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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Ouvrir la bo&#238;te noire de la production de vid&#233;os pour les MOOC. Vers une analyse sociotechnique.</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article1121.html</link>
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		<dc:date>2016-12-13T10:08:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi Sharrock</dc:creator>



		<description>&lt;img src='http://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L150xH141/cocarde-eff2f-ebf82.png' align=&#034;right&#034; height=&#034;70&#034; width=&#034;70&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement des MOOC requiert la production de mat&#233;riel p&#233;dagogique sous des formats multim&#233;dias. Les vid&#233;os sont largement utilis&#233;es dans les MOOC existants. Alors que l'usage des vid&#233;os dans des contextes &#233;ducatifs a &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;tudi&#233;, les processus de production des vid&#233;os ont &#233;t&#233; peu examin&#233;s dans la litt&#233;rature existante. Cet article montre qu'il est crucial d'analyser les processus de production des vid&#233;os pour comprendre les effets des MOOC sur l'interaction p&#233;dagogique. Il propose d'&#233;tudier les dispositifs sociotechniques sur lesquels la production de vid&#233;o repose. Ces dispositifs mettent en forme le contenu p&#233;dagogique, les modes d'action de l'enseignant, et le r&#244;le anticip&#233; de l'&#233;tudiant. Cet article propose un r&#233;pertoire analytique permettant de caract&#233;riser les effets des choix techniques pour la production de vid&#233;os, et sugg&#232;re donc de repenser les termes de l'&#233;valuation de la qualit&#233; des vid&#233;os p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;Font size=2&gt;Mots-cl&#233;s :Vid&#233;o ; MOOC ; analyse sociotechnique ; production.&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;center text-center&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;Font color=&#034;red&#034;&gt;Brice Laurent&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;, &lt;Font color=&#034;red&#034;&gt;R&#233;mi Sharrock&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;remi.sharrock [at] telecom-paristech.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Centre de Sociologie de l'Innovation, Mines ParisTech, Paris, France &lt;br class='autobr' /&gt;
2 T&#233;l&#233;com ParisTech, Institut Mines-Telecom, Paris, France&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;

-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique4.html" rel="directory"&gt;MOOC&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement des MOOC requiert la production de mat&#233;riel p&#233;dagogique sous des formats multim&#233;dias. Les vid&#233;os sont largement utilis&#233;es dans les MOOC existants. Alors que l'usage des vid&#233;os dans des contextes &#233;ducatifs a &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;tudi&#233;, les processus de production des vid&#233;os ont &#233;t&#233; peu examin&#233;s dans la litt&#233;rature existante. Cet article montre qu'il est crucial d'analyser les processus de production des vid&#233;os pour comprendre les effets des MOOC sur l'interaction p&#233;dagogique. Il propose d'&#233;tudier les dispositifs sociotechniques sur lesquels la production de vid&#233;o repose. Ces dispositifs mettent en forme le contenu p&#233;dagogique, les modes d'action de l'enseignant, et le r&#244;le anticip&#233; de l'&#233;tudiant. Cet article propose un r&#233;pertoire analytique permettant de caract&#233;riser les effets des choix techniques pour la production de vid&#233;os, et sugg&#232;re donc de repenser les termes de l'&#233;valuation de la qualit&#233; des vid&#233;os p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;Font size=2&gt;&lt;strong&gt;Mots-cl&#233;s&lt;/strong&gt; :Vid&#233;o ; MOOC ; analyse sociotechnique ; production.&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;center text-center&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;Font color=&#034;red&#034;&gt;Brice Laurent&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;, &lt;Font color=&#034;red&#034;&gt;R&#233;mi Sharrock&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;remi.sharrock [at] telecom-paristech.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Centre de Sociologie de l'Innovation, Mines ParisTech, Paris, France &lt;br class='autobr' /&gt;
2 T&#233;l&#233;com ParisTech, Institut Mines-Telecom, Paris, France&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;BR&gt; &lt;center&gt; ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;CENTER&gt;&lt;i&gt;Un article publi&#233; au VIIIe Colloque des Questions de P&#233;dagogie dans l'Enseignement Sup&#233;rieur, Brest, 17, 18 et 19 Juin 2015.&lt;/i&gt;
&lt;/CENTER&gt;
&lt;br&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;I. INTRODUCTION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'usage de la vid&#233;o en classe est souvent conseill&#233; par les praticiens (par exemple Zollman and Fuller, 1994), il est souvent d&#233;crit comme minimal, limit&#233; &#224; des interventions irr&#233;guli&#232;res et peu connect&#233;es les unes aux autres (Kaufmann and Mohan, 2009). Les supports vid&#233;o offrent cependant des moyens int&#233;ressants d'exposer des contenus p&#233;dagogiques graphiques, interactifs, multi-dimensionnels. En tirer partie suppose d'exploiter les caract&#233;ristiques techniques sp&#233;cifiques des dispositifs audiovisuels, plut&#244;t que de les concevoir comme des ajouts d&#233;connect&#233;s de la pratique p&#233;dagogique, ou comme une r&#233;plication virtuelle des pratiques d'enseignement traditionnelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article propose de contribuer &#224; une litt&#233;rature consacr&#233;e &#224; l'usage des vid&#233;os pour des objectifs p&#233;dagogiques. La vid&#233;o nous int&#233;resse ici particuli&#232;rement dans la mesure o&#249; elle est utilis&#233;e (ou pourrait l'&#234;tre) au sein de MOOC (Cours en ligne ouverts et massifs). Notre approche est fond&#233;e sur l'analyse des dispositifs socio-techniques qui permettent la production de vid&#233;o. Ces dispositifs, tr&#232;s peu d&#233;crits dans la litt&#233;rature existante, sont d'une importance capitale pour saisir la production conjointe des instruments de communications (par ex. Capture d'&#233;crans, tutoriels, pr&#233;sentations PowerPoint comment&#233;es en audio, exp&#233;riences scientifiques film&#233;es, vid&#233;os capt&#233;es sur le terrain, dialogues et d&#233;bats film&#233;s ...) et des pratiques d'enseignement (comprenant le comportement de l'enseignent, la nature du contenu p&#233;dagogique, et les r&#244;les attendus pour les &#233;tudiants). Cet article montre que l'analyse des dispositifs sociotechniques permettant la production de vid&#233;o rend visible les effets d'innovations p&#233;dagogiques comme les MOOC &#8211; que ces effets consistent &#224; reproduire des pratiques d'enseignement existantes, qu'ils les d&#233;placent ou en cr&#233;ent de nouvelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
