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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>La coordination en travail social : un avatar du management transversal</title>
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		<dc:date>2023-10-14T09:57:31Z</dc:date>
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		<dc:creator>Emmanuel Triby</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cette contribution voudrait r&#233;pondre &#224; une double question : en quoi la coordination rel&#232;ve-t-elle du management ? Qu'est-ce que cela peut nous apprendre sur la mani&#232;re dont se pratique, et donc se r&#233;fl&#233;chit, le travail social aujourd'hui ? L'activit&#233; de management est ainsi interrog&#233;e de m&#234;me que la fonction de coordination en &#233;mergence dans le champ du travail social, et pr&#233;sent&#233;e comme un avatar du management transversal. Pour r&#233;pondre &#224; la double question initiale, une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette contribution voudrait r&#233;pondre &#224; une double question : en quoi la coordination rel&#232;ve-t-elle du management ? Qu'est-ce que cela peut nous apprendre sur la mani&#232;re dont se pratique, et donc se r&#233;fl&#233;chit, le travail social aujourd'hui ? L'activit&#233; de management est ainsi interrog&#233;e de m&#234;me que la fonction de coordination en &#233;mergence dans le champ du travail social, et pr&#233;sent&#233;e comme un avatar du management transversal. Pour r&#233;pondre &#224; la double question initiale, une recherche-formation a &#233;t&#233; mise en place dans le cadre d'une formation universitaire professionnalisante destin&#233;e &#224; des professionnels du secteur social d&#233;j&#224; en activit&#233;. Les r&#233;sultats de cette d&#233;marche montrent surtout l'extr&#234;me diversit&#233; des pratiques en la mati&#232;re, en lien aux contextes travers&#233;s autant qu'aux parcours des professionnels impliqu&#233;s ; la fonction de coordination est ainsi &#233;clair&#233;e tant du point de vue des dispositions qu'elle impliquee chez les professionnels que des conditions de possibilit&#233; de cette fonction. Une &#233;conomie de la coordination se dessine, offrant un cadre &#224; un possible apprentissage partag&#233;, par la mise en &#339;uvre de ce management.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/24096&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris de la revue &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Education et socialisation&lt;/a&gt;, une publication sous licence CC by nc nd&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Triby, &#171; La coordination en travail social : un avatar du management transversal &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 68 | 2023, mis en ligne le 29 juin 2023, consult&#233; le 14 octobre 2023. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/24096&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/edso/24096&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/edso.24096&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/edso.24096&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La coordination dans le travail social est une pr&#233;occupation ancienne, r&#233;actualis&#233;e plus r&#233;cemment pour devenir une pratique de management dans les &#233;tablissements. Parler de management dans le travail social ne va pas de soi. La culture professionnelle y est r&#233;tive et les intitul&#233;s de postes et de fonctions n'en font gu&#232;re mention. Assimiler le coordinateur &#224; un manageur comporte ainsi un double obstacle : outre la r&#233;sistance professionnelle, c'est la nature m&#234;me de la fonction de coordinateur qui semble ne pas pouvoir &#234;tre assimil&#233;e &#224; du management puisque les offres d'emploi et les fiches de poste pr&#233;cisent qu'il s'agit d'une fonction &#171; non hi&#233;rarchique &#187;. Il pourrait donc exister un management non hi&#233;rarchique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; tout le sens de notre question de d&#233;part : en quoi, l'activit&#233; de coordination rel&#232;ve-t-elle du management ? De quel management s'agit-il et pour quels effets ? Bien &#233;videmment, la r&#233;ponse &#224; cette double question n'est possible que si l'on s'est d'abord interrog&#233; sur la nature de cette coordination, dans et hors du travail social. Une recherche-formation mise en &#339;uvre depuis huit ans nous a permis d'enqu&#234;ter sur le r&#233;el de cette fonction et de recueillir un mat&#233;riau et des donn&#233;es substantiels. Nous en tirons certains r&#233;sultats et questionnons les &#171; pr&#233;conisations &#187; que les participants formulent dans les monographies issues de cette formation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La coordination comme probl&#232;me : contextualisation et conceptualisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comprendre la coordination comme management dans le travail social exige d'op&#233;rer une contextualisation sociohistorique de la fonction et une interrogation de la notion elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Br&#232;ve histoire de la coordination&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coordination n'est pas n&#233;e dans le travail social. C'est une fonction port&#233;e par toute activit&#233; sociale impliquant une certaine division du travail. Le besoin de coordination est consubstantiel aux activit&#233;s humaines dans la mesure o&#249; elles comportent forc&#233;ment une &#171; dimension collective &#187; qui &#171; appara&#238;t comme un caract&#232;re constituant &#224; peu pr&#232;s universel du travail &#187; (Schwartz, 1997, p. 33). Plus pr&#233;cis&#233;ment, la coordination des actions individuelles &#171; se concr&#233;tise par un ordonnancement des actions, entendu comme un &#8220;agencement des actions de chacun des op&#233;rateurs impliqu&#233;s dans un certain ordre afin d'atteindre le but final de fa&#231;on efficace&#8220; (Barthe, 2000), mais &#233;galement par une adaptation r&#233;ciproque des acteurs et de leurs actions &#224; celles des autres &#187; (Marcel et al., 2007, p. 10). En fait, &#224; partir du moment o&#249; un groupe de personnes contribue &#224; la r&#233;alisation d'un produit, un bien ou un service, une activit&#233; qui exige du temps, des ressources co&#251;teuses et surtout de partager (collaboration) ou de se r&#233;partir (coop&#233;ration) des t&#226;ches, il faut de la coordination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'imaginaire rationalisateur des &#233;conomistes, c'est le march&#233; qui porte les besoins de coordination. Il les porte dans le sens o&#249; il d&#233;finit un manque socialement partag&#233; et induit de la part des acteurs cl&#233;s de ce march&#233;, les &#171; entrepreneurs &#187; ou les &#171; organisations &#187;, la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er les moyens de cette coordination. Cela va conduire &#224; mettre en place les dispositions et les dispositifs n&#233;cessaires pour assurer la coordination de l'activit&#233;, en interne, dans l'activit&#233; productive, en externe, &#171; sur &#187; le march&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression pourrait laisser croire que le march&#233; existe r&#233;ellement alors (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela concerne en r&#233;alit&#233; tout un ensemble d'actes qui ne sont pas forc&#233;ment pris en charge par une personne en particulier ; c'est une fonction distribu&#233;e entre diff&#233;rentes personnes et organisations en interaction, dont la prise en charge est donc d'abord collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#171; le march&#233; est une fa&#231;on tr&#232;s particuli&#232;re d'agencer et de stabiliser les relations entre acteurs &#187; (Ledoux, 2022, p. 274). Ce &#171; march&#233; &#187; est une dynamique historique nourrie &#224; la fois par une extension infinie de son champ d'intervention et par un effort d'institutionnalisation au moyen de r&#232;gles et de contraintes institu&#233;es pour assurer un fonctionnement durable. Il se constitue en &#171; logique &#187; lorsqu'il p&#233;n&#232;tre des domaines d'activit&#233;s &#171; non marchandes &#187;, g&#233;r&#233;es directement ou indirectement par l'&#201;tat et les autres acteurs &#171; publics &#187; : services publics et associations dont le fonctionnement est alors soumis &#224; des principes et des r&#232;gles, cens&#233;s se substituer &#224; ceux du march&#233; tout en assurant ses pr&#233;tendus avantages : comp&#233;tition, concurrence, comparabilit&#233; des offres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s f&#233;rus de cette notion, les &#233;conomistes pr&#233;cisent : &#171; le march&#233; et l'organisation sont deux modes de coordination, mais l'un a pour instrument les prix tandis que l'autre a pour vecteur des r&#232;gles ; l'un est inintentionnel, car il repose sur la comp&#233;tition, tandis que l'autre est intentionnel et vise la coop&#233;ration au service d'un projet collectif &#187; (Favereau, 2012, p. 97). Une organisation est alors un mode de coordination alternatif au march&#233; &#171; lorsque les co&#251;ts de transaction rendent celui-ci inefficient &#187; (ibid., p. 99). En fait, gr&#226;ce &#224; la coordination, l'organisation &#171; fournit des instruments de contr&#244;le qui ne sont pas disponibles sur le march&#233; et met en &#339;uvre des adaptations coop&#233;ratives plus vite que le march&#233; &#187; (Williamson, 2012, p. 91) ; ces instruments concernent le travail, les produits, les ressources mobilis&#233;es, la l&#233;galit&#233;. C'est donc un principe d'&#233;conomie assez &#233;l&#233;mentaire, notamment dans les soci&#233;t&#233;s dites &#171; d&#233;velopp&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette conception, que l'on se situe dans la sph&#232;re marchande ou non marchande des activit&#233;s sociales, la coordination est &#171; un des concepts de base de la th&#233;orie des organisations &#187; (Nizet et Pichault, 2012, p. 11). Ces auteurs notent qu'elle varie suivant la situation de l'organisation dans son environnement. C'est une fonction port&#233;e par des activit&#233;s ; elle peut &#234;tre sp&#233;cifique &#224; une situation de travail ou en int&#233;grer plusieurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relevons &#233;galement que le besoin de coordination est d'autant plus fort que l'organisation subit une double pression : une pression venant de l'ext&#233;rieur, une pression venant plut&#244;t de l'int&#233;rieur. La