<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.innovation-pedagogique.fr/spip.php?id_auteur=14376&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
		<url>https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/siteon0-b9b71.png?1691667292</url>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
		<height>64</height>
		<width>64</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Conditions de vie et exp&#233;rience doctorale en France</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article22019.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article22019.html</guid>
		<dc:date>2025-03-17T09:35:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Giret, Julien Berthaud, Marion Tavant</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Alors que les transformations de l'enseignement sup&#233;rieur et la professionnalisation du doctorat ont fait &#233;merger de nouveaux profils de jeunes chercheurs, cet article vise &#224; &#233;tudier l'hypoth&#232;se d'une forte segmentation des exp&#233;riences doctorales. La satisfaction du doctorat et la sant&#233; mentale sont &#233;tudi&#233;es &#224; partir des conditions de vie des doctorants en tenant compte du mode de financement de la th&#232;se et en proposant six profils de doctorants. Le terrain empirique, s'appuyant sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique33.html" rel="directory"&gt;RIPES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les transformations de l'enseignement sup&#233;rieur et la professionnalisation du doctorat ont fait &#233;merger de nouveaux profils de jeunes chercheurs, cet article vise &#224; &#233;tudier l'hypoth&#232;se d'une forte segmentation des exp&#233;riences doctorales. La satisfaction du doctorat et la sant&#233; mentale sont &#233;tudi&#233;es &#224; partir des conditions de vie des doctorants en tenant compte du mode de financement de la th&#232;se et en proposant six profils de doctorants. Le terrain empirique, s'appuyant sur l'enqu&#234;te &#8220;Conditions de vie des &#233;tudiants 2020&#8221; de l'OVE, pr&#233;sente l'int&#233;r&#234;t d'avoir un &#233;chantillon de 636 doctorants universitaires. Les profils des doctorants apparaissent h&#233;t&#233;rog&#232;nes et pr&#233;caris&#233;s pour certains. Les r&#233;sultats, obtenus &#224; partir de r&#233;gressions logistiques, ont globalement r&#233;v&#233;l&#233; des disparit&#233;s entre les doctorants concernant leurs exp&#233;riences doctorales (satisfaction g&#233;n&#233;rale du doctorat et sant&#233; mentale).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Marion Tavant, Julien Berthaud et Jean-Fran&#231;ois Giret, &#171; Conditions de vie et exp&#233;rience doctorale en France &#187;, Revue internationale de p&#233;dagogie de l'enseignement sup&#233;rieur [En ligne], 41(1) | 2025, mis en ligne le 13 mars 2025, consult&#233; le 17 mars 2025. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/ripes/5971&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/ripes/5971&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/13gp2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/13gp2&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;1. Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La France a connu ces derni&#232;res ann&#233;es une baisse de l'attractivit&#233; en doctorat. Malgr&#233; une forte injonction des pouvoirs publics pour professionnaliser cette formation depuis plusieurs d&#233;cennies (Calmand, 2020), les &#233;tudiants semblent de moins en moins int&#233;ress&#233;s par l'obtention d'un doctorat. Les inscriptions en premi&#232;re ann&#233;e de th&#232;se baissent, surtout pour les &#233;tudiants qui n'ont pas de financement (MESRI, 2024). Des travaux ont montr&#233; que le parcours doctoral est sem&#233; d'emb&#251;ches, pouvant expliquer en partie la baisse significative du nombre de doctorants en France (Castello et al., 2017 ; Sverdlik et Hall, 2020). Avec 70 700 doctorants en 2022 contre 78 500 en 2011, le nombre d'inscriptions en doctorat en France a baiss&#233; de 10 % depuis 2011 (MESRI, 2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les d&#233;bouch&#233;s professionnels du doctorat se transforment : le secteur acad&#233;mique perd notamment de son int&#233;r&#234;t si l'on observe les projets professionnels en fin de th&#232;se. Travailler dans le secteur acad&#233;mique, qui &#233;tait encore l'ambition de plus de deux tiers des doctorants au d&#233;but des ann&#233;es 2000, n'est plus un projet dominant, du fait certainement de la mont&#233;e des emplois &#224; dur&#233;e limit&#233;e dans ce secteur (Calmand et Giret, 2020). Les carri&#232;res en dehors du monde universitaire pourraient alors se normaliser (Sinche, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions de vie et d'&#233;tudes durant le doctorat s'av&#232;rent importantes &#224; prendre en compte pour appr&#233;hender les processus de transition du doctorat vers l'emploi et pour comprendre comment les doctorants mobilisent ces ressources (Bonnal et Giret, 2009 ; Calmand, 2020). Si le processus de formation &#224; la recherche au cours du doctorat semble &#234;tre davantage &#233;tudi&#233; empiriquement, peu de recherches, en France, ont cherch&#233; &#224; expliquer l'exp&#233;rience du doctorat par les conditions de vie des doctorants. Pour &#233;tudier le r&#244;le des conditions de vie, plusieurs types de caract&#233;ristiques sont prises en compte : des caract&#233;ristiques sociod&#233;mographiques (sexe, &#226;ge, nationalit&#233;, situation familiale) et des caract&#233;ristiques li&#233;es au doctorat (fili&#232;re et type d'inscription), &#224; l'origine sociale et au mode de financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains travaux peuvent conduire &#224; accorder une moindre importance aux conditions de financement du doctorat par rapport &#224; d'autres niveaux d'&#233;tudes. D'une part, il est parfois admis que les chercheurs (Stern, 2004) ou m&#234;me les docteurs r&#233;cemment dipl&#244;m&#233;s (Bonnard, 2012) &#171; payent &#187; pour &#234;tre chercheurs : ils seraient moins sensibles &#224; leurs ressources financi&#232;res et notamment &#224; leur salaire, du fait de leur passion pour la recherche. De plus, les doctorants ayant &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s socialement et &#233;conomiquement par au moins cinq ann&#233;es d'enseignement sup&#233;rieur, on peut penser que leur niveau de ressources est plus homog&#232;ne lorsqu'ils s'engagent pour une th&#232;se. Enfin, dans diff&#233;rents pays et notamment en France, les politiques nationales de gestion des &#233;tudes doctorales ont cherch&#233; &#224; r&#233;duire l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des profils de doctorants, en limitant la dur&#233;e des th&#232;ses ou en mettant en place des crit&#232;res &#233;conomiques dans la s&#233;lection des doctorants en fonction de leur nationalit&#233; ou de leur mode de financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, certains de ces crit&#232;res varient fortement entre les traditions &#171; disciplinaires &#187; et les pratiques des &#233;tablissements (Serre, 2015) : l'acc&#232;s au doctorat en sciences humaines et sociales s'inscrit dans des logiques beaucoup plus vari&#233;es que les sciences dites exactes, beaucoup plus r&#233;gul&#233;es par des normes strictes de financement et des dur&#233;es de th&#232;se plus courtes. Par ailleurs, les doctorants sont aussi des &#233;tudiants plus &#226;g&#233;s, souvent d&#233;cohabitants, parfois en couple, avec donc, des besoins diff&#233;rents des autres &#233;tudiants, qui peuvent de plus &#233;voluer tout au long de la th&#232;se. Le cumul de diff&#233;rentes activit&#233;s r&#233;mun&#233;ratrices, parfois li&#233;es &#224; leur th&#232;se, parfois compl&#232;tement disjointes, peut &#233;galement conduire certains doctorants &#224; des situations de vuln&#233;rabilit&#233; qui affectent leur sant&#233; mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche pr&#233;sent&#233;e ici se propose d'explorer un enjeu important du parcours doctoral en examinant dans quelle mesure les conditions de vie des doctorants, en particulier le mode de financement, influencent leur exp&#233;rience doctorale, qu'il s'agisse de leur satisfaction globale &#224; l'&#233;gard du doctorat, mais aussi de leur sant&#233; mentale durant la th&#232;se. En s'int&#233;ressant &#224; ces facteurs, cette recherche contribue &#224; approfondir la compr&#233;hension des d&#233;fis auxquels les doctorants sont confront&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un &#233;tat des lieux des travaux ayant abord&#233; ces facteurs dans la recherche, cet article propose une analyse secondaire des donn&#233;es issues de l'enqu&#234;te &#171; Conditions de vie des &#233;tudiants 2020 &#187; de l'Observatoire national de la Vie Etudiante (OVE). A partir d'un sous-&#233;chantillon de 636 doctorants inscrits en France, nous proposons une typologie des doctorants &#224; partir du financement d&#233;clar&#233; (financement sp&#233;cifique &#224; la th&#232;se ou non, activit&#233; salari&#233;e ou non, etc.). Nos analyses permettent d'apporter des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse en vue de mieux comprendre le r&#244;le des conditions de vie dans l'exp&#233;rience doctorale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;2. Une diversit&#233; des exp&#233;riences doctorales au prisme des conditions de vie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1. Des modes de financement doctoral h&#233;t&#233;rog&#232;nes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs travaux empiriques, qui se fondent essentiellement sur des enqu&#234;tes statistiques, ont mis en &#233;vidence en France des parcours diversifi&#233;s en fonction des conditions d'exercice de la th&#232;se et de son mode de financement (Mangematin, 2000 ; Pommier et al., 2022 ; Vourc'h, 2010). Le rapport du R&#233;seau National de Coll&#232;ges Doctoraux (RNCD)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le R&#233;seau National de Coll&#232;ges Doctoraux (RNCD, France PhD) est la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui s'appuie sur une enqu&#234;te transitant par l'ensemble des coll&#232;ges doctoraux en France, indique que, bien qu'une majorit&#233; de doctorants b&#233;n&#233;ficient d'un financement sp&#233;cifique pour leur th&#232;se, tous n'ont pas l'assurance de percevoir une bourse de recherche ou des revenus suffisants : par exemple, 29 % des 81 % qui b&#233;n&#233;ficient d'un financement sp&#233;cifique se d&#233;clarent en situation financi&#232;re difficile (Pommier et al., 2023).