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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Pourquoi la procrastination n'a rien &#224; voir avec la paresse &#8211; et comment la surmonter</title>
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		<dc:date>2026-01-09T16:38:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Annemieke Apergis-Schoute, Lecturer in Psychology, Queen Mary University of London</dc:creator>



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&lt;p&gt;Procrastiner ne veut pas dire que l'on manque de force de caract&#232;re. Cela tient plut&#244;t &#224; la capacit&#233; de notre cerveau &#224; g&#233;rer le stress et &#224; un manque de flexibilit&#233;. La bonne nouvelle, c'est que la souplesse n&#233;cessaire pour la surmonter peut s'acqu&#233;rir. &lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart d'entre nous ont d&#233;j&#224; v&#233;cu cette situation : une &#233;ch&#233;ance approche, la t&#226;che est parfaitement r&#233;alisable, mais, au lieu de nous y mettre, nous nous sentons soudainement oblig&#233;s de ranger un tiroir ou de r&#233;organiser les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Procrastiner ne veut pas dire que l'on manque de force de caract&#232;re. Cela tient plut&#244;t &#224; la capacit&#233; de notre cerveau &#224; g&#233;rer le stress et &#224; un manque de flexibilit&#233;. La bonne nouvelle, c'est que la souplesse n&#233;cessaire pour la surmonter peut s'acqu&#233;rir.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt; &lt;p&gt;La plupart d'entre nous ont d&#233;j&#224; v&#233;cu cette situation : une &#233;ch&#233;ance approche, la t&#226;che est parfaitement r&#233;alisable, mais, au lieu de nous y mettre, nous nous sentons soudainement oblig&#233;s de ranger un tiroir ou de r&#233;organiser les applications sur notre t&#233;l&#233;phone. La procrastination peut sembler irrationnelle, vue de l'ext&#233;rieur, mais il est difficile d'y r&#233;sister quand on y est soi-m&#234;me confront&#233;. Bien qu'elle soit souvent consid&#233;r&#233;e comme un manque de discipline, des &lt;a href=&#034;https://compass.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/spc3.12011&#034;&gt;recherches montrent&lt;/a&gt; qu'elle est bien plus li&#233;e &#224; la flexibilit&#233; (ou &#224; la rigidit&#233;) avec laquelle notre cerveau r&#233;agit &#224; l'inconfort et &#224; l'incertitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, la procrastination n'est pas un probl&#232;me de gestion du temps, mais un probl&#232;me de r&#233;gulation des &#233;motions. Les gens ne retardent pas les choses parce qu'ils manquent de comp&#233;tences de planification, mais parce que leur cerveau cherche &#224; &#233;chapper &#224; un &#233;tat int&#233;rieur &#233;motionnel difficile. Lorsque je demande &#224; mes &#233;tudiants pourquoi ils procrastinent, leurs r&#233;ponses sont &#233;tonnamment similaires : &#171; Je ne sais pas par o&#249; commencer &#187;, &#171; Je me sens perdu &#187;, &#171; Je suis anxieux &#187;, &#171; Je me sens d&#233;pass&#233; &#187;. Aucun d'entre eux ne dit &#171; Je m'en fiche &#187; : la procrastination vient g&#233;n&#233;ralement du fait que l'on se soucie trop des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, le ph&#233;nom&#232;ne d'&#233;vitement emp&#234;che le cerveau de se rendre compte d'une r&#233;alit&#233; importante : commencer une action est souvent gratifiant. Le premier pas, aussi petit soit-il, suffit &#224; lib&#233;rer de la dopamine. Cela aide &#224; augmenter la motivation apr&#232;s &#8211; et non, avant &#8211; avoir commenc&#233;. Mais lorsque nous &#233;vitons de nous confronter &#224; la t&#226;che en question, nous ne ressentons jamais ce signal de r&#233;compense, et elle va continuer &#224; nous sembler tout aussi intimidante le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Flexibilit&#233; cognitive&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;La flexibilit&#233; cognitive est la capacit&#233; &#224; actualiser ses attentes lorsque les circonstances changent, &#224; modifier sa strat&#233;gie et &#224; s'affranchir des sch&#233;mas inefficaces. C'est un &#233;l&#233;ment fondamental de l'apprentissage : le cerveau fait des pr&#233;dictions, re&#231;oit de nouvelles informations et s'adapte