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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>De l'agir communicationnel au consensus &#233;cologique. Pour un tournant normatif des recherches acad&#233;miques</title>
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		<dc:date>2025-04-03T08:49:29Z</dc:date>
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		<dc:creator>Marie-Gabrielle Suraud</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cet article pose la question des conditions de prise en compte des enjeux de la transition &#233;cologique par les recherches acad&#233;miques en sciences sociales. Il met en &#233;vidence le d&#233;calage entre la gravit&#233; de la crise &#233;cologique et la capacit&#233; des recherches &#224; fournir des &#233;l&#233;ments de sortie de cette crise. Pour r&#233;duire ce d&#233;calage, il &#233;tudie la possibilit&#233; d'un tournant normatif pour les sciences sociales, ce qui implique de discuter de cadres th&#233;oriques ad&#233;quats. Dans cette optique, et sur la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique31.html" rel="directory"&gt;Revue Fran&#231;aise des Sciences de l'information et de la communication&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article pose la question des conditions de prise en compte des enjeux de la transition &#233;cologique par les recherches acad&#233;miques en sciences sociales. Il met en &#233;vidence le d&#233;calage entre la gravit&#233; de la crise &#233;cologique et la capacit&#233; des recherches &#224; fournir des &#233;l&#233;ments de sortie de cette crise. Pour r&#233;duire ce d&#233;calage, il &#233;tudie la possibilit&#233; d'un tournant normatif pour les sciences sociales, ce qui implique de discuter de cadres th&#233;oriques ad&#233;quats. Dans cette optique, et sur la base de la th&#233;orie de l'agir communicationnel, une approche normative des sciences sociales est susceptible de favoriser une r&#233;orientation des recherches acad&#233;miques dans une vis&#233;e de protection de l'environnement et de la sant&#233;. Pour cela, la notion de consensus &#233;cologique est consid&#233;r&#233;e comme alternative &#224; celle d'acceptabilit&#233; sociale. Cette notion permet d'&#233;tayer l'id&#233;e de transition &#233;cologique de la recherche, qui doit conduire &#224; renouveler les orientations, inter-scientifiques, de la recherche acad&#233;mique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Marie-Gabrielle Suraud, &#171; De l'agir communicationnel au consensus &#233;cologique. Pour un tournant normatif des recherches acad&#233;miques &#187;, Revue fran&#231;aise des sciences de l'information et de la communication [En ligne], 29 | 2025, mis en ligne le 02 avril 2025, consult&#233; le 03 avril 2025. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/rfsic/1682&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/rfsic/1682&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'un probl&#232;me &#233;cologique de m&#234;me que sa dimension durable ne sont plus questionn&#233;es par les sph&#232;res de la d&#233;cision, que ce soit par l'Etat ou par les entreprises. Si les mouvements environnementalistes ont tenu le r&#244;le majeur dans la th&#233;matisation publique de ce probl&#232;me, les sciences sociales y ont &#233;galement contribu&#233; en montrant la sp&#233;cificit&#233; des &#171; nouveaux mouvements sociaux &#187; (Neveu, 2015) vis-&#224;-vis de la th&#233;matique salariale, largement pr&#233;dominante jusqu'aux ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, du point de vue des sciences sociales, un r&#233;chauffement climatique rapide ou une s&#233;cheresse aggrav&#233;e ne peuvent, en tant que tels, constituer le c&#339;ur d'un probl&#232;me socio-&#233;cologique. En effet, la d&#233;monstration de l'apparition et des causes du r&#233;chauffement climatique ou d'un &#233;tat de s&#233;cheresse avanc&#233; rel&#232;ve de disciplines ad hoc en termes de th&#233;ories, observations, calculs et r&#233;sultats, que les sciences sociales ne peuvent ni confirmer ni infirmer. Inversement, les r&#233;sultats issus de ces disciplines ne conduisent pas imm&#233;diatement &#224; caract&#233;riser l'existence d'une crise socio-&#233;cologique. C'est aux sciences sociales qu'il revient d'appr&#233;hender les processus sociaux constitutifs d'une telle crise (Catellani, Pascual Espuny, Malibabo et Jalenques-Vigouroux, 2019 ; Pascual Espuny et Catellani, 2021).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, on parlera de crise socio-&#233;cologique pour qualifier un ensemble de tensions entre, d'une part, la n&#233;cessit&#233; largement th&#233;matis&#233;e de prot&#233;ger l'environnement et, d'autre part, la capacit&#233; &#8211; ou l'incapacit&#233; &#8211; des syst&#232;mes &#233;conomique et politique &#224; prendre des d&#233;cisions susceptibles de rel&#226;cher ces tensions sans en cr&#233;er de nouvelles, sur le niveau de vie notamment. La crise socio-&#233;cologique n'est donc pas seulement charg&#233;e de confrontations r&#233;p&#233;t&#233;es puisque ces derni&#232;res sont r&#233;currentes et structur&#233;es, depuis les ann&#233;es 1960. La crise socio-&#233;cologique r&#233;sulte de la puissance acquise par l'espace civique1 pour faire monter le th&#232;me de l'urgence environnementale et, en m&#234;me temps, de la faiblesse du syst&#232;me pour r&#233;pondre &#224; cette urgence, compte tenu de ses tensions internes. La crise est donc une perturbation, par l'espace civique, des op&#233;rations syst&#233;miques et interroge fortement la continuit&#233; des activit&#233;s &#233;conomiques et politiques existantes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ici, &#171; espace public &#187; renvoie &#224; la th&#233;orie habermassienne. On adoptera (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi peut-on interpr&#233;ter le passage de la notion de d&#233;veloppement durable (D'Almeida, 2004 ; Tremblay, D'Almeida et Libaert, 2018) &#224; celle de transition &#233;cologique, passage qui n'est pas qu'un changement de vocabulaire. Il s'agit d'une tentative de conformer l'activit&#233; &#233;conomique &#224; la crise socio-&#233;cologique, organis&#233;e par le syst&#232;me politique. En effet, alors que la notion de d&#233;veloppement durable a repr&#233;sent&#233; une adaptation aux probl&#232;mes &#233;cologiques, l'id&#233;e de transition &#233;cologique refl&#232;te l'&#233;ventualit&#233; d'une restructuration profonde des fa&#231;ons de vivre, produire et consommer. Cependant, en raison de la polycrise, c'est-&#224;-dire de la d&#233;multiplication des crises : environnementale, mais aussi sanitaire(s), &#233;nerg&#233;tique, socio-&#233;conomique, politico-militaire, le d&#233;placement syst&#233;mique &#224; effectuer pour constituer la transition &#233;cologique se voit fortement interrog&#233;, &#224; toutes les &#233;chelles g&#233;ographiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences sociales offrent de nombreuses interpr&#233;tations, sp&#233;cialis&#233;es ou globales, de l'&#233;mergence et du d&#233;veloppement de ces diff&#233;rents aspects de la crise socio-&#233;cologique (Allard-Huver, 2021). Cependant, elles ne proposent que tr&#232;s rarement des contributions aux possibilit&#233;s d'une sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des raisons de ce d&#233;ficit tient &#224; l'institutionnalisation de la posture acad&#233;mique compr&#233;hensive, largement h&#233;g&#233;monique en sciences sociales, qui vise &#224; d&#233;crire, commenter, comprendre des &#233;volutions ant&#233;rieures. Or, une interpr&#233;tation des &#233;volutions pass&#233;es ne conduit pas m&#233;caniquement &#224; la th&#233;orisation des transformations &#224; engager pour se porter &#224; la hauteur des enjeux &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orientation adopt&#233;e ici ne recouvre pas d'autres recherches se r&#233;f&#233;rant, notamment, &#224; la notion de communication engageante qui est, certes, tourn&#233;e vers le principe d'action et d'utilit&#233; soci&#233;tales (Bernard, 2010) mais aussi et surtout vers le changement comportemental et l'action individuelle. La voie de recherche que l'on se propose de tracer est situ&#233;e en amont et d&#233;tach&#233;e des pratiques comportementales d'ajustement au d&#233;veloppement durable. Pour ne prendre qu'un exemple, tr&#232;s concret, meilleure gestion des d&#233;chets et revendication de leur suppression ne rel&#232;vent pas de la r&#233;flexion men&#233;e ici. C'est la question des conditions th&#233;oriques de faisabilit&#233; de la transition &#233;cologique, qui est abord&#233;e ici, en interrogeant la capacit&#233; des sciences sociales &#224; y contribuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit ainsi de sortir d'une situation paradoxale : (1) d'un c&#244;t&#233;, de nombreux travaux de sciences sociales ont montr&#233; qu'aucune solution techno-scientifique n'est &#224; m&#234;me, &#224; elle seule, de rel&#226;cher les tensions sociales constitutives de la crise socio-&#233;cologique. On sait, par exemple, que l'implantation de grands &#233;quipements d'&#233;nergies renouvelables (fermes solaires, &#233;oliennes, installations de m&#233;thanisation, &#8230;) est syst&#233;matiquement mise &#224; l'&#233;preuve m&#234;me si personne n'en d&#233;nie l'utilit&#233; globale ; (2) de l'autre, m&#234;me si la recherche acad&#233;mique en sciences sociales saisit, souvent, ces contestations comme des manifestations d'opposition ou attire l'attention sur des dimensions sous-estim&#233;es par les d&#233;cideurs, comme la sensibilit&#233; au paysage (Battesti et al., 2018), elle ne va pas jusqu'&#224; produire des connaissances sur les conditions sociales substantielles pouvant pr&#233;sider &#224; la mise en &#339;uvre de la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective peut &#234;tre &#233;labor&#233;e l'id&#233;e d'une transition &#233;cologique de la recherche, dont une des caract&#233;ristiques est d'opter pour une approche normative. Il devient alors possible de montrer que la recherche en sciences sociales est en mesure d'assurer sa propre &#171; transition &#233;cologique &#187; et, en m&#234;me temps, d'accompagner celle des autres familles disciplinaires, en particulier celles de de la mati&#232;re et du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, une telle ambition s'&#233;tend tr&#232;s au-del&#224; du format de cet article qui propose, &#224; ce stade, un programme d'orientation tout en situant, en creux, sa sp&#233;cificit&#233; vis-&#224;-vis de diverses initiatives comme celles des &#171; sciences partag&#233;es &#187;, &#171; citoyennes &#187; &#171; frugales &#187;, ou encore de la low-tech, initiatives issues d'une d&#233;marche plus souvent empirique que th&#233;orique. Pour autant, cet article n'est pas sp&#233;culatif ou scholastique au sens o&#249; il serait d&#233;connect&#233; de tout travail de terrain. En effet, il s'appuie sur de multiples op&#233;rations de recherche, men&#233;es depuis une vingtaine d'ann&#233;es, sur la th&#233;matique des risques environnementaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette recherche s'inscrit, pour la p&#233;riode r&#233;cente, dans les travaux de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en privil&#233;giant une approche communicationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, on pr&#233;sentera, dans un premier temps, l'opposition entre la notion d'acceptabilit&#233; sociale, couramment utilis&#233;e y compris dans diverses recherches acad&#233;miques, et celle de consensus &#233;cologique, form&#233;e &#224; partir de la th&#233;orie de l'agir communicationnel (Habermas 1987a, 1987b). Puis, dans un second temps, on exposera comment la notion de consensus &#233;cologique permet de red&#233;finir, normativement, l'orientation des recherches acad&#233;miques en r&#233;ponse &#224; la crise socio-&#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;I. Construire th&#233;oriquement la notion de consensus &#233;cologique&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est admis que la mont&#233;e des revendications &#233;cologiques dans l'espace civique engendre une pression aussi bien sur la r&#233;gulation de l'activit&#233; &#233;conomique que sur la r&#233;gulation politique / &#233;lectorale. Une indication forte de cette pression est l'expansion de la notion d'acceptabilit&#233; sociale dans les sph&#232;res du syst&#232;me, afin de tenter de circonscrire la contestation. Si cette notion peut &#234;tre critiqu&#233;e et fait l'objet de d&#233;bats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, en particulier, la position de l'INSHS du CNRS (Lettre n&#176; 35, mai 2015).&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, aucune alternative th&#233;orique n'est propos&#233;e ; ce que l'on envisage &#224; travers l'id&#233;e de consensus &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Se d&#233;faire de la notion d'acceptabilit&#233; sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les d&#233;bats publics, la notion d'acceptabilit&#233; sociale occupe une place forte qui s'&#233;tend jusqu'aux milieux des chercheurs en sciences de la mati&#232;re ou du vivant. Elle a donn&#233; lieu &#224; des prises de position au sein de diverses instances acad&#233;miques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette assertion r&#233;sulte d'une exp&#233;rience acquise &#224; travers une participation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence &#224; l'acceptabilit&#233; sociale des d&#233;cisions et des activit&#233;s concern&#233;es est d&#233;sormais inscrite dans les r&#233;f&#233;rences des responsables &#233;conomiques ou politiques et, aussi, dans certains milieux de la recherche acad&#233;mique en Sciences Humaines et Sociales (Simard, 2021), non sans provoquer de l'embarras (Boissonade et al., 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;f&#233;rence peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme une &#233;tape marquante dans l'histoire des modes de prise de d&#233;cision. Elle tient compte de la mont&#233;e des contestations environnementalistes, donc de l'incertitude quant &#224; l'applicabilit&#233; des projets et des d&#233;cisions, syst&#233;matiquement mis &#224; l'&#233;preuve, tout particuli&#232;rement en raison de l'obligation de concertation publique (Blondiaux et Manin, 2021 ; Mercadal, 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la notion d'acceptabilit&#233; sociale est contestable sur un plan th&#233;orique. De par sa doxa, elle rel&#232;ve d'une conception fonctionnaliste et utilitariste des Sciences Humaines et Sociales (Ollivier-Yaniv, 2023) parce qu'elle se place spontan&#233;ment du c&#244;t&#233; des politiques publiques ou d'entreprise et refl&#232;te une d&#233;pendance conceptuelle des recherches vis-&#224;-vis d'une approche par le syst&#232;me (Chaskiel, 2018). Le recours &#224; cette notion s'efforce de cerner, en reprenant un terme consacr&#233;, &#171; les attentes des populations dites impact&#233;es &#187;, attentes dont les d&#233;cideurs doivent tenter de tenir compte pour d&#233;limiter le p&#233;rim&#232;tre des solutions &#224; faire acter. M&#234;me quand les