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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Dix id&#233;es fausses que se font les scientifiques de la vulgarisation</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article2871.html</link>
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		<dc:date>2017-12-19T08:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Bobroff, Physicien, Professeur des Universit&#233;s, Universit&#233; Paris Sud &#8211; Universit&#233; Paris-Saclay</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;Infiltr&#233;e chez les physiciens&#034;, H&#233;lo&#239;se Chochois www.chezlesphysiciens.fr, CC BY-SA &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je demande &#224; mes coll&#232;gues physiciens ce qu'ils pensent de la vulgarisation, tous s'accordent sur sa n&#233;cessit&#233;. Mais quand il s'agit de savoir qui devrait vulgariser, comment s'y prendre, et pour quelles raisons, les opinions divergent : &#171; il faut re-motiver les jeunes pour les carri&#232;res scientifiques &#187;, &#171; le plus important, c'est la p&#233;dagogie &#187;, &#171; il faut &#233;viter la quantique &#187;&#8230; J'avais moi-m&#234;me des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L496xH478/file-20171215-17-060b9d9d-b21ad.jpg?1706927122' width='496' height='478' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;&#034;Infiltr&#233;e chez les physiciens&#034;, H&#233;lo&#239;se Chochois &lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;span class=&#034;source&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.chezlesphysiciens.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.chezlesphysiciens.fr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, &lt;a class=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/&#034;&gt;CC BY-SA&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Quand je demande &#224; mes coll&#232;gues physiciens ce qu'ils pensent de la vulgarisation, tous s'accordent sur sa n&#233;cessit&#233;. Mais quand il s'agit de savoir qui devrait vulgariser, comment s'y prendre, et pour quelles raisons, les opinions divergent : &#171; il faut re-motiver les jeunes pour les carri&#232;res scientifiques &#187;, &#171; le plus important, c'est la p&#233;dagogie &#187;, &#171; il faut &#233;viter la quantique &#187;&#8230; J'avais moi-m&#234;me des id&#233;es arr&#234;t&#233;es sur le sujet quand, il y a 12 ans, j'ai commenc&#233; &#224; participer &#224; des actions de vulgarisation. Apr&#232;s &lt;a href=&#034;http://www.vulgarisation.fr&#034;&gt;des ann&#233;es&lt;/a&gt; de conf&#233;rences grand public, d'interventions scolaires, de f&#234;tes des sciences, et de collaborations avec des mus&#233;es, je dois l'avouer : mes certitudes sur le sujet se sont peu &#224; peu effrit&#233;es. Voici dix id&#233;es dont j'&#233;tais assez convaincu, mais qui ne r&#233;sistent pas &#224; l'&#233;preuve du terrain et des chiffres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer mon propos : la vulgarisation met en jeu des ressorts et des relations au public plus complexes qu'il n'y para&#238;t, et les scientifiques qui s'y int&#233;ressent doivent en prendre conscience, sans pour autant abandonner leurs ambitions et leurs id&#233;aux !&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;1. &#171; Le public s'int&#233;resse de moins en moins aux sciences &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; une des id&#233;es que j'entends le plus souvent parmi les chercheurs : le grand public n'a pas assez de culture scientifique. En effet, &#224; des questions de base, les fran&#231;ais ne savent souvent pas bien r&#233;pondre, par exemple &lt;a href=&#034;http://www.ademe.fr/representations-sociales-leffet-serre-rechauffement-climatique&#034;&gt;moins de 20 %&lt;/a&gt; identifient les gaz et le CO&lt;sub&gt;2&lt;/sub&gt; comme origine de l'effet de Serre. &lt;a href=&#034;http://uploadi.www.ris.org/editor/1136818915ebs1/22241/2report1/2en.pdf&#034;&gt;Un tiers des europ&#233;ens&lt;/a&gt; ne savent pas que la Terre tourne autour du Soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces mauvaises r&#233;ponses sont-elles le sympt&#244;me d'un d&#233;sint&#233;r&#234;t pour les sciences ou juste d'une formation de d&#233;part insuffisante ? Car contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, le grand public s'int&#233;resse aux sciences et en a une bonne image. &#192; la question : &#171; la science et la technologie apportent-elles des solutions aux probl&#232;mes que nous rencontrons aujourd'hui ? &#187;, le oui remporte pr&#232;s de 84 % (Le Monde, 2016). Mieux, 93 % de la population exprime un d&#233;sir de d&#233;velopper ses connaissances dans au moins un domaine scientifique (Credoc, 2013). Et chez les 15-25 ans, 76 % &#233;prouvent de l'int&#233;r&#234;t pour la science, et 95 % ont une opinion positive des chercheurs (CSA, 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, quand on demande aux Fran&#231;ais quelle activit&#233; fait partie de la culture, la science arrive en second &lt;a href=&#034;http://www.culturecommunication.gouv.fr/content/download/147204/1581441/version/2/file/CE-2016-11/2Repr%C3%A9sentations%20de%20la%20culture%20dans%20la%20population%20fran%C3%A7aise.pdf&#034;&gt;avec 77 % des suffrages&lt;/a&gt;, seconde juste derri&#232;re la visite des mus&#233;es et devant les voyages, le th&#233;&#226;tre, la musique ou la lecture !. Pr&#232;s d'un Fran&#231;ais sur deux a d&#233;j&#224; visit&#233; un mus&#233;um d'histoire naturelle ou un centre de culture scientifique et le succ&#232;s croissant des cha&#238;nes scientifiques sur YouTube confirme le constat.&lt;/p&gt;
