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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Laurence Marty, Apprendre et lutter au bord du monde : r&#233;cits de mouvements pour la justice climatique, Paris, La De&#769;couverte, 2025, 400 pages.</title>
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		<dc:date>2026-09-09T05:41:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>Antoine Durance</dc:creator>



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&lt;p&gt;Antoine Durance, &#171; Laurence Marty, Apprendre et lutter au bord du monde : r&#233;cits de mouvements pour la justice climatique, Paris, La De&#769;couverte, 2025, 400 pages. &#187;, D&#233;veloppement durable et territoires [En ligne], vol. 17, n&#176;1 | Juillet 2026, mis en ligne le 24 juillet 2026, consult&#233; le 08 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/developpementdurable/27811 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16ptw &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir de la fin des ann&#233;es 2010, l'organisation r&#233;p&#233;t&#233;e d'actions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique49.html" rel="directory"&gt;Transition&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Antoine Durance, &#171; Laurence Marty, Apprendre et lutter au bord du monde : r&#233;cits de mouvements pour la justice climatique, Paris, La De&#769;couverte, 2025, 400 pages. &#187;, D&#233;veloppement durable et territoires [En ligne], vol. 17, n&#176;1 | Juillet 2026, mis en ligne le 24 juillet 2026, consult&#233; le 08 septembre 2026. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/developpementdurable/27811&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/developpementdurable/27811&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/16ptw&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/16ptw&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de la fin des ann&#233;es 2010, l'organisation r&#233;p&#233;t&#233;e d'actions de d&#233;sob&#233;issance civile par plusieurs collectifs &#233;cologistes fait l'objet d'une importante m&#233;diatisation. Dans ce contexte, certains observateurs et militants mettent en avant le caract&#232;re in&#233;dit de ces strat&#233;gies d'action (Massiot, 2019). Cependant, les modes d'action, revendications ou modalit&#233;s d'organisation des collectifs militants ne naissent jamais ex nihilo. Comme le montre la sociologie des mouvements sociaux, l'&#233;mergence de nouvelles mobilisations est plut&#244;t &#224; appr&#233;hender dans la continuit&#233; de pr&#233;c&#233;dentes phases de &#171; cycles de mobilisation &#187; (Tarrow, 1993) et d'organisations collectives mises en veille (Taylor, 1989). Face &#224; ce constat, l'ouvrage de Laurence Marty, issu d'une th&#232;se en anthropologie sociale soutenue &#224; l'ehess en 2021, appara&#238;t pertinent pour comprendre les h&#233;ritages des mouvements &#233;cologistes cit&#233;s ci-dessus. Fond&#233; sur une ethnographie men&#233;e entre 2014 et 2017 au sein de plusieurs collectifs &#233;cologistes en France, ce travail restitue une diversit&#233; de discussions, d'ateliers et d'actions auxquelles l'autrice a particip&#233; durant cette p&#233;riode. Elle s'int&#233;resse en particulier &#224; deux questions centrales : celle du &#171; &#8220;bon moyen&#8221; pour lutter contre le d&#233;r&#232;glement du climat &#187; et celle du &#171; &#8220;bon sujet politique&#8221; du mouvement pour la justice climatique &#187; (p. 17). La premi&#232;re concerne plusieurs d&#233;bats portant sur les modes d'organisation des collectifs, des m&#233;thodes d'action collective ou des revendications port&#233;es par les militants. La seconde interroge la composition des mouvements &#233;cologistes, majoritairement constitu&#233;s de personnes blanches de classes moyenne et sup&#233;rieure, et les conditions d'inclusion de personnes racis&#233;es issues de classes populaires et/ou de pays des Suds, et de leurs revendications, dans ces mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux questions constituent un fil rouge que Laurence Marty tisse au fil des &#171; r&#233;cits &#187; et &#171; ateliers &#187; qui'elle d&#233;crit dans son ouvrage. Prenant la forme d'un journal de terrain, les premiers sont des descriptions d&#233;taill&#233;es, racont&#233;es &#224; la premi&#232;re personne du singulier, de moments v&#233;cus par l'anthropologue : discussions informelles, r&#233;unions, pr&#233;paration d'actions collectives, etc. Plus courts, les ateliers sont &#233;crits &#224; la deuxi&#232;me personne du pluriel (vous) et proposent au lecteur de d&#233;couvrir, comme s'il le suivait lui-m&#234;me, plusieurs ateliers de formation. Ils portent par exemple sur les ph&#233;nom&#232;nes d'&#233;puisement