La production de vid&#233;o est &#233;troitement li&#233;e aux modalit&#233;s de circulation et d'usage. Ceci est d'autant plus &#233;vident que les vid&#233;os sont ais&#233;ment circulables en ligne, et donc utilisables tout autant dans la salle de classe que dans une multitude d'autres lieux. Int&#233;gr&#233;es dans des MOOC, les vid&#233;os sont cens&#233;es &#234;tre massivement diffus&#233;es, ce qui pose des probl&#232;mes sp&#233;cifiques &#8211; notamment en termes de production du contenu p&#233;dagogique et d'anticipation des publics possibles. Ces difficult&#233;s font directement &#233;cho &#224; d'autres innovations p&#233;dagogiques comme l'enseignement par correspondance, pour lesquelles la distribution massive de contenus p&#233;dagogiques est associ&#233;e avec la d&#233;finition de besoins sp&#233;cifiques d&#233;terminant les pratiques d'enseignement (Lee, 2008).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'analyse des dispositifs sociotechniques que nous proposons consiste &#224; mettre en &#233;vidence les relations entre des choix de modes de production de contenus vid&#233;o et des modes de circulation et d'usage, des fa&#231;ons de d&#233;finir les r&#244;les des enseignants et des &#233;tudiants, et des contenus p&#233;dagogiques. Nous proposons de montrer qu'une &#233;tude de la transformation des pratiques d'enseignement peut &#234;tre men&#233;e &#224; partir de l'analyse des dispositifs mettant en forme la production des vid&#233;os. Pour ce faire, nous d&#233;veloppons ici un r&#233;pertoire analytique permettant de rendre compte de la vari&#233;t&#233; des processus de production de vid&#233;o et de leurs effets. Cette approche vise &#224; contribuer &#224; renouveler les perspectives existantes proposant des m&#233;thodes d'&#233;valuation des vid&#233;os (et plus g&#233;n&#233;ralement des MOOC). Ces derni&#232;res sont fr&#233;quemment fond&#233;es sur la mesure de performance en fonction de crit&#232;res de succ&#232;s pr&#233;-d&#233;finis. Par contraste, l'approche d&#233;fendue dans cet article consiste &#224; analyser les divers proc&#233;d&#233;s de construction du mat&#233;riau d'enseignement, et leurs effets sur les pratiques p&#233;dagogiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte d&#233;bute par une discussion de la litt&#233;rature existante relative &#224; l'usage des vid&#233;os pour des objectifs &#233;ducatifs, avant tout centr&#233;e sur l'&#233;valuation de l'efficacit&#233; (section 2). L'approche alternative que nous proposons est fond&#233;e sur un ensemble de travaux du domaine des &#233;tudes sociales des sciences (science and technology studies, STS), qui ont analys&#233; le r&#244;le des dispositifs sociotechniques (section 3). En nous appuyant sur ces travaux, nous proposons une description d&#233;taill&#233;e de diverses options techniques pour la production de vid&#233;os, principalement destin&#233;es &#224; des MOOC, et nous analysons les effets de ces options (section 4).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;II. LITTERATURE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'usage de la vid&#233;os dans l'enseignement sup&#233;rieur a &#233;t&#233; largement &#233;tudi&#233;e, la plupart du temps dans des objectifs d'&#233;valuation. L'&#233;valuation est men&#233;e via deux grands courants. Le premier s'int&#233;resse &#224; la mesure de l'effet des vid&#233;os, tr&#232;s souvent en &#233;valuant les &#8220;gains de connaissances&#8221; (knowledge gains, Kay et Kletskin, 2012) ou encore les &#8220;r&#233;sultats d'apprentissage&#8221; (learning achievements, Choi et Yang, 2011). Ces mesures s'appuient sur une large palette de m&#233;thodes quantitatives et statistiques (Armstrong et al, 2011). Une d&#233;marche typique consiste &#224; comparer les notes des &#233;tudiants avant et apr&#232;s l'introduction de vid&#233;os (Dupuis et al, 2013). D'autres auteurs proposent d'analyser la production de vid&#233;os par les &#233;tudiants eux-m&#234;mes, dans ce m&#234;me objectif d'&#233;valuation des gains de connaissance (Jarvinen et al, 2012). Les conclusions les plus fr&#233;quentes de ces travaux consistent &#224; insister sur la n&#233;cessit&#233; d'int&#233;grer les contenus vid&#233;o aux s&#233;quences p&#233;dagogiques en mettant en place des interactions r&#233;guli&#232;res entre enseignants et &#233;tudiants (Hill et Nelson, 2011). Le second ensemble de travaux proposant d'&#233;valuer l'usage des vid&#233;os est fond&#233;e sur la mesure des &#171; perceptions &#187;, ou de la &#171; satisfaction &#187; des enseignants ou des &#233;tudiants &#224; qui sont montr&#233;es des vid&#233;os en classe (Lonn and Teasley, 2009 ; Candarli and Yuksel, 2012 ; Schreiber et al, 2010 ; Leijen et al, 2009 ; Yen, 2010 ; Eick and King, 2012 ; Hill and Nelson, 2011). &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux ensembles de travaux diff&#232;rent dans leurs objectifs et leurs m&#233;thodes. Mais ils partagent des hypoth&#232;ses similaires et une fa&#231;on commune de d&#233;finir l'objet de l'enqu&#234;te. Tous ces travaux consid&#232;rent que les vid&#233;os sont des contenus donn&#233;s, non probl&#233;matiques. Aucun d'entre eux ne se penche sur la vari&#233;t&#233; des modes de production, et sur les effets de ces modes sur les activit&#233;s d'enseignement et sur les comportements attendus des enseignants ou des &#233;tudiants. &#192; l'inverse, ces travaux consid&#232;rent que le contenu de l'information dispens&#233;e et son efficacit&#233; p&#233;dagogique sont ind&#233;pendants des instruments mobilis&#233;s pour le produire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des enqu&#234;tes qualitatives se sont int&#233;ress&#233;es aux diverses utilisations des vid&#233;os p&#233;dagogiques en