<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.innovation-pedagogique.fr/spip.php?id_auteur=11811&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
		<url>https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/siteon0-b9b71.png?1691667292</url>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
		<height>64</height>
		<width>64</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> &#201;motions, affects et institutions. Dialogue entre historiens et psychologues, analyse d'ouvrage par Louis Qu&#233;r&#233;</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article14870.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article14870.html</guid>
		<dc:date>2023-04-18T05:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Qu&#233;r&#233;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un article de la revue Activit&#233;s, une publication sous licence Creative Commons by nc nd &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet ouvrage est issu d'un s&#233;minaire du Groupe de recherche et d'&#233;tude sur l'histoire du travail et de l'orientation (GRESHTO), au CNAM. Pendant deux ans, ce s&#233;minaire, consacr&#233; au th&#232;me &#171; &#201;motions, affects et institutions &#187;, a r&#233;uni des chercheurs et des chercheuses en histoire (J. Martin, M. Saraceno, &amp; S. Wahnich) et en psychologie (A. Bonnemain, Y. Clot, R. Ouvrier-Bonnaz, B. Prot, &amp; J.-L. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique69.html" rel="directory"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/activites/8434&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; de la revue &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/activites&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, une publication sous licence Creative Commons by nc nd&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage est issu d'un s&#233;minaire du Groupe de recherche et d'&#233;tude sur l'histoire du travail et de l'orientation (GRESHTO), au CNAM. Pendant deux ans, ce s&#233;minaire, consacr&#233; au th&#232;me &#171; &#201;motions, affects et institutions &#187;, a r&#233;uni des chercheurs et des chercheuses en histoire (J. Martin, M. Saraceno, &amp; S. Wahnich) et en psychologie (A. Bonnemain, Y. Clot, R. Ouvrier-Bonnaz, B. Prot, &amp; J.-L. Tom&#225;s). L'ouvrage publie leurs contributions, qu'il r&#233;partit en quatre parties. La premi&#232;re retrace l'histoire du dialogue entre histoire et psychologie en France. La deuxi&#232;me est consacr&#233;e &#224; la place des &#233;motions dans la compr&#233;hension des &#233;v&#233;nements, qu'il s'agisse d'&#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires ou d'&#233;v&#233;nements dans le cadre du travail en entreprise. Une conceptualisation des &#233;motions y est aussi propos&#233;e, &#224; travers la distinction entre affects, sentiments et &#233;motions. La troisi&#232;me partie sugg&#232;re de rapprocher la notion de &#171; protagonisme &#187; (en histoire) et celle de &#171; personnalisation &#187; (en psychologie). Ces deux notions s'av&#232;rent pertinentes pour rendre compte de l'exp&#233;rience des femmes et des hommes engag&#233;s dans la r&#233;volution. La derni&#232;re partie est consacr&#233;e &#224; la &#171; psychologie industrielle &#187; d'Hugo M&#252;nsterberg, un psychologue prusso-am&#233;ricain (1863-1916), dont la distinction entre &#171; sciences objectivantes &#187; et &#171; sciences subjectivantes &#187;, ou entre &#171; sciences des intentions &#187; et &#171; sciences des ph&#233;nom&#232;nes &#187;, a inspir&#233; Max Weber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces neuf contributions sont pr&#233;c&#233;d&#233;es d'une introduction substantielle, dans laquelle les &#233;diteurs de l'ouvrage retracent les d&#233;bats qui ont accompagn&#233; la naissance et l'institutionnalisation de l'histoire, de la psychologie et de la sociologie au tournant des ann&#233;es 1900, et dans les ann&#233;es suivantes. Les auteurs soulignent notamment l'attrait des historiens de la premi&#232;re moiti&#233; du 20e si&#232;cle pour la psychologie. Cet attrait s'explique en partie par leur rejet des pr&#233;tentions quelque peu h&#233;g&#233;moniques du durkheimisme, qui a d&#233;tr&#244;n&#233; l'esprit et la conscience individuels au profit de la soci&#233;t&#233; et de