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir d'enqu&#234;tes un peu plus anciennes sur un &#233;chantillon plus limit&#233; de doctorants, Vourc'h (2010) souligne &#233;galement l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des conditions de financement. Il propose une typologie distinguant trois profils de doctorants : les financ&#233;s dans le cadre du doctorat, les salari&#233;s et ceux sans financement. Les doctorants financ&#233;s (56,4 %) disposent de ressources ou d'allocations directement li&#233;es &#224; leur doctorat (contrat doctoral, ATER, bourse d'Etats &#233;trangers, financement d'entreprises priv&#233;es, etc.). Pr&#232;s de neuf doctorants financ&#233;s sur dix sont inscrits en sciences, tandis que moins d'un doctorant financ&#233; sur trois r&#233;alise son doctorat en sciences humaines et sociales, o&#249; les parcours sont moins souvent enti&#232;rement financ&#233;s par des ressources sp&#233;cifiques (Bataille et al., 2022). Les doctorants salari&#233;s (31,3 %) exercent majoritairement au moins une activit&#233; salari&#233;e &#224; mi-temps pendant six mois par an, avec une r&#233;mun&#233;ration m&#233;diane de 1 500 euros. Certains travaillent aussi de fa&#231;on occasionnelle pour une r&#233;mun&#233;ration m&#233;diane de 300 euros. Parmi ces doctorants salari&#233;s, environ un tiers vient de la profession enseignante et un quart est cadre ou exer&#231;ant une profession lib&#233;rale. Les doctorants en sciences humaines et sociales, souvent confront&#233;s &#224; des difficult&#233;s de financement, doivent majoritairement occuper une ou plusieurs activit&#233;s salari&#233;es en parall&#232;le (Pommier et al., 2023 ; Vourc'h, 2010). Les doctorants sans financement (12,3 %), peu repr&#233;sent&#233;s en sciences, rencontrent des conditions difficiles pour r&#233;aliser leur th&#232;se, malgr&#233; un soutien financier familial plus important. Environ la moiti&#233; des doctorants non financ&#233;s sont des &#233;tudiants &#233;trangers (originaires principalement des pays d'Asie et d'Afrique), qui connaissent des parcours marqu&#233;s par la pr&#233;carit&#233; (Bataille et al., 2022). Vourc'h (2010) fait reposer sa typologie, plus d&#233;taill&#233;e, sur la fr&#233;quentation des doctorants dans leur universit&#233; : les doctorants professionnels (29 %) financ&#233;s et travaillant souvent dans leur universit&#233; de rattachement ; les doctorants solitaires financ&#233;s (25 %) travaillant occasionnellement dans leur universit&#233; ; les doctorants solitaires non financ&#233;s (37,2 %) se rendant rarement dans leur structure de rattachement ; et, de fa&#231;on plus marginale, les doctorants non financ&#233;s int&#233;gr&#233;s au sein de leur laboratoire de recherche (6,5 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'appuyant sur les donn&#233;es fournies par les doctorants de l'Universit&#233; Grenoble Alpes sur ADUM entre 2017 et 2021, Bataille et al. (2022) reconstituent les parcours de financement de th&#232;se. La plateforme ADUM permet aux doctorants de renseigner jusqu'&#224; trois p&#233;riodes de financement diff&#233;rentes tout au long de leur doctorat. Cette possibilit&#233; a permis aux chercheurs de construire une typologie prenant en compte non seulement la date de la soutenance, mais aussi le type et la dur&#233;e des financements, offrant ainsi une perspective longitudinale sur l'ensemble du parcours doctoral. Cinq groupes majoritaires se d&#233;gagent :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les doctorants avec un financement acad&#233;mique pendant trois ans et une soutenance quasi imm&#233;diate apr&#232;s la fin du financement (46,2 %) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les doctorants avec un financement non acad&#233;mique et une soutenance pr&#233;vue rapidement apr&#232;s la fin du financement (15,4 %) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les doctorants caract&#233;ris&#233;s par un parcours mixte, b&#233;n&#233;ficiant d'un financement acad&#233;mique pendant trois ans, suivi d'une p&#233;riode sans financement et d'une soutenance au bout de six ann&#233;es de th&#232;se (12,7 %) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les doctorants qui connaissent une alternance entre des p&#233;riodes financ&#233;es (financement non acad&#233;mique ou de l'enseignement secondaire) et des p&#233;riodes non financ&#233;es, &#224; la fin desquelles la soutenance n'est pas toujours assur&#233;e (10,1 %) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les doctorants qui abandonnent en moins de six ans, voire d&#232;s la fin de la premi&#232;re ann&#233;e (9,7 %).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les doctorants concern&#233;s par des parcours de th&#232;se mixtes (groupe 3) et non financ&#233;s (groupe 4) vivent davantage dans des situations de pr&#233;carit&#233; financi&#232;re et sont marqu&#233;s par un fort sentiment d'incertitude quant &#224; leurs ressources financi&#232;res. Ces parcours entrainent de nombreuses pr&#233;occupations concernant leur avenir social et professionnel, incluant des incertitudes sur les conditions mat&#233;rielles de vie, leur avenir professionnel apr&#232;s la th&#232;se (obtention d'un poste titulaire au sein de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche) et leur avenir familial (Bataille et al., 2022). Ces incertitudes sont accentu&#233;es par des sacrifices mat&#233;riels et relationnels, ainsi que par la pr&#233;carisation croissante du monde de la recherche (contrats d'enseignement pendant le doctorat, post-doctorat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;carit&#233; financi&#232;re, associ&#233;e &#224; une pr&#233;carit&#233; sociale (faibles soutiens familiaux et amicaux, difficult&#233;s d'int&#233;gration), expose les doctorants &#224; une pr&#233;carit&#233; doctorale et une vuln&#233;rabilit&#233; sociale multidimensionnelle (Bataille et al., 2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2. L'exp&#233;rience doctorale &#224; l'&#233;preuve de la sant&#233; mentale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les questions strictement financi&#232;res, l'exp&#233;rience doctorale, g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;e comme &#233;prouvante tant sur le plan professionnel que personnel (Haag et al., 2018), se retrouve mise &#224; l'&#233;preuve lorsque le doctorant souffre d'isolement et de manque de sociabilit&#233; (Janta et al., 2014). Il n'est pas rare que les doctorants soient touch&#233;s par des syndromes de d&#233;pression, d'autant plus s'ils sont inscrits en sciences humaines et sociales (Chao et al., 2015). Depuis de nombreuses ann&#233;es, il est admis que les &#233;motions n&#233;gatives sont au c&#339;ur de l'exp&#233;rience du doctorat (Offstein et al., 2004), favorisant un sentiment de mal-&#234;tre chez les doctorants et des conditions de r&#233;alisation de la th&#232;se plus rudes (Nyquist et al., 1999). Dans de nombreux pays, les doctorants rencontrent des probl&#232;mes de sant&#233; mentale, souffrant de troubles du sommeil et de niveaux &#233;lev&#233;s de stress, d'anxi&#233;t&#233; et de d&#233;pression (Bolotnyy et al., 2022 ; Haag et al., 2018). Par exemple, des recherches montrent que 27 &#224; 57 % des doctorants ressentent un niveau de stress &#233;lev&#233; (Haag et al., 2018 ; Marais et al., 2018). Les th&#233;sards sont deux fois plus &#224; risque de souffrir de probl&#232;mes de sant&#233; mentale par rapport aux employ&#233;s de niveau d'&#233;tudes similaire et aux &#233;tudiants des premiers et deuxi&#232;mes cycles (Levecque et al., 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes de sant&#233; mentale chez les jeunes sont &#224; prendre au s&#233;rieux en raison de leurs r&#233;percussions significatives (Solmi et al., 2022). En effet, une mauvaise sant&#233; mentale affecte n&#233;gativement les relations, le bien-&#234;tre, les performances et l'engagement professionnel (Levecque et al., 2017). Cependant, identifier les facteurs contribuant aux probl&#232;mes de sant&#233; mentale est complexe en raison de leur multiplicit&#233;. La litt&#233;rature souligne des facteurs li&#233;s &#224; l'individu et &#224; l'environnement social et professionnel du doctorant (Berry et al., 2020, 2021). Ceux qui d&#233;crivent une exp&#233;rience doctorale n&#233;gative mentionnent un encadrement de th&#232;se insatisfaisant, un manque de progr&#232;s dans leurs recherches, des difficult&#233;s d'int&#233;gration au sein de la communaut&#233; de recherche et un manque de soutien de la part des pairs, des incertitudes li&#233;es &#224; leur avenir professionnel, des difficult&#233;s mat&#233;rielles et financi&#232;res, ainsi qu'une pression pour atteindre l'excellence au d&#233;triment du bien-&#234;tre (Bolotnyy et al., 2022 ; Berry et al., 2020 ; Marais et al., 2018 ; Pyh&#228;lt&#246; et al., 2012). Ils se heurtent &#233;galement &#224; des difficult&#233;s li&#233;es &#224; l'autonomie, l'isolement, la gestion du temps et de leur projet de recherche, ainsi qu'&#224; l'&#233;quilibre entre vie professionnelle et vie personnelle (Pyh&#228;lto et al., 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15Alors que les enqu&#234;tes sur la sant&#233; physique et mentale per&#231;ue se concentrent principalement sur un public &#233;tudiant traditionnel plut&#244;t que sur le public doctorant, nous proposons ainsi d'&#233;tudier certains aspects de la sant&#233; mentale des jeunes chercheurs, ainsi que leur satisfaction vis-&#224;-vis du doctorat, soit deux aspects de l'exp&#233;rience doctorale, en les confrontant &#224; des facteurs li&#233;s de leurs conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;3. Exp&#233;rience doctorale et conditions de vie, quels liens ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.1. Probl&#233;matique et hypoth&#232;ses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches sur les doctorants se concentrent de plus en plus sur le v&#233;cu pendant le doctorat. Cependant, la majorit&#233; de ces &#233;tudes s'int&#233;resse principalement &#224; leur projet professionnel, leurs relations avec l'&#233;quipe encadrante, aux abandons pendant la th&#232;se, aux pratiques acad&#233;miques ou encore aux transformations de l'enseignement sup&#233;rieur (Matos, 2013 ; Mohib et al., 2022 ; Trafford et Leshem, 2009). Cette recherche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce travail s'inscrit dans le cadre d'un projet plus large portant sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; propose une approche diff&#233;rente, mais compl&#233;mentaire, en &#233;tudiant l'exp&#233;rience doctorale &#224; travers les conditions de vie des doctorants et en se concentrant principalement sur le mode de financement de la th&#232;se. Il s'agit de d&#233;terminer dans quelle mesure l'exp&#233;rience doctorale est influenc&#233;e par les conditions de vie des doctorants et leur mode de financement. Autrement dit, ce travail analyse l'effet des conditions de vie sur les exp&#233;riences doctorales, en cherchant &#224; identifier les profils de doctorants qui favorisent une exp&#233;rience positive du doctorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous basant sur les travaux de Calmand (2020), notre hypoth&#232;se est qu'il existe une forte segmentation des publics doctorants : le parcours doctoral, comme d'autres parcours dans l'enseignement sup&#233;rieur, est un espace &#171; segment&#233; et hi&#233;rarchis&#233; &#187; (Verley et Zilloniz, 2010). Il se caract&#233;rise