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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Techniques et coop&#233;ration internationale pour un d&#233;veloppement inclusif, un regard latino-am&#233;ricain.</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article1111.html</link>
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		<dc:date>2016-12-08T11:36:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;my Billon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lors de leur s&#233;jour &#224; Buenos Aires, cinq b&#233;n&#233;voles d'Ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res ont eu l'opportunit&#233; de rencontrer Paula Juarez, enseignante-chercheuse &#224; l'Universit&#233; de Quilmes et co-fondatrice de deux r&#233;seaux collaboratifs, le r&#233;seau de technologies pour l'inclusion sociale (REDTISA) et le programme SEDCERO, une initiative r&#233;gionale pour le droit &#224; l'eau. Cette sp&#233;cialiste latino-am&#233;ricaine de politique technique pour le d&#233;veloppement inclusif revient sur sa vision de la solidarit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors de leur s&#233;jour &#224; Buenos Aires, cinq b&#233;n&#233;voles d'Ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res ont eu l'opportunit&#233; de rencontrer Paula Juarez, enseignante-chercheuse &#224; l'Universit&#233; de Quilmes et co-fondatrice de deux r&#233;seaux collaboratifs, le r&#233;seau de technologies pour l'inclusion sociale (REDTISA) et le programme SEDCERO, une initiative r&#233;gionale pour le droit &#224; l'eau. Cette sp&#233;cialiste latino-am&#233;ricaine de politique technique pour le d&#233;veloppement inclusif revient sur sa vision de la solidarit&#233; internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;https://isf-france.org/node/1160&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris su site Ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1206 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/p8_propal_photo_2-fd7f0.jpg?1481197011' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1206 '&gt;&lt;strong&gt;La communaut&#233; s'auto-organise autour d'un projet REDTISA - Paula Juarez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res (&lt;/strong&gt;ISF) : &lt;strong&gt;Quels sont les aspects novateurs de votre approche sur le montage et la mise en place de technologies de d&#233;veloppement inclusif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Paula Juarez :&lt;/strong&gt; Il y a dix ans, notre &#233;quipe de chercheurs s'est d&#233;cid&#233;e &#224; modifier son agenda politique pour donner un tournant radical &#224; ses pratiques scientifiques traditionnelles. Nous nous sommes centr&#233;s sur les technologies orient&#233;es &#224; la r&#233;solution de probl&#232;mes sociaux et environnementaux, locaux et r&#233;gionaux. En se basant sur les sciences sociales de l'ing&#233;nierie, nous voulons repenser les strat&#233;gies et politiques techniques se proposant de r&#233;soudre les probl&#232;mes concrets du pays. Ainsi, sous le nom de Technologies pour l'Inclusion Social (TIS), nous avons lanc&#233; de nouveaux d&#233;bats pour repenser la relation technique/pauvret&#233; et technique/d&#233;veloppement. Deux visions oppos&#233;es sur comment g&#233;n&#233;rer des dynamiques inclusives et p&#233;rennes. Alors que la premi&#232;re approche propose d'installer un point d'eau communautaire comme &#171; la &#187; solution au probl&#232;me d'eau, la seconde pense une gestion communautaire de l'eau li&#233;e &#224; un apport adapt&#233; aux n&#233;cessit&#233;s de chaque famille. La premi&#232;re maintient le pauvre dans la pauvret&#233; tandis que la seconde fortifie la communaut&#233; en offrant de nouvelles options de vie. L'une est paternaliste et assistentialiste, l'autre non. En pariant sur la revitalisation du d&#233;bat sur comment penser la technique pour un d&#233;veloppement inclusif, nous avons &#233;t&#233; amen&#233; &#224; construire une nouvelle th&#233;orie que nous appelons Syst&#232;mes Technologiques Sociaux. Cette conception s'oppose aux th&#233;ories techniques dominantes qui impulsent la coop&#233;ration internationale et proposent g&#233;n&#233;ralement des &#171; paquets technologiques &#187; largement standardis&#233;s qui ne cr&#233;ent pas de d&#233;veloppement parce qu'elles ne sont pas adapt&#233;es aux r&#233;alit&#233;s