&lt;figure class=&#034;align-center zoomable&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://images.theconversation.com/files/199396/original/file-20171215-17851-4x1u7e.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH158/file-20171215-17-03b6ea99-adbe6.jpg?1706927122' width='500' height='158' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;figcaption&gt; &lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;1/2Infiltr&#233;e chez les physiciens1/2, H&#233;lo&#239;se Chochois, &lt;a href=&#034;http://www.ChezLesPhysiciens.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ChezLesPhysiciens.fr&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;h2&gt;2. &#171; Les jeunes ne veulent plus aller vers les carri&#232;res scientifiques &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autre id&#233;e r&#233;pandue, en particulier chez les universitaires : nous avons subi une forte d&#233;saffection ces derni&#232;res ann&#233;es dans les fili&#232;res scientifiques, et la vulgarisation pourrait nous aider &#224; y rem&#233;dier. Pourtant, entre 2006 et 2016, le nombre d'&#233;tudiants a &lt;a href=&#034;https://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=1&amp;cad=rja&amp;uact=8&amp;ved=0ahUKEwjwi87L1/24nYAhWHyKQKHWZiATEQFggqMAA&amp;url=http%3A%2F%2Fcache.media.education.gouv.fr%2Ffile%2F2017%2F41%2F2%2Fdepp-RERS-2017-etudiants1/2824412.pdf&amp;usg=AOvVaw3e1/2QXbx1vw-2wRxI15-uIn&#034;&gt;augment&#233; de 23 %&lt;/a&gt; dans les formations scientifiques contre 16 % pour les autres formations. Les sciences fondamentales &#224; l'Universit&#233; affichent un gain de 17,7 %, plus &#233;lev&#233; l&#224; encore que la moyenne nationale. Plus pr&#232;s de la recherche, les effectifs augmentent &#233;galement en Master 2, de pr&#232;s de 20 %. Du c&#244;t&#233; des th&#232;ses, le nombre de doctorats d&#233;livr&#233;s est &#224; peu pr&#232;s constant pour les &#233;tudiants fran&#231;ais et en constante hausse pour les &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'on oublie un instant ces bons chiffres, je me m&#233;fie de cette mission pros&#233;lyte qu'on voudrait confier aux vulgarisateurs. Une intervention ponctuelle lors d'une conf&#233;rence ou d'une visite de labo peut-elle convaincre des &#233;l&#232;ves de changer d'avis sur leur avenir professionnel ? L'image qu'ont les jeunes de la science, c'est d'abord celle qui leur est enseign&#233;e. Et de ce point de vue, le constat est cruel pour ma propre discipline, la physique : quand on leur demande leurs trois mati&#232;res pr&#233;f&#233;r&#233;es durant leurs &#233;tudes, les Fran&#231;ais r&#233;pondent fran&#231;ais (42 %), histoire (38 %), maths (34 %), et la physique arrive seulement dixi&#232;me du classement (10 %) (Credoc 2012). C'est l&#224;, &#224; mon avis, que doivent porter les efforts.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;3.&#171; La vulgarisation, c'est d'abord savoir bien expliquer &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La priorit&#233; du scientifique qui vulgarise, c'est la qualit&#233; et la pr&#233;cision de ses explications. Ne va-t-il pas trop approximer au risque de manquer de rigueur scientifique ? Mais la vulgarisation, ce n'est pas l'enseignement, et c'est un enseignant universitaire qui vous parle. Il est impossible d'&#234;tre parfaitement rigoureux du d&#233;but &#224; la fin, et ce n'est pas grave, tant qu'on l'annonce clairement. Pour avoir fait de nombreuses &lt;a href=&#034;http://hebergement.u-psud.fr/supraconductivite/conferences.html&#034;&gt;conf&#233;rences sur la physique quantique&lt;/a&gt;, je sais bien les approximations &#171; impardonnables &#187; que je suis oblig&#233; de faire quand j'&#233;voque la dualit&#233; onde-particule ou l'intrication. Mais &#224; y r&#233;fl&#233;chir, c'est plus l'opinion du coll&#232;gue ou du prof de physique cach&#233; dans l'audience qui me fait peur quand je fais des approximations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, ce qui va vraiment toucher le public se joue souvent ailleurs que dans la qualit&#233; de l'explication scientifique : c'est le look du chercheur, c'est sa personnalit&#233;, c'est la t&#234;te du PowerPoint et le choix des couleurs, bref, le style. Il suffit de lire les r&#233;sultats des enqu&#234;tes apr&#232;s nos passages en lyc&#233;e : &#171; le chercheur portait un jean ! &#187;, &#171; un physicien, &#231;a peut &#234;tre une femme &#187;, &#171; moi qui pensais que la physique c'&#233;tait mort &#187;, etc. Tr&#232;s rares sont les commentaires sur l'explication elle-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;figure class=&#034;align-center zoomable&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://images.theconversation.com/files/199402/original/file-20171215-17851-194x0em.