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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Francisco Ferrer, une figure inspirante pour les mouvements de r&#233;novation p&#233;dagogique de la transition d&#233;mocratique espagnole ? (1975-1978)</title>
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		<dc:creator>C&#233;cile Morzadec</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cet article se propose d'interroger la place de la figure de Francisco Ferrer y Guardia, ainsi que son mod&#232;le d'&#233;cole moderne, dans la m&#233;moire collective espagnole au moment de la mort de Franco en 1975, en combinant analyse textuelle et entretiens oraux in&#233;dits. Apr&#232;s avoir rapidement esquiss&#233; les contours du programme de l'&#201;cole Moderne pour d&#233;terminer dans quelle mesure elle constitue un exemple d'&#233;ducation socialisante, nous prendrons appui sur quatre revues p&#233;dagogiques ainsi que sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article se propose d'interroger la place de la figure de Francisco Ferrer y Guardia, ainsi que son mod&#232;le d'&#233;cole moderne, dans la m&#233;moire collective espagnole au moment de la mort de Franco en 1975, en combinant analyse textuelle et entretiens oraux in&#233;dits. Apr&#232;s avoir rapidement esquiss&#233; les contours du programme de l'&#201;cole Moderne pour d&#233;terminer dans quelle mesure elle constitue un exemple d'&#233;ducation socialisante, nous prendrons appui sur quatre revues p&#233;dagogiques ainsi que sur cinq pr&#233;faces publi&#233;es entre 1975 et 1978 pour examiner les r&#233;surgences de la figure de Ferrer et la mani&#232;re dont elles sont revisit&#233;es au regard d'un nouveau contexte historique, politique et &#233;ducatif. Des t&#233;moignages recueillis entre 2021 et 2022 aupr&#232;s d'acteurs de la r&#233;novation p&#233;dagogique espagnole nous permettront de compl&#233;ter nos observations en nous questionnant notamment sur la place de Ferrer dans la formation des enseignants, sur l'ad&#233;quation de ses propositions p&#233;dagogiques avec les pratiques enseignantes, ainsi que sur les diff&#233;rentes voies d'acc&#232;s &#224; son &#339;uvre apr&#232;s des ann&#233;es d'invisibilisation de l'&#233;poque franquiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;C&#233;cile Morzadec, &#171; Francisco Ferrer, une figure inspirante pour les mouvements de r&#233;novation p&#233;dagogique de la transition d&#233;mocratique espagnole ? (1975-1978) &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 74 | 2024, mis en ligne le 19 d&#233;cembre 2024, consult&#233; le 30 janvier 2025. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/29695&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/edso/29695&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/12yxh&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/12yxh&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Francisco Ferrer y Guardia (ou Francesc Ferrer i Gu&#224;rdia en catalan)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons fait le choix du castillan pour nommer le p&#233;dagogue car c'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le fondateur de l'&#201;cole Moderne &#224; Barcelone en 1901, demeure une ic&#244;ne de l'&#233;ducation en Espagne. Sa condamnation &#224; mort en 1909 &#224; Barcelone apr&#232;s un simulacre de proc&#232;s en a fait un martyr dont la l&#233;gende a surv&#233;cu &#224; travers les &#226;ges (Molares, 2010). Il a &#233;t&#233; non seulement une figure centrale pour le mouvement des &#233;coles rationalistes entre 1901 et 1938, mais il a &#233;galement influenc&#233; la r&#233;forme du CENU (Conseil de l'&#201;cole Nouvelle Unifi&#233;e), qui a constitu&#233; une exp&#233;rience &#233;ducative d&#233;mocratique in&#233;dite durant la R&#233;volution sociale de 1936-1938 en Catalogne. Apr&#232;s la mort de Franco en 1975, lors de la transition d&#233;mocratique, comment la figure de Ferrer a-t-elle &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e par les acteurs de l'&#233;ducation en Espagne, qu'ils soient chercheurs, militants p&#233;dagogiques ou enseignants ordinaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous r&#233;f&#233;rant aux travaux sur les circulations des id&#233;es et des pratiques en &#233;ducation (Hofstetter et al., 2019 ; Riondet et al., 2018) nous croiserons les t&#233;moignages oraux et les archives &#233;crites afin de saisir comment les itin&#233;raires de militants rencontrent les analyses des historiens et comment la m&#233;moire individuelle s'articule &#224; la m&#233;moire collective. Nous nous pencherons ainsi sur deux types de sources &#233;crites : les revues p&#233;dagogiques de l'&#233;poque telles que Cuadernos de pedagog&#237;a, Perspectiva escolar, Colaboraci&#243;n, Aula libre, ainsi que cinq pr&#233;faces publi&#233;es entre 1975 et 1976, qui offrent un &#233;clairage particulier sur la r&#233;actualisation du mythe de Ferrer. De nombreux entretiens men&#233;s en 2021-2022 avec des t&#233;moins de la r&#233;novation p&#233;dagogique post-franquiste nous permettront d'affiner ou de contraster nos observations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une d&#233;marche sociohistorique, nous nous questionnerons &#233;galement sur les conditions qui ont facilit&#233; ou entrav&#233; l'&#233;l&#233;vation de Francisco Ferrer au rang de figure inspirante pour les mouvements de r&#233;novation p&#233;dagogique. L'h&#233;ritage de Ferrer est pluriel, parfois ambivalent : de son image mythifi&#233;e ou de son mod&#232;le d'&#233;cole, qu'ont retenu les diff&#233;rents acteurs de la transition d&#233;mocratique dans le nouveau contexte qui &#233;tait le leur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi cette &#233;tude se propose d'explorer la dynamique complexe qui lie m&#233;moire historique, &#233;ducation et politique dans l'Espagne post-franquiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L'&#201;cole Moderne de Barcelone : un mod&#232;le d'&#233;ducation pour et par la socialisation d&#233;mocratique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant de se demander en quoi l'&#233;cole de Francisco Ferrer a pu &#234;tre un mod&#232;le inspirant pour d'autres, il est int&#233;ressant d'observer que Ferrer lui-m&#234;me l'a con&#231;ue comme un mod&#232;le en son temps, ou plut&#244;t comme le contre-mod&#232;le de deux formes scolaires traditionnelles que sont les &#233;coles religieuses et les &#233;coles d'&#201;tat. Ce projet de faire de son &#201;cole Moderne un exemple &#224; suivre est clairement soulign&#233; dans ses &#233;crits, r&#233;unis entre 1907 et 1909, qui constituent un recueil intitul&#233; L'&#201;cole moderne (Ferrer Guardia et al., 2009) publi&#233; &#224; titre posthume en 1911. Toutefois Ferrer ne fait pas de son &#233;cole un prototype d'&#233;cole id&#233;ale, mais un laboratoire d'id&#233;es nouvelles, son mod&#232;le est con&#231;u de mani&#232;re dynamique, non fig&#233;e, comme le sugg&#232;re l'adjectif &#171; moderne &#187; qui renvoie &#224; l'id&#233;e d'un renouvellement continu. Il &#233;crit ainsi que l'&#201;cole Moderne &#171; ne devait pas &#234;tre la future &#233;cole type de la soci&#233;t&#233; raisonnable, mais son pr&#233;curseur, son adaptation rationnelle &#224; l'environnement &#187; (Wagnon et al., 2013, p. 175).