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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Trois pistes d'exploration de l'&#233;coformation : retour sur un trajet de recherche</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article17540.html</link>
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		<dc:date>2024-03-11T16:46:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Galvani</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cet article pr&#233;sente un trajet de recherche qui t&#233;moigne de la pertinence toute particuli&#232;re des recherches et des pratiques en &#233;coformation au regard des crises &#233;cologiques actuelles. Trois grandes pistes d'exploration se d&#233;gagent. La premi&#232;re est celle du dialogue avec les cultures am&#233;rindiennes. J'analyserai d'abord comment mes exp&#233;riences dans des contextes am&#233;rindiens aux &#201;tats-Unis et au Qu&#233;bec ont transform&#233; ma relation au monde et m'ont amen&#233; &#224; d&#233;velopper une d&#233;marche de co-formation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique59.html" rel="directory"&gt;Education pour l'environnement&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article pr&#233;sente un trajet de recherche qui t&#233;moigne de la pertinence toute particuli&#232;re des recherches et des pratiques en &#233;coformation au regard des crises &#233;cologiques actuelles. Trois grandes pistes d'exploration se d&#233;gagent. La premi&#232;re est celle du dialogue avec les cultures am&#233;rindiennes. J'analyserai d'abord comment mes exp&#233;riences dans des contextes am&#233;rindiens aux &#201;tats-Unis et au Qu&#233;bec ont transform&#233; ma relation au monde et m'ont amen&#233; &#224; d&#233;velopper une d&#233;marche de co-formation interculturelle. La deuxi&#232;me piste est celle d'une recherche-action pour exp&#233;rimenter la transdisciplinarit&#233; et l'&#233;pist&#233;mologie de la complexit&#233; dans les pratiques universitaires. Cette exp&#233;rience a contribu&#233; &#224; une &#233;cologisation de la formation universitaire en reliant les savoirs et la vie. La troisi&#232;me piste est celle de la r&#233;flexion sur les nouvelles pratiques d'auto-&#233;co-formation. De nombreuses pratiques deviennent des voies de connexion au monde vivant : marche itin&#233;rante, pistage, &#233;cole en for&#234;t, aquarelle en plein air, etc. Ces diff&#233;rentes approches montrent le potentiel heuristique du concept d'&#233;coformation pour accompagner les mutations vitales qui s'op&#232;rent tant au niveau personnel, social, que culturel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pascal Galvani, &#171; Trois pistes d'exploration de l'&#233;coformation : retour sur un trajet de recherche &#187;, &#201;ducation relative &#224; l'environnement [En ligne], Volume 18-1 | 2023, mis en ligne le 25 mai 2023, consult&#233; le 11 mars 2024. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/ere/10176&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/ere/10176&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/ere.10176&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/ere.10176&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En op&#233;rant un retour r&#233;flexif sur mon trajet de recherche autour du concept d'&#233;coformation, je distingue trois grandes pistes d'exploration qui &#233;clairent diff&#233;rentes facettes de la boucle d'auto-&#233;co-formation. Ce retour r&#233;flexif t&#233;moigne de l'impact du contexte des crises &#233;cologiques mondiales dans les recherches et les pratiques d'&#233;coformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir d'une recherche sur l'autoformation (Galvani, 1991) que j'ai d&#233;couvert l'&#233;coformation avec la th&#233;orie tripolaire que Gaston Pineau commen&#231;ait &#224; formuler (Pineau, 1991, 1992). L'originalit&#233; du concept d'&#233;coformation est de produire une prise de conscience du fait que nous ne sommes pas seulement form&#233;s par des humains, mais aussi par des milieux de vie, des &#233;l&#233;ments naturels, des plantes, des animaux, des climats ; autrement dit par l'int&#233;gralit&#233; de notre exp&#233;rience du monde vivant (Pineau et Galvani, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L'originalit&#233; du concept d'&#233;coformation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1983, Gaston Pineau et Marie-Mich&#232;le publient Produire sa vie : autoformation et autobiographie, l'objectif &#233;tait d'explorer les processus de formation adulte tout au long de la vie (Pineau et Marie-Mich&#232;le, 1983/2012). Depuis cette premi&#232;re publication, l'approche autobiographique a permis de construire un mod&#232;le &#233;cosyst&#233;mique de la formation qui a fait progressivement &#233;merger la notion d'&#233;coformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res analyses montrent d'abord que l'autoformation de l'adulte est un processus de prise de pouvoir progressif sur ses processus de formation en opposition &#224; ce que Gaston Pineau nommait l'h&#233;t&#233;roformation : c'est-&#224;-dire la formation pilot&#233;e et d&#233;finie hi&#233;rarchiquement par les &#171; autres &#187;, qu'ils soient parents, enseignants, philosophes ou pr&#234;tres, etc. Il s'agit alors de comprendre la relation entre soi (auto) et les autres (socio)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;nomination des trois p&#244;les de la formation a &#233;volu&#233; au cours des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cits de formation ont progressivement fait appara&#238;tre un troisi&#232;me p&#244;le de formation, celui du monde physique : l'&#233;coformation. L'&#233;coformation peut &#234;tre d&#233;finie comme l'ensemble des influences que l'environnement naturel, physique et biologique exerce sur notre formation personnelle et sociale. Les milieux de vie (naturels et anthropis&#233;s) influencent ainsi le devenir des personnes et des cultures par leurs caract&#233;ristiques climatiques, leurs formes, les &#233;l&#233;ments qui les composent, etc. La banquise, les milieux montagneux, les grandes plaines de Mongolie, la jungle amazonienne ou l'environnement des m&#233;galopoles modernes fa&#231;onnent autant les individus qui y vivent que les cultures qui s'y d&#233;veloppent. Pour explorer cette relation formatrice avec l'environnement physique et biologique (&#233;co), un groupe de recherche sur l'&#233;coformation s'est constitu&#233; qui a commenc&#233; &#224; explorer l'&#233;coformation avec une approche biographique et ph&#233;nom&#233;nologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet : Cottereau, 2017 ; Galvani et al., 2015 ; Pineau et al., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le n&#176; 148 de la revue &#201;ducation permanente, 2001.. Le d&#233;veloppement des recherches s'est traduit par des publications et la cr&#233;ation d'une collection qui y est sp&#233;cifiquement d&#233;di&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La collection &#171; &#201;cologie et formation &#187; aux &#233;ditions l'Harmattan comporte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette approche th&#233;orique, la formation et l'autoformation se d&#233;finissent de la mani&#232;re suivante :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la formation d&#233;signe le processus vital et permanent de mise en forme de la personne par ses interactions entre soi (auto), les autres (socio, h&#233;t&#233;ro, co) et le monde (&#233;co) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'autoformation se d&#233;finit alors comme la prise de conscience, la compr&#233;hension et la transformation par le sujet de ces interactions. Au c&#339;ur des moments d&#233;cisifs (ka&#239;ros), l'autoformation s'exp&#233;rimente &#224; plusieurs niveaux de la pr&#233;sence, de l'attention non intentionnelle et de la r&#233;flexion intentionnelle (Galvani, 2020).