la conscience collective, et fait de celles-ci des instances quasi transcendantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend que les psychologues n'aient pas beaucoup appr&#233;ci&#233; ce genre de mise en cause de leurs principales convictions. Mais on est plus surpris de lire chez les historiens des appels &#224; faire place &#224; la psychologie. Quand Marc Bloch &#233;crit que &#171; toute histoire est psychologique &#187; ou que &#171; les faits historiques sont, par essence, des faits psychologiques &#187;, on ouvre de grands yeux. Est-ce l'influence de Durkheim et des durkheimiens ? Ceux-ci avaient en effet d&#233;j&#224; dit quelque chose de semblable au sujet des faits sociaux, parce qu'ils consid&#233;raient que l'on retrouve dans la vie sociale &#171; les attributs constitutifs de la vie psychique &#187;. Ils en concluaient que la sociologie est finalement une forme de psychologie. Mais de quelle psychologie s'agit-il au juste ? Le volume en pr&#233;sente plusieurs, accordant une place importante &#224; celle de Lev Vygotski et d'Ignace Meyerson. Parmi elles figure aussi celle, peu connue, d'Hugo M&#252;nsterberg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que pour que le mariage de l'histoire et de la psychologie r&#233;ussisse il e&#251;t fallu qu'&#233;merge une v&#233;ritable &#171; psychologie historique &#187;, comme l'appelait de ses v&#339;ux Lucien Febvre. Le projet d'une telle psychologie a exist&#233;, mais il a fait long feu. L'ouvrage &#233;voque &#224; plusieurs reprises les publications de Meyerson dans lesquelles un tel projet a &#233;t&#233; formul&#233;. Mais il semble n'avoir convaincu ni les psychologues, ni les historiens, vraisemblablement parce qu'il les obligeait &#224; remettre en cause leur m&#233;taphysique implicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet Meyerson remettait profond&#233;ment en cause le cadre conceptuel de la psychologie classique &#8211; et notamment sa m&#233;connaissance de l'historicit&#233; essentielle de l'homme. Il critiquait &#233;galement la psychologie exp&#233;rimentale de ses coll&#232;gues (qui se croyait bien plus scientifique qu'elle ne l'&#233;tait en r&#233;alit&#233;). En un sens, le projet de Meyerson &#233;tait un projet d'externalisation de l'esprit, incompr&#233;hensible pour les tenants de la psychologie classique. Un peu comme Wilhelm Dilthey, Meyerson localisait l'esprit non pas dans la t&#234;te de l'individu, mais dans les productions humaines (dans la conduite, le travail, l'exp&#233;rience), c'est-&#224;-dire dans les &#171; &#339;uvres &#187; individuelles et collectives, dans les op&#233;rations intellectuelles engag&#233;es dans les comportements et les activit&#233;s, ainsi que dans les mythes, la magie, les religions, le droit, les institutions, les sciences, etc. Il consid&#233;rait le monde humain comme &#171; un monde d'&#339;uvres &#187; : &#171; C'est ce monde des &#339;uvres qui est la mati&#232;re v&#233;ritable d'une exploration objective de la nature des hommes, il doit &#234;tre pour la psychologie humaine ce que le monde des ph&#233;nom&#232;nes de la nature est pour la physique &#187; (Meyerson). C'est pourquoi &#171; l'examen des &#339;uvres, loin d'&#234;tre d&#233;volu &#224; l'historien seulement, doit constituer la mati&#232;re principale de la recherche du psychologue &#187; (Ibid.). C'est &#224; travers cet examen, &#224; l'aide de la m&#233;thode comparative et de la m&#233;thode historique, que l'on peut atteindre le &#171; fonctionnement mental &#187; des &#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet de psychologie historique rejoignait sous certains aspects celui de certains des h&#233;ritiers de Durkheim, que Meyerson consid&#233;rait in fine comme des psychologues. Mais il &#233;tait trop h&#233;t&#233;rodoxe pour les psychologues : &#171; Le travail de Meyerson soulevait des difficult&#233;s importantes (&#8230;) ; surtout, il mettait d'une certaine mani&#232;re en question le cadre conceptuel et m&#233;thodologique sur lequel la discipline &#233;tait fond&#233;e. &#192; contre-courant d'une psychologie qui s'appr&#234;tait &#224; naturaliser les vieilles facult&#233;s de l'esprit et restait, malgr&#233; tout, fid&#232;le &#224; son h&#233;ritage m&#233;taphysique, l'approche de Meyerson apparaissait comme une v&#233;ritable