pression ext&#233;rieure est principalement celle de la concurrence, pour l'&#233;conomie marchande, celle des politiques publiques et leurs instruments, pour le non marchand. Les pressions internes sont li&#233;es aux modalit&#233;s d'organisation du travail et des rapports propres &#224; chacune des deux sph&#232;res de production ; dans le secteur marchand, &#224; force de coordination, ces pressions d&#233;terminent &#171; les chaines de valeur internes &#187;, &#224; savoir : &#171; comment chacune des activit&#233;s de l'entreprise participe &#224; la cr&#233;ation de valeur et &#224; la formation de l'avantage concurrentiel &#187; (Mousli, 2013, p. 34). Cette valeur est la grandeur monnayable r&#233;sultant de la conversion du produit en argent selon le &#171; code du capital &#187;, toutes ces r&#232;gles de droit (et donc de comptabilit&#233;) qui garantissent que &#171; l'actif &#187; sera bien converti en argent (Pistor, 2023). Les choses se compliquent pour le non marchand, et c'est peut-&#234;tre un des enjeux th&#233;oriques de cette contribution : quelle est cette &#171; valeur &#187; qui y est cr&#233;&#233;e et comment est-elle &#171; monnay&#233;e &#187; ? Qu'est-ce qui correspond &#224; &#171; l'avantage concurrentiel &#187;, notamment pour une institution du travail social ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La coordination, un management &#171; transversal &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le management sert &#224; nommer les activit&#233;s pratiques de gestion d'une production partag&#233;e entre diff&#233;rents op&#233;rateurs ; g&#233;rer, dans ce sens, c'est &#171; faire faire &#187; par un autre ou une &#233;quipe. Cette &#171; d&#233;l&#233;gation &#187; (Morin, 1985) suppose l'existence d'un rapport hi&#233;rarchique entre celui qui fait faire et l'autre qui fait. Mais manager, c'est aussi m&#233;nager, employer cette ressource humaine avec mesure et discernement, ajust&#233;e aux besoins de l'activit&#233; m&#234;me : ses conditions mat&#233;rielles, ses risques, ses temporalit&#233;s, etc. C'est garantir le bon fonctionnement de son &#171; m&#233;nage &#187; qui, en &#233;conomie, constitue l'unit&#233; &#233;conomique de base, notamment par l'&#233;tablissement de bonnes relations avec ses travailleurs, fournisseurs et clients.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la lign&#233;e fort lointaine de L'&#233;conomique de X&#233;nophon (Payot, Rivages, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diversification progressive des diff&#233;rents modes de management dans les organisations contemporaines d&#233;cline toutes les modalit&#233;s d'organisation du travail cens&#233;es assurer la &#171; gestion &#187; du rapport de l'entreprise au risque, au r&#233;el, au temps et &#224; la valeur (Hubault, 2013). De l'organisation taylorienne des origines &#224; &#171; l'entreprise lib&#233;r&#233;e &#187; d'aujourd'hui (Gilbert et al., 2017), en passant par le lean management (INRS, 2022) et le management participatif (Saussois, 2012), c'est un double paradoxe qui appara&#238;t : la distance entre le discours (et ses prescriptions) et le r&#233;el de la mise au travail dans les collectifs organisationnels (Vannereau, 2018) ; les pratiques apparemment les plus novatrices continuent toujours de comporter les traces de l'ancien (Dietrich et Pyg&#232;re, 2016). Au point que l'on peut s'interroger sur l'int&#233;r&#234;t qu'il y a d'op&#233;rer des distinctions tranch&#233;es pour une activit&#233; et une fonction dont l'exercice se transforme moins du fait de l'&#233;volution des principes d'action que du fait des changements du contexte social et &#233;conomique : l'organisation des milieux de travail, la nature des t&#226;ches &#224; r&#233;aliser, les profils g&#233;n&#233;rationnels des personnes, etc. (Gaulejac et Vandewattyne, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette configuration probl&#233;matique qu'il convient de traiter du &#171; management transversal &#187; auquel pourrait &#234;tre assimil&#233;e la coordination. Sa &#171; transversalit&#233; &#187; tient &#224; l'absence de lien hi&#233;rarchique avec les personnes ou l'&#233;quipe avec qui le manageur travaille ; cela n'exclut pas pour autant des liens hi&#233;rarchiques par ailleurs. Cela peut faire douter de son caract&#232;re de management sauf si on n'en retient que l'id&#233;e qu'il s'agit de &#171; faire faire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment, Morin (1985) note que l'objet m&#234;me du management, tel que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sans l'appui du lien hi&#233;rarchique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coordination serait donc &#171; une posture &#187;, en rupture avec les rapports hi&#233;rarchiques, mais un management tout de m&#234;me. Ce management a quelque chose du &#171; management du projet &#187;, mais il est permanent. Il rel&#232;ve sans doute du &#171; management d'&#233;quipe &#187;, mais il se situe &#224; l'articulation du pilotage et du pouvoir hi&#233;rarchique (Lemonnier, 2015). Il a certainement contribu&#233; &#224; promouvoir dans le discours manag&#233;rial l'id&#233;e &#171; d'intelligence collective &#187; (Gomez, 2016). Cette posture pourrait se condenser en ces termes : ayant fondamentalement une fonction de coordination, ce manageur &#171; transverse &#187; est le garant, dans la dur&#233;e, de l'action juste des personnes ou des instances ext&#233;rieures partageant la charge d'un produit particulier. Elle est juste parce que le manageur mobilise les bonnes ressources et les normes adapt&#233;es pour parvenir &#224; la r&#233;alisation des objectifs de l'&#233;quipe ; elle est juste &#233;galement parce qu'elle est en phase avec les besoins et les int&#233;r&#234;ts du b&#233;n&#233;ficiaire du service (Grosstephan et L&#233;monie, 2023).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La coordination dans le travail social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coordination est une pr&#233;occupation d&#233;j&#224; relativement ancienne dans l'action sociale puisqu'elle appara&#238;t dans l'apr&#232;s-guerre 1914-18, mais au niveau des d&#233;partements. M&#234;me si cette &#233;chelle reste importante aujourd'hui, la coordination dont il sera surtout question, et justifiant ainsi son inscription dans une probl&#233;matique de management, concerne la coordination interne aux &#233;tablissements sociaux dont le d&#233;veloppement date plut&#244;t des ann&#233;es 2000, notamment &#224; l'occasion du vote d'un texte de loi assez d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une vieille histoire r&#233;actualis&#233;e aux d&#233;buts des ann&#233;es 2000&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de saisir la port&#233;e de ce nouveau besoin qui a fini par g&#233;n&#233;rer la fonction de coordination, il faut croiser l'histoire des politiques sociales (L&#246;chen, 2013) depuis le d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle et l'histoire plus r&#233;cente du travail social. Cela fait appara&#238;tre un double mouvement, &#171; vertical &#187; et &#171; horizontal &#187; : du niveau central de l'&#201;tat au niveau local des institutions et des services dans les territoires, d'un c&#244;t&#233;, une dynamique issue du terrain entre individualisation du service et d&#233;veloppement partenarial, de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but du XXe si&#232;cle, est affirm&#233; &#171; le besoin de coordination des efforts publics et priv&#233;s &#187; (P. Strauss, ministre de la sant&#233; en 1923, cit&#233; par Garcette, 2008, p. 46) dans la lutte contre la tuberculose. Le ministre ajoute que, &#171; faute d'une action m&#233;thodique, risque de se produire le gaspillage des g&#233;n&#233;rosit&#233;s et des d&#233;vouements &#187; ; il convient donc &#171; d'assurer la liaison la plus intime entre tous les services &#187; (ibid, p. 47). En l'occurrence, cette fonction est prise en charge par des &#171; comit&#233;s d&#233;partementaux &#187; largement confort&#233;s par le gouvernement Blum en 1936. Ce qui importe ici est son apparition dans le champ du m&#233;dico-social et la pr&#233;occupation clairement &#233;conomique &#224; laquelle la coordination doit r&#233;pondre. &#192; cet &#233;gard, le ministre de la sant&#233; de L. Blum, Henri Sellier, insiste sur &#171; le d&#233;faut de coordination, &#233;minemment pr&#233;judiciable au rendement technique et financier d'organismes qui (&#8230;) tirent leurs ressources des fonds publics &#187; (ibid. p 48). Cela &#233;tant, jusqu'&#224; la fin du si&#232;cle, le mod&#232;le administratif domine : la loi du 4 ao&#251;t 1950 ou le d&#233;cret du 7 janvier 1959 restent centr&#233;s sur le &#171; comit&#233; d&#233;partemental &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, avec la prise en charge des pathologies de masse, la coordination de &#171; parcours &#187; va ouvrir le mouvement dans le m&#233;dico-social, avec notamment la &#171; coordination g&#233;rontologique &#187; (Amyot, 2010). On y trouve alors &#224; la man&#339;uvre des m&#233;decins puis des soignants et aujourd'hui des assistants du service social. Cependant, le besoin de coordination qui &#233;merge &#224; la fin du XX&#232;me si&#232;cle est d'une autre nature (Jaeger, 2010) et sera formalis&#233; dans les lois et d&#233;crets des ann&#233;es 2000. La coordination devient alors &#171; un mot cl&#233; de l'action sociale &#187; (Garcette, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les coordinateurs dans le travail social, aujourd'hui&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au risque d'une &#233;criture genr&#233;e dans un milieu professionnel majoritairement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le besoin d'un nouveau mode de gestion du travail social&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le devenir actuel de la fonction de coordination dans le travail social, il convient d'abord de la situer dans l'apparition d'un nouveau besoin de management issu de la gestion des probl&#233;matiques sociales &#8220;sur le terrain&#8220;. Au tournant du si&#232;cle, le besoin de coordination est intimement li&#233; &#224; l'&#233;mergence de l'id&#233;e de coh&#233;sion sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'instar de l'inclusion, l'expression de coh&#233;sion sociale renvoie non (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; nouveau paradigme de l'intervention sociale &#187; (Fouret et al., 2013, p. 15). La coh&#233;sion sociale est une pr&#233;occupation qui &#233;merge une fois la globalisation des &#233;conomies europ&#233;ennes r&#233;alis&#233;e, &#224; la fin des ann&#233;es 1990. Cela &#233;tant, elle s'inscrit dans une tendance historique plus longue : le processus &#171; civilisationnel &#187; de l'individuation (Elias, 1998) ; enfin, elle prend toute son importance avec la crise du lien social, nouvelle &#171; question sociale &#187; (Castel, 1995).