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH385/file-20171215-17-acbd0ffb-c4132.jpg?1706927123' width='500' height='385' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;figcaption&gt; &lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;1/2Infiltr&#233;e chez les physiciens1/2, H&#233;lo&#239;se Chochois, &lt;a href=&#034;http://www.ChezLesPhysiciens.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ChezLesPhysiciens.fr&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;h2&gt;4.&#171; Dans un d&#233;bat grand public, il suffit de montrer les preuves scientifiques pour convaincre &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'irai vite sur cette id&#233;e l&#224; : de &lt;a href=&#034;http://www.slate.com/articles/health1/2and1/2science/science/2017/04/explaining1/2science1/2won1/2t1/2fix1/2information1/2illiteracy.html&#034;&gt;nombreuses &#233;tudes&lt;/a&gt; ont fait la liste des biais cognitifs qui affectent les opposants dans un d&#233;bat : biais de confirmation, de familiarit&#233;, mod&#232;le du d&#233;ficit, retour de flamme, etc. Un raisonnement scientifique clair se basant sur des preuves objectives &lt;a href=&#034;https://www.scienceetpartage.fr/2017/12/11/expliquer-n-est-pas-convaincre/&#034;&gt;ne suffit pas &#224; convaincre&lt;/a&gt;, au contraire ! Pour avoir &#233;t&#233; souvent confront&#233; &#224; des d&#233;bats sur les pseudo-sciences &#8211; m&#233;decine quantique, magn&#233;tiseurs ou m&#233;decine par les cristaux &#8211; j'ai moi-m&#234;me tendance &#224; ne plus m'opposer fermement aux d&#233;fenseurs de ces pratiques comme je le faisais au d&#233;but, mais plut&#244;t &#224; tenter une p&#233;dagogie sur la d&#233;marche scientifique, en visant en fait le reste de l'auditoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;5.&#171; Certains sujets sont trop compliqu&#233;s pour &#234;tre vulgaris&#233;s &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Souvent, j'entends qu'il n'est pas possible d'expliquer certains sujets, par exemple la physique quantique : trop compliqu&#233;, trop abstrait, trop math&#233;matique. Je suis assez d'accord, si il s'agit d'expliquer &#171; proprement &#187;. Mais, si l'on accepte de faire son deuil d'une certaine rigueur math&#233;matique, il est possible de donner quelques &#233;l&#233;ments et intuitions, quelque soit le sujet. La preuve : le boson de Higgs ou les ondes gravitationnelles, deux sujets &#171; terribles &#187;, ont pourtant &#233;t&#233; non seulement m&#233;diatis&#233;s mais aussi vulgaris&#233;s de fa&#231;on remarquable lors de leur d&#233;couverte r&#233;cente. Les Nobels de Physique, attribu&#233;s chaque ann&#233;e aux sujets les plus ardus, font l'objet d'excellentes vulgarisation sur le site m&#234;me du Nobel. &lt;a href=&#034;http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/21548455.2011.611627&#034;&gt;Une enqu&#234;te&lt;/a&gt; aupr&#232;s d'experts de la vulgarisation indique que tous consid&#232;rent qu'il n'existe pas de probl&#232;me assez complexe pour qu'on ne puisse en faire comprendre les grandes id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;figure class=&#034;align-center zoomable&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://images.theconversation.com/files/199403/original/file-20171215-17854-1r6opt0.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH455/file-20171215-17-381a49d0-5959e.jpg?1706927123' width='500' height='455' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;figcaption&gt; &lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;1/2Infiltr&#233;e chez les physiciens1/2, H&#233;lo&#239;se Chochois, &lt;a href=&#034;http://www.ChezLesPhysiciens.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ChezLesPhysiciens.fr&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;h2&gt;6.&#171; Il faut privil&#233;gier les sujets avec des applications concr&#232;tes &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Combien de fois m'a-t-on dit qu'il fallait, pour impliquer le public, d&#233;marrer une conf&#233;rence de vulgarisation sur la supraconductivit&#233; plut&#244;t par ses applications, l'imagerie m&#233;dicale ou le train &#224; l&#233;vitation. Ici, je n'ai pas d'&#233;tude &#224; citer, juste une impression : le public n'aime pas toujours &#234;tre ramen&#233; &#224; son quotidien, et reste fascin&#233; par les grands myst&#232;res et les questions fondamentales que pose la science. Il suffit de voir les succ&#232;s d'&#233;dition scientifique : th&#233;orie des cordes, relativit&#233; g&#233;n&#233;rale, astronomie, physique quantique, cosmos&#8230; Aucun livre dans les premi&#232;res ventes sur la physique pour le m&#233;dical ou sur ses applications dans l'&#233;lectronique !