d'abord par une s&#233;lection scolaire et sociale &#224; l'entr&#233;e du doctorat, par un d&#233;coupage entre diff&#233;rents espaces de socialisation au sein ou en dehors de l'universit&#233; et par des projets professionnels vari&#233;s susceptibles d'influencer leur rapport aux &#233;tudes et leur avenir professionnel. Cet espace s'inscrit &#233;galement dans des diff&#233;renciations disciplinaires assez marqu&#233;es, notamment entre les sciences exactes et les sciences humaines et sociales. Les profils des doctorants, les dur&#233;es de th&#232;se, les exigences de financement diff&#232;rent, m&#234;me s'il existe une pression sur les &#233;coles doctorales en sciences humaines et sociales pour aligner leurs conditions de th&#232;se sur celles des sciences exactes. Enfin, les caract&#233;ristiques sociod&#233;mographiques des &#233;tudiants sont essentielles pour comprendre cette segmentation, en distinguant les diff&#233;rences genr&#233;es, les diff&#233;rences d'&#226;ge, de nationalit&#233;, de parcours et d'origine sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de poursuivre ou, au contraire, d'abandonner le doctorat, repose sur une multitude de facteurs. Parmi les raisons fr&#233;quemment &#233;voqu&#233;es figurent les ressources financi&#232;res, l'int&#233;gration au sein du laboratoire de recherche, ainsi que l'&#233;tat de sant&#233; physique et mentale des doctorants (Gardner, 2008 ; Hunter et Devine, 2016). Une attention particuli&#232;re doit &#233;galement &#234;tre port&#233;e &#224; la qualit&#233; des relations entre le doctorant et son (ou ses) encadrant(s), qui joue un r&#244;le d&#233;terminant &#224; toutes les &#233;tapes du parcours doctoral, depuis le recrutement jusqu'&#224; la transition vers le projet professionnel (Denis et Lison, 2023). Selon Sverdlik et al. (2018), cette relation constituerait m&#234;me le facteur externe ayant l'influence la plus marqu&#233;e sur l'exp&#233;rience doctorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#233;tude, nous explorons le lien entre l'exp&#233;rience doctorale et les conditions de vie. Si la satisfaction et la sant&#233; mentale des doctorants d&#233;pendent d'un ensemble de facteurs complexes et interd&#233;pendants, nous avons choisi de nous concentrer sp&#233;cifiquement sur les conditions de vie, en mettant particuli&#232;rement l'accent sur les modes de financement. Les conditions de vie des doctorants sont ici d&#233;finies &#224; travers leur profil, qui inclut le type de financement de leur th&#232;se, leur type d'inscription en doctorat (fili&#232;re et formation), ainsi que leurs caract&#233;ristiques sociod&#233;mographiques (&#226;ge, sexe, nationalit&#233;, origine migratoire, situation familiale) et leur origine sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'exp&#233;rience doctorale soit multidimensionnelle, notre analyse s'articule autour de deux aspects cl&#233;s : la satisfaction g&#233;n&#233;rale du doctorat et trois dimensions sp&#233;cifiques de la sant&#233; mentale (nervosit&#233;, tristesse et d&#233;couragement). Nous formulons l'hypoth&#232;se que ces conditions de vie, en particulier le mode de financement et certaines caract&#233;ristiques personnelles, constituent une dimension essentielle parmi d'autres, susceptibles d'influencer la satisfaction et la sant&#233; mentale des doctorants.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;3.2. Les donn&#233;es utilis&#233;es : l'enqu&#234;te de l'Observatoire de la Vie Etudiante (2020)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrain empirique de cet article s'appuie sur les donn&#233;es de l'enqu&#234;te Conditions de Vie 2020 (CDV) de l'Observatoire national de la Vie Etudiante (OVE)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'acc&#232;s aux donn&#233;es de cette enqu&#234;te s'est fait dans le cadre d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tous les trois ans, l'OVE r&#233;alise une enqu&#234;te nationale par questionnaire aupr&#232;s d'&#233;tudiants inscrits dans un &#233;tablissement d'enseignement sup&#233;rieur fran&#231;ais, couvrant un large &#233;ventail de profils sociod&#233;mographiques et de fili&#232;res d'&#233;tudes, y compris les doctorants. Les r&#233;ponses sont recueillies &#224; l'aide d'un questionnaire en ligne standardis&#233;. Pour assurer une meilleure repr&#233;sentativit&#233; de l'&#233;chantillon au niveau national, l'&#233;chantillonnage est al&#233;atoire et stratifi&#233; et les donn&#233;es brutes sont pond&#233;r&#233;es &#224; partir d'informations sur les inscriptions des &#233;tudiants transmises par le minist&#232;re en charge de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette enqu&#234;te pr&#233;sente l'int&#233;r&#234;t d'avoir un sous-&#233;chantillon de 636 doctorants universitaires (hors disciplines de sant&#233;), interrog&#233;s de mani&#232;re assez fine sur leur parcours universitaire, leurs caract&#233;ristiques sociod&#233;mographiques, leurs conditions de vie et leur satisfaction. Si l'enqu&#234;te n'est pas sp&#233;cifique aux doctorants dans ses questionnements, elle permet de faire le lien, comme pour tous les &#233;tudiants, entre activit&#233; professionnelle et conditions d'&#233;tudes. L'enqu&#234;te de l'OVE, permet notamment de diff&#233;rencier quatre types de doctorants : (1) ceux financ&#233;s principalement par une allocation de recherche ou une autre allocation d&#233;di&#233;e, (2) ceux ayant une activit&#233; principale salari&#233;e, (3) ceux ayant des emplois occasionnels et (4) ceux sans allocation de recherche, ni activit&#233; salari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons une l&#233;g&#232;re pr&#233;dominance de femmes (54,6 %) par rapport aux hommes (45,4 %) dans l'&#233;chantillon, avec une proportion particuli&#232;rement &#233;lev&#233;e de femmes (62,4 %) dans le domaine &#171; Lettres, SHS, Langues, Arts &#187;. La r&#233;partition est &#233;quilibr&#233;e dans les fili&#232;res &#171; Droit, Economie, Gestion, Sciences politiques &#187; et &#171; Sciences, STAPS &#187;, bien que le rapport du R&#233;seau National des Coll&#232;ges Doctoraux (RNCD) indique un nombre plus important d'hommes en sciences. Une majorit&#233; de doctorants effectue leur th&#232;se en &#171; Sciences, STAPS &#187; (42,8 %) et en &#171; Lettres, SHS, Langues, Arts &#187; (37,9 %), tandis que 17,3 %, sont inscrits en &#171; Droit, Economie, Gestion, Sciences politiques &#187;. Environ 67 % des doctorants sont en formation initiale et un peu moins d'un tiers en reprise d'&#233;tudes. Les trois quarts des doctorants sont de nationalit&#233; fran&#231;aise et 33,5 % sont d'origine immigr&#233;e (un ou deux parents immigr&#233;s). De plus, 32,4 % ont au moins un parent cadre et la majorit&#233; a des parents dipl&#244;m&#233;s de l'enseignement sup&#233;rieur (42,2 % pour le p&#232;re et 37,4 % pour la m&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.3. Outils de mesure et d'analyse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'&#233;tablir une typologie fond&#233;e sur le mode de financement, il est essentiel de croiser diverses informations concernant la nature de l'activit&#233; salari&#233;e des doctorants, leur temps de travail et les aides per&#231;ues. Cette approche est cruciale, car, par exemple, une bourse ou une allocation de recherche peut ne pas suffire pour un doctorant &#233;tranger, qui doit alors compl&#233;ter ses revenus par d'autres activit&#233;s potentiellement concurrentes avec sa th&#232;se. Le tableau 1 d&#233;taille les six profils identifi&#233;s &#224; partir du financement de la th&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L400xH400/arton6824-d2ece.png?1742204128' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tableau 1. Profil des doctorants selon leur mode de financement de la th&#232;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, nous avons identifi&#233; les doctorants b&#233;n&#233;ficiant d'une allocation de recherche, d'une bourse de doctorat ou d'un contrat doctoral. Ensuite, parmi ceux sans financement sp&#233;cifique, nous avons distingu&#233; ceux exer&#231;ant une activit&#233; r&#233;mun&#233;r&#233;e de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re ou occasionnelle durant l'ann&#233;e universitaire. Nous avons &#233;galement pris en compte la nature de cette activit&#233; r&#233;mun&#233;r&#233;e : certains doctorants ont des emplois li&#233;s &#224; la recherche (ATER, moniteur, contractuel universitaire), tandis que d'autres ont des emplois sans lien avec la recherche (enseignant, animateur, coursier, serveur, vendeur, etc.). Enfin, en croisant les informations sur l'octroi de bourses de recherche et l'exercice d'activit&#233;s salari&#233;es, nous avons identifi&#233; les doctorants qui ne b&#233;n&#233;ficient ni d'une allocation de recherche ni d'une activit&#233; salari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces distinctions sont op&#233;r&#233;es en lien avec les nombreux travaux portant sur le salariat &#233;tudiant qui mettent en avant l'effet important de la concurrence entre &#233;tudes et activit&#233; salari&#233;e sur le parcours d'&#233;tudes, au travers de diff&#233;rents aspects, tels que notamment le lien entre les deux activit&#233;s, mais &#233;galement la quotit&#233; travaill&#233;e (Body et al., 2014, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;4. R&#233;sultats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.1. Une segmentation des profils selon les financements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir des diff&#233;rents profils d&#233;finis par l'activit&#233; salari&#233;e des doctorants, leur temps de travail et les aides per&#231;ues, il est int&#233;ressant d'identifier les caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques &#224; chaque profil. Les premi&#232;res analyses statistiques, effectu&#233;es &#224; partir de tests de contingence (khi-deux), permettent de lier le profil des doctorants &#224; diverses caract&#233;ristiques, telles que le type de baccalaur&#233;at obtenu, les caract&#233;ristiques sociod&#233;mographiques, l'environnement d'&#233;tudes et familial, ainsi que les conditions &#233;conomiques. Les caract&#233;ristiques attribu&#233;es &#224; chaque profil ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;es en fonction de la significativit&#233; des diff&#233;rences relev&#233;es entre les profils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;sultats pr&#233;sent&#233;s dans cet article se limitent aux test Khi-deux ayant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous pr&#233;sentons ici les profils des doctorants en fonction de leur financement et de leurs caract&#233;ristiques individuelles, et observons que chaque profil se distingue par des caract&#233;ristiques bien sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les doctorants financ&#233;s repr&#233;sentent 42,2 % de l'&#233;chantillon, toutes ann&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces r&#233;sultats doivent &#234;tre compar&#233;s aux donn&#233;es nationales avec