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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Vers une &#233;cologie en premi&#232;re personne : l'&#233;coformation pour r&#233;v&#233;ler nos relations vitales avec le monde</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Orane Bischoff</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cet article pr&#233;sente le cadre th&#233;orique d'une recherche doctorale autour du concept d'&#233;coformation. Ce concept est d'abord situ&#233; dans le paradigme syst&#233;mique de formation de la vie selon une th&#233;orie tripolaire d'auto-, socio-, &#233;coformation. La seconde partie op&#232;re un survol des travaux du Groupe de Recherche en &#201;coformation (GREF) autour de quatre dimensions : les r&#233;cits personnels d'auto-explorations de l'&#233;coformation ; les &#233;co-gestes des professionnels-les de la nature ; les apports de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique59.html" rel="directory"&gt;Education pour l'environnement&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article pr&#233;sente le cadre th&#233;orique d'une recherche doctorale autour du concept d'&#233;coformation. Ce concept est d'abord situ&#233; dans le paradigme syst&#233;mique de formation de la vie selon une th&#233;orie tripolaire d'auto-, socio-, &#233;coformation. La seconde partie op&#232;re un survol des travaux du Groupe de Recherche en &#201;coformation (GREF) autour de quatre dimensions : les r&#233;cits personnels d'auto-explorations de l'&#233;coformation ; les &#233;co-gestes des professionnels-les de la nature ; les apports de l'&#233;coformation &#224; une &#233;ducation relative &#224; l'environnement et &#224; une anthropologie du devenir humain sur la terre. La troisi&#232;me explicite les perspectives de travail &#224; venir : inscription dans le champ des humanit&#233;s &#233;cologiques/environnementales et de l'&#233;thique relationnelle d'une &#233;cophilosophie ; m&#233;thodologie de recherche-formation exp&#233;rientielle &#171; en premi&#232;re personne &#187; selon une ph&#233;nom&#233;nologie herm&#233;neutique pour faire &#233;merger et retracer les exp&#233;riences &#233;coformatrices.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/ere/10218&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris de la revue &lt;a href=&#034;hhttps://journals.openedition.org/ere/&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;Education relative &#224; l'environnement&lt;/a&gt;, une publication sous licence CC by nc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Orane Bischoff, &#171; Vers une &#233;cologie en premi&#232;re personne : l'&#233;coformation pour r&#233;v&#233;ler nos relations vitales avec le monde &#187;, &#201;ducation relative &#224; l'environnement [En ligne], Volume 18-1 | 2023, mis en ligne le 25 mai 2023, consult&#233; le 10 mars 2024. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/ere/10218&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/ere/10218&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/ere.10218&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/ere.10218&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En appelant Anthropoc&#232;ne, la p&#233;riode actuelle o&#249; l'humain est devenu une force g&#233;ophysique capable de modifier l'atmosph&#232;re et les &#233;cosyst&#232;mes terrestres (Steffen et coll., 2016), le constat pos&#233; est que la destin&#233;e humaine est &#233;troitement li&#233;e &#224; la terre et que nous n'avons pas su d&#233;velopper des relations viables avec elle (Bonneuil et Fressoz, 2013 ; Maris, 2018 ; Morizot, 2020). Les recherches sur l'&#233;coformation montrent que si les soci&#233;t&#233;s modernes ont refoul&#233; et invisibilis&#233; la part du monde et de l'o&#239;kos dans nos vies, nous restons form&#233;s par nos relations &#233;cologiques (Pineau, 2023).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, nous pr&#233;sentons le cadre th&#233;orique d'une recherche doctorale prenant appui sur le concept d'&#233;coformation pour s'int&#233;resser &#224; nos relations vitales avec le monde. Notre recherche s'articule autour des questions suivantes : Comment certaines exp&#233;riences de nature sont-elles formatrices de notre rapport &#233;cologique au monde et quelles places ont-elles dans nos identit&#233;s et &#233;thiques personnelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, nous clarifions comment le concept d'&#233;coformation prend naissance dans le paradigme biologique et syst&#233;mique de la formation existentielle et dans la th&#233;orie tripolaire de l'autoformation telle que d&#233;finie par Gaston Pineau. Nous d&#233;clinons ensuite, ce que recouvre ce concept en faisant un rapide &#233;tat des travaux du Groupe de Recherche en &#201;coformation. Enfin, nous prenons en compte les apports de la psychologie environnementale et de l'&#233;cophilosophie pour questionner les liens entre exp&#233;riences de nature, ontologie et &#233;thique environnementale. Nous terminons en donnant des perspectives m&#233;thodologiques pour notre recherche sur l'&#171; &#233;cologie en premi&#232;re personne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les auteur.e.s qui d&#233;veloppent ce concept d'&#171; &#233;cologie en premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La vie comme paradigme de formation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le concept d'&#233;coformation &#233;merge des recherches sur la formation tout au long de la vie. Dans cette perspective, la formation d&#233;signe le processus global de formation existentielle par les exp&#233;riences de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La formation existentielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation existentielle se distingue de l'&#233;ducation qui, d'apr&#232;s Durkheim, est un processus purement social int&#233;grant plusieurs fa&#231;ons de guider, &#233;duquer, former les enfants dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e. Gaston Pineau consid&#232;re la formation comme un processus global, naturel, s'actualisant &#224; chaque instant de notre vie, pour accomplir la fonction d'&#233;volution humaine (Honor&#233;, 1977, p. 57). D'apr&#232;s Fabre, &#171; [...] dans la formation, c'est l'&#234;tre m&#234;me qui est en jeu, dans sa forme &#187; (Fabre, 1994, p. 23). Comme le sp&#233;cifie Pineau :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Se former, se donner une forme, est une activit&#233; plus fondamentale, plus ontologique que s'&#233;duquer c'est-&#224;-dire s'&#233;lever ou se nourrir. Se former, c'est reconna&#238;tre qu'aucune forme achev&#233;e n'existe a priori qui nous serait donn&#233;e de l'ext&#233;rieur. Cette forme toujours inachev&#233;e d&#233;pend de notre action. Sa construction est une activit&#233; permanente. (Pineau, 2012, p. 113)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Fabre convoque la philosophie d'Aristote pour rendre visible deux paradigmes de la formation en jeu dans nos soci&#233;t&#233;s : le paradigme biologique et le paradigme technologique (Fabre, 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du paradigme biologique, l'ontologie du changement s'inscrit dans la nature m&#234;me des &#234;tres. La dynamique formative se fait selon un principe propre et int&#233;rieur &#224; l'entit&#233; sans intention ext&#233;rieure : &#171; Or, les &#234;tres naturels ont en eux-m&#234;mes le principe de changement ou de repos. Ainsi la plante qui germe, l'animal qui court, mais encore la flamme qui monte ou la pierre qui tombe sont-ils de nature. Tout ce qui rel&#232;ve au contraire d'un savoir-faire (d'une technique au sens large), a son principe de mouvement en autre chose. &#187; (Fabre, 1994, p. 126).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradigme biologique recouvre alors cette formation de soi au sens bio-psychologique (Rozenberg, 2006) dans sa dynamique d'auto-r&#233;organisation permanente (Morin, 2008, p. 272). Elle se fait, quel que soit notre volont&#233;, de fa&#231;on spontan&#233;e tout au long de notre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du paradigme technologique, le changement et la formation rel&#232;vent d'une volont&#233;, d'une intention ext&#233;rieure : &#171; l'&#234;tre selon la technique n'existe que dans le travail d'un tiers ; il est pris dans un r&#233;seau d'usages ou d'&#233;changes qui lui reste ext&#233;rieur ; il re&#231;oit sa forme d'autrui &#187; (Fabre, 1994, p. 125).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradigme biologique ne signifie pas une production de soi en vase clos mais au contraire, en interd&#233;pendance avec l'environnement. Edgar Morin le d&#233;taille finement dans sa m&#233;thode (2008). Selon lui, la production de soi, &#171; c'est la qualit&#233; d'un &#234;tre qui se produit sans cesse, et qui se d&#233;fait d&#232;s qu'il y a d&#233;faillance dans cette production de soi ou r&#233;g&#233;n&#233;ration. [...] la qualit&#233; d'existence est tr&#232;s intense l&#224; o&#249; il y a &#233;co-d&#233;pendance, c'est-&#224;-dire l&#224; o&#249; il y a autonomie d&#233;pendante &#187; (Morin, 2008, p. 293).