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective &#233;cosyst&#233;mique, l'autoformation est l'un des trois p&#244;les qui orientent le processus de formation : soi (autoformation), les autres (socioformation) et le monde (&#233;coformation). L'autoformation n'est donc pas un ph&#233;nom&#232;ne ind&#233;pendant, mais une dynamique de r&#233;troaction sur l'environnement et de r&#233;cursivit&#233; sur soi-m&#234;me (Galvani, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, l'&#233;coformation est aussi interd&#233;pendante avec les processus d'autoformation et de socioformation. Dans un m&#234;me environnement physique et naturel, chaque sujet d&#233;veloppera une boucle d'interaction personnelle avec certains &#233;l&#233;ments de cet environnement, en fonction de ses perceptions, de ses connaissances, de ses capacit&#233;s d'interactions physiques et des r&#233;sonances symboliques et po&#233;tiques qui se cr&#233;ent avec son histoire de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;coformation inclut plusieurs dimensions : corporelle, biophysique, mais aussi symbolique (Galvani 1997). Les milieux de vie dans toutes leurs vari&#233;t&#233;s produisent une forte influence sur les cultures humaines ainsi que sur l'imaginaire personnel, qui organise le sens donn&#233; &#224; l'exp&#233;rience v&#233;cue (Durand, 1964, 1969). Du plus proche au plus lointain, l'auto-&#233;coformation concerne le corps et ses interactions physico-biologiques avec le microenvironnement imm&#233;diat (air, eau, nourriture, etc.), le milieu de vie avec l'habitat dans le m&#233;so-environnement naturel, rural ou urbain, dans les r&#233;gions, jusqu'au macro-environnement plan&#233;taire de la biosph&#232;re et jusqu'au cosmos.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La piste de la formation interculturelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; la cr&#233;ation du groupe de recherche sur l'&#233;coformation (GREF) en 1992&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet les articles de Gaston Pineau et Dominique Cottereau dans ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , ma premi&#232;re piste d'exploration consista &#224; analyser comment mes exp&#233;riences dans des contextes am&#233;rindiens aux &#201;tats-Unis et au Qu&#233;bec avaient transform&#233; ma relation au monde (Galvani, 2001a, 2001-b). Dans un second temps, j'ai d&#233;velopp&#233; une d&#233;marche de co-formation interculturelle par l'atelier des ka&#239;ros d'&#233;coformation (Galvani, 2005, 2015).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;coformation dans les cultures am&#233;rindiennes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les cultures autochtones d'Am&#233;rique du Nord sont tr&#232;s diff&#233;rentes les unes des autres, elles sont pourtant reli&#233;es par certains &#233;l&#233;ments fondamentaux communs dans leurs rites, leurs mythes, leurs modes de subsistances, etc. Il est impossible de r&#233;sumer la richesse de cet ensemble. Je vais donc simplement relever deux &#233;l&#233;ments qui &#233;clairent en quoi l'&#233;coformation est centrale dans la conception am&#233;rindienne de la formation humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque &#234;tre poss&#232;de une influence&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#233;l&#233;ment de la vision am&#233;rindienne de l'&#233;coformation est le fait que chaque &#234;tre, chaque chose est vu comme &#233;tant anim&#233; d'un &#171; esprit &#187; c'est-&#224;-dire une forme d'&#233;nergie qui est une information productrice de sens. &#201;lan Noir d&#233;finit ce processus comme une influence formatrice si nous lui accordons de l'attention.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Nous regardons tous les &#234;tres cr&#233;&#233;s comme sacr&#233;s et importants : chaque chose poss&#232;de une influence &#8212; wochanghi &#8212; qui peut nous &#234;tre donn&#233;e et gr&#226;ce &#224; laquelle nous pouvons acqu&#233;rir un peu plus de compr&#233;hension si nous sommes attentifs (&#201;lan Noir et Brown, 1992-86).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La perspective am&#233;rindienne entre en compl&#232;te r&#233;sonance avec la vision &#233;cosyst&#233;mique parce que cette influence que nous recevons des &#234;tres et du monde ne s'applique pas de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale et objective : elle d&#233;pend des affinit&#233;s et des singularit&#233;s de chaque sujet, il s'agit d'une auto-&#233;co-formation.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;J'ai remarqu&#233; dans ma vie que tous les hommes sont attir&#233;s par un animal particulier, une plante, un endroit de la Terre. Si les hommes voulaient accorder plus d'attention &#224; ces pr&#233;f&#233;rences et s'efforcer de se rendre dignes de cela m&#234;me qui les attire, ils auraient des r&#234;ves qui purifieraient leur vie. &#187; (Brave Buffalo, dans Densmore, 1992, p. 172)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux appr&#233;cier cette citation, il faut comprendre que dans les cultures am&#233;rindiennes, les r&#234;ves, les visions comme les intuitions sont des sources essentielles de la formation (Brumble, 1993). En portant attention aux &#233;l&#233;ments, animaux, lieux, plantes, roches qui nous attirent, on d&#233;veloppe une inspiration formatrice et l'intuition d'une dynamique transformatrice. Se rendre digne de ce qui nous attire peut consister &#224; composer un chant, une danse, &#224; broder l'&#234;tre qui nous inspire sur nos v&#234;tements ; ou encore &#224; porter sur soi un &#233;l&#233;ment de cet &#234;tre &#8211; une pierre ou une plume par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une perception globale non focalis&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second &#233;l&#233;ment que j'ai d&#233;couvert dans mes s&#233;jours prolong&#233;s chez des amis Shoshones, Innus ou Atikamekw, c'est une forme de pr&#233;sence attentive caract&#233;ris&#233;e par le maintien d'une vision et d'une audition globales. Je me suis progressivement rendu compte que dans les contextes culturels europ&#233;ens ou am&#233;ricains nous sommes &#233;duqu&#233;s &#224; utiliser prioritairement un regard et une &#233;coute concentr&#233;s sur un point pr&#233;cis qui exclut le contexte. La plupart des activit&#233;s techniques, mais aussi la lecture, sans parler du d&#233;veloppement des &#233;crans num&#233;riques, privil&#233;gient ce type de vision concentr&#233;e. Un exemple de cette diff&#233;rence se d&#233;couvre d&#232;s le premier abord. Dans les cultures occidentales, on est &#233;duqu&#233; &#224; se saluer par une poign&#233;e de main &#233;nergique et l'on se regarde dans les yeux pour se parler. Ces comportements sont per&#231;us comme violents et intrusifs dans les cultures am&#233;rindiennes o&#249; l'on &#233;vite plut&#244;t le croisement des regards. En groupe, j'ai remarqu&#233; que les personnes posaient souvent leur regard au centre ou alors sur la ligne d'horizon. Edward Hall d&#233;crit bien cette politesse du regard qui se pose sur la ligne d'horizon, juste au-dessus de l'&#233;paule de la personne &#224; qui l'on parle. Ce type de regard est non seulement moins intrusif, mais il permet de percevoir &#233;tonnamment mieux la tonalit&#233; &#233;nerg&#233;tique de l'autre et ainsi de mieux s'accorder (Hall, 1997, p. 126-128). Apr&#232;s un l&#233;ger temps de surprise et d'adaptation, je me suis senti tr&#232;s &#224; l'aise dans ces contextes traditionnels avec des ain&#233;s, lors des c&#233;r&#233;monies ou encore en vivant en for&#234;t. Sans fixer son regard dans les yeux des autres, sans concentrer l'&#233;coute sur les seuls mots, on devient sensible &#224; la globalit&#233; du groupe et du monde. C'est ainsi qu'un groupe d'une dizaine de personnes, profitant d'une belle soir&#233;e d'&#233;t&#233; en partageant des histoires et des plaisanteries, glisse imperceptiblement dans le silence, appr&#233;ciant la magie du soleil couchant. Ou encore, c'est ainsi que le montage d'un campement ou le d&#233;part pour la chasse s'organise, sans que personne ne donne d'ordres, ni que personne ne pose de questions. On bouge &#171; comme un banc de poissons &#187; &#233;crit l'&#233;ducateur Ojibway Wilfred Pelletier.