g&#233;n&#233;alogie de l'esprit. (&#8230;) Ce programme, aussi riche que complexe et difficile, n'a pas &#233;t&#233; discut&#233; publiquement &#187; (Pizarroso, 2008, p. 434). Il est possible aussi qu'il n'ait pas suffisamment &#233;lucid&#233; la condition d'une psychologie authentiquement historique : &#224; savoir que soit d&#233;velopp&#233;e une critique radicale de la philosophie de l'esprit et de la m&#233;taphysique qui servent de base &#224; la psychologie moderne, et m&#234;me &#224; la sociologie durkheimienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, Durkheim et les psychologues classiques (et sans doute les historiens) partageaient un m&#234;me cadre de pens&#233;e. Apr&#232;s tout, l'invention de la psychologie et de la sociologie &#224; l'&#233;poque moderne est avant tout une tentative d'application des m&#233;thodes de l'enqu&#234;te scientifique &#224; des probl&#232;mes d&#233;finis dans le cadre d'une philosophie d&#233;termin&#233;e de l'esprit, que l'on peut qualifier, &#224; la suite de Vincent Descombes (1995), de &#171; mentale &#187;. Il vaut la peine de s'interroger sur l'av&#232;nement, &#224; l'&#233;poque moderne, d'une telle philosophie, et sur la m&#233;taphysique qu'elle incarne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous assistons, avec la naissance et le d&#233;veloppement du cognitivisme et des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette philosophie propose une th&#233;orie &#171; m&#233;diationnelle &#187; de l'esprit : le sujet n'est pas en contact direct avec les choses, mais en relation avec des repr&#233;sentations internes des choses, en l'occurrence des id&#233;es dans son esprit (Dreyfus &amp; Taylor, 2015). Elle se caract&#233;rise par une substantialisation de l'esprit et par la position d'un ordre d'existence s&#233;par&#233;, le psychique. Elle identifie l'esprit &#224; la conscience et fait des &#233;tats et des processus psychiques la propri&#233;t&#233; d'un soi individuel. Ce soi dispose en effet d'un monde int&#233;rieur fait d'&#233;tats conscients, auxquels il a un acc&#232;s imm&#233;diat &#171; en premi&#232;re personne &#187;. L'esprit est aussi consid&#233;r&#233; comme l'agent exclusif de la connaissance. Cette philosophie mentale est en fait obnubil&#233;e par des questions de th&#233;orie de la connaissance et par le probl&#232;me de la v&#233;rit&#233;. C'est sans doute cette hypnotisation par les myst&#232;res de la connaissance qui l'a conduite &#224; faire de l'esprit individuel, et des &#233;tats et processus qui y sont suppos&#233;s log&#233;s, le si&#232;ge de la connaissance et, plus largement, de la vie mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la m&#233;taphysique qui sous-tend cette philosophie mentale, on peut la caract&#233;riser comme une &#171; m&#233;taphysique des &#233;tats d'esprit &#187; (Descombes, 1995). Cette m&#233;taphysique est une mani&#232;re de concevoir l'esprit ou le mental &#171; calqu&#233;e sur la philosophie naturelle des proc&#232;s physiques et des choses qui sont dans tel ou tel &#233;tat &#187; (Ibid., p. 273). La psychologie et la philosophie mentales modernes ont ainsi &#233;t&#233; enclines &#224; consid&#233;rer les verbes psychologiques (croire, penser, vouloir, projeter, avoir l'intention de, sentir, et les verbes d'&#233;motions) comme des &#171; verbes d'&#233;tat &#187;, c'est-&#224;-dire comme attribuant &#224; un sujet un &#233;tat d&#233;termin&#233;, et plus pr&#233;cis&#233;ment un &#233;tat actuel, isolable de par sa structure et son r&#244;le. Mais &#171; les &#233;tats psychiques ne deviennent des &#233;tats internes qu'&#224; la condition de traiter le psychisme comme un syst&#232;me clos &#187; (Ibid., p. 286).