entreprises et/ou les autorit&#233;s politiques prennent en compte les revendications issues des groupes associatifs, elles n'y r&#233;pondent que partiellement en adoptant des mesures limitatives et contr&#244;l&#233;es. Par ailleurs, et c'est l&#224; un des aspects centraux de ces d&#233;marches : l'approche par l'acceptabilit&#233; sociale perp&#233;tue une d&#233;marche pr&#233;supposant que les projets &#224; m&#234;me de r&#233;soudre les probl&#232;mes &#233;cologiques &#233;manent n&#233;cessairement du syst&#232;me. Les sciences sociales serviraient alors, et quasi-uniquement, &#224; &#233;valuer, tester en quelque sorte, la mise en &#339;uvre de ces projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d'acceptabilit&#233; sociale se heurte pourtant &#224; une difficult&#233; majeure. Elle laisse entendre qu'un accord entre les d&#233;cideurs et les non-d&#233;cideurs serait envisageable, sans pour autant en d&#233;montrer, conceptuellement, sa potentialit&#233;. Or, rien ne d&#233;montre la possibilit&#233; de concilier des calculs ou raisonnements &#233;conomiques, au fondement de la politique des entreprises, et des revendications port&#233;es au nom de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, donc communes, partageables et qui, par construction, se forment &#171; quoi qu'il en co&#251;te &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'on observe, par exemple, &#224; travers le refus syst&#233;matique des composantes associatives de l'espace civique, de jouer le jeu de l'acceptabilit&#233; des risques (Suraud, 2007). En effet, les associations se refusent &#224; entrer dans un arbitrage &#233;conomique, entre probabilit&#233; de survenue d'un &#233;v&#233;nement catastrophique et gravit&#233; de ses cons&#233;quences, dans la mesure o&#249; elles s'attachent uniquement aux cons&#233;quences d'une catastrophe et non &#224; sa probabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux postures : gestionnaire et civique, ne sont pas congruentes. Alors que la sph&#232;re des d&#233;cideurs se constitue en gestionnaire des risques, la sph&#232;re civique questionne fondamentalement la raison d'&#234;tre des activit&#233;s &#224; l'origine des risques. Cette divergence se r&#233;v&#232;le particuli&#232;rement forte quand des d&#233;sastres sanitaires, comme celui de l'amiante, affectent des populations civiles apr&#232;s avoir affect&#233; des populations ouvri&#232;res (Henry, 2007), mais elle d&#233;passe le moment d'un conflit sp&#233;cifique. La mont&#233;e de la th&#233;matique des risques du nucl&#233;aire civil dans les ann&#233;es 1960-1970 s'est d'abord appuy&#233;e sur l'&#233;ventualit&#233; d'une catastrophe, avant m&#234;me que surviennent des accidents industriels majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence &#224; la notion d'acceptabilit&#233; sociale refl&#232;te donc, &#224; la fois, la capacit&#233; de l'espace civique &#224; perturber les d&#233;cisions fonctionnelles mais aussi, et surtout, le conservatisme d'une d&#233;marche qui fait du syst&#232;me le point de d&#233;part et d'arriv&#233;e de l'analyse. Ainsi, l'approche par l'acceptabilit&#233; sociale confine la r&#233;ponse syst&#233;mique &#224; de simples ajustements, au d&#233;triment de la formation d'un processus de transition &#233;cologique, caract&#233;ris&#233; par un imp&#233;ratif de restructuration profonde des fa&#231;ons de vivre, de produire et de consommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette approche, on opposera celle qui se r&#233;f&#232;re au concept habermassien de consensus, d&#233;clin&#233; dans celui de consensus &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Placer les exigences universalisables au c&#339;ur du consensus &#233;cologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de consensus, telle qu'elle a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e par Habermas, conduit &#224; transformer radicalement la mani&#232;re d'appr&#233;hender les activit&#233;s de la soci&#233;t&#233; et le sens de leur transformation. Elle conduit &#224; changer l'angle de vue puisqu'elle repose sur le principe selon lequel l'espace civique, o&#249; se d&#233;ploie l'agir communicationnel comme discussion libre, &#233;galitaire et solidaire, doit &#234;tre au fondement des orientations de la soci&#233;t&#233;. Il s'agit d'un parti pris th&#233;orique qui permet, corr&#233;lativement, d'aller au-del&#224; des seules observations et interpr&#233;tations de la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un consensus n'est pas une constatation qu'on pourrait effectuer sans en avoir une d&#233;finition normative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ceci permet de se d&#233;faire de toute interpr&#233;tation qui, renvoyant &#224; la vie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agit de mettre en valeur la puissance civique et sa capacit&#233; &#224; peser sur les tendances du syst&#232;me, plus pr&#233;cis&#233;ment sur ce qui pourrait, dans la soci&#233;t&#233; du capitalisme (tr&#232;s) avanc&#233;, maintenir et &#8211; surtout &#8211; renforcer l'acquis d&#233;mocratique. Ainsi, la formation d'un consensus se distingue conceptuellement d'autres modes d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habermas (Habermas, 1997) diff&#233;rencie le compromis, obtenu &#224; partir de n&#233;gociations, donc de rapports de force, entre les parties syst&#233;miques (politique et &#233;conomique) et le consensus reposant sur des raisons communicationnelles. Si un compromis passe par des n&#233;gociations entre int&#233;r&#234;ts &#224; la fois diff&#233;renci&#233;s et interd&#233;pendants, faute de quoi aucune n&#233;gociation ne pourrait intervenir, pour sa part un consensus se forme en dehors de tout rapport d'argent et de pouvoir. La puissance de l'espace civique r&#233;side dans son ind&#233;pendance symbolique vis-&#224;-vis du syst&#232;me : un point de vue de l'espace communicationnel ne peut &#234;tre ni monnay&#233; ni impos&#233; hi&#233;rarchiquement. M&#234;me si tous les individus d&#233;pendent, mat&#233;riellement, de l'activit&#233; du syst&#232;me et de ses organisations, le processus communicationnel en est, par d&#233;finition, symboliquement ind&#233;pendant. C'est pourquoi Habermas insiste sur l'importance et le poids de la vie symbolique qui se d&#233;ploie &#224; travers la vitalit&#233; de l'espace civique et son aptitude &#224; faire valoir des exigences qu'on qualifiera d'universalisables, dont la protection de l'environnement est une expression aboutie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universalisable &#233;cologique permet d'&#233;noncer une potentialit&#233; en m&#234;me temps qu'une tendance. Il traduit la dimension commune et indivisible, fondamentalement abstraite de tout calcul &#233;conomique ou politico-&#233;lectoral, des exigences civiques qui sont adress&#233;es au syst&#232;me. Toutefois, leur dimension potentiellement universelle n'implique aucunement que le syst&#232;me les prenne spontan&#233;ment en compte dans la mesure o&#249; la continuit&#233; de ses op&#233;rations implique leur traduction fonctionnelle en r&#233;gulations &#233;conomique et politique. Par cons&#233;quent, il n'est nullement envisag&#233;, ou m&#234;me envisageable en raison de la dualit&#233; des espaces sociaux, que l'&#233;mancipation civique supprime toute domination, qu'elle efface les rapports d'argent et de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se peut donc que l'universalit&#233; de la protection de l'environnement ne passe pas dans le syst&#232;me ou, au moins, pas imm&#233;diatement ou pas int&#233;gralement. Il se peut qu'elle progresse mais aussi qu'elle r&#233;gresse en fonction de l'impuissance de l'espace civique &#224; obtenir que toutes ses demandes soient absorb&#233;es par le syst&#232;me. C'est particuli&#232;rement le cas d&#232;s lors que les r&#233;gulations &#233;cologiques menacent le niveau de vie mat&#233;rielle, par exemple en raison de l'arr&#234;t d'activit&#233;s industrielles.