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyser les vis&#233;es des politiques dites de coh&#233;sion sociale, c'est un peu &#233;tablir la feuille de route du coordinateur en travail social. Un premier constat est formul&#233; : &#171; les Fran&#231;ais restent pr&#233;occup&#233;s par la question des in&#233;galit&#233;s et des discriminations &#187; (Fouret et al., 2013, p. 9). Or, on a fini par comprendre que, pour se rapprocher de l'&#233;galit&#233;, il faut &#233;viter le service standard, il faut au contraire le diff&#233;rencier. Cependant, &#171; la coh&#233;sion sociale n'est pas seulement menac&#233;e par la persistance des in&#233;galit&#233;s mais aussi par la persistance de facteurs divers : pr&#233;carisation du travail, &#233;clatement du mod&#232;le familial, pr&#233;gnance des discriminations&#8230; &#187; (ibid, p. 11). Ainsi, une politique de coh&#233;sion sociale doit d'abord &#171; poser la question du territoire pertinent d'intervention permettant un maillage fin de la prise en compte des besoins, une bonne organisation des ressources et une synergie entre les acteurs en vue de r&#233;pondre aux situations de rupture sociale &#187; (ibid., p. 13). L'action publique en mati&#232;re sociale doit alors se d&#233;ployer de mani&#232;re transversale, territorialis&#233;e et cibl&#233;e : transversale car &#171; les risques sociaux sont cumulatifs et appellent des r&#233;ponses coordonn&#233;es &#187; ; territorialis&#233;e car il faut prendre acte de la d&#233;centralisation et &#171; mettre en place une v&#233;ritable gestion de proximit&#233; &#187; ; cibl&#233;e, car &#171; les probl&#233;matiques peuvent diff&#233;rer selon les caract&#233;ristiques des publics &#187; (ibid., p. 14). Enfin, &#171; les attentes des individus eux-m&#234;mes se sont modifi&#233;es (&#8230;) vers une exigence de reconnaissance et de dignit&#233; &#187; (ibid., p. 15). Il convient donc de &#171; prendre en compte l'&#233;volution des capacit&#233;s de l'individu, associer davantage aux processus qui l'affectent et lui octroyer davantage de pouvoir sur son environnement &#187; (ibid.). Cela implique une &#171; logique de parcours &#187; pour les usagers (cf. encadr&#233;), cens&#233;e pouvoir construire un cheminement vers l'autonomie, mais surtout une attention particuli&#232;re &#224; leur demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Les poids de nouvelles l&#233;gislations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; loi n&#176;2002-2 du 2 janvier 2002 r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale &#187; fait explicitement mention de la &#171; coh&#233;sion sociale &#187; et rel&#232;ve les &#171; sept s&#233;ries de droits &#187; de &#171; l'usager citoyen &#187; dont &#171; le libre choix entre les prestations adapt&#233;es qui lui sont offertes, (&#8230;) un accompagnement individualis&#233; de qualit&#233;, (&#8230;) (sa) participation directe &#224; la conception et &#224; la mise en &#339;uvre du projet d'accueil et d'accompagnement qui le concerne &#187;. Cette loi est renforc&#233;e par celle du 11 f&#233;vrier 2005 instituant &#171; le projet personnalis&#233; d'autonomie &#187;. Ce n'est pas un vain mot ou une expression marqu&#233;e par l'air du temps : elle veut affirmer l'intention politique d'inverser la relation de service. Il s'agit de passer de la prise en charge et du traitement d'un probl&#232;me local selon des d&#233;marches institu&#233;es, &#224; la production d'un service en rapport &#224; une demande singuli&#232;re afin d'en tirer un projet d'action co-construit avec l'usager (et, si n&#233;cessaire, sa famille). Pour les travailleurs sociaux, cela implique &#224; la fois une attention au terrain, une capacit&#233; r&#233;flexive et surtout l'inscription dans une d&#233;marche coordonn&#233;e d'intervention (Bouquet, 2006). Ce que certains ont appel&#233; la &#171; disciplinarisation du travail social &#187; (Rullac, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Du besoin de coordination au besoin de coordinateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la faveur de l'entr&#233;e des &#233;conomies occidentales dans la globalisation, les pouvoirs publics s'orientent vers la d&#233;finition politique d'une &#171; contrainte budg&#233;taire &#187; : instauration de &#171; l'aust&#233;rit&#233; &#187;, r&#233;duction des financements publics, introduction de la pratique des appels d'offre, d&#233;veloppement des proc&#233;dures de certification discriminant les b&#233;n&#233;ficiaires de financements socialis&#233;s (formation, aide sociale, travail social), recherche d'une plus grande efficience des services publics. C'est le d&#233;veloppement de ces &#171; quasi-march&#233;s &#187; (Nyssens, 2015) qui a abouti &#224; distancier les chefs de service vis-&#224;-vis du terrain ; ils doivent se concentrer sur la gestion des ressources, notamment humaines, et le relev&#233; des indices d'efficience des services. Cet &#233;loignement a cr&#233;&#233; ainsi un besoin de coordination au niveau du terrain, l'horizontal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la coordination &#171; par le haut &#187; reste d'actualit&#233; et constitue le mode de mise en &#339;uvre dominant des politiques sociales au niveau d&#233;partemental, la coordination qui nous occupe est celle qui fonctionne &#171; par le bas &#187;. La coordination est proprement une logique d'action, concept forg&#233; &#171; pour rendre compte de la diversit&#233; des interpr&#233;tations possibles des ph&#233;nom&#232;nes observ&#233;s ; (&#8230;) de plus, c'est une mani&#232;re de d&#233;finir le sens qu'un acteur donne &#224; son action &#187; (Bernoux, 2012, p. 117). Le sens vient toujours d'un croisement entre l'axe de l'ancrage dans une situation, elle-m&#234;me dans un contexte, et l'axe du devenir, tendu entre le pass&#233; et la g&#233;n&#233;alogie qu'il trace jusqu'&#224; l'&#224;-venir, les perspectives qu'il ouvre au sujet et, simultan&#233;ment, le porte (Mailliot, 2013). C'est donc un double mouvement, croisant lui-m&#234;me l'individuel et le collectif (comme ressource d'interactions et de relations, et comme possibles appartenances), articulant du court et du plus long terme (de l'urgence, du r&#233;actif, de l'adaptatif, et du construit). Ce que cela signifie au fond, c'est que les personnes vis&#233;es par l'action sociale sont jug&#233;es &#171; vuln&#233;rables &#187;, y compris vis-&#224;-vis des institutions occup&#233;es &#224; &#171; les prendre en charge &#187; : elles les emp&#234;chent, soit d'acc&#233;der une certaine autonomie, soit d'exercer la pl&#233;nitude de leurs droits ; c'est typiquement le cas du &#171; non-recours &#187; (Warin, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dossier r&#233;cent sur la coordination des Cahiers de l'Actif s'intitule opportun&#233;ment : &#171; la coordination : une fonction &#224; g&#233;om&#233;trie variable au service des logiques de parcours &#187; (2018). M&#234;me si la coordination se d&#233;cline &#233;galement en coordination d'&#233;quipe ou de projet, c'est la coordination de parcours qui est premi&#232;re et reste l'horizon de toutes les coordinations. Lorsque les travailleurs sociaux ont &#224; &#171; traiter &#187; des cas individuels &#224; travers un &#171; projet individualis&#233; &#187;, l'objectif est de remettre la personne en mouvement, de l'inscrire dans un parcours : diff&#233;rents partenaires et services sont &#224; coordonner. Avec l'expression de parcours, appara&#238;t &#233;galement celle de territoire, d&#233;j&#224; relev&#233;e, expression r&#233;currente dans le champ des politiques sociales voulant signifier la d&#233;finition d'espaces d'intervention &#224; la fois g&#233;ographiques et professionnels (Bouquet, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, l'activit&#233; de coordination n'est possible que si elle vise simultan&#233;ment la collaboration voire la coop&#233;ration. &#171; La coordination est une obligation fonctionnelle li&#233;e &#224; des enjeux de pouvoir : elle r&#233;sulte de l'obligation morale et politique de la coop&#233;ration &#187; (&#8230;) Elle r&#233;pond &#224; une demande de prise en compte de la complexit&#233; et de la pluralit&#233; des besoins des personnes en difficult&#233; &#187; (Jaeger, 2010, p. 16). &#171; Il ne peut s'agir simplement de transposer sur le terrain des directives publiques, mais d'apprendre &#224; travailler en commun au sein d'un ensemble disparate de missions, d'objectifs, d'ambitions, de repr&#233;sentations des acteurs, d'organisations et de professionnels, ensemble m&#251; par des forces individuelles ou institutionnelles qui se contrarient &#187; (Amyot, 2010, p. 35).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci implique une d&#233;marche de professionnalisation et une personnalisation. &#171; La confiance &#224; la base de la professionnalisation d'une activit&#233; et du groupe professionnel qui la d&#233;ploie repose sur trois piliers : la l&#233;gitimit&#233; pratique et/ou &#233;thique de cette activit&#233;, l'excellence et la validit&#233; des r&#233;f&#233;rents d&#233;ontologiques &#187; (Aballea, 2013, p. 18). Cela appelle une formation sp&#233;cifique, reconnue et ancr&#233;e. La personnalisation de la fonction qui, ailleurs, est distribu&#233;e spontan&#233;ment entre les acteurs, internes et externes &#224; l'organisation, parait alors s'imposer. Elle semble li&#233;e au caract&#232;re politique de la fonction, particuli&#232;rement dans le travail social :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la personnalisation s'impose pour faire travailler ensemble des acteurs qui, ayant la m&#234;me finalit&#233; d'action, n'ont, ni les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ni le m&#234;me point de vue ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle est demand&#233;e &#233;galement pour articuler &#233;troitement, et dans la dur&#233;e, l'activit&#233; de professionnels attach&#233;s &#224; la r&#233;alisation de projets personnalis&#233;s, inscrits dans une institution ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle est exig&#233;e pour assurer l'articulation effective de l'action &#171; horizontale &#187; et le rapport hi&#233;rarchique, &#171; vertical &#187;, de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;l&#233;ments devront &#234;tre clarifi&#233;s par notre enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Un contexte local : une formation continue de coordinateur en travail social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Notre enqu&#234;te est attach&#233;e intimement &#224; la cr&#233;ation d'une formation dipl&#244;mante concernant la coordination en travail social. D&#232;s son origine, compte tenu des enjeux identifi&#233;s, nous nous sommes inscrits dans une d&#233;marche de recherche-formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conception et l'organisation d'une formation : la possibilit&#233; d'une recherche-formation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, a &#233;t&#233; mise en place une formation, un dipl&#244;me universitaire, de &#171; coordinateur en travail social et m&#233;dico-social &#187;, en collaboration entre l'Universit&#233;, son d&#233;partement des sciences de l'&#233;ducation et de la formation, et l'IRTS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut R&#233;gional de Travail Social.