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ferrer justifie dans un chapitre intitul&#233; &#171; La r&#233;novation de l'&#233;cole &#187; (Wagnon et al., 2013) sa volont&#233; de cr&#233;er un mod&#232;le d'&#233;cole ind&#233;pendant tant des &#233;coles religieuses que des &#233;coles &#233;tatiques. S'il veut fonder un enseignement la&#239;c, radicalement oppos&#233; au dogme catholique, il consid&#232;re &#233;galement que l'&#233;ducation prise en charge par les &#201;tats ne peut en aucun cas favoriser l'&#233;mancipation des enfants, les dirigeants n'ayant d'autre objectif, selon lui, que de servir leurs propres int&#233;r&#234;ts, l'&#233;cole d'&#201;tat est donc &#233;galement un symbole de domination. Il revendique ainsi la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er une &#233;cole dont le programme se situera &#224; &#233;gale distance de ces deux mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le chapitre &#171; Fermeture de l'&#201;cole moderne &#187; qui cl&#244;t l'ouvrage, Ferrer &#233;voque la diffusion internationale de son mod&#232;le avec la cr&#233;ation de la Ligue internationale pour l'&#233;ducation rationnelle de l'enfance et ses revues publi&#233;es &#224; Bruxelles, Barcelone et Rome (Wagnon et al., 2013, p. 285). Si apr&#232;s sa mort, de nombreuses &#233;coles furent cr&#233;&#233;es en Espagne, mais &#233;galement dans le reste de l'Europe, en Am&#233;rique Latine et aux Etats Unis (Marcos Alvarez et al., 2009, p. 102-103), les id&#233;es de Ferrer furent aussi une source d'inspiration majeure pour le mouvement anarchosyndicaliste en Espagne (Cortavitarte Carral, 2019, p. 31) et se trouvent au c&#339;ur de la r&#233;forme &#233;ducative du CENU mise en place apr&#232;s la r&#233;volution sociale qui &#233;clate &#224; Barcelone en juillet 1936 en r&#233;ponse au soul&#232;vement nationaliste (Cortavitarte Carral, 2019, p. 36).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1939, pendant la p&#233;riode franquiste, l'h&#233;ritage de Ferrer est pass&#233; sous silence, avant d'&#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; par certains acteurs de la r&#233;novation p&#233;dagogique aux alentours de 1975. Mais avant de nous interroger sur cette r&#233;appropriation, il nous faut nous pencher sur le programme de l'&#201;cole Moderne : dans quelle mesure a-t-il &#233;t&#233; celui d'une &#233;cole pour et par la socialisation d&#233;mocratique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous reprenons la th&#232;se de Guy Vincent selon laquelle la forme scolaire traditionnelle ne r&#233;pond pas aux exigences de la socialisation d&#233;mocratique, nous pouvons faire l'hypoth&#232;se que l'&#233;cole de Ferrer, en prenant le contrepied de cette forme scolaire, cherche justement &#224; construire un mod&#232;le d'&#233;cole socialisante et d&#233;mocratique. Ainsi, son &#233;cole constituerait ce que Guy Vincent nomme un &#171; contremod&#232;le &#187; (Vincent, 2021, p. 111-129). En effet c'est contre l'&#233;cole &#171; coercitive &#187; et &#171; soumise &#224; des r&#232;gles impersonnelles &#187;, que Guy Vincent associe &#224; la forme scolaire, que s'est &#233;lev&#233; Francisco Ferrer, pla&#231;ant au c&#339;ur de son &#233;cole, la Raison contre les dogmes et les superstitions, l'&#233;ducation int&#233;grale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ferrer reprend en effet les principes de l'&#233;ducation int&#233;grale &#233;nonc&#233;s par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Nous examinerons dans un premier temps la r&#233;surgence de la figure de Ferrer et de son &#201;cole Moderne dans deux sources &#233;crites que sont les revues p&#233;dagogiques et les pr&#233;faces de plusieurs ouvrages en nous concentrant sur la p&#233;riode 1975-1978 afin d'&#233;tudier pr&#233;cis&#233;ment les premiers surgissements d'une m&#233;moire en train de se reconstruire &#224; un moment o&#249; l'ouverture d&#233;mocratique reste encore toute relative. En effet les trois premi&#232;res ann&#233;es apr&#232;s la mort de Franco sont marqu&#233;es &#224; la fois par une effervescence certaine des milieux &#233;ducatifs qui sont &#224; la fois port&#233;s par les promesses de la nouvelle Loi G&#233;n&#233;rale d'&#201;ducation de 1970 et en m&#234;me temps &#233;minemment critiques (L&#225;zaro Lorente, 2005), et par de nombreuses entraves &#224; la libert&#233; d'expression car ce que l'on appelle commun&#233;ment &#171; transition d&#233;mocratique &#187; n'a &#233;t&#233; pour certains qu'une confiscation de l'espoir d&#233;mocratique dans la mesure o&#249; le &#171; pacte de l'oubli&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faudra attendre la &#171; Ley de Memoria Hist&#243;rica &#187; de 2007 puis la &#171; Ley de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; a permis &#224; de nombreux dirigeants franquistes de maintenir leur pouvoir (L&#243;pez Lerma, 2011). La p&#233;riode 1975-1978 couvre donc la p&#233;riode qui va de la mort du dictateur aux accords de la Moncloa d'octobre 1977 et &#224; la constitution de 1978 qui marquent l'entr&#233;e de l'Espagne dans un r&#233;gime de monarchie parlementaire, tandis que les ministres de l'&#233;ducation de cette p&#233;riode sont encore des membres de la haute administration franquiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La m&#233;moire de Ferrer dans les revues p&#233;dagogiques de la transition d&#233;mocratique espagnole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il nous semble utile de pr&#233;ciser dans un premier temps comment s'est op&#233;r&#233; le choix des revues. Nous avons s&#233;lectionn&#233; quatre revues publi&#233;es peu de temps apr&#232;s la mort de Franco qui sont repr&#233;sentatives des mouvements de r&#233;novation p&#233;dagogique (dor&#233;navant MRP) en Espagne et qui refl&#232;tent en m&#234;me temps une vari&#233;t&#233; d'approches&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; titre de comparaison, il existait 38 revues de MRP dans les ann&#233;es 1990 en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cuadernos de pedagog&#237;a est la plus embl&#233;matique en termes de rayonnement, en effet tir&#233;e &#224; ses d&#233;buts &#224; 7000 exemplaires et distribu&#233;e sur tout le territoire national, elle donne la parole &#224; des chercheurs et des praticiens engag&#233;s dans la revendication d'un nouveau mod&#232;le d'&#233;cole publique participative et d&#233;mocratique (Torrego Egido, 2021). La revue Perspectiva escolar qui est celle du mouvement Rosa Sensat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosa Sensat (1873-1961) fut une p&#233;dagogue catalane de la seconde r&#233;publique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; n&#233; d&#232;s 1965 &#8212; est celle qui se rapproche le plus de Cuadernos de pedagog&#237;a en termes de diffusion et de pluralisme p&#233;dagogique, mais elle s'adresse &#224; un public catalan (Poch i Comas, 2019). Colaboraci&#243;n constitue la reprise de la revue du mouvement Freinet des ann&#233;es 1935-1936 (Jim&#233;nez Mier Ter&#225;n, 1996), publi&#233;e &#224; 6000 exemplaires, elle s'adresse aux adh&#233;rents d'ACIES (Asociaci&#243;n por la cooperaci&#243;n y la imprenta en la escuela) qui devient ensuite le MCEP (Movimiento cooperativo de escuela popular) (Costa Rico &amp; Sampedro Garrido, 2022). Enfin la derni&#232;re revue choisie, Aula libre, est plus confidentielle puisque tir&#233;e seulement &#224; 700 exemplaires. Cr&#233;&#233;e &#224; l'initiative de la CNT (Confederaci&#243;n nacional del trabajo) de Zaragoza, elle est ancr&#233;e dans la p&#233;dagogie libertaire et se fait l'&#233;cho assez rapidement de propositions p&#233;dagogiques issues de la p&#233;dagogie Freinet (Lorenzo Lacruz &amp; Bernat Montesinos, 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons d'embl&#233;e que la m&#233;moire de Ferrer apparait d&#232;s le premier ou deuxi&#232;me num&#233;ro de trois de ces quatre revues engag&#233;es dans un courant de r&#233;novation p&#233;dagogique qui cherche &#224; promouvoir des alternatives &#224; la fois p&#233;dagogiques et politiques apr&#232;s la mort du dictateur (L&#225;zaro Lorente, 2005). Ainsi, le num&#233;ro 2 de Cuadernos de pedagog&#237;a, revue pluraliste qui n'appartient &#224; un aucun MRP, publi&#233; en f&#233;vrier 1975 soit dix mois avant le d&#233;c&#232;s de Franco, contient un long article de Pere Sol&#224; i Gussinyer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pere Sol&#224; i Gussinyer a &#233;tudi&#233; de 1968 &#224; 1972 &#224; Paris o&#249; il a commenc&#233; sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; intitul&#233; &#171; Francesc Ferrer i Gu&#224;rdia y la Escuela Moderna &#187; (Sol&#224; i Gussinyer, 1975a). Pere Sol&#224; ne se contente pas en tant qu'historien de dresser un tableau de ce que fut l'&#201;cole Moderne, mais il revendique la modernit&#233; de l'exp&#233;rience de Ferrer qui apparait comme un mod&#232;le pour &#171; la politique &#233;ducative de la gauche r&#233;volutionnaire &#187; espagnole, il resitue le d&#233;bat dans le contexte de l'&#233;poque en citant d&#232;s la premi&#232;re phrase de son introduction la nouvelle Loi G&#233;n&#233;rale d'&#201;ducation (LGE) de 1970. Selon lui Ferrer suscite un int&#233;r&#234;t croissant parmi la jeunesse universitaire et certains groupes d'enseignants. Il &#233;num&#232;re ensuite les pratiques p&#233;dagogiques de l'&#201;cole Moderne qui trouvent un &#233;cho dans les pr&#233;occupations des enseignants de l'&#233;poque, &#224; savoir &#171; l'importance du jeu dans le processus &#233;ducatif &#187; ainsi que l'apprentissage individualis&#233; favorisant &#171; le d&#233;veloppement spontan&#233; des facult&#233;s de l'enfant &#187;. Dans le m&#234;me num&#233;ro, Joan Senent Josa signe un autre article sur l'enseignement des sciences naturelles dans l'&#201;cole Moderne de Ferrer y Guardia dont la didactique des sciences serait encore d'une grande actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue Perspectiva escolar, li&#233;e au mouvement catalan Rosa Sensat, mentionne &#233;galement Ferrer dans ses premiers num&#233;ros de 1975. Le num&#233;ro 3 consacr&#233; aux cinq ans de la LGE fait r&#233;f&#233;rence &#224; la pr&#233;occupation de Ferrer pour la co&#233;ducation des classes sociales (Subirats, 1975, p. 48). Dans le num&#233;ro suivant d&#233;di&#233; &#224; la r&#233;novation de l'&#233;cole publique, l'&#201;cole Moderne est cit&#233;e comme un exemple d'&#233;cole priv&#233;e qui ne peut pourtant pas &#234;tre tax&#233;e d'&#233;cole bourgeoise (Janer, 1975, p. 88).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout premier num&#233;ro de la revue Colaboraci&#243;n, la revue du mouvement Freinet en reconstruction, consacre un article aux &#233;coles rationalistes qui, selon l'auteur, m&#233;ritent d'&#234;tre sorties de l'oubli dans lequel elles ont &#233;t&#233; plong&#233;es car elles constituent &#171; une authentique r&#233;novation p&#233;dagogique &#187;. Il ajoute que ce sont les maitres rationalistes qui ont introduit les techniques Freinet en Espagne (&#171; Las escuelas racionalistas &#187;, 1976, p. 21). Le reste du num&#233;ro est consacr&#233; au bilan du troisi&#232;me congr&#232;s de l'ACIES et aux m&#233;thodes Freinet telles que le t&#226;tonnement exp&#233;rimental, le texte libre, le calcul vivant, l'imprimerie scolaire, la correspondance, ou les r&#233;unions de coop&#233;rative appel&#233;es &#171; asambleas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aula libre, la revue du secteur &#233;ducation de la CNT de Zaragoza, cite Ferrer d&#232;s son premier num&#233;ro. En effet ce num&#233;ro (&#171; Libros &#187;, p. 19&#8209;20) contient un sch&#233;ma r&#233;capitulatif des tendances &#233;ducatives li&#233;es aux syndicats que sont la CNT et la UGT (Union g&#233;n&#233;rale des Travailleurs, syndicat li&#233; au Parti Socialiste espagnol) depuis les ann&#233;es 1930, sur lequel apparait clairement la filiation avec l'&#201;cole Moderne de Ferrer et les &#233;coles rationalistes. La bibliographie jointe au sch&#233;ma mentionne le livre de Pere Sol&#224;, Las escuelas racionalistas en Catalunya, ainsi que la r&#233;&#233;dition de l'ouvrage de Ferrer, La Escuela Moderna, tous deux publi&#233;s en 1976 par la maison d'&#233;dition catalane Tusquets. Il est aussi &#224; noter que le sch&#233;ma est accompagn&#233; d'un slogan qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; mai 68 et lie qu&#234;te de libert&#233; et refus des manuels scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate donc &#224; travers ces diff&#233;rents exemples, que la m&#233;moire de Ferrer est revisit&#233;e, hybrid&#233;e avec d'autres courants p&#233;dagogiques comme le mouvement Freinet, actualis&#233;e et travers&#233;e par des pr&#233;occupations contemporaines li&#233;es &#224; la qu&#234;te de libert&#233;, &#224; l'&#233;panouissement individuel, dans la continuit&#233; de mai 68 dont les slogans ont p&#233;n&#233;tr&#233; jusque dans l'Espagne franquiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces premiers num&#233;ros, Ferrer continue &#224; &#234;tre r&#233;guli&#232;rement cit&#233; dans les revues p&#233;dagogiques des ann&#233;es 1976-1978 bien qu'il ne fasse plus l'objet d'articles &#224; part enti&#232;re, exception faite d'un article de Pere Sol&#224; dans le num&#233;ro 24 de Cuadernos de pedagog&#237;a pour comm&#233;morer l'anniversaire de l'&#201;cole Moderne (Sol&#224; i Gussinyer, 1976a). Dans cette m&#234;me revue, Ferrer apparait encore avant 1978 dans deux t&#233;moignages. Le premier est celui de Rafael Adell qui &#233;crit &#224; Pere Sol&#224; pour r&#233;agir &#224; la publication de son ouvrage sur les &#233;coles rationalistes en tant qu'ancien membre de la commission de l'&#233;cole Natura du quartier El Clot &#224; Barcelone (Adell, 1977). Le deuxi&#232;me t&#233;moignage est celui de Federica Montseny, c&#233;l&#232;bre repr&#233;sentante de la CNT, qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; Ferrer lorsqu'on l'interroge sur l'histoire de l'&#233;ducation dans le mouvement anarchosyndicaliste (Jacas, 1977).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les autres revues, c'est dans Perspectiva Escolar, du mouvement Rosa Sensat, que Ferrer est le plus abondamment cit&#233; apr&#232;s 1976. Son nom est li&#233; &#224; l'histoire des syndicats enseignants avant 1939, &#224; la didactique des sciences naturelles et du jeu, et &#233;galement &#224; une autre grande figure de la r&#233;novation p&#233;dagogique, Pau Vila, 95 ans en 1977, auquel la revue d&#233;die un long article sous la plume de Jaume Carbonell, dans son num&#233;ro 12 (Carbonell, 1977, p. 60). Pau Vila, a connu Ferrer qui lui a m&#234;me confi&#233; la direction d'une succursale de l'&#201;cole Moderne de Barcelone en 1902, l'&#233;cole del Foment Martinenc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la revue du mouvement Freinet, Colaboraci&#243;n, si de nombreux articles sont d&#233;di&#233;s &#224; la p&#233;dagogie autogestionnaire, on trouve peu d'allusions &#224; Ferrer entre 1976 et 1978, son nom apparait dans une bibliographie (&#171; Bibliograf&#237;a &#187;, 1977) &#224; l'occasion de la sortie du livre Ferrer Guardia y la pedagog&#237;a libertaria (Mon&#233;s i Pujol-Busquets et al., 1977) et comme &#233;tant l'inventeur de la d&#233;nomination &#171; &#201;cole Moderne &#187; reprise par le mouvement Freinet (Launay, 1977, p. 10)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette affirmation qui circule abondamment ne semble pas avoir de r&#233;alit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;Cette affirmation qui circule abondamment ne semble pas avoir de r&#233;alit&#233; historique..