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autoformation, comme saisissement de l'exp&#233;rience existentielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Galvani (2020) et Pineau (2012) d&#233;veloppent l'id&#233;e de l'autoformation envisag&#233;e comme processus anthropologique biocognitif (qui articule v&#233;cu et cognition) de mise en forme de soi par le retour r&#233;flexif sur les exp&#233;riences de vie. Selon Pineau, cette formation se fait en &#171; deux temps, exp&#233;rientielle/formelle et trois mouvements, subjectivation/socialisation/&#233;cologisation &#187; (Pineau, 1997, p. 24).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux temps sont la pr&#233;hension et la compr&#233;hension par un double mouvement d'int&#233;riorisation psychique et d'ext&#233;riorisation sociale avec l'expression du v&#233;cu. L'exp&#233;rience directe, brute, devient &#171; co-naissance &#187; (Pineau, 1989). &#171; C'est le pr&#233;fixe auto qui semble d&#233;tenir la cl&#233; conceptuelle majeure pour tirer les le&#231;ons formatrices de l'exp&#233;rience [...] &#187; (ibid.). L'auto- n'existe que comme pr&#233;fixe, car il n'existe pas de fa&#231;on isol&#233;e. Il na&#238;t de la relation, des interd&#233;pendances. C'est un processus vital, r&#233;organisateur des interactions de soi vers soi, de soi vers les autres et de soi vers le monde (Pineau, 2012, p 108).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autoformation se d&#233;ploie au travers de nos exp&#233;riences de vie pour tisser des horizons de sens par un &#171; ressaisissement r&#233;flexif &#187; (Courtois, 1989, p. 9). L'exp&#233;rience est un v&#233;cu de situations de vie &#224; laquelle une personne est confront&#233;e de mani&#232;re directe, &#171; sans m&#233;diation, ni diff&#233;r&#233; &#187; (ibid.). Elle est &#171; [...] le surgissement d'un inattendu qui fait &#233;clater la forme ant&#233;rieure et qui n&#233;cessite un travail de r&#233;unification pour que la forme soit reconstruite &#187; (ibid.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'acte r&#233;flexif, Gaston Pineau d&#233;voile les processus &#233;mancipateurs de la formation existentielle dans le paradigme dominant de l'&#233;ducation h&#233;t&#233;ro-normative. Il ouvre un nouvel espace des possibles &#171; [...] d'une formation permanente autonomisante et non ali&#233;nante &#187; (Pineau, 2023, p. 23).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La th&#233;orie tripolaire de la formation : l'auto-socio-&#233;co-formation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au c&#339;ur de l'autoformation exp&#233;rientielle que Pineau a rendu visible l'&#233;coformation avec la th&#233;orie tripolaire de la formation. En reprenant les trois ma&#238;tres formateurs de Rousseau (dans &#201;mile ou de l'&#201;ducation) qui sont soi, les autres et les choses, il d&#233;finit les pr&#233;fixes auto-, h&#233;t&#233;ro- et &#233;co-, &#171; offrant des p&#244;les de conceptualisation de situations aux prises avec un champ de forces attractives/r&#233;pulsives, formantes/d&#233;formantes/transformantes &#187; (Pineau, 2023, p. 92).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition tripolaire s'ancre dans les travaux sur la complexit&#233;, d&#233;velopp&#233;s par Edgar Morin. Celui-ci souligne que &#171; L'autos est partie int&#233;grante de l'o&#239;kos et que l'oikos co-organise l'autos &#187; (ibid.). Il brise la dualit&#233; cart&#233;sienne et aristot&#233;licienne pour mettre en &#233;vidence les relations vitales entre autonomie et interd&#233;pendance, entre ouverture/fermeture avec la boucle r&#233;cursive d'auto-&#233;co-(r&#233;)-organisation (Morin, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie n'est pas con&#231;ue comme une forme d'isolement ou d'ind&#233;pendance, mais comme une prise de conscience et une r&#233;troaction sur les d&#233;terminismes. C'est une boucle r&#233;flexive qui constitue le sujet. L'autoformation, c'est la dynamique r&#233;flexive qui permet au sujet d'agir &#224; la fois sur lui-m&#234;me et sur les &#233;l&#233;ments physiques et sociaux qui le forment (Galvani, 2020, p. 127).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, toute autoformation est auto-socio-&#233;co-formation. Le p&#244;le de l'auto-socioformation se r&#233;alise au travers de nos exp&#233;riences sociales et culturelles. Celui de l'auto-&#233;coformation s'&#233;prouve dans le contact direct avec nos milieux de vie, nos environnements bio-physico-cosmiques. Elle se produit par nos interactions permanentes avec les &#233;l&#233;ments biologiques, chimiques, physiques et dynamiques qui constituent notre biosph&#232;re : avec les mati&#232;res, textures, objets, au contact de l'immense diversit&#233; du vivant, avec les paysages, les climats, les milieux naturels et urbains qui constituent nos espaces de vie (Galvani, 2020 ; Cottereau, 2014, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dimension tripolaire de la formation va impacter les trois niveaux de r&#233;alit&#233; de la personne (Galvani, 2020) :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le niveau sensori-moteur qui concerne ses dimensions corporelles et sensorielles ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le niveau imaginaire-affectif, avec notre vision du monde, nos croyances, nos repr&#233;sentations, nos valeurs et nos capacit&#233;s cr&#233;atrices ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le niveau &#233;pist&#233;mique/cognitif concernant les aspects r&#233;flexifs et conceptuels.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L'&#233;coformation comme trame de nos exp&#233;riences &#233;cologiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, le Groupe de Recherche en &#201;coformation va s'investir sur le p&#244;le de l'auto-&#233;coformation au travers de plusieurs travaux d'&#233;criture et de recherche. Les chercheurs vont en faire &#233;merger plusieurs dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'O&#239;kos, notre maison de vie partag&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encyclop&#233;die Universalis, le d&#233;crit comme un mot d'origine grecque signifiant &#171; maison, cellule familiale &#187;. Il se retrouve en tant que pr&#233;fixe dans &#171; &#233;conomie &#187; et &#171; &#233;cologie &#187;. Le mot &#233;cologie est un n&#233;ologisme qui appara&#238;t initialement sous la plume d'Ernst Haeckel en 1866, qui le d&#233;finit ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; la science des relations des organismes avec le monde environnant, auquel nous pouvons rattacher toutes les &#8220;conditions d'existence&#8221; au sens large. Ces derni&#232;res sont de nature organique ou inorganique et jouent toutes [&#8230;] un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans la conformation des organismes, car elles les contraignent &#224; s'adapter &#224; elles (Debourdeau, 2013, p. 53).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour Morin, l'o&#239;kos devient un pr&#233;fixe qui rend visibles les processus vitaux, complexes, dynamiques &#224; l'&#339;uvre dans notre habitat. Cette &#233;co-dimension enrichit l'id&#233;e, selon lui, d'environnement, de milieu ou de monde environnant (le Umwelt de J. von Uexk&#252;ll), parce que &#171; l'environnement cesse de repr&#233;senter une unit&#233; seulement territoriale pour devenir une r&#233;alit&#233; organisatrice, l'&#233;co-syst&#232;me &#187; (Morin, 2008, p. 558). L'o&#239;kos est consid&#233;r&#233; &#224; la fois comme syst&#232;me (ordre cosmophysique, unit&#233; complexe) et comme organisation (ordre/d&#233;sordre &#233;co-auto-organisationnel) (ibid.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tour d'horizon d'un concept&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie tripolaire &#233;claire au grand jour le &#171; tiers exclu &#187; des existences humaines. C'est ce &#171; &#8220;&#231;a met en forme&#8221; informel, [qui] a fait de l'&#233;coformation un tiers exclu, causant une &#233;cod&#233;formation, source des crises &#233;cologiques actuelles &#187; (Pineau, 2023, p. 93). L'&#233;tude du processus d'autoformation dans les histoires de vie a d&#233;voil&#233; le lien formateur et lib&#233;rateur &#171; aux choses &#187; du monde bio-physique.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Ces histoires ont en effet fait ressortir des exp&#233;riences d'autoformation, o&#249; l'&#233;mancipation du poids des autres, de leur influence normative, s'accompagnait de la d&#233;couverte et de l'&#233;tablissement d'un rapport personnel aux choses. C'est comme si la formation de soi qui implique la relativisation des r&#233;f&#233;rences sociales h&#233;rit&#233;es impliquait la formation de nouvelles relations &#224; l'environnement le plus imm&#233;diat et le plus quotidien, l'environnement physique : d&#233;couverte de l'air, du courant d'air, de la respiration ; de l'eau pass&#233;e sur le visage le matin pour s'&#233;veiller ; d'un bouton de porte &#224; tourner, du pain &#224; manger&#8230; (Pineau, 2015, p. 247).