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Je l'appellerais une &#171; conscience collective &#187;. Ce type de soci&#233;t&#233;&#769; peut exister, fonctionner et r&#233;soudre tous ses probl&#232;mes sans signaux d'aucune sorte, tel un banc de poissons. Sans crier gare, vous les voyez qui changent de direction ; ils se d&#233;placent ensemble. Voil&#224;&#768; exactement la fa&#231;on dont la plupart des collectivit&#233;s indiennes fonctionnent. (Pelletier, 1985, p. 56)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette mani&#232;re circulaire et globale de voir et d'&#233;couter constitue un mode de perception vital depuis des mill&#233;naires au sein de soci&#233;t&#233;s dont le mode de subsistance est li&#233; &#224; la chasse et &#224; la cueillette.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; En premier lieu, il faut savoir que vivre dans le bois, s'y d&#233;placer, y chercher sa subsistance demande au chasseur de faire attention &#224;&#768; beaucoup de choses, d'indications qui peuvent &#233;chapper au premier regard. Cela demande d'&#234;tre a&#768; l'&#233;coute de son environnement et aussi de soi-m&#234;me. C'est pour &#231;a que les r&#234;ves sont tr&#232;s importants pour nous. (Pilot G., 1985, p. 37.)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour mes amis Innus et Atikamekw du nord du Qu&#233;bec, il est &#233;vident que lorsqu'on est en difficult&#233; ou en questionnement, il est bon d'aller dans le bois, &#233;ventuellement s'assoir sous un arbre pour laisser venir une r&#233;ponse. Assis au bord d'un lac &#224; l'aube ou marchant en silence dans les for&#234;ts, ce mode d'attention globale produit un &#171; oubli de soi &#187; et une fusion r&#233;g&#233;n&#233;ratrice dans la beaut&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Le monde naturel peut vous d&#233;barrasser de vos poisons au point que votre curiosit&#233; l'emporte et que &#171; vous &#187;, l'accumulation des blessures et du d&#233;sespoir, n'existez plus. Pendant des heures d'affil&#233;e, le monde imm&#233;diat efface toute conscience de soi. Vous &#234;tes plus intens&#233;ment le mammif&#232;re sous l'habit de la culture, derri&#232;re la civilisation. (Harrison 2003, p. 42)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Des cercles de paroles pour une compr&#233;hension interculturelle de l'&#233;coformation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment apprendre des cultures premi&#232;res ? Comment entrer en dialogue avec cette vision du monde pour retrouver un rapport sensible avec le monde ? Pour avancer sur ces questions, j'ai d&#233;velopp&#233; une d&#233;marche de formation interculturelle &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Rimouski. La d&#233;marche s'appuie sur le partage d'exp&#233;rience d'&#233;coformation en groupe interculturel (Galvani, 2005, 2015). Ces &#233;changes s'inspirent aussi des pratiques am&#233;rindiennes du cercle de paroles. Dans un cercle de paroles, chacun est invit&#233; &#224; partager sa perception du r&#233;el dans le respect de la pluralit&#233; des points de vue. Chaque position sur le cercle offre un point de vue original et unique, mais aucun des points de vue ne peut pr&#233;tendre &#224; &#233;puiser le r&#233;el et chacun a besoin de comprendre l'ensemble des autres points de vue sur le cercle pour avoir une vision globale. Dans un cercle de paroles, celui qui s'exprime n'est jamais interrompu et peut aller au bout de sa pens&#233;e. Le cercle de paroles est un dialogue. Le mot dialogue &#233;voque un flot de sens (logos) qui s'&#233;coule entre et &#224; travers les participants (dia). Comme le souligne David Bohm, le dialogue n'est pas un &#171; d&#233;bat &#187; ou une &#171; discussion &#187;, puisque ces mots &#233;voquent l'affrontement et la percussion. Le dialogue implique une libert&#233; d'exploration et d'&#233;change qui accepte tous les horizons de sens possibles (Bohm, 2021).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, ce qui est en jeu c'est la prise de conscience de ce qu'on appelait autrefois la &#171; nature &#187;, c'est-&#224;-dire cette puissance sauvage et myst&#233;rieuse de transformation permanente qui auto-organise la vie &#224; travers nos corps/esprit dans la toile interconnect&#233;e du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux ateliers interculturels pour explorer l'&#233;coformation par le feu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'exploration de l'&#233;coformation avec l'&#233;l&#233;ment feu, nous avons pu r&#233;aliser deux ateliers interculturels, l'un au Qu&#233;bec et l'autre au Mexique, qui rassemblaient des participants d'origine autochtone (Atikamekw, Innus, Huichols), qu&#233;b&#233;coise, mexicaine et fran&#231;aise. L'atelier consiste &#224; solliciter une s&#233;rie de petits r&#233;cits d&#233;crivant des souvenirs d'exp&#233;riences intenses et formatrices (ka&#239;ros). Ces descriptions assez courtes peuvent ensuite &#234;tre partag&#233;es oralement pour ouvrir un temps de dialogue et de co-analyse en groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#171; atelier des ka&#239;ros &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;marche de cet atelier des ka&#239;ros sera pr&#233;sent&#233; dans la section 3.2 de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; permet de prendre conscience de nos exp&#233;riences signifiantes puis de les d&#233;crire pour les comprendre en dialogue (Galvani 2020). En voici les principaux objectifs :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Recueillir des descriptions des processus d'&#233;coformation v&#233;cus ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Explorer le point de vue des personnes participantes, sur la mani&#232;re dont les &#233;l&#233;ments naturels ont &#233;t&#233; formateurs ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comprendre les dimensions historiques et socioculturelles qui conditionnent nos rapports &#233;coformateurs (ici &#224; l'&#233;l&#233;ment feu) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Explorer le passage d'une vision culturellement ethno-centr&#233;e &#224; une ouverture transculturelle, dans la perspective de l'&#233;mergence d'une identit&#233; terrienne.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L'atelier commence par un premier temps de r&#233;flexivit&#233; personnelle. Chacun est invit&#233; &#224; laisser remonter des souvenirs de moments significatifs v&#233;cus en relation avec le feu ou le soleil. Les personnes sont invit&#233;es &#224; prendre le temps de revivre ce moment en s'appuyant sur leur m&#233;moire sensorielle. Il s'agit de re-vivre (re-voir, re-sentir, r&#233;-entendre). Ensuite chacun d&#233;crit simplement le d&#233;roulement du moment &#224; partir de cette posture d'&#233;vocation ancr&#233;e dans la m&#233;moire sensorielle (Vermersch, 2011). Le troisi&#232;me temps de l'atelier est l'entr&#233;e en dialogue par le partage des r&#233;cits des ka&#239;ros. Progressivement, le dialogue ouvre l'inter-compr&#233;hension des exp&#233;riences personnelles et des imaginaires culturels de l'&#233;coformation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La piste de la complexit&#233; une m&#233;thode transdisciplinaire d'&#233;cologisation universitaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La seconde piste s'est ouverte par la demande de l'Universit&#233; Arkos au Mexique, en 2006, qui souhaitait mettre en pratique la m&#233;thode transdisciplinaire et l'&#233;pist&#233;mologie de la complexit&#233; (Morin, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une recherche-action avec l'Universit&#233; Arkos de Puerto Vallarta au Mexique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre au d&#233;fi de cette demande, nous avons propos&#233; de cr&#233;er un groupe de recherche-action incluant des enseignants, des &#233;tudiants et des dirigeants de l'Universit&#233; Arkos. Une vingtaine de personnes s'est alors r&#233;uni chaque semaine pour exp&#233;rimenter des pratiques de formation r&#233;flexive et pour s'approprier les principes centraux de la pens&#233;e complexe d'Edgar Morin. Chaque s&#233;ance visait &#224; exp&#233;rimenter des pratiques int&#233;grant ces principes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Le principe d'auto-&#233;co-socio-r&#233;-organisation syst&#233;mique : le principe de r&#233;-introduction du sujet connaissant dans toute connaissance est n&#233;cessaire pour inclure la r&#233;flexivit&#233; du sujet sur ses interd&#233;pendances avec l'environnement social et naturel.