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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Apprentissage coop&#233;ratif ou p&#233;dagogies coop&#233;ratives ?</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article14647.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article14647.html</guid>
		<dc:date>2023-04-01T09:21:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Irigoyen, Sylvain Connac</dc:creator>



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&lt;p&gt;De nombreuses p&#233;dagogies et pratiques p&#233;dagogiques pr&#233;conisent le recours &#224; des organisations coop&#233;ratives du travail des &#233;l&#232;ves. Cette orientation vers davantage de socialit&#233; est motiv&#233;e par le projet &#233;ducatif de contribuer &#224; la r&#233;ussite et au bien-&#234;tre de chacun. Toutefois, les traditions en la mati&#232;re sont anciennes et des cultures diff&#233;rentes se sont dessin&#233;es. Cet article th&#233;orique tente de faire dialoguer deux &#8220;&#233;coles&#8221; de la coop&#233;ration scolaire : le cooperative learning (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De nombreuses p&#233;dagogies et pratiques p&#233;dagogiques pr&#233;conisent le recours &#224; des organisations coop&#233;ratives du travail des &#233;l&#232;ves. Cette orientation vers davantage de socialit&#233; est motiv&#233;e par le projet &#233;ducatif de contribuer &#224; la r&#233;ussite et au bien-&#234;tre de chacun. Toutefois, les traditions en la mati&#232;re sont anciennes et des cultures diff&#233;rentes se sont dessin&#233;es. Cet article th&#233;orique tente de faire dialoguer deux &#8220;&#233;coles&#8221; de la coop&#233;ration scolaire : le &lt;em&gt;cooperative learning&lt;/em&gt; (l'apprentissage coop&#233;ratif) et les p&#233;dagogies coop&#233;ratives. Alors que la premi&#232;re priorise plut&#244;t le d&#233;veloppement d'habilet&#233;s coop&#233;ratives, pour apprendre &#224; coop&#233;rer, la seconde se d&#233;cline diversement par des dispositifs qui s'inscrivent surtout dans le faire apprendre les &#233;l&#232;ves en coop&#233;rant. Outre de vraies diff&#233;rences structurelles, ces approches apparaissent &#224; la fois rigoureusement pens&#233;es et compl&#233;mentaires pour penser la place des relations en p&#233;dagogie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sylvain Connac et Albert Irigoyen, &#171; Apprentissage coop&#233;ratif ou p&#233;dagogies coop&#233;ratives ? &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 67 | 2023, mis en ligne le 31 mars 2023, consult&#233; le 31 mars 2023. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/22840&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/edso/22840&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Albert Irigoyen est chercheur pr&#233;doctoral en formation FI-SDUR avec le soutien du Secretaria d'Universitats i Recerca del Departament d'Empresa i Coneixement de la Generalitat de Catalunya. L'&#233;tude fait partie du projet &#171; Historia de la Catalunya subalterna contempor&#225;nea : alternativas solidarias y cooperativas &#187; (PID2019-109560GB-100) financ&#233; par le Ministerio de Ciencia e Innovaci&#243;n de Espa&#241;a.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas de se trouver &#224; plusieurs dans un m&#234;me lieu pour coop&#233;rer. De la m&#234;me fa&#231;on, une action collective ne se traduit pas forc&#233;ment par de la coop&#233;ration. C'est le cas par exemple lorsqu'une foule se d&#233;place al&#233;atoirement sur un champ de neige et aboutit de mani&#232;re fortuite &#224; la repr&#233;sentation d'un objet usuel. Une situation de coop&#233;ration correspond plut&#244;t &#224; un type de relation particulier, identifiable &#224; partir du croisement de trois d&#233;terminants : une action conjointe, une intention de coop&#233;rer, un b&#233;n&#233;fice individuel attendu (Saury, 2008 ; Paternotte, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;ducation, de nombreuses formes de coop&#233;ration existent : dans la relation p&#233;dagogique entre enseignants et &#233;l&#232;ves, lors d'interactions entre enseignants et familles, entre membres de l'&#233;quipe p&#233;dagogique, entre enseignants et partenaires de l'&#233;cole, mais aussi entre &#233;l&#232;ves. C'est cette derni&#232;re dimension relationnelle de la coop&#233;ration que nous allons &#233;tudier, sous l'angle du bien-&#234;tre des &#233;l&#232;ves et de leur r&#233;ussite scolaire. Ces p&#233;dagogies de la coop&#233;ration entre &#233;l&#232;ves sont nombreuses. Elles sont &#224; la fois tr&#232;s anciennes et modernes, sont pr&#233;sentes sur tous les continents et sont connues de la plupart des &#233;ducateurs. Pour autant, une confusion s&#233;mantique existe, entre d'un c&#244;t&#233; l'apprentissage coop&#233;ratif, le cooperative learning (CL) et d'un autre les p&#233;dagogies coop&#233;ratives (PC).