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En 1992, se constitue autour de Gaston Pineau, le groupe de recherche en &#233;coformation (GREF), essentiellement compos&#233; de chercheurs-euses issu-es des universit&#233;s de Tours et de Paris 8. Plusieurs ouvrages et travaux vont d&#233;couler de leurs &#233;changes fructueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons une synth&#232;se des travaux du GREF autour de cinq dimensions :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; une dimension existentielle de l'&#233;coformation : sous forme de r&#233;cits autobiographiques, d'exp&#233;riences de vie, de partages, de moments fondateurs exprim&#233;s en premi&#232;re personne ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; une dimension &#233;coformatrice davantage centr&#233;e sur les gestes et pratiques professionnelles notamment dans les m&#233;tiers de l'agriculture ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; une dimension mat&#233;rielle qui s'int&#233;resse aux rapports formateurs aux mati&#232;res, aux &#233;l&#233;ments, aux objets ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; une dimension p&#233;dagogique qui s'inscrit dans une &#233;ducation relative &#224; l'environnement ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; enfin, une dimension anthropologique qui interroge la formation du &#171; devenir humain sur terre &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Nous pr&#233;sentons ici quatre dimensions, ne rentrant pas dans le d&#233;tail de la dimension mat&#233;rielle, trait&#233;e partiellement au travers de la dimension existentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les r&#233;cits personnels d'auto-exploration de l'&#233;coformation&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res auto-explorations des exp&#233;riences &#233;coformatrices vont s'int&#233;resser aux gestes vitaux dans leurs dialogues quotidiens et biographiques avec les quatre &#233;l&#233;ments bio-physico-cosmiques et symboliques que sont l'eau, l'air, la terre, le feu.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; [...] l'&#233;tablissement de rapports personnels autonomes &#224; l'air, l'eau, la terre, le feu semble bien repr&#233;senter une classe &#224; part. Leur mat&#233;rialit&#233; &#233;l&#233;mentaire les rend naturellement et culturellement universels. Chaque &#234;tre vivant ne vit qu'en &#233;tablissant et maintenant un rapport physiologique de type r&#233;flexe avec eux. D'autre part, chaque civilisation s'est fond&#233;e en les prenant comme support symbolique majeur de construction culturelle (Pineau, 2023, p. 43).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En s'enracinant dans les courants des histoires de vie en formation, les travaux publi&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ceux-ci ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s lors du webinaire de juin 2021, dans le cadre des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; donnent &#224; voir la diversit&#233; des exp&#233;riences &#233;coformatrices au travers d'une d&#233;marche compr&#233;hensive sous des formes d'expressions et d'explicitations en premi&#232;re personne. &#192; l'instar des &#233;crits de Bachelard, on suit le cheminement de la pens&#233;e qui investit l'imaginaire mat&#233;riel et cosmique, sans tomber dans le pi&#232;ge du r&#233;ductionnisme ou du rationalisme. Le r&#233;cit est structur&#233; selon une logique personnelle, spontan&#233;e ou chronologique, laissant dialoguer des &#233;l&#233;ments autobiographiques avec des apports plus conceptuels, d'ordre psychanalytique, symbolique, philosophique ou autre.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; [...] sachant croiser avec doigt&#233;, sans violence acad&#233;mique, savoirs et onirisme, donn&#233;es objectives et v&#233;cus subjectifs, ils [les auteurs] font ressortir avec force combien cette mati&#232;re aquatique est &#224; m&#234;me de devenir un &#8220;monde&#8221;, capable de r&#233;v&#233;ler les structures et les dynamismes les plus complexes de l'&#233;go [...] (Wunenburger, 2001, en pr&#233;face du livre Les eaux &#233;coformatrices).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans les ouvrages du GREF ayant pour th&#233;matique centrale l'un des quatre &#233;l&#233;ments, l'approche est &#171; r&#233;solument transdisciplinaire &#187; (Pineau et coll., 2005, p. 31). Il s'agit de questionner les &#171; modes d'apprentissage d'habiter la terre &#187; (ibid.), en partant du corps vers le monde physico-cosmique dans des dimensions &#224; la fois pragmatiques et symboliques (ibid.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs questions transparaissent derri&#232;re ces publications : comment se forment nos relations et identit&#233;s &#233;cologiques ? Comment nos interactions avec le monde nous forment, nous transforment, contribuent &#224; nos trajectoires de vie ? Quelle est la place de ces apprentissages informels dans nos vies et nos apprentissages globaux ? Comment nos exp&#233;riences &#233;coformatrices contribuent-elles &#224; une conscientisation &#233;cologique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit sous forme d'autobiographies environnementales (Bachelart, 2009a ; Cottereau, 2017), retra&#231;ant une trajectoire de vie en interactions avec les milieux sociaux et environnementaux ou sous forme d'histoires de vie th&#233;matiques (Schmutz-Brun, 2014, 2021), les vies se d&#233;plient et offrent diff&#233;rentes perspectives avec l'enfance, l'adolescence (Berryman, 2002) et en tant qu'adulte, dans les relations aux &#233;cosyst&#232;mes, aux entit&#233;s v&#233;g&#233;tales, animales, terrestres et cosmiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes t&#233;moignent d'exp&#233;riences et de prises de conscience d'un rapport &#224; une entit&#233; &#233;voqu&#233;e presque comme un autre que soi, un alter. On y trouve des valeurs, sensibilit&#233;s personnelles, peurs et attirances, des &#233;v&#233;nements fondateurs. L'ensemble tisse une trame identitaire socio-&#233;cologique dynamique (Cottereau, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#233;coformation dans les pratiques des professionnels-les de la nature&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des recherches sur les apprentissages exp&#233;rientiels dans les m&#233;tiers de l'&#233;levage en agriculture (Bachelart, 2002 ; Moneyron, 2003) confirment la structuration des m&#233;tiers autour d'un &#171; savoir-faire avec &#187; les entit&#233;s de la nature (Moneyron et Blouet, 2005, p. 168). Les travaux de Bachelart et Moneyron rendent visible la trame quotidienne des gestes professionnels qui s'inscrivent autour&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; des temporalit&#233;s (Moneyron, 2003), avec les rythmes, saisons, dur&#233;es, les bons et mauvais moments, les al&#233;as climatiques ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des espaces et des milieux de travail avec les sp&#233;cificit&#233;s de chacun des milieux (Andreux, 2005) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; du partenaire &#171; naturel &#187; principal de ces professionnels : l'animal, le v&#233;g&#233;tal ou autre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans la perspective &#233;coformative, un autre rapport au monde est mis en avant, un rapport d'&#233;coute et d'attention, un ajustement pour faire avec. Y figurent &#224; la fois un regard large, global qui prend en compte le milieu et une attention fine et accrue sur l'entit&#233; naturelle &#171; partenaire &#187;. Ici, le geste (Moneyron, 2003), la d&#233;cision au bon moment sont des savoirs pratiques incorpor&#233;s de longue date ; ils forment ce qu'Anne Moneyron nomme les &#233;co-savoirs. Selon cette chercheuse, l'&#233;co-savoir&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; ne peut &#234;tre uniforme et mod&#233;lis&#233; de mani&#232;re d&#233;finitive, car il sollicite la logique du vivant comme tiers-inclus formateur de l'apprentissage [...]. Il est &#224; la fois : un savoir du lieu : qui demande d'&#233;valuer et d'agir selon le potentiel d'une situation. [...] ; - un savoir cin&#233;tique : qui est le mouvement alternant et r&#233;p&#233;t&#233; de l'action de la personne avec les &#233;l&#233;ments de la nature. [...] ; - un savoir du geste : qui est la saisie du moment juste de l'intervention dans la situation. (Moneyron, 2018, p. 55).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'entit&#233; naturelle au c&#339;ur de la pratique professionnelle n'est plus un objet, mais elle devient un sujet avec lequel l'acteur entre en dialogue, &#233;coute par une approche sensible. &#171; L'&#233;coformation r&#233;sulte ainsi de la relation sensible qui se construit au cours des interactions directes, r&#233;flexives de la personne avec son milieu &#187; (Silva et coll., 2019). Il s'agit d'apprendre &#224; le conna&#238;tre, &#224; prendre en compte sa logique propre et m&#234;me de se laisser &#171; transformer &#187; par cette alt&#233;rit&#233; naturelle. La relation &#233;coformatrice ouvre de nouveaux horizons professionnels, o&#249; l'acteur professionnel et le monde coop&#232;rent pour une co-production de ressources, de savoirs, de gestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#233;coformation, une &#233;ducation relative &#224; l'environnement&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique Cottereau est la personne qui est la plus investie sur cet axe-l&#224;. Elle ancre ses travaux autour d'une question centrale : Comment se forme le lien &#233;co-logique (Cottereau, 1995) ? Quelle est la place de la subjectivit&#233; dans l'&#233;mergence d'une conscience &#233;cologique (Cottereau, 1994) ? Pour Dominique Cottereau (1994, p. 121), &#171; la conscience &#233;cologique est la reconnaissance d'une relation interactive r&#233;ciproque indispensable &#224; la vie de l'individu et de son milieu &#187;. Elle plaide pour une &#233;co-naissance, &#171; car c'est par l'exp&#233;rience sensible du monde que nous pouvons en d&#233;velopper une connaissance intime &#187; (Cottereau, 2008, p. 4). Dans un premier temps, il y a la