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette br&#232;ve analyse des revues confirme donc la place donn&#233;e &#224; Ferrer, celui d'une figure tut&#233;laire, dont l'&#233;cole sert de mod&#232;le, notamment sur les sujets de mixit&#233; sociale et de didactique des sciences, et dont le souvenir est entretenu par des historiens, mais aussi des t&#233;moins c&#233;l&#232;bres ou anonymes, dont on recueille la parole dans un souci de m&#233;moire apr&#232;s l'effacement des ann&#233;es du franquisme. Pour v&#233;rifier ces premi&#232;res observations, nous avons fait le choix de nous concentrer sur cinq pr&#233;faces de livres publi&#233;s entre 1975 et 1978. Ces &#233;crits liminaires permettent en effet de jeter un &#233;clairage sur la r&#233;actualisation du mythe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Les trois r&#233;&#233;ditions de La Escuela Moderna de 1976&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de comparer les pr&#233;faces des trois r&#233;&#233;ditions de l'&#339;uvre posthume de Ferrer y Guardia qui apparaissent presque simultan&#233;ment en 1976 chez Tusquets, Zyx et J&#250;car. Celles-ci sont tr&#232;s diff&#233;rentes, &#224; l'image de la r&#233;ception de Ferrer pendant la transition d&#233;mocratique. Afin d'&#233;clairer l'importance de ces trois r&#233;&#233;ditions, il faut noter l'absence quasi-totale de r&#233;f&#233;rence &#224; Ferrer dans les ouvrages publi&#233;s en Espagne avant 1976, la bibliographie propos&#233;e dans deux ouvrages de 1977-1978 (Mon&#233;s i Pujol-Busquets et al., 1977 ; Sol&#224; i Gussinyer, 1978) nous permet d'identifier deux ouvrages ant&#233;rieurs, celui de l'historienne am&#233;ricaine Joan Connelly sur la semaine tragique &#224; Barcelone (Connelly Ullman, 1972) ainsi que la traduction du livre du syndicaliste fran&#231;ais Maurice Dommanget sur les grands socialistes et l'&#233;ducation (Dommanget, 1972). Il faut attendre 1976 pour que deux auteurs espagnols &#8211; cit&#233;s par Mon&#233;s, Sol&#224; et L&#225;zaro (Mon&#233;s i Pujol-Busquets et al., 1977) - &#233;crivent sur le mouvement anarchiste (Alvarez Junco, 1976 ; Cuadrat, 1976). Si certaines &#233;ditions clandestines de La Escuela Moderna circulaient pendant le franquisme (L&#225;zaro Lorente, 2005) elles n'&#233;taient connues que dans certains cercles de militants. En somme, c'est Pere Sol&#224;, &#224; travers trois ouvrages (Mon&#233;s i Pujol-Busquets et al., 1977 ; Sol&#224; i Gussinyer, 1976, 1978) et plusieurs articles (Sol&#224; i Gussinyer, 1975a, 1975b), qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un des principaux artisans de la r&#233;cup&#233;ration de la m&#233;moire de Ferrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement Sol&#224; qui signe la pr&#233;face de la r&#233;&#233;dition de La Escuela Moderna aux &#233;ditions Tusquets, qui n'est autre que la reprise d'un article publi&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente (Sol&#224; i Gussinyer, 1975b). Dans ce texte intitul&#233; &#171; La Escuela y la educaci&#243;n en los medios anarquistas de Catalu&#241;a, 1909-1939 &#187; l'universitaire dresse un rapide historique du rationalisme et montre les liens entre l'&#233;cole fond&#233;e par Ferrer et le r&#233;seau des &#233;coles la&#239;ques d&#233;j&#224; existant, puis d&#233;crit son influence en Europe et au-del&#224;, par l'exportation de son mod&#232;le d'&#233;cole. Il souhaite r&#233;tablir la v&#233;rit&#233; sur les &#233;coles rationalistes rest&#233;es trop longtemps dans l'oubli et consid&#232;re que l'&#233;cole voulue par Ferrer est beaucoup plus inspirante que le discours d'Ivan Illich&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ivan Illich (1926-2002) est un des repr&#233;sentants d'un courant en faveur de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pr&#233;sent&#233; comme novateur par de nombreux &#171; Instituts de Sciences de l'Education&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est un d&#233;cret de 1969 de qui permet la cr&#233;ation de ces Instituts de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Cette comparaison entre Ferrer et Illich, r&#233;f&#233;rence majeure en &#233;ducation dans les ann&#233;es 1970, est int&#233;ressante car elle est reprise par d'autres auteurs pour souligner la modernit&#233; de Ferrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction des &#233;ditions Zyx de septembre 1976 n'est pas sign&#233;e, elle a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e par le comit&#233; &#233;ditorial. Cette maison d'&#233;dition a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par des militants ouvriers chr&#233;tiens et des pr&#234;tres de la HOAC (La Hermandad Obrera de Acci&#243;n Cat&#243;lica) en 1963. Selon les auteurs, l'&#201;cole Moderne a &#233;t&#233; novatrice sur le plan p&#233;dagogique par la place donn&#233;e aux jeux, aux exp&#233;rimentations pratiques &#8212; par opposition au savoir livresque &#8212; et au contact avec la nature. En revanche certaines critiques peuvent &#234;tre &#233;mises. Les avanc&#233;es de Ferrer auraient &#233;t&#233; limit&#233;es par le soutien de la bourgeoisie la&#239;que de l'&#233;poque. En outre, la suspicion de Ferrer &#224; l'&#233;gard des &#233;coles d'Etat, sujet au c&#339;ur de l'actualit&#233; &#233;ducative de la transition, doit &#234;tre r&#233;examin&#233;e car le d&#233;bat serait mal pos&#233; par Ferrer. Tant que l'&#201;tat est au service de la classe dominante, on ne peut pas lui confier les r&#234;nes de l'&#201;cole, mais cela ne signifie pas qu'il faille &#234;tre absolument contre une intervention de l'Etat. Les auteurs critiquent &#233;galement le manque de libert&#233; r&#233;elle des &#233;l&#232;ves et des ouvriers dans les choix p&#233;dagogiques et l'absence d'une instance de d&#233;cision et d'organisation partag&#233;e dans l'Ecole Moderne. Enfin le dogmatisme de Ferrer est mis sur la sellette : bien loin de la neutralit&#233; proclam&#233;e, les bulletins de l'&#233;cole laissent clairement entrevoir un pros&#233;lytisme, au point que l'on puisse parler d'une &#171; &#233;cole confessionnelle &#187; dans laquelle certaines valeurs auraient remplac&#233; la religion. Les auteurs de cette pr&#233;face, qui sont pourtant des militants antifranquistes affirm&#233;s, ayant cr&#233;&#233; la maison d'&#233;dition Zyx dans la clandestinit&#233;, se d&#233;marquent donc d'une quelconque mythification de Ferrer, en n'h&#233;sitant pas &#224; &#233;corner son image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me r&#233;&#233;dition de La Escuela Moderna aux &#233;ditions J&#250;car, est pr&#233;fac&#233;e par Carlos D&#237;az&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carlos D&#237;az, philosophe de l'&#233;ducation est l'auteur de nombreux ouvrages au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (D&#237;az, 1976). Son titre tranche avec les pr&#233;faces d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233;es : &#171; Ferrer Guardia, &#191;arc&#225;ngel o satanas ? &#187; (&#171; archange ou satan ? &#187;). D'embl&#233;e Carlos D&#237;az prend ses distances avec le mythe en &#233;voquant les relations de Ferrer avec les femmes et la mani&#232;re dont il a d&#233;laiss&#233; ses propres enfants. Il reconnait que les d&#233;tracteurs comme les partisans de Ferrer ont &#233;t&#233; excessifs et annonce son intention de s'&#233;lever au-dessus du d&#233;bat. Dans une conclusion assez &#233;nigmatique il compare Ferrer &#224; Socrate contraint &#224; boire la cig&#252;e, et ajoute qu'il &#171; lutte avec lui et comme lui &#187; pour &#171; une &#233;cole de la raison &#187; capable de &#171; tuer la vieille soci&#233;t&#233; &#187;. Selon lui, le peuple espagnol ne tol&#233;rera plus