en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez que vous attendiez un bus coinc&#233; dans les embouteillages. Une personne flexible changera rapidement d'itin&#233;raire pour emprunter la ligne de m&#233;tro qui, si elle correspond habituellement &#224; un trajet plus long, permettra d&#233;sormais d'aller plus vite. Une personne rigide continuera d'attendre, non pas parce qu'elle ignore qu'il existe une alternative, mais parce que changer d'itin&#233;raire lui semble difficile ou &#171; injustifi&#233; &#187;, et que son esprit reste fig&#233; sur son choix initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je constate clairement ce sch&#233;ma dans &lt;a href=&#034;https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10829647/&#034;&gt;mes recherches sur le trouble obsessionnel compulsif&lt;/a&gt; (TOC). Bien que tr&#232;s diff&#233;rent de la procrastination, ce ph&#233;nom&#232;ne implique une difficult&#233; &#224; s'&#233;carter d'une pr&#233;diction initiale, en particulier lorsqu'il y a incertitude ou risque d'erreur. Lorsque le cerveau ne parvient pas &#224; actualiser ses informations, il reste focalis&#233; sur une id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants d'aujourd'hui sont confront&#233;s &#224; une v&#233;ritable temp&#234;te. Les t&#233;l&#233;phones et les r&#233;seaux sociaux &lt;a href=&#034;https://publications.aap.org/pediatricsopenscience/article/doi/10.1542/pedsos.2025-000922/205729/Digital-Media-Genetics-and-Risk-for-ADHD-Symptoms?autologincheck=redirected&#034;&gt;r&#233;duisent leur capacit&#233; d'attention&lt;/a&gt;. Le perfectionnisme amplifie l'autocritique. Et l'anxi&#233;t&#233; atteint des &lt;a href=&#034;https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(23)00188-3/fulltext&#034;&gt;niveaux records dans les universit&#233;s britanniques&lt;/a&gt;. Conjugu&#233;s, ces facteurs affaiblissent la capacit&#233; du cerveau &#224; s'adapter, ce qui est pr&#233;cis&#233;ment la capacit&#233; n&#233;cessaire pour entreprendre une t&#226;che difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue des neurosciences, la procrastination repr&#233;sente un bras de fer entre deux syst&#232;mes. D'un c&#244;t&#233; agissent des m&#233;canismes de d&#233;fense, activ&#233;s lorsqu'une t&#226;che semble incertaine, difficile ou &#233;valuative. Cela donne lieu &#224; des pens&#233;es telles que &#171; Et si c'&#233;tait terrible ? &#187;, &#171; Et si j'&#233;chouais ? &#187; De l'autre intervient le syst&#232;me de r&#233;compense, activ&#233; par tout ce qui procure un sentiment de bien-&#234;tre imm&#233;diat (faire d&#233;filer son fil d'actualit&#233;, ranger, envoyer des messages &#224; ses amis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les m&#233;canismes de d&#233;fense dominent, il peut &#234;tre impossible de se mettre au travail. Pour les esprits rigides, en particulier, le cerveau a du mal &#224; revenir sur sa pr&#233;diction initiale selon laquelle la t&#226;che constitue un danger ou s'av&#232;re insurmontable. L'&#233;vitement devient alors la seule option possible, et le petit soulagement qui est alors ressenti incite le cerveau &#224; r&#233;p&#233;ter ce comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, des recherches montrent que la procrastination &lt;a href=&#034;https://compass.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/spc3.12011&#034;&gt;est essentiellement un rem&#232;de &#224; court terme pour am&#233;liorer l'humeur&lt;/a&gt; : une &#233;chappatoire rapide &#224; un malaise, qui g&#233;n&#232;re elle-m&#234;me davantage de stress par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une g&#233;n&#233;ration, procrastiner exigeait de la cr&#233;ativit&#233;. Il fallait trouver des distractions. Aujourd'hui, ce sont elles qui vous trouvent. Les r&#233;seaux sociaux sont con&#231;us pour d&#233;clencher une recherche de nouveaut&#233; stimul&#233;e par la dopamine. Pour quelqu'un qui est d&#233;j&#224; anxieux ou surcharg&#233;, le t&#233;l&#233;phone devient une &#233;chappatoire omnipr&#233;sente. Comme l'a dit un &#233;tudiant : &#171; Il est plus facile de ne pas faire le travail. &#187; Non pas parce que le travail n'a pas d'importance, mais parce que l'alternative qui lui est propos&#233;e offre une r&#233;compense