r&#233;versibilit&#233; interne (Cottereau, 2005, p. 94), d'apr&#232;s les travaux de Piaget o&#249; se joue l'&#233;cologisation de l'&#234;tre notamment chez l'enfant, dans cet entre-deux relationnel/&#233;cologique par le processus d'assimilation-accommodation. C'est dans cette interaction m&#233;sologique que l'enfant construit son exp&#233;rience de la nature avec ses dimensions sensori-motrices et symboliques. Vient ensuite le temps de la socialisation que Cottereau nomme r&#233;versibilit&#233; externe (ibid.) et qui permet de mettre au diapason ce v&#233;cu, ces exp&#233;riences de nature, avec le cadre culturel, social et plus tard, professionnel de la personne. Plusieurs enjeux se nouent sur cette phase : celui de l'existence ou non d'une culture de l'exp&#233;rience de la nature dans le contexte social de la personne. Si ce n'est pas le cas, le vocabulaire, l'espace de parole, les &#233;motions et le retour sur l'exp&#233;rience sont absents et cette socialisation ne peut se faire, laissant la personne dans une forme de d&#233;ni/tabou sur un v&#233;cu majeur de son existence. L'autre enjeu est celui de la mise en coh&#233;rence entre les exp&#233;riences &#233;coformatrices v&#233;cues et le quotidien personnel et professionnel de la personne. Lorsque ces deux &#233;tapes sont mises en r&#233;sonance, la personne peut vivre une &#171; &#233;co-naissance &#187; (Cottereau, 1994, p. 117) qui est la mise en forme de son lien &#233;cologique et la mise en coh&#233;rence entre sa conscience et son agir &#233;cologique. &#171; La r&#233;versibilit&#233; interne et la r&#233;versibilit&#233; externe ont &#233;t&#233; indispensables &#224; l'instauration d'une &#233;thique environnementale chez Jean-Luc. Le jardin personnel de l'enfance est devenu un jardin collectif, socialis&#233;, &#233;cologis&#233; &#187; (Cottereau, 2005, p. 104).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En proposant une p&#233;dagogie des alternances entre informel et formel, Dominique Cottereau (2008) ouvre une voie &#233;coformative au sein de l'&#233;ducation relative &#224; l'environnement qui vise, selon Sauv&#233; (2014),&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#224; enrichir &#8220;l'&#234;tre-au-monde&#8221; autour de plusieurs comp&#233;tences qui [...] contribuent &#224; l'&#233;mergence et &#224; la consolidation d'une &#233;cocitoyennet&#233;, pr&#233;occup&#233;e non seulement de &#8220;vivre ensemble&#8221;, mais de bien &#8220;vivre ICI ensemble&#8221;, prenant en compte la dimension &#233;cologique de notre monde partag&#233;, un monde situ&#233;, contextualis&#233;, incarn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Horizons philosophiques et anthropologiques de l'&#233;coformation&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet axe-l&#224; sont interrog&#233;es les dimensions &#233;pist&#233;mique, philosophique et heuristique de l'&#233;coformation. Comment ce concept nous permet-il de mieux conna&#238;tre notre rapport au monde, aux autres et d'en produire de la connaissance, de la compr&#233;hension ? Comment nous permet-il de tisser un horizon de sens anthropologique ? &#171; Construire des devenirs durables impose &#224; notre avis d'apprendre &#224; conjuguer, individuellement et collectivement en permanence, de nouvelles relations auto-socio-&#233;cologiques &#187; (Pineau, 2023, p. 213).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Pineau (2023) et Galvani (2020), &#224; l'heure de la mondialisation, l'autoformation existentielle est un moyen de &#171; mise en dialogue interculturel des mani&#232;res de se former soi-m&#234;me et de devenir sujet &#187; (Galvani, 2020, p. 242). Elle permet de s'ouvrir &#224; la diversit&#233; des &#171; pratiques d'auto-formations existentielles &#187; (ibid.). L'&#233;pist&#233;mologie dans laquelle s'enracine le concept d'&#233;coformation est syst&#233;mique, dialectique et transdisciplinaire parce qu'elle articule les diff&#233;rents niveaux de r&#233;alit&#233; des exp&#233;riences existentielles (Galvani, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Galvani (2005, p. 66), &#171; explorer l'&#233;coformation implique de d&#233;passer la coupure homme/nature instaur&#233;e par la modernit&#233; occidentale. Cela suppose d'entrer en dialogue interculturel avec des visions du monde non moderne &#187;. Cela fait &#233;cho &#224; la pens&#233;e critique de Descola concernant notre h&#233;ritage occidental naturaliste et dualiste pour lequel la relation au monde se conjugue surtout sur le mode du &#171; je-cela &#187; tel que Buber la qualifie (Galvani, 2005, p. 66). Ces r&#233;flexions convergent avec celles de l'anthropologue Arturo Escobar (2018, p. 114) qui propose de passer d'une ontologie dualiste &#224; une ontologie relationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les publications offrent une ouverture mondialoguante (Pineau, 2006) avec des philosophies issues de cultures non occidentales : il s'agit de d&#233;couvrir d'autres modes d'&#234;tre-au-monde. On relie l'autoformation existentielle aux philosophies orientales, avec des penseurs indiens (comme Jiddu Krisnamurti) (Barbier, 2005), aux traditions japonaises du bouddhisme zen et aux traditions autochtones d'Am&#233;rique du Nord (Galvani, 2020) ou du Sud. Cette mise en dialogue inter, voire transculturelle (Galvani, 2020), est une r&#233;flexion anthropologique sur les pratiques de soi d&#233;finies comme &#171; les formes et les modalit&#233;s du rapport &#224; soi par lesquelles l'individu se constitue et se reconna&#238;t comme sujet &#187; (Foucault, 1983, p. 2, cit&#233; par Galvani, 2002, p. 248). On va y trouver des mod&#232;les de subjectivations r&#233;g&#233;n&#233;rant notre propre autoformation existentielle (Galvani, 2020, p. 254).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Perspectives pour un travail de recherche se basant sur une &#233;cologie en premi&#232;re personne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous expliciterons d'abord ici deux domaines des humanit&#233;s environnementales qui enrichissent notre cadre th&#233;orique ancr&#233; dans les sciences de l'&#233;ducation et de la formation, et ax&#233; sur la notion d'&#233;coformation : il s'agit des domaines de la psychologie environnementale et de l'&#233;cophilosophie Nous pr&#233;sentons ensuite des perspectives m&#233;thodologiques qui guideront une recherche-action-formation existentielle autour des autobiographies environnementales &#233;coformatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'inscrire dans le champ des humanit&#233;s &#233;cologiques/environnementales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;coformation qui a jailli dans les interstices des sciences de l'&#233;ducation et de la formation l&#232;ve le voile sur notre relation &#224; la nature, au monde.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; [&#8230;] on assiste, depuis une trentaine d'ann&#233;es au moins, &#224; l'&#233;mergence et &#224; la multiplication de champ des sciences humaines et sociales qui non seulement affichent l'environnement ou l'&#233;cologie pour objet, mais revendiquent aussi de voir leur &#233;pist&#233;mologie transform&#233;e par cet objet (Blanc et coll., 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ouvrir notre horizon de sens au non-humain bouleverse l'ordre occidental &#233;tabli au moins depuis Descartes. R&#233;concilier le monde social et le monde naturel est la pr&#233;occupation des humanit&#233;s &#233;cologiques. Il s'agit de d&#233;passer la binarit&#233; de notre syst&#232;me de pens&#233;e pour aller vers une &#171; ontologie de la connectivit&#233; &#187; qui implique une &#171; causalit&#233; mutuelle &#187;, car &#171; [...] &#234;tre est un ph&#233;nom&#232;ne in&#233;luctablement et n&#233;cessairement relationnel &#187; (Rose et Robin, 2019, p. 14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du c&#244;t&#233; de la psychologie et de l'&#233;cophilosophie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;largissons notre cadre th&#233;orique &#224; des concepts emprunt&#233;s &#224; la psychologie de la conservation et de l'&#233;cophilosophie. Des notions telles que celles d'exp&#233;rience de nature, d'identit&#233; environnementale/&#233;cologique et d'&#233;thique relationnelle nous permettent d'explorer et de penser les processus enjeux dans l'&#233;coformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Exp&#233;riences de nature et identit&#233; environnementale&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychologie sociale environnementale et la psychologie de la conservation se sont int&#233;ress&#233;es aux liens, chez des acteurs de l'environnement, entre les exp&#233;riences de nature et la sensibilit&#233; &#233;cologique, voire l'engagement personnel pour des causes environnementales (Chawla, 2001). L'hypoth&#232;se de Pyle (2016) selon laquelle nous vivons des extinctions d'exp&#233;riences de nature est corrobor&#233;e par plusieurs &#233;tudes (Soga et Gaston, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Chawla, les exp&#233;riences de nature sont des exp&#233;riences de vie significatives, positives, formatrices (Chawla, 2017, p. 192 ; Chawla, 2020) voire r&#233;paratrices (Chawla, 2015, p. 440). Ce sont des exp&#233;riences informelles qui se font le plus souvent dans la vie quotidienne des personnes (Chawla, 2001, p. 459) et qui peuvent concerner des choses aussi triviales que la sensation de l'&#233;coulement de l'eau ou de la chaleur du soleil (ibid.). Ce sont des exp&#233;riences directes qui permettent de nouer des liens avec les lieux et le monde naturel (Chawla, 2015, p. 445). Elles sont parfois nomm&#233;es exp&#233;riences de connexion de nature (ibid.