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, la r&#233;gulation du syst&#232;me est devenue de plus en plus sensible &#224; l'agir civique &#233;cologique car elle est d&#233;pendante d'une activit&#233; contestataire qui s'exerce de son ext&#233;rieur, sur laquelle elle n'a pas (de) prise, compte tenu de l'ind&#233;pendance de l'espace civique (ind&#233;pendance de ses actions et de ses positions)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut &#233;ventuellement observer que certaines des composantes du mouvement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, dans des r&#233;gimes politiques dictatoriaux, r&#233;pressifs, autoritaires, la possibilit&#233; d'existence de l'espace civique est sans cesse contredite ou menac&#233;e, et le poids de la sph&#232;re civique d&#233;pend des th&#233;matiques soulev&#233;es. Pour autant, la protection de l'environnement peut devenir le ressort de la formation d'une dynamique civique (Thireau, 2014), pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle est susceptible de traverser les fronti&#232;res sociologiques : elle soul&#232;ve des probl&#232;mes qui ne peuvent trouver de solutions &#224; travers la parcellisation de leur traitement. Une position occup&#233;e dans le syst&#232;me peut certes favoriser l'acc&#232;s &#224; un mode de vie mieux prot&#233;g&#233; (Beck, 2001) mais elle ne pr&#233;munit pas de toutes les pathologies environnementales, comme le r&#233;chauffement climatique compte tenu de l'ampleur internationale de ses effets multiples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, la contestation des politiques technologiques ou industrielles, men&#233;e au nom de la protection de l'environnement et de la sant&#233;, perturbe la reconstitution du syst&#232;me. Certes, les changements ne sont pas tous ceux revendiqu&#233;s par les discussions dans l'espace civique, et ils sont variables dans le temps. N&#233;anmoins, ils se formalisent ainsi que l'a montr&#233; le recours &#224; la formule de la transition &#233;cologique venant chapeauter des d&#233;cisions parfois radicales comme l'interdiction de produits tr&#232;s polluants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut citer, pour exemples, le mercure, l'amiante, le plomb, le cadmium, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le consensus (civique) &#233;cologique tient alors un r&#244;le primordial : il pousse &#224; r&#233;clamer des transformations dans la r&#233;gulation environnementale, plus radicale que celles adopt&#233;es de fa&#231;on r&#233;active par le syst&#232;me et qui, manifestement, ne sont pas &#224; la hauteur de la crise &#233;cologique. Dans cette perspective, la recherche en sciences sociales doit se tourner vers l'&#233;laboration des conditions, &#224; la fois g&#233;n&#233;rales et pratiques, dans lesquelles pourrait s'inscrire une politique de transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;II. &#8230;afin d'en faire un levier th&#233;orique pour concevoir la transition &#233;cologique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une des orientations offertes par Habermas &#224; la prise en compte des revendications de l'espace civique par le syst&#232;me a consist&#233; &#224; mettre en avant le medium du droit, concr&#232;tement : la r&#232;glementation (Habermas 1997). Toutefois, cette r&#233;ponse m&#233;rite d'&#234;tre &#233;valu&#233;e et d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. D&#233;passer le droit comme r&#233;ponse aux exigences &#233;cologiques universalisables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches en sciences sociales l'ont bien montr&#233;, la r&#232;glementation a historiquement jou&#233; un r&#244;le de levier sur lequel s'est appuy&#233; l'agir civique dans le domaine des risques environnementaux sans pour autant mettre en p&#233;ril le fonctionnement du syst&#232;me puisque la r&#233;glementation r&#233;sulte, finalement, d'une n&#233;gociation au sein de la sph&#232;re syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#232;glementation &#171; du &#187; d&#233;veloppement durable a bouscul&#233; et, dans certains cas, fortement d&#233;plac&#233; la r&#233;gulation traditionnelle du syst&#232;me, politique ou &#233;conomique, fond&#233;e sur des r&#232;gles ant&#233;rieures relativement stables. La multiplication des directives et r&#232;glements europ&#233;ens de m&#234;me que l'adoption de lois nationales en d&#233;coulant, visant &#224; r&#233;duire les risques de catastrophe ou les pollutions urbaines, ont en effet, modifi&#233; le fonctionnement des installations industrielles. Elles ont, p&#233;riodiquement, durci les contr&#244;les &#233;tatiques en mati&#232;re de respect des normes r&#232;glementaires environnementales. D'une certaine fa&#231;on, ceci appuie la th&#232;se de Habermas selon laquelle le droit est un medium capable de concilier les contraintes fonctionnelles de la r&#233;gulation et le consensus civique tel qu'il se manifeste &#224; travers des exigences universalisables (telle que l'environnement et la sant&#233; par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, puisque le consensus ne peut r&#233;sulter que d'une discussion civique, il est, par construction, non r&#233;gulable et, donc, non r&#233;glementable. La caract&#233;ristique centrale des exigences universalisables est d'&#234;tre, par essence m&#234;me, libres de toute entrave, et en particulier de toute conformation &#224; la r&#233;glementation. M&#234;me si, par r&#233;alisme socio-politique, les associations revendiquent une r&#232;glementation &#233;cologique, leur d&#233;marche ne s'accompagne pas de l'intention in fine, de faire des concessions aux composantes du syst&#232;me. Elles n'ont d'ailleurs aucune raison d'en faire : une composante civique qui se lancerait dans une pseudo-n&#233;gociation avec les d&#233;cideurs ne peut s'engager &#224; ce que sa position soit suivie, que ce soit par ses adh&#233;rents ou, surtout, par la population, dans la mesure o&#249; elle ne dispose, par hypoth&#232;se, d'aucun moyen d'imposer son issue. Si le droit &#171; de &#187; l'environnement s'efforce de r&#233;pondre &#224; des exigences universalisables, il s'agit, en derni&#232;re instance, que de compromis entre les syst&#232;mes politique et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le syst&#232;me politique est soumis &#224; une pression environnementaliste, qui s'est progressivement introduite dans la vie &#233;lectorale en perturbant les crit&#232;res ant&#233;rieurs de repr&#233;sentation : europ&#233;enne, nationale, locale, il s'efforce de g&#233;rer cette pression par l'interm&#233;diaire de d&#233;cisions fonctionnelles ad&#233;quates. Pour cela, le syst&#232;me politique se reporte vers le syst&#232;me &#233;conomique et n&#233;gocie un niveau d'acceptabilit&#233; &#233;conomique de la protection de l'environnement en fonction d'une acceptabilit&#233; politico-&#233;lectorale des d&#233;cisions : interdictions de certaines substances chimiques mais aussi refus d'en interdire d'autres, niveau autoris&#233; de pollution des automobiles et flexibilit&#233; dans l'application de mesures li&#233;es &#224; la circulation, par exemple. Cet &#233;quilibrage