classe ou en dehors. Certaines proposent des typologies d'usage (par exemple McGarr, 2009 diff&#233;rencie les utilisations &#171; de substitution &#187;, &#171; suppl&#233;mentaire &#187; ou &#171; cr&#233;atives &#187; - dans ce dernier cas les &#233;tudiants produisent eux-m&#234;mes les vid&#233;os). Ces &#233;tudes se penchent sur les fa&#231;ons par lesquelles les vid&#233;os renforcent, soutiennent ou amplifient les informations d&#233;livr&#233;es (Lankow et al., 2012 ; Klanten et al., 2011). Ces travaux sont parfois pr&#233;cautionneux et pr&#233;f&#232;rent insister sur l'incertitude relative &#224; l'&#233;valuation des effets des repr&#233;sentations visuelles, en particulier lorsqu'elles ne sont pas accompagn&#233;es d'informations dispens&#233;es par d'autres moyens (Gershon et Ward, 2001). Les travaux qualitatifs introduisent une certaine vari&#233;t&#233; dans les types de vid&#233;o, et montrent que les usages peuvent varier grandement. Mais comme les &#233;tudes quantitatives, ils tendent &#224; consid&#233;rer de fa&#231;on indiff&#233;renci&#233;e la diversit&#233; des m&#233;thodes de production et de circulation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la suite de ce texte, nous proposons d'examiner au contraire les modalit&#233;s de production des vid&#233;os. Il nous semble crucial en effet de prendre la mesure de la diversit&#233; des options techniques disponibles pour la production de vid&#233;os, options techniques dont les effets sont importants sur les possibilit&#233;s de circulation et d'usage. Les &#233;tudes des dispositifs sociotechniques offrent une voie analytique pertinente pour ce faire, comme nous le montrons dans la suite de ce texte en nous appuyant sur la participation active dans la production de MOOC d'un des auteurs de ce texte ainsi que sur l'analyse de plus d'une centaine de vid&#233;os p&#233;dagogiques&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;III. DISPOSITIFS SOCIOTECHNIQUES UTILISES DANS LE PROCESSUS DE PRODUCTION DE VIDEO&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;tudier les effets de la production de vid&#233;o sur les pratiques d'enseignement ? Les &#233;tudes sociales des sciences et des techniques ont montr&#233; que les artefacts techniques &#171; font de la politique &#187; (Winner, 1980). Ils inscrivent dans leurs d&#233;tails mat&#233;riels des possibilit&#233;s d'usage et en interdisent d'autres (Akrich, 1992 ; Latour, 1993). La description fine des composantes des dispositifs sociotechniques, c'est-&#224;-dire des assemblages comprenant les instruments techniques et leurs utilisateurs attendus, permet ainsi de mettre en &#233;vidence les effets politiques des objets techniques. Cette perspective sugg&#232;re de consid&#233;rer les techniques de production des vid&#233;os comme des dispositifs sociotechniques : adopter ce point de vue permet de consid&#233;rer que la production de vid&#233;o n'est pas un processus neutre, mais participe &#224; la fabrication de certains r&#244;les pour les acteurs de l'enseignement et &#224; celle du contenu p&#233;dagogique. Cela suppose de faire de l'enseignement une pratique distribu&#233;e, fond&#233;e sur des dispositifs sociotechniques h&#233;t&#233;rog&#232;nes parmi lesquels les vid&#233;os peuvent prendre place. Tout comme on peut analyser la salle de classe comme un dispositif fond&#233; sur des techniques et o&#249; la configuration spatiale met en forme l'interaction p&#233;dagogique (McGregor, 2003 ; Yaneva, 2009), on peut &#233;tudier les processus de production de vid&#233;os comme des dispositifs mettant en forme les composantes de l'enseignement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de montrer comment cette approche se traduit pour l'&#233;tude des dispositifs produisant des vid&#233;os, il est n&#233;cessaire de faire la diff&#233;rence entre l'approche que nous d&#233;fendons ici avec une perspective critique visant &#224; montrer que les instruments techniques distordent la r&#233;alit&#233; de l'information. Un bon exemple de cette derni&#232;re est l'&#233;tude des pr&#233;sentations PowerPoint, qui ont &#233;t&#233; d&#233;crites comme des mani&#232;res de simplifier &#224; l'extr&#234;me des informations complexes (voire les manipuler) dans le but de convaincre un auditoire (Tufte, 2003). Dans cette perspective, la r&#233;alit&#233; de l'information est confront&#233;e aux biais introduits par les dispositifs de communication. Pourtant le m&#234;me outil peut &#234;tre d&#233;crit dans d'autres termes. David Stark et V&#233;r&#233;na Paravel analysent ainsi PowerPoint comme un instrument participant &#224; la mise en forme de situations sociales o&#249; la repr&#233;sentation visuelle agit comme dispositif de coordination s'appuyant sur l'&#233;change d'informations (Stark et Paravel, 2008). Plut&#244;t que d'introduire une dichotomie entre l'information et sa repr&#233;sentation par le dispositif de communication, Stark et Paravel consid&#232;rent que les deux sont constitu&#233;s mutuellement, et, ce faisant, mettent en forme les composantes des situations sociales en jeu. Ils proposent, &#224; cet &#233;gard, une analyse sociotechnique dont la pertinence est manifeste pour &#233;tudier l'imbrication entre les techniques de production vid&#233;o, le contenu &#233;ducatif et la situation d'enseignement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une fa&#231;on de suivre cette approche est de s'appuyer sur la notion d'&#8221;agencement&#8221;, introduite par Michel Callon (Callon, 2004). Elle permet en effet de rendre compte des dispositifs sociotechniques qui distribuent les possibilit&#233;s d'action, d&#233;terminent la nature de l'information &#233;chang&#233;e, et mettent en forme des organisations collectives. Dans le cas qui nous int&#233;resse ici, les agencements comprennent les &#233;l&#233;ments mat&#233;riels qui permettent de produire les vid&#233;os, et, plus sp&#233;cifiquement, qui permettent &#224; l'enseignant de mettre en forme son cours pour une diffusion vid&#233;o. La description des techniques de production de vid&#233;o comme des agencements permettra de connecter les caract&#233;ristiques techniques des instruments utilis&#233;s par les producteurs de vid&#233;os avec les effets qu'elles ont sur les r&#244;les de l'enseignant impliqu&#233;s et sur la nature du contenu p&#233;dagogique. Dans les paragraphes suivants, nous suivons donc le processus de production de vid&#233;o p&#233;dagogiques pour les MOOC, et