pr&#233;caution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ces doctorants effectuent notamment leur th&#232;se en sciences et STAPS, en formation initiale, apr&#232;s avoir obtenu un baccalaur&#233;at scientifique mention Bien ou Tr&#232;s bien. Ils sont les plus jeunes de l'&#233;chantillon (25,8 ans en moyenne), disposent du revenu mensuel moyen le plus &#233;lev&#233;, et ont souvent des parents cadres dipl&#244;m&#233;s de l'enseignement sup&#233;rieur, d&#233;clarant ainsi un haut niveau de statut social familial compar&#233; aux autres doctorants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les doctorants salari&#233;s, ceux qui exercent des activit&#233;s r&#233;mun&#233;r&#233;es r&#233;guli&#232;res en lien avec la recherche sont les plus nombreux (21,1 %) et pr&#233;sentent un profil similaire aux doctorants financ&#233;s, bien que l&#233;g&#232;rement plus &#226;g&#233;s et davantage issus des sciences humaines et sociales. Ils financent leur doctorat gr&#226;ce &#224; leurs revenus d'emploi, mais avec un statut social familial l&#233;g&#232;rement plus faible et un salaire inf&#233;rieur &#224; celui des doctorants financ&#233;s, la moiti&#233; d'entre eux d&#233;clare des difficult&#233;s &#224; couvrir leurs besoins mensuels. Les doctorants ayant des activit&#233;s r&#233;mun&#233;r&#233;es r&#233;guli&#232;res sans lien avec la recherche (14,5 %) effectuent majoritairement leur th&#232;se en lettres, sciences humaines et sociales, en formation continue. &#194;g&#233;s en moyenne de 36,5 ans, ils sont majoritairement pacs&#233;s ou mari&#233;s et souvent parents. Leurs revenus d'emploi leur permettent de financer leur th&#232;se et de couvrir leurs besoins mensuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les doctorants ayant des activit&#233;s occasionnelles sans lien avec la recherche (3,5 % de l'&#233;chantillon) ont souvent un p&#232;re dipl&#244;m&#233; de l'enseignement sup&#233;rieur, utilisent leurs revenus d'emploi pour financer leur th&#232;se et b&#233;n&#233;ficient d'aides publiques pour un peu plus de la moiti&#233; d'entre eux. Les doctorants sans financement d&#233;di&#233; &#224; la recherche ni activit&#233; salari&#233;e (12,6 % de l'&#233;chantillon), dont la proportion est presque &#233;quivalente &#224; celle des doctorants de premi&#232;re ann&#233;e au niveau national (9,3 % d'apr&#232;s le minist&#232;re de l'ESR), d&#233;pendent majoritairement des aides publiques pour financer leur th&#232;se. Les doctorants travaillant occasionnellement dans la recherche (6,1 % de l'&#233;chantillon) semblent quant &#224; eux rencontrer le plus de difficult&#233;s. Ayant un statut social familial et un revenu nettement inf&#233;rieur &#224; ceux des autres doctorants de l'&#233;chantillon, un quart d'entre eux s'est vu refuser ou supprimer la bourse d'Etat sur crit&#232;res sociaux. Ils parviennent &#224; financer leur th&#232;se gr&#226;ce &#224; un m&#233;lange d'aides publiques, de revenus d'emploi, du soutien familial et de leurs &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ces trois derniers profils se distinguent par une plus grande pr&#233;carit&#233; financi&#232;re, avec par exemple, 80 &#224; 90 % des doctorants salari&#233;s occasionnels ne parvenant pas &#224; couvrir leurs besoins mensuels. Majoritairement issus des sciences humaines et sociales, les doctorants salari&#233;s de fa&#231;on occasionnelle (sans lien avec la recherche) et les doctorants non financ&#233;s sont en majorit&#233; de nationalit&#233; &#233;trang&#232;re. Ceux travaillant occasionnellement dans la recherche sont majoritairement de nationalit&#233; fran&#231;aise, mais en proportion moindre compar&#233;e aux doctorants financ&#233;s et salari&#233;s &#224; l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le mode de financement des doctorants semble &#233;troitement li&#233; &#224; leur profil socio-&#233;conomique, les doctorants b&#233;n&#233;ficiant d'un financement d&#233;di&#233; &#224; la recherche &#233;tant g&#233;n&#233;ralement issus de milieux plus favoris&#233;s, tandis que ceux provenant de milieux plus modestes sont davantage susceptibles de d&#233;pendre de revenus salari&#233;s ou d'aides publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.2. Expliquer l'exp&#233;rience doctorale par les conditions de vie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4.2.1. Expliquer la satisfaction&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es suivantes offrent une premi&#232;re exploration de la satisfaction doctorale en fonction des diff&#233;rents modes de financement (tableau 2). Cette analyse descriptive permet de mettre en lumi&#232;re les disparit&#233;s entre les doctorants financ&#233;s, salari&#233;s et ceux sans bourse de recherche ni emploi r&#233;mun&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH98/img-2-6-5aa27.jpg?1742204128' width='500' height='98' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tableau 2. Satisfaction globale selon le type de financement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux constats principaux se d&#233;gagent de ces premi&#232;res analyses. Les doctorants financ&#233;s sont les plus nombreux &#224; &#233;prouver de la satisfaction en doctorat (88,3 %). A l'inverse, les doctorants ayant des activit&#233;s r&#233;mun&#233;r&#233;es occasionnelles, notamment sans lien avec la recherche, pr&#233;sentent les niveaux de satisfaction les plus faibles (63,6 % lien recherche et 52,6 % sans lien recherche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mod&#232;le &#171; toutes choses &#233;gales par ailleurs &#187; est ensuite estim&#233; afin de mesurer l'effet net d'autres variables, telles que les caract&#233;ristiques individuelles et les conditions de vie des doctorants, int&#233;gr&#233;es dans un mod&#232;le de r&#233;gression logistique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mod&#232;le logistique permet de mod&#233;liser une variable qualitative et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'objectif n'est pas de mesurer directement la satisfaction, mais de l'appr&#233;hender en termes de probabilit&#233; d'&#234;tre satisfait en fonction des caract&#233;ristiques des doctorants. Le mod&#232;le de r&#233;gression logistique inclut des facteurs explicatifs, tels que le profil de financement, les caract&#233;ristiques sociod&#233;mographiques (sexe, &#226;ge, nationalit&#233;, origine migratoire, situation familiale), l'origine sociale (niveau d'&#233;tudes de parents, statut social familial d&#233;clar&#233;, parents cadres) et les caract&#233;ristiques du doctorat (fili&#232;re, type de formation). Ce mod&#232;le explique 17,9 % de la variance de la satisfaction g&#233;n&#233;rale entre les doctorants (tableau 3).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9491 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH323/img-3-5-0d08e.png?1742204128' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tableau 3. Mod&#232;le logistique de satisfaction g&#233;n&#233;rale (0 = insatisfait ; 1 = satisfait)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en ressort que les profils des doctorants, d&#233;finis &#224; partir de leur mode de financement, leurs conditions &#233;conomiques et leur domaine d'&#233;tudes, diff&#233;rencient les jeunes chercheurs et influencent significativement leur niveau de satisfaction. Les doctorants b&#233;n&#233;ficiant d'un financement sp&#233;cifique pour leur th&#232;se sont g&#233;n&#233;ralement les plus satisfaits. En revanche, les doctorants ayant une ou plusieurs activit&#233;s salari&#233;es r&#233;guli&#232;res (qu'elles soient en lien avec la recherche ou non) ont entre 2 et 2,4 fois moins de chances d'&#234;tre satisfaits que les doctorants financ&#233;s. Les doctorants exer&#231;ant des activit&#233;s salari&#233;es occasionnelles en lien avec la recherche sont &#233;galement moins satisfaits compar&#233;s aux doctorants financ&#233;s, mais ce sont surtout ceux ayant des emplois occasionnels hors du domaine de la recherche qui ont 5,5 fois moins de chances de ressentir de la satisfaction. Il est &#233;galement int&#233;ressant de noter qu'il n'y a aucune diff&#233;rence significative de satisfaction entre les doctorants financ&#233;s dans le cadre de leur th&#232;se et ceux qui ne re&#231;oivent ni bourse de recherche, ni salaire. Ces derniers, potentiellement anim&#233;s par une forte motivation pour mener &#224; bien leur th&#232;se, pourraient notamment compenser ce manque financier par des ressources priv&#233;es. Ainsi, l'absence de financement sp&#233;cifique pour la th&#232;se semble ne pas affecter n&#233;gativement leur satisfaction, &#224; condition qu'ils ne soient pas engag&#233;s dans une activit&#233; salari&#233;e en parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En compl&#233;ment du mode de financement, nous examinons &#233;galement les perceptions des doctorants quant &#224; leurs ressources financi&#232;res pour couvrir leurs besoins mensuels. Bien que cette &#233;valuation soit subjective, elle offre des informations importantes sur les besoins des doctorants, en tenant compte des variations li&#233;es &#224; leur lieu de r&#233;sidence (par exemple, vivre &#224; Paris par rapport &#224; une petite ville de province), le statut r&#233;sidentiel (type de logement, &#234;tre locataire ou propri&#233;taire) et leur mode de vie (couple, enfants, mode de transport, etc.). Les doctorants qui estiment avoir des ressources financi&#232;res ad&#233;quates pour leurs besoins mensuels ont 2,2 fois plus de chances d'exprimer une satisfaction &#233;lev&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