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chawla (2015) et Clayton (2003) font le lien entre exp&#233;riences de nature et identit&#233; environnementale. Le sentiment de connexion avec la nature, les dimensions biographiques des exp&#233;riences de nature, l'immersion multisensorielle et le lien &#233;motionnel avec la nature constituent l'identit&#233; &#233;cologique (Clayton et Opotow, 2003 ; Thomashow 1996). Thomashow (1996, p. 3) la d&#233;finit comme &#233;tant &#171; toutes les diff&#233;rentes mani&#232;res dont les gens se per&#231;oivent en relation avec la terre, tel qu'elles se manifestent dans la personnalit&#233;, les valeurs, les actions et le sens de soi &#187;. Pour Clayton et Opotow (2003, p. 14), les exp&#233;riences &#171; imm&#233;diates et personnelles &#187; avec la nature peuvent changer la fa&#231;on dont les personnes se per&#231;oivent et faire &#233;merger leur identit&#233; environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Exp&#233;riences de nature et &#233;thique relationnelle&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arne Naess (2017), &#233;cophilosophe, cr&#233;ateur du concept d'&#233;cosophie et de soi &#233;cologique, se nourrit de ses exp&#233;riences de nature pour construire son &#233;cosophie T (comme Tvergastein, un lieu de montagne qu'il affectionnait particuli&#232;rement). Il met en &#233;vidence la relation d'intersubjectivit&#233; qui peut na&#238;tre d'une exp&#233;rience imm&#233;diate de contemplation o&#249; se joue une relation de sujet &#224; sujet et non de sujet &#224; objet (Naess, 2017, p. 70). Pour lui, la maxime de l'&#233;cologie &#171; tout est li&#233; &#187;, &#171; s'applique au soi et aux relations qu'il entretient avec les autres &#234;tres vivants, les &#233;cosyst&#232;mes, l'&#233;cosph&#232;re, la Terre et sa longue histoire &#187; (p.94). Naess sugg&#232;re que l'exp&#233;rience du lien avec la nature bouleverse notre identit&#233; et transforme le soi qui devient &#233;cologique (Naess, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine Larr&#232;re (2018a), philosophe de l'environnement, s'interroge sur l'origine de l'&#233;thique &#233;cocentrique et relationnelle chez Aldo Leopold, auteur d'un Almanach d'un comt&#233; des sables. Dans cet ouvrage, L&#233;opold raconte une exp&#233;rience personnelle d&#233;cisive qui a transform&#233; son regard sur la montagne et a fait na&#238;tre son &#233;thique de la terre (Land ethic). Jeune chasseur &#233;radiquant les loups, il raconte le jour et le moment o&#249; il a vu mourir une louve sur laquelle il avait tir&#233; et comment cet instant lui a fait comprendre qu'il faisait une erreur. Cette &#233;cologie en premi&#232;re personne de L&#233;opold nous permet&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;d'assister &#224; sa rencontre avec d'autres int&#233;riorit&#233;s, non-humaines, comme la lueur dans l'&#339;il de la louve en fait appara&#238;tre une. La le&#231;on de l'&#233;cologie objective, celle de l'interd&#233;pendance, devient donc, abord&#233;e en premi&#232;re personne, la d&#233;couverte de relations intersubjectives, au sein d'une communaut&#233; que L&#233;opold dit biotique (Larr&#232;re, 2018a).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Chez Baptiste Morizot, l'&#233;thique relationnelle est une &#233;thique de la diplomatie (Morizot, 2020). Lui aussi raconte des exp&#233;riences de nature en premi&#232;re personne au sein desquelles il puise et renouvelle son regard et ses attentions envers le vivant. L&#224; encore, en pistant des loups qui le suivent (!), il prend conscience que &#171; la diplomatie avec le vivant en soi et hors de soi est un type de relation qui devient pertinent lorsqu'on cohabite ensemble, sur un m&#234;me territoire, avec des &#234;tres qui r&#233;sistent et insistent &#187; (p.188).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des &#233;l&#233;ments qui caract&#233;risent ces pens&#233;es, c'est que celles-ci sont situ&#233;es. Elles conscientisent l'interd&#233;pendance &#233;cologique. &#171; &#202;tre humains sur la terre &#8211; pour parler comme Berque &#8211;, c'est savoir que nous ne pouvons pas nous penser s&#233;par&#233;ment de la terre que nous habitons &#187; (Larr&#232;re, 2018a).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience de nature des philosophes les am&#232;ne &#224; th&#233;oriser la place de l'attention (Morizot) et de la perception (L&#233;opold) rejoignant la ph&#233;nom&#233;nologie de Merleau-Ponty pour qui le &#171; [...] corps est la texture commune de tous les objets et il est, au moins &#224; l'&#233;gard du monde per&#231;u, l'instrument g&#233;n&#233;ral de ma compr&#233;hension &#187; (Merleau-Ponty, 2021, p. 282). Gr&#226;ce &#224; cet auteur et &#224; David Abram (2013), nous comprenons que &#171; toute perception est participation &#187; (p. 83) parce que &#171; dans l'acte de perception, j'entre dans une relation de sympathie avec le per&#231;u &#187; (Abram, 2013, p. 81). Cette perspective rejoint l'animisme tel que d&#233;crit par Descola (Larr&#232;re, 2018a).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dimension sensible, sensorielle contribue &#224; un sentiment d'esth&#233;tique vis-&#224;-vis de la nature. De nombreux auteurs l'&#233;voquent, comme Naess, L&#233;opold, Thoreau, Abram (Larr&#232;re, 2018b). Cela nourrit cette dimension relationnelle o&#249; ce qui est vu, rencontr&#233; esth&#233;tiquement et sensoriellement, a une valeur en soi (Larr&#232;re, 2018b). L'&#233;thique relationnelle qui peut na&#238;tre d'exp&#233;riences de nature intenses, comme nous l'avons vu, peut provoquer des engagements politiques &#171; o&#249; l'humain devient la nature qui se d&#233;fend &#187; face &#224; des projets impactant l'environnement (Naess, 2017, p. 95), (de France et Descola, 2021 ; Gosselin et Bartoli, 2022). Descola s'est int&#233;ress&#233; ainsi aux exp&#233;riences que vivent certains collectifs citoyens qui entrent en r&#233;sistance en cr&#233;ant des lieux de vie avec lesquels ils entretiennent des relations proches de l'animisme (de France et Descola, 2021).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette investigation dans le champ de l'&#233;cophilosophie et de la psychologie enrichit notre cadre th&#233;orique en mettant en &#233;vidence la place d'exp&#233;riences de nature fondatrices, formatrices, dans la construction d'une identit&#233; et d'une &#233;thique &#233;cologiques. Ces &#233;l&#233;ments confirment notre int&#233;r&#234;t pour questionner ces exp&#233;riences de nature, ce qu'elles produisent chez les personnes comme &#233;l&#233;ments fondateurs, formateurs de leur existence, et voir les conditions qui semblent en faciliter l'&#233;mergence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;coformation comme m&#233;thode de recherche d'une &#233;cologie en premi&#232;re personne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;coformation nous am&#232;ne &#224; plonger dans les exp&#233;riences personnelles de nature. Dans le cadre de la recherche, la ph&#233;nom&#233;nologie herm&#233;neutique est le socle que nous investissons pour une m&#233;thodologie compr&#233;hensive que nous d&#233;clinons ici au travers d'ateliers d'autobiographies environnementales dont les &#233;tapes vont accompagner l'&#233;mergence, le partage et les r&#233;sonances des v&#233;cus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La ph&#233;nom&#233;nologie herm&#233;neutique pour d&#233;voiler le v&#233;cu et le sens de nos exp&#233;riences&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;coformation illustre parfaitement la notion d'apprentissages exp&#233;rientiels, non intentionnels, autrement appel&#233;s informels, c'est-&#224;-dire &#171; [...] d&#233;signant l'absence de forme sociale &#233;ducative construite &#187; (Broug&#232;re et B&#233;zille, 2007, p. 147). Selon Broug&#232;re et B&#233;zille, &#171; L'&#233;coformation est assimilable &#224; de l'auto-apprentissage informel en contexte, qui se fait souvent par impr&#233;gnation, au fil des exp&#233;riences &#187; (2007, p. 149).