mettons en &#233;vidence les effets de la diversit&#233; des choix techniques sur la nature de l'interaction p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;IV. LA PRODUCTION DE VIDEO POUR LES MOOC : UNE ANALYSE SOCIOTECHNIQUE. &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans cette section, nous d&#233;taillons les diff&#233;rents styles de vid&#233;o p&#233;dagogique et leur ligne de production, c'est &#224; dire la succession de la phase de planification et pr&#233;paration, la production et la post-production. Nous explorons les &#233;quipements actuels ainsi que les futurs outils et nous caract&#233;risons les agencements sociotechniques sur lesquels s'appuie la production de vid&#233;os p&#233;dagogique. Certaines des vid&#233;os que nous avons analys&#233;es sont d&#233;j&#224; utilis&#233;es dans des MOOCs, d'autres sont produites par des acteurs du monde acad&#233;mique, du monde de la formation professionnelle, par des studios professionnels ou m&#234;me des amateurs devenus c&#233;l&#232;bres dans les sph&#232;res des sites de partage de vid&#233;o en ligne comme YouTube. Bien entendu, nous ne nous focalisons pas seulement sur des exemples &#224; succ&#232;s ou bien sur des cas qui semblent &#171; satisfaisants &#187; pour les acteurs/instructeurs impliqu&#233;s. En effet, il est &#233;tonnant de constater &#224; quel point certaines personnes sont forc&#233;es d'utiliser des technologies avanc&#233;es totalement inad&#233;quates lorsqu'elles sont manipul&#233;es sans exp&#233;rience (par exemple des techniques de transparence sur fond vert ou des prompteurs) ; alors m&#234;me que le r&#233;sultat p&#233;dagogique aurait pu &#234;tre atteint en utilisant une technologie beaucoup plus simple et moins ch&#232;re. Un autre exemple parlant serait l'utilisation de tableaux num&#233;riques interactifs tr&#232;s on&#233;reux (plusieurs milliers d'euros) mais parfois frustrants &#224; l'utilisation ou des t&#233;l&#233;commandes de la console de jeux WII de Nintendo avec un petit stylo infrarouge permettant de transformer n'importe quelle surface (mur, bureau, tableau blanc, &#233;cran LCD) en un tableau interactif parfois difficiles &#224; calibrer correctement (Lee, J.C. 2008).&lt;br class='autobr' /&gt;
Par cons&#233;quent, il est important de comprendre la complexit&#233; de l'ensemble des processus de production vid&#233;o puisque certaines id&#233;es de production peuvent para&#238;tre simple au premier abord mais s'av&#232;rent extr&#234;mement difficile &#224; mettre en &#339;uvre concr&#232;tement. D'autres, en revanche, semblent tr&#232;s difficiles ou impraticables mais sont tr&#232;s facilement mises en &#339;uvre en vid&#233;o. Dans tous les cas, l'environnement, la configuration et les outils choisis ont un impact fort et transforment parfois significativement les pratiques des instructeurs/acteurs/enseignants dans ce processus de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La planification et la pr&#233;paration.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si les technologies vid&#233;o changent rapidement, le &#171; storytelling &#187; (la &#171; mise en r&#233;cit &#187; en fran&#231;ais) reste la cl&#233; du processus de production. L'&#233;criture de sc&#233;nario est intimement li&#233;e &#224; la technologie utilis&#233;e pour fabriquer la version textuelle et/ou graphique de l'histoire racont&#233;e en vid&#233;o. Des &#233;diteurs de texte sp&#233;cialis&#233;s pour l'&#233;criture de sc&#233;nario comme Celtx, Final Draft, Adobe Story, Montage, Scriptwar, Storyist, Scripped, Movie Outline peuvent &#234;tre utilis&#233;s pour cr&#233;er des scripts adoptant une norme, un standard industriel, notamment utilis&#233; au cin&#233;ma, au th&#233;&#226;tre, &#224; la radio. Ces &#233;diteurs, contrairement aux &#233;diteurs de texte classique, permettent aux auteurs de g&#233;rer l'&#233;tiquetage et facilitent la d&#233;composition de scripts en petites parties. Ils permettent l'inclusion et la diff&#233;rentiation des &#233;l&#233;ments visuels, de dialogue/narratifs, de jeu ou de performance d'acteurs, de temporalit&#233;, de description d'objets ou d'environnements voire m&#234;me de m&#233;tadonn&#233;es (commentaires, id&#233;es). Une autre fonctionnalit&#233; importante qui peut &#234;tre utilis&#233;e est la co-construction du script : comme l'acte d'&#233;criture implique g&#233;n&#233;ralement plusieurs auteurs/&#233;crivains/cr&#233;ateurs de diff&#233;rents domaines, ces &#233;diteurs offrent des fonctionnalit&#233;s de synchronisation d'&#233;criture en temps r&#233;el et &#224; plusieurs, ce qui ouvre le champs de la pratique d'&#233;criture collaborative. &lt;br class='autobr' /&gt; Notre point ici est d'insister sur le fait qu'&#233;crire un texte avec ce genre d'outils n'est pas un processus neutre. Cette utilisation fa&#231;onne le processus de production du contenu p&#233;dagogique &#224; travers plusieurs actions. En effet, ils formalisent les parties orales et produisent une certaine rationalit&#233; dans la vid&#233;o induite par la pr&#233;paration rigoureuse et d&#233;taill&#233;e de &#171; l'acte de parler &#187;. Cet acte peut alors perdre de son naturel et de sa spontan&#233;it&#233;, ce qui constitue une transformation majeure et souvent largement sous-estim&#233;e. Ces outils divisent &#233;galement le discours en des pi&#232;ces bien d&#233;limit&#233;es et d&#233;finies, une division qui peut &#234;tre d'autant plus transform&#233;e pendant la phase de post-production (sp&#233;cifiquement la phase de montage dans laquelle des parties peuvent &#234;tre coup&#233;es). Ils se focalisent sur la production d'une narration sans s'interroger jusqu'&#224; quel point l'histoire est suppos&#233;e &#234;tre auto-suffisante, ou potentiellement compl&#233;t&#233;e ou r&#233;-interpr&#233;t&#233;e par les acteurs/instructeurs/enseignants et bien s&#251;r par les &#233;tudiants au moment du visionnage de la vid&#233;o &#8211; un aspect particuli&#232;rement sensible compte tenu de la massivit&#233; de la circulation des contenus dans un MOOC. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette forme d'information &#233;ducative doit manifestement se voir connect&#233;e aux r&#244;les des enseignants, r&#244;les qui ne se conforment pas avec leur fa&#231;on habituelle de faire. En effet, certains vont laisser une marge importante &#224; l'improvisation orale, improvisation bas&#233;e sur un cadre qu'ils ont pr&#233;alablement &#233;tabli (des notes sur papier, un support de pr&#233;sentation, des r&#233;p&#233;titions multiples de fragments de discours&#8230;). D'autres ne voudront tout simplement pas &#233;crire de script. Ceci est particuli&#232;rement vrai si le contenu p&#233;dagogique a &#233;t&#233; enseign&#233; &#224; de multiples reprises dans des salles de classe conjointement &#224; l'utilisation d'outils comme PowerPoint ou Keynote. Enfin, la co-construction d'un script avec les outils activant cette fonctionnalit&#233; pose les probl&#232;mes classique et in&#233;vitables de l'&#233;criture collaborative (Dourish and Bellotti, 1992).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La production : l'environnement&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'environnement naturel d'un enseignant pendant son activit&#233; est en grande majorit&#233; une audience dans une salle de classe, un amphith&#233;&#226;tre ou une salle de travaux pratiques. L'audience peut varier en nombre (de quelques dizaines &#224;, parfois, des milliers) et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; peut &#234;tre contr&#244;l&#233;e ou estim&#233;e (en terme de pr&#233;requis, dans un programme/parcours). Le lieu peut varier en taille, architecture ou organisation spatiale. Comme support pour l'&#233;criture, de multiples tableaux sont utilis&#233;s : tableau blanc, noirs, papiers ; l'enseignant est d'habitude debout quand il &#233;crit sur ces supports. Des t&#233;l&#233;viseurs ou des m&#233;thodes de projection (projection vid&#233;o, projection d'un &#233;cran d'ordinateur, r&#233;troprojection) sont utilis&#233;s comme support pour les pr&#233;sentations pour montrer des contenus &#224; l'audience. La projection va de pair avec des logiciels de pr&#233;sentation comme PowerPoint, Keynote, Impress, Beamer, Prezi, Sozi pour visualiser l'information. Du fait de cette configuration, une s&#233;ance est limit&#233;e en temps : de quelques minutes (par exemple, mod&#232;le des conf&#233;rences TED) &#224; quelques heures (cours magistraux dans les universit&#233;s). Dans cet environnement et par la proximit&#233; physique avec l'audience, l'enseignant peut obtenir un feedback imm&#233;diat du public et peut par cons&#233;quent adapter ses explications en temps r&#233;el. Des enseignants se sentent d'ailleurs beaucoup plus &#224; l'aise lorsqu'une dose d'interactivit&#233; et d'improvisation est impliqu&#233;e dans leur discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La production : enregistrer l'environnement naturel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un minimum d'une cam&#233;ra et d'un microphone doit &#234;tre utilis&#233; pour capter la performance d'un enseignant dans son environnement naturel. Plusieurs cam&#233;ras peuvent n&#233;anmoins &#234;tre utilis&#233;es pour capturer diff&#233;rents angles/perspectives (pour voir l'atmosph&#232;re, l'audience, l'enseignant, les &#233;critures, les projections etc..) et plusieurs microphones peuvent &#234;tre utilis&#233;s pour enregistrer l'interactivit&#233; avec l'audience. Les cam&#233;ras peuvent &#234;tre soit fixes, soit man&#339;uvr&#233;es par un cameraman (boug&#233;es en rotation, panoramique, zoom). Les microphones peuvent &#233;galement &#234;tre fixes (micros d'ambiance), install&#233;s sur l'orateur (micro cravate) ou distribu&#233;s dans l'audience (micro standards). &lt;br class='autobr' /&gt; Enregistrer l'environnement naturel avec une audience est g&#233;n&#233;ralement beaucoup plus difficile que pr&#233;vu. Premi&#232;rement, la cam&#233;ra fixe peut voir son champs de vision limit&#233;, ce qui peut couper des parties pertinentes de l'&#233;v&#233;nement capt&#233;. L'utilisation de plusieurs cam&#233;ras ou de cam&#233;ras actionn&#233;es mobiles peut donner le m&#234;me r&#233;sultat probl&#233;matique, ou pire : l'enregistrement de parties non pertinentes. En effet, certains cam&#233;ramans se focalisent davantage sur un acteur qui bouge (ici, l'enseignant) au mauvais moment, par exemple quand le contenu p&#233;dagogique sur un tableau est d'une importance capitale. Les cam&#233;ramans peuvent &#233;galement zoomer ou enregistrer des parties qui sont hors de propos ou sans rapport &#224; ce que l'enseignant voudrait souligner puisqu'il est, et on l'oublie souvent, tr&#232;s difficile de suivre l'intention p&#233;dagogique et de filmer en m&#234;me temps. Si une m&#233;thode de projection ou un t&#233;l&#233;viseur sont utilis&#233;s, il peut y avoir des difficult&#233;s extr&#234;mes d'enregistrement de l'&#233;cran ou de la surface de projection : probl&#232;mes d'&#233;clairage, de r&#233;flexions lumineuses, d'ombres, de qualit&#233; m&#233;diocre, d'images d&#233;t&#233;rior&#233;es ou souvent illisibles. De plus, si l'enseignant montre (avec un geste, avec son doigt, avec un pointeur) une zone d'int&#233;r&#234;t particuli&#232;re, il peut &#234;tre difficile de suivre le mouvement ou parfois impossible si deux zones sont montr&#233;es simultan&#233;ment (par exemple, pour expliquer un ph&#233;nom&#232;ne d'interaction entre deux zones). L'enseignant peut, de surcro&#238;t, obstruer le champ de vision de la cam&#233;ra et doit parfois adapter sa position pour laisser la cam&#233;ra filmer certaines parties importantes. &lt;br class='autobr' /&gt; Le contact visuel joue un r&#244;le important quand l'enseignant veut attirer l'attention sur un sujet : il regarde droit dans les yeux quand il parle, et cherche ou fixe des regards. Dans cette configuration, l'enseignant peut ne jamais regarder les cam&#233;ras directement mais se focalisera beaucoup plus naturellement sur l'audience &#224; la place. Ceci peut produire une vid&#233;o tr&#232;s frustrante &#224; regarder, dans laquelle l'enseignant semble avoir des yeux d&#233;viants ou dans le pire des cas des yeux avec un regard vide de sens. Les vid&#233;os produites dans ce contexte peuvent &#233;galement appara&#238;tre moins personnelles pour le spectateur &#224; cause de cette sensation de distance accrue avec l'enseignant. En effet, il peut para&#238;tre manifestement plus int&#233;ress&#233; par son audience que par les cam&#233;ras elles-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant la tr&#232;s importante qualit&#233; audio, une discipline rigoureuse doit &#234;tre &#233;tablie avec l'audience si les interactions sont enregistr&#233;es. Chaque fois qu'un membre du public intervient oralement, le microphone doit &#234;tre pr&#234;t, la personne doit parler