r&#233;duire ses d&#233;penses de fonctionnement. Sans internationalisation ces instituts ne pourront que s'&#233;tioler ou au mieux ne servir que leur territoire de proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, alors que pour exister au niveau international il faut absolument publier dans des revues internationales de premier rang, la composition tr&#232;s franco-fran&#231;aise des corps enseignants des IAE rend difficile cette mutation. Il y a donc de fortes chances qu'&#224; moyen terme ces instituts ne deviennent que des &lt;em&gt;teaching institutions&lt;/em&gt; pour reprendre le vocabulaire de l'AACSB (association am&#233;ricaine d'accr&#233;ditation pour l'enseignement du management).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les IAE semblent b&#233;n&#233;ficier du confort protecteur des universit&#233;s publiques, ils ne peuvent pas vraiment s'&#233;panouir comme n'importe quelle &lt;em&gt;business school&lt;/em&gt; am&#233;ricaine qui, m&#234;me si elle appartient &#224; un campus, b&#233;n&#233;ficie d'une v&#233;ritable autonomie de gestion (s&#233;lection des &#233;tudiants, frais de scolarit&#233;, proc&#233;dures de recrutement du corps enseignant, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons &#224; cela qu'avec leur int&#233;gration (pour ne pas dire absorption) de plus en plus forte au sein des universit&#233;s (&#233;ventuellement fusionn&#233;es), ces instituts ont perdu les quelques petites marges de man&#339;uvre qu'ils avaient dans les ann&#233;es 1980-90 avec la formation continue. Enfin, le statut de la fonction publique pour des enseignants-chercheurs internationaux en management de bon niveau n'a rien d'attractif. Dans ces conditions avec ce maillage de contraintes, on peut vraiment s'interroger sur la future trajectoire de d&#233;veloppement de ces instituts.&lt;/p&gt;
&lt;figure class=&#034;align-center zoomable&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://images.theconversation.com/files/186984/original/file-20170921-8199-1izx8jz.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/file-20170921-81-46c29a41-387bc.jpg?1706898898' width='500' height='334' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;figcaption&gt; &lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;L'universit&#233; Paris-Dauphine PSL.&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;a class=&#034;source&#034; href=&#034;https://www.flickr.com/photos/o_0/33669573645/in/photolist-d9PU6h-Tigndr-d9Q1yk-d9PZpL-qvgAE9-d9Qc5a-d9PThr-rpYeWo-d9PUX1-rs9xm7-d9PYdH-d9Q6AK-d9Q9Tf-d9Q2F2-d9PVMT-d9Q8M4-d9Q4eT-d9PXw7-d9QaH8-d9Q5oS-d9Q3vm-d9PWvz&#034;&gt;Guilhem Vellut/Flickr&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/&#034;&gt;CC BY&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;h2&gt;Et pourtant l'enseignement sup&#233;rieur de gestion est indispensable pour la France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le tableau que nous venons de dresser appara&#238;tra &#224; certains comme volontairement noirci et excessif. Bien s&#251;r, le syst&#232;me mis en place avec la cr&#233;ation de la Fnege continue &#224; fonctionner, et m&#234;me plut&#244;t bien. Mais pour combien de temps ? &#192; notre avis &#8211; mais il est possible d'en discuter &#8211; pour pas tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes &#233;coles de commerce vont faire face assez rapidement &#224; des r&#233;visions difficiles. Quant aux formations universitaires, IAE compris, elles vont avoir du mal &#224; rester dans la comp&#233;tition mondiale qui s'annonce f&#233;roce avec l'&#233;mergence de la Chine et de l'Inde dans les formations au management. L'&#233;volution des classements est l&#224; pour en t&#233;moigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formations en gestion des entreprises sont indispensables &#224; la comp&#233;titivit&#233; de nos entreprises qui ont besoin de cadres bien form&#233;s pour se lancer &#224; la conqu&#234;te des march&#233;s &#233;trangers. La r&#233;ussite de nos grandes entreprises &#224; l'international est l&#224; pour montrer l'apport d&#233;cisif de ces formations qui savent allier pragmatisme, rigueur et international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc urgent de prendre la mesure des difficult&#233;s que traverse notre syst&#232;me d'enseignement sup&#233;rieur de gestion &#224; l'heure actuelle, mais surtout pour les ann&#233;es futures. Il serait vraiment dommage que le sursaut fait au moment de la cr&#233;ation de la Fnege il y a 50 ans se perde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire ? Nous avan&#231;ons &lt;strong&gt;trois propositions&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord il faut &lt;strong&gt;que l'&#201;tat injecte davantage d'argent&lt;/strong&gt; dans nos &#233;coles et universit&#233;s. Rappelons ici que la France est un des pays d&#233;velopp&#233;s &#224; consacrer le moins de ses ressources &#224; l'enseignement sup&#233;rieur, pourtant vecteur d'innovations et de d&#233;veloppement futur. &#192; lui de voir comment, mais il est clair que les &#233;coles ne pourront pas continuer &#224; demander &#224; leurs professeurs et collaborateurs de toujours faire plus (d'&#233;toiles CNRS et de cours) avec moins de ressources et &#224; leurs &#233;tudiants de payer toujours plus avec des effectifs toujours plus nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, il faudrait que &lt;strong&gt;les IAE retrouvent de v&#233;ritables marges de man&#339;uvre&lt;/strong&gt; compte tenu des sp&#233;cificit&#233;s de l'enseignement sup&#233;rieur de gestion qui doit &#234;tre en prise avec le monde &#233;conomique et ne peut vivre dans une tour d'ivoire. On ne pourra pas d&#233;velopper des instituts comp&#233;titifs dans cette discipline expos&#233;e &#224; la concurrence mondiale avec des statuts universitaires de type fonction publique qui emp&#234;chent toute initiative.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il faut que &lt;strong&gt;les &#233;coles et les universit&#233;s collaborent&lt;/strong&gt; davantage, notamment sur la recherche et la formation doctorale car dans quelques ann&#233;es, si cela continue, la recherche fran&#231;aise en sciences de gestion sera devenue inaudible au niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons pour terminer que tout cela passe &#233;galement par la capacit&#233; de &lt;strong&gt;nos programmes doctoraux en gestion&lt;/strong&gt; d'attirer les meilleurs talents du monde (cf. notre &#233;tude avec Alain Charles Martinet pour la Fnege sur &lt;a href=&#034;http://www.fnege.org/actualites/1241/les-programmes-doctoraux-de-gestion-en-france-a-l-heure-de-la-mondialisation&#034;&gt;&#171; Les programmes doctoraux de gestion en France &#224; l'heure de la mondialisation &#187;&lt;/a&gt;, septembre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-ea0db620-476c3.gif?1706898898' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Michel Albouy a re&#231;u un financement de la FNEGE pour la r&#233;alisation de l'&#233;tude sur les programmes doctoraux de gestion en France &#224; l'heure de la mondialisation.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le doctorat : une tradition &#224; l'aube de sa (potentielle) transformation</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article2056.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article2056.html</guid>
		<dc:date>2017-05-16T08:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Associate professor of Strategy, Dean of Faculty &amp; Professor of Human Resource Management, Director of Doctoral Programs, Grenoble &#201;cole de Management (GEM), Mark Smith, Michel Albouy, Professeur senior de finance, Val&#233;rie Sabatier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Jeune doctorant sur la sc&#232;ne du concours &#171; Ma th&#232;se en 180 secondes &#187; &#224; Polytechnique. Ecole polytechnique Universit&#233; Paris-Saclay/Flickr, CC BY-SA &lt;br class='autobr' /&gt;