outre, comme les doctorants de sciences et STAPS sont majoritairement financ&#233;s, il n'est pas surprenant que les doctorants en droit, &#233;conomie et gestion aient deux fois moins de chances d'&#234;tre satisfaits que ceux inscrits en sciences et STAPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4.2.2. Expliquer la sant&#233; mentale&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mesurer la sant&#233; mentale des &#233;tudiants, l'OVE utilise l'indicateur &#171; Mental Health Inventory &#187; ou MHI-5, issu d'une &#233;chelle mesurant la qualit&#233; de vie (Lepl&#232;ge et al., 1998), &#233;galement utilis&#233; par Sant&#233; Publique France dans son enqu&#234;te &#171; Barom&#232;tre de Sant&#233; des Fran&#231;ais &#187; et par l'Union europ&#233;enne dans son enqu&#234;te &#171; Eurobarom&#232;tre &#187; pour mesurer l'&#233;tat de sant&#233; psychologique des populations europ&#233;ennes (EUROBAROMETER 58.2, 2003). Cet indicateur est compos&#233; de 5 signes (Heureux, Calme et d&#233;tendu, Tr&#232;s nerveux, Triste et abattu, Si d&#233;courag&#233; que rien ne remonte le moral), que les r&#233;pondants doivent &#233;valuer selon leur fr&#233;quence au cours des quatre derni&#232;res semaines (jamais, rarement, quelques fois, souvent, en permanence). En consid&#233;rant que notre objectif ici est plut&#244;t d'&#233;valuer la probabilit&#233; de d&#233;velopper des signes de mauvaise sant&#233; mentale, nous avons choisi de nous concentrer sur trois de ces cinq signes (&#171; &#202;tre tr&#232;s nerveux &#187;, &#171; &#202;tre triste et abattu &#187; et &#171; &#202;tre si d&#233;courag&#233;, que rien ne remonte le moral &#187;) et de ne pas prendre en compte ceux qui renvoient davantage &#224; des indicateurs de bonne sant&#233; mentale (&#171; Heureux &#187; et &#171; Calme et d&#233;tendu &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau ci-dessous pr&#233;sente une premi&#232;re exploration des indicateurs de sant&#233; mentale (nervosit&#233;, tristesse, d&#233;couragement) &#224; partir des modes de financement (tableau 4).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH261/img-4-2-95aed.png?1742204128' width='500' height='261' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tableau 4. Moyennes des indicateurs de sant&#233; mentale (nervosit&#233;, tristesse, d&#233;couragement) selon le type de financement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats indiquent que les doctorants ayant des activit&#233;s r&#233;mun&#233;r&#233;es occasionnelles en lien avec la recherche pr&#233;sentent une d&#233;tresse psychologique importante, avec des moyennes de nervosit&#233; (M = 0,543), tristesse (M = 0,457) et d&#233;couragement (M = 0,286) les plus &#233;lev&#233;es. En comparaison, les doctorants financ&#233;s sont les moins d&#233;courag&#233;s (M = 0,100). Ceux qui n'ont ni financement, ni activit&#233; salari&#233;e pr&#233;sentent le niveau de nervosit&#233; le plus faible (M = 0,286), tandis que les doctorants engag&#233;s dans des activit&#233;s r&#233;mun&#233;r&#233;es occasionnelles sans lien avec la recherche ressentent le moins de tristesse (M = 0,100).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois mod&#232;les de r&#233;gression logistique (annexe 1), int&#233;grant les m&#234;mes facteurs explicatifs que ceux pr&#233;sent&#233;s dans la partie pr&#233;c&#233;dente, visent &#224; mesurer l'effet net des caract&#233;ristiques des doctorants. L'objectif est de d&#233;terminer dans quelle mesure la probabilit&#233; d'&#234;tre en mauvaise sant&#233; mentale est influenc&#233;e par les caract&#233;ristiques individuelles des doctorants et leurs conditions de vie. Le premier mod&#232;le explique 14,4 % des disparit&#233;s observ&#233;es dans les niveaux de nervosit&#233; entre doctorants. Les variables introduites dans les deux autres mod&#232;les rendent encore davantage compte des variations observ&#233;es dans les niveaux de tristesse et de d&#233;couragement entre les doctorants, ces mod&#232;les expliquant 20,4 % de ces diff&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les analyses montrent que les doctorants ayant un emploi r&#233;gulier ou occasionnel dans le domaine de la recherche ont plus de risques d'&#234;tre en mauvaise sant&#233; mentale. Par exemple, les doctorants avec des activit&#233;s occasionnelles en lien avec la recherche ont 2,3 fois plus de risque d'&#234;tre nerveux et 3,4 fois plus de risque d'&#234;tre tristes et abattus, compar&#233;s aux doctorants financ&#233;s. Toujours en comparaison aux doctorants financ&#233;s, les jeunes chercheurs ayant des activit&#233;s r&#233;guli&#232;res dans la recherche ont 1,7 fois plus de risque de ressentir de la tristesse et 1,9 fois plus de risque d'&#234;tre d&#233;courag&#233;s. Ces r&#233;sultats sont corrobor&#233;s par le fait que les doctorants sans probl&#232;mes financiers sont moins susceptibles d'&#234;tre nerveux. De plus, les doctorants qui n'ont jamais interrompu leurs &#233;tudes ont peu de risque d'&#234;tre tristes et d&#233;courag&#233;s par rapport &#224; ceux qui ont repris des &#233;tudes apr&#232;s une interruption. Les doctorants en lettres, sciences humaines et sociales ont, eux, plus de risque d'&#234;tre tristes et abattus par rapport aux doctorants de sciences et STAPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le niveau d'&#233;tudes des parents, notamment celui de la m&#232;re, influence &#233;galement la sant&#233; mentale des th&#233;sards. Les doctorants dont la m&#232;re a un niveau d'&#233;tudes secondaires ont moins de risque de d&#233;velopper des signes de nervosit&#233; compar&#233;s &#224; ceux dont la m&#232;re a un niveau de fin d'&#233;tudes primaires. Inversement, un niveau d'&#233;tudes secondaires du p&#232;re a un impact n&#233;gatif sur la nervosit&#233; des doctorants par rapport &#224; un niveau de fin d'&#233;tudes primaires. Les facteurs de risque d'une mauvaise sant&#233; mentale chez les doctorants dont la m&#232;re a un niveau de fin d'&#233;tudes primaires sont toujours plus &#233;lev&#233;s en comparaison aux autres doctorants : par exemple, les doctorants dont la m&#232;re est dipl&#244;m&#233;e du sup&#233;rieur ont 2,7 fois moins de risque d'&#234;tre tristes et 4,4 fois moins de risque d'&#234;tre d&#233;courag&#233;s par rapport &#224; eux. Les doctorants dont la m&#232;re a un niveau d'&#233;tudes techniques ont jusqu'&#224; 13 fois moins de risque d'&#234;tre d&#233;courag&#233;s compar&#233;s &#224; ceux dont la m&#232;re a un niveau de fin d'&#233;tudes primaires. De m&#234;me, un niveau d'&#233;tudes secondaires ou un baccalaur&#233;at chez la m&#232;re contribue &#224; diminuer les risques de nervosit&#233; ou de d&#233;couragement des doctorants. Ce constat est appuy&#233; par l'impact b&#233;n&#233;fique d'un statut social familial &#233;lev&#233; et du statut cadre du p&#232;re, qui semble contribuer &#224; une moindre nervosit&#233; chez les doctorants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les doctorants qui sont parents ont 2,2 fois moins de risques d'&#233;prouver de la nervosit&#233; par rapport &#224; ceux qui n'ont pas d'enfants, tandis que les femmes ont 1,6 fois plus de risque d'&#234;tre nerveuses compar&#233;es aux hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de ces diff&#233;rents mod&#232;les logistiques (en annexe), nous proposons une synth&#232;se identifiant les caract&#233;ristiques des doctorants qui ont un effet significatif sur leur sant&#233; mentale (nervosit&#233;, tristesse et d&#233;couragement) (tableau 5).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9493 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH300/img-5-2-f6c3a.jpg?1742204129' width='500' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tableau 5. Synth&#232;se de l'effet des caract&#233;ristiques des doctorants sur les trois indicateurs de sant&#233; mentale&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;5. Discussion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On observe ainsi une diversit&#233; croissante parmi les profils des doctorants, comme le confirme notre typologie, qui distingue six cat&#233;gories de doctorants. En analysant les trajectoires professionnelles &#224; long terme de plus de 5 000 docteurs en sciences humaines et sociales aux &#201;tats-Unis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Main et al. (2017) se sont appuy&#233;s sur les donn&#233;es de l'enqu&#234;te GES de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.Main et al. (2017) ont montr&#233; une grande vari&#233;t&#233; de parcours doctoraux, souvent non lin&#233;aires, pour acc&#233;der au secteur acad&#233;mique. Les doctorants proviennent d&#233;sormais de milieux culturels et sociaux vari&#233;s, et l'&#226;ge moyen d'inscription en th&#232;se a augment&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. Le fait d'occuper un poste non titulaire ou d'avoir des enfants &#224; charge en d&#233;but de carri&#232;re n'exclut pas la possibilit&#233; de poursuivre une carri&#232;re acad&#233;mique. Par ailleurs, de plus en plus de doctorants occupent &#233;galement un emploi en dehors du champ universitaire en parall&#232;le de leur activit&#233; doctorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats obtenus &#224; partir des mod&#232;les de r&#233;gression logistique rejoignent en partie certaines observations de l'enqu&#234;te du RNCD (Pommier et al., 2023). Dans cette enqu&#234;te, bien que les doctorants financ&#233;s ou salari&#233;s de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re affichent un taux de satisfaction similaire (80 %), il est notable que les moins satisfaits sont ceux avec des revenus irr&#233;guliers provenant de petits contrats ou de vacations (60 % de satisfaction) et ceux qui utilisent des ressources personnelles (67 % de satisfaction) pour financer leur doctorat. Nos r&#233;sultats montrent que les doctorants financ&#233;s ont respectivement 2,6 fois et 5,5 fois plus de chances d'&#234;tre satisfaits que les doctorants salari&#233;s occasionnels en lien avec la recherche et hors du domaine de la recherche. Le fait d'&#234;tre en sciences et STAPS et de ne d&#233;clarer aucune difficult&#233; financi&#232;re offre &#233;galement davantage de chances d'&#234;tre satisfait du doctorat. Dans l'enqu&#234;te du RNCD, 86 % des doctorants en sciences et technologies se d&#233;clarent satisfaits de leur th&#232;se, contre 66 % en droit, &#233;conomie et gestion et 68 % en sciences humaines. En SHS, seulement 66 % des doctorants b&#233;n&#233;ficient d'un contrat d&#233;di&#233; &#224; la th&#232;se contre 96 % en sciences, et 31 % des doctorants en SHS estiment leur r&#233;mun&#233;ration insuffisante contre seulement 3 % en sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la sant&#233; mentale des doctorants, de nombreux travaux soulignent une plus grande vuln&#233;rabilit&#233; chez les femmes, ce que confirme notre enqu&#234;te avec une probabilit&#233; plus &#233;lev&#233;e pour les hommes de ne pas &#234;tre nerveux. Les femmes sont plus nombreuses &#224; envisager d'abandonner leur doctorat (Castello et al., 2017) et rapportent plus de stress, de d&#233;pression et d'&#233;puisement pendant leur doctorat que leurs homologues masculins (Haag et al., 2018). De plus, Haag et al. (2018) constatent un niveau de stress &#233;lev&#233; chez les doctorants plus &#226;g&#233;s, et d'autres recherches montrent un lien entre l'avanc&#233;e dans le cursus universitaire et des niveaux &#233;lev&#233;s d'anxi&#233;t&#233;, de stress et de d&#233;pression (Armstrong, 2014). Nos r&#233;sultats montrent &#233;galement que les doctorants qui n'ont jamais interrompu leurs &#233;tudes, plus jeunes que les autres, ont moins de risque d'&#234;tre tristes et d&#233;courag&#233;s, ainsi que les doctorants en SHS dont la dur&#233;e de th&#232;se est souvent longue. Les domaines de recherche &#171; arts et lettres &#187;, &#171; autres sciences humaines &#187; et &#171; psychologie, sciences de l'&#233;ducation, STAPS &#187; exposent les doctorants &#224; un stress plus &#233;lev&#233; que les sciences (Haag et al., 2018). Cependant, nos r&#233;sultats concernant les doctorants en sciences diff&#232;rent de ceux de Marais et al. (2018), qui rel&#232;vent des niveaux de stress, d'anxi&#233;t&#233; et de d&#233;pression particuli&#232;rement &#233;lev&#233;s chez les doctorants en biologie, sciences, sant&#233; et neurosciences. Ils sont notamment pr&#233;occup&#233;s par leurs projets professionnels futurs et ressentent un impact n&#233;gatif de