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de la r&#233;gion. D&#232;s le d&#233;part, en coh&#233;rence avec cette double tutelle mais plus encore avec son objet, cette action a &#233;t&#233; con&#231;ue comme une recherche-formation. En effet, la coordination &#233;tait, &#224; cette date, et est rest&#233;e jusqu'&#224; aujourd'hui une activit&#233; &#171; &#224; g&#233;om&#233;trie variable &#187; et &#171; en mal de reconnaissance &#187;, deux formules r&#233;currentes dans la litt&#233;rature professionnelle et savante la concernant. Dans cette perspective, former des coordinateurs, professionnels ayant d&#233;j&#224; une exp&#233;rience significative, doit passer par les voies du questionnement et de la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Modalit&#233; particuli&#232;re de recherche-action (Bergeron, 2014), la d&#233;marche de recherche-formation combine &#171; recherche de terrain &#224; vis&#233;e acad&#233;mique, r&#233;flexion sur la pratique, innovation p&#233;dagogique et formation dipl&#244;m&#233;e &#187; (Paill&#233;, 1994, p. 215). Elle comporte deux caract&#233;ristiques principales, deux principes d'action :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une forte correspondance de la d&#233;marche de formation avec les mod&#232;les de la d&#233;marche de recherche, autour du triptyque probl&#233;matisation &#8211; conceptualisation &#8211; formalisation ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un mode d'engagement conjoint des professionnels &#233;tudiants et du chercheur dans l'action : les premiers avec leur exp&#233;rience et la volont&#233; de l'interroger pour la faire &#233;voluer ; le second avec le projet de g&#233;n&#233;rer des connaissances afin de rendre plus intelligibles, et mieux adapt&#233;es, les interventions d&#233;velopp&#233;es dans ce champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cadre et la d&#233;marche de cette recherche-formation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'actualiser et d'enrichir ce travail de probl&#233;matisation et de conceptualisation, nous avons d&#233;velopp&#233; une d&#233;marche d'enqu&#234;te visant conjointement la professionnalisation des stagiaires, professionnels exp&#233;riment&#233;s du travail social, et la production de r&#233;sultats en termes de connaissances, dans le champ des sciences de l'&#233;ducation et de la formation. Cette formation annuelle est con&#231;ue et mise en &#339;uvre autour de la r&#233;alisation d'une monographie individuelle, elle-m&#234;me nourrie par une d&#233;marche de probl&#233;matisation de son exp&#233;rience professionnelle par les &#233;tudiants-stagiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, dans le cadre d'une formation professionnelle pour adultes, de mettre des professionnels dans une d&#233;marche de questionnement empruntant &#224; la d&#233;marche de la recherche dans le champ de l'activit&#233; (Barbier, 2013) ; ils ont la volont&#233; de pousser la probl&#233;matisation jusqu'&#224; la formation de comp&#233;tences nouvelles dans leur travail. En &#233;cart &#224; cette action, le chercheur analyse &#224; la fois les modes d'implication de ceux-ci dans la d&#233;marche de questionnement et les effets que cela produit sur leurs points de vue et leurs conceptions de leur activit&#233;. Les professionnels-&#233;tudiants sont inform&#233;s de cette activit&#233; d'observation. La construction de la monographie est bien s&#251;r accompagn&#233;e par des apports conceptuels et exp&#233;rientiels, et des d&#233;bats organis&#233;s &#224; partir des questions apport&#233;es par les &#233;tudiants-stagiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les stagiaires, la plupart sont aujourd'hui en fonction de coordination, mais selon des statuts et des modes de reconnaissance diff&#233;rents ; certains visent la cr&#233;ation de cette fonction, d'autres, plut&#244;t marginaux (1 ou 2 par an sur des promotions qui vont de 15 &#224; 20 dans les ann&#233;es r&#233;centes) se forment en vue de trouver un emploi dans ce domaine. La formation &#233;tant en cours de certification, elle est essentiellement financ&#233;e par les structures, par le plan de d&#233;veloppement des comp&#233;tences ; ceci suppose que les &#233;tudiants-stagiaires ont l'appui de leur direction, ce qui n'est pas anodin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;marche d'enqu&#234;te mise en &#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que ce mat&#233;riau a &#233;t&#233; l'objet d'un traitement particulier compte tenu de l'orientation th&#233;matique de cette contribution. Il avait subi un tout autre traitement pour une pr&#233;c&#233;dente publication (Triby, 2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les id&#233;es directrices de notre enqu&#234;te&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Id&#233;e directrice 1. Issue des politiques sociales en vigueur depuis le d&#233;but du si&#232;cle en France, l'activit&#233; de coordination consiste &#224; transposer dans les situations de travail avec les usagers les exigences d'organisation et d'efficience formul&#233;es &#224; l'&#233;chelle macro-sociale et politique. Bien que ne s'inscrivant pas dans une relation hi&#233;rarchique, le coordinateur doit chercher &#224; exercer une influence sur le travail des professionnels de l'&#233;quipe. L'exercice de cette fonction implique &#224; la fois la mobilisation de savoirs et de points de vue divers ; il est au c&#339;ur d'enjeux organisationnels et relationnels qui, forc&#233;ment, le d&#233;passent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Id&#233;e directrice 2. La coordination peut &#234;tre assimil&#233;e au &#171; management transversal &#187;, avec ses potentialit&#233;s mais &#233;galement ses limites. Le coordinateur fonctionne dans l'horizontalit&#233; des relations de travail entre les professionnels et les publics dont il cherche &#224; am&#233;liorer l'efficacit&#233; de la coop&#233;ration. Il est contraint d'articuler son activit&#233; &#224; celle du chef de service au sein d'une aire de comp&#233;tences partag&#233;e, donc susceptible de contestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces id&#233;es directrices pour le traitement des donn&#233;es sont largement inspir&#233;es de th&#233;ories de l'activit&#233; (Mayen, 2012 ; Schwartz, 2021) :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'activit&#233; fonctionne &#224; travers la mobilisation et la r&#233;duction toujours provisoire de tensions, voire de contradictions, entre l'individuel et le collectif, l'usager et le professionnel&#8230; Chaque tension est susceptible de s'articuler &#224; une autre &#224; travers le mode de d&#233;marche mise en &#339;uvre (plus ou moins collaboratif), le type d'instrument mobilis&#233;, l'objectif &#233;valuable vis&#233;, etc.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le travail de coordination se nourrit de la subjectivation de professionnels du travail social contraints de cr&#233;er des situations et des instruments intellectuels et op&#233;rationnels pour donner corps &#224; leur fonction ; ce travail tend &#224; construire les conditions de d&#233;veloppement de cette forme de management, tant en termes sociocognitifs que politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mat&#233;riau et m&#233;thodologie de l'enqu&#234;te&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;riau de l'enqu&#234;te ici pr&#233;sent&#233;e est constitu&#233; en fait de trois &#233;l&#233;ments : l'&#233;l&#233;ment principal sont les monographies r&#233;dig&#233;es depuis la cr&#233;ation de la formation (de 25 &#224; 35 pages, hors annexes) ; c'est aujourd'hui la huiti&#232;me promotion, ce qui &#233;quivaut &#224; une cinquantaine de monographies recens&#233;es et enregistr&#233;es dans leur mouture finale. &#192; cela s'ajoutent des traces des s&#233;ances d'accompagnement &#224; l'&#233;laboration des monographies ainsi que l'organisation des d&#233;bats lors des s&#233;ances de formation. Pour ces deux derni&#232;res sources de mat&#233;riaux, il s'agit davantage d'&#233;l&#233;ments r&#233;unis a posteriori que de donn&#233;es &#224; proprement parler ; elles n'ont pas le m&#234;me poids dans l'analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les monographies comportent trois types de donn&#233;es analysables :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des informations sur la mise en &#339;uvre concr&#232;te de la coordination en contexte, entre intentions et r&#233;sistances du terrain : ce sont des faits mat&#233;riels mais &#233;galement des informations sur les fiches de poste, les organigrammes, les salaires, et l'analyse critique que leurs auteurs en font&#8230; Cela nourrit &#224; la fois la probl&#233;matisation et la conceptualisation, et oriente bien &#233;videmment l'enqu&#234;te des &#233;tudiants ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des donn&#233;es d'enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e par les professionnels-&#233;tudiants aupr&#232;s de leurs coll&#232;gues, y compris la hi&#233;rarchie des &#233;tablissements, plus rarement aupr&#232;s des usagers ou des partenaires ext&#233;rieurs ; il s'agit principalement de comptes-rendus d'entretiens. Cela permet aux auteurs de se construire un point de vue personnel et professionnel ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des &#171; pr&#233;conisations &#187; et des plans d'action con&#231;us par les professionnels-&#233;tudiants. Le principe de cette &#233;tape op&#233;rationnelle est de pouvoir d&#233;velopper la repr&#233;sentation de leur pouvoir d'agir, dans l'aire potentielle d'intervention d'un coordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement de ces donn&#233;es &#8211; saisie des informations et des analyses, collecte de verbatims d'enqu&#234;te, description du plan d'action &#8211; est r&#233;alis&#233; par une d&#233;marche assez classique d'analyse de contenu th&#233;matique, elle-m&#234;me structur&#233;e par les deux id&#233;es directrices.