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second geste de la m&#233;taphysique des &#233;tats d'esprit consiste &#224; occulter la diff&#233;rence entre les attributions psychologiques et les attributions physiques : &#171; L'attribution physique passe par la d&#233;termination d'un &#233;tat, ce qui veut dire d'un &#233;tat actuel (d&#233;terminable &#224; tel instant) &#187; (Ibid., p. 282). Mais s'agissant du psychisme, il ne consiste pas en &#233;tats d&#233;terminables &#224; chaque instant, sauf s'il est identifi&#233; au cerveau. &#192; la source de cette diff&#233;rence entre les deux types d'attribution, il y a le fait que le langage ne s'applique pas &#224; nos &#233;tats mentaux &#171; de la m&#234;me mani&#232;re qu'aux &#233;tats de choses du monde qui nous entoure &#187; (Rosat, 2006, pp. 223-224). C'est un point sur lequel a insist&#233; Ludwig Wittgenstein. La psychologie mentale est encline &#224; appliquer &#224; son domaine d'objet les modes de description et d'explication pratiqu&#233;s dans les sciences de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la &#171; m&#233;taphysique des &#233;tats d'esprit &#187; se double souvent aussi d'un &#171; mythe des processus mentaux &#187; (Wittgenstein), qui consiste &#224; consid&#233;rer qu'aux ph&#233;nom&#232;nes mentaux correspondent des processus internes, des processus &#224; d&#233;couvrir, car ils n'apparaissent pas en surface, bref, des processus semblables &#224; ceux qu'&#233;tudient les sciences physiques. Certains ph&#233;nom&#232;nes mentaux sont incontestablement des processus, mais &#224; tous les concepts psychologiques ne correspondent pas n&#233;cessairement des processus internes. En outre, en parlant de processus on d&#233;termine implicitement les questions qu'il est pertinent de poser &#224; partir de ce terme, et on fait comme si on savait d&#233;j&#224; ce qu'il d&#233;signe, ou comme si on s'&#233;tait d&#233;j&#224; accord&#233; sur la fa&#231;on d'en r&#233;v&#233;ler la nature. Or cette modalit&#233; est souvent biais&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie mentale et la m&#233;taphysique des &#233;tats d'esprit ont profond&#233;ment marqu&#233; la compr&#233;hension que les individus modernes ont d'eux-m&#234;mes, de leurs comportements et de leurs affects. Ils con&#231;oivent leur Moi comme une int&#233;riorit&#233; psychique, comme le lieu de leurs pens&#233;es, de leurs sentiments et de leurs &#233;motions. Cette internalisation, qui donne une nouvelle signification &#224; la dualit&#233; int&#233;rieur/ext&#233;rieur, est all&#233;e de pair avec une d&#233;limitation nette du Soi (qui cesse d'&#234;tre &#171; poreux &#187; &#224; des forces externes &#8211; esprits mal&#233;fiques ou b&#233;n&#233;fiques, forces cosmiques, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre conception moderne de l'int&#233;riorit&#233; et de l'ext&#233;riorit&#233; para&#238;trait &#233;trange &#224; une autre culture et &#224; une autre &#233;poque. Pourtant c'est &#224; partir d'une telle conception que nous faisons l'exp&#233;rience de nos pens&#233;es, sentiments et &#233;motions. Cela a d&#233;sormais du sens pour nous de les localiser en nous et pas ailleurs :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ainsi nous en venons naturellement &#224; croire que nous avons un moi comme nous avons une t&#234;te ou des bras, que nous avons des profondeurs int&#233;rieures comme nous avons un c&#339;ur ou un foie, comme si c'&#233;tait un fait brut, ind&#233;pendant de toute interpr&#233;tation. Des distinctions de localisation, comme int&#233;rieur et ext&#233;rieur, semblent des faits que nous d&#233;couvrons sur nous-m&#234;mes plut&#244;t que des fa&#231;ons particuli&#232;res, parmi d'autres, de nous interpr&#233;ter nous-m&#234;mes (&#8230;). Qui d'entre nous peut croire que notre pens&#233;e se situe ailleurs qu'au-dedans, &#8220;dans l'esprit&#8221; ? Quelque chose dans la nature de notre exp&#233;rience de nous-m&#234;mes semble rendre presque irr&#233;sistible, incontestable, une telle localisation &#187; (Taylor, 1998, p. 152).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultent de cette localisation &#171; l'av&#232;nement de l'identit&#233; isol&#233;e &#187;, avec ses espaces et ses profondeurs int&#233;rieurs, une conception monologique de la conscience et l'&#233;mergence de nouvelles disciplines de ma&#238;trise de soi, &#233;tay&#233;es par &#171; une &#233;thique de l'ind&#233;pendance, de la ma&#238;trise de soi, de la responsabilit&#233; de soi, d'un d&#233;sengagement qui conf&#232;re de la ma&#238;trise ; une position qui requiert du courage, le refus de la soumission confortable &#224; l'autorit&#233;, des consolations du monde enchant&#233;, de l'abandon aux sollicitations des sens &#187; (Taylor, 2011, p. 951). En r&#233;sultent aussi une &#171; r&#233;flexivit&#233; radicale &#187;, consistant &#224; se concentrer