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le principe hologrammatique : le tout est dans la partie comme la partie est dans le tout.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le principe dialogique d'interd&#233;pendance des couples de contradictoires antagoniques et compl&#233;mentaires.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Nous faisions l'hypoth&#232;se que le d&#233;veloppement d'un nouveau paradigme de pens&#233;e fond&#233;e sur la complexit&#233; d&#233;velopperait une &#233;thique de l'implication des sujets dans leur interaction avec la soci&#233;t&#233; autant qu'avec l'environnement naturel plan&#233;taire (Morin Motta et Ciurana, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de cette phase de sensibilisation, le groupe de recherche-action avec la direction de l'universit&#233; a d&#233;cid&#233; d'exp&#233;rimenter un nouveau curriculum pour leurs cinq licences : droit, &#233;conomie, gestion, communication, commerce international. Nous avons repris l'id&#233;e de la &#171; dime transdisciplinaire &#187; propos&#233;e par Edgar Morin : environ dix pour cent du temps de chaque licence a &#233;t&#233; mutualis&#233; dans un nouveau cours, &#171; le s&#233;minaire de m&#233;moire &#187; qui rassemble les &#233;tudiants et professeurs de toutes les disciplines (Galvani, 2008 ; Espinosa Martinez et Galvani, 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transdisciplinarit&#233; complexit&#233; et &#233;coformation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;minaire de m&#233;moire s'appuie sur les principes d'une recherche-action :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Chaque &#233;tudiant est invit&#233; &#224; pr&#233;senter dans le groupe des probl&#233;matiques &#233;co-psycho-sociales concr&#232;tes qu'il a observ&#233;es dans son milieu de vie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ces probl&#233;matiques sont ensuite travaill&#233;es par des groupes de cinq personnes issues des diff&#233;rentes disciplines.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans ces sous-groupes, chacun peut poursuivre sa propre recherche qui aboutira &#224; un m&#233;moire personnel. Chaque participant doit cependant construire chacune des &#233;tapes de sa recherche (probl&#233;matique, collecte des donn&#233;es et analyse) en dialogue avec les diverses disciplines pr&#233;sentes dans son groupe (et avec des repr&#233;sentants d'autres disciplines pertinentes pour son sujet d'&#233;tude). Par exemple, lorsqu'il s'agit d'analyser la probl&#233;matique du d&#233;veloppement du tourisme dans le centre historique de la ville, il ne suffit pas d'interroger le droit, l'&#233;conomie, le tourisme et la communication ; il faut aussi trouver des repr&#233;sentants des savoirs populaires traditionnels qui ont fait de ces lieux le centre de la vie culturelle locale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; En dialogue r&#233;flexif, le groupe identifie les points forts de chaque discipline qui permettent d'&#233;clairer la probl&#233;matique, mais aussi les points aveugles de chacune d'elles. Le groupe recherche aussi des expertises dans les disciplines philosophiques, artistiques ainsi que dans les savoirs populaires ou traditionnels.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience a produit une &#233;cologisation de la formation universitaire en reliant les savoirs et la vie (Galvani, 2008 ; Espinosa Martinez et Galvani, 2014). Lorsqu'on analyse les m&#233;moires produits &#224; partir de ce s&#233;minaire transdisciplinaire, on constate que les probl&#233;matiques int&#232;grent des r&#233;alit&#233;s sociales et &#233;cologiques. Il ne s'agit donc plus de probl&#232;mes sp&#233;cialis&#233;s relevant de la logique interne d'une discipline. La dimension environnementale est beaucoup plus fr&#233;quente et surtout, elle se retrouve dans toutes les disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La piste de l'&#233;tude des pratiques d'&#233;coformation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me piste a &#233;merg&#233; de plusieurs programmes d'&#233;tudes des pratiques o&#249; des personnes t&#233;moignaient de la transformation de leurs modes de vie avec des pratiques alternatives engag&#233;es dans la transition &#233;cologique. Ainsi, quelques &#233;tudes sociologiques (encore trop peu nombreuses) montrent qu'en France, 15 &#224; 20 % des personnes exp&#233;rimentent de nouveaux modes de vie alternatifs (Ray et Anderson, 2001 ; Michel, 2007 ; Vitalis, 2016). Les travaux les plus r&#233;cents soulignent l'augmentation et l'acc&#233;l&#233;ration de ces transformations avec la crise du covid et les situations de confinements (Viard, 2021).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude profonde engendr&#233;e par le contexte &#233;cologique plan&#233;taire, dont le d&#233;r&#232;glement climatique et les extinctions de masse, impacte profond&#233;ment les dynamiques contemporaines d'autoformation. Se former dans un tel monde en crise implique n&#233;cessairement une r&#233;flexion &#233;co-formatrice pour inventer de nouvelles relations alternatives au monde vivant. Autrement dit, il est aujourd'hui impossible de mettre sa vie en forme et en sens sans se questionner sur son rapport au monde naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses pratiques anciennes ou nouvelles sont aujourd'hui adopt&#233;es comme des voies de (re)connexion au monde vivant : la marche et l'itin&#233;rance sensible (Bischoff, 2021), l'int&#233;r&#234;t pour les pratiques et sagesses des peuples premiers (Starhawk, 2021 ; Van Igen, 2021), les pratiques contemplatives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article &#171; La contemplation dans l'&#233;coformation &#187; de Michel Vidal dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le jardinage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment les Rendez-vous du Carnet de voyage &#224; l'adresse :&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la permaculture (Thouroude et Cavarec, 2021), la peinture en plein air, le carnet de voyage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;, l'herborisation et l'identification naturaliste etc.[ Ces r&#233;f&#233;rences sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;[.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Toutes ces pratiques, et mille autres, commencent par une sensibilit&#233; exacerb&#233;e aux autres mani&#232;res d'&#234;tre vivant, et par un animisme serein qui prend la forme d'une hypoth&#232;se de travail sans amphigurie mystique : les autres &#234;tres vivants ne sont pas des choses, ils sont des centres d'agir et de p&#226;tir, ils sont des points de vue tiss&#233;s et agissant sur le monde suivant leur propre normes, ils sont des &#234;tres &#224; deux faces, au sens minimal o&#249; ils ont quelque chose comme un dedans au-dedans, ils ont des int&#233;r&#234;ts m&#234;me si leur dedans et leurs int&#233;r&#234;ts ne sont pas pensables sur le m&#234;me mode que les n&#244;tres. (Morizot, 2018, p. 157-158)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le concept d'&#233;coformation permet d'ouvrir une exploration de ces pratiques pour conscientiser, nommer, d&#233;crire et socialiser les nouveaux savoirs et les nouvelles relations au monde vivant dont elles sont porteuses. Il reste encore &#224; d&#233;velopper des recherches pour identifier les conditions et les mani&#232;res de faire qui rendent ces pratiques &#233;coformatrices. Dans son livre &#171; La piste animale &#187;, Morizot pr&#233;sente par exemple sa pratique du pistage.