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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>L'&#233;criture comme exp&#233;rience, l'&#233;crivant comme chercheur</title>
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		<dc:creator>Odile Chantelot</dc:creator>



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&lt;p&gt;Odile Chantelot, &#171; L'&#233;criture comme exp&#233;rience, l'&#233;crivant comme chercheur &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 20 | 2006, mis en ligne le 01 f&#233;vrier 2023, consult&#233; le 12 septembre 2023. URL : http://journals.openedition.org/edso/19729 ; DOI : https://doi.org/10.4000/edso.19729 &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la question du travail d'&#233;criture en atelier comme relevant ou pas d'un processus de socialisation d&#233;mocratique, cet article fait part d'une exp&#233;rience aupr&#232;s de personnes adultes issues de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Odile Chantelot, &#171; L'&#233;criture comme exp&#233;rience, l'&#233;crivant comme chercheur &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 20 | 2006, mis en ligne le 01 f&#233;vrier 2023, consult&#233; le 12 septembre 2023. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/19729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/edso/19729&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/edso.19729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/edso.19729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la question du travail d'&#233;criture en atelier comme relevant ou pas d'un processus de socialisation d&#233;mocratique, cet article fait part d'une exp&#233;rience aupr&#232;s de personnes adultes issues de l'immigration. Cet atelier se d&#233;roule au sein d'une association n&#238;moise de quartier : l'A.P.M.C.J. (Association pour la Promotion d'une Meilleure Citoyennet&#233; des Jeunes). Elle met &#224; la disposition des personnes plusieurs types de prestations et notamment des cours de fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;marche d'apprentissage de la langue se d&#233;veloppe autour de trois propositions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -* Un enseignement de la langue ax&#233; sur l'appropriation des r&#232;gles orthographiques et grammaticales, alternant exercices &#233;crits et oraux, le tout sanctionn&#233; par des &#233;valuations, &#224; la fr&#233;quence de cinq demi-journ&#233;es par semaine ;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Un atelier d'expression orale de deux heures tous les quinze jours ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Un atelier d'&#233;criture de deux heures par semaine.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les participants peuvent &#234;tre recens&#233;s dans les cat&#233;gories &#171; en cours d'alphab&#233;tisation &#187; et &#171; fran&#231;ais-langue &#233;trang&#232;re &#187;. Ils sont volontaires, n'ont aucune pression financi&#232;re qui les oblige &#224; fr&#233;quenter ces s&#233;ances, mais ils sont tenus de participer aux trois temps d&#233;crits ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour exposer ma r&#233;flexion sur l'&#233;criture en atelier comme processus de socialisation d&#233;mocratique, je poserai, dans un premier temps, des hypoth&#232;ses de travail tant en ce qui concerne le rapport &#224; la langue que ce qui serait une d&#233;finition du processus de socialisation d&#233;mocratique. Il s'agira ensuite de faire une lecture de la pratique de cet atelier &#224; travers la grille tress&#233;e par le croisement de ces hypoth&#232;ses. O&#249; nous verrons que si le travail d'&#233;criture en atelier peut contribuer au processus de socialisation d&#233;mocratique, cela ne peut &#234;tre que sous certaines conditions &#224; la fois de cadre et de posture.