des acceptabilit&#233;s &#233;conomique et politique, comme expression des rapports de forces entre ces deux espaces syst&#233;miques, varie dans le temps et dans l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ces n&#233;gociations syst&#233;miques d&#233;pendent de toutes les pressions, internes ou externes, qui s'exercent sur le syst&#232;me, dont la pression environnementaliste n'est qu'une composante parmi d'autres, malgr&#233; sa prise d'ampleur depuis les ann&#233;es 1960. Lorsqu'un compromis r&#232;glementaire &#233;merge au sein du syst&#232;me, rien n'indique, a priori, &#224; quelle &#171; distance &#187; il va se situer vis-&#224;-vis des exigences universalisables. Comme le compromis modifie le fonctionnement du syst&#232;me &#233;conomique (redistribution des cartes entre les entreprises, emplois affect&#233;s, d&#233;bouch&#233;s &#233;volutifs), dont les capacit&#233;s d'adaptation ne sont pas infinies ou, tout au moins, pas instantan&#233;es, la r&#232;glementation repr&#233;sente, d'abord et surtout, un compromis entre l'existant et le devenir, un moyen d'assurer une correspondance entre les pratiques du pass&#233; et les nouveaux enjeux. La r&#232;glementation ne peut donc pas satisfaire pleinement les exigences universalisables pr&#233;cis&#233;ment parce ce que ces derni&#232;res ne tiennent aucun compte des contraintes fonctionnelles de la r&#233;gulation telle qu'elles se pr&#233;sentent &#224; un moment de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi m&#234;me le principe de pr&#233;caution, une forme r&#233;glementaire largement invoqu&#233;e pour bloquer ou freiner les innovations &#233;cologiquement critiquables, s'av&#232;re d'une port&#233;e limit&#233;e. M&#234;me si, dans une litt&#233;rature proche de la perspective adopt&#233;e, on trouve des discussions sur la puissance civique de la pr&#233;caution (Chaskiel 2014), l'exercice de cette puissance d&#233;pend de ses possibilit&#233;s de d&#233;ploiement. La formulation du &#171; dilemme de Collingridge &#187; (Collingridge, 2001) permet de mener une discussion sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dilemme exprime le paradoxe des projets d'activit&#233;s &#224; risques : quand le changement est encore possible (notamment au stade de la conception ou de la maturation), les cons&#233;quences n&#233;gatives d'une technologie ne peuvent &#234;tre ais&#233;ment anticip&#233;es ; mais quand le changement devient n&#233;cessaire, il est devenu (trop) co&#251;teux et (trop) difficile de revenir en arri&#232;re. Cet &#233;nonc&#233; est heuristique puisqu'il interroge la possibilit&#233; m&#234;me de ma&#238;triser les technologies ou, au moins, de les contr&#244;ler compte tenu des leviers disponibles pour l'agir civique (Chambru, 2021 ; Suraud 2013)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;caution ne peut cerner que les technologies qui sont d'ores et d&#233;j&#224; d&#233;tach&#233;es de la recherche fondamentale. Elle est ad&#233;quate lorsque le contr&#244;le social peut cibler des technologies identifiables. C'est le cas pour les OGM, par exemple, dont les applications peuvent se mat&#233;rialiser dans un objet rep&#233;rable : manipulations g&#233;n&#233;tiques cibl&#233;es, cultures agricoles, produits alimentaires &#8230; En revanche, le principe de pr&#233;caution s'av&#232;re inop&#233;rant dans le cas d'avanc&#233;es scientifiques &#171; de rupture &#187;, c'est-&#224;-dire corr&#233;l&#233;es &#224; des technologies g&#233;n&#233;riques, dont le spectre des activit&#233;s et des produits envisageables est tellement large qu'il ne permet pas d'associer ces technologies g&#233;n&#233;riques &#224; un produit ou une activit&#233;. C'est le cas des nanotechnologies qui sont consid&#233;r&#233;es comme une &#171; technologie de rupture &#187;. Dans ce cas, l'id&#233;e qu'un point de non-retour, &#233;conomique et environnemental, pourrait rendre inop&#233;rante toute interruption a posteriori des nanoactivit&#233;s, a incit&#233; les parties civiques &#224; traiter exiger que le probl&#232;me soit trait&#233; le plus en amont possible en interrogeant les politiques de recherche elles-m&#234;mes (Suraud 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc aller chercher ailleurs les moyens d'une prise en compte radicale des exigences &#233;cologiques. C'est dans cette optique que s'inscrit l'id&#233;e de transition &#233;cologique de la recherche. Le d&#233;fi th&#233;orique consiste &#224; en d&#233;terminer les conditions de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Reconcevoir les recherches acad&#233;miques pour sortir de la crise socio-&#233;cologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traiter, normativement, d'une transition &#233;cologique de la recherche ne va pas de soi, aussi bien dans les sciences de la mati&#232;re et du vivant que dans les sciences sociales. M&#234;me s'il existe d'ores et d&#233;j&#224; une litt&#233;rature scientifique, relativement r&#233;pandue, sur l'&#233;coconception, portant sur des technologies &#171; propres &#187; adapt&#233;es au d&#233;veloppement durable, elle rel&#232;ve surtout de la recherche finalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, une discussion sur le moment d'int&#233;gration des exigences &#233;cologiques universalisables dans les pratiques scientifiques elles-m&#234;mes est essentielle en regard de la difficult&#233; de sortir du dilemme de Collingridge. La meilleure mani&#232;re d'y parvenir est de se situer en amont de ce dilemme, en consid&#233;rant les moyens d'une ma&#238;trise &#224; la source des projets technologiques. Ceci implique d'inscrire les exigences &#233;cologiques, tr&#232;s en amont, dans la d&#233;finition des orientations scientifiques. Autrement dit, il s'agit de faire du consensus &#233;cologique un contrepoids au syst&#232;me &#233;conomique ou politique dans la d&#233;finition des programmes scientifiques, par les financements prioritaires et, plus g&#233;n&#233;ralement, par la gouvernance de la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les agendas du d&#233;veloppement durable, &#233;tablis par l'Union Europ&#233;enne, les financements publics ont progressivement inclus la n&#233;cessit&#233; d'une valorisation de la capacit&#233; d'un projet &#224; r&#233;pondre, au moins &#171; sur le papier &#187;, aux enjeux environnementaux. Ainsi, dans le domaine des nanosciences et nanotechnologies plus particuli&#232;rement, la tendance est forte, pour les projets de recherche, de tenir compte des contraintes r&#233;glementaires, tel que le r&#232;glement Reach&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Registration, Evaluation, Authorisation and restriction of CHemicals (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, progressivement sp&#233;cifi&#233; pour les nanomat&#233;riaux. Cependant, compte tenu de ce qui a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment d&#233;velopp&#233;, la r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#232;glementation existante ne peut rester que de faible port&#233;e (Jouzel et Lascoumes, 2011), d'autant plus que l'incertitude sur les risques n'est pas lev&#233;e et peut appeler de nouvelles r&#232;glementations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'une adaptation de l'activit&#233; scientifique aux r&#232;glementations connues, c'est la transformation m&#234;me de l'activit&#233; scientifique, de la production de connaissances scientifiques fondamentales ou appliqu&#233;es (mais non finalis&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La notion d'application d&#233;pend du stade o&#249; se situe la