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;R&#233;sultats de l'enqu&#234;te&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats d'une recherche-formation sont forc&#233;ment marqu&#233;s par le cheminement de la formation sur pr&#232;s de dix ans et l'implication du chercheur dans cette formation. La structuration des r&#233;sultats reprend les orientations de nos id&#233;es directrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;alit&#233; de l'activit&#233; des coordinateurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que font les coordinateurs ? De quoi la coordination est-elle le nom dans les institutions du social ? L'analyse de notre mat&#233;riau d'enqu&#234;te apporte quelques pistes de compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La cr&#233;ation du poste&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il reste des institutions sans coordinateur parmi celles qui sont repr&#233;sent&#233;es dans la formation, c'est de plus en plus rare aujourd'hui. La raison invoqu&#233;e pour la cr&#233;ation d'un poste de coordinateur est plus souvent la surcharge de travail du chef de service que le choix politique de cr&#233;er un emploi qui, du fait de l'&#233;volution des missions dans le travail social, pourrait s'av&#233;rer judicieux. Trop souvent encore, il reste des cas de postes cr&#233;&#233;s &#224; la place de la cr&#233;ation d'un poste de chef de service. L'argument financier (le co&#251;t respectif des deux postes) n'est pourtant jamais invoqu&#233; par les directions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; parts &#224; peu pr&#232;s &#233;gales, on trouve des coordinateurs &#224; temps complet ou &#224; temps incomplet : &#224; mi-temps, voire &#224; temps tr&#232;s partiel (un jour par semaine). L'autre mi-temps est un poste de travailleur social (TS)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut R&#233;gional de Travail Social.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sauf dans deux cas : une secr&#233;taire et une charg&#233;e de communication. L'initiative de la cr&#233;ation revient majoritairement aux directions, mais il arrive que ce soit un TS qui pousse &#224; cette cr&#233;ation (et a demand&#233;, dans ce but, &#224; suivre la formation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition des t&#226;ches n'est pas toujours clairement &#233;tablie. La plupart des &#233;tablissements ne disposent pas de fiche sur ce poste et se r&#233;f&#232;rent &#224; des documents externes pour exposer leurs attentes. Avant leur entr&#233;e en fonction, les coordinateurs ont en g&#233;n&#233;ral une anciennet&#233; significative dans leur &#233;tablissement. Ils b&#233;n&#233;ficient tous d'un surcroit de r&#233;mun&#233;ration. Les &#233;tablissements privil&#233;gient volontiers la promotion &#8211; si l'on peut dire pour une fonction non hi&#233;rarchique &#8211; en revanche, les donn&#233;es sont plus floues sur les crit&#232;res de choix des personnes promues : un professionnel confirm&#233;, ayant fait ses preuves, ou une personne identifi&#233;e pour ces dispositions apparentes pour la fonction ? Cela pose deux questions : quelles sont les comp&#233;tences effectivement attendues ? Plut&#244;t des comp&#233;tences professionnelles dans le travail social ou plut&#244;t des comp&#233;tences en management ? Ceci est loin d'&#234;tre anodin au regard de la mani&#232;re dont la fonction sera effectivement occup&#233;e. Quel peut &#234;tre l'effet du choix de promouvoir un membre de l'&#233;quipe sur le fonctionnement m&#234;me de cette &#233;quipe ? C'est une question ancienne dans les organisations industrielles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une question largement trait&#233;e par la sociologie du travail particuli&#232;rement,&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui comporte &#224; la fois des enjeux professionnels (identit&#233;) et des enjeux proprement &#233;conomiques (efficacit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les potentialit&#233;s de la fonction&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un coordinateur renvoie sa fonction &#224; un &#171; d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'horizontalit&#233; des rapports, en tout cas plus horizontal qu'&#224; une certaine &#233;poque &#187; (50)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par convention, nous avons opt&#233; pour les italiques pour les citations tir&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'efficience de la fonction serait ainsi li&#233;e &#224; un ph&#233;nom&#232;ne social beaucoup plus vaste dont la coordination ne constituerait qu'une d&#233;clinaison locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un coordinateur travaillant au 115 (accueil d'urgence) cherche, dans l'exercice de sa fonction, &#224; &#171; participer &#224; la fluidit&#233; des parcours (et donc des dispositifs) du public afin de l'optimiser (dans l'int&#233;r&#234;t statistiques/financement) de tout le monde &#187; (29) ; ce qui est l'expression m&#234;me de l'horizontalit&#233; dans une &#171; soci&#233;t&#233; liquide &#187; (Z. Bauman). Ce professionnel pr&#233;cise que c'est dans l'int&#233;r&#234;t de l'usager, mais aussi dans &#171; l'int&#233;r&#234;t statistique &#187; en lien aux attentes &#171; des financeurs et des politiques &#187;. Un autre se voit plut&#244;t &#171; comme un sujet porteur d'un ensemble de ressources mobilisables autour d'une vision partag&#233;e &#187; (34). Il s'agit alors &#171; de cr&#233;er les conditions de la motivation &#187; des membres de l'&#233;quipe : on touche l&#224; la dimension manag&#233;riale mais peut-&#234;tre plus encore &#224; l'accompagnement, tellement n&#233;cessaire dans nos soci&#233;t&#233;s d'individus (Paul, 2021). &#192; ce propos, une coordinatrice informe qu'elle a l'habitude d'aller sur le terrain en bin&#244;me avec un membre de l'&#233;quipe ; elle rel&#232;ve que ce sont &#171; des occasions d'&#233;changes et de confidences : moment de doute, perte de sens, fatigue, col&#232;re &#187; (49). Un autre coordinateur pense que la fonction permet &#171; d'am&#233;liorer le rep&#233;rage et la remont&#233;e des besoins &#187; (42). Ceci se situe dans la ligne des pr&#233;conisations des lois de 2002 et 2005, et, de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, dans le cadre des actions qui visent &#224; &#171; remettre l'usager au centre &#187; des politiques sociales et conforte la fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus simplement, une assistante sociale dans le champ professionnel du grand &#226;ge et de la d&#233;pendance rappelle les fondamentaux de la fonction : celle-ci l'aurait &#171; amen&#233;e a&#768; (s)'interroger sur le r&#244;le de la coordination comme levier m&#233;dico-social dans la prise en charge sanitaire de la personne &#226;g&#233;e. Et par cons&#233;quent, sur la place du coordinateur pour impulser cette dynamique &#187; (11). Cela renvoie aux sources historiques de la coordination dans le secteur m&#233;dico-social, sachant qu'aujourd'hui, hormis la Covid-19, ce sont moins les &#233;pid&#233;mies que le vieillissement de la population et le d&#233;veloppement de pathologies diminuant l'autonomie possible des personnes qui sont en cause : ils semblent exiger ce format d'action par le parcours qui recouvre moins l'id&#233;e d'un cheminement maitris&#233;, toujours tr&#232;s al&#233;atoire en la mati&#232;re, qu'une meilleure r&#233;partition de la prise en charge entre diff&#233;rents partenaires. L'offre d'action sociale se disperse sur le territoire, il convient donc de la coordonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les difficult&#233;s rencontr&#233;es par la mise en &#339;uvre de la coordination&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces potentialit&#233;s peu contest&#233;es dans les monographies analys&#233;es, des difficult&#233;s significatives apparaissent pourtant, parfois de fa&#231;on r&#233;currente. Elles concernent notamment la reconnaissance des t&#226;ches li&#233;es &#224; ce poste et le fonctionnement effectif de la coordination. En rapport &#224; la reconnaissance des t&#226;ches, deux cas de figure apparaissent dans certaines monographies :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le transfert des t&#226;ches administratives. Puisque le coordinateur est pay&#233; pour pouvoir passer plus de temps dans son bureau, les TS lui r&#233;servent tout un ensemble de t&#226;ches, de nature plut&#244;t &#171; administrative &#187; : gestion des plannings, r&#233;daction et diffusion des &#233;crits professionnels, r&#233;daction des comptes-rendus de r&#233;unions d'&#233;quipe, renseignement des documents de suivi de l'activit&#233;, etc. Le coordinateur se pr&#233;sente davantage comme un assistant du chef de service qu'un tenant d'un pouvoir organisateur ; c'est ainsi au moins que l'interpr&#232;tent les professionnels concern&#233;s dans leurs monographies ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la perte d'une certaine l&#233;gitimit&#233; sur le terrain. Ce constat n'est pas majoritaire mais appara&#238;t de fa&#231;on suffisamment fr&#233;quente dans les monographies (presqu'une vingtaine de fois) pour &#234;tre relev&#233; ; cette &#233;volution est g&#233;n&#233;ralement regrett&#233;e par les auteurs qui la constatent. Dans un verbatim collect&#233; par un &#233;tudiant, un &#233;ducateur s'&#233;crie, parlant de &#171; son &#187; coordinateur : &#171; de toutes fa&#231;ons, Yannick n'est plus dans le groupe ! (&#8230;) il est moins impliqu&#233; qu'avant &#187; (26). Il n'est plus vraiment &#171; travailleur social &#187;, professionnel qui co-construit son activit&#233; avec les usagers. C'est le principe des &#171; cadres de proximit&#233; &#187; dans les services hospitaliers, laissant entendre qu'une certaine distance aux actes professionnels est n&#233;cessaire pour coordonner l'activit&#233; des soignants. Il est ainsi reproduit dans le secteur social et