que l'histoire se r&#233;p&#232;te. On peut se demander si cette comparaison avec Socrate n'est pas une preuve de la censure qui continue &#224; s&#233;vir en 1976. En outre, son identification finale &#224; Ferrer va &#224; l'encontre de son intention initiale de prendre de la distance, l'image de Ferrer serait-elle tellement pr&#233;gnante, qu'il serait difficile d'&#233;chapper &#224; son influence ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Trois pr&#233;faces de livres consacr&#233;s &#224; Ferrer entre 1976 et 1978&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;face du livre Escuelas racionalistas (Sol&#224; i Gussinyer, 1976b) est une reprise de l'article publi&#233; par Pere Sol&#224; dans le num&#233;ro 2 de Cuadernos de pedagog&#237;a. La publication du livre vise &#224; redonner toute sa place au courant de l'&#233;cole rationaliste dans la philosophie et l'histoire de l'&#233;ducation, sans pour autant de mythifier ces &#233;coles, car il faut trouver un juste &#233;quilibre entre &#171; la m&#233;moire n&#233;cessaire et la mythification &#187;. Lorsque Pere Sol&#224; publie Ferrer i Gu&#224;rdia i l'escola moderna deux ans plus tard (Sol&#224; i Gussinyer, 1978), le ton se fait plus revendicatif. En tant qu'universitaire il pr&#233;cise qu'il a financ&#233; sa recherche tout seul car l'universit&#233; espagnole, &#171; scl&#233;ros&#233;e &#187; selon lui, ne veut pas &#171; d&#233;terrer les morts g&#234;nantes &#187;. Il consid&#232;re que la figure de Ferrer est un &#171; mythe tenace &#187; qui appartient &#224; l'imaginaire collectif et a r&#233;sist&#233; au &#171; lavage de cerveau &#187; franquiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;face que Jaume Carbonell, directeur de la revue Cuadernos de pedagog&#237;a, r&#233;dige pour le livre Ferrer Guardia y la pedagogia libertaria (Mon&#233;s i Pujol-Busquets et al., 1977) file aussi la m&#233;taphore du silence et de la nuit, dont Ferrer, &#171; p&#233;dagogue maudit &#187;, commencerait tout juste &#224; sortir. Il lance ensuite un appel &#224; la libre circulation et &#224; la confrontation de toutes les id&#233;es, sans tabou, pour qu'enfin l'h&#233;ritage p&#233;dagogique espagnol reprenne la place qui lui revient. En effet, si la m&#233;moire de Ferrer a &#233;t&#233; totalement effac&#233;e pendant la dictature, les &#233;crits d'Alexander Neill&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexander Sutherland Neill (1883-1973) a dirig&#233; pendant 50 ans l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Ivan Illich ont en revanche &#233;t&#233; diffus&#233;s en Espagne, preuve selon Carbonell que leurs id&#233;es p&#233;dagogiques ne sont pas &#171; mal vues &#187; par la classe dominante, autrement dit qu'ils ne sont pas vraiment subversifs. Dans sa pr&#233;face il souligne aussi un regain d'int&#233;r&#234;t pour Ferrer en &#233;voquant les trois r&#233;&#233;ditions r&#233;centes de son livre, de nombreux articles dans la presse, des publications qu'il qualifie de &#171; semi-l&#233;gales &#187;, des colloques et de nombreux s&#233;minaires qui lui sont consacr&#233;s. Selon lui certains cercles militants revendiquent m&#234;me le mod&#232;le des &#233;coles rationalistes comme alternative &#224; l'&#233;cole franquiste. L'exemple de l'&#201;cole Moderne semble donc bien inspirer les militants p&#233;dagogiques du post-franquisme, toutefois Carbonell insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'adopter un regard critique. Pour lui la force de ce mod&#232;le r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; ne pas pouvoir &#234;tre &#171; manipul&#233; &#187; par la bourgeoisie et &#224; inspirer un projet d'&#233;cole &#171; publique, populaire et &#233;mancipatrice &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rentes pr&#233;faces nous renvoient &#224; une image un peu encombrante de Ferrer, trop absente et trop pr&#233;sente &#224; la fois, cette image qu'il faudrait sortir de l'oubli, pourrait aussi brouiller le d&#233;bat p&#233;dagogique si on n'y prend pas garde. Les auteurs font ainsi tous le choix de prendre position, tout en annon&#231;ant leur intention de prendre de la hauteur, oscillant entre distance et identification. De fait, ce positionnement semble caract&#233;ristique des historiens du post-franquisme. Le S&#233;minaire d'Enseignement de l'Histoire qui se constitue &#224; Barcelone d&#232;s 1970 autour de la figure de Jordi Mon&#232;s, dont Jaume Carbonell et Pere Sol&#224; sont des membres actifs, est embl&#233;matique de cette volont&#233; quasi militante de certains historiens de l'&#233;ducation de redonner toute leur place &#224; des figures p&#233;dagogiques comme celle de Ferrer et de d&#233;fendre une vision de l'&#233;cole &#171; publique, la&#239;que, catalane et d&#233;mocratique &#187; (Torrano, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Que nous disent les t&#233;moins de la r&#233;novation p&#233;dagogique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour clore notre &#233;tude, nous nous proposons de donner la parole &#224; quelques t&#233;moins de la r&#233;novation p&#233;dagogique espagnole interrog&#233;s entre 2021 et 2022 au sujet de l'influence de Francisco Ferrer sur les MRP. Ces t&#233;moins qui ont en commun d'avoir &#233;t&#233; acteurs de la r&#233;novation p&#233;dagogique des ann&#233;es 1975-1978 ont &#233;t&#233; choisis dans deux milieux, le milieu universitaire (pour Pere Sol&#224; et Luis Miguel L&#225;zaro) et le milieu militant. Nous avons en effet interrog&#233; des militants du MCEP &#8212; dont certains furent affili&#233;s &#224; la CNT &#8212; et du MRP Aula libre, afin de pouvoir croiser leurs t&#233;moignages avec les publications des deux revues de leur mouvement, mais &#233;galement Jaume Carbonell en tant que directeur de la revue Cuadernos de pedagog&#237;a et Jaume Mart&#237;nez Bonaf&#233;, militant bien connu des MRP de Valence, devenu professeur d'universit&#233;, qui a particip&#233; avec Luis Miguel L&#225;zaro &#224; un cercle d'&#233;tudiants libertaires dans les ann&#233;es 1970. Les t&#233;moignages se rejoignent autour de plusieurs constats majeurs : Ferrer est &#224; la fois une ic&#244;ne et une figure maudite, son mod&#232;le p&#233;dagogique a &#233;t&#233; gomm&#233; par la dictature et n'a que tr&#232;s peu inspir&#233; les acteurs de la transition d&#233;mocratique qui n'y ont pas trouv&#233; de r&#233;ponses concr&#232;tes &#224; leurs pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents entretiens que nous avons men&#233;s mettent tous en &#233;vidence la dimension paradoxale de Ferrer, figure duelle, &#224; la fois iconique et maudite, comme l'a sugg&#233;r&#233; Carlos D&#237;az dans son prologue. Jaume Carbonell , directeur de la revue Cuadernos de pedagog&#237;a pendant la transition, constate que pendant la transition Ferrer est une &#171; ic&#244;ne &#187;, un &#171; martyr &#187;, un &#171; mythe &#187;, que tout le monde &#171; en parle &#187;, &#171; l'aime &#187;, que son nom &#171; ressort tout le temps &#187; dans les grandes manifestations, mais qu'en fin de compte personne ne l'a lu. Luis Miguel L&#225;zaro, que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233; en tant qu'universitaire, et qui a commenc&#233; sa carri&#232;re comme instituteur, parle &#171; d'occultation &#187;, &#171; d'invisibilisation &#187; de Ferrer, il consid&#232;re que l'institution l'a &#171; stigmatis&#233; en tant qu'anarchiste &#187;. Enrique Sim&#243;n, membre actif du MCEP, le mouvement Freinet espagnol, et syndiqu&#233; &#224; la CNT, reconnait que l'influence de Ferrer n'a pas d&#233;pass&#233; le cadre du mouvement anarchiste car celui-ci &#233;tait &#171; fich&#233; &#187;, connu pour avoir &#233;t&#233; fusill&#233; plut&#244;t que pour son action p&#233;dagogique, de telle sorte qu'en tant que militant c&#233;n&#233;tiste il ne s'y est lui-m&#234;me pas vraiment int&#233;ress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette invisibilisation de Ferrer se manifeste &#233;galement dans la formation professionnelle des enseignants de l'&#233;poque. Ainsi Luis Miguel L&#225;zaro, nous a confi&#233; que l'histoire de l'&#233;ducation qu'on lui a enseign&#233;e &#224; l'&#201;cole Normale s'arr&#234;tait &#224; Saint Thomas d'Aquin, au treizi&#232;me si&#232;cle. Mariano Coronas, membre du MRP Aula libre, qui a &#233;tudi&#233; &#224; l'&#201;cole Normale de Huesca en Aragon, o&#249; la r&#233;pression franquiste contre les instituteurs de la Seconde R&#233;publique a &#233;t&#233; particuli&#232;rement forte, confirme l'absence dans sa formation des p&#233;dagogues qu'il qualifie d'alternatifs, et constate &#233;galement que le franquisme a r&#233;ussi &#224; construire un &#171; r&#233;cit alternatif &#187;, une autre histoire de l'&#201;ducation en Espagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans les &#201;coles Normales c'est une formation bas&#233;e sur le national-catholicisme&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'oubli de Ferrer, il faut souligner son inad&#233;quation avec les besoins professionnels des enseignants au moment o&#249;, au sortir du franquisme, ils cherchent de nouvelles pistes p&#233;dagogiques concr&#232;tes. Tous les t&#233;moins interrog&#233;s soulignent le d&#233;calage entre les propositions de Ferrer et la r&#233;alit&#233; v&#233;cue dans leurs classes. Selon Luis Miguel L&#225;zaro l'image de Ferrer est revendiqu&#233;e comme une forme de &#171; r&#233;paration &#187; historique, mais dans la pratique, elle n'inspire pas les enseignants. Pour Enric Vilaplana, universitaire qui commen&#231;a sa carri&#232;re d'instituteur en 1969 dans une &#233;cole priv&#233;e d'inspiration Freinet qu'il a cofond&#233;e, la Escola Nab&#237;, le manque d'information sur les techniques de l'&#201;cole Moderne explique pourquoi le mod&#232;le ferr&#233;riste n'a pas p&#233;n&#233;tr&#233; dans les salles de classe :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Y de este momento en las escuelas m&#225;s innovadoras, de Ferrer se habla poco, se contempla relativamente poco. S&#237; que seguramente muchos maestros tienen conocimiento y admiraci&#243;n por la labor de Ferrer con la escuela moderna, pero por otra parte, as&#237; como Montessori o Decroly o Freinet dan pautas, dan t&#233;cnicas did&#225;cticas, no hay mucha informaci&#243;n sobre las t&#233;cnicas que se aplicaban dentro de la escuela moderna de Ferrer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduction : &#171; Et &#224; l'heure actuelle, dans les &#233;coles les plus novatrices, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Paco Bastida, confondateur de l'&#233;cole autog&#233;r&#233;e de Palomeras qui ouvre en 1969 dans la banlieue de Madrid, reconnait qu'il poss&#232;de bien une biographie de Ferrer dans sa biblioth&#232;que mais qu'il n'a pas approfondi la question car la connaissance de la p&#233;dagogie Freinet lui suffisait pour l'organisation d&#233;mocratique de son &#233;cole, notamment pour la mise en place des assembl&#233;es scolaires. Il y aurait donc une concurrence de Ferrer avec d'autres p&#233;dagogues li&#233;s &#224; l'&#201;ducation Nouvelle, ainsi qu'avec de nouvelles figures telles que Illich, Freire, le courant de la p&#233;dagogie critique nord-am&#233;ricaine (McLaren, Michael Apple) ou bien le courant autogestionnaire fran&#231;ais (Michel Lobrot notamment). La diversit&#233; des MRP qui naissent &#224; l'&#233;poque et les diff&#233;rences qui existent d'une r&#233;gion &#224; l'autre expliquent aussi la faible diffusion du mod&#232;le ferr&#233;riste. Enric Vilaplana reconnait qu'en Catalogne le mouvement Rosa Sensat a exerc&#233; une forme de monopole sur le plan p&#233;dagogique, tandis que la r&#233;gion de Valence aurait re&#231;u l'influence des mouvements p&#233;dagogiques fran&#231;ais d'apr&#232;s Luis Miguel L&#225;zaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres t&#233;moins nous ont fourni d'autres explications &#224; l'oubli de Ferrer pendant la transition. Certains lui reprochent son dogmatisme ou sa trop grande radicalit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Entonces yo creo que la pedagog&#237;a de Ferrer y Guardia, la escuela moderna, en la transici&#243;n democr&#225;tica de Espa&#241;a no cabe. &#191;Por qu&#233; no cabe ? No cabe b&#225;sicamente porque los que reivindican una escuela p&#250;blica, reivindican una escuela p&#250;blica, pluralista, cient&#237;fica, laica, pero no anticlerical, ojo, no anticlerical, que es muy distinto, &#191;no ? [&#8230;] Por otro lado, hay que ver que Ferrer y Guardia es un pensamiento autoritario, dogm&#225;tico, &#191;no ? Ojo, que se entiende en su contexto, se entiende, pues, a principios del siglo 20, t&#250; ten&#237;as que responder con otros dogmatismos, &#191;no&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduction : &#171; Je crois donc que la p&#233;dagogie de Ferrer et Guardia, l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On peut faire l'hypoth&#232;se qu'en sortant de quarante ans d'une dictature qui a fait suite &#224; une guerre fratricide, les enseignants aient envie de reconstruire un syst&#232;me &#233;ducatif qui respecte les sensibilit&#233;s de chacun. Pour autant la radicalit&#233; de Ferrer continue d'exercer un pouvoir de fascination, la tension entre radicalit&#233; et pluralisme serait-elle repr&#233;sentative des d&#233;bats politiques de la transition en Espagne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ticences de Ferrer vis-&#224;-vis du catalan pourraient &#234;tre une autre explication du d&#233;sint&#233;r&#234;t de certains pour son &#339;uvre. On se souvient que Ferrer m&#233;prisait l'usage du catalan, qu'il consid&#233;rait comme une &#171; mesquinerie r&#233;gionaliste &#187; (Ferrer Guardia et al., 2009, p. 9)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut noter que ce n'est qu'en 1913 et 1918 que Pompeu Fabra jeta les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, or comme le souligne un autre militant du MCEP, Abel Roberto Flores, les &#171; vents de la r&#233;novation p&#233;dagogique &#187; ont souffl&#233; depuis la Catalogne o&#249; &#233;tait &#171; d&#233;fendue l'identit&#233; catalane &#187;, c'est la raison pour laquelle selon lui Ferrer a &#233;t&#233; &#171; mis &#224; l'&#233;cart &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de cette diversit&#233; des explications de l'oubli de Ferrer, c'est la vari&#233;t&#233; des modalit&#233;s d'acc&#232;s &#224; son &#339;uvre et &#224; sa pens&#233;e p&#233;dagogique qui ressort le plus des entretiens. Plusieurs voies ont permis de r&#233;cup&#233;rer la figure de Ferrer &#224; la fin du franquisme et au d&#233;but de la transition : les publications d'abord clandestines puis les r&#233;&#233;ditions de son livre et les articles de revues, l'appartenance &#224; des cellules anarchistes clandestines, la rencontre avec des anarchistes par le biais d'autres engagements militants et le r&#244;le jou&#233; par certains universitaires. La plupart des personnes interrog&#233;es mentionnent des lectures, notamment les diff&#233;rentes r&#233;&#233;ditions de La Escuela Moderna en 1976. Ainsi, Julio Rogero et sa femme Emilia Garc&#237;a racontent qu'ils ont lu, comme beaucoup de militants &#224; l'&#233;poque, l'ouvrage de Ferrer de la maison d'&#233;dition Zyx qui regroupait des membres de la HOAC et des militants anarchistes. Emilia Garc&#237;a appartenait &#224; un