clairement dedans, agripper correctement le microphone et doit donner son accord au pr&#233;alable pour participer et &#234;tre enregistr&#233; en vid&#233;o. Bien s&#251;r, tout ceci influence les attitudes, parfois m&#234;me &#224; des niveaux insoup&#231;onn&#233;s, car le comportement humain est diff&#233;rent face &#224; une cam&#233;ra - une influence connue sous le nom d'&#8220;effet exp&#233;rimentateur&#8221; (Constantinou et al, 2008). Enfin, l'enseignant et l'audience savent qu'ils doivent faire des efforts pour &#234;tre enregistr&#233;s correctement ce qui modifie n&#233;cessairement leur comportement naturel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, l'enregistrement d'un environnement &#8220;naturel&#8221; d'enseignement ne peut pas se satisfaire d'une simple reproduction de l'agencement habituel de la salle de classe. Un grand nombre d'adaptations doivent &#234;tre effectu&#233;es et ces adaptations ont un effet significatif sur le contenu du contenu p&#233;dagogique, sur le r&#244;le de l'enseignant et sur le r&#244;le des &#233;tudiants/de l'audience. Des difficult&#233;s parfois insoup&#231;onn&#233;es &#233;mergent de chaque d&#233;tail du dispositif technique n&#233;cessaire aux pratiques d'enregistrement en g&#233;n&#233;ral. Des pratiques tacites (par exemple le contact visuel) acqui&#232;rent une tout nouvelle importance lorsque des processus d'enregistrement les modifient : ce qui &#233;tait habituellement fluide et involontairement, inconsciemment int&#233;gr&#233; dans l'interaction d'enseignement devient maintenant un processus sophistiqu&#233; dont on prend conscience et qui induit des ajustements et des adaptations dont l'impact est fortement sous-estim&#233;. Le r&#244;le des enseignants et des &#233;tudiants est transform&#233;, ainsi que la nature de l'information qu'ils &#233;changent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La production : Enregistrer l'environnement naturel sans audience&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Avoir &#224; enregistrer un &#233;v&#233;nement impliquant des enseignants et la pr&#233;sence d'un public pour une audience en ligne (formation &#224; distance) conduit &#224; un conflit d'int&#233;r&#234;t : d&#233;livrer un contenu &#233;ducatif &#224; la fois pour des &#233;tudiants en ligne et pour une audience frontale (rythme diff&#233;rent, interaction possible, feedback temps r&#233;el). Avoir &#224; enregistrer un &#233;v&#233;nement impliquant des enseignants sans audience physique frontale d&#233;place et focalise le centre d'int&#233;r&#234;t : il devient plus important de d&#233;livrer un contenu &#233;ducatif &#224; des &#233;tudiants uniquement en ligne. L'enseignant peut enregistrer &#224; son propre rythme, plusieurs fois s'il le d&#233;sire, et peut s'appuyer sur la phase de postproduction pour l'aider &#224; choisir les meilleurs moments ou condenser son discours en coupant les longs passages, les parties h&#233;sitantes ou les cafouillages. La phase de postproduction consiste &#224; am&#233;liorer, &#233;diter et mixer diff&#233;rentes pistes (vid&#233;o, audio, animation, graphiques&#8230;) : tout ce qui a &#233;t&#233; enregistr&#233; en phase de production est assembl&#233; pour produire une s&#233;quence vid&#233;o finalis&#233;e. Les erreurs peuvent &#234;tre corrig&#233;es et des effets peuvent &#234;tre ajout&#233;s : effets vid&#233;o, audio, musique. En outre, la vitesse d'&#233;criture sur un tableau est beaucoup plus lente que la vitesse de lecture (orale ou cognitive). Cela signifie qu'il y a un compromis &#224; faire entre la densit&#233; du contenu affich&#233; et la parole ; entre l'explication et la cognition du spectateur. Sans une audience frontale r&#233;active, l'enseignant n'a pas de possibilit&#233; de feedback en temps r&#233;el. Cela le force &#224; &#234;tre beaucoup plus imaginatif dans le but de d&#233;tecter et d'&#233;liminer toute ambigu&#239;t&#233; possible dans le contenu &#233;ducatif. Ces ambigu&#239;t&#233;s viennent de discours impr&#233;cis, d'illustration ou de gestuelle incertaines, d'exemples &#233;quivoques, &#224; plusieurs sens (dont l'interpr&#233;tation g&#233;n&#232;re des repr&#233;sentations tr&#232;s diff&#233;rentes), de termes non d&#233;finis, de concepts flous ou m&#234;me d'&#233;critures illisibles. A cause de la pr&#233;sence de la cam&#233;ra et de l'absence de l'audience, l'enseignant peut para&#238;tre perdu dans son regard, en train de rechercher un contact visuel qui pourrait le rassurer alors m&#234;me qu'il doit fixer directement la cam&#233;ra. L'enseignant peut para&#238;tre perturb&#233; de ne pas pouvoir acc&#233;der &#224; une interactivit&#233; en temps r&#233;el pour poser des questions. Dans un MOOC, il doit, &#224; la place, imaginer et transformer ces questions en QCM ou exercices compl&#233;mentaires de la vid&#233;o. Le feedback est alors beaucoup plus &#233;tal&#233; dans le temps (asynchrone) car la seule fa&#231;on d'y avoir acc&#232;s est de mettre le contenu en ligne, d'inviter le public &#224; son utilisation et de collecter suffisamment de donn&#233;es sur son utilisation. C'est seulement une fois ces &#233;tapes franchies que le travail analytique pertinent pour le feedback de l'enseignant peut d&#233;marrer : par exemple identifier une ambigu&#239;t&#233; en relevant un grand nombre de questions reli&#233;es &#224; une partie du contenu p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La production : enregistrer en studio&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enregistrement en studio repose sur un grand nombre d'instruments techniques permettant le captage de sons, mais aussi d'images du professeur et de son contenu p&#233;dagogique (supports de pr&#233;sentation, &#233;critures, exp&#233;rimentations scientifiques). Les instruments de captage vid&#233;o comprennent des cam&#233;ras de poche, des webcams, des cameras num&#233;riques pour le grand public, des cam&#233;ras professionnelles, des dispositifs d'enregistrement de diffusions t&#233;l&#233;vis&#233;es, des outils de capture d'&#233;cran (camstudio, camtasia, graps, screenflow, snagit&#8230;), des cam&#233;ras portables (GoPro, Lunettes Google). Les instruments d'enregistrement audio comprennent des casques audio/micro bon march&#233;, des webcams, des micros int&#233;gr&#233;s aux ordinateurs portables, des micros cravate, standard ou professionnels, des enregistreurs de poche ou encore des micros de table. La grande vari&#233;t&#233; d'instruments