sur soi-m&#234;me comme agent d'exp&#233;rience et &#224; prendre cette exp&#233;rience comme objet, ainsi qu'une conception subjectiviste de la rationalit&#233; et de la compr&#233;hension morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelqu'un comme Durkheim n'a jamais remis en cause les tenants et aboutissants de cette philosophie mentale. Sa m&#233;taphysique est un m&#233;lange de cart&#233;sianisme et de n&#233;o-kantisme. La pr&#233;sence de cet h&#233;ritage se voit notamment dans l'importance qu'il accordait au concept de repr&#233;sentation, allant jusqu'&#224; dire que &#171; tout ce qui est social consiste en repr&#233;sentations, par cons&#233;quent est un produit de repr&#233;sentations &#187; (Durkheim, 1896/97). Les repr&#233;sentations &#233;tant des ph&#233;nom&#232;nes psychiques, la soci&#233;t&#233; est elle-m&#234;me une r&#233;alit&#233; psychique, plus pr&#233;cis&#233;ment &#171; un r&#232;gne intellectuel &#187; surplombant les consciences priv&#233;es et formant une conscience collective. Les affects eux-m&#234;mes sont des repr&#233;sentations, en l'occurrence des &#171; repr&#233;sentations sensibles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce la reconduction de cette philosophie mentale et de sa m&#233;taphysique qui a provoqu&#233; les r&#233;ticences de certains historiens vis-&#224;-vis du durkheimisme ? Je ne suis pas s&#251;r qu'ils aient fait l'investissement n&#233;cessaire pour se donner un cadre conceptuel vraiment diff&#233;rent, malgr&#233; les innovations dont t&#233;moigne l'adoption d'un nouveau vocabulaire : &#171; mentalit&#233;s &#187; (Febvre) (attitudes, comportements, gestes) ; &#171; mat&#233;riel mental &#187; (Febvre) ; &#171; outillage mental &#187; (Le Goff). Sous &#171; outillage mental &#187;, Jacques Le Goff mettait des choses aussi h&#233;t&#233;rog&#232;nes que le vocabulaire, la syntaxe, les lieux communs, les conceptions de l'espace et du temps, les cadres logiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des psychologues, ils n'ont pas tous c&#233;d&#233; aux mirages de la philosophie mentale de l'esprit, comme l'atteste le cas Meyerson. J&#233;r&#244;me Martin rappelle aussi, dans sa riche contribution, la critique adress&#233;e par Henri Pi&#233;ron, au nom d'une conception exp&#233;rimentale de la psychologie, &#224; la &#171; psychologie subjectiviste &#187; d'Henri Bergson : &#171; En somme, il n'y a qu'une psychologie, qui n'est pas du tout l'&#233;tude des faits de conscience (&#8230;), mais qui est la science du comportement des &#234;tres vivants, science qui peut utiliser plusieurs m&#233;thodes, dont la m&#233;thode introspective n'est certes pas la plus satisfaisante. C'est une science biologique qui &#233;tudie la mani&#232;re dont un &#234;tre vivant re&#231;oit les influences du milieu et &#233;labore ses r&#233;actions &#187; (Pi&#233;ron, 1916).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-ce en faisant de la psychologie une science biologique que l'on sort de la philosophie mentale et de sa m&#233;taphysique implicite ? Les neurosciences contemporaines montrent que &#231;a n'est pas le cas. Il faut aussi en faire une science historique et sociale. Car le propre des processus biologiques impliqu&#233;s dans les ph&#233;nom&#232;nes consid&#233;r&#233;s comme psychiques est d'&#234;tre fa&#231;onn&#233;s par un contexte social-historique et culturel. Il faut donc d&#233;sencastrer l'esprit et le replonger dans un milieu social et culturel, lui redonner un &#171; &#233;tat civil &#187; (Descombes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est chez les pragmatistes am&#233;ricains (pour lesquels Durkheim &#233;prouvait autant d'attraits que de r&#233;pulsions) que l'on trouve la conscience la plus vive de cette imbrication du biologique et du culturel :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Tout ce qui peut &#234;tre appel&#233; sp&#233;cifiquement psychologique (&#8230;) est une transformation des organes et des processus physiologiques effectu&#233;e par et dans des conditions socio-culturelles &#187; (Dewey, 2012, pp. 316&#8209;17).