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Hypoth&#232;ses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;criture est une exp&#233;rience de langage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si apprendre une langue c'est, au prime abord, pour les participants vouloir soulager la question &#171; Comment vais-je faire pour communiquer ce que j'ai dans la t&#234;te ? &#187;, l'atelier d'&#233;criture d&#233;place cette interrogation vers &#171; Comment vais-je saisir le r&#233;el par le langage &#233;crit ? &#187;. Apprendre une langue n'est alors pas tant affaire d'enregistrement d'un code que mise en chantier d'une pens&#233;e au service de cette appr&#233;hension du r&#233;el. Cette mise en chantier de la pens&#233;e nous am&#232;ne alors &#224; nous frotter aux mots et &#224; entrevoir leur incapacit&#233; fondamentale &#224; traduire nos intentions. Face &#224; cette incapacit&#233;, il ne nous reste plus qu'&#224; explorer, faire des tentatives, pour nous donner les moyens de nous procurer &#171; autant de langages qu'il y a de d&#233;sirs &#187;, suivant la formule R. Barthes. C'est ce que nous appellerons faire des exp&#233;riences de langage. L'&#233;criture est alors un outil d'exploration du r&#233;el et son utilisateur l'explorateur, le chercheur. Il ne s'agit alors pas tant d'apprendre &#224; &#233;crire que d'&#233;crire pour apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le processus de socialisation d&#233;mocratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de socialisation d&#233;mocratique est un encha&#238;nement ordonn&#233; de faits qui aboutit &#224; un r&#233;sultat d&#233;termin&#233;. Ce r&#233;sultat d&#233;termin&#233; est l'int&#233;riorisation des divers &#233;l&#233;ments de la culture environnante et l'int&#233;gration dans la vie sociale. Qui plus est, ce processus se d&#233;roule par et avec l'adh&#233;sion du groupe au sein duquel il se d&#233;veloppe et ses participants sont des acteurs forts de pouvoir de d&#233;cision (le processus se fait avec eux et par eux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le travail d'&#233;criture que je propose dans cet atelier se situe-t-il face &#224; cette d&#233;finition ? &#192; savoir : le travail d'&#233;criture s'inscrit-il bien dans un encha&#238;nement ordonn&#233; de faits ? Cet encha&#238;nement aboutit-il &#224; une socialisation ? Et enfin, cette socialisation, si socialisation il y a, se fait-elle dans une dynamique d&#233;mocratique ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Travail d'&#233;criture en atelier et processus de socialisation d&#233;mocratique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;criture en atelier s'inscrit-elle dans un encha&#238;nement ordonn&#233; de faits ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture en atelier s'inscrit bien dans un encha&#238;nement ordonn&#233; de faits et, parce que l'&#233;criture est envisag&#233;e comme une exp&#233;rience, cet encha&#238;nement sera assimil&#233; &#224; un protocole. C'est ce que j'appellerai le cadre. Un cadre qui, d'une s&#233;ance &#224; l'autre, comporte des &#233;l&#233;ments invariables comme le jour, le lieu et l'heure de rendez-vous, l'&#233;change des nouvelles, la relecture de son texte ant&#233;rieur, l'&#233;nonc&#233; de la consigne d'&#233;criture (avec mise en d&#233;bat par le biais des questions et des opinions &#233;mises oralement), le temps de l'&#233;criture, la lecture de son texte et l'&#233;coute de ceux des autres, l'&#233;change oral sur les textes ; et des &#233;l&#233;ments variables qui sont les diff&#233;rentes &#233;tapes d'&#233;criture au sein de la consigne elle-m&#234;me, qui sont l&#224; pour d&#233;cliner la probl&#233;matique du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet encha&#238;nement de faits aboutit-il &#224; une socialisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aboutissement le plus manifeste d'un atelier d'&#233;criture est la production de textes et avec elle la naissance d'auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il une socialisation des textes ? Oui, dans le sens o&#249; les textes sont rendus publics et cela &#224; diff&#233;rents niveaux. La premi&#232;re socialisation passe par la lecture &#224; haute voix de son texte devant le groupe, le deuxi&#232;me niveau de socialisation a lieu &#224; l'occasion de lecture des textes devant les autres groupes de l'association, enfin socialisation plus large, au niveau de