recherche selon les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), qui appara&#238;t comme une solution plausible en vue de r&#233;pondre &#224; l'imp&#233;ratif de transition &#233;cologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;O Il ne sera pas discut&#233;, ici, de la d&#233;croissance comme rem&#232;de &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fa&#231;on tangible pour les disciplines des sciences de la mati&#232;re et du vivant, cette transformation passe par l'int&#233;gration de param&#232;tres suppl&#233;mentaires au stade de la conception ; ceux des effets pour l'environnement et la sant&#233; par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la recherche acad&#233;mique rev&#234;t un statut particulier qui ne la soumet pas spontan&#233;ment ou de mani&#232;re univoque aux politiques institutionnelles de recherche. En effet, elle &#233;chappe en partie aux contraintes institutionnelles, qui ne peuvent totalement imposer des choix de recherche car ces choix sont in fine soumis &#224; la comp&#233;tence de chercheurs dont l'activit&#233; les conduit, de fait, &#224; conserver une certaine autonomie en d&#233;pit des pressions institutionnelles assur&#233;es par le financement ou les carri&#232;res. Le recours &#224; la &#171; perruque &#187;, observ&#233; de longue date dans les laboratoires, pour mener des recherches non institutionnellement programm&#233;es, montre qu'aucune r&#233;gulation politique ou &#233;conomique ne peut strictement s'imposer aux pratiques scientifiques et supprimer l'existence d'un espace d'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question, programmatique, est alors de d&#233;terminer &#224; quelles conditions cet espace d'autonomie rencontre le consensus &#233;cologique port&#233; par l'espace civique, &#233;tant entendu que l'activit&#233; scientifique r&#233;pond &#224; des crit&#232;res propres de validation des r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les observations et les travaux men&#233;s par notre &#233;quipe ces derni&#232;res ann&#233;es permettent de mettre en &#233;vidence que dans certains secteurs scientifiques, une introduction des exigences universalisables comme facteur pr&#233;sidant aux choix des orientations de recherche, au-del&#224; de ce que demande la r&#233;glementation environnementale. Les recherches sur les nanomat&#233;riaux en sont un exemple (Suraud, 2019) : des pratiques, identifiables dans les laboratoires de nanosciences depuis une quinzaine d'ann&#233;es, illustrent la port&#233;e de cette approche. Un mouvement, issu de chercheurs sensibilis&#233;s aux enjeux &#233;cologiques de par leur activit&#233; en sciences du vivant (Kelty, 2009), a ouvert la voie &#224; des approches de type Safe by Design, qui visent &#224; concevoir des nanomat&#233;riaux &#171; s&#251;rs &#187; mais &#233;galement fonctionnels du point de vue de leurs propri&#233;t&#233;s. Cependant, il s'agit de pratiques encore peu stabilis&#233;es institutionnellement et dont la progression dans le milieu acad&#233;mique reste lente, notamment en raison de la n&#233;cessit&#233;, peu valoris&#233;e, de sortir des champs disciplinaires traditionnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On s'appuie ici sur les travaux de l'&#233;quipe-projet PRIME&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, l'int&#233;gration des exigences &#233;cologiques dans les recherches en nanosciences s'accompagne d'un imp&#233;ratif d'inter-scientificit&#233;, c'est-&#224;-dire de coop&#233;rations entre grandes familles scientifiques : de la mati&#232;re, du vivant, du num&#233;rique, de la soci&#233;t&#233;, avant m&#234;me que soit consid&#233;r&#233;e l'id&#233;e d'une maturation technologique. Cet imp&#233;ratif implique un renouvellement des cadres pr&#233;sidant &#224; ces collaborations inter-scientifiques, qui va tr&#232;s au-del&#224; de l'interdisciplinarit&#233; au sein m&#234;me d'une famille disciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie des obstacles au d&#233;veloppement des recherches inter-scientifiques (collaborations entre physique-chimie et sciences du vivant par exemple) est institutionnelle compte tenu du mode de fonctionnement des organismes de recherche : si l'appel &#224; l'inter-sciences est de mise dans les financements publics de la recherche, les instances disciplinaires (sections du CNRS ou du CNU) sont beaucoup plus r&#233;ticentes &#224; cette ouverture. Cependant, ces obstacles sont aussi scientifiques, compte tenu des d&#233;fis th&#233;oriques ou m&#233;thodologiques que chaque discipline doit relever. En effet, les disciplines ne peuvent pas se contenter de cibler une coop&#233;ration sur la co-construction de technologies ou d'objets, ce qui existe d'ores et d&#233;j&#224;. Elles doivent situer leurs coop&#233;rations beaucoup plus en amont, &#224; savoir au stade de la d&#233;finition des orientations de la recherche. Ceci invite &#224; renouveler le moment, le cadre et les formes de la collaboration des familles scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, dans la mesure o&#249; l'on se situe dans une autre perspective que celle de l'observation de l'existant ou de l'ayant-exist&#233;, pour les disciplines de sciences sociales ce d&#233;placement ne peut s'op&#233;rer qu'en adoptant ou en construisant des cadres th&#233;oriques normatifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On se doit de distinguer la normativit&#233; de la th&#233;orie, telle qu'elle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : il s'agit non seulement de pr&#233;d&#233;terminer, au moins relativement, la finalit&#233; des recherches, telle que la protection de l'environnement, mais &#233;galement de quitter la posture compr&#233;hensive pour orienter la recherche vers la d&#233;finition des conditions de r&#233;alisation des objectifs pr&#233;d&#233;termin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ces conditions, normatives et collaboratives, ayant pour objet de d&#233;finir des orientations de recherche que des exigences &#233;cologiques peuvent devenir un crit&#232;re scientifique d&#233;finissant les orientations des recherches. Il reste alors &#224; th&#233;oriser les voies : scientifiques, institutionnelles, politiques, dans lesquelles la recherche acad&#233;mique est susceptible de favoriser cette transition &#233;cologique concernant toutes les familles disciplinaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si les approches compr&#233;hensives, traditionnelles en sciences sociales, sont pertinentes pour rep&#233;rer les freins institutionnels et politiques au d&#233;veloppement d'une recherche acad&#233;mique sur la transition &#233;cologique, elles ne peuvent fournir, en l'&#233;tat, les fondements d'une transition &#233;cologique de la recherche elle-m&#234;me. Un tournant normatif des sciences sociales peut favoriser la r&#233;ponse &#224; ce d&#233;fi, en tra&#231;ant les voies qui permettraient aux disciplines pr&#233;dictives : physique, chimie, biologie, &#8230;, d'int&#233;grer des exigences issues du consensus &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des initiatives institutionnelles ont &#233;t&#233; adopt&#233;es sous des termes divers tels que sciences &#171; citoyennes &#187;, &#171; participatives &#187;, &#171; partag&#233;es &#187;, &#171; frugales &#187;, &#8230; Mais il est indispensable de disposer d'un cadre th&#233;orique sur lequel s'appuyer pour envisager de nouvelles fa&#231;ons de mener des recherches compatibles avec le consensus &#233;cologique. Il revient alors aux sciences sociales et, en particulier aux sciences de la