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Le pistage est probablement une voie d'acc&#232;s &#224; l'&#233;cosensibilit&#233; mutil&#233; par l'&#171; extinction de l'exp&#233;rience &#187; : notre perte de sensibilit&#233; et de savoir &#224; l'&#233;gard du vivant. (&#8230;) L'&#233;co sensibilit&#233; passe par des exp&#233;riences qui consiste &#224; repeupler des espaces vid&#233;s par les pr&#233;sences qui les constituent, les habitent, se lient les unes aux autres, et &#224; soi. L'art du pistage revient &#224; faire lever les peuples invisibles qui habitent avec nous ce monde, en d&#233;cryptant les indices visibles. (Morizot 2018, p. 139-140)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Morizot propose par exemple de d&#233;sarticuler &#171; le pistage de l'acte de pr&#233;dation &#187; pour qu'il devienne une certaine &#171; forme de l'attention &#187; (Morizot 2018-142). Il est int&#233;ressant de noter que pour devenir une voie d'&#233;cosensibilit&#233;, le pistage n'est plus un moyen au service d'une intention pr&#233;cise. Le pistage est pratiqu&#233; pour lui-m&#234;me, et pour les transformations attentionnelles qu'il produit. On retrouve ici la qualit&#233; d'attention non-intentionnelle d&#233;j&#224; identifi&#233;e dans les ka&#239;ros d'auto-&#233;co-formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une recherche-action sur les pratiques d'&#233;cole en for&#234;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le secteur de l'&#233;ducation, on a vu &#233;merger les pratiques &#171; d'&#233;cole dehors &#187; ou &#171; d'&#233;cole en for&#234;t &#187;. Elles ont &#233;t&#233; fortement m&#233;diatis&#233;es avec le traumatisme des p&#233;riodes de confinement de la pand&#233;mie de covid. Pour explorer ces nouvelles pratiques et ce qu'elles produisent comme transformations chez les enseignants et les &#233;l&#232;ves, une recherche-action participative a &#233;t&#233; initi&#233;e par le r&#233;seau fran&#231;ais d'&#233;ducation a&#768; la nature et a&#768; l'environnement (FRENE)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir aussi &#224; ce sujet l'article de Marie-Laure Girault dans ce num&#233;ro et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J'ai eu la chance de contribuer comme conseiller m&#233;thodologique du groupe de recherche-action de Loz&#232;re qui rassemblait des enseignants et des animateurs nature (Girault et Galvani 2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;tudier comment ces nouvelles pratiques ont transform&#233; les gestes professionnels, les strat&#233;gies p&#233;dagogiques et les postures, nous avons adopt&#233; la m&#233;thode de recherche-formation-exp&#233;rientielle bas&#233;e sur les ka&#239;ros (Galvani, 2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;thode est fond&#233;e sur une approche compr&#233;hensive de l'exp&#233;rience v&#233;cue. L'exp&#233;rience est ici con&#231;ue comme une source de connaissance originale et autonome.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; L'action constitue une connaissance (un &#171; savoir-faire &#187;) autonome, dont la conceptualisation ne s'effectue que par prises de conscience ult&#233;rieures. (Piaget, 1974, p. 231-232).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;tudier une pratique innovante et in&#233;dite qui doit s'inventer en situation, il est n&#233;cessaire de l'explorer comme un processus d'auto-formation par l'exp&#233;rience. L'orientation fondamentale de la d&#233;marche est celle de l'&#233;tude r&#233;flexive des pratiques cr&#233;atives des participants (Desroche, 1990). Dans la mesure ou&#768; les pratiques d'&#233;cole dans la nature sont des exp&#233;rimentations innovantes, les enseignants qui r&#233;ussissent a&#768; les mettre en &#339;uvre en ont une &#171; compr&#233;hension en acte &#187; (Piaget, 1974). L'enjeu de la recherche-action est d'accompagner les participants a&#768; r&#233;fl&#233;chir, d&#233;crire et analyser collectivement leurs r&#233;ussites en action pour leur permettre de comprendre ce qui a fonctionn&#233;, puis de formuler une premi&#232;re th&#233;orie issue de l'exp&#233;rience (Desroche, 1990 ; Scho&#776;n, 1994). On passe de la r&#233;ussite en action a&#768; la compr&#233;hension en pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; R&#233;ussir, c'est comprendre en action une situation donn&#233;e a&#768; un degr&#233;&#769; suffisant pour atteindre les buts propos&#233;s, et comprendre c'est r&#233;ussir a&#768; dominer en pens&#233;es les m&#234;mes situations jusqu'&#224;&#768; pouvoir r&#233;soudre les probl&#232;mes qu'elles posent quant au pourquoi et aux comment des liaisons constat&#233;es et par ailleurs utilis&#233;es dans l'action. (Piaget, 1974, p. 190)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, la recherche accompagne le passage d'un savoir d'action tacite et implicite a&#768; un savoir explicite qui peut &#234;tre transf&#233;rable (Vermersch, 2011). Pour comprendre comment les enseignants ont r&#233;ussi a&#768; cr&#233;er l'&#233;cole dans la nature, nous avons recentre&#769; la r&#233;flexion sur les moments d&#233;cisifs (ka&#239;ros) dans lesquels ils ont su faire &#171; le bon geste au bon moment &#187; (Galvani, 2020). Il s'agit de d&#233;crire &#171; l'autoformation exp&#233;rientielle &#187; des enseignants a&#768; l'&#233;cole dans la nature. C'est un changement de paradigme par rapport au mod&#232;le technologique des &#171; sciences appliqu&#233;es &#187; pour lesquelles la pratique est une simple application de th&#233;ories ou des principes g&#233;n&#233;raux. Ici, la pratique est au contraire vue comme une source autonome de connaissance (Piaget, 1974) parce qu'elle est un &#171; savoir faire face imm&#233;diat &#187; (Varela, 2004) d'o&#249; &#233;merge une intelligence de l'agir (Galvani, 2020) pour r&#233;pondre a&#768; des situations impr&#233;visibles et in&#233;dites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode de recueil de donn&#233;es s'est construite en croisant la m&#233;thode du journal de recherche-action (Barbier, 1996) avec la m&#233;thode d'&#233;tude des ka&#239;ros (Galvani, 2020). Le journal de recherche-action que nous appellerons le journal de pratiques r&#233;flexives comporte trois &#233;tapes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le journal de bord : c'est le journal personnel et prive&#769; de chaque participant. Chacun est invite&#769; a&#768; prendre des notes librement lors de chaque journ&#233;e d'&#233;cole dans la nature.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le journal &#233;labor&#233; : c'est le journal partage&#769; dans le groupe de recherche ; il est compose&#769; d'extraits du journal augment&#233;s par des r&#233;flexions de chaque personne sur sa pratique et sur les effets observ&#233;s chez les enfants. Pour faciliter le travail, il a &#233;t&#233; demande&#769; a&#768; chacun de choisir trois moments d&#233;cisifs (ka&#239;ros) particuli&#232;rement signifiants pour la pratique et trois effets sp&#233;cifiques observ&#233;s chez les enfants.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le journal commente&#769; : c'est le journal final publie&#769; dans le rapport de recherche-action ; les participants peuvent encore affiner leurs r&#233;flexions apr&#232;s les &#233;changes et l'analyse de contenus collaborative r&#233;alis&#233;e en groupe.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le premier niveau d'analyse des donn&#233;es est individuel avec le journal de pratiques r&#233;flexives. Le second niveau d'analyse des journaux est r&#233;alis&#233; en groupe de mani&#232;re dialogique. Les journaux &#233;labor&#233;s sont lus et &#233;tudi&#233;s en groupe de recherche-action. Plusieurs lectures collectives permettent de lister les th&#233;matiques, constituer les cat&#233;gories d'analyse par une co-analyse inductive collective. Les r&#233;flexions crois&#233;es des enseignants et des animateurs sur les pratiques des uns et des autres permettent aussi a&#768; chacun de conscientiser et de r&#233;v&#233;ler les savoirs implicites qui sont mis en &#339;uvre dans cette pratique de l'&#233;cole dans la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude des ka&#239;ros d'autoformation par les participants a montr&#233; que la pratique d'&#233;cole dehors implique un l&#226;cher-prise par rapport &#224; l'habitude de contr&#244;le des situations p&#233;dagogiques et &#224; l'&#233;mergence de nouveaux gestes pour &#171; faire avec l'&#233;mergeant &#187;. L'ensemble de ces nouveaux gestes a aussi progressivement transform&#233; les postures et l'identit&#233; professionnelle des enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'atelier des ka&#239;ros