de captage se combine &#224; une diversit&#233; de supports d'&#233;criture. Ces derniers englobent les supports bien connus (paper board, tableau blanc, tableau noir, mais aussi une simple feuille de papier film&#233;e du dessus), mais aussi des outils plus sophistiqu&#233;s. Parmi ceux-ci, on trouve les ardoises film&#233;es du dessus, les tablettes (iPad, tablettes Android), les stylos num&#233;riques, les tablettes graphiques, les tableaux num&#233;riques interactifs. On peut ajouter &#224; cette liste divers types d'&#233;crans permettant de mettre en place des effets d'incrustation (fonds verts notamment), mais aussi l'ensemble du mat&#233;riel de studio, comprenant t&#233;l&#233;prompteurs, cam&#233;ras &#224; bras robotiques, absorbeurs de sons, une grand vari&#233;t&#233; de lampes et lumi&#232;res (spots, lumi&#232;re diffuse, lumi&#232;re d'ambiance). Le studio peut inclure du mobilier comparable &#224; ce qu'utilisent les m&#233;dias professionnels, notamment t&#233;l&#233;visuels, mais aussi des am&#233;nagements sp&#233;cifiques &#224; la mati&#232;re enseign&#233;e (du mat&#233;riel de chimie, des oeuvres d'art ou des instruments de musique). Ces listes ne sont pas exhaustives, mais elles permettent d'identifier le grand nombre de combinaisons possibles entre les divers outils de captation n&#233;cessaires &#224; la fabrication de vid&#233;os p&#233;dagogiques. Chacune de ces combinaisons d&#233;termine fortement les possibilit&#233;s d'action de l'enseignant et de l'&#233;tudiant, mais aussi la nature de l'information p&#233;dagogique transmise. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'une de ces combinaisons, tr&#232;s r&#233;pandue, consiste &#224; limiter l'appareillage technique. Comme le font de nombreux MOOC, dans lesquels les enseignants sont film&#233;s dans leur bureau, dans une biblioth&#232;que ou sur un campus, le professeur peut utiliser ces endroits qui lui sont bien connus comme studio bon march&#233; et relativement peu &#233;quip&#233;. De nombreux MOOC utilise le bureau de l'enseignant, et gu&#232;re plus qu'une webcam et un outil de capture d'&#233;cran - deux dispositifs aujourd'hui largement disponibles &#224; un faible co&#251;t, et faciles &#224; manipuler. Dans cette situation, la production de la vid&#233;o consiste &#224; capter le discours de l'enseignant par webcam, alors que celui-ci fait son cours en face de son &#233;cran (et est susceptible de faire des gestes ou de montrer tel ou tel objet devant la webcam) tout en d&#233;roulant sa pr&#233;sentation &#224; l'&#233;cran (cette pr&#233;sentation &#233;tant enregistr&#233;e par un dispositif de capture d'&#233;cran). Ce sont deux vid&#233;os qui sont alors cr&#233;&#233;es : la vid&#233;o enregistr&#233;e par la webcam, et la vid&#233;o de capture d'&#233;cran. Les deux peuvent &#234;tre diffus&#233;es simultan&#233;ment en utilisant une division d'&#233;cran ou bien la technique PIP (&#8220;picture in picture&#8221;). Dans les deux cas, les deux espaces vid&#233;o sont herm&#233;tiques l'un &#224; l'autre. L'image de l'enseignant est situ&#233;e dans un des deux espaces, et celui-ci ne peut interagir physiquement avec l'autre espace, o&#249; est diffus&#233;e la capture d'&#233;cran (pour montrer de la main une zone importante par exemple). Ceci limite fortement les possibilit&#233;s de d&#233;monstration p&#233;dagogique - un probl&#232;me qui peut &#234;tre r&#233;solu en utilisant un pointeur de souris pour d&#233;signer des zones sur la capture d'&#233;cran d'ordinateur, mais aussi des pointeurs int&#233;gr&#233;s dans les logiciels de pr&#233;sentations (PowerPoint ou Keynote donnent ainsi la possibilit&#233; d'utiliser un pointeur laser virtuel), ou encore des techniques de postproduction (permettant d'introduire des effets de surlignages, des fl&#232;ches graphiques, des effets de &#8220;main invisible&#8221; - une main semi-transparente &#224; travers laquelle on peut voir le contenu p&#233;dagogique utilis&#233; - tels que mis en &#339;uvre par les MOOC de l'EPFL ou ceux d'Udacity). &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme on le voit, la situation la plus simple de l'enregistrement d'un cours vid&#233;o se complique grandement d&#232;s que sont examin&#233;s les dispositifs n&#233;cessaires pour faire fonctionner l'interaction p&#233;dagogique. Des choix aussi anodins que celui d'une souris ou d'un pointeur se r&#233;v&#232;lent cruciaux pour permettre de produire dans la vid&#233;o finale les effets de d&#233;monstrations attendus dans le contenu p&#233;dagogique. Si l'on suit les choix techniques possibles, on verra alors de nouveaux probl&#232;mes &#233;merger, dont les effets sur la relation p&#233;dagogique sont significatifs. Par exemple, si l'enseignant utilise des supports d'&#233;criture num&#233;riques (tels que stylos num&#233;riques ou tablettes), il est alors impossible de d&#233;signer physiquement les zones importantes (de la main ou par l'interm&#233;diaire d'un pointeur physique), mais il est n&#233;cessaire d'employer un pointeur virtuel ou d'ajouter des marques d'&#233;criture (en encerclant les zones concern&#233;es par exemple). Les pointeurs virtuels sont souvent difficilement discernables (des exemples bien connus comprennent les petits pointeurs utilis&#233;s dans les vid&#233;os dites avec un &#8220;style Khan Academy&#8221;), ces pointeurs virtuels tentent de repr&#233;senter l'emplacement d'une main ou d'un doigt mais sont souvent trop petits et presque invisibles. Les vid&#233;os produites pour les MOOC sur la base des supports d'&#233;criture traditionnels (paperboard, tableau blanc ou tableau noir) ou en filmant des feuilles de papier sur lesquelles &#233;crit l'enseignant ont l'avantage de rendre visibles la main et le stylo du professeur, qui peut alors mettre en &#233;vidence physiquement des zones film&#233;es, ce qui peut rendre l'explication plus fluide, notamment lorsque ce sont des mouvements ou des processus complexes qui doivent &#234;tre comment&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un studio &#224; l'&#233;quipement plus sophistiqu&#233;, l'utilisation d'outils professionnels comme les fonds verts (qui permettent de produire des effets de transparence), ou les t&#233;l&#233;prompteurs offrent certes une palette plus large d'options de d&#233;monstration visuelle. Cependant ils requi&#232;rent dans le m&#234;me temps des comp&#233;tences sp&#233;cifiques de la part de l'enseignant, qui se trouve alors dans