&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;7.&#171; Certains sujets seront toujours plus vendeurs parce qu'ils font r&#234;ver&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au vu de l'id&#233;e pr&#233;c&#233;dente, on pourrait conclure que les sujets les plus fascinants, l'origine de l'Univers, les paradoxes quantiques ou relativistes, seront toujours plus fascinants que les sujets plus concrets. Par exemple, en physique, l'astronomie ou m&#234;me la th&#233;orie des cordes semblent plus &#171; vendeuses &#187; que la mati&#232;re condens&#233;e vu le territoire qu'elles occupent dans les m&#233;dias. Un tel d&#233;s&#233;quilibre n'a pas seulement &#224; voir avec l'attrait du sujet, mais aussi avec la mobilisation des scientifiques. Les th&#233;oriciens des cordes ont d&#233;velopp&#233; un v&#233;ritable &#171; lobbying &#187; pour leur discipline &#224; travers des formidables repr&#233;sentants m&#233;diatiques. Les astrophysiciens, de m&#234;me, s'impliquent plus et mieux que d'autres. Au CNRS, ils sont &lt;a href=&#034;http://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0963662510383632&#034;&gt;cinq fois plus actifs&lt;/a&gt; en vulgarisation que les physiciens de la mati&#232;re condens&#233;e. La taille des structures de recherche aide aussi : le CERN pour la physique des particules ou l'ESA et la NASA pour le spatial ont une force de frappe formidable en comparaison des autres communaut&#233;s &#233;clat&#233;es en micro-&#233;quipes. Une source d'inspiration pour les autres disciplines !&lt;/p&gt;
&lt;figure class=&#034;align-center zoomable&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://images.theconversation.com/files/199401/original/file-20171215-17851-8p5w8f.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH239/file-20171215-17-075bfcba-a2911.jpg?1706927123' width='500' height='239' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;figcaption&gt; &lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;1/2Infiltr&#233;e chez les physiciens1/2, H&#233;lo&#239;se Chochois, &lt;a href=&#034;http://www.ChezLesPhysiciens.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ChezLesPhysiciens.fr&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;h2&gt;8. &#171; Pas besoin que les chercheurs vulgarisent, laissons cela aux professionnels &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs ont beaucoup de &lt;a href=&#034;http://www.quae.com/fr/r5136-en-finir-avec-les-idees-recues-sur-la-vulgarisation-scientifique.html&#034;&gt;bonnes raisons&lt;/a&gt; pour ne pas participer aux actions de vulgarisation : manque de temps, manque de comp&#233;tences, manque de reconnaissance. Pourquoi ne pas laisser les m&#233;diateurs des mus&#233;es et associations de science faire le travail ? L&#224; encore, notre exp&#233;rience montre que la pr&#233;sence des chercheurs est irrempla&#231;able, non pas pour la clart&#233; de leurs explications, mais pour deux autres raisons : d'abord ils peuvent parler des recherches r&#233;centes et ancrer la science dans sa modernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, ils sont les acteurs de la recherche, et peuvent t&#233;moigner de cette pratique, de leur v&#233;cu, de leurs questionnements. Il suffit de voir le nombre de questions qu'on a sur le m&#233;tier et les pratiques de la recherche pour se convaincre de la pertinence de leur pr&#233;sence. Je plaide pour une compl&#233;mentarit&#233; et une collaboration entre professionnels de la m&#233;diation et scientifiques, que j'ai moi-m&#234;me pu pratiquer par exemple avec les m&#233;diateurs de la Cit&#233; des Sciences.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;9. &#171; Vulgariser prend trop de temps &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai, si on part de z&#233;ro et qu'on vise d'&#233;crire un article ou de faire une conf&#233;rence grand public. Mais des &#171; micro-actions &#187; sont possibles, utiles et rapides : r&#233;pondre &#224; quelques &lt;a href=&#034;https://physics.stackexchange.com&#034;&gt;questions sur Internet&lt;/a&gt;, contribuer &#224; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:Premiers1/2pas&#034;&gt;Wikip&#233;dia&lt;/a&gt;, ou &#224; &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/02/05/Twitter-et-les-chercheurs-l-exception-francaise1/243604911/21650684.html&#034;&gt;Twitter&lt;/a&gt;, r&#233;pondre aux questions d'un groupe de lyc&#233;ens pour un TPE, participer &#224; un stand dans une f&#234;te de la science, &#233;crire un petit &#171; highlight &#187; sur son dernier article scientifique, les occasions ne manquent pas, qui prennent au plus une ou deux heures.&lt;/p&gt;