Le doctorat est sans conteste un des dipl&#244;mes les plus prestigieux et fait partie d'une tradition s&#233;culaire en Europe. En sciences de gestion la situation est assez paradoxale : malgr&#233; le fait que cette discipline ait vocation &#224; &#234;tre appliqu&#233;e (dans les entreprises et les organisations), les docteurs en management sont aujourd'hui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L496xH331/file-20170515-70-dbc410fa-5fcfd.jpg?1706956884' width='496' height='331' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;Jeune doctorant sur la sc&#232;ne du concours &#171; Ma th&#232;se en 180 secondes &#187; &#224; Polytechnique.&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;a class=&#034;source&#034; href=&#034;https://www.flickr.com/photos/117994717@N06/16034390315/in/photolist-qqUrBr-q7Hhp2-q7dLMG-q7euES-q7kTJ4-q7dM3S-m19BYT-q7AdAJ-mfjmvy-qmv8kN-kdiBGh-kXDGXt-mvZfV7-kdjpWS-q7dLRu-paomCw-DHQhPL-nNrcLp-qoYJJx-kdiBzU-psavno-nDouUW-qodhJM-kTQYCP-mDKZCx-DuTAq2-kdiBwN-qoMezB-q7JLiK-r8CMvT-qp9JTV-rgNhHq-DRZmaw-kdfJEn-qJzV2e-o2RYYk-kdhSMQ-kdgeuV-kdjpUN-qoYK5H-kdhMBP-9rUdW4-sr6JuH-kdhMM8-kdhjcF-kdfKbH-ryhJuC-kdhMK4-kdjpRS-q9u9Av&#034;&gt;Ecole polytechnique Universit&#233; Paris-Saclay/Flickr&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/&#034;&gt;CC BY-SA&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Le doctorat est sans conteste un des dipl&#244;mes les plus prestigieux et fait partie d'une tradition s&#233;culaire en Europe. En sciences de gestion la situation est assez paradoxale : malgr&#233; le fait que cette discipline ait vocation &#224; &#234;tre appliqu&#233;e (dans les entreprises et les organisations), les docteurs en management sont aujourd'hui principalement destin&#233;s au &lt;a href=&#034;http://www.fnege.org/publications/les-publication-de-la-fnege/insertion-professionnelle-des-docteurs&#034;&gt;monde acad&#233;mique&lt;/a&gt;. H&#233;ritage d'une longue tradition, le doctorat semble avoir du mal &#224; &#233;voluer en France, malgr&#233; un contexte international en transformation : le format de la th&#232;se et l'impact des contributions pour les organisations font d&#233;bat. L'innovation s'arr&#234;terait-elle donc &#224; la porte du doctorat ?&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le cas de la France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le doctorat en France remonte au XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avec la cr&#233;ation de l'Universit&#233; de Paris (la Sorbonne) et a connu quelques r&#233;formes importantes au cours des temps. Traditionnellement, la d&#233;livrance du doctorat est un monopole des universit&#233;s publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la r&#233;forme de 1984, il existait deux types de doctorat : le doctorat de 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; cycle (ou de sp&#233;cialit&#233;) et le doctorat d'&#201;tat. Alors que la th&#232;se de 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; cycle sanctionnait &#171; une formation acquise dans la pratique de la recherche &#187;, la th&#232;se d'&#201;tat &#171; sanctionnait la reconnaissance par un jury de l'aptitude du candidat &#224; mettre en &#339;uvre une recherche scientifique originale de haut niveau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la r&#233;forme de 1984, ne va subsister qu'un doctorat unique, longtemps appel&#233; doctorat &#171; nouveau r&#233;gime &#187;. Cette r&#233;forme visait &#224; aligner la pratique fran&#231;aise &#224; celle du monde anglo-saxon et son Ph.D. Cependant, pour diriger des travaux de recherche et des th&#232;ses au sein des universit&#233;s fran&#231;aises, le doctorat nouveau r&#233;gime n'est pas suffisant, les ma&#238;tres de conf&#233;rences doivent &#234;tre titulaire de l'HDR (habilitation &#224; diriger des recherches).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HDR est donc le grade le plus &#233;lev&#233; en France, alors que dans les pays anglo-saxons, c'est toujours le Ph.D. Par ailleurs, la voie royale pour devenir professeur des universit&#233;s dans les disciplines juridiques, &#233;conomiques et de gestion demeure toujours l'agr&#233;gation du sup&#233;rieur, un concours national tr&#232;s &#233;litiste mais tr&#232;s franco-fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Grandes &#233;coles et doctorat : un sujet sensible en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces sp&#233;cificit&#233;s du mod&#232;le universitaire fran&#231;ais s'ajoute celle de l'existence des grandes &#233;coles. Traditionnellement les grandes &#233;coles (d'ing&#233;nieurs ou de commerce) n'avaient pas vocation &#224; faire