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d'exp&#233;rience peut recouvrir plusieurs sens. Nous en d&#233;clinons quatre tels qu'ils sont propos&#233;s par Simon et coll. (2019, p. 26). Le premier recouvre l'id&#233;e que l'exp&#233;rience est synonyme de &#171; v&#233;cu &#187;. Nous pourrions dire que c'est la vie qui se vit, qui s'&#233;prouve (vivencia en espagnol, cit&#233; par Delory-Momberger, 2019, p. 82). Pour Claire Petitmengin (2001, p. 24), c'est l'exp&#233;rience subjective comme &#171; flux constant de sensations et d'&#233;tats int&#233;rieurs &#187;. C'est ce que notre corps &#233;prouve au quotidien au travers de ses perceptions. Cette exp&#233;rience s'incorpore &#224; nous, peut g&#233;n&#233;rer des habitus. Elle se situe en-de&#231;&#224; des mots, dans une conscience pr&#233;-r&#233;fl&#233;chie, dans une forme d'imm&#233;diatet&#233; (Simon et al, 2019, p. 26). Le second sens renvoie &#224; l'exp&#233;rience souhait&#233;e, vis&#233;e pour &#171; acqu&#233;rir de l'exp&#233;rience &#187; g&#233;n&#233;ralement dans un cadre professionnel, ou la volont&#233; d'obtenir un savoir-pratique. Le troisi&#232;me sens est celui donn&#233; par Dewey qui consid&#232;re l'exp&#233;rience comme une &#171; mise &#224; l'&#233;preuve du monde et de sa connaissance &#187; (ibid.). Enfin, une quatri&#232;me acception d&#233;signe l'exp&#233;rience comme un &#233;v&#233;nement singulier (en r&#233;f&#233;rence au sens donn&#233; par Dilthey). Elle a un caract&#232;re disruptif, structur&#233; et global : &#171; l'exp&#233;rience est appr&#233;hend&#233;e comme un &#233;v&#233;nement distinct du flux temporel, avec un d&#233;but, un d&#233;roulement sp&#233;cifique et une fin &#187; (Simon et coll., 2019, p. 26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience est multidimensionnelle, elle est &#171; &#224; la fois cognitive, &#233;motionnelle, engag&#233;e par la personne et incarn&#233;e (faite de sensations et comportements), le tout dans le m&#234;me temps &#187; (Zeitler et Barbier, 2012). Elle est v&#233;cue par l'individu, mais s'inscrit dans un contexte social et culturel qui participe du v&#233;cu de l'exp&#233;rience, &#171; elle t&#233;moigne de la double vocation de l'esprit humain dans sa relation au monde, passive et active, r&#233;ceptive et libre &#187; (Auroux, 2002, p. 924).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'exp&#233;rience devienne un savoir exp&#233;rientiel, il faut que cette exp&#233;rience subisse une &#171; transformation &#233;pist&#233;mique &#187;, c'est-&#224;-dire une forme de r&#233;flexivit&#233; qui va se faire en trois temps (Simon et coll., 2019, p. 31). Le premier se r&#233;alise dans l'action m&#234;me o&#249; une conscience pr&#233;-r&#233;fl&#233;chie peut agir et reconna&#238;tre d&#233;j&#224; des &#233;l&#233;ments en jeu. Le second temps se situe dans l'apr&#232;s-coup, dans l'identification de l'exp&#233;rience avec un retour r&#233;flexif, exprim&#233;, partag&#233; socialement. Enfin, le troisi&#232;me temps concerne le passage de cette connaissance intime vers une dimension collective, conceptualis&#233;e qui la d&#233;gage de sa situation initiale. Alors cette connaissance devient un savoir exp&#233;rientiel, &#171; susceptible d'&#234;tre formalis&#233; et institutionnalis&#233; dans des formes de savoir d&#233;tach&#233;es de l'exp&#233;rience initiale &#187; (ibid.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voulant saisir le v&#233;cu de l'exp&#233;rience, nous nous positionnons clairement dans une approche des sciences qui se veut compr&#233;hensive. Pour Schulz cit&#233; par Mucchielli et Paill&#233; (2021, p. 30), cela veut dire qu'on s'int&#233;resse ici &#224; la signification du v&#233;cu exp&#233;rientiel. Cela n&#233;cessite de mettre &#224; distance l'explication (qui r&#233;ifie les donn&#233;es) pour expliciter et d&#233;plier la r&#233;alit&#233; telle qu'elle est v&#233;cue par les personnes (ibid.). Ce cadre &#233;pist&#233;mologique nous offre une m&#233;thodologie compr&#233;hensive qui se situe &#171; au croisement de la ph&#233;nom&#233;nologie entendue comme pratique de l'attention &#224; l'exp&#233;rience et de l'herm&#233;neutique entendue comme exploration du sens de l'exp&#233;rience &#187; (Galvani, 2006, p. 34). Dans cette perspective, la subjectivit&#233; et l'intersubjectivit&#233; font partie de la &#171; production de connaissance &#187; (Guimond-Plourde, 2008, p. 96).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Faire &#233;merger et retracer nos exp&#233;riences &#233;coformatrices&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre &#233;pist&#233;mologique et m&#233;thodologique que Dominique Bachelart a d&#233;velopp&#233; l'autobiographie environnementale comme un moyen &#171; [...] d'acc&#232;s &#224; ce fond exp&#233;rientiel qui nous relie &#224; des milieux &#187; (Bachelart, 2009a, p. 13). Cela lui a permis de questionner &#171; l'&#233;veil de la conscience des relations personnes-environnement, la construction de l'identit&#233;, l'assurance du sentiment d'&#234;tre &#187; (Bachelart, 2009b, p. 125) chez des &#233;tudiants en licence professionnelle &#224; l'IUT de Tours. Il s'agissait de partir en qu&#234;te des exp&#233;riences de nature des &#233;tudiants et d'interroger leur &#171; alphab&#233;tisation environnementale &#187; au cours de leur trajectoire de vie et notamment de leur enfance et adolescence. Les r&#233;cits et r&#233;flexions t&#233;moignent de la force des apprentissages informels (Berryman, 2012), de la construction identitaire des personnes et de leurs ouvertures &#171; &#224; une &#233;thique du care qui int&#232;gre la vuln&#233;rabilit&#233; et la d&#233;pendance &#224; autrui &#187; (Bachelart, 2009a, p. 51). Ces travaux mettent en lumi&#232;re le fait que &#187; les moments o&#249; l'individu est affect&#233;, troubl&#233;, interloqu&#233;, d&#233;sar&#231;onn&#233; sont aussi des moments d'accueil possible des autres vivants et des moments intenses de r&#233;ception du monde &#187; (Bachelart, 20009b, p. 152).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces moments intenses ou fondateurs qui sont des prises de conscience, Pascal Galvani, (2020, p. 189) les nomme &#171; ka&#239;ros d'autoformation exp&#233;rientielle &#187;. Ces moments &#171; r&#233;v&#232;lent un mode de participation au monde dans lequel les distinctions s'effacent pour laisser agir le &#8220;soi [...] ensemble des capacit&#233;s conscientes et inconscientes du corps/esprit &#187;. Le ka&#239;ros est un moment d&#233;cisif, intuitif, o&#249; l'on fait le bon geste, dans une sorte de &#171; r&#233;sonance harmonique &#187; entre soi et le monde (Galvani, p. 131). L'autobiographie environnementale enrichie par la m&#233;thode des kairos d'&#233;coformation exp&#233;rientielle nous aide &#224; recueillir les exp&#233;riences de nature fondatrices dans l'histoire de chacun et &#224; faire le lien avec le d&#233;veloppement d'une sensibilit&#233; environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des entr&#233;es ou &#171; portes d'exploration &#187; ont &#233;t&#233; identifi&#233;es par Bachelart (2009a), Berryman (2012) et Galvani (2020) pour faciliter l'anamn&#232;se de ces exp&#233;riences. Ces portes peuvent &#234;tre : les lieux du quotidien, lieux de vacances, les r&#232;gnes (v&#233;g&#233;tal, min&#233;ral, animal&#8230;), les &#233;l&#233;ments, les sens, les &#226;ges de la vie, les personnes, les paysages, etc. Ces m&#233;thodologies sont int&#233;gr&#233;es &#224; des recherches-actions-formations existentielles (Pineau, 2006 ; (Galvani, 2020). Ces ateliers d'autobiographie se d&#233;roulent en plusieurs &#233;tapes en d&#233;marrant par une &#171; contractualisation de la d&#233;marche &#187; qui pose un cadre de s&#233;curit&#233; (Bachelart, 2009b, p. 153) :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; dans un premier temps, les participants sont guid&#233;s dans l'anamn&#232;se (Galvani, 2020) pour retrouver leurs exp&#233;riences de nature, leurs &#171; ka&#239;ros &#187; d'auto-&#233;coformation, en s'aidant par exemple de l'ouverture des &#171; portes &#187; (cf. ci-dessus) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; dans un second temps, les participants explicitent leurs exp&#233;riences &#224; l'&#233;crit et &#224; l'oral pour permettre le r&#233;fl&#233;chissement du v&#233;cu et des premiers sens qui en &#233;mergent (Bachelart, 2009a ; Galvani, 2020) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; ensuite, les autres participants sont invit&#233;s &#224; entrer &#171; en r&#233;sonance &#187; (Galvani, 2020) pour enrichir le plus possible l'inter-compr&#233;hension.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, le/la chercheur-euse peut accompagner les personnes ou les groupes vers davantage de formalisation en proposant des outils d'analyse et des apports th&#233;oriques (Bachelart, 2009a). Il s'agit d'outiller les personnes pour construire leur propre sens en favorisant la mise en dialogue des exp&#233;riences entre soi et soi et entre soi et les autres (Galvani, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;coformation est cette formation buissonni&#232;re qui &#233;chappe le plus souvent &#224; l'&#233;ducation, mais qui constitue une dimension fondamentale d'un &#171; savoir-vivre avec et dans ce monde &#187;, d'un savoir-habiter (Pineau et coll., 2005) ou plut&#244;t d'un savoir-cohabiter (Morizot, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons une premi&#232;re d&#233;limitation de ce que nous nommons les exp&#233;riences de nature auto-&#233;coformatrices. Celles-ci sont situ&#233;es, contextualis&#233;es, intimes, dans un rapport subjectif, sensible, sensoriel, voire esth&#233;tique, avec les entit&#233;s naturelles. Ces exp&#233;riences sont fondatrices, c'est-&#224;-dire qu'elles bouleversent/bousculent la repr&#233;sentation de soi, des autres, du monde et peuvent amener &#224; recomposer ses pratiques (personnelles et/ou professionnelles), ses identit&#233;s et son &#233;thique. Ce sont des exp&#233;riences qui peuvent s'inscrire dans la r&#233;p&#233;tition (quotidienne ou r&#233;guli&#232;re) ou dans un &#233;v&#233;nement singulier et qui concernent les trois niveaux de r&#233;alit&#233; de la personne (sensori-moteur, symbolique, cognitif). Elles sont de l'ordre de l'informel dans un premier temps et prennent leur statut de fondatrices/formatrices par une mont&#233;e en r&#233;flexivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucie Sauv&#233; (2021)3&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauv&#233;, L. (2022). L'ancrage