d'&#233;coformation une exploration des nouveaux modes de connexion au monde vivant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rentes exp&#233;riences sont bas&#233;es sur la m&#233;thode de recherche-formation-exp&#233;rientielle qui utilise &#171; l'atelier des ka&#239;ros &#187; (Galvani, 2020). Le ka&#239;ros est une notion du grec ancien qui d&#233;signe le &#171; moment opportun et d&#233;cisif &#187;. C'est l'occasion, le &#171; bon moment &#187;, qui ne peut &#234;tre per&#231;u et appr&#233;hend&#233; que dans la pr&#233;sence &#224; l'instant, par le bon geste au bon moment. Cette capacit&#233; &#224; percevoir le moment opportun est reli&#233;e &#224; l'intelligence pratique (la m&#232;tis), qui s'&#233;labore dans l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un exemple d'atelier des ka&#239;ros d'&#233;coformation&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atelier des ka&#239;ros peut &#234;tre utilis&#233; pour explorer et comprendre les processus d'&#233;coformation. Pour ouvrir un atelier de ka&#239;ros d'&#233;coformation, il suffit de poser des questions comme :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Quelles ont &#233;t&#233; mes exp&#233;riences formatrices les plus intenses en lien avec le monde naturel, le monde vivant ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quels ont &#233;t&#233; les milieux, les r&#233;gions, les types d'environnement qui ont accompagn&#233; mon autoformation ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quels ont &#233;t&#233; les animaux, les plantes, les min&#233;raux, les &#233;l&#233;ments qui ont le plus favoris&#233; ma formation ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L'atelier des ka&#239;ros se d&#233;roule en cinq &#233;tapes principales :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; n&#233;gociation du th&#232;me et contractualisation des conditions du partage dans l'atelier : s'accorder sur le th&#232;me et sur les conditions de r&#233;alisations, d'&#233;changes, de confidentialit&#233;, etc. ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; recueillement r&#233;flexif et prise de conscience des moments pertinents : un temps pour laisser remonter le souvenir des exp&#233;riences les plus d&#233;cisives, intenses ou signifiantes en lien avec le th&#232;me choisi ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; prise de conscience et description ph&#233;nom&#233;nologique des ka&#239;ros d'auto-&#233;co-formation exp&#233;rientielle : prendre le temps de d&#233;crire ph&#233;nom&#233;nologiquement &#224; partir d'une posture d'&#233;vocation o&#249; l'on &#171; revit &#187; le moment en s'appuyant sur la m&#233;moire concr&#232;te ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; compr&#233;hension des ka&#239;ros par co-interpr&#233;tation dialogique : comprendre en quoi et comment les exp&#233;riences des ka&#239;ros partag&#233;es sont des sources d'apprentissages pour la personne qui les a v&#233;cues, mais aussi pour ceux qui l'&#233;coutent ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; production de savoirs personnels : synth&#233;tiser les apprentissages et les prises de conscience issus de l'atelier oralement ou par &#233;crit : la production de savoirs &#224; partir de l'atelier des ka&#239;ros peut aller plus loin et donner lieu &#224; un &#233;crit, un essai, un m&#233;moire ou un ouvrage personnel ou collectif. Dans ce cas, la production des savoirs se fait en reliant les savoirs issus de la r&#233;flexion sur l'exp&#233;rience &#224; des savoirs th&#233;oriques issus des sciences, de l'art ou de la philosophie.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La description ph&#233;nom&#233;nologique d'une exp&#233;rience est un r&#233;cit qui vise id&#233;alement &#224; d&#233;crire compl&#232;tement une exp&#233;rience, mais rien que cette exp&#233;rience v&#233;cue. Cela signifie que dans une description ph&#233;nom&#233;nologique on doit trouver les perceptions, les gestes et les actions, les &#233;motions v&#233;cues dans l'instant et les r&#233;flexions dans l'action. Alors qu'on devra &#233;viter d'y ajouter les r&#233;flexions a posteriori, les jugements et autres &#233;l&#233;ments qui n'&#233;taient pas v&#233;cus lors de l'exp&#233;rience elle-m&#234;me, dans le v&#233;cu de r&#233;f&#233;rence. La pratique ph&#233;nom&#233;nologique est ici envisag&#233;e comme d&#233;marche pratique de prise de conscience et de description du v&#233;cu de l'exp&#233;rience (Depraz, Varela et Vermersch, 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une pr&#233;sence globale au c&#339;ur des ka&#239;ros d'&#233;coformation&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploration des moments d'&#233;co-formation dans un groupe de recherche-formation est en soi un moment tr&#232;s intense. Elle r&#233;v&#232;le la richesse et la subtilit&#233; des ka&#239;ros qui sont des concentr&#233;s de sens. Ceux-ci condensent les diff&#233;rents niveaux de la pertinence pratique, de la compr&#233;hension rationnelle et de la symbolique existentielle de la formation (Galvani, 2020). Dans les ka&#239;ros, la pr&#233;sence imm&#233;diate &#224; l'&#233;v&#233;nement ouvre une forme de contemplation r&#233;ceptive aux r&#233;sonances de l'exp&#233;rience vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception moderne dominante inaugur&#233;e par le cogito ego sum de Descartes est une conception de l'individu fond&#233;e sur la permanence de l'identit&#233; du sujet, la s&#233;paration corps/esprit et la s&#233;paration avec l'environnement. Cette conception m&#233;canique de l'individu substantiellement identifi&#233; au &#171; moi &#187; est la caract&#233;ristique de ce qu'Augustin Berque nomme le &#171; paradigme occidental moderne classique &#187; (POMC) qui, d'une part, absolutise le sujet individuel en tant que moi conscient ind&#233;pendant du corps et de l'environnement et d'autre part, fait de l'environnement un objet, des ressources &#224; exploiter (Berque, 2000). L'exploration des ka&#239;ros d'&#233;coformation nous montre au contraire que le soi &#233;merge d'une interd&#233;pendance de soi et du monde qui se renouvelle &#224; chaque instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploration des instants d&#233;cisifs, cr&#233;ateurs, signifiants qui &#233;mergent au c&#339;ur de nos pratiques quotidiennes nous r&#233;v&#232;le une transformation de nos modes d'attention habituelle. L'analyse des entrevues d'explicitation et des r&#233;cits ph&#233;nom&#233;nologiques d'auto explicitation de ces micro-moments nous montre une suspension de la focalisation intentionnelle de l'attention qui est le mode de l'attitude courante o&#249; la conscience ne per&#231;oit que ce qui est pertinent pour la r&#233;ussite des intentions du sujet. Au c&#339;ur des instants cr&#233;ateurs, c'est une autre forme d'attention, globale et non s&#233;lective, que j'appelle attention non intentionnelle et qui se rapproche des descriptions ph&#233;nom&#233;nologiques des pratiques de m&#233;ditation et de transe hypnotique (Roustang 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ka&#239;ros est une exp&#233;rience reli&#233;e au monde dans l'imm&#233;diatet&#233; du pr&#233;sent par l'attention non intentionnelle. Cette intelligence de l'agir n'est pas situ&#233;e dans le moi conscient mais circule entre le soi global et son environnement. On en retrouve un &#233;cho dans les travaux sur l'hypnose de Fran&#231;ois Roustang.