de la recherche mais &#224; former des cadres pour l'industrie et le commerce en puisant dans le r&#233;servoir des classes pr&#233;paratoires (un syst&#232;me encore une fois tr&#232;s franco-fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec l'internationalisation de leur offre de formation et la n&#233;cessit&#233; d'obtenir des accr&#233;ditations internationales (&lt;a href=&#034;http://www.aacsb.edu/&#034;&gt;AACSB&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.mbaworld.com/&#034;&gt;AMBA&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.efmd.org/accreditation-main/equis&#034;&gt;EQUIS&lt;/a&gt;) ces &#233;coles se sont mises &#224; faire de la recherche, &#224; publier et &#224; cr&#233;er des programmes doctoraux. Cette &#233;volution est r&#233;cente et remonte au d&#233;but des ann&#233;es 2000, notamment pour les Business Schools.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que ces &#233;coles ont cr&#233;&#233; des programmes doctoraux : des Ph.D. et des &lt;a href=&#034;https://www.mbaworld.com/accreditation/dba-guide&#034;&gt;DBA&lt;/a&gt; (Doctorate of Business Administration). Ces programmes constituent une innovation et une r&#233;ponse au monopole public de la collation des grades en France et au besoin d'internationalisation de ces &#233;coles qui n'h&#233;sitent pas &#224; recruter leurs professeurs sur le march&#233; international.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Innover dans le format de la th&#232;se : entrer dans le jeu des articles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que les universit&#233;s et les grandes &#233;coles soient un lieu d'innovation scientifique et contribuent &#224; la cr&#233;ation de connaissances nouvelles dans tous les secteurs (sant&#233;, technologie, &#233;nergie, etc.), on observe un certain conservatisme en mati&#232;re de format de la th&#232;se. Pourtant la question du format de la th&#232;se atteste d'une transformation d&#233;j&#224; lanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se par &lt;a href=&#034;https://www.timeshighereducation.com/features/looks-good-on-paper/416988.article&#034;&gt;articles&lt;/a&gt; rassemble quelques articles publi&#233;s ou en cours de publication dans des revues scientifiques. Souvent un chapitre introductif permet d'introduire la probl&#233;matique g&#233;n&#233;rale, la revue de litt&#233;rature qui n'est pas pr&#233;sente dans les articles (en raison du format m&#234;me des articles), la question de recherche, et la m&#233;thodologie g&#233;n&#233;rale. Ensuite deux, trois ou quatre articles permettent aux assesseurs d'&#233;valuer la d&#233;marche et la contribution scientifique du travail du doctorant. Le chapitre conclusif revient sur les contributions th&#233;oriques principales, &#233;ventuellement les contributions manag&#233;riales, et les limites de la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les universitaires aspirants, faire une th&#232;se non traditionnelle peut s'av&#233;rer &#234;tre un pari risqu&#233; dans la mesure o&#249; sa reconnaissance n'est pas assur&#233;e car ce format se heurte &#224; beaucoup de r&#233;sistance en France &#8211; ce qui n'est pas du tout le cas dans des pays voisins comme la Hollande o&#249; le format par article est un standard. Pourtant, cela permet aux doctorants d'apprendre &#224; &#233;crire des articles scientifiques, comprendre le syst&#232;me de peer-review, et de se construire un &lt;em&gt;pipeline&lt;/em&gt; de production scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Contributions th&#233;oriques &lt;em&gt;versus&lt;/em&gt; contributions manag&#233;riales et organisationnelles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; d'innover en mati&#232;re de doctorat est encore accentu&#233;e par l'absence de vision partag&#233;e au niveau international. Un projet &lt;a href=&#034;http://equal.network/wp-content/uploads/2016/11/161110-EQUAL_Guidelines_Doctoral.pdf&#034;&gt;europ&#233;en&lt;/a&gt; en cours ayant pour objectif de cr&#233;er une vision commune du doctorat a renforc&#233; la hi&#233;rarchie entre le &#171; doctorat acad&#233;mique &#187; et le &#171; doctorat professionnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre les deux types de programmes doctoraux tient essentiellement au caract&#232;re plus ou moins acad&#233;mique du travail de recherche et &#224; leur public. C'est ainsi que g&#233;n&#233;ralement les candidats Ph.D. n'ont pas ou peu d'exp&#233;rience professionnelle, font une th&#232;se &#224; temps complet et visent &#224; travers leur th&#232;se une carri&#232;re acad&#233;mique ; alors que les &#233;tudiants &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/il-faut-plus-de-formations-doctorales-a-orientation-professionnelle-56861&#034;&gt;DBA&lt;/a&gt; sont g&#233;n&#233;ralement des cadres de haut niveau, font une th&#232;se &#224; temps partiel en parall&#232;le de leur travail, et une grande partie d'entre eux restent dans l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; part pour les programmes de type DBA, les liens avec les entreprises ne sont pas g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s d&#233;velopp&#233;s. Citons n&#233;anmoins l'initiative des contrats &lt;a href=&#034;http://www.anrt.asso.fr/fr/espace_cifre/accueil.jsp&#034;&gt;CIFRE&lt;/a&gt; qui permettent &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/doctorat-cifre-un-pont-entre-la-recherche-et-le-monde-economique-64406&#034;&gt;aux entreprises&lt;/a&gt; d'accueillir des doctorants. Mais cela reste encore trop marginal en sciences de gestion. Il est vrai que dans cette discipline les recherches font tr&#232;s souvent appel &#224; l'utilisation de bases de donn&#233;es, ce qui ne n&#233;cessite pas forc&#233;ment une immersion permanente dans l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, une th&#232;se de doctorat &#8211; quel que soit le format &#8211; doit n&#233;cessairement avoir une contribution scientifique, mais pas obligatoirement une contribution pratique. Le doctorant est encourag&#233; &#224; valoriser sa recherche aupr&#232;s du public des entreprises et des organisations, mais sa th&#232;se n'est pas &#233;valu&#233;e sur son impact dans les organisations. D'o&#249; l'&#233;loignement que l'on constate entre les pr&#233;occupations des chercheurs et celles des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Quelles innovations pour l'avenir ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un monde en profond bouleversement, les exigences des entreprises et de la soci&#233;t&#233; vont continuer &#224; exercer de fortes pressions sur le monde acad&#233;mique pour innover et ceci &#224; tous les niveaux, y compris celui de la formation doctorale. Les besoins de formation en mati&#232;re de sciences de gestion qui s'expriment dans le monde entier et la p&#233;nurie d'enseignants-chercheurs constituent des moteurs tr&#232;s puissants pour faire &#233;voluer les pratiques des universit&#233;s et des &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement des collaborations internationales entre les institutions acad&#233;miques en mati&#232;re de recherche constituent &#233;galement un facteur d'innovation. L'action des &lt;a href=&#034;http://www.aacsb.edu/-/media/aacsb/publications/research-reports/the-promise-of-business-doctoral-education.ashx?la=en&#034;&gt;organismes internationaux&lt;/a&gt; d'accr&#233;ditation (AACSB, EQUIS, AMBA) est un facteur suppl&#233;mentaire d'innovation et de changement pour les &#233;coles de management dans la mesure o&#249; ils permettent de questionner les mod&#232;les traditionnels et de briser les r&#233;sistances au changement et &#224; l'innovation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais encore plus important : les innovations &#224; venir devront int&#233;grer les besoins de la soci&#233;t&#233; et permettre de d&#233;velopper, non seulement la connaissance, mais &#233;galement l'impact et la pertinence des recherches pour l'ensemble des parties prenantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-39713278-1bee2.gif?1706956884' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne poss&#232;dent pas de parts, ne re&#231;oivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont d&#233;clar&#233; aucune autre affiliation que leur poste universitaire.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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