m&#233;dico-social. La coordination pourrait s'accommoder d'une certaine abstraction pour se r&#233;aliser, tout en ayant besoin d'une personne d&#233;sign&#233;e pour la prendre en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le fonctionnement effectif de la coordination, il y a d'abord ce &#171; manque de temps &#187; r&#233;guli&#232;rement relev&#233; (avec des formulations vari&#233;es mais convergentes), particuli&#232;rement pour les professionnels &#224; mi-temps ou &#224; temps tr&#232;s partiel dans cette fonction : &#171; &#224; ce jour, ma plus grande difficult&#233; est le manque de temps en raison de ma double activit&#233; et la rationalisation de mon travail. Cependant, il est primordial pour moi et la cr&#233;dibilit&#233; de la fonction de mener a&#768; terme les projets engag&#233;s &#187; (38). Cette citation montre combien l'invocation de ce manque est r&#233;v&#233;latrice d'un d&#233;faut de l'organisation du travail au regard de ce que les professionnels portent comme conceptions de leur m&#233;tier et du &#171; travail bien fait &#187; (Clot, 2013), bien plus que d'un d&#233;faut absolu de temps disponible : une tension entre l'id&#233;al de l'activit&#233; et ce que l'organisation autorise pratiquement. Un autre &#233;l&#233;ment de la pratique de la coordination dans cette situation rencontr&#233;e &#224; plusieurs reprises par un coordinateur : la question de &#171; la prise de d&#233;cision en situation d'urgence &#187; (50) (une d&#233;cision d'h&#233;bergement pour un &#171; sans papier &#187;, par exemple). Le coordinateur en question est surpris par le fait que ses coll&#232;gues de l'&#233;quipe lui demandent parfois de prendre la d&#233;cision et de l'expliquer &#224; la personne, alors que cela fait partie int&#233;grante de leur responsabilit&#233;. Dans un entretien de suivi de monographie, ce coordinateur (qui a 30 ans de m&#233;tier mais deux ann&#233;es dans cette fonction) s'interroge sur le fait que cela pourrait &#234;tre li&#233; &#224; un ph&#233;nom&#232;ne g&#233;n&#233;rationnel chez les TS plus jeunes. Plus s&#251;rement, cela semble li&#233; &#224; une &#233;volution de la conception de sa responsabilit&#233; dans une soci&#233;t&#233; aux liens sociaux fragilis&#233;s et &#224; une pr&#233;carisation des ressources disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les actions pr&#233;conis&#233;es en tant que coordinateur&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux grandes orientations, assez compl&#233;mentaires, sont propos&#233;es pour r&#233;pondre le plus sp&#233;cifiquement possible &#224; ces difficult&#233;s : l'une concerne la communication, l'autre concerne le suivi des projets et de l'activit&#233; de l'&#233;quipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la communication, les &#171; solutions &#187; pr&#233;conis&#233;es par certains professionnels &#233;tudiants concernent notamment les comptes-rendus des r&#233;unions d'&#233;quipe, qui doivent &#234;tre particuli&#232;rement soign&#233;s afin de constituer des aides efficaces pour le travail individuel et collectif ; cela semble un peu d&#233;risoire sinon vain, pourtant la possibilit&#233; de disposer d'un &#233;crit permet de partager une certain conception de ses missions : la recherche de r&#233;f&#233;rents langagiers et s&#233;mantiques communs peuvent am&#233;liorer le sentiment d'un agir commun. D'autres pr&#233;conisent de &#171; formaliser davantage les temps de transmission au moment des changements d'&#233;quipe &#187; (32). Dans une logique de &#171; r&#233;cit d'exp&#233;rience &#187; mis en commun autant que de continuit&#233; du service, c'est une autre intelligibilit&#233; de son travail qui peut &#234;tre &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le suivi des projets, outre la communication, de nombreux &#233;tudiants sont tent&#233;s par &#171; l'&#233;laboration d'outils de suivi et d'&#233;valuation des projets &#187; (4, 23, 27, 32, 35). Assumant &#224; leur insu les attendus du &#171; public management &#187;, ces professionnels sont surtout pr&#233;occup&#233;s de rendre plus visible le projet en train de se r&#233;aliser, ce qui pourrait donner aux membres de leur &#233;quipe le sentiment d'une plus grande maitrise de leur activit&#233;. Cependant, d'autres ont d&#233;j&#224; tent&#233; l'exp&#233;rience : &#171; j'ai propos&#233; un outil d'&#233;valuation des projets personnalis&#233;s, parce que je pense qu'il est important de se rendre compte de ce qu'on a fait. Pour l'instant, mes coll&#232;gues s'en servent trop peu &#187; (26). Les exp&#233;rimentateurs &#233;prouv&#233;s invoquent &#171; la surcharge de t&#226;ches administratives &#187; (17, 26) &#224; laquelle sont d&#233;j&#224; confront&#233;s leurs coll&#232;gues, ce qui laisse entendre combien une &#233;valuation formalis&#233;e sert davantage &#224; l'administration qu'&#224; l'action. D'autres &#233;voquent plut&#244;t une &#171; r&#233;ticence &#187; (23) ou une &#171; r&#233;sistance visc&#233;rale &#187; (25) &#224; l'&#233;valuation dans ce milieu professionnel, rejoignant alors des r&#233;flexions sur la &#171; d&#233;professionnalisation &#187; du travail social et &#233;ducatif (Aball&#233;a, Dubet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux termes de son &#233;tude historique, C. Garcette conclut : &#171; finalement, la coordination ne se d&#233;cr&#232;te pas, elle se construit &#187; (2008, p. 54). Cette construction se situe au croisement des modes d'int&#233;gration du coordinateur dans son &#233;quipe et d'appropriation de ses t&#226;ches, d'un c&#244;t&#233;, des orientations organisationnelles des directions d'&#233;tablissement, d'autre part. La place d&#233;volue au coordinateur parait centrale : sa d&#233;finition explicite et partag&#233;e, la sp&#233;cificit&#233; r&#233;elle de ses t&#226;ches, les conditions d'exercice de sa fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fonctionnement effectif du management transversal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la r&#233;alit&#233; de ce management transversal ? L'horizontalit&#233; du pouvoir a-t-elle un sens ? Notre enqu&#234;te apporte quelques r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'identit&#233; du manager &#171; transversal &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport au terrain para&#238;t ici d&#233;cisif pour d&#233;finir la place de ce nouveau manager : rapport au travail des TS &#171; sur le terrain &#187; et rapport avec les usagers. La directrice d'un &#233;tablissement interrog&#233;e par un de ses coordinateurs et &#233;tudiant dans la formation, l'affirme tout de go : &#171; coordinateur, c'est une nouvelle fonction (&#8230;) pour ne pas qu'on perde le terrain &#187; (50). Une coordinatrice fait &#233;cho &#224; cette position tranch&#233;e : &#171; mon r&#244;le de proximit&#233; et d'interlocuteur a&#768; travers la coordination les a rassure&#769;s &#187; (33). Une assistante sociale stagiaire pr&#233;cise : &#171; je pense que le fonctionnement horizontal permet une certaine neutralit&#233; avec l'&#233;quipe enti&#232;re. Le fait de ne pas avoir de lien hi&#233;rarchique favorise la communication avec les coordinateurs &#187; (50) ; elle invoque la neutralit&#233; pour qualifier la posture du coordinateur, pr&#233;cisant que, pour l'&#233;quipe, &#171; l'absence de lien de subordination permet des liens plus importants avec les coordos &#187; ; elle y trouve &#171; une approche diff&#233;rente de celles des membres de l'&#233;quipe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Largement discut&#233;e dans la formation, la possibilit&#233; de formuler un point de vue, &#224; la fois mode de compr&#233;hension et d'implication, est apparue essentielle ; un point de vue diff&#233;rent de celui de la hi&#233;rarchie mais aussi des membres de l'&#233;quipe, pour exprimer l'activit&#233; que suppose une telle prise de position. Le coordinateur est r&#233;solument du c&#244;t&#233; du savoir plus que du pouvoir ; en ce sens, il serait activateur de &#171; l'intelligence collective &#187; (Lemonnier, 2015), si cette expression a un sens. Dans le contenu des monographies, les professionnels montrent l'importance de cette &#171; position m&#233;diatrice &#187; (36) mais aussi la complexit&#233; qu'il y a &#224; d&#233;battre et prendre des d&#233;cisions &#224; ce &#171; niveau horizontal &#187; (46). Un assistante sociale interrog&#233;e lors d'une enqu&#234;te conclut pourtant : &#171; ce fonctionnement prouve qu'on peut travailler en toute intelligence et de mani&#232;re efficace sans lien hi&#233;rarchique, tout en prenant des d&#233;cisions quand c'est n&#233;cessaire, en se consultant d'&#233;gal &#224; &#233;gal &#187; (47).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les rapports avec la hi&#233;rarchie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rapports articulent les liens de la hi&#233;rarchie avec le terrain et les liens du terrain, particuli&#232;rement les &#233;quipes, avec cette hi&#233;rarchie. L'enjeu, pour le coordinateur, est de constituer le point d'articulation de ces rapports litt&#233;ralement oppos&#233;s. Une cheffe de service interrog&#233;e constate : &#171; le fait d'avoir un coordinateur bouscule quand m&#234;me l'organisation dans le sens o&#249; le chef de service perd une partie de sa proximit&#233; &#224; la fois avec les &#233;quipes et avec le public &#187; (48). Un psychologue interview&#233; dans une monographie dit que &#171; la distribution des missions remet les chefs de service sur des t&#226;ches plus administratives parce qu'il y a des exigences de tra&#231;abilit&#233;, plus de comptes &#224; rendre &#187; (50). Ceci pourrait laisser entendre que l'apparition des coordinateurs a s&#233;par&#233; les chefs de service du terrain. Alors que c'est historiquement l'inverse qui s'est pass&#233; : c'est parce que les chefs de service avaient perdu leur &#171; proximit&#233; &#187; qu'il a fallu introduire des coordinateurs. Il est int&#233;ressant de voir qu'aujourd'hui, ce soit une lecture invers&#233;e qui en est faite ; cela semble montrer l'institutionnalisation de la fonction et de la place des coordinateurs, et la reconnaissance implicite que le besoin social r&#233;el qui fonde la mission des TS est du c&#244;t&#233; du &#171; terrain &#187;, plut&#244;t que ce qu'en font et disent les politiques. La position des chefs de service autant que des coordinateurs est r&#233;v&#233;latrice de cette tension, de ce &#171; malaise &#187; dans le travail social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains chefs de service