militant ou sur les questions de pouvoirs et de privil&#232;ges. Par cette organisation et ce style d'&#233;criture, cette &#233;tude se distingue ainsi de la plupart des ouvrages de sciences sociales sur les mouvements sociaux. L'ouvrage n'est pas d&#233;coup&#233; en plusieurs chapitres traitant chacun d'un th&#232;me ou d'un objet d'&#233;tude pr&#233;cis, mais est plut&#244;t organis&#233; en diff&#233;rentes p&#233;riodes temporelles. De plus, l'autrice semble moins chercher &#224; analyser des entretiens et observations pour r&#233;pondre aux questions classiques de la litt&#233;rature scientifique qu'&#224; restituer finement les r&#233;flexions, discussions et &#233;motions qu'elle a v&#233;cu et observ&#233; lors de son enqu&#234;te. Pour le justifier, Laurence Marty explique s'inscrire dans une approche de sociologie pragmatique qui insiste sur les exp&#233;riences des acteurs et les formes de r&#233;flexivit&#233; qu'ils mettent en place pour les comprendre (p. 232).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relatant son entr&#233;e sur le terrain &#224; l'&#233;t&#233; 2014, le premier r&#233;cit d&#233;crit ses premiers &#233;changes avec les habitants de l'Aub&#233;pine. Dans ce lieu consacr&#233; au d&#233;veloppement de l'autonomie alimentaire, l'autrice rencontre plusieurs militants. Ceux-ci sont d&#233;&#231;us de l'&#233;chec des mobilisations autour de la cop de Copenhague de 2009, mais continuent n&#233;anmoins &#224; r&#233;fl&#233;chir aux mani&#232;res de continuer &#224; se mobiliser face &#224; la catastrophe &#233;cologique en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me r&#233;cit aborde ensuite les mobilisations men&#233;es en parall&#232;le de la cop21, qui donnent lieu &#224; des conflits autour de la &#171; bonne mani&#232;re de lutter &#187;. Se d&#233;roulant sur pr&#232;s d'un an entre l'hiver 2014 et l'hiver 2015, celui-ci pr&#233;sente les r&#233;unions organis&#233;es pour construire une mobilisation transnationale. Dans ce contexte, la rencontre de collectifs diff&#233;rents aboutit &#224; des d&#233;bats autour des m&#233;thodes d'action entre les personnes en faveur d'une &#171; diversit&#233; des tactiques &#187; et ceux d&#233;fendant uniquement des actions strictement non-violentes men&#233;es &#224; visage d&#233;couvert. Apr&#232;s le troisi&#232;me atelier intitul&#233; &#171; I can't believe we're not talking about race &#187; et portant sur les exp&#233;riences du racisme, le troisi&#232;me r&#233;cit aborde la question du &#171; bon sujet politique &#187; et la difficult&#233; de prendre en compte la question du racisme dans les mobilisations &#233;cologistes. Entre l'automne 2014 et l'hiver 2015, plusieurs &#233;changes participent &#224; l'&#233;mergence du cadrage de la justice climatique en France. Ceux-ci s'inscrivent dans les mobilisations du collectif Toxic Tour Detox 93 (ttd93) auxquelles participe Laurence Marty, mais aussi dans la venue &#224; Paris de la coalition nord-am&#233;ricaine It Takes Roots (itr). &#192; cette p&#233;riode, plusieurs militants mettent en avant la n&#233;cessit&#233; de penser ensemble les questions de racisme et d'&#233;cologie, mais s'opposent sur la vision parfois caricaturale qu'ils ont des &#171; communaut&#233;s affect&#233;es &#187; par ce ph&#233;nom&#232;ne. Certains les per&#231;oivent en effet comme ignorante des enjeux environnementaux et d'autres comme des sujets politiques id&#233;aux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la continuit&#233; de ces r&#233;flexions, le quatri&#232;me r&#233;cit relate un conflit opposant le responsable de la communication d'un collectif avec une nouvelle militante souhaitant partager sur les r&#233;seaux sociaux du groupe des articles per&#231;us comme oppos&#233;s aux valeurs du groupe. Au fil des pages, le r&#233;cit aborde des divergences plus larges opposant le souhait d'&#233;largir les mobilisations &#224; un public le plus large possible &#224; celui de rallier des collectifs d&#233;j&#224; existants, issus des &#171; marges &#187; des mobilisations &#233;cologistes. D&#233;crivant conjointement ses observations et r&#233;flexions personnelles, l'anthropologue nous laisse ici apercevoir sa trajectoire de politisation. Si celle-ci ne sait au d&#233;part comment se positionner dans ce conflit, les discussions men&#233;es avec certaines militantes semble en effet la convaincre d'adopter une &#171; grille d'analyse des rapports de domination &#187; (p. 252) qu'elle d&#233;couvre notamment dans les &#233;crits de Stengers. Celle-ci permettrait en effet de se d&#233;fendre et se prot&#233;ger de ces dynamiques de pouvoir, m&#234;me si elle peut aussi contraindre l'inclusion de personnes ne connaissant pas ces outils r&#233;flexifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le