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Il n'y a pas un ordre d'existence s&#233;par&#233; qui constituerait l'objet de la psychologie en raison d'une nature mentaliste ou psychique qui lui serait inh&#233;rente. (&#8230;) Les ph&#233;nom&#232;nes psychologiques sont des ph&#233;nom&#232;nes biologiques qui ont &#233;t&#233; si intimement color&#233;s, ou mieux teint&#233;s, par des conditions socio-culturelles qu'ils ont rev&#234;tu les propri&#233;t&#233;s qui sp&#233;cifient le comportement et l'exp&#233;rience des humains ; ceux-ci se trouvent ainsi si profond&#233;ment qualifi&#233;s qu'ils constituent les distinctions et les relations devenues famili&#232;res dans la litt&#233;rature psychologique &#187; (Ibid., pp. 320&#8209;21).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; L'homme est social en un autre sens que l'abeille ou la fourmi, puisque ses activit&#233;s sont comprises dans un environnement qui est transmis culturellement, de sorte que ce que l'homme fait et la fa&#231;on dont il agit, est d&#233;termin&#233; non par la seule structure organique et la seule h&#233;r&#233;dit&#233; physique, mais par l'influence de l'h&#233;r&#233;dit&#233; culturelle, enfouie dans les traditions, les institutions, les coutumes et les intentions et croyances que les unes et les autres &#224; la fois v&#233;hiculent et inspirent. M&#234;me les structures neuromusculaires des individus sont modifi&#233;es sous l'influence qu'exerce l'environnement culturel sur ces activit&#233;s. L'acquisition et la compr&#233;hension du langage, avec l'habilet&#233; dans les arts (&#8230;), repr&#233;sentent l'incorporation dans la structure des &#234;tres humains des effets des conditions culturelles, interp&#233;n&#233;tration si profonde que les activit&#233;s qui en r&#233;sultent sont directement et apparemment aussi &#8220;naturelles&#8221; que le sont les premi&#232;res r&#233;actions d'un b&#233;b&#233;. Parler, lire, exercer un art &#8211; art industriel, beaux-arts, art politique &#8211; sont des exemples de modifications pratiqu&#233;es au c&#339;ur de l'organisme biologique par l'environnement culturel &#187; (Dewey, 1993, p. 102).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On peut ajouter deux autres conditions &#224; satisfaire pour que la psychologie devienne v&#233;ritablement une science sociale et historique. La premi&#232;re est qu'elle abandonne la division d'un monde ext&#233;rieur et d'un monde int&#233;rieur, et cesse d'identifier int&#233;riorit&#233; psychologique et subjectivit&#233;. La seconde est qu'elle devienne &#233;cologique, qu'elle prenne en compte les interactivit&#233;s, qui ont lieu dans les activit&#233;s vitales, entre ce qui est organique et ce qui est socio-culturel, et qu'elle raisonne en termes d'int&#233;riorit&#233; mutuelle de l'organisme et de l'environnement : &#171; La psychologie est une science sociale, une science d'une conduite qui doit &#234;tre apprise, et qui le sera conform&#233;ment aux m&#339;urs et aux habitudes d'un groupe. (&#8230;) La psychologie des fonctions intellectuelles doit se poser le probl&#232;me des institutions proprement intellectuelles, du style culturel des pens&#233;es, des techniques de r&#233;flexion et de m&#233;diation. Elle sera une psychologie historique &#187; (Descombes, 1995, pp. 215&#8209;216). Mais la critique de Descombes oublie l'ancrage biologique de la pens&#233;e, de la r&#233;flexion et plus largement de la conduite. De ce point de vue, l'&#339;uvre de Vygotski, largement &#233;voqu&#233;e dans l'ouvrage, ne commet pas cette erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meyerson aurait-il d&#233;douan&#233; les historiens des &#233;motions des biais m&#233;thodologiques et m&#233;taphysiques qu'il attribue &#224; ses coll&#232;gues psychologues ? Rien n'est moins s&#251;r. La vitalit&#233; r&#233;cente de l'histoire des &#233;motions retient l'attention dans plusieurs textes du volume. C'est Lucien Febvre qui, dans les ann&#233;es 1930, a recommand&#233; aux historiens de s'int&#233;resser &#224; la &#171; sensibilit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; la &#171; vie affective et ses manifestations &#187;. Comme l'explique R&#233;gis Ouvrier-Bonnaz, aux yeux de Febvre, &#171; l'&#233;tude des &#233;motions comme mode d'acc&#232;s aux sentiments permet de revenir aux d&#233;terminations premi&#232;res des soci&#233;t&#233;s et donc de l'Homme en soci&#233;t&#233; &#187;. Ouvrier-Bonnaz rappelle aussi la recommandation d'Henri Wallon de distinguer