groupe d'enseignants qui se r&#233;unissait clandestinement dans des coll&#232;ges catholiques gr&#226;ce au soutien des pr&#234;tres de la HOAC, elle se souvient des d&#233;bats autour de la transformation de l'&#233;cole et de l'int&#233;r&#234;t de ses camarades pour Ferrer, mais c'est la p&#233;dagogie Freinet qui r&#233;pondait &#224; l'&#233;poque &#224; ses questionnements de ma&#238;tresse d'&#233;cole rurale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jaume Mart&#237;nez Bonaf&#233; se r&#233;m&#233;more la publication clandestine de La Escuela Moderna d&#232;s 1974 ou 1975 par deux enseignants anarchistes qui utilisaient pour &#233;diter des livres un limographe, appel&#233; en espagnol &#171; vietnamita &#187;. Il relate ses diff&#233;rentes mani&#232;res d'entrer en contact avec Ferrer, le d&#233;couvrant d'abord gr&#226;ce &#224; son travail dans &#171; une usine de conserves &#187; o&#249; il int&#232;gre une &#171; cellule anarchiste &#187; qui lui fournit de la presse clandestine, puis &#224; l'&#201;cole Normale gr&#226;ce &#224; la rencontre avec une figure majeure, Gonzalo Anaya, professeur de l'Universit&#233; de Valence. En effet un petit groupe d'&#233;tudiants se r&#233;unit autour de l'universitaire et constitue un s&#233;minaire de recherche autour de la figure de Ferrer. Ainsi, lors de la toute premi&#232;re &#171; Escola d'Esti&#249; &#187; (&#233;cole d'&#233;t&#233;) organis&#233;e &#224; Valence en 1976, le groupe propose un s&#233;minaire en deux parties sur Ferrer intitul&#233; &#171; Seminario Ferrer y Guardia &#187;. Luis Miguel L&#225;zaro a fait partie du m&#234;me groupe d'&#233;tudiants et nous a partag&#233; la m&#234;me exp&#233;rience, ajoutant que leur &#171; cercle de lecture &#187; se r&#233;unissait chaque semaine avec Gonzalo Anaya, un &#171; professeur tr&#232;s singulier &#187; qui selon lui &#171; leur a ouvert les yeux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jaume Mart&#237;nez Bonaf&#233; a publi&#233; un ouvrage d'entretiens avec Gonzalo Anaya (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;En conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour affiner notre analyse, il faudrait pouvoir mesurer l'&#233;cart qui existe entre les t&#233;moignages que nous avons recueillis aupr&#232;s de militants p&#233;dagogiques ou de chercheurs engag&#233;s et l'exp&#233;rience des enseignants ordinaires. En effet, bien que les t&#233;moins que nous avons interrog&#233;s aient eu connaissance de Ferrer, ils sont unanimes : leur cas est particulier et c'est le hasard de leurs engagements qui les a amen&#233;s &#224; d&#233;couvrir Ferrer, figure m&#233;connue pour la tr&#232;s grande majorit&#233; des enseignants &#224; l'&#233;poque. On peut donc s'&#233;tonner du contraste entre le nombre de publications consacr&#233;es &#224; Ferrer entre 1975 et 1978 et cet oubli qui semble quasi-total. Comment expliquer que les nombreux articles et r&#233;&#233;ditions de La Escuela Moderna n'aient pas eu plus de r&#233;percussions parmi les enseignants ordinaires ? Les conditions n'&#233;taient-elles pas r&#233;unies pour permettre cette diffusion ? Les diff&#233;rents t&#233;moins nous ont livr&#233; certaines pistes de compr&#233;hension en &#233;voquant notamment la stigmatisation du mouvement anarchiste par le r&#233;gime franquiste, la faiblesse de la formation dans les &#201;coles Normales, l'inad&#233;quation du mod&#232;le ferr&#233;riste avec les besoins des enseignants, et la concurrence avec d'autres mod&#232;les p&#233;dagogiques (notamment la p&#233;dagogie critique de Freire et ses d&#233;clinaisons nord-am&#233;ricaines et la p&#233;dagogie autogestionnaire fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs des articles et des prologues, pour la plupart historiens engag&#233;s pour une &#233;ducation publique &#233;mancipatrice, insistent sur leur volont&#233; de reconstruire la m&#233;moire de Ferrer, de mettre en lumi&#232;re ce que ses th&#232;ses &#233;ducatives peuvent apporter &#224; la r&#233;novation p&#233;dagogique, mais ces efforts n'ont visiblement pas port&#233; leurs fruits. Apr&#232;s le franquisme, les enseignants sont dans une sorte d'urgence pour refonder l'&#233;cole et ils recherchent des exemples pratiques qu'ils trouvent davantage dans des mouvements p&#233;dagogiques comme Rosa Sensat ou le MCEP. Ainsi la m&#233;moire de Ferrer resurgit bien au moment de la transition d&#233;mocratique, comme une figure un peu encombrante, que l'on veut r&#233;tablir mais dont la radicalit&#233; d&#233;range, et comme on l'a vu, elle ne parvient pas &#224; inspirer les pratiques enseignantes. Le mod&#232;le de l'&#201;cole Moderne, con&#231;u par Ferrer pour essaimer et demeurer &#233;ternellement moderne, est devenu une image mythifi&#233;e, parfois vid&#233;e de sa substance, que l'on brandit pour servir un discours politique sur l'&#233;cole, mais qui n'aide pas &#224; penser les transformations &#233;ducatives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
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&lt;p&gt;Adell, R. (1977). Mi escuela racionalista. Cuadernos de pedagog&#237;a, 29.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Torrego Egido, L. (2021). Querido Cuadernos de Pedagog&#237;a. Una mirada desde la a&#241;oranza. Aula, 27, 49&#8209;59.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un martyr des pr&#234;tres : Francisco Ferrer, 10 janvier 1859-13 octobre 1909 : sa vie, son &#339;uvre. (1909). Schleicher fr&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent, G. (2008). La socialisation d&#233;mocratique contre la forme scolaire. &#201;ducation et francophonie, 36(2), 47&#8209;62.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;Vincent, G. (2021). Recherches sur la socialisation d&#233;mocratique. Presses universitaires de Lyon.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;Wagnon, S., Ferrer Guardia, F. et Bouzas Gonz&#225;lez, V. (2013). Francisco Ferrer : Une &#233;ducation libertaire en h&#233;ritage. Atelier de cr&#233;ation libertaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous avons fait le choix du castillan pour nommer le p&#233;dagogue car c'est ainsi qu'il est le plus largement connu du public francophone et parce que lui-m&#234;me utilisait le castillan, mais en Catalogne c'est l'appellation Francesc Ferrer i Guardia qui est actuellement utilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ferrer reprend en effet les principes de l'&#233;ducation int&#233;grale &#233;nonc&#233;s par Paul Robin : &#171; le droit qu'a chaque homme (&#8230;) de d&#233;velopper, le plus compl&#232;tement possible, toutes ses facult&#233;s physiques et intellectuelles &#187; (Depoil et al., 2022, p. 171) contre le verbalisme, la libert&#233; contre les r&#232;gles arbitraires et les punitions, la co-&#233;ducation entre les classes sociales et entre les filles et les gar&#231;ons, l'apprentissage par l'observation et la discussion contre l'ob&#233;issance &#224; un maitre seul d&#233;tenteur du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les principes de l'&#233;ducation rationnelle pr&#233;conis&#233;e par Ferrer sont amplement connus, ses m&#233;thodes p&#233;dagogiques le sont moins. Pourtant, dans son ouvrage, on trouve des exemples pr&#233;cis de m&#233;thodologies actives qui rel&#232;vent bien d'une socialisation d&#233;mocratique. Il insiste sur la place du jeu dans la p&#233;dagogie qui favorise &#171; le bien-&#234;tre &#187; et &#171; la joie &#187; et permet &#224; l'enfant &#171; les &#233;changes avec ses camarades &#187; (Wagnon et al., 2013, p. 201). Il r&#233;alise un compte-rendu d&#233;taill&#233; de la visite de plusieurs usines de Sabadell et de la rencontre avec les ouvriers (p. 84), cite plusieurs lettres d'une correspondance scolaire avec l'Ath&#233;n&#233;e ouvrier de Badalona (p. 249), ainsi que des textes &#233;crits librement par les &#233;l&#232;ves (p. 261) qui seront publi&#233;s dans le Bulletin de l'&#201;cole Moderne. Toutes ces initiatives sont bien li&#233;es par une volont&#233; de promouvoir les interactions sociales. Que ce soit sur le plan des principes ou sur le plan des pratiques p&#233;dagogiques, l'Ecole Moderne de Francisco Ferrer semble donc co&#239;ncider avec ce que Christian Laval et Francis Vergne nomment une &#171; p&#233;dagogie instituante &#187; qu'ils d&#233;finissent comme &#171; l'ensemble des p&#233;dagogies qui font de la d&#233;mocratie un principe de fonctionnement de l'institution scolaire et de formation des &#233;l&#232;ves &#187; (Laval &amp; Vergne, 2021, p. 142). On notera n&#233;anmoins que les &#233;crits de Ferrer ne rendent pas compte d'une formation des &#233;l&#232;ves &#224; la prise de d&#233;cision collective et d&#233;mocratique, ce que ne manquent pas de souligner certains t&#233;moins de la transition d&#233;mocratique en Espagne (Sol&#224; i Gussinyer, 2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ce mod&#232;le ferr&#233;riste &#224; la fois populaire, largement diffus&#233;, et relativement incomplet par le manque de pr&#233;cisions sur les m&#233;thodes, a-t-il a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233; par les acteurs la r&#233;novation p&#233;dagogique post-franquiste ? Quelle image de Ferrer a travers&#233; les ann&#233;es de dictature, celle du martyr d'une Espagne r&#233;actionnaire, celle de l'anarchiste ou celle du p&#233;dagogue[[Deux bibliographies de 1977 et 1978 (Mon&#233;s i Pujol-Busquets et al., 1977 ; Sol&#224; i Gussinyer, 1978) nous indiquent que c'est la figure du martyr qui pr&#233;domine &#224; la mort de Franco avec dix ouvrages consacr&#233;s &#224; sa vie et &#224; sa mort dont trois titres font r&#233;f&#233;rence au &#171; martyr &#187; ou &#224; &#171; l'ap&#244;tre &#187; (Ferrer, 1962 ; Orts-Ramos &amp; Caravaca, 1932 ; Un martyr des pr&#234;tres, 1909), deux livres seulement sont consacr&#233;s &#224; sa p&#233;dagogie (Antich, 1915 ; Schneider, 1971)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faudra attendre la &#171; Ley de Memoria Hist&#243;rica &#187; de 2007 puis la &#171; Ley de Memoria Democr&#225;tica &#187; de 2022 pour que ce pacte de l'oubli commence &#224; s'effacer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; titre de comparaison, il existait 38 revues de MRP dans les ann&#233;es 1990 en Espagne (Checa Godoy, 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rosa Sensat (1873-1961) fut une p&#233;dagogue catalane de la seconde r&#233;publique espagnole qui &#233;tudia &#224; l'Institut Rousseau de Gen&#232;ve puis fut directrice de l'Escola del Bosc, une &#233;cole nouvelle catalane de 1914 &#224; 1930. (Rosa Sensat i Vil&#224; | enciclopedia.cat, s. d.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pere Sol&#224; i Gussinyer a &#233;tudi&#233; de 1968 &#224; 1972 &#224; Paris o&#249; il a commenc&#233; sa th&#232;se &#224; la Sorbonne sous la direction de Vladimir Jank&#233;l&#233;vitch, et de Louis Sala-Molins, un philosophe catalan, malgr&#233; des difficult&#233;s pour soutenir sa th&#232;se &#224; l'universit&#233; de Barcelone, il est par la suite devenu historien de l'&#233;ducation, sp&#233;cialiste des &#233;coles rationalistes, de l'associationnisme catalan et de Ferrer. (Entretien du 17 d&#233;cembre 2021)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette affirmation qui circule abondamment ne semble pas avoir de r&#233;alit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ivan Illich (1926-2002) est un des repr&#233;sentants d'un courant en faveur de la &#171; descolarisation de l'&#233;cole &#187;, l'&#233;cole telle qu'elle existe freine toute possibilit&#233; r&#233;elle d'&#233;ducation, c'est toute la soci&#233;t&#233; qui doit devenir &#233;ducatrice pour que les individus puissent se former tout au long de la vie (Tiana Ferrer et al., 2012, p. 305)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est un d&#233;cret de 1969 de qui permet la cr&#233;ation de ces Instituts de Sciences de l'&#201;ducation (ICE) pendant le &#171; deuxi&#232;me franquisme &#187; qui autorise une relative ouverture p&#233;dagogique (Beas Miranda, 2010), durant cette p&#233;riode les &#233;crits de Illich, Neill et Freire commencent &#224; se diffuser d'abord de mani&#232;re clandestine (L&#225;zaro Lorente, 2005) puis avec la publication de plusieurs ouvrages entre 1972 et 1974 d'abord en Am&#233;rique Latine puis en Espagne (Freire, 1972 ; Freire et al., 1973 ; Illich, 1974 ; Neill, 1972).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Carlos D&#237;az, philosophe de l'&#233;ducation est l'auteur de nombreux ouvrages au moment de la transition, notamment sur le personnalisme d'Emmanuel Mounier et sur l'anarchisme, il publia notamment en 1979 un essai intitul&#233; Ensayo de pedagog&#237;a libertaria (D&#237;az &amp; Garc&#237;a, 1979).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alexander Sutherland Neill (1883-1973) a dirig&#233; pendant 50 ans l'&#233;cole libertaire de Summerhill, fond&#233;e en 1921, devenue une ic&#244;ne de l'&#233;ducation antiautoritaire (Negr&#237;n Fajardo &amp; Vergara Ciordia, 2009, p. 275).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans les &#201;coles Normales c'est une formation bas&#233;e sur le national-catholicisme et la s&#233;paration des sexes qui pr&#233;domine en Espagne jusqu'au d&#233;cret de 1969 qui pr&#233;voit de nouveaux Instituts de Sciences de l'&#201;ducation (Gonz&#225;lez P&#233;rez, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction : &#171; Et &#224; l'heure actuelle, dans les &#233;coles les plus novatrices, on parle peu de Ferrer, on l'envisage relativement peu. Oui, beaucoup d'enseignants connaissent et admirent le travail de Ferrer avec l'&#233;cole moderne, mais d'un autre c&#244;t&#233;, alors que Montessori ou Decroly ou Freinet donnent des lignes directrices, des techniques didactiques, il n'y a pas beaucoup d'informations sur les techniques qui ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es dans l'&#233;cole moderne de Ferrer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction : &#171; Je crois donc que la p&#233;dagogie de Ferrer et Guardia, l'&#233;cole moderne, n'a pas sa place dans la transition d&#233;mocratique en Espagne. Pourquoi n'a-t-elle pas sa place ? Parce que ceux qui r&#233;clament une &#233;cole publique, veulent une &#233;cole publique, pluraliste, scientifique, la&#239;que, mais pas anticl&#233;ricale, voil&#224;, pas anticl&#233;ricale, ce qui est tr&#232;s diff&#233;rent, pas vrai ? [&#8230; D'un autre c&#244;t&#233;, il faut dire que Ferrer y Guardia repr&#233;sente une pens&#233;e autoritaire, dogmatique. Bon, c'est compr&#233;hensible dans son contexte, c'est compr&#233;hensible, parce qu'au d&#233;but du 20&#232;me si&#232;cle, il fallait r&#233;pondre par d'autres dogmatismes, pas vrai ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut noter que ce n'est qu'en 1913 et 1918 que Pompeu Fabra jeta les bases orthographiques et grammaticales du catalan (Pompeu Fabra i Poch | enciclopedia.cat, s. d.) et qu'&#224; l'&#233;poque de Ferrer c'est l'esperanto qui soul&#232;ve les espoirs des intellectuels internationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jaume Mart&#237;nez Bonaf&#233; a publi&#233; un ouvrage d'entretiens avec Gonzalo Anaya dans lequel ces cercles de lecture sont &#233;voqu&#233;s (Anaya et al., 2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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