locales. &#192; l'inverse, nous proposons de construire des strat&#233;gies techniques avec et depuis les territoires. Actuellement, nous construisons des m&#233;thodologies et mod&#232;les de gestion pour y arriver, autour du projet de recherche-action &#171; Droit &#224; l'acc&#232;s aux biens : de l'eau pour le d&#233;veloppement &#187;, une initiative de d&#233;veloppement rural inclusif. Il se centre sur la construction collective et communautaire de solutions aux probl&#232;mes locaux en rompant avec la logique &#171; cl&#233; en main &#187; et en articulant les actions avec des organismes publics de premi&#232;re ligne : Institut National de Technologie Agricole, minist&#232;re des sciences, technologies et innovation productive, le minist&#232;re du d&#233;veloppement social, universit&#233; de Quilmes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ISF : Selon vous, quels sont les apports des sciences sociales et humaines pour l'aide au d&#233;veloppement et la solidarit&#233; internationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PJ : Les sciences humaines peuvent avoir un r&#244;le crucial pour &#171; ouvrir la bo&#238;te noire &#187; de la production de la connaissance technique, surtout lorsque l'on parle de processus d'inclusion et d'exclusion sociale. Malheureusement, dans les &#233;coles et les universit&#233;s, on ne nous enseigne pas &#224; avoir une pens&#233;e critique et r&#233;flexive sur la technique. Pourtant, elle est l&#224; quand on se l&#232;ve le matin, qu'on regarde sa montre, qu'on allume la lumi&#232;re, qu'on ouvre le robinet et que l'on prend le m&#233;tro pour aller au travail&#8230; Elle est pr&#233;sente sous diff&#233;rentes formes, sous forme d'artefact ou processus d'organisation, mais elle influe toujours sur nos vies. Toutes les technologies ont une forme de pouvoir sur ce que l'on peut ou non faire. Elles distribuent le pouvoir, cr&#233;ent des r&#233;compenses et des ch&#226;timents. En d&#233;finitive, elles sont &#233;minemment politiques ! Depuis la perspective des sciences sociales de la technique, les technologies sont sociales, de la m&#234;me fa&#231;on que les soci&#233;t&#233;s sont technologiques. Nous sommes des &#234;tres socio-techniques. Si la technique est politique, alors les chercheurs en sciences sociales sont des acteurs cl&#233;s pour produire des changements sur les politiques de financements et de coop&#233;ration internationale. En g&#233;n&#233;ral, la coop&#233;ration internationale produit des agendas politiques qui d&#233;finissent des probl&#232;mes et des solutions qui sont g&#233;n&#233;ralement pens&#233;s depuis une posture paternaliste et assistentialiste. Ce sont des probl&#232;mes exog&#232;nes, qui au moment de s'appliquer ne fonctionnent pas en termes de d&#233;veloppement car elles ne r&#233;pondent pas aux attentes locales. Il faut r&#233;ussir &#224; modifier cela, tant du point de vue de la coop&#233;ration internationale que de celui des autorit&#233;s locales qui acceptent des propositions presque sans crit&#232;res ou simplement parce que c'est &#224; la mode et qu'ils obtiennent un financement. Par exemple, on peut prendre les projets &#171; green &#187; qui s'appliquent aujourd'hui en Am&#233;rique Latine alors que nous avons des personnes qui meurent de faim, sans eau ni &#233;lectricit&#233;, ni logement&#8230; mais &#224; la place nous faisons de sublimes pistes cyclables que personne n'utilise et des bacs de recyclage superbes bien que le tout parte au final dans la m&#234;me d&#233;chetterie parce que nous n'avons pas de centres de tri. Ridicule et triste &#224; la fois... Pour cr&#233;er une proposition d'intervention pour un d&#233;veloppement inclusif durable, nous devons penser les solutions de fa&#231;on syst&#233;mique et en phase avec les r&#233;alit&#233;s locales. Nous ne pouvons pas penser des &#171; paquets technologiques &#187; de fa&#231;on acritique, il faut a minima leur apporter des adaptations locales. C'est un d&#233;fi qui a vu le jour dans l'agenda latino-am&#233;ricain en cr&#233;ant des r&#233;seaux collaboratifs comme la REDTISA en Argentine ou la &#171; Red de Tecnologia social &#187; au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ISF : Quelles sont les conditions &#224; r&#233;unir pour que les ing&#233;nieries puissent &#234;tre compl&#233;mentaires &#224; votre