la ville, par le biais d'une exposition alliant textes et photos &#224; la m&#233;diath&#232;que du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on penser que parce qu'il y a socialisation des textes il y aura socialisation des auteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; la d&#233;finition de la socialisation qui se d&#233;clinait notamment au travers des termes &#171; int&#233;riorisation &#187; et &#171; int&#233;gration &#187;. Ces termes, je les ai explor&#233;s par le biais d'un questionnaire adress&#233; aux participants de l'atelier et ce sont leurs propos que je rapporte ici en italique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Int&#233;riorisation &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture en atelier permet-elle l'int&#233;riorisation des &#233;l&#233;ments de la culture environnante ? Mais qu'entend-on par culture environnante ? Est-ce la culture du groupe de l'atelier constitu&#233; d'une part des participants et d'autre part de l'animateur ? Ou celle du quartier, de la ville, de la r&#233;gion, du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je consid&#232;re, dans un premier temps, comme culture environnante celle du groupe de l'atelier alors je peux dire qu'il y a int&#233;riorisation de cette culture dans le sens o&#249; la culture des autres participants est non seulement entendue mais appr&#233;ci&#233;e : Chacun a sa place dans le travail, je ne peux pas &#233;crire &#224; la place de l'autre, chacun r&#233;fl&#233;chit dans ce travail &#8212; Conna&#238;tre les autres dans l'&#233;criture c'est diff&#233;rent de quand on parle &#8212; Chacun dit plusieurs id&#233;es &#8212; On est plusieurs avec chacun son id&#233;e diff&#233;rente &#224; partir d'un m&#234;me exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, si je consid&#232;re comme culture environnante celle de la ville, du quartier et si int&#233;rioriser cette culture, c'est en comprendre les fonctionnements techniques ou administratifs, alors je peux encore dire que le travail d'&#233;criture en atelier contribue &#224; une socialisation : On se d&#233;brouille seule &#8212; On peut sortir de la maison &#8212; On peut mieux comprendre ce qu'on nous demande &#8212; Le pouvoir c'est la force, le courage, on peut tout trouver sans demander &#8212; On comprend les d&#233;marches administratives, les papiers de la pr&#233;fecture, de la s&#233;curit&#233; sociale &#8212; J'aide mon enfant pour les devoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Int&#233;gration &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail d'&#233;criture en atelier participe-t-il d'une int&#233;gration dans la vie sociale ? Mais de quelle vie sociale s'agit-il ? Cette vie sociale est-ce celle du groupe de l'atelier ou du &#171; hors-groupe &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gration des personnes dans le groupe est &#233;vidente, ancr&#233;e dans un respect et une confiance mutuelle. Cela passe par l'expression d'un bien&#234;tre et l'installation d'une confiance en soi : Je me sens plus &#224; l'aise ici &#8212; Quand j'&#233;cris je me sens bien &#8212; On prend le go&#251;t de vivre &#8212; Nos h&#233;sitations s'arr&#234;tent avec l'atelier d'&#233;criture &#8212; &#199;a reste pas coinc&#233;, avec vous elle sort &#8212; On peut dire ce qu'on pense &#8212; Quand on parle ici apr&#232;s on a moins peur de parler avec les autres. Int&#233;gration qui m&#232;ne aussi &#224; une d&#233;couverte de soi : Ici on r&#233;fl&#233;chit &#8212; Le travail d'&#233;criture me permet d'expliquer ce que je pense &#8212; Avec l'&#233;criture on se rend compte qu'on des id&#233;es, &#231;a fait travailler la t&#234;te en atelier d'&#233;criture &#8212; &#199;a fait monter les id&#233;es &#8212; Quand j'&#233;cris je trouve plus d'id&#233;es que quand je parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois il y a aussi ces r&#233;flexions : Je me sens &#224; ma place ici dans cette salle mais pas en dehors &#8212; Ma fille elle ne sait pas que je sais &#233;crire &#8212; Mon fr&#232;re il ne croit pas que c'est moi qui ai &#233;crit tout &#231;a. Elles laissent entrevoir que si