instantan&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La flexibilit&#233; peut se travailler&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Alors, comment &#233;viter la procrastination ? Il ne s'agit pas de devenir plus disciplin&#233;, mais plut&#244;t de renforcer les syst&#232;mes c&#233;r&#233;braux qui vous permettent de vous mettre au travail. Voici quelques moyens d'y parvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;composez les t&#226;ches&lt;/strong&gt;&lt;br&gt; Divisez le travail en unit&#233;s concr&#232;tes et g&#233;rables : r&#233;digez un titre, r&#233;digez quelques points cl&#233;s ou lisez une page. Cela r&#233;duit la menace per&#231;ue d'une t&#226;che importante et sans contours bien d&#233;finis, et cela procure au cerveau de petites r&#233;compenses r&#233;guli&#232;res sous forme de dopamine &#224; chaque &#233;tape franchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Misez sur les micro-changements&lt;/strong&gt;&lt;br&gt; Les micro-changements sont de minuscules actions initiatrices : ouvrir le document, poser vos notes sur le bureau. Ils ne r&#233;duisent pas la t&#226;che elle-m&#234;me, mais ils interrompent l'&#233;tat de &#171; blocage &#187; et incitent doucement le cerveau &#224; se mettre en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Changez de perspective&lt;/strong&gt;&lt;br&gt; Recadrez la t&#226;che comme si vous conseilliez quelqu'un d'autre : &#171; Que dirais-je raisonnablement &#224; un ami dans cette situation ? &#187; Cela assouplit la pens&#233;e rigide et ax&#233;e sur la menace et aide le cerveau &#224; g&#233;n&#233;rer des interpr&#233;tations alternatives plus souples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;veloppez votre tol&#233;rance &#233;motionnelle&lt;/strong&gt;&lt;br&gt; Le malaise li&#233; au d&#233;marrage atteint rapidement son apog&#233;e, puis diminue. Se le rappeler peut rendre l'&#233;vitement moins irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accordez-vous des r&#233;compenses imm&#233;diates&lt;/strong&gt;&lt;br&gt; Associez la t&#226;che &#224; quelque chose d'agr&#233;able (de la musique, une boisson chaude ou le fait de travailler avec d'autres personnes) afin que la premi&#232;re &#233;tape soit moins p&#233;nible et plus gratifiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensemble, ces strat&#233;gies renforcent la forme de flexibilit&#233; cognitive la plus pertinente pour affronter la procrastination : la capacit&#233; &#224; passer de l'&#233;vitement &#224; l'action lorsqu'une t&#226;che semble inconfortable. D'autres formes de flexibilit&#233; cognitive (telles que le changement de r&#232;gle ou la flexibilit&#233; motrice) peuvent &#233;galement &#234;tre am&#233;lior&#233;es, mais gr&#226;ce &#224; diff&#233;rents types d'entra&#238;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous vous reconnaissez dans les &#233;tudiants qui se disent &#171; anxieux &#187;, &#171; d&#233;pass&#233;s &#187; ou &#171; ne sachant pas par o&#249; commencer &#187;, cela ne signifie pas que vous &#234;tes paresseux. Cela signifie simplement que votre cerveau a du mal &#224; changer d'&#233;tat. La procrastination en dit beaucoup moins sur la volont&#233; que sur la fa&#231;on dont notre esprit g&#232;re l'incertitude et l'inconfort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui est encourageant, c'est que la procrastination n'est pas immuable. La flexibilit&#233; s'am&#233;liore avec la pratique. Chaque fois que vous faites un pas, m&#234;me minime, comme ouvrir le fichier ou &#233;crire la premi&#232;re ligne, vous ne vous contentez pas de progresser dans la t&#226;che. Vous montrez &#224; votre cerveau que commencer est faisable, supportable et souvent gratifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, ces petits changements s'accumulent pour produire quelque chose de puissant : un esprit capable de se diriger vers ce qui compte, plut&#244;t que de fuir l'inconfort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-07845af7-afcad.gif?1767976699' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Annemieke Apergis-Schoute a re&#231;u un financement du Wellcome Trust pour ses pr&#233;c&#233;dentes recherches sur les TOC.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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