approche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PJ : Les ing&#233;nieurs et techniciens sont des politiques rendus invisibles. De la m&#234;me mani&#232;re que les sciences sociales peuvent contribuer &#224; la r&#233;flexion et la planification de strat&#233;gies techniques pour un d&#233;veloppement inclusif durable, les professionnels ing&#233;nieurs et techniciens doivent eux aussi participer &#224; ces d&#233;bats et consolider leur vision critique et sociale de leur profession. Il y a quelque temps, nous avons eu l'opportunit&#233; de rencontrer un ing&#233;nieur qui avait &#233;t&#233; envoy&#233; dans une communaut&#233; aborig&#232;ne dans le Nord de l'Argentine, pour r&#233;soudre un probl&#232;me d'&#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra et de diarrh&#233;e. En &#233;tudiant le terrain, il avait remarqu&#233; que les femmes lavaient les habits dans la rivi&#232;re et que toute la communaut&#233; s'y lavait. Il avait donc d&#233;cid&#233; de faire des sanitaires avec douches, lavabos et toilettes &#224; c&#244;t&#233; de la rivi&#232;re. Il a &#233;t&#233; rappel&#233; peu de temps apr&#232;s la fin des travaux, car les probl&#232;mes persistaient et les infrastructures n'&#233;taient pas utilis&#233;es. La seconde fois, l'ing&#233;nieur s'est r&#233;solu &#224; demander aux femmes pourquoi elles n'utilisaient pas les sanitaires, et comment elles auraient aim&#233; qu'ils soient. Elles point&#232;rent du doigt le fait que les lavabos &#233;taient individualis&#233;s et ne leur permettaient pas de se voir et de discuter. Or, c'&#233;tait leur principale raison d'aller &#224; la rivi&#232;re. Aussi, elles ne voulaient pas de toilettes assis car elles ont l'habitude de faire leur besoin debout. Au fil de la discussion l'ing&#233;nieur s'est rendu compte qu'il avait construit un sanitaire citadin qui n'avait rien &#224; voir avec les coutumes locales. Le bon c&#244;t&#233; c'est qu'il s'en soit finalement aper&#231;u, le mauvais c'est qu'il n'avait plus de fonds pour en r&#233;aliser d'autres. La morale, c'est que nous sommes dans un apprentissage permanent mais qu'il faut tenter de diminuer les erreurs quand nous travaillons avec des personnes qui n&#233;cessitent que nous jouions bien notre r&#244;le. Les calculs techniques sont importants, mais tout autant que savoir identifier correctement les probl&#232;mes et solutions, planifier avec les communaut&#233;s de fa&#231;on strat&#233;gique et syst&#233;mique, avoir de l'empathie et explorer les savoirs qu'ils ont &#224; nous enseigner, d'autres visions du monde, d'autres r&#234;ves de futur&#8230; Il faut &#234;tre une &#171; &#233;ponge &#187; d'apprentissage. Et cela s'applique &#224; tous les professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
ISF : Selon vous, quel futur pour la solidarit&#233; internationale et l'aide au d&#233;veloppement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PJ : La solidarit&#233; internationale implique un acte unidirectionnel des uns vers les autres. Mieux vaut cr&#233;er des r&#233;seaux collaboratifs d'apprentissages et d'actions collectives qui nous permettent de modifier la base mat&#233;rielle des in&#233;galit&#233;s socio-&#233;conomiques et politiques. C'est un jeu plus complexe que de construire puits, digesteurs ou filtres &#224; eau ; mais c'est possible gr&#226;ce &#224; notre capacit&#233; d'apprendre. Pour nous, citoyens du monde qui avons grandi bien nourris, &#233;duqu&#233;s, qui voyageons&#8230; Nous nous diff&#233;rencions du reste du monde seulement parce que nous avons eu les conditions mat&#233;rielles et les moyens sociaux d'apprendre &#224; g&#233;n&#233;rer une plus grande quantit&#233; d'opportunit&#233;s d'actions face aux probl&#232;mes auxquels nous sommes confront&#233;s. Les citoyens vivant en dessous des conditions de dignit&#233; n'ont pas besoin d'un &#171; C&#233;sar &#187; qui leur montre le chemin, ils ont besoin de pouvoir co-cr&#233;er leurs strat&#233;gies de d&#233;veloppement, conna&#238;tre leurs opportunit&#233;s d'actions et pouvoir les mener &#224; bout. C'est cela qu'il faut chercher &#224; stimuler : les flux d'apprentissages et les capacit&#233;s locales pour consolider les territoires. Il existe des r&#233;seaux collaboratifs internationaux qui travaillent d&#233;j&#224; sous ce format. Par exemple, la Via Campesina coordonne et articule des actions pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts collectifs des paysans sur la terre, les modes de production et la commercialisation des aliments ; et leur propose en m&#234;me temps des parcours de formation. Aujourd'hui, ils poss&#232;dent des universit&#233;s, des &#233;coles agro&#233;cologiques, et des espaces de d&#233;bats et d'&#233;changes&#8230; Ils ont compris que battre le pav&#233; n'est pas suffisant et qu'il faut proposer des alternatives depuis les territoires. Il y a aussi beaucoup d'exemples de transition network qui s'attachent &#224; penser des strat&#233;gies de vie digne pour les personnes. Notre pr&#233;sent et notre futur n&#233;cessitent que nous soyons des professionnels critiques sur la sc&#232;ne internationale et qu'au moment de cr&#233;er les strat&#233;gies de d&#233;veloppement, nous appuyons les processus collectifs d'apprentissage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Questionner le rapport &#224; l'autre dans le projet de d&#233;veloppement selon D.Ming d'Engineers Without Borders South Africa</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article914.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article914.html</guid>
		<dc:date>2016-10-21T07:52:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;my Billon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un article repris du site d'ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res, publi&#233; le 12 avril 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits d'entretien avec David Ming, co-fondateur d'Engineers Without Borders South Africa (EWB-SA) r&#233;alis&#233;e lors du Forum Mondial d'EWB-International &#224; Denver le 16 mars 2016. Ce forum regroupait une dizaine d'associations ing&#233;nieures partageant le nom d'&#034;Ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res&#034; dans le but d'apprendre &#224; mieux se conna&#238;tre et apprendre ensemble les uns des autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res : Dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique2.html" rel="directory"&gt;Retours d'exp&#233;riences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;https://isf-france.org/node/994&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris du site d&lt;a href=&#034;https://isf-france.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;'ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res&lt;/a&gt;, publi&#233; le 12 avril 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits d'entretien avec David Ming, co-fondateur d'Engineers Without Borders South Africa (EWB-SA) r&#233;alis&#233;e lors du Forum Mondial d'EWB-International &#224; Denver le 16 mars 2016. Ce forum regroupait une dizaine d'associations ing&#233;nieures partageant le nom d'&#034;Ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res&#034; dans le but d'apprendre &#224; mieux se conna&#238;tre et apprendre ensemble les uns des autres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/img-20150803-wa0009-1024x768-422a9.jpg?1477036384' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1106 '&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://isf-france.org/node/994&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://isf-france.org/node/994&lt;/a&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res :&lt;/strong&gt; Dans la plupart des groupes Ing&#233;nieurs sans fronti&#232;res du Nord ayant des projets de d&#233;veloppement au Sud, nous sommes confront&#233;s en permanence aux diff&#233;rences de perceptions entre la r&#233;alit&#233; des b&#233;n&#233;voles qui partent sur le terrain et les acteurs locaux, car cette tension est toujours au c&#339;ur de la r&#233;ussite d'un projet. Dans un pays o&#249; il suffit parfois de traverser la rue pour passer d'un quartier privil&#233;gi&#233; &#224; un township (=bidonville), avez-vous besoin de vous poser ces m&#234;mes questions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;David Ming : &lt;/strong&gt; Je pense que si l'on prend le fran&#231;ais typique et que tu lui demandes de parler de l'&#8220;Afrique&#8221;, il va en avoir une certaine perception st&#233;r&#233;otyp&#233;e comme les photos clich&#233;s de village africains tr&#232;s pauvres que l'on voit un peu partout. Si tu fais la m&#234;me chose &#224; un Sud-Africain moyen, je peux t'assurer qu'il aurait exactement la m&#234;me perception. L'Afrique du Sud est vraiment