le travail d'&#233;criture permet bien &#224; chacun de prendre sa place, cette place n'est pas pour autant acquise en dehors des temps de l'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si les personnes semblent, gr&#226;ce &#224; cet apprentissage de la langue, pouvoir se positionner face &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, la question de l'int&#233;gration dans cette m&#234;me soci&#233;t&#233; semble moins &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dynamique d&#233;mocratique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir succinctement pos&#233; le cadre de ce travail, il s'agit maintenant de s'int&#233;resser &#224; ce qui le fait vibrer, respirer : la posture ; et de voir en quoi elle est porteuse de d&#233;mocratie. Cette posture se joue &#224; la fois dans la place de l'atelier au sein du programme d'alphab&#233;tisation, dans l'attitude de l'animateur ainsi que dans les enjeux des diff&#233;rentes &#233;tapes de l'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord la place de l'atelier : l'atelier est une proposition face &#224; une demande. Il ne s'impose pas contre la volont&#233; de ses participants. L'atelier, avec toute sa singularit&#233;, prend place au sein d'un dispositif, il s'articule. L'atelier n'a donc pas de monopole ni d'exclusivit&#233; tant au niveau des m&#233;thodes de travail qu'au niveau des animateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il maintenant de la posture de l'animateur ? J'ai employ&#233; le terme d'exp&#233;rience pour d&#233;finir le rapport &#224; l'&#233;criture et celui de chercheur pour celui qui la pratique. C'est dans cette dynamique que l'animateur va se positionner. Mais qu'entends-je par &#171; exp&#233;rience &#187; ? Pour cela je ferai r&#233;f&#233;rence &#224; ce qui est v&#233;cu au cours des diverses scolarit&#233;s, dans le cadre des travaux pratiques scientifiques. Les &#233;l&#232;ves sont certes mis en situation d'exp&#233;rimentation (ils font des exp&#233;riences), mais ils ne sont pas pour autant des chercheurs. Ils valident des &#233;v&#232;nements d&#233;j&#224; v&#233;cus par leur professeur. Et les r&#233;sultats sont d'autant meilleurs que les &#233;l&#232;ves obtiennent un r&#233;sultat identique &#224; celui du ma&#238;tre. Dans le cadre de l'atelier, qui se veut d&#233;mocratique, l'animateur reste bien celui qui propose le protocole et accompagne les personnes le temps de sa mise en pratique. Mais il est aussi, et surtout, celui qui sait se retirer, s'interdire le souvenir, celui qui ignore tout quant au r&#233;sultat de ce protocole. Il cr&#233;e ainsi l'espace n&#233;cessaire &#224; l'av&#232;nement d'un inconnu, celui o&#249; le participant pourra prendre sa place de chercheur. Sa place tout simplement. L'animateur est alors un m&#233;diateur (et non plus un censeur) entre le participant et son &#233;criture, dans le sens o&#249; il n'&#233;value pas cette &#233;criture (il n'a aucune attente quant &#224; la qualit&#233; esth&#233;tique, quantitative ou technique des productions) mais o&#249; il la questionne, amenant les participants &#224; l'interroger &#224; leur tour, leur permettant ainsi de &#171; prendre leur parole en main &#187; (o&#249; la ma&#238;trise de la langue r&#233;side dans cette capacit&#233; d'autocritique). Il ne s'agit donc pas d'amener les personnes &#224; reproduire mais &#224; d&#233;couvrir ; et comme l'a si bien dit une des participantes &#8212; Ici on &#233;crit nous, on ne recopie pas, c'est pas pareil. Mais si on peut penser que cette posture est empreinte de d&#233;mocratie, c'est qu'il ne s'agit pas uniquement de d&#233;couvrir sa propre &#233;criture mais &#233;galement celle des autres. L'animateur est aussi le m&#233;diateur entre les diff&#233;rentes &#233;critures des personnes du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette posture de m&#233;diateur, l'animateur tente de la r&#233;injecter dans chacune des phases du cadre aussi bien au niveau du temps de relecture, envisag&#233; comme un travail d'autocritique, o&#249; il est demand&#233; aux participants de d&#233;gager la phrase de leur texte qui leur semble la plus