une situation de captage qui n'a rien &#224; voir avec son exp&#233;rience p&#233;dagogique habituelle. Dans ce dernier cas, l'agencement fonctionne avec un enseignant tr&#232;s sp&#233;cifique, expert de techniques peu r&#233;pandues dans le milieu &#233;ducatif. Si ces conditions ne sont pas remplies, l'effet sur le contenu des vid&#233;os est imm&#233;diat, ce qui appara&#238;t nettement dans certaines vid&#233;os o&#249; l'enseignant tente de d&#233;signer du doigt une zone sp&#233;cifique, avec la m&#234;me difficult&#233; que rencontrerait un pr&#233;sentateur m&#233;t&#233;o inexp&#233;riment&#233;. Dans d'autres cas, on demande &#224; l'enseignement de demeurer aussi immobile que possible de telle sorte qu'aucun contenu visuel important ne soit cach&#233; par ses mouvements. Enfin, la lecture de t&#233;l&#233;prompteurs est un exercice beaucoup plus difficile qu'il n'en a l'air, certaines personnes se sentant fortement perturb&#233;es ou d&#233;sempar&#233;es si ce dispositif leur a &#233;t&#233; impos&#233; sans formation sp&#233;cifique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La description des multiples choix techniques sur lesquels repose la production de vid&#233;o en studio pourrait &#234;tre poursuivie sans peine. Mais les &#233;l&#233;ments rassembl&#233;s ici sont suffisants pour mettre en &#233;vidence le fait que chacun de ces choix impacte directement les formes d'action de l'enseignant, le type de contenu p&#233;dagogique qu'il est capable de produire, et, dans un second cas, les usages possibles de ces vid&#233;os. Non seulement chacun de ces choix est important, mais c'est aussi l'association entre eux qui est crucial : l'agencement ainsi produit d&#233;termine les possibilit&#233;s d'intervention de l'enseignant. Par exemple, le degr&#233; de son immersion varie grandement avec la complexit&#233; de l'appareillage technique du studio - des instruments techniques complexes peuvent interf&#233;rer dans les pratiques de l'enseignant au point de rendre impossibles l'emploi de ses techniques p&#233;dagogiques habituelles. Ceci peut avoir pour corollaire une red&#233;finition du contenu pr&#233;sent&#233;, et, au final, rendre n&#233;cessaires de nouvelles comp&#233;tences de la part de l'enseignant. Plus l'agencement devient complexe, plus la production d'une interaction p&#233;dagogique fluide requiert un r&#233;glage fin, et plus l'expertise de l'enseignant doit s'&#233;tendre vers des domaines techniques qui lui &#233;taient auparavant peu familiers, ou &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; d'autres (techniciens, sp&#233;cialistes de la production vid&#233;o, graphistes ou artistes). Au final, c'est la performance de l'enseignement qui peut elle-m&#234;me &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233;e : dans certaines des vid&#233;os que nous avons examin&#233;es, des acteurs sont engag&#233;s pour jouer le r&#244;le de l'enseignant. Ce dernier cas est une situation extr&#234;me, o&#249; l'agencement permettant la production de vid&#233;o en studio red&#233;finit radicalement le r&#244;le et les pratiques de l'enseignant. Dans tous les cas, cet agencement n'est pas neutre, mais peut transformer les modes de l'interaction p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;V. CONCLUSION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'usage des vid&#233;os pour l'enseignement a &#233;t&#233; &#233;tudi&#233; avant tout sous un angle &#233;valuatif qui ignore la vari&#233;t&#233; des processus de production des vid&#233;os, des pratiques &#233;ducatives, et, au final, des objectifs qui peuvent &#234;tre assign&#233;s aux vid&#233;os &#233;ducatives. Nous avons propos&#233; de rendre compte de cette diversit&#233; en d&#233;crivant les options techniques disponibles pour la production de vid&#233;o et leurs implications en termes de circulation et d'usage. Appara&#238;t alors ce qui demeure souvent dans l'ombre des analyses d'&#233;volutions p&#233;dagogiques comme les MOOC, c'est-&#224;-dire l'infrastructure n&#233;cessaire &#224; la production du mat&#233;riel d'enseignement. Bien souvent ignor&#233;e par les travaux cherchant &#224; &#233;valuer l'impact des vid&#233;os, elle est pourtant cruciale pour comprendre leur valeur p&#233;dagogique. Ainsi, les descriptions propos&#233;es dans les pages pr&#233;c&#233;dentes rendent compte des effets des choix techniques pour la production de vid&#233;os sur les actions possibles des enseignants et des &#233;tudiants et sur les contenus &#233;ducatifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'approche propos&#233;e ici ne fonde pas l'&#233;valuation des vid&#233;os sur des crit&#232;res pr&#233;-d&#233;finis comme la satisfaction per&#231;ue par les enseignants ou les &#233;tudiants, ou encore les &#171; gains de connaissance &#187;. Elle propose en revanche de mettre en relation les composantes des dispositifs sociotechniques avec les r&#244;les et les pratiques des acteurs de l'enseignement. Elle suppose d'entreprendre une description d&#233;taill&#233;e des choix possibles au cours des diff&#233;rentes phases de la production de vid&#233;os, de la pr&#233;paration &#224; la post-production. Son int&#233;r&#234;t est de mettre en lumi&#232;re les effets de diverses composantes de la fabrication du contenu &#233;ducatif, notamment l'espace dans lequel les vid&#233;os sont produites, les outils num&#233;riques permettant de construire les r&#233;cits vid&#233;o, mais aussi des instruments ordinaires tels que les stylos, pointeurs ou feuilles de papier, qui &#233;quipent et contraignent les pratiques d'enseignement. Ainsi, la description des dispositifs sociotechniques qui rendent possible la production de vid&#233;o permet de mettre en &#233;vidence le r&#244;le crucial de ces composantes dans les red&#233;finitions de la p&#233;dagogie que des d&#233;veloppements actuels comme les MOOC sont susceptibles d'introduire. En red&#233;finissant non seulement le contenu p&#233;dagogique mais aussi les comp&#233;tences attendues de la part de l'enseignant, la production de vid&#233;o pour les MOOC peut avoir des effets tr&#232;s profonds sur l'organisation des institutions d'enseignement. La description des agencements sur lesquels repose la production de l'interaction p&#233;dagogique est une porte d'entr&#233;e pour rep&#233;rer certains de ces effets.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;R&#201;F&#201;RENCES&lt;/h3&gt;
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