diff&#233;rente car c'est la nation la plus prosp&#232;re d'Afrique. Notre mentalit&#233; est plus europ&#233;enne que d'autres pays du continent et notre perception de l'Afrique assez similaire. Nos b&#233;n&#233;voles, certes, ont d&#233;j&#224; vu de la pauvret&#233; parce qu'elle est litt&#233;ralement sous leur nez. Mais si tu sors d'un milieu ais&#233;, tu ne l'as pas v&#233;cu donc tu gardes une certaine distance et tu peux y devenir presque aveugle. On a certains de nos b&#233;n&#233;voles qui ne le comprennent pas, mais d'autres qui sortent de milieux d&#233;favoris&#233;s, le comprennent mieux, bien plus que moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce que je remarque est que plus l'Afrique du Sud prosp&#232;re, plus ton point de vue sur ce qui est important dans ta vie devient plus capitaliste : on ach&#232;te un portable, on a de l'argent, on regarde Youtube et tout d'un coup tu te retrouves &#224; penser comme un Occidental et tu deviens plus comme un Europ&#233;en typique ou un Am&#233;ricain qui veut &#224; tout prix gagner de l'argent et r&#233;ussir. Il y a une expression pour d&#233;signer un jeune noir qui a r&#233;ussi, un &#171; Black Diamond &#187;. Il y a une grande aspiration &#224; devenir un &#171; Black Diamond &#187; dans la soci&#233;t&#233;. Et quelque part, ce n'est pas grave, mais cela change comment on devrait faire les choses en tant que volontaire &#224; EWB-SA, car on essaie d'&#234;tre tr&#232;s r&#233;fl&#233;chi et d'aider au mieux les gens mais finalement, le reste de la soci&#233;t&#233; veut juste &#034;gagner sa cro&#251;te&#034;. On veut d'une autre sorte de d&#233;veloppement mais ce n'est pas facile de convaincre les b&#233;n&#233;ficiaires de nos actions de la vision que l'on porte pour la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cependant, je pense que nos r&#233;flexions ont avanc&#233; incroyablement vite &#224; EWB-SA du fait que nous n'avons pas besoin de voyager tr&#232;s loin pour se confronter &#224; des regards totalement diff&#233;rents. Les pr&#233;sentations de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Australie, du Canada se questionnaient toutes sur leur propre soci&#233;t&#233; en s'effor&#231;ant de tourner aussi le regard sur eux-m&#234;mes, ce qui pose la question de savoir pourquoi voyager ? Est-ce n&#233;cessaire ? On veut faire du d&#233;veloppement car c'est devenu une valeur en soi mais on ne se questionne pas n&#233;cessairement sur notre r&#244;le et si l'on est pertinent. Les personnes ont des perceptions diff&#233;rentes et il faut savoir le reconna&#238;tre lorsque l'on veut faire un projet : nos rapports au temps, au travail, au succ&#232;s social n'ont rien &#224; voir. On d&#233;finit la pauvret&#233; comme un manque de ressources &#233;conomiques, mais je peux vous assurer qu'un bon nombre d'Africains ne se sentent pas pauvres, ni ne ressentent le besoin d'&#234;tre aid&#233;s. Et quand on aide, le risque est de le faire selon ses propres crit&#232;res de soci&#233;t&#233; (argent, bonheur, progr&#232;s technique) qui n'ont pas n&#233;cessairement de sens sur place. Je pense que beaucoup d'organisations d'ing&#233;nieures autour du monde font de tr&#232;s bonnes choses et il faut en &#234;tre reconnaissant mais je pense que ce n'est pas si facile que &#231;a d'int&#233;grer une communaut&#233; sur des temps aussi courts. Tu dois faire beaucoup d'hypoth&#232;ses en avance sur comment faire les choses ou comment les acteurs sur place vont r&#233;agir. Et &#231;a n'est pas bon parce que tu cr&#233;es une situation ou une vision dans ta t&#234;te qui n'est fond&#233;e sur rien car tu n'as aucune id&#233;e de la r&#233;alit&#233; sur place&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est int&#233;ressant de voir combien d'argent et de temps sont d&#233;pens&#233;s sur ces projets. Certaines organisations ing&#233;nieures ont &#233;norm&#233;ment de ressources, $25 000 par projet environ, donc c'est une tonne d'argent. Et &#224; la fin, les ing&#233;nieurs diront &#8220;on a fait du bon boulot.&#8221;, les bailleurs diront &#8220;vous avez fait du bon boulot.