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; L'acc&#232;s &#224; un comportement ad&#233;quat ou &#224; un geste qui r&#233;concilie, implique le passage d'un type de perception &#224; un autre, de la perception des &#234;tres et des choses, dans la ma&#238;trise et l'objectivit&#233;, &#224; une perception de tout &#224; la fois, &#224; sentir partout &#224; la fois, qui emporte le sujet dans l'objet et par lequel l'objet constitue &#224; nouveau le sujet sans qu'il ait &#224; savoir comment et pourquoi. S'il le savait d'un savoir distanci&#233; et explicite, il ne pourrait pas se laisser mouvoir dans le cours des choses. Or le passage d'un mode de perception &#224; l'autre ne peut se faire que par la c&#233;cit&#233; de la conscience r&#233;fl&#233;chissante et par la dissolution du vouloir. (Roustang, 2004, p. 77)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette suspension de l'intention n'est pas un refoulement ou une disparition totale. Mais la conscience intentionnelle suspendue n'est plus exclusive, ses fronti&#232;res deviennent floues et poreuses, dans une sorte de l&#233;g&#232;re dissolution, et elle se trouve int&#233;gr&#233;e dans une conscience plus vaste qui ne distingue plus de fronti&#232;re entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur. Au c&#339;ur du ka&#239;ros, les sujets sont capables de d&#233;crire intens&#233;ment et pr&#233;cis&#233;ment ce qui se passe dans l'environnement tout autant que les mouvements les plus subtils et les plus profonds de leur activit&#233; corporelle et psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dessin en plein air : &#171; se laisser traverser par le monde &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une vingtaine d'ann&#233;es, la pratique du croquis en plein air comme moyen de se connecter &#224; son milieu de vie se d&#233;veloppe fortement via les r&#233;seaux sociaux. En 2004, le dessinateur Enrico Casarosa lance l'id&#233;e de &#171; marathon de croquis &#187; ; cette pratique s'est ensuite d&#233;velopp&#233;e avec le r&#233;seau mondial &#171; urban sketchers &#187; (Campanario, 2015). D'autres r&#233;seaux se sont form&#233;s en croisant les pratiques de la randonn&#233;e et de l'aquarelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut facilement trouver sur internet les productions de ces r&#233;seaux avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, j'ai commenc&#233; la pratique du dessin et de l'aquarelle en milieu naturel au Qu&#233;bec il y a une dizaine d'ann&#233;es. En approfondissant cette pratique, je r&#233;alise combien elle est une voie de connexion au monde vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique du dessin en pleine nature suppose un temps d'errance pour choisir un point de vue sur le paysage. Lorsque l'on se sent attir&#233; par un sujet, il reste encore &#224; s'installer, &#224; prendre le temps de se laisser absorber avant de toucher un crayon ou un pinceau. Puis, en dessinant, l'intensit&#233; de l'attention produit une suspension du discours int&#233;rieur et une absorption dans le monde. M&#234;me les mots disparaissent. Ce n'est plus un &#171; ch&#234;ne &#187; que je regarde, ni m&#234;me un &#171; arbre &#187; mais un &#234;tre singulier avec son mouvement, ses formes, ses lumi&#232;res, ses densit&#233;s. Les pens&#233;es discursives, avec lesquels l'esprit d&#233;coupe le r&#233;el s'estompent et s'effacent. Alors, l'esprit entre en silence et peut se laisser absorber et traverser par la pr&#233;sence du monde.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Avec cet &#234;tre arbre, je suis rest&#233; un long moment en silence, immerg&#233; dans les sons des feuilles, du vent, des oiseaux ou de l'eau qui coure entre les rochers. Cet arbre existe vraiment ! Ce n'est pas &#171; un &#187; arbre mais un &#234;tre singulier dans ce lieu unique. Cet arbre existe vraiment, dans ce lieu, sur cette colline particuli&#232;re, dans ce vallon o&#249; je me suis promen&#233; et o&#249; je me suis assis immobile. Cet arbre-l&#224; avec ses branches, ses n&#339;uds dans l'&#233;corce et ses mousses, est une pr&#233;sence. Il a une mani&#232;re d'&#234;tre, une &#233;nergie, une influence. (Journal personnel de pratique)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, la pratique de l'aquarelle est un acc&#232;s au r&#233;el par la suspension, l'arr&#234;t des pens&#233;es discursives, le silence des mots qui d&#233;coupe le r&#233;el. C'est une absorption dans les formes les couleurs du monde. La pratique de l'aquarelle en plein air permet alors de s'&#233;veiller au monde. Par l'immersion prolong&#233;e, l'attention soutenue, la pr&#233;sence ouverte, les &#171; choses &#187; que l'on peint se r&#233;v&#232;lent comme des &#234;tres singuliers, des vivants qui nous observent. Le dessin est alors la r&#233;v&#233;lation d'une immersion dans la beaut&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Je suis rest&#233; assis immobile pendant plusieurs heures, afin de mieux absorber le paysage, ou plut&#244;t pour me laisser absorber par le paysage. Vous ne devenez pas le paysage, c'est lui qui devient vous. (Harrison, 2001, p. 136)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre Je suis ce que je vois, le peintre Alexandre Hollan t&#233;moigne de cette vision silencieuse d&#233;pouill&#233;e des savoirs accumul&#233;s qu'il nomme le &#171; regard vivant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Rester sur le m&#234;me dessin soir apr&#232;s soir : laisser travailler le temps. De suspension le regard se tourne lentement vers l'invisible. De suspension l'espace devient de plus en plus tactile, silencieux. La vue s'&#233;tale, comme une trame vivante qui se laisse impr&#233;gner de tout ce qui est l&#224;... Et quand tout trouve sa place juste, on a le sentiment d'&#234;tre au c&#339;ur des choses. (Hollan, 2022, p. 71)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le croquis en plein air est alors une des pratiques de l'attention qui nous ouvre au monde vivant.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Le monde autre qu'humain, le monde de la nature est habit&#233; par l'inconnu. Certains arbres sont des portes. (&#8230;) L'arbre existe sans moi. Devant l'arbre ma chance est d'entrer directement en contact avec l'inconnu, avec le &#171; pas moi &#187;. Cela donne un sentiment de libert&#233; &#187;. (Hollan, 2022, p, 40-41)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance des qualit&#233;s m&#233;ditatives du dessin et de la peinture en pleine nature n'est pas nouvelle, elle fait partie de la sagesse mill&#233;naire du tao&#239;sme et du zen dans les traditions sino-japonaises.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; La peinture chinoise est un espace o&#249; le silence int&#233;rieur du peintre et le silence de la Nature se confondent, s'identifient et s'&#233;l&#232;vent dans un Silence cosmique et m&#233;taphysique. L'esprit humain s'y trouve purifi&#233;, lib&#233;r&#233; de toutes les attaches au monde vulgaire et &#171; poussi&#233;reux &#187;. Le &#171; moi &#187; - au sens occidental du terme -, un moi en proie aux d&#233;sirs, aux passions et aux angoisses n'y existe pas. Un double refus du monde et du &#171; moi &#187;. (He Qing, 1999, p. 11)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le travail du peintre n'agit pas seulement sur l'ext&#233;rieur de ce qu'il produit mais aussi sur l'int&#233;rieur de son regard. Lorsqu'on reste longtemps dans cette attention &#224; la fois floue et concentr&#233;e que produit le dessin, le regard se d&#233;pouille de ses filtres. D'ailleurs, il ne s'agit pas seulement du regard ; il y a aussi le toucher, la sensation du sol sur lequel on est assis, de l'air sec ou humide, du vent, des sons, chants d'oiseaux, rivi&#232;res ou grillons&#8230; C'est une exp&#233;rience de fusion multisensorielle que Merleau-Ponty (1945) nomme la synesth&#233;sie et que Krishnamurti (1971) propose comme une attention globale de tous les sens en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusion : L'&#233;coformation, un concept heuristique pour accompagner l'&#233;mergence d'un &#171; soi &#233;cologique &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans nos soci&#233;t&#233;s urbanis&#233;es et mondialis&#233;es, l'influence de la socioformation via les d&#233;veloppements technologiques informatiques et m&#233;diatiques tend &#224; &#234;tre h&#233;g&#233;monique et &#224; refouler presque totalement l'&#233;coformation, qui se r&#233;alise par l'exp&#233;rience sensorielle du monde (Abram, 2013). En comprenant nos exp&#233;riences de formation avec les animaux, les plantes, les &#233;l&#233;ments et les milieux naturels, les pratiques et les recherches en &#233;coformation sont autant de mani&#232;res de sortir de cet &#171; inconscient &#233;cologique &#187; (Lani-Bayle et coll., 2014 ; Pineau, 2015 ; Schmutz-Brun, 2021). L'exploration de l'&#233;coformation permet de faire &#233;merger un &#171; soi &#233;cologique &#187; qui est constitu&#233; par nos multiples interd&#233;pendances avec l'environnement naturel et les mondes non-humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soi &#233;cologique n'est pas une &#171; nouveaut&#233; &#187;, il est au contraire une &#233;vidence depuis des mill&#233;naires pour de nombreux peuples premiers. L'&#233;mergence du soi &#233;cologique dans les soci&#233;t&#233;s post-modernes serait &#224; voir comme un changement de paradigme culturel tr&#232;s profond qui retrouve l'intuition de ces cultures premi&#232;res. Il appara&#238;t comme un d&#233;passement de l'identit&#233; individuelle du &#171; moi &#187; des soci&#233;t&#233;s occidentales modernes dont la source principale est la raison instrumentale qui conduit l'individu &#224; se concevoir comme une entit&#233; isol&#233;e, ponctuelle et d&#233;sengag&#233;e devant un monde objectiv&#233; et exploitable (Taylor, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les multi-crises &#233;cologiques, &#233;conomiques et politiques engendr&#233;es en particulier par la globalisation des march&#233;s, la question de l'autoformation est aujourd'hui li&#233;e &#224; celle de l'&#233;coformation. La mondialisation de la crise &#233;cologique appelle une m&#233;tamorphose de nos modes de vie dont nous n'avons encore ni la carte ni le mode d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect qui me semble le plus important dans l'&#233;mergence du concept d'&#233;coformation est sa dimension heuristique. Le terme d'&#233;coformation ouvre des perspectives fondamentales pour la transformation des personnes et plus largement, de l'imaginaire culturel des soci&#233;t&#233;s occidentales modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;coformation ouvre une br&#232;che dans le &#171; paradigme occidental moderne classique &#187; (Berque, 2000) qui est encore dominant dans la mondialisation &#233;conomique, technologique et m&#233;diatique. Dans cette vision, le monde naturel, la terre et tous les vivants &#171; non-humains &#187; sont consid&#233;r&#233;s comme des choses : mati&#232;res &#224; exploiter d&#233;pourvus d'int&#233;riorit&#233; et de sensibilit&#233; (Descola, 2005 ; Morizot, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles approches d&#233;multiplient l'utilisation du pr&#233;fixe &#171; &#233;co &#187; : &#233;cosophie, &#233;co-psychologie, &#233;co-sociologie, &#233;co-po&#233;tique, humanit&#233;s &#233;cologiques, etc. Elles r&#233;v&#232;lent de nouvelles visions alternatives dans les sciences, les arts et en philosophie, qui se d&#233;veloppent depuis les mouvements &#171; contre-culturels &#187; des ann&#233;es soixante (Morin, 2011). Avec les crises &#233;cologiques qui mettent en p&#233;ril l'habitabilit&#233; de la plan&#232;te, l'enjeu vital n'est rien moins que d'op&#233;rer une mutation de civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de cette large mouvance de r&#233;flexion et de cr&#233;ation de nouveaux concepts, celui d'&#233;coformation, en se situant dans les sciences de l'&#233;ducation et de la formation, apporte une originalit&#233; fondamentale : celle de l'articulation pratique-th&#233;orie. En ce sens, les travaux du groupe de recherche sur l'&#233;coformation articulent la recherche, l'action et la formation comme en t&#233;moignent les articles de ce num&#233;ro th&#233;matique. Ces travaux permettent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -* d'accompagner les prises de conscience des relations &#233;co-formatrices que chaque personne tisse avec ses propres environnements ;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; d'identifier les nouveaux savoirs, les nouveaux comportements, les nouveaux imaginaires sociaux issus des exp&#233;riences de transition &#233;cologique les plus avant-gardistes ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; de comprendre les processus d'&#233;coformation contemporains et les transformations de pratiques sociales qu'ils produisent ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; de d&#233;velopper des dispositifs de formation et des pratiques d'accompagnement de l'&#233;coformation tout au long de la vie.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Accompagner des personnes et des collectifs dans l'&#233;tude de leurs pratiques d'&#233;coformation permet de les formaliser et de les socialiser pour soutenir les transformations de mode de vie. L'apport heuristique majeure du concept d'&#233;coformation est probablement d'accompagner la transformation sociale sans imposer de mod&#232;les de comportements pr&#233;&#233;tablis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;Galvani P. (2022). R&#233;fl&#233;chir en groupe sur les pratiques : une m&#233;thode de recherche-action collaborative : quelles de&#769;marches ? quels gestes ? quels savoir-faire ? Dans Marie-Laure Girault et Pascal Galvani, Grandir avec la nature : exp&#233;riences d'&#233;cole dehors en Loz&#232;re. Edition. Re&#769;eL-CPIE de Loze&#768;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Galvani P., Pineau G. et Taleb M. (2015). Le feu v&#233;cu : exp&#233;riences de feux &#233;co-transformateurs. Paris : L'Harmattan, collection &#171; &#201;cologie et formation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Girault M.L. Galvani P. (2022). Grandir avec la nature : exp&#233;riences d'&#233;cole dehors en Loz&#232;re. &#201;dition : R&#233;eL-CPIE de Loz&#232;re.&lt;/p&gt;
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		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La d&#233;nomination des trois p&#244;les de la formation a &#233;volu&#233; au cours des recherches. Gaston Pineau a commenc&#233; par d&#233;gager le concept d'h&#233;t&#233;roformation pour d&#233;crire l'aspect dominant de l'environnement social. Par la suite, le terme de coformation a permis de rendre compte des exp&#233;riences de formation collaboratives non hi&#233;rarchiques. Pour caract&#233;riser l'influence de l'environnement socioculturel, j'ai choisi d'utiliser le pr&#233;fixe &#171; socio &#187;, qui permet d'inclure les deux aspects, h&#233;t&#233;ro et co.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet : Cottereau, 2017 ; Galvani et al., 2015 ; Pineau et al., 2005 ; Barbier et Pineau, 2001 ; Pineau, 2015 ;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La collection &#171; &#201;cologie et formation &#187; aux &#233;ditions l'Harmattan comporte actuellement dix-neuf titres. Voir &lt;a href=&#034;https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=collection&amp;no=270V&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=collection&amp;no=270V&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet les articles de Gaston Pineau et Dominique Cottereau dans ce volume.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La d&#233;marche de cet atelier des ka&#239;ros sera pr&#233;sent&#233; dans la section 3.2 de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article &#171; La contemplation dans l'&#233;coformation &#187; de Michel Vidal dans ce num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment les Rendez-vous du Carnet de voyage &#224; l'adresse : &lt;a href=&#034;https://www.rendezvous-carnetdevoyage.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rendezvous-carnetdevoyage.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;, l'herborisation et l'identification naturaliste etc.[ Ces r&#233;f&#233;rences sont indicatives. On pourrait citer de nombreuses autres activit&#233;s et publications.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir aussi &#224; ce sujet l'article de Marie-Laure Girault dans ce num&#233;ro et le rapport de recherche &lt;a href=&#034;https://reel48.org/grandir-avec-la-nature-en-lozere-le-film-et-louvrage&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://reel48.org/grandir-avec-la-nature-en-lozere-le-film-et-louvrage&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut facilement trouver sur internet les productions de ces r&#233;seaux avec les mots cl&#233;s : Sketch-Crawl, Marathon de croquis, Urban-sketchers, Rando-croquis, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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