affect et &#233;motion. Mais l'affect semble &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un &#233;tat interne, rendu visible et observable par l'&#233;motion, dont l'expression est soumise &#224; un contr&#244;le social. Mais est-ce l&#224; autre chose qu'une formulation de la psychologie ordinaire des &#233;motions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater que la conceptualisation de l'affectivit&#233; et de l'&#233;motion par les historiens de la premi&#232;re moiti&#233; du 20e si&#232;cle est rest&#233;e &#224; un niveau assez sommaire ; leurs r&#233;f&#233;rences sont surtout franco-fran&#231;aises ; ils semblent peu prendre en ligne de compte les th&#233;ories des &#233;motions propos&#233;es par les psychologues et les philosophes depuis au moins la fin du 19e si&#232;cle (pour ne pas mentionner les classiques &#8211; Descartes, Hume, Spinoza, Smith, etc.). La lecture de la psychologie des foules de le Bon et Tarde, ou celle de Durkheim, semble &#224; l'arri&#232;re-plan de l'essentiel de leurs consid&#233;rations. Ainsi, la caract&#233;risation des &#233;motions par Lucien Febvre en 1941 para&#238;t-elle un m&#233;lange de Le Bon, de Tarde et de Durkheim. Le sch&#232;me explicatif est le m&#234;me : incitations r&#233;ciproques ; propagation par contagion et imitation ; hyst&#233;rie, etc. Ainsi, la principale caract&#233;ristique des &#233;motions est, &#233;crit Febvre, d'&#234;tre &#171; contagieuses &#187; ; il s'agit d'une &#171; contagion mim&#233;tique &#187; traduisant une fusion de &#171; sensibilit&#233;s diverses &#187;. Et comme Durkheim, Febvre souligne le fait qu'un partage d'&#233;motions non seulement soude un groupe, mais il lui conf&#232;re aussi &#171; une plus grande s&#233;curit&#233;, ou une plus grande puissance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence &#224; la philosophie de Baruch Spinoza est un trait majeur des r&#233;flexions contemporaines en mati&#232;re de th&#233;orie des &#233;motions (y compris en neurosciences &#8211; cf. les livres d'Antonio Damasio). Spinoza avait-il vraiment raison ? Oui, incontestablement sur certains points ; sur d'autres c'est beaucoup moins &#233;vident. Il avait sans doute raison sur deux points. Le premier concerne le lien de l'&#233;motion &#224; l'activit&#233;, fortement soulign&#233;, de fa&#231;on heureuse, par Yves Clot dans sa contribution : l'affect est une &#171; propri&#233;t&#233; de l'activit&#233; &#187;. En un sens, pour &#234;tre &#233;mu il faut agir. Et c'est parce que surgissent des tensions, des discordances, des perturbations et des conflits dans l'accomplissement continu des activit&#233;s, n&#233;cessitant de les r&#233;ajuster et de les rediriger en partie, que les &#233;motions &#233;mergent. En effet les interruptions, les chocs, les contrari&#233;t&#233;s, les ruptures d'&#233;quilibre et d'int&#233;gration dans le continuum des activit&#233;s donnent le plus souvent lieu &#224; des r&#233;ponses de type &#233;motionnel : &#171; L'&#233;motion est le signe conscient d'une rupture effective ou imminente &#187; (Dewey, 2005, p. 34).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second point concerne, d'une part, l'analyse des &#171; passions tristes &#187; comme diminuant la &#171; puissance d'agir &#187;, d'autre part, l'impuissance de la raison &#224; canaliser ou ordonner les &#233;motions (&#171; Un affect pour lequel nous p&#226;tissons ne peut &#234;tre r&#233;duit ni &#244;t&#233; sinon par un affect plus fort que lui et contraire &#224; lui, c'est-&#224;-dire par l'id&#233;e d'un affect du corps plus fort que celui dont nous p&#226;tissons et contraire &#224; lui &#187; (Spinoza). Antonio Damasio a pu voir en Spinoza un &#171; immunologiste de l'esprit, d&#233;veloppant un vaccin capable de cr&#233;er des anticorps contre les passions [tristes] &#187;. William James et John Dewey ont propos&#233; un point de vue similaire : pour contrer une impulsion ou une habitude &#233;motionnelle ind&#233;sirable, il faut la force d'une autre, plut&#244;t que le concours de la seule raison, qui n'a pas de force motivante suffisante. Ils ont cependant fait un pas de plus par rapport &#224; Spinoza en donnant un contenu pragmatique au concept abstrait de raison. La raison devient alors une affaire de coordination d'une multitude d'impulsions et