leur exp&#233;rience doctorale sur leur vie personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de l'enqu&#234;te CDV 2020 de l'OVE mobilis&#233;e dans ce travail, d'autres chercheurs ont tent&#233; d'identifier des variables associ&#233;es &#224; la d&#233;tresse psychologique sur l'ensemble des &#233;tudiants (Facon-Barillot et al., 2023). Bien que les doctorants soient tr&#232;s minoritaires dans leurs &#233;chantillons, nos r&#233;sultats corroborent leurs conclusions : les femmes, les doctorants en lettres et sciences humaines et sociales, ainsi que ceux rencontrant des difficult&#233;s sociales et &#233;conomiques, sont plus enclins &#224; &#234;tre confront&#233;s &#224; la d&#233;pression (Belgith et al., 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail permet par ailleurs de s'interroger sur le statut des doctorants salari&#233;s (hors financement d&#233;di&#233; &#224; la th&#232;se) et de SHS. Les doctorants financ&#233;s sont toujours plus satisfaits que les quatre profils de doctorants salari&#233;s, alors que les diff&#233;rences entre les doctorants financ&#233;s et ceux sans financement de recherche ni activit&#233; salari&#233;e ne sont pas significatives. Les doctorants salari&#233;s occasionnellement sont les moins satisfaits de leur doctorat par rapport aux doctorants financ&#233;s. Il existe ainsi une forme de hi&#233;rarchisation dans la satisfaction : les salari&#233;s sont moins satisfaits, les salari&#233;s occasionnels sont moins satisfaits que les salari&#233;s r&#233;guliers et les salari&#233;s hors recherche sont syst&#233;matiquement moins satisfaits que les salari&#233;s dans la recherche. Si ce r&#233;sultat confirme l'effet du lien entre &#233;tudes et activit&#233; salari&#233;e, il ne permet pas, en revanche, de montrer un effet de la quotit&#233;, tel que mis en avant dans les travaux sur le salariat &#233;tudiant (Body et al., 2014, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les doctorants salari&#233;s dans le domaine de la recherche, qu'ils travaillent r&#233;guli&#232;rement ou occasionnellement, ont &#233;galement moins de chances d'&#234;tre en bonne sant&#233; mentale par rapport aux doctorants financ&#233;s. Cette situation peut s'expliquer par la pression que subissent les doctorants salari&#233;s pour g&#233;rer simultan&#233;ment les exigences acad&#233;miques de leur doctorat et les attentes professionnelles dans le cadre de leur activit&#233; de recherche salari&#233;e. Selon Slaughter et al. (2002), les doctorants sont souvent per&#231;us comme des &#171; jetons d'&#233;change &#187; entre le monde acad&#233;mique et le secteur priv&#233;, ce qui les place dans une position complexe. En effet, les contrats de recherche qu'ils obtiennent repr&#233;sentent &#224; la fois une opportunit&#233; de financer leur doctorat, d'acqu&#233;rir de l'exp&#233;rience et de renforcer leur CV pour leur future carri&#232;re. Cependant, les projets dans lesquels ils sont impliqu&#233;s d&#233;pendent souvent d'objectifs fix&#233;s par les financeurs priv&#233;s, parfois au d&#233;triment de leurs int&#233;r&#234;ts scientifiques. Le cumul des responsabilit&#233;s en tant que doctorant et salari&#233; peut engendrer un stress consid&#233;rable, accentu&#233; par la n&#233;cessit&#233; de prouver leur valeur dans les deux sph&#232;res. Ce d&#233;s&#233;quilibre entre les attentes professionnelles et les ambitions acad&#233;miques contribue &#224; la d&#233;t&#233;rioration de leur bien-&#234;tre psychologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relevons enfin que, &#171; toutes choses &#233;gales par ailleurs &#187;, les diff&#233;rences disciplinaires restent importantes, les doctorants en sciences, majoritairement financ&#233;s, ayant un meilleur statut que les autres. Ballatore et al. (2024) montrent par exemple que les doctorants en mobilit&#233; en France sont mieux int&#233;gr&#233;s dans la recherche lorsqu'ils sont inscrits en sciences, qu'ils soient financ&#233;s ou non. A l'inverse, la situation des doctorants en SHS est d&#233;savantag&#233;e par rapport &#224; celle des doctorants de sciences. La pr&#233;carit&#233; doctorale toucherait surtout ceux qui ne per&#231;oivent pas de financement pour leur th&#232;se et qui se voient oblig&#233;s de travailler. On peut penser que les difficult&#233;s financi&#232;res, lorsqu'elles se poursuivent tout au long de la th&#232;se, rendent encore plus difficiles le cumul entre le temps r&#233;serv&#233; &#224; la th&#232;se et le temps li&#233; &#224; une activit&#233; salari&#233;e. Une proportion importante des doctorants en lettres et SHS ne re&#231;oit pas de financement pour la th&#232;se, les rendant &#171; grands perdants de la professionnalisation de la formation doctorale &#187; (Calmand, 2020, p. 337). Beaucoup moins socialis&#233;s au monde de la recherche et b&#233;n&#233;ficiant moins des aides et formations propos&#233;es aux autres doctorants, ils peuvent plus difficilement valoriser leur doctorat comme une exp&#233;rience professionnelle susceptible de les aider ensuite dans une exp&#233;rience professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;6. Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce travail explore le r&#244;le, encore peu &#233;tudi&#233;, des conditions de vie des doctorants dans leurs exp&#233;riences doctorales, en se concentrant principalement sur le mode de financement. A partir des donn&#233;es de l'enqu&#234;te &#171; Conditions de vie des &#233;tudiants 2020 &#187; men&#233;e par l'OVE, nous avons analys&#233; les perceptions de 636 doctorants universitaires concernant leur satisfaction du doctorat, leur sant&#233; mentale, leur mode de financement et, plus g&#233;n&#233;ralement, leurs conditions de vie. La recherche pr&#233;sent&#233;e ici se focalise sur les profils des doctorants, d&#233;termin&#233;s &#224; partir de leur mode de financement, qui favorisent une exp&#233;rience doctorale positive. Nous avons suppos&#233; que les profils des doctorants sont fortement segment&#233;s. Ce travail propose &#233;galement d'examiner l'effet des conditions de vie sur l'exp&#233;rience doctorale. Nous avons ainsi &#233;mis l'hypoth&#232;se que la satisfaction du doctorat et la sant&#233; mentale (nervosit&#233;, tristesse, d&#233;couragement) sont influenc&#233;es par les conditions de vie des doctorants, et plus sp&#233;cifiquement par leur mode de financement et par certaines de leurs caract&#233;ristiques personnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort de nos analyses que les parcours des doctorants apparaissent tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes, confirmant ainsi notre hypoth&#232;se de forte segmentation des profils des doctorants. Les r&#233;sultats issus des mod&#232;les de r&#233;gression logistique r&#233;v&#232;lent des disparit&#233;s significatives dans les exp&#233;riences doctorales (satisfaction g&#233;n&#233;rale du doctorat et sant&#233; mentale). La satisfaction et le bien-&#234;tre psychologique des doctorants jouent un r&#244;le important tout au long de leur parcours doctoral. Alors que les doctorants ne semblent pas &#233;pargn&#233;s par le &#171; mal-&#234;tre &#233;tudiant &#187;, des niveaux &#233;lev&#233;s d'insatisfaction ou des probl&#232;mes de sant&#233; mentale peuvent avoir des r&#233;percussions n&#233;gatives. Par exemple, une insatisfaction ou des difficult&#233;s psychologiques peuvent nuire &#224; la qualit&#233; des recherches et du travail produit, ainsi que diminuer la motivation des doctorants &#224; s'engager activement dans des activit&#233;s acad&#233;miques, ce qui entrave leur int&#233;gration dans le milieu de la recherche. Il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; en effet que le bien-&#234;tre influe sur la productivit&#233; des doctorants tant dans leurs recherches que dans les cours qu'ils dispensent (Vera et al., 2010). En outre, cela peut conduire &#224; un d&#233;sengagement progressif vis-&#224;-vis de la recherche, entra&#238;nant de fait une baisse de motivation pour poursuivre la th&#232;se et une diminution de la pers&#233;v&#233;rance &#224; envisager une carri&#232;re acad&#233;mique. Des travaux montrent que les doctorants qui ressentent de l'&#233;puisement, du stress et de l'anxi&#233;t&#233; sont plus susceptibles d'envisager de quitter le milieu acad&#233;mique (Hunter et Devine, 2016 ; Pyh&#228;lto et al., 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs facteurs d&#233;terminants contribuent &#224; fa&#231;onner une exp&#233;rience doctorale positive, mettant en lumi&#232;re les conditions n&#233;cessaires pour soutenir les doctorants tout au long de leur parcours. L'int&#233;gration &#224; une communaut&#233; de recherche, favorisant la coop&#233;ration &#233;troite entre chercheurs exp&#233;riment&#233;s et doctorants, ainsi qu'entre pairs, constitue une source majeure de satisfaction (Chao et al., 2015 ; Hermann et al., 2014). Cette int&#233;gration repose sur une relation de qualit&#233; avec l'encadrement, caract&#233;ris&#233;e par le respect, la reconnaissance et la disponibilit&#233; (Herrmann et al., 2014). D'autres facteurs, tels qu'un projet de recherche r&#233;alisable et gratifiant (Delamont et al., 1997), la socialisation, ou la participation &#224; des colloques scientifiques (Corcelles et al., 2019) contribuent &#233;galement &#224; une exp&#233;rience positive. Enfin, bien que l'octroi de financements et de ressources suppl&#233;mentaires ne soit naturellement pas l'unique condition pour garantir une exp&#233;rience doctorale positive, ce travail montre qu'il joue un r&#244;le essentiel, notamment s'il permet de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s. Cela est notamment important dans des pays comme la France, qui ont connu une baisse sensible des inscriptions en th&#232;ses ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mohib, N., Magot, C.-A., et Pateau, J.-F. (2022). Professionnalisation des doctorants : r&#233;sultats d'une &#233;tude sur le devenir des docteurs en sciences de l'&#233;ducation et de la formation. Savoirs, (58), 31-45. &lt;a href=&#034;https://doi.org/&#8203;10.3917/&#8203;savo.058.0031&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/&#8203;10.3917/&#8203;savo.058.0031&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Armstrong, J. (2014). Stress, coping, and progression through doctoral psychology programs [Th&#232;se de doctorat, San Francisco Campus, Alliant International University], California School of Professional Psychology.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ballatore, M., Bertrand, J-B. et Erlich, V. (2024). &#171; Bienvenue &#187; en France ? Conditions in&#233;gales de vie mat&#233;rielles et sociales des doctorant.e.s en mobilit&#233; internationale. Agora D&#233;bats/Jeunesses, (96), 131-147. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/agora.096.0131&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3917/agora.096.0131&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bataille, P., Mariage, A. et Merckl&#233;, P. (2022). Les doctorant.es de l'Universit&#233; Grenoble Alpes face &#224; la pr&#233;carit&#233; financi&#232;re. Premi&#232;re partie de l'&#233;tude (d&#233;cembre 2022). Universit&#233; Grenoble Alpes. https://hal.science/hal-03905313/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beduw&#233;, C. et Giret, J.F. (2008). Travailler en cours d'&#233;tudes. Revue Projet, 4(305), 25&#8209;31. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/pro.305.0025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3917/pro.305.0025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belgith, F., Bohet, A., Morvan, Y., R&#233;gnier-Loilier, A., Tenret, E. et Verley, E. (2020). La sant&#233; des &#233;tudiants. La Documentation Fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berry, C., Niven, J.E., Chapman, L.A., Valeix, S., Roberts, P.E. et Hazell, C. M. (2021). A mixed-methods investigation of mental health stigma, absenteeism and presenteeism among uk postgraduate researchers. Studies in Graduate and Postdoctoral Education, 12(1), 145-170. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1108/SGPE-06-2020-0034&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1108/SGPE-06-2020-0034&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berry, C., Valeix, S., Niven, J.E., Chapman, L., Roberts, P.E. et Hazell, C.M. (2020). Hanging in the balance : conceptualising doctoral researcher mental health as a dynamic balance across key tensions characterising the PhD experience. International Journal of Educational Research, 102. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1016/j.ijer.2020.101575&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1016/j.ijer.2020.101575&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Body, K. M-D, Bonnal, L., et Giret, J.-F. (2014). Does Student Employment Really Impact Academic Achievement ? The Case of France. Applied Economics, 46(25), 3061-3073. &lt;a href=&#034;http://doi.org/10.1080/00036846.2014.920483&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://doi.org/10.1080/00036846.2014.920483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Body, K. M-D, Bonnal, L., et Giret, J.-F. (2017). Mesurer l'effet du travail salari&#233; sur la r&#233;ussite : une analyse statistique sur les &#233;tudiants d'une universit&#233; fran&#231;aise. Mesure et &#233;valuation en &#233;ducation, 40(3), 69-103. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.7202/1048911ar&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.7202/1048911ar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolotnyy, V., Basilico, M., et Barreira, P. (2022). Graduate Student Mental Health : Lessons from American Economics Departments. Journal of Economic Literature, 60(4), 1188-1222. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1257/jel.20201555&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1257/jel.20201555&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonnal, L., Favard, P., et Sorho-Body, K.M.-D. (2019). Does working to pay for higher education really harm French academic results ?. International Journal of Manpower, 40(4), 591&#8209;615. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1108/IJM-10-2017-0276&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1108/IJM-10-2017-0276&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonnal, L., et Giret, J.-F. (2009). La stabilisation des jeunes docteurs sur le march&#233; de l'emploi acad&#233;mique. Revue d'Economie Politique, 119, 373&#8209;400. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/redp.193.0373&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3917/redp.193.0373&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonnard, C. (2012). Jeunes dipl&#244;m&#233;s en sciences : les d&#233;terminants de l'acc&#232;s &#224; la recherche-d&#233;veloppement priv&#233;e. Formation emploi, (117), 49-68. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/formationemploi.3520&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/formationemploi.3520&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bressoux, P. (2010). Mod&#233;lisation statistique appliqu&#233;e aux sciences sociales. De Boeck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Calmand, J. (2020). La professionnalisation du doctorat : vers une segmentation de la formation doctorale et des parcours des docteurs ? [Th&#232;se de doctorat, Universit&#233; de Bourgogne Franche-Comt&#233;]. Universit&#233; de Bourgogne Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Calmand, J., et Giret, J-F. (2020). Trouver sa place dans le secteur acad&#233;mique, un projet de moins en moins attractif pour les doctorants ? Education et socialisation. Les cahiers du CERFEE, 58. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/edso.13502&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/edso.13502&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Castello, M., Pardo, M., Sala-Bubar&#233;, A., et Sune-Soler, N. (2017). Why do students consider dropping out of doctoral degrees ? Institutional and personal factors. Higher Education, 74(6), 1053-1068. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1007/s10734-016-0106-9&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1007/s10734-016-0106-9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chao, M., Monini, C., Munck, S., et al. (2015). Les exp&#233;riences de la solitude en doctorat. Fondements et in&#233;galit&#233;s, Socio-logos. Revue de l'association fran&#231;aise de sociologie, 10. &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/socio-logos/2929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/socio-logos/2929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corcelles, M., Cano, M., Liesa, E., Gonzalez-Ocampo, G., et Castello, M. (2019). Positive and negative experiences related to doctoral study conditions. Higher Education, 38(5), 922-939. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1080/07294360.2019.1602596&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1080/07294360.2019.1602596&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delamont, S., Atkinson, P., et Parry, O. (1997). Supervising the PhD : a guide to success. Buckingham : Open University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis, C., et Lison, C. (2023). L'abandon aux &#233;tudes doctorales : un probl&#232;me de direction ? Revue Internationale de P&#233;dagogie de l'Enseignement Sup&#233;rieur, 39(1). &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/ripes.4499&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/ripes.4499&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Facon-Barillot, Q., Romo, L., Vansimaeys, C., Chevance, A., Frajerman, A., et Morvan, Y. (2020). La sant&#233; mentale, son importance et sa mesure chez les &#233;tudiants dans les enqu&#234;tes de l'OVE depuis 2016. Dans F. Belgith, M-P. Couto et O. Rey (dir.), &#202;tre &#233;tudiant avant et pendant la crise sanitaire. Enqu&#234;te Conditions de vie 2020. Observatoire national de la vie &#233;tudiante (p. 167-179). La Documentation fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freeman, R., Weinstein, E., Marincola, E., et Rosenbaum, J. E. (2001). Careers and Rewards in Bio Sciences : the disconnect between scientific progress and career progression. The American Society for Cell Biology.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gardner, S.K. (2008). Student and faculty attributions of attrition in high and low-completing doctoral programs in the United States. Higher Education, 58, 97-112. &lt;a href=&#034;http://dx.doi.org/10.1007/s10734-008-9184-7&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dx.doi.org/10.1007/s10734-008-9184-7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#246;tz, F. M., Gosling, S. D., et Rentfrow, P. J. (2022). Small Effects : The Indispensable Foundation for a Cumulative Psychological Science. Perspectives on Psychological Science, 17(1), 205-215. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1177/1745691620984483&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1177/1745691620984483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Haag, P., Shankland, R., Osin, E., Boujut, E., Cazalis, F., Bruno, A-S., Vrignaud, P., et Gay, M-C. (2018). Stress per&#231;u et sant&#233; physique des doctorants dans les universit&#233;s fran&#231;aises. Pratiques psychologiques, (24), 1-20. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1016/j.prps.2017.04.005&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1016/j.prps.2017.04.005&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herrmann, K. J., Wichmann-Hansen, G., et Jensen, T. K. (2014). Quality in the PhD Process : A survey among PhD students at Aarhus University. Center for Undervisning og Laering. School of Business and Social Sciences. Aarhus Universitet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hunter, K.H., et Devine, K. (2016). Doctoral students' emotional exhaustion and intentions to leave academia. International Journal of Doctoral Studies, 11(2), 35-61. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.28945/3396&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.28945/3396&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janta, H., Lugosi, P., et Brown, L. (2014). Coping With Loneliness : An Etnographic Study of Doctoral Students. Journal of Further and Higher Education, 38(4), 553-571. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1080/0309877X.2012.726972&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1080/0309877X.2012.726972&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepl&#232;ge, A., Ecosse, E., Verdier, A., et Perneger, T. V. (1998). The French SF-36 Health Survey : Translation, Cultural Adaptation and Preliminary Psychometric Evaluation. Journal of Clinical Epidemiology, 51(11), 1013-1023. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1016/S0895-4356(98&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1016/S0895-4356(98&lt;/a&gt;)00093-6&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Levecque, K., Anseel, F., De Beuckelaer, A., Van der Heyden, J., et Gisle, L. (2017). Work organization and mental health problems in PhD students. Research Policy, 46(4), 868-879. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1016/j.respol.2017.02.008&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1016/j.respol.2017.02.008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Main, J. B., Prenovitz, S., et Ehrenberg, R. G. (2017). In Pursuit of a tenure-track faculty position : Career progression and satisfaction of humanities and social sciences doctorates. Cornell Higher Education Research Institute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mangematin, V. (2000). PhD job market : professional trajectories and incentives during the PhD. Research policy, 29(6), 741-756.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marais, G.A., Shankland, R., Haag, P., Fiault, R. et Juniper, B. (2018). A survey and a positive psychology intervention on French PhD student well-being. International Journal of Doctoral Studies, 13. &lt;a href=&#034;http://ijds.org/Volume13/IJDSv13p109-138Marias4051.