&#8221;, et probablement m&#234;me la communaut&#233; le dira aussi mais &#231;a ne veut pas n&#233;cessairement dire que c'est bien, ni que c'est la meilleure fa&#231;on d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je ne sais pas si notre fa&#231;on de faire maintenant est ce qu'il faut faire. Je suis toujours int&#233;ress&#233; par EWB-SA parce que j'ai commenc&#233; en tant qu'&#233;tudiant. &#199;a m'a toujours int&#233;ress&#233; de voir grandir cette structure. Mais plus j'approfondis, plus je me rends compte qu'en fait c'est bien plus int&#233;ressant quand on sort de cette id&#233;e de juste vouloir aider et que l'on commence &#224; se poser &#224; soi-m&#234;me la question &#8220;Qu'est ce que &#231;a veut dire d'aider ?&#8221; Je pense qu'on est chanceux, ou malchanceux, d'avoir tant de probl&#232;mes car &#231;a en fait une bonne opportunit&#233; d'apprendre. J'aimerais vraiment que d'autres personnes aient ces prises de conscience. Je pense que nous avons besoin de plus d'&#233;ducation sur ces th&#233;matiques de d&#233;veloppement &#224; EWB-SA. C'est moins un probl&#232;me d'argent et de projets qu'un probl&#232;me de savoir comment aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ISF :&lt;/strong&gt; Finalement, ces disparit&#233;s culturelles qui posent parfois probl&#232;me dans les projets de d&#233;veloppement seraient peut-&#234;tre presque plus sociales qu'autre chose ? Les b&#233;n&#233;voles issus de communaut&#233;s d&#233;favoris&#233;s ont-ils eux aussi parfois du mal &#224; rentrer de nouveau en contact avec leur communaut&#233; d'origine ? Leur parcours universitaire ne provoque-t-il pas une perte de l&#233;gitimit&#233; qui ferait d'eux des personnes d'un &#034;autre monde&#034; pour la communaut&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DM : &lt;/strong&gt; Je pense que nous n'avons pas assez de recul pour conna&#238;tre vraiment la perception qu'ont les communaut&#233;s de ces personnes qui sortent de milieux d&#233;favoris&#233;s et qui y retournent en tant que b&#233;n&#233;voles. Durant les projets, je demande souvent &#224; ces b&#233;n&#233;voles &#8220;Alors, &#231;a fait quoi de rentrer ?&#8221; et la r&#233;ponse qu'ils me donnent g&#233;n&#233;ralement, est que c'est difficile. Le fait d'avoir surmont&#233; toutes ces difficult&#233;s pour en arriver l&#224; te fais devenir une autre personne. Ils ont pass&#233; pas mal de temps dans la partie prosp&#232;re du pays ce qui a pu changer leur fa&#231;on de penser, leur fa&#231;on de percevoir leur propre communaut&#233;. Ils n'ont pas radicalement chang&#233;, mais ils se trouvent d&#233;sormais dans un entre-deux o&#249; ils ne collent plus tout &#224; fait &#224; la r&#233;alit&#233; des deux sph&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#199;a pourrait &#234;tre int&#233;ressant d'avoir un retour de certains de ces membres. Actuellement, dans notre Conseil d'Administration, il y a une femme qui a fait tout le cheminement de sortir d'un milieu d&#233;favoris&#233;, d'avoir brill&#233; dans ces &#233;tudes en suivant un peu un chemin de &#034;Black Diamond&#034; et a finalement cr&#233;&#233; sa propre ONG. Ce serait int&#233;ressant d'avoir son point de vue par exemple. Est-elle toujours accept&#233;e dans sa communaut&#233; ? Je me le demande...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette question de l&#233;gitimit&#233; &#224; agir est tr&#232;s &#233;pineuse. Durant des &#233;meutes r&#233;centes, il y avait beaucoup de tensions entre les noirs d&#233;favoris&#233;s et les blancs de milieux riches. &#192; un moment donn&#233;, les noirs ont rejet&#233; l'empathie ou la compassion des blancs en disant que les blancs ne pourraient jamais comprendre le probl&#232;me car ils n'ont pas v&#233;cu ces difficult&#233;s eux-m&#234;mes. &#199;a cr&#233;e &#233;norm&#233;ment de frustration de la part de ceux qui veulent comprendre et aider. Une fille blanche qui manifestait avec les noirs &#233;tait accept&#233;e par le mouvement. Mais au moment o&#249; elle a voulu partir, certains lui ont imm&#233;diatement servi des propos racistes et misogynes. Le racisme va dans les deux sens et je te garantis qu'il y a des noirs en Afrique du Sud qui sont aussi racistes que certains blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si tu ne viens pas exactement du m&#234;me milieu c'est comme si tu ne pouvais pas aider. Il y a beaucoup de parano&#239;a, de col&#232;re et fausses id&#233;es de part et d'autre. C'est int&#233;ressant et frustrant &#224; la fois...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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