de soi dans le monde &#8211; Dimensions crois&#233;es d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a identifi&#233; sept dimensions/fonctions de l'&#233;ducation relative &#224; l'environnement : &#233;pist&#233;mique, ontologique, esth&#233;tique, &#233;thique, politique, critique, heuristique. Nous les retrouvons dans le d&#233;ploiement de ce que recouvre le concept d'&#233;coformation. En effet, celui-ci propose un cadre &#233;pist&#233;mologique inscrit dans le paradigme de la complexit&#233; de Morin. Par la m&#233;thode compr&#233;hensive et la ph&#233;nom&#233;nologie herm&#233;neutique, il propose un cadre de recherche qui s'int&#233;resse aux savoirs exp&#233;rientiels et existentiels. Il rend visibles les dimensions sensibles, esth&#233;tiques de notre &#234;tre-au-monde en r&#233;v&#233;lant nos relations vitales et intimes avec les entit&#233;s terrestres et les transformations ontologiques et &#233;thiques qui peuvent s'op&#233;rer. Ces nouveaux regards sur la relation au monde permettent d'inventer, de cr&#233;er des mani&#232;res de vivre ici et maintenant sur terre dans des rapports plus &#233;quilibr&#233;s. Pour Pineau, l'urgence est l&#224; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; En entrant dans l'&#232;re climatique/cosmique, l'humanit&#233; n'a pas le choix. Elle doit transformer ses rapports &#233;l&#233;mentaires d'usage (...) en rapport de sages. Passer d'une exploitation r&#233;flexe, puis industrielle, mercantile et mortif&#232;re, &#224; une formation de relations r&#233;ciproques, vitales et durables (Pineau, 2023, p. 12).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;Abram, D. (2013). Comment la terre s'est tue. Pour une &#233;cologie des sens. Paris : La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andreux, C. (2005). &#201;coformation et &#233;ducation relative &#224; l'environnement montagnard : Entre territoire, nature et culture. &#201;ducation relative &#224; l'environnement. Regards-Recherches-R&#233;flexions, Volume 5. &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ere/4176&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ere/4176&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auroux, S. (dir.), (2002) [1990]. Encyclop&#233;die philosophique universelle. Les notions philosophiques II. Paris : Presses universitaires de France, collection &#171; Dictionnaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bachelart, D. (2003). Berger transhumant en formation : Pour une tradition d'avenir. Paris : L'Harmattan, collection &#171; D&#233;fi-Formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bachelart, D. (2009a). Autobiographie environnementale : Explicitation de l'exp&#233;rience &#233;coformatrice et d&#233;marche r&#233;flexive. Dans Catherine Guillaumin, Ing&#233;nierie de la r&#233;flexivit&#233; (p. 125-154). Paris : L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bachelart, D. (2009b). Anthropologie du sensible : Apport de l'&#233;thique de la sollicitude &#224; l'&#233;gard du monde &#171; non-humain &#187;. &#201;ducation relative &#224; l'environnement. Regards-Recherches-R&#233;flexions, Volume 8. &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ere/2123&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ere/2123&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/ere.2123&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbier, R. (2005). Krishnamurti ou l'homme de l'arbre. Dans Gaston Pineau, Dominique Bachelart, Dominique Cottereau et Anne Moneyron (dir.), Habiter la terre, &#201;coformation terrestre pour une conscience plan&#233;taire (p.125-134). Paris : L'Harmattan, collection &#171; &#201;cologie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berryman, T. (2002). &#201;co-ontogen&#232;se et &#233;ducation : Les relations &#224; l'environnement dans le d&#233;veloppement humain et leur prise en compte en &#233;ducation relative &#224; l'environnement durant la petite enfance, l'enfance et l'adolescence. Th&#232;se de doctorat en &#233;ducation. Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al. &lt;a href=&#034;https://archipel.uqam.ca/7366/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archipel.uqam.ca/7366/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berryman, T. (2012). Forme scolaire de l'&#233;ducation et exil des cohabitants : Quels ancrages &#233;ducatifs pour la cohabitation, la &#171; cohabitabilit&#233; &#187; ? &#201;ducation relative &#224; l'environnement. Regards-Recherches-R&#233;flexions, Volume 10. &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ere/1280&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ere/1280&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/ere.1280&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanc, G., Demeulenaere, &#201;. et Feuerhahn, W. (2017). Humanit&#233;s environnementales : Enqu&#234;tes et contre-enqu&#234;tes. Paris : Publications de la Sorbonne.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4000/books.psorbonne.84270&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonneuil, C. et Fressoz, J.-B. (2013). L'&#233;v&#233;nement Anthropoc&#232;ne : La Terre, l'histoire et nous. Paris : M&#233;dia Diffusion.&lt;/p&gt;
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DOI : 10.4000/rfp.516&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chawla, L. (2001). Significant Life Experiences Revisited Once Again : Response to vol. 5(4) &#171; Five Critical Commentaries on Significant Life Experience Research in Environmental Education &#187;. Environmental &#201;ducation Research, 7(4), 451&#8209;461.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chawla, L. (2015). Benefits of Nature Contact for Children. Journal of Planning Literature, 30(4), 433&#8209;452.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1177/0885412215595441&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chawla, L. (2017). Le soin de la nature chez les enfants et les adolescents. Dans Cynthia. Fleury et Anne-Caline. Pr&#233;vot. Le souci de la nature. Apprendre, inventer, gouverner (p. 191-206). Paris : &#201;ditions du CNRS.&lt;/p&gt;
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DOI : 10.1002/pan3.10128&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clayton, S. D. et Opotow, S. (dir.). (2003). Identity and the natural environment : The psychological significance of nature. Cambridge (Massachusetts):MIT Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collado-Ruano, J., Morillo, M. M. et Gonz&#225;lez, F. J. &#193;. (2019). &#201;ducation et Bien-Vivre : Comp&#233;tences transdisciplinaires pour la formation des enseignants. Athenea Digital. Revista de pensamiento e investigaci&#243;n social, 19(3), 1&#8209;22.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Cottereau, D. (2008). &#201;coformation : &#034;transformer nos rapports d'usage en rapports du sage&#034;. La Chair et le Souffle, Revue internationale de th&#233;ologie et de spiritualit&#233;, 76&#8209;86.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cottereau, D. (2014). L'&#233;ducation &#224; l'environnement : L'affaire de tous ? Paris : Belin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cottereau, D. (dir.) (2017). Dehors : Ces milieux qui nous trans-forment : R&#233;cits &#233;co-biographiques n&#233;s d'ateliers d'&#233;criture. Paris : L'Harmattan, collection &#171; &#201;cologie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courtois, B. (1989). L'apprentissage exp&#233;rientiel : Une notion et des pratiques &#224; d&#233;chiffrer. Revue &#201;ducation Permanente, 100&#8209;101.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Debourdeau, A. (2013). Les grands textes fondateurs de l'&#233;cologie. Paris : Flammarion.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/ris.124.0129&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de France, O. et Descola, P. (2021). Imaginer une cosmopolitique des vivants : &#171; Nous sommes enserr&#233;s dans des concepts issus de la trajectoire historique europ&#233;enne &#187;. Revue internationale et strat&#233;gique, 124(4), 129&#8209;141.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/ris.124.0129&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delory-Momberger, C. (2019). Vocabulaire des histoires de vie et de la recherche biographique. Toulouse : &#201;r&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
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DOI : 10.3917/deba.114.0086&lt;/p&gt;
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DOI : 10.3917/deba.027.0046&lt;/p&gt;