&lt;figure class=&#034;align-center zoomable&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://images.theconversation.com/files/199394/original/file-20171215-17889-73n4bx.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH162/file-20171215-17-f44dbc62-31124.jpg?1706927124' width='500' height='162' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;figcaption&gt; &lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;1/2Infiltr&#233;e chez les physiciens1/2, H&#233;lo&#239;se Chochois, &lt;a href=&#034;http://www.ChezLesPhysiciens.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ChezLesPhysiciens.fr&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt; &lt;/figure&gt;&lt;h2&gt;10. &#171; La vulgarisation nuit &#224; la carri&#232;re des chercheurs &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, je l'avoue, ce n'est pas une id&#233;e compl&#232;tement fausse. La vulgarisation n'aide pas particuli&#232;rement les carri&#232;res dans le monde de la recherche publique en France. Il manque des outils d'&#233;valuation s&#233;rieux et une vraie volont&#233; politique pour en tenir compte dans les promotions. Mais elle ne nuit pas forc&#233;ment non plus et pr&#233;sente plusieurs b&#233;n&#233;fices auxquels on ne pense pas assez. Un bon vulgarisateur, et je parle d'exp&#233;rience, recrutera plus facilement des doctorants car il pr&#233;sentera mieux son sujet de recherche. Il parlera mieux en conf&#233;rence pour pr&#233;senter ses r&#233;sultats aux coll&#232;gues. Il r&#233;digera mieux les introductions de ses articles, les &#171; highlights &#187; associ&#233;s, et surtout, ses demandes de financements, le nerf de la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et surtout : la vulgarisation, c'est un formidable bol d'air, une fa&#231;on de sortir de son laboratoire, de prendre du recul sur son propre travail, et d'aller &#224; la rencontre d'un public rafra&#238;chissant, enthousiaste et curieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-84db2947-e488d.gif?1706927124' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Julien Bobroff est professeur &#224; l'Universit&#233; Paris-Sud et anime l'&#233;quipe &#034;La Physique Autrement&#034; au Laboratoire de Physique des Solides. Il re&#231;oit &#224; ce titre des financements publics de l'Universit&#233; Paris-Sud et Paris-Saclay, du CNRS, du Labex PALM et de l'ANR.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;volution du m&#233;tier d'enseignant-chercheur li&#233;e au num&#233;rique : l'exemple des sciences de gestion</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article2820.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article2820.html</guid>
		<dc:date>2017-12-08T07:41:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aur&#233;lie Dud&#233;zert, Laboratoire RITM, Professeur des Universit&#233;s en Sciences de Gestion, Universit&#233; Paris Sud &#8211; Universit&#233; Paris-Saclay</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'acc&#232;s au savoir se trouve boulevers&#233;. UTC/Flickr, CC BY &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin 2016, la FNEGE d&#233;cide de lancer une &#233;tude sur la transformation digitale des &#233;tablissements d'enseignement et de recherche en Management. Elle me confie cette mission avec mon coll&#232;gue le Professeur Imed Boughzala de T&#233;l&#233;com &#201;cole de Management. L'objectif de la FNEGE est d'accompagner les directeurs d'&#233;tablissement dans les transformations en cours li&#233;es &#224; la place du digital dans les pratiques d'enseignement et de recherche. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L496xH330/file-20171124-21-ce6108c5-c7e61.jpg?1706890690' width='496' height='330' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;L'acc&#232;s au savoir se trouve boulevers&#233;.&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;a class=&#034;source&#034; href=&#034;https://www.flickr.com/photos/luptonlibrary/5063379244/in/album-72157624997576547/&#034;&gt;UTC/Flickr&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/&#034;&gt;CC BY&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Fin 2016, la &lt;a href=&#034;http://www.fnege.org/&#034;&gt;FNEGE&lt;/a&gt; d&#233;cide de lancer une &#233;tude sur la transformation digitale des &#233;tablissements d'enseignement et de recherche en Management. Elle me confie cette mission avec mon coll&#232;gue le Professeur &lt;a href=&#034;https://www.linkedin.com/in/imedboughzala/&#034;&gt;Imed Boughzala&lt;/a&gt; de T&#233;l&#233;com &#201;cole de Management. L'objectif de la FNEGE est d'accompagner les directeurs d'&#233;tablissement dans les transformations en cours li&#233;es &#224; la place du digital dans les pratiques d'enseignement et de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant un an, nous travaillons avec des experts, des coll&#232;gues enseignants-chercheurs et des directeurs d'&#233;tablissement pour comprendre ce qu'est ce ph&#233;nom&#232;ne et ce qu'il induit pour les &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur et de recherche en Management (Sciences de Gestion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude montre une profonde transformation en cours. Cette transformation n'est pas une r&#233;volution mais plut&#244;t une acc&#233;l&#233;ration de mutations engag&#233;es il y a une vingtaine d'ann&#233;es dans l'enseignement sup&#233;rieur. Au-del&#224; des &#233;tablissements, ces mutations transforment profond&#233;ment la pratique du m&#233;tier d'enseignant-chercheur en Sciences de Gestion. C'est ce point particulier que je me propose d'explorer ici.