cinqui&#232;me et dernier r&#233;cit pr&#233;sente plusieurs r&#233;unions men&#233;es au printemps 2016 dans l'objectif de construire un cort&#232;ge f&#233;ministe en vue d'une mobilisation d'Ende Gel&#228;nde en Allemagne. On y d&#233;couvre alors les difficult&#233;s inh&#233;rentes &#224; l'organisation collective d'actions et de revendications convenant &#224; toutes les participantes. L'objectif ici est de trouver un nom de collectif et &#224; r&#233;fl&#233;chir aux personnes incluses dans cette action tout en transmettant rapidement les d&#233;cisions prises au &#171; groupe action &#187; charg&#233; de planifier les diff&#233;rents cort&#232;ges. De ce fait, ce r&#233;cit illustre la centralit&#233; des r&#233;unions et discussions dans les activit&#233;s militantes et la difficult&#233; de trouver des consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, cet ouvrage nous permet d'observer en d&#233;tail les multiples activit&#233;s, r&#233;flexions et parfois tensions qui caract&#233;risent l'engagement dans des organisations collectives. Cependant, et comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; (Thabourey, 2025), on pourrait regretter le manque de mention des trajectoires d'engagement et des propri&#233;t&#233;s sociales des militants cit&#233;s. Si Laurence Marty d&#233;fend une approche pragmatiste ne consid&#233;rant pas ces &#233;l&#233;ments &#171; comme des propri&#233;t&#233;s individuelles immuables, mais plut&#244;t comme des choses produites en situation &#187; (p. 232), ceux-ci pourraient &#234;tre utiles pour analyser les rapports sociaux qui se jouent au fil des interactions dans les r&#233;unions et conflits d&#233;crits au fil de l'ouvrage. N&#233;anmoins, ce travail n'en demeure pas moins passionnant pour observer les mobilisations &#233;cologistes. Par le bais de riches descriptions et d'une r&#233;flexion appuy&#233;e par de nombreux travaux de chercheurs et de militants (&#201;milie Hache, Anna Tsing, Starhawk, etc.), l'autrice montre comment &#233;merge le cadrage de la justice climatique, aujourd'hui largement dominant, dans les mobilisations &#233;cologistes fran&#231;aises et souligne les tensions, encore actuelles, inh&#233;rentes &#224; l'inclusion de personnes aux profils, politisations et revendications diff&#233;rentes. On pense ici &#224; la d&#233;nonciation par des collectifs antiracistes des discriminations raciales encore &#224; l'&#339;uvre dans les mouvements &#233;cologistes lors de la derni&#232;re &#233;dition du festival les R&#233;sistantes en 2025 (Celnik, 2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#199;a c'est des journalistes qu'on a eus en entretien avec yfc pendant une heure.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les utilisateurs des institutions qui sont abonn&#233;es &#224; un des programmes freemium d'OpenEdition peuvent t&#233;l&#233;charger les r&#233;f&#233;rences bibliographiques pour lequelles Bilbo a trouv&#233; un DOI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celnik N., Lemaire P. 2025, &#171; Vous &#234;tes tous racistes &#187; : la col&#232;re antiraciste au sein du mouvement &#233;cologiste, Reporterre, 11 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Massiot A., 2019, &#171; Climat : &#8220;Quand les gouvernants nous font d&#233;faut, nous nous rebellons&#8221;, Lib&#233;ration, 8 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thabourey L. , 2025, &#171; Marty (Laurence), Apprendre et lutter au bord du monde : r&#233;cits de mouvements pour la justice climatique, Paris, La De&#769;couverte, 2025, 400 p. &#187;, Politix, n&#176; 150(2), p. 201-206.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taylor V., 1989, &#171; Social movement continuity : The women's movement in abeyance &#187;, American sociological review, vol. 54, n&#176; 5, p. 761-775.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.2307/2117752&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tarrow S., 1993, &#171; Cycles of collective action : Between moments of madness and the repertoire of contention &#187;, Social Science History, vol. 17, n&#176; 2, p. 281-307.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.2307/1171283&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Fond&#233;e en 2002 et publi&#233;e par l'Association DD&amp;T, la revue D&#233;veloppement Durable et Territoires est une revue scientifique qui d&#233;veloppe, &#224; un rythme quadrimestriel, une approche interdisciplinaire (&#233;conomie, science politique, g&#233;ographie, am&#233;nagement, droit, sociologie, ethnologie&#8230;) du d&#233;veloppement durable &#224; l'&#233;chelle du territoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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