belle, la plus int&#233;ressante, qu'au niveau des d&#233;bats au cours desquels tous les propos sont not&#233;s, dans l'id&#233;e que non seulement les connaissances se construisent &#224; plusieurs, mais aussi bien &#224; partir des fausses pistes que des justes. Au moment de l'&#233;criture aussi, o&#249; tous les mots de vocabulaire demand&#233;s sont fournis et o&#249; la montre est seul arbitre du temps de travail, il n'y a donc aucun jugement de valeur pos&#233; sur la quantit&#233; produite. M&#233;diation aussi durant la lecture des textes qui n&#233;cessite de la part de l'animateur une vigilance quant &#224; la qualit&#233; d'&#233;coute du groupe afin que la personne qui lit soit compl&#232;tement assur&#233;e d'&#234;tre &#233;cout&#233;e. L'&#233;coute est d'ailleurs pr&#233;sent&#233;e comme active puisqu'il s'agit de rep&#233;rer en quoi son propre texte se rapproche ou se distingue des autres productions. Cette &#233;coute est ensuite mise en commun par oral. L'animateur veille alors &#224; ce que les commentaires ne visent pas &#224; d&#233;terrer l'histoire intime qui se cache dans les textes, mais qu'ils s'appliquent plut&#244;t &#224; &#233;clairer les attitudes de langage sp&#233;cifiques &#224; chacun. Il s'agit de d&#233;velopper l'intertextualit&#233; ou comment parler de son &#233;criture &#224; travers celle des autres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture en atelier envisag&#233;e comme exp&#233;rience de langage et son utilisateur comme chercheur passe par la mise en place d'un cadre et d'une posture dont la synergie permettrait l'accueil d'un inconnu. Cet inconnu serait le ferment n&#233;cessaire &#224; l'&#233;mergence d'un individu tout en minimisant les risques de basculer dans l'individualisme. Ainsi, c'est la mise en tension entre ce cadre et cette posture d'exp&#233;rience qui ferait du travail d'&#233;criture en atelier un dispositif capable de contribuer au processus de socialisation d&#233;mocratique. Mais cette mise en tension, si elle semble &#234;tre l'atout de l'atelier, en est aussi la fragilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, jusqu'o&#249; est-il possible de laisser advenir cet inconnu ? Il y a d'un c&#244;t&#233; l'animateur pris dans les r&#233;flexes que lui impose sa culture litt&#233;raire et qui le poussent sans cesse &#224; amener l'inconnu au d&#233;j&#224; connu et reconnu. R&#233;flexe entretenu aussi par la demande de reconnaissance des participants qui passe par la reconnaissance de leurs &#233;crits (mise en ab&#238;me implicite avec des auteurs r&#233;f&#233;renc&#233;s). Et il y a &#233;galement la peur des participants devant cet inconnu, qui n'est rien d'autre que l'inconnu de soi-m&#234;me. En effet, ces personnes se trouvent dou&#233;es d'une parole nouvelle (cette parole &#233;crite), qui peut alors les engager dans le risque d'une certaine marginalisation, au sein de leur propre famille, de leur groupe, o&#249; elles &#233;taient, par exemple reconnues comme analphab&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors surhumaine l'&#233;criture comme exp&#233;rience ? Surhumaine peut-&#234;tre, parce que comme je viens de l'&#233;crire cela est difficile et appelle &#224; la r&#233;sistance &#224; nos propres instincts, nos r&#233;flexes. Mais peut-&#234;tre pas surhumaine dans le sens d'impossible, surhumaine comme ce qui nous appelle &#224; nous d&#233;passer, comme moyen pour une vie, et je cite G. Deleuze, &#171; &#233;chappant au ressentiment des personnes, [&#8230;] pour une vie plus que personnelle, au lieu que la vie soit un pauvre secret pour une &#233;criture qui n'aurait d'autre fin qu'elle-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deleuze, G. et Parnet Cl. (1996). Dialogues. Paris, Flammarion, p. 63.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. S'engager dans l'&#233;criture comme exp&#233;rience serait alors une invitation &#224; vivre une utopie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deleuze, G. et Parnet Cl. (1996). Dialogues. Paris, Flammarion, p. 63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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