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le num&#233;rique : une nouveaut&#233; pour l'enseignement sup&#233;rieur ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e du num&#233;rique dans l'enseignement sup&#233;rieur n'est pas nouvelle. D&#232;s qu'elles sont apparues, les enseignants-chercheurs ont mobilis&#233; les technologies de l'information dans leurs pratiques de travail. Les pr&#233;sentations PowerPoint ont avantageusement remplac&#233; les transparents faits &#224; la main, l'e-mail a facilit&#233; la collaboration de recherche internationale, le fichier Excel a permis une meilleure gestion des &#233;tudiants&#8230; Le num&#233;rique est pr&#233;sent depuis les ann&#233;es 1990 dans les pratiques de travail des enseignants-chercheurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est nouveau dans le ph&#233;nom&#232;ne actuel tient en deux points : des technologies de l'information qui sont &#224; port&#233;e de mains de chacun d'entre nous et la capacit&#233; de g&#233;rer de nouvelles donn&#233;es. Alors que jusque dans les ann&#233;es 2008, pour utiliser une technologie de l'information il fallait conna&#238;tre un minimum d'informatique, aujourd'hui les tablettes, smartphones et autres montres connect&#233;es nous offrent des possibilit&#233;s d'acc&#232;s et de traitement de l'information quasi intuitives. Le corollaire de cette facilit&#233; d'usage est que l'information est accessible &#224; chacun d'entre nous, n'importe quand et n'importe o&#249;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me caract&#233;ristique de ces technologies : elles g&#232;rent de nouvelles donn&#233;es. Jusqu'&#224; pr&#233;sent on ne pouvait pas g&#233;rer des donn&#233;es sur les relations (qui conna&#238;t qui ?), les &#233;motions (qui aime qui ? quoi ? de quelle mani&#232;re ?), les comportements (expressions du visage, mouvement des yeux, du corps, pr&#233;sence dans l'espace, modes de vie&#8230;), la physiologie (activit&#233; physique, sommeil, alimentation&#8230;) des uns et des autres. Aujourd'hui nous pouvons non seulement les collecter mais aussi les analyser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous offre de nouvelles opportunit&#233;s pour comprendre et g&#233;rer notre environnement. Ces nouvelles opportunit&#233;s ne restent pas &#224; la porte des &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur. Les enseignants-chercheurs &#233;voluent dans cet environnement et font &#233;voluer leurs pratiques de travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'incidence du digital sur les activit&#233;s des enseignants-chercheurs en Sciences de Gestion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;tier d'enseignant-chercheur en management a toujours articul&#233; trois grandes activit&#233;s : l'enseignement, la recherche et l'animation/encadrement des &#233;tablissements et des communaut&#233;s acad&#233;miques. Toutes les trois se transforment avec les nouvelles opportunit&#233;s offertes par les technologies digitales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous permettant d'acc&#233;der facilement &#224; l'information partout et quand nous le souhaitons, ces technologies ont visiblement et rapidement impact&#233; les pratiques p&#233;dagogiques. Les &#233;tudiants ont acc&#232;s &#224; une large vari&#233;t&#233; de contenus (Wikip&#233;dia, MOOCs, TEDx&#8230;). Ceci nous a conduit &#224; retravailler nos modalit&#233;s d'enseignement pour aller moins vers du transfert de savoir que vers le d&#233;veloppement d'un apprentissage situ&#233; et individuel, centr&#233; sur la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modalit&#233;s p&#233;dagogiques d'aujourd'hui multiplient les mises en situation (&#233;tudes de cas, immersions r&#233;elles ou virtuelles), les simulations (gamification), les mises en perspective (projets, analyses r&#233;flexives, classes invers&#233;es&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique de la recherche b&#233;n&#233;ficie &#233;galement de cet acc&#232;s &#224; l'information. Nous avons d&#233;sormais acc&#232;s sans interm&#233;diaire &#224; des informations utiles pour nos recherches (entreprises, consultants, institutions&#8230;) ou &#224; des connaissances g&#233;n&#233;r&#233;es par des coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'auparavant nous devions imp&#233;rativement passer par des fournisseurs d'information scientifique et technique, des laboratoires ou des directeurs de th&#232;ses, aujourd'hui il nous suffit de nous connecter sur &lt;a href=&#034;https://www.researchgate.net/&#034;&gt;ResearchGate&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;https://www.academia.edu/&#034;&gt;Academia&lt;/a&gt; par exemple pour acc&#233;der aux publications des coll&#232;gues et dialoguer avec eux. Ces pratiques bousculent les codes de la recherche en Management. Les chercheurs sont de plus en plus autonomes vis-&#224;-vis des communaut&#233;s et structures de