refusent cette coupure par rapport au terrain, ils &#171; ne veulent pas l&#226;cher ce c&#244;t&#233;-l&#224;, le terrain, l'&#233;ducatif &#187; (48). Une coordinatrice interrog&#233;e rel&#232;ve : &#171; la cheffe de service parle d'amertume de devoir quitter le terrain (&#8230;), il y a toute une vie du service qu'elle n'a plus &#187; (50). Une autre coordinatrice pr&#233;cise qu'il y a pour eux (les cadres) une &#171; perte de gestes techniques &#187; (48). Un psychologue explique ainsi la situation : &#171; le fait de travailler ensemble avec l'&#233;quipe, de travailler avec du bon sens, c'est manager par les valeurs. Ce qu'un chef de service ne peut plus forc&#233;ment beaucoup faire car il a des obligations administratives de reporting qui souvent bousculent ses valeurs &#187; (50). Une assistance sociale rench&#233;rit : &#171; on voit de plus en plus de cadres dans des conflits de valeurs. Vous (les coordinateurs) managez avec toutes vos valeurs &#187; (36). C'est bien en ce sens qu'il faut comprendre la position dite &#171; interm&#233;diaire &#187; des chefs de service, &#224; l'instar des manageurs et anciens contremaitres dans les organisations marchandes. Ces conflits de valeurs, tr&#232;s fr&#233;quemment relev&#233;s dans les monographies, n'ont rien de th&#233;orique : ils correspondent &#224; des mani&#232;res pratiques et alternatives d'orienter ses choix, de prendre des d&#233;cisions, d'&#233;couter les demandes des usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le r&#244;le des manageurs, hi&#233;rarchiques ou non, de g&#233;rer ces conflits de valeurs ; mais, dans une position verticale, on encadre le lien, dans l'autre (horizontale), on construit le lien. Ce que r&#233;sume d'une certaine fa&#231;on ce coordinateur : &#171; ces habitudes r&#233;guli&#232;res de travail de terrain, bras dessus bras dessous, facilitent la construction d'un lien un peu plus solide au d&#233;triment de la cheffe de service. Il faut alors penser &#224; ne pas marcher dans les plates-bandes des cadres, savoir qui fait quoi entre les coordinateurs et les chefs de service et savoir en r&#233;f&#233;rer au niveau en sup&#233;rieur en cas de complication &#187; (47).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La directrice d&#233;j&#224; cit&#233;e plus haut tranche dans ce sens : &#171; l'organisation verticale a un r&#244;le hi&#233;rarchique, tr&#232;s RH. (&#8230;) L'horizontalit&#233; est sur la mission, le m&#233;tier &#187; (50). Ce qui ne simplifie pas les choses. Elle ajoute, dans une vis&#233;e sans doute consensuelle : &#171; ces deux organisations ne s'opposent pas, elles sont compl&#233;mentaires &#187;. La formule a le m&#233;rite d'affirmer le bien-fond&#233; de cette dualit&#233; manag&#233;riale ; elle &#233;nonce &#233;galement le caract&#232;re forc&#233;ment probl&#233;matique de la position des coordinateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les actions pr&#233;conis&#233;es pour agir sur le management lui-m&#234;me&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le souci de permettre le d&#233;ploiement du probl&#232;me de l'activit&#233; de coordinateur, une consigne de la monographie concernant les plans d'action &#233;tait de circonscrire le champ des pr&#233;conisations &#224; ce qui pouvait effectivement relever du pouvoir d'agir d'un coordinateur. Ceci exige de se limiter au niveau micro des situations, de s'inscrire dans les r&#233;seaux d'interaction impliquant le coordinateur, de s'int&#233;resser avant tout &#224; ce qui d&#233;finit les buts des actions de l'&#233;quipe. Dans cette perspective, deux types d'action m&#233;ritent particuli&#232;rement d'&#234;tre relev&#233;es dans les propositions des professionnels &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail sur l'explicitation de la fonction et la place du coordinateur. Cela concerne la d&#233;finition de la fonction et les modalit&#233;s de sa mise en actes : cela renvoie pratiquement au travail sur la fiche de poste, pour la reformuler ou la pr&#233;ciser quand elle existe, pour la construire et la renseigner quand elle reste &#224; &#233;laborer. Ensuite, cela suppose le partage des conceptions et des attendus de la fonction avec l'&#233;quipe ; il s'agit bien s&#251;r de la mettre en d&#233;bats avec les coll&#232;gues et d'autoriser l'affirmation d'un point de vue de la part du coordinateur, dans le cadre d'une rencontre &#224; laquelle participe le chef de service. Embrassant toutes les composantes du &#171; travail de management &#187; (Hubault, 2013), les pr&#233;conisations des monographies varient beaucoup sur cette th&#233;matique, entre celles qui privil&#233;gient plut&#244;t la construction du lien dans l'&#233;quipe, celles qui sont plut&#244;t orient&#233;e vers l'importance de l'&#233;coute de la demande des usagers, ou celles encore centr&#233;es sur l'interface avec la direction de l'&#233;tablissement. Enfin, une vis&#233;e plus formelle et normative est &#233;nonc&#233;e : la r&#233;vision de l'organigramme et la participation du coordinateur dans les instances de r&#233;gulation des &#233;tablissement. Le formalisme propre &#224; l'organigramme est mal adapt&#233; &#224; repr&#233;senter &#171; la r&#233;alit&#233; des rapports de pouvoir dans leur totalit&#233; &#187; (Morin, 1985, p. 12) ; dans le cas du coordinateur, c'est particuli&#232;rement juste et c'est sans doute pourquoi les auteurs de monographie qui abordent cet objet pr&#233;conisent surtout que cette fonction soit discut&#233;e au moyen de l'organigramme, m&#234;me s'il est impossible et porteur de confusions de vouloir produire un organigramme qui pr&#233;senterait le coordinateur &#224; sa juste place&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instauration de la r&#233;union de coordination. La r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;union comme moyen de renforcer la coordination ne va pas de soi tant il semble acquis pour beaucoup de ces professionnels comme de leurs coll&#232;gues qu'une r&#233;union, c'est souvent du temps un peu perdu, on s'y ennuie et, finalement, cela n'est pas tr&#232;s utile &#224; l'activit&#233;. Quand elles abordent cet objet (pour pr&#232;s de la moiti&#233; d'entre elles), les monographies n'utilisent pas forc&#233;ment cette appellation : r&#233;union de coordination. C'est pourtant de cela qu'il s'agit lorsque, dans l'une d'entre elles, son autrice semble d&#233;couvrir cette (fausse) &#233;vidence : &#171; en fait, les r&#233;unions d'&#233;quipe, &#231;a devrait &#234;tre fait pour poser les probl&#232;mes &#187; (24). Les probl&#232;mes, ce ne sont pas simplement les dysfonctionnements ou les tensions dans l'&#233;quipe ; c'est ce qui emp&#234;che et perturbe l'activit&#233;, et la possibilit&#233; d'en tirer un surcroit de pouvoir d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le de la r&#233;union de coordination a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; notamment par Gagneur et Mayen pour &#171; favoriser l'instauration de la coordination de l'activit&#233; collective &#187; (2010, p. 70). Il para&#238;t assez fid&#232;lement condenser les intentions que les professionnels &#233;tudiants indiquent dans leurs monographies et les discussions qui pr&#233;c&#232;dent. Trois principes orientent le fonctionnement de cette r&#233;union : &#171; le principe de l'interaction conversationnelle &#224; propos d'une situation r&#233;elle &#187; (ibid., p. 71) ; la vis&#233;e d'explicitation et de mise en discussion des buts, des mani&#232;res de faire, le fonctionnement observable de la collaboration, des occurrences de l'inattendu ; les conversations portent toutes sur l'activit&#233; et les conditions de l'activit&#233;, dans la perspective de &#171; la r&#233;gulation du changement &#187; (ibid.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comprendre la nature profonde de la coordination que de faire du changement une sorte de norme de fonctionnement pour une &#233;quipe, et de la r&#233;gulation des tensions et des conflits in&#233;vitables, une occasion d'inspirer ce changement. Non pas le &#171; changement &#187; auquel les salari&#233;s opposeraient une &#171; r&#233;sistance &#187;, aux dires des directions d'entreprise qui cherchent &#224; l'instituer, mais le changement qui est consubstantiel &#224; toute activit&#233; sociale en rapport &#224; l'humain, toujours singuli&#232;re, toujours mobile, particuli&#232;rement dans les contextes socio-institutionnels actuels. Ce changement n'est pas toujours visible ou per&#231;u, mais constitue le mouvement naturel des choses. Ces &#171; transformations silencieuses &#187;, cette &#171; impermanence &#187; (Jullien, 2009), ne sont visibles que si l'on s'interroge, collectivement, et si l'on est pr&#234;t &#224; apporter des r&#233;ponses ajust&#233;es &#224; ce changement identifi&#233;. Les coordinateurs int&#233;ress&#233;s par cette orientation rel&#232;vent deux ph&#233;nom&#232;nes en particulier :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; condition de les rechercher, il y a toujours un peu de nouveaut&#233;s susceptibles de mettre en question des routines, donc il convient d'&#234;tre pr&#234;t &#224; int&#233;grer de nouveaux modes d'interpr&#233;ter et de faire, donc apprendre et faire &#233;voluer sa comp&#233;tence en situation ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il y a toujours risque de diff&#233;rends voire de conflits, entre l'usager et le professionnels, le professionnel et les partenaires, entre les professionnels, donc besoin de &#171; r&#233;ajuster son point de vue &#187; (45), la compr&#233;hension de son int&#233;r&#234;t et sa conception du service &#224; rendre, donc de l'apprentissage encore&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S'il y avait la place, il serait possible de montrer la proximit&#233; de cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnaissons tout de m&#234;me que cette pratique de la r&#233;union de coordination n'a &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233;e que par deux professionnels de notre panel. S'ils rel&#232;vent, tous les deux, une certaine &#171; fid&#233;lisation &#187; (24, 36) &#224; ces r&#233;unions d'&#233;quipe d'un genre particulier, cela ne suffit pas pour en confirmer, aujourd'hui, ni leur possibilit&#233;, ni leur bien-fond&#233;. Celle-ci devra faire l'objet d'autres exp&#233;rimentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats et les pr&#233;conisations que les professionnels en tirent confirment &#171; les difficult&#233;s &#224; travailler de mani&#232;re collaborative &#224; construire un