de dispositions dans la r&#233;alisation d'actes et la production de comportements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la th&#233;orie des &#233;motions de Spinoza reconduit aussi une bonne partie des dualismes cart&#233;siens, dont celui du corps et de l'esprit, du corporel et de l'id&#233;el, du somatique et du psychique (que l'affect permettrait d'unifier), et, par-dessus tout, de l'interne et de l'externe (avec la conception de l'expression des &#233;motions qui va de pair avec cette dualit&#233;). Ainsi l'affect est-il con&#231;u comme un &#233;tat interne, un &#233;tat corporel doubl&#233; d'une id&#233;e de cet &#233;tat (on retrouvera quelque chose de similaire plus tard chez William James). C'est &#224; mes yeux la th&#233;orie des &#233;motions, d'inspiration darwinienne, de John Dewey qui permet de lib&#233;rer la psychologie, la philosophie et l'histoire des &#233;motions de ces vieux dualismes (cf. Qu&#233;r&#233;, 2021). Par ailleurs, il est peu courant aujourd'hui de distinguer, comme le fait Yves Clot, affect, sentiment et &#233;motion. On consid&#232;re plut&#244;t que sentiments et &#233;motions composent l'espace affectif avec un troisi&#232;me terme, les humeurs, les trois ayant n&#233;cessairement un ancrage biologique, caract&#233;risable par une t&#233;l&#233;ologie et pas seulement par une causalit&#233; efficiente (cf. Qu&#233;r&#233;, &#224; para&#238;tre).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les utilisateurs des institutions qui sont abonn&#233;es &#224; un des programmes freemium d'OpenEdition peuvent t&#233;l&#233;charger les r&#233;f&#233;rences bibliographiques pour lequelles Bilbo a trouv&#233; un DOI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descombes, V. (1995). La denr&#233;e mentale. Paris : Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dewey, J. (1993). Logique. Th&#233;orie de l'enqu&#234;te. Paris : PUF [1938].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dewey, J. (2005). L'art comme exp&#233;rience. Pau : Publications de l'Universit&#233; de Pau/&#201;ditions Farrago [1934].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dewey, J. (2012). Unmodern Philosophy and Modern Philosophy. Carbondale and Edwardsville : Southern Illinois University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dreyfus, H., &amp; Taylor, C. (2015). Retrieving Realism. Cambridge (MA) : Harvard University Press.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.4159/9780674287136&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durkheim, E. (1896-97). Le probl&#232;me de l'inceste et ses origines. L'Ann&#233;e sociologique, 1, 1&#8209;70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pi&#233;ron, H. (1916). L'objectivisme psychologique et la doctrine dualiste. Revue philosophique, LXXXI, 61&#8209;71.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pizarroso, N. (2008). La psychologie historique vue par la psychologie exp&#233;rimentale. Analyse d'une rencontre manqu&#233;e. Revue d'histoire des sciences, 61(2), 399&#8209;434.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;r&#233;, L. (2021). La fabrique des &#233;motions. Paris : PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;r&#233;, L. (&#224; para&#238;tre 2023). Il n'y a pas de cerveau des &#233;motions. Paris : PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosat, J.-J. (2006). Exprimer ou d&#233;crire ? In S. Laugier &amp; C. Chauvir&#233; (Eds.), Lire les Recherches philosophiques de Wittgenstein (p. 225&#8209;235). Paris : Vrin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taylor, C. (1998). Les sources du moi. Paris : Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taylor, C. (2011). L'&#226;ge s&#233;culier. Paris : Seuil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous assistons, avec la naissance et le d&#233;veloppement du cognitivisme et des neurosciences, &#224; l'av&#232;nement d'une nouvelle philosophie et d'une nouvelle psychologie mentales, selon lesquelles les comportements sont des ph&#233;nom&#232;nes dont il faut chercher la cause dans des processus mentaux de nature physique, plus pr&#233;cis&#233;ment dans des &#233;v&#233;nements, des &#233;tats et des m&#233;canismes localisables dans le cerveau (cf. Descombes, 1995).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