recherche, en lien direct avec les coll&#232;gues comme les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion et l'animation des &#233;tablissements et communaut&#233;s acad&#233;miques connaissent aussi de fortes et nombreuses &#233;volutions. La facilit&#233; d'acc&#232;s &#224; l'information renforce par exemple des interrogations sur les espaces de travail. Les bureaux sont de plus en plus d&#233;sert&#233;s, les salles de classe sont d&#233;cri&#233;es. Faut-il les supprimer ? De quel espace avons-nous vraiment besoin en tant qu'enseignants-chercheurs pour travailler &#224; la production et au transfert de connaissances ? Comment doit-on vivre notre espace de travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capacit&#233; qui nous ait d&#233;sormais offerte de collecter et de traiter de nouvelles donn&#233;es (&lt;em&gt;big data&lt;/em&gt;) ouvre &#233;galement &#224; des mutations profondes de nos activit&#233;s d'enseignant-chercheur. Les technologies digitales nous donnent ainsi l'acc&#232;s &#224; des donn&#233;es sur l'apprentissage des &#233;tudiants. C'est le domaine du &lt;em&gt;Learning Analytics&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement de l'ensemble des donn&#233;es g&#233;n&#233;r&#233;es par l'&#233;tudiant (acc&#232;s aux espaces d'apprentissage, aux espaces physiques de travail, expression sur les r&#233;seaux sociaux&#8230;) offre la possibilit&#233; aux &#233;quipes p&#233;dagogiques de d&#233;finir un profil d'apprentissage par &#233;tudiant. La bonne connaissance de ce profil permet de proposer &#224; l'&#233;tudiant un apprentissage hyperpersonnalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;thodes de recherche s'enrichissent quant &#224; elles de la &lt;em&gt;data research/science&lt;/em&gt;. Le &lt;em&gt;big data&lt;/em&gt; et les technologies associ&#233;es permettent de conserver les donn&#233;es sur le long terme et de les r&#233;utiliser plus facilement. Ceci ouvre des perspectives de recherche originales et innovantes en management avec la capacit&#233; &#224; mener des &#233;tudes longitudinales sur le long terme (20 &#224; 30 ans) et historiques sur l'organisation, des &#233;tudes comparatives entre pays, secteurs, contextes&#8230; Par ailleurs, le fait que nous soyons capables de traiter des traces num&#233;riques de plus en plus vari&#233;es ouvre la possibilit&#233; d'&#233;tudes plus approfondies de certains ph&#233;nom&#232;nes organisationnels comme la place de l'&#233;motion, des liens sociaux, du corps dans la pratique manag&#233;riale par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'exploitation des donn&#233;es g&#233;n&#233;r&#233;es par les &#233;tudiants et les enseignants-chercheurs lors de leur vie sur les campus nous permet d'envisager de proposer de nouveaux services &#224; la fois pour les &#233;tudiants et pour les enseignants-chercheurs (services de socialisation, d'aide &#224; la pratique de travail, de divertissement&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Une transformation qui accentue les interrogations sur les missions de l'enseignant-chercheur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si ces &#233;volutions en cours offrent de nouvelles opportunit&#233;s pour la pratique de l'enseignement et de la recherche, elles conduisent aussi &#224; renforcer les interrogations sur l'identit&#233; du m&#233;tier d'enseignant-chercheur en sciences de gestion. Elles mettent en &#233;vidence l'&#233;clatement et la polyvalence des activit&#233;s des enseignants-chercheurs et conduisent &#224; s'interroger sur ce doivent &#234;tre les missions d'un enseignant-chercheur en Sciences de Gestion aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement sup&#233;rieur et la recherche en management ont v&#233;cu de tr&#232;s nombreuses &#233;volutions ces vingt derni&#232;res ann&#233;es. La massification des effectifs d'&#233;tudiants, la diversit&#233; des profils d'apprenants (formation initiale, formation continue, formation en apprentissage, formation &#224; distance) ; le poids de la bureaucratie et la multiplication des dispositifs d'&#233;valuation (AERES, HCERES, CNU, organismes d'accr&#233;ditation, organismes de certification qualit&#233;&#8230;) ; l'internationalisation et la transformation des modes de financement de la Recherche au profit du financement par projet et sur contrat&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation digitale en cours poursuit ces &#233;volutions mais &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233;. Aujourd'hui l'id&#233;al-type de l'enseignant-chercheur en Sciences de Gestion c'est le coll&#232;gue tout &#224; la fois brillant p&#233;dagogue, &#224; l'&#233;coute des &#233;tudiants, chercheur reconnu nationalement et internationalement, commercial capable de construire des projets avec les entreprises et de parler aux journalistes, de cr&#233;er de nouveaux produits et services pour valoriser son &#233;tablissement, et qui a les capacit&#233;s et l'envie de s'investir dans la vie collective de son &#233;tablissement, de sa communaut&#233; et