communication qui ont l'opportunit&#233; de disposer de th&#233;orisations ad hoc, d'appuyer les &#233;volutions &#224; op&#233;rer dans les pratiques acad&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;marche, visant &#224; rendre &#233;cologiques les sciences, doit r&#233;sulter de discussions au sein du milieu acad&#233;mique, mais, aussi, entre ce milieu et les groupes porteurs des exigences universalisables (associations et syndicats notamment) pour rendre effective la d&#233;mocratie &#233;cologique dans les recherches acad&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI (Digital Object Identifier) sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les utilisateurs des institutions abonn&#233;es &#224; l'un des programmes freemium d'OpenEdition peuvent t&#233;l&#233;charger les r&#233;f&#233;rences bibliographiques pour lesquelles Bilbo a trouv&#233; un DOI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allard-Huver Fran&#231;ois, &#171; Ce que les SIC font aux controverses environnementales, ce que les controverses environnementales font aux SIC &#187;, Revue fran&#231;aise des sciences de l'information et de la communication [En ligne], 21 | 2021, mis en ligne le 01 janvier 2019, consult&#233; le 01 juin 2023. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/rfsic/10215&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/rfsic/10215&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/rfsic.10215&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/rfsic.10215&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/rfsic.10215&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Battesti Vincent, Geisler Elise, Mager Christophe et Matthey Laurent, &#171; Entre controverses environnementales et projets d'am&#233;nagement : le paysage &#224; l'&#233;preuve des sens &#187;, VertigO - la revue &#233;lectronique en sciences de l'environnement [En ligne], Volume 18 Num&#233;ro 3 | d&#233;cembre 2018, mis en ligne le 5 d&#233;cembre 2018, URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/vertigo/25198&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/vertigo/25198&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/vertigo.25198&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/vertigo.25198&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/vertigo.25198&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beck Ulrich, La soci&#233;t&#233; du risque, Aubier, 2001, 521 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Fran&#231;oise, &#171; Pratiques et probl&#233;matiques de recherche et communication environnementale : explorer de nouvelles perspectives &#187;, Communication et organisation, 37 | 2010, pp. 79-89&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/communicationorganisation.1275&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blondiaux Lo&#239;c et Manin Bernard (dir.), Le tournant d&#233;lib&#233;ratif de la d&#233;mocratie, Paris, Presses de Sciences Po, 2021, 333 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boissonade J&#233;r&#244;me, Barbier R&#233;mi, Bauler Tom, Fortin Marie-Jos&#233;, Fournis Yann, Lemarchand Fr&#233;d&#233;rick et Raufflet Emmanuel, &#171; Mettre &#224; l'&#233;preuve l'acceptabilit&#233; sociale &#187;, VertigO - la revue &#233;lectronique en sciences de l'environnement [En ligne], Volume 16 Num&#233;ro 1 | mai 2016, mis en ligne le 09 mai 2016. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/vertigo/17163&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/vertigo/17163&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/vertigo.17163&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/vertigo.17163&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/vertigo.17163&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catellani Andrea, Pascual Espuny C&#233;line, Malibalo Pudens, Jalenques-Vigouroux B&#233;atrice. &#171; Les recherches en communication environnementale : &#233;tat des lieux et perspectives &#187;, Communication, vol. 36/2 | 2019 [en ligne]. DOI : 10.4000/communication.10559. DOI : 10.4000/communication.10559 DOI : 10.4000/communication.10559&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/communication.10559&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chambru Mika&#235;l, &#171; Introduction du suppl&#233;ment 2021B : Les controverses publiques autour des sciences : fronti&#232;res, conflictualit&#233;s et probl&#232;mes publics &#187;, Les Enjeux de l'Information et de la Communication, n&#176; 22/4, 2021, p. 5 &#224; 10, [en ligne] URL : &lt;a href=&#034;https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2021/supplement-b/introduction-du-supplement-2021b-les-controverses-publiques-autour-des-sciences-frontieres-conflictualites-et-problemes-publics/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2021/supplement-b/introduction-du-supplement-2021b-les-controverses-publiques-autour-des-sciences-frontieres-conflictualites-et-problemes-publics/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaskiel Patrick, &#171; Acceptabilit&#233; sociale &#187;, Publictionnaire. Dictionnaire encyclop&#233;dique et critique des publics. [Mis en ligne le 28 septembre 2018]. Derni&#232;re modification le 19 janvier 2023. Acc&#232;s : &lt;a href=&#034;http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/acceptabilite-sociale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/acceptabilite-sociale&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaskiel Patrick, &#171; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collingridge David, The Social Control of Technology, New York : St. Martin's Press, 1980, 200 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'Almeida Nicole, &#171; De l'environnement au d&#233;veloppement durable, l'institution d'un objet et la configuration d'une question &#187;, Communication &amp; organisation, n&#176; 26, 2004, pp. 12-24. DOI : 10.4000/communicationorganisation.3268&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/communicationorganisation.3268&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habermas J&#252;rgen, Droit et D&#233;mocratie, Gallimard, 1997, 554 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habermas J&#252;rgen, Th&#233;orie de l'agir communicationnel, 1987, Tome 1 et Tome 2, Fayard, Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jouzel Jean-No&#235;l et Lascoumes Pierre, &#171; Le r&#232;glement REACH : une politique europ&#233;enne de l'incertain. Un d&#233;tour de r&#233;gulation pour la gestion des risques chimiques &#187;, Politique europ&#233;enne, 2011/1 (n&#176; 33), p. 185-214. DOI : 10.3917/poeu.033.0185. URL : &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-politique-europeenne-2011-1-page-185.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-politique-europeenne-2011-1-page-185.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/poeu.033.0185&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kelty, Christopher.,. &#8220;Beyond implications and applications : the story of &#8216;Safety by design'&#8221;, NanoEthics 3(2), 2009, pp. 79&#8211;96&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercadal Georges, Le D&#233;bat public : pour quel d&#233;veloppement durable ?, 2012, Paris, Presses de l'ENPC&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mi&#232;ge, B., &#8220;En r&#233;f&#233;rence &#224; une th&#233;orie de l'action&#8221;. Dans : B. Mi&#232;ge, L'information&#8211;communication, objet de connaissance, 2004, Louvain-la-Neuve : De Boeck Sup&#233;rieur, pp. 133-175.