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ijds.org/Volume13/IJDSv13p109-138Marias4051.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matos, F. (2013). PhD and the manager's dream : Professionalising the students, the degree and the supervisors ? Journal of Higher Education Policy and Management, 35(6), 626-638. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1080/1360080X.2013.844667&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1080/1360080X.2013.844667&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MESRI (Minist&#232;re de l'Enseignement sup&#233;rieur, de la Recherche et de l'Innovation). 2022. L'&#233;tat de l'enseignement sup&#233;rieur, de la recherche et de l'innovation en France. Recherche &amp; Innovation, 15, [en ligne]. &lt;a href=&#034;https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/l-etat-de-l-enseignement-superieur-de-la-recherche-et-de-l-innovation-en-france-2022-84954&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/l-etat-de-l-enseignement-superieur-de-la-recherche-et-de-l-innovation-en-france-2022-84954&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MESRI (Minist&#232;re de l'Enseignement sup&#233;rieur, de la Recherche et de l'Innovation). 2024. L'&#233;tat de l'enseignement sup&#233;rieur, de la recherche et de l'innovation en France. Recherche &amp; Innovation, 17, [en ligne]. &lt;a href=&#034;https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/l-etat-de-l-enseignement-superieur-de-la-recherche-et-de-l-innovation-en-france-2024-96495&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/l-etat-de-l-enseignement-superieur-de-la-recherche-et-de-l-innovation-en-france-2024-96495&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morvan, Y., et Frajerman, A. (2021). La sant&#233; mentale des &#233;tudiants : mieux prendre la mesure et consid&#233;rer les enjeux. L'Enc&#233;phale, 47(6), 620-629. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1016/j.encep.2020.10.009&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1016/j.encep.2020.10.009&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nyquist, J. D., Manning, L., Wulff, D. H., Austin, A. E., Sprague, J., Fraser, P. K., et al. (1999). On the road to becoming a professor : The graduate student experience. Change : The Magazine of Higher Learning, 31(3), 18&#8211;27. &lt;a href=&#034;https://eric.ed.gov/?id=EJ588153&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://eric.ed.gov/?id=EJ588153&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Offstein, E. H., Larson, M. B., McNeill, A. L., et Mjoni Mwale, H. (2004). Are we doing enough for today's graduate student ? International Journal of Educational Management, 18(7), 396&#8211;407. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1108/09513540410563103&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1108/09513540410563103&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pommier, S., Porcher, R., Milburn, P., M&#233;ric, C., Dalaut, M., et al. (2023). Le doctorat en France. Regards crois&#233;s des doctorants et de leurs encadrants. Rapport de recherche, R&#233;seau national des coll&#232;ges doctoraux (RNCD). https://hal.science/hal-04308895&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pommier, S., Talby, M., Auffray-Seguette, M., Dalaut, M., Eijsberg, H., Elshawish, P., et Muller, H. (2022). Le doctorat en France. Regards crois&#233;s sur la formation doctorale. Rapport de recherche, R&#233;seau national des coll&#232;ges doctoraux (RNCD). https://hal.science/hal-03494721&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pyh&#228;lt&#246;, K., Toom, A., Stubb, J., et Lonka, K. (2012). Challenges of becoming a scholar : A study of doctoral students' problems and well-being, International Scholarly Research Notices. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.5402/2012/934941&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.5402/2012/934941&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serre, D. (2015). &#202;tre doctorant-e. Socialisations, contextes, trajectoires. Socio-logos [En ligne], 10. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/socio-logos.2924&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/socio-logos.2924&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinche, M. V. (2016). Next Gen PhD. Harvard University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Slaughter, S., Campbell, T., Holleman, M., et Morgan, E. (2002). The &#8220;Traffic&#8221; in Graduate Students : Graduate Students as Tokens of Exchange Between Academe and Industry. Science, Technology &amp; Human Values, 27(2), 282-313. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1177/016224390202700205&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1177/016224390202700205&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solmi, M., Radua, J., Olivola, M., Croce, E., Soardo, L., Salazar de Pablo, G., Il Shin, J., Kirkbride, JB., Jones, P., Kim, JH., Kim, JY., Carvalho, AF., Seeman, MV., Correll, CU., et Fusar-Poli, P. (2022). Age at onset of mental disorders worldwide : large-scale meta-analysis of 192 epidemiological studies. Molecular Psychiatry, 1(27), 281-295. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1038/s41380-021-01161-7&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1038/s41380-021-01161-7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stern, S. (2004). Do Scientists Pay to Be Scientists ?. Management Science, 50(6), 835-853. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1287/mnsc.1040.0241&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1287/mnsc.1040.0241&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sverdlik, A. et Hall, N. C. (2020). Not just a phase. Exploring the role of program stage on well-being and motivation in doctoral students. Journal of Adult and Continuing Education, 26(1), 97-124. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1177/1477971419842887&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1177/1477971419842887&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trafford, V. et Leshem, S. (2009). Doctorateness as a threshold concept. Innovations in Education and Teaching Inter-national, 46(3), 305-316. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1080/14703290903069027&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1080/14703290903069027&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vera, M., Salanova, M., et Martin, B. (2010). University Faculty and Work-Related Well-Being : the Importance of the Triple Work Profile. Electronic Journal of Research in Educational Psychology, 8(2), 581-602.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Verley, E., et Zilloniz, S. (2010). L'enseignement sup&#233;rieur en France : un espace segment&#233; qui limite l'&#233;galisation des chances. Formation Emploi, (110), 5-18. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/formationemploi.2914&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/formationemploi.2914&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vourc'h, R. (2010). Les doctorants. Profils et conditions d'&#233;tudes. OVE Infos, (24), 1-6. &lt;a href=&#034;https://www.ove-national.education.fr/publication/ove-infos-n24-les-doctorants-profils-et-conditions-detudes/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ove-national.education.fr/publication/ove-infos-n24-les-doctorants-profils-et-conditions-detudes/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Westreich, D., Edwards, J. K., et van Smeden, M. (2021). Comment on Williamson et al. (OpenSAFELY) ; The Table 2 Fallacy in a Study of COVID-19 Mortality Risk Factors. Epidemiology (Cambridge, Mass), 32(1), e1-e2. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1097/EDE.0000000000001259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1097/EDE.0000000000001259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le R&#233;seau National de Coll&#232;ges Doctoraux (RNCD, France PhD) est la principale association acad&#233;mique pour les &#233;tudes doctorales fran&#231;aises. Elle fait r&#233;guli&#232;rement des enqu&#234;tes sur les conditions de th&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce travail s'inscrit dans le cadre d'un projet plus large portant sur l'exp&#233;rience doctorale, financ&#233; par l'ANR (projet PhDEXP n&#176; ANR-22-CE41-0008).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'acc&#232;s aux donn&#233;es de cette enqu&#234;te s'est fait dans le cadre d'un partenariat scientifique, en lien avec l'implication d'un des auteurs au sein du conseil scientifique de l'OVE.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les r&#233;sultats pr&#233;sent&#233;s dans cet article se limitent aux test Khi-deux ayant atteint un seuil de significativit&#233; de 1%, 5% ou 10%, afin de se concentrer sur les relations statistiquement significatives.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces r&#233;sultats doivent &#234;tre compar&#233;s aux donn&#233;es nationales avec pr&#233;caution dans la mesure o&#249; les statistiques du Minist&#232;re de l'Enseignement Sup&#233;rieur sur le financement ne consid&#232;rent que les inscriptions en 1&#232;re ann&#233;e de th&#232;se, qui m&#233;caniquement ont des dur&#233;es de th&#232;se plus courtes et ont donc moins de chances d'&#234;tre enqu&#234;t&#233;s dans une enqu&#234;te qui concerne tous les doctorants fran&#231;ais, une ann&#233;e donn&#233;e. Au niveau national, 74,2% des doctorants de premi&#232;re ann&#233;e en 2020 b&#233;n&#233;ficient d'un financement (contrat doctoral, CIFRE, financement &#233;tranger) (MESRI, 2022). confondues&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le mod&#232;le logistique permet de mod&#233;liser une variable qualitative et de traiter des variables endog&#232;nes nominales dichotomiques, se qualifiant ainsi de mod&#232;le de r&#233;gression logistique binaire. La vis&#233;e de ce mod&#232;le est de &#171; pr&#233;dire la probabilit&#233; qu'un individu aura d'&#234;tre class&#233; dans l'une ou l'autre des cat&#233;gories de la variable-r&#233;ponse &#187; (Bressoux, 2010, p. 222). L'interpr&#233;tation des estimations en termes d'odds permet de prendre en compte le changement dans les chances d'occurrence d'un &#233;v&#232;nement plut&#244;t que de sa non-occurrence qu'entraine la variation d'une unit&#233; dans la variable explicative. En prenant en compte l'exponentiel du coefficient de r&#233;gression exp(b) dans l'interpr&#233;tation des estimations en termes d'odds, il convient de consid&#233;rer le rapport OR (odds-ratio) = exp(b).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Main et al. (2017) se sont appuy&#233;s sur les donn&#233;es de l'enqu&#234;te GES de la fondation Andrew W. Mellon, r&#233;alis&#233;e entre novembre 2002 et octobre 2003, puis en 2011. L'&#233;chantillon est compos&#233; de docteurs dipl&#244;m&#233;s entre 1985 et 2003 au sein de 13 universit&#233;s am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.innovation-pedagogique.fr/IMG/jpg/img-1-13.jpg" length="103038" type="image/jpeg" />
		

	</item>



</channel>

</rss>