de la discipline. Rien qu'en listant ces attendus, nous nous apercevons de la difficult&#233; &#224; concilier l'ensemble de ces t&#226;ches et &#224; articuler l'ensemble de ces comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation digitale en ouvrant la voie &#224; de nouvelles activit&#233;s et pratiques g&#233;n&#232;re une nouvelle inflation des t&#226;ches &#224; assumer pour un enseignant-chercheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, nos r&#232;gles de travail &#233;tablies au niveau des communaut&#233;s sont remises en question avec la transformation digitale en cours. La transformation num&#233;rique nous conduit &#224; travailler de fa&#231;on beaucoup plus &#233;troite avec nos parties prenantes (&#233;tudiants, entreprises, soci&#233;t&#233;) et &#224; perdre notre contr&#244;le sur la production, le transfert et la valorisation des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose alors la question de la gouvernance de la pratique acad&#233;mique : doit-elle toujours &#234;tre r&#233;gul&#233;e par les pairs et le &#171; monde acad&#233;mique &#187; ou doit-elle d&#233;sormais &#234;tre r&#233;gul&#233;e par la &#171; foule &#187; et la r&#233;putation ? Les d&#233;bats sont virulents sur ces sujets chez les enseignants-chercheurs en Sciences de gestion. Ces r&#232;gles doivent probablement &#233;voluer. Toutefois elles avaient deux grands m&#233;rites : nous permettre l'ind&#233;pendance n&#233;cessaire pour produire et transmettre les connaissances et prot&#233;ger nos parties prenantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er et exploiter la connaissance n'est pas neutre. On n'entre pas dans un processus de cr&#233;ation, transfert et valorisation de la connaissance comme cela. On le voit tr&#232;s bien lors des doctorats. Beaucoup de jeunes docteurs arr&#234;tent apr&#232;s leur th&#232;se car le m&#233;tier est trop dur, trop impliquant, trop d&#233;stabilisant. Ouvrir &#224; tous ces processus de production, de transmission et de valorisation de la connaissance est une responsabilit&#233;. Nous devons &#234;tre conscients de ce que cela implique en termes d'accompagnement pour les personnes qui souhaitent le d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que la transformation digitale ouvre &#224; de nombreuses questions &#233;thiques sur la pratique de l'enseignement et de la recherche en Sciences de Gestion. Pour nos trois activit&#233;s, nous disposons d&#233;sormais de donn&#233;es extr&#234;mement riches sur les &#233;tudiants, les coll&#232;gues, les entreprises. Comment devons-nous nous en servir ? Jusqu'o&#249; ? Les opportunit&#233;s sont immenses en termes de d&#233;veloppement et de progr&#232;s social mais aussi en termes d'asservissement et d'exploitation. Comment saurons-nous que l'usage que nous ferons de ces donn&#233;es sera b&#233;n&#233;fique et un v&#233;ritable progr&#232;s social ? Quels garde-fous nous donner ? Comment les construire ? La loi ne peut pas suivre tant les &#233;volutions technologiques et les possibilit&#233;s sont grandes. Nous devons donc repenser notre &#233;thique en profondeur et expliciter les valeurs qui nous guident dans nos m&#233;tiers et nos &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela r&#233;interroge nos missions. Dans ce contexte, il para&#238;t important d'accompagner les mutations en cours :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;En sensibilisant et formant les enseignants-chercheurs aux nouvelles pratiques m&#233;tier &#233;mergentes ;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;En choisissant collectivement au niveau des communaut&#233;s et des &#233;tablissements les nouvelles pratiques m&#233;tier &#224; valoriser ;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;En formant aux enjeux &#233;thiques et de responsabilit&#233;s li&#233;es &#224; ces pratiques en d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Sur ces trois points, des collectifs d'enseignants-chercheurs comme AUNEGE et la FNEGE ont un r&#244;le &#224; jouer.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article est issu d'une conf&#233;rence donn&#233;e dans le cadre du &lt;a href=&#034;http://univ-numerique.fr/festival-dautomne-du-numerique/&#034;&gt;Festival d'Automne du Num&#233;rique&lt;/a&gt; et organis&#233;e par &lt;a href=&#034;http://www.aunege.org/public/actualites/usages-du-numerique-et-innovations-pedagogiques-de-la-recherche-en-pedagogie-en-economie-gestion&#034;&gt;AUNEGE&lt;/a&gt;. Il pr&#233;sente quelques-uns des r&#233;sultats d'une &#233;tude men&#233;e pour la &lt;a href=&#034;http://www.fnege.org/&#034;&gt;FNEGE&lt;/a&gt; &#224; para&#238;tre en Janvier 2018.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-23aa1b55-bea94.gif?1706890690' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Aur&#233;lie Dud&#233;zert a re&#231;u des financements de la FNEGE pour la r&#233;alisation d'une &#233;tude &#224; para&#238;tre en Janvier 2018.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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