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DOI : 10.3917/deba.027.0046&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Universit&#233; Fran&#231;ois-Rabelais, Tours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Galvani, P. (2020). Autoformation et connaissance de soi. Une m&#233;thode de recherche-formation exp&#233;rientielle. Lyon : Chronique Sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guimond-Plourde, R. (2008). Aborder et comprendre un ph&#233;nom&#232;ne comme le stress-coping &#224; partir d'une approche ph&#233;nom&#233;nologique-herm&#233;neutique. Collection du Cirp, 3, 90&#8209;103.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Larr&#232;re, C. (2018a). VIII. Une &#233;cologie en premi&#232;re personne pour habiter la Terre : &#201;cologie et litt&#233;rature. Dans Marie. Augendre (dir.). La m&#233;sologie, un autre paradigme pour l'anthropoc&#232;ne : Autour et en pr&#233;sence d'Augustin Berque (p. 121-131). Paris : Hermann.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Larr&#232;re, C. (2018b). Y a-t-il une esth&#233;tique de la protection de la nature ? Nouvelle Revue d'esth&#233;tique, 2, 97&#8209;106.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leopold, A. (2022). Almanach d'un comt&#233; des sables. Paris : &#201;ditions Gallmeister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maris, V. (2018). La part sauvage du monde-Penser la nature dans l'Anthropoc&#232;ne. Paris : Le Seuil.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Moneyron, A. (2003). Transhumance et &#201;co-Savoir : Reconnaissance des alternances &#233;coformatrices. Paris : L'Harmattan, collection &#171; &#201;cologie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moneyron, A. (2018). Agro&#233;cologie : Quelle &#233;coformation ? Paris : L'Harmattan, collection &#171; &#201;cologie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moneyron, A. et Blouet, A. (2005). &#201;cosavoir et formation exp&#233;rientielle dans les m&#233;tiers de l'agriculture. Dans Gaston. Pineau, Dominique Bachelart, Dominique Cottereau et Anne Moneyron (coord.), Habiter la terre, Ecoformation terrestre pour une conscience plan&#233;taire (p. 165&#8209;175). Paris : L'Harmattan, collection &#171; &#201;cologie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morin, Edgar. (2008). La m&#233;thode I et II. Paris : Le Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morizot, B. (2018). Sur la piste animale. Arles : &#201;ditions Actes Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morizot, B. (2020). Mani&#232;res d'&#234;tre vivant : Enqu&#234;tes sur la vie &#224; travers nous. Arles : &#201;ditions Actes Sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/arco.paill.2016.01&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naess, A. et Dunand, S. (2017). La r&#233;alisation de soi : Suivi de &#034;L'exp&#233;rience du monde. Wildproject.&lt;/p&gt;
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DOI : 10.3917/arco.paill.2016.01&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Pineau, G. (1989). La formation exp&#233;rientielle en auto-, &#233;co-et co-formation. &#201;ducation permanente, 100, 23&#8209;30.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Pineau, G. (2006). Moments de formation de l'autos et ouvertures transdisciplinaires. &#201;ducation permanente, 168, 5&#8209;18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pineau, G. (2012). Produire sa vie : Autoformation et autobiographie. T&#233;ra&#232;dre, collection &#171; [R&#233;]&#233;dition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pineau, G. (2015). De l'air ! : Essai sur l'&#233;coformation. Paris : L'Harmattan, collection &#171; &#201;cologie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pineau, G. (2023). Gen&#232;se de l'&#233;coformation : Du pr&#233;fixe &#233;co au vert paradigme de formation avec les environnements. Paris : L'Harmattan, collection &#171; &#201;cologie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pineau, G., Moneyron, A., Cottereau, D. et Bachelart, D. (2005) (dir.). Habiter la terre : &#201;coformation terrestre pour une conscience plan&#233;taire. Paris : L'Harmattan, collection &#171; &#201;cologie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pyle, R. M. et Lef&#232;vre, M. (2016). L'extinction de l'exp&#233;rience. &#201;cologie politique, 53(2), 185&#8209;196.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose, D. B. et Robin, L. (2019). Vers des humanit&#233;s &#233;cologiques : Suivi de Oiseaux de pluie. Wildproject.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rozenberg, J. (2006). L'individualit&#233; bio-psychologique de l'embryon. Le d&#233;bat &#233;thique concernant la cr&#233;ation d'embryons sans finalit&#233; procr&#233;ative. Cit&#233;s, 28(4), 29&#8209;43.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauv&#233;, L. (2014). Au c&#339;ur des questions socio-&#233;cologiques : Des savoirs &#224; construire, des comp&#233;tences &#224; d&#233;velopper. &#201;ducation relative &#224; l'environnement. Regards - Recherches - R&#233;flexions, Volume 11. &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ere/662&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ere/662&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauv&#233;, L. (2024). Los principios de un conocimiento pertinente &#8211; Ecociudadania. Dans J.M. Gutierrez Bastida (dir.). La educaci&#243;n ecosocial a la luz de los 7 saberes de Morin. Educaci&#243;n ecosocial : &lt;a href=&#034;https://educacionecosocial.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://educacionecosocial.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schmutz-Brun, C. (2014). La vie avec les animaux, quelle histoire ! : Essai d'&#233;co-zooformation. Paris : L'Harmattan, collection &#171; Histoire de vie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schmutz-Brun, C. (2021). Histoires de vie et rapport au v&#233;g&#233;tal : &#201;cobiographie en formation. Paris : L'Harmattan, collection &#171; Histoire de vie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silva, J. C. B. V., Lamine, C. et Brandenburg, A. (2019). Le r&#244;le de l'&#233;coformation dans les processus d'&#233;cologisation : Le cas de l'agriculture familiale au Paran&#225; (Br&#233;sil). Natures Sciences Soci&#233;t&#233;s, 27&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon, E., Halloy, A., Hejoaka, F. et Arborio, S. (2019). Introduction : La fabrique des savoirs exp&#233;rientiels : G&#233;n&#233;alogie de la notion, jalons d&#233;finitionnels et descriptions en situation. Presses universitaires de Lorraine.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.1002/2016EF000379&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soga, M. et Gaston, K. J. (2020). The ecology of human&#8211;nature interactions. Proceedings of the Royal Society B. 287(1918), 20191882.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steffen, W. et coll. (2016). Stratigraphic and Earth System approaches to defining the Anthropocene. Earth's Future, 4(8), 324&#8209;345.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/herm.gandi.2017.01.0005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thomashow, M. (1996). Ecological identity : Becoming a reflective environmentalist. Mit Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wunenburger, J.-J. (2001). Pr&#233;face. Dans Gaston Pineau et Ren&#233; Barbier (dir.), Les eaux &#233;coformatrices. Paris : L'Harmattan, collection &#171; &#201;cologie et formation &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/herm.gandi.2017.01.0005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zeitler, A. et Barbier, J.-M. (2012). La notion d'exp&#233;rience, entre langage savant et langage ordinaire. Recherche et formation, 70, 107&#8209;118.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur Orane Bischoff&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orane Bischoff est ing&#233;nieure d'&#233;tude p&#233;dagogique &#224; l'Institut Agro sur le campus de Florac en France (48). Elle est doctorante en sciences de l'&#233;ducation et de la formation au sein du LIRDEF (Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique, &#201;ducation et Formation) bas&#233; &#224; Montpellier. Elle d&#233;veloppe des projets en &#233;ducation relative &#224; l'environnement avec des &#233;quipes de l'enseignement agricole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parmi les auteur.e.s qui d&#233;veloppent ce concept d'&#171; &#233;cologie en premi&#232;re personne &#187;, on peut signaler cette contribution de Catherine Larr&#232;re : Larr&#232;re, C. (2018a). VIII. Une &#233;cologie en premi&#232;re personne pour habiter la Terre : &#201;cologie et litt&#233;rature. Dans : Augendre, M. (dir.). La m&#233;sologie, un autre paradigme pour l'anthropoc&#232;ne : Autour et en pr&#233;sence d'Augustin Berque (p. 121-131). Paris : Hermann. &lt;a href=&#034;https://doi-org.ezpum.scdi-montpellier.fr/10.3917/herm.augen.2018.01.0121&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi-org.ezpum.scdi-montpellier.fr/10.3917/herm.augen.2018.01.0121&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ceux-ci ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s lors du webinaire de juin 2021, dans le cadre des &#201;pisodes c&#233;venols organis&#233;s par l'Institut Agro - campus de Florac : &lt;a href=&#034;https://fermewikisagro.fr/episodes-cevenols/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fermewikisagro.fr/episodes-cevenols/&lt;/a&gt; ?LancrageDeSoiDansLeMonde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sauv&#233;, L. (2022). L'ancrage de soi dans le monde &#8211; Dimensions crois&#233;es d'une &#233;ducation relative &#224; l'environnement. Pr&#233;sentation dans le cadre de &#201;pisodes c&#233;venols de l'Institut Agro &#8211; campus de Florac. Cette typologie est aussi publi&#233;e en espagnol : Sauv&#233;, L. (printemps 2024). Los principos de un conocimiento pertinente &#8211; Ecociudadania. Dans J.M. Gutierrez Bastida (dir.). La educaci&#243;n ecosocial a la luz de los 7 saberes de Morin. Educaci&#243;n ecosocial : &lt;a href=&#034;https://educacionecosocial.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://educacionecosocial.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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