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neveu Erik, Sociologie des mouvements sociaux, Paris, La D&#233;couverte, coll. &#171; Rep&#232;res Sociologie &#187;, 2015, 128 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ollivier-Yaniv Caroline, &#171; Doxa de &#8216;l'acceptabilit&#233; sociale' contre la sant&#233; publique &#187;, Questions de communication, 43 | 2023, 195-212.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascual Espuny C&#233;line et Catellani Andrea, &#171; Introduction &#187;, Revue fran&#231;aise des sciences de l'information et de la communication [En ligne], 21 | 2021, mis en ligne le 01 janvier 2021, consult&#233; le 01 juin 2023. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/rfsic/10012&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/rfsic/10012&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/rfsic.10012&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/rfsic.10012&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/rfsic.10012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simard Louis, &#171; L'acceptabilit&#233; sociale : trajectoire d'une nouvelle norme d'action publique &#187;, &#201;rudit Revues Politique et Soci&#233;t&#233;s, Vol. 40, num&#233;ro 3, 2021, p. 3-261.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suraud M.G., &#171; La contestation des &#171; nanos &#187; : red&#233;finir la notion de &#171; politisation de la science &#187;, 2013, Les Enjeux de l'Information et de la Communication, &lt;a href=&#034;http://w3.u-grenoble3.fr/les_enjeux/2013/09Suraud&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://w3.u-grenoble3.fr/les_enjeux/2013/09Suraud&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suraud Marie-Gabrielle, &#171; L'espace public des risques &#187;, Revue Fran&#231;aise des Sciences de l'Information et de la Communication, 4| 2014, &lt;a href=&#034;http://rfsic.revues.org/883&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://rfsic.revues.org/883&lt;/a&gt;, 27.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suraud Marie-Gabrielle, &#8220;Safe by Design to Scientific Changes : Unforeseen Effects of Controversy Surrounding Nanotechnology in France&#8221;, Nanoethics, 2019a 13 : 103. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1007/s11569-019-00343-6&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1007/s11569-019-00343-6&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1007/s11569-019-00343-6&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suraud Marie-Gabrielle, &#171; La transition &#233;cologique des nanosciences : vers une ma&#238;trise des risques &#187;, dans Carr&#232;re Geoffrey, Dumat Camille et Z&#233;lem Marie-Christine (dir.), La fabrique des transitions &#233;cologiques. Permanence et changements, Paris, L'Harmattan, 2019b, 324 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suraud Marie-Gabrielle, De la concertation &#224; la contestation. La catastrophe d'AZF, la Documentation Fran&#231;aise, 2007, 250 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thireau Isabelle, &#171; Les mobilisations collectives pour la d&#233;fense de l'environnement et de la s&#233;curit&#233; alimentaire &#187;, Informations sociales, 2014/5 (n&#176; 185), p. 112-118. DOI : 10.3917/inso.185.0112. URL : &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-informations-sociales-2014-5-page-112.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-informations-sociales-2014-5-page-112.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/inso.185.0112&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tremblay Solange, D'Almeida Nicole, Libaert Thierry (eds.). D&#233;veloppement durable. Une communication qui se d&#233;marque, Montr&#233;al, Presses Universitaires du Qu&#233;bec, 2018. DOI : 10.2307/j.ctv1fxg3d. DOI : 10.2307/j.ctv1fxg3d&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.2307/j.ctv1fxg3d&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ici, &#171; espace public &#187; renvoie &#224; la th&#233;orie habermassienne. On adoptera l'expression d'espace civique pour d&#233;passer l'acception spontan&#233;e d'un espace qui serait essentiellement d&#233;fini par son accessibilit&#233; &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette recherche s'inscrit, pour la p&#233;riode r&#233;cente, dans les travaux de l'&#233;quipe-projet PRIME, &#233;quipe inter-scientifique (chimie, SHS, &#233;co-toxicologie) labellis&#233;e et financ&#233;e par le CNRS pour 3 ans (2021-2023) &#224; la suite d'une sollicitation de CNRS Chimie et CNRS Sciences Humaines et Sociales. Cette &#233;quipe PRIME est co-pilot&#233;e par Flahaut Emmanuel (CIRIMAT) et Suraud Marie-Gabrielle (CERTOP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres op&#233;rations de recherche ont &#233;t&#233; men&#233;es ant&#233;rieurement par l'&#233;quipe sur la Transition Ecologique, notamment dans le domaine de la chimie, des nanosciences ou encore du nucl&#233;aire. Voir notamment : Suraud MG. 2022 ; Suraud MG. 2019a ; Suraud MG. 2019b ; Chaskiel P. et Suraud MG. 2014 ; Suraud MG. 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, en particulier, la position de l'INSHS du CNRS (Lettre n&#176; 35, mai 2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette assertion r&#233;sulte d'une exp&#233;rience acquise &#224; travers une participation &#224; des groupes de travail sur des projets &#233;labor&#233;s, par exemple, en r&#233;ponse &#224; des appels d'offres de site universitaire (type Investissements d'Avenir) ou dans des GDR associant diff&#233;rentes disciplines acad&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ceci permet de se d&#233;faire de toute interpr&#233;tation qui, renvoyant &#224; la vie ordinaire, r&#233;futerait la plausibilit&#233; d'observer une situation id&#233;alis&#233;e de communication.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut &#233;ventuellement observer que certaines des composantes du mouvement associatif vivent de financements d'Etat, mais la suppression de ces financements ne fait que limiter, momentan&#233;ment, l'envergure de la contestation, pas son existence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut citer, pour exemples, le mercure, l'amiante, le plomb, le cadmium, le chrome VI (sauf d&#233;rogations)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Registration, Evaluation, Authorisation and restriction of CHemicals substances. Ce r&#232;glement filtre, de fa&#231;on plus ou moins serr&#233;e, les substances autoris&#233;es &#224; circuler au sein de l'Union Europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La notion d'application d&#233;pend du stade o&#249; se situe la recherche selon les familles scientifiques. Ainsi, la conception de &#171; couches minces &#224; l'&#233;chelle nanom&#233;trique &#187; (en physique) peut simplement viser la spintronique, loin du stade de l'innovation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;O Il ne sera pas discut&#233;, ici, de la d&#233;croissance comme rem&#232;de &#224; la surchauffe de l'environnement, qui se manifeste d'ores et d&#233;j&#224; &#224; travers la p&#233;nurie &#233;conomique ou politique des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On s'appuie ici sur les travaux de l'&#233;quipe-projet PRIME&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On se doit de distinguer la normativit&#233; de la th&#233;orie, telle qu'elle envisag&#233;e par Habermas, et l'injonction normative ou les normes d'action communicationnelle (Mi&#232;ge, 2004) qui s'adressent aux acteurs : les deux &#171; normatifs &#187; sont situ&#233;s sur des plans diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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