espace de travail horizontal &#187; (Grosstephan et al., 2023, p. 97), et donc le besoin de &#171; soutenir les efforts des acteurs pour apprendre &#224; reconcevoir leur travail de fa&#231;on &#224; d&#233;passer la contradiction entre une division verticale du travail et les enjeux li&#233;s &#224; une injonction au travail horizontal &#187; (ibid.) C'est ce qui justifie la pr&#233;sence de coordinateurs dans le travail social. Si la notion de &#171; management transversal &#187; ne convainc pas toujours, en particulier les &#233;tudiants, c'est moins pour le paradoxe qu'elle contient, que pour l'esp&#232;ce de paroxysme des tensions qu'il voudrait justement masquer par cette appellation (Gauffer, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Notre enqu&#234;te a confirm&#233; des analyses d&#233;j&#224; formul&#233;es &#224; propos de la coordination dans le travail social ; elle a surtout apport&#233; la dimension du v&#233;cu et la diversit&#233; des points de vue dans une fonction qui reste probl&#233;matique, tant pour son utilit&#233; que pour la l&#233;gitimit&#233; de celles et ceux qui l'occupent. Le fonctionnement r&#233;el de la coordination est le sympt&#244;me d'un travail social en transition dans nos soci&#233;t&#233;s d'individus marqu&#233;es par une nouvelle pr&#233;carit&#233;, des vuln&#233;rabilit&#233;s multiples et un d&#233;sir un peu paradoxal d'inclusion &#224; tout prix. Le coordonnateur est cens&#233; &#234;tre l'accompagnateur des changements que cette transition dessine d'une mani&#232;re un peu floue, ind&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, ce management en travail social implique-t-il un d&#233;veloppement des personnes, des personnes accompagn&#233;es comme les professionnels concern&#233;s ? Sans doute, si sa mise en &#339;uvre effective autorise de plus grandes interactions partag&#233;es sur l'activit&#233; m&#234;me des personnes comme des professionnels ; et si cette mise en &#339;uvre passe par une v&#233;ritable red&#233;finition des places dans les configurations sociales complexes au sein desquelles ils sont pris et cherchent &#224; se d&#233;faire (Marin, 2022). En somme si elle parvient &#224; se traduire par une vitalit&#233; nouvelle de la d&#233;mocratie aujourd'hui (Dewey, 1916, 2022).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Vous avez dit : &#171; usager &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on s'int&#233;resse aux activit&#233;s de service, particuli&#232;rement aux services dits &#171; publics &#187;, la d&#233;nomination de la personne &#171; b&#233;n&#233;ficiaire &#187; de ce service n'est pas vraiment stabilis&#233;e. L'appellation d'usager est courante, empruntant &#224; un vocabulaire administratif qui s'impose souvent dans les interactions sociales. Le terme &#171; usager &#187; renvoie pourtant &#224; deux id&#233;es ou connotations distinctes : quelqu'un &#8211; quelque chose, peut-&#234;tre &#8211; de plut&#244;t passif, d'une part, l'expression d'une relation unilat&#233;rale du professionnel qui produit le service &#224; l'usager qui le &#171; consomme &#187;, d'autre part. Nous savons pourtant que, en mati&#232;re de service, le pr&#233;tendu consommateur est n&#233;cessairement co-producteur du service, du fait m&#234;me qu'il constitue la mati&#232;re m&#234;me de ce service ; en fait, sa production ne peut pas &#234;tre dissoci&#233;e de son usage. Avec ces pr&#233;ventions importantes et au risque de contrarier les chercheurs du domaine, nous privil&#233;gions malgr&#233; tout ce terme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous retenons, c'est le verbe (infinitif) substantiv&#233;, comme il est possible de parler du devenir, du penser. On ne postule pas un pouvoir d'agir particulier, mais l'activit&#233; qui consiste &#224; mettre en usage les ressources et les normes propres &#224; un dispositif, un instrument. Cette mise en usage comporte &#224; la fois une dimension individuelle d'appropriation active de ces ressources et normes, et une dimension sociale de d&#233;veloppement de &#171; formes de vie &#187; (Ferrarese et Laugier, 2018 ; Fassin, 2018) ; celles-ci forment un ensemble de pratiques et de modes d'action marqu&#233;s par des croyances, des valeurs, mais &#233;galement par des institutions ou des appartenances singuli&#232;res. Substantiver un verbe infinitif, c'est la possibilit&#233; de ne pas lui faire perdre son sens actif. En l'occurrence, le sujet ne fait pas qu'utiliser des instruments, mobiliser certaines ressources. En usant de ce service, il affirme une place particuli&#232;re, une forme d'engagement dans une activit&#233;, son activit&#233;, il donne corps &#224; ces ressources, donne vie &#224; ces normes et cr&#233;e ce &#171; rapport d'usage &#187; avec les parties prenantes de l'action sociale (Janvier, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique, l'usager devient l'un des acteurs du service et de sa r&#233;alisation ; il concourt &#224; d&#233;finir, ou &#224; red&#233;finir, la place et le mode d'engagement du professionnel attach&#233; &#224; ce service, et donc la relation qui le lie &#224; l'usager. Le sens courant n'est pas masqu&#233; pour autant : nous n'oublions pas que cet usager est &#233;galement le sujet des politiques publiques. Ce double positionnement a l'int&#233;r&#234;t d'inscrire les personnes concern&#233;es dans &#171; un rapport de politisation &#187; : elles s'ancrent ainsi dans l'espace des politiques de protection sociale et leur &#171; permet de mieux saisir la &#034;port&#233;e politique&#034; de leurs activit&#233;s et leur situation &#187; (Giraud, 2022, p. 183).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception du sujet des politiques sociales devient l'occasion de red&#233;finir la possibilit&#233; d'un management dans ce &#171; rapport d'usage &#187;. Celui-ci ne peut plus &#234;tre l'objet d'un traitement institu&#233;. Il comporte une action conjointe du professionnel et de l'usager ; dans cette action, la part du professionnel doit &#234;tre l'objet d'une attention, d'une organisation, d'un am&#233;nagement particuliers. Elle ne peut pas simplement d&#233;couler de directives issues de la hi&#233;rarchie. Dans cette optique, le r&#244;le du professionnel se d&#233;fait d'une fonction d'encadrement ou de contr&#244;le des pratiques et de justification de la politique pour devenir interpellation de cette mise en usage (Foucault, 2023, p. 307-324).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie&lt;br class='autobr' /&gt;
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DOI : 10.3917/sh.sauss.2016.01.0105&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur&lt;/strong&gt; Emmanuel Triby&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universit&#233; de Strasbourg, LISEC&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles du m&#234;me auteur&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/edso/23506&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le management : cet obscur objet de travail et de formation&lt;/a&gt; [Texte int&#233;gral]&lt;br class='autobr' /&gt; Paru dans &#201;ducation et socialisation, 68 | 2023
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/edso/631&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;ditorial&lt;/a&gt; [Texte int&#233;gral]&lt;br class='autobr' /&gt; Paru dans &#201;ducation et socialisation, 35 | 2014
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/edso/634&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Actualit&#233; et inactualit&#233; de la stagification&lt;/a&gt; [Texte int&#233;gral]&lt;br class='autobr' /&gt; Paru dans &#201;ducation et socialisation, 35 | 2014&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'expression pourrait laisser croire que le march&#233; existe r&#233;ellement alors qu'il s'agit d'une fiction narrative pour comprendre la dynamique m&#234;me du syst&#232;me &#233;conomique (Gomez, 2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans la lign&#233;e fort lointaine de L'&#233;conomique de X&#233;nophon (Payot, Rivages, 1995) (1&#232;re &#233;d. -362 ?).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, Morin (1985) note que l'objet m&#234;me du management, tel que d&#233;fini par Peter Drucker souvent qualifi&#233; de &#171; p&#232;re du management &#187;, est de &#171; faire que les choses qui doivent &#234;tre faites le soient &#187;, soit, en anglais : &#171; to get the right things done &#187;, 1977, (cit&#233; p.12).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au risque d'une &#233;criture genr&#233;e dans un milieu professionnel majoritairement f&#233;minin, nous avons fait le choix d'&#233;crire coordinateur, faisant &#233;cho &#224; l'intitul&#233; du dipl&#244;me sur lequel cette enqu&#234;te s'appuie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; l'instar de l'inclusion, l'expression de coh&#233;sion sociale renvoie non seulement &#224; un discours reconnu comme performatif, mais &#233;galement au &#171; r&#244;le des id&#233;es dans la dynamique de l'&#201;tat social (&#8230;) ; les id&#233;es institutionnalis&#233;es de la protection sociale cr&#233;ent pour les citoyens un rapport de politisation : l'inscription des individus dans l'espace de ces politiques permet &#224; ces derniers de mieux saisir la &#8220;port&#233;e politique&#8220; de leurs activit&#233;s et de leur situation &#187; (Giraud, 2022, p.183).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut R&#233;gional de Travail Social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut R&#233;gional de Travail Social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une question largement trait&#233;e par la sociologie du travail particuli&#232;rement, d&#232;s les ann&#233;es 1970 en France, dans une vis&#233;e compr&#233;hensive, avant l'entr&#233;e par les comp&#233;tences, et une vis&#233;e comparative, notamment entre la France et l'Allemagne, pour caract&#233;riser des mod&#232;les d'organisation du travail (Maurice et al., 1982).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par convention, nous avons opt&#233; pour les italiques pour les citations tir&#233;es des monographies. Le chiffre qui suit correspond &#224; la num&#233;rotation des 50 monographies de notre panel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S'il y avait la place, il serait possible de montrer la proximit&#233; de cette pratique avec la d&#233;marche pr&#233;conis&#233;e par la &#171; sociologie de la traduction &#187; (Bernoux, 2012, p.112-117).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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