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Quelques pr&#233;cisions s&#233;mantiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le cooperative learning (CL) est un terme g&#233;n&#233;rique qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; de nombreuses m&#233;thodes d'organisation et d'ex&#233;cution de l'enseignement scolaire par le biais d'interactions coop&#233;ratives. En g&#233;n&#233;ral, il correspond &#224; l'utilisation de petits groupes, g&#233;n&#233;ralement h&#233;t&#233;rog&#232;nes, o&#249; les &#233;l&#232;ves travaillent ensemble pour maximiser leur apprentissage et celui des autres (Johnson et al., 1999, p. 14). Les objectifs des participants sont li&#233;s, chacun peut atteindre les siens si les autres parviennent &#224; atteindre les leurs (Johnson et Johnson, 1991). Le but est double : 1) que chacun soit le plus performant possible, en fonction de ses capacit&#233;s et de sa situation ; 2) et acqu&#233;rir les comp&#233;tences sociales qui facilitent la coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fr&#232;res Johnson (1989, 1991, 1992, 1994, 2014) sont la r&#233;f&#233;rence pour organiser les interactions coop&#233;ratives entre &#233;leves (Pujol&#224;s, 2008 ; Torrego et Negro, 2012 ; Iglesias et al., 2017 ; Ca&#241;abate et Colomer, 2020), mais le CL englobe un &#233;ventail de m&#233;thodes d'enseignement qui trouvent leur origine dans le monde anglo-saxon. Ces m&#233;thodes coop&#233;ratives diff&#232;rent sur des aspects importants : certaines m&#233;thodes &#233;voquent l'interd&#233;pendance et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; intergroupale (Baudrit, 2005), d'autres ont des divergences sur la structure organisationnelle ou l'enseignement des comp&#233;tences sociales, mais elles partagent certaines caract&#233;ristiques essentielles et sont con&#231;ues pour transformer l'activit&#233; de groupe en une activit&#233; coop&#233;rative (Davidson, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode la plus connue (Puzzle d'Aronson - Aronson et al., 1978 - et Puzzle II de Slavin - 1995, 1999) est celle de la classe-puzzle (jigsaw). Par exemple, autour d'un document d&#233;compos&#233; en huit parties (de A &#224; H dans la repr&#233;sentation ci-dessous), un jigsaw se d&#233;roule en deux temps : 1- chaque groupe d'experts &#233;tudie la m&#234;me partie du document (AAA-BBB-CCC&#8230;) ; 2- les nouveaux groupes (mix&#233;s) sont compos&#233;s d'un repr&#233;sentant de chaque groupe pr&#233;c&#233;dent (ABCDEFGH).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8188 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L480xH283/img-1-small480-30-914f2.png?1680340938' width='480' height='283' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Figure 1 - Repr&#233;sentation des deux &#233;tapes de la m&#233;thode de la classe puzzle (jigsaw) &#8211; Figure cr&#233;&#233;e par les auteurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres m&#233;thodes existent dans le CL : Learning Together de Johnson et Johnson (1991, 1994, 2009), Student Team Learning de Slavin (1990, 1995, 1999), Structural Approach de Kagan (1992, 1994 ; Kagan et Kagan, 2013), Group Investigation de Sharan et Sharan (1992, 2004), Complex Instruction de Cohen (1986)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#233;thodes coop&#233;ratives contrastent avec l'apprentissage comp&#233;titif (competitive learning), pour lequel chaque &#233;l&#232;ve travaille contre les autres pour atteindre des objectifs scolaires. L'apprentissage coop&#233;ratif rompt aussi avec l'apprentissage uniquement individuel (individualistic learning), pour lequel les &#233;l&#232;ves travaillent seuls pour atteindre des objectifs d'apprentissage qui sont d&#233;tach&#233;s de ceux des autres &#233;l&#232;ves (Johnson et al., 1999). &#192; noter que le CL n'est pas un ensemble homog&#232;ne sur les liens entre coop&#233;ration et comp&#233;tition puisque plusieurs de ses promoteurs d&#233;fendent une mise en comp&#233;tition entre les groupes l&#224; o&#249; d'autres proposent de l'&#233;viter. En raison du mythe de la comp&#233;tition tr&#232;s pr&#233;sent aux Etats-Unis, ces promoteurs &#171; ont plus ou moins tendance &#224; introduire un contexte comp&#233;titif dans leurs dispositifs &#187; (Baudrit, 2005, p. 23). Mais les travaux des fr&#232;res Johnson (1974) en soulignent plusieurs travers : il serait impossible de vivre au sein d'une soci&#233;t&#233; enti&#232;rement fond&#233;e sur la comp&#233;tition, l'implication des &#233;l&#232;ves dans les activit&#233;s d&#233;pendrait surtout des satisfactions qu'ils en retirent, plus que de la mise en concurrence avec les autres &#233;l&#232;ves, et la comp&#233;tition fragiliserait plus qu'elle endurcirait les personnalit&#233;s. Le CL &#171; est une m&#233;thode &#233;ducative assez proche des p&#233;dagogies de groupe mais qui, d'un pays &#224; l'autre, d'une culture &#224; l'autre, peut prendre des orientations diff&#233;rentes ou &#234;tre pens&#233;e de fa&#231;on plus ou moins particuli&#232;re &#187; (Baudrit, 2005, p. 5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les p&#233;dagogies coop&#233;ratives (PC) sont principalement issues des p&#233;dagogues et mouvements p&#233;dagogiques de l'&#233;ducation nouvelle et des recherches scientifiques sur la dimension sociale dans l'apprentissage. Elles &#233;voquent peu la notion d'habilet&#233;s coop&#233;ratives ou de valeurs &#224; promouvoir et s'inscrivent plut&#244;t dans le paradigme de &#171; coop&#233;rer pour apprendre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation nouvelle est identifiable par plusieurs d&#233;terminants (Beillerot et Mosconi, 2006), dont une centration sur les activit&#233;s et les repr&#233;sentations des apprenants, une approche globale des savoirs remettant en cause les d&#233;coupages disciplinaires ; l'accent mis sur l'activit&#233; et le refus du verbalisme ou des valeurs affich&#233;es : d&#233;mocratie, pacifisme et coop&#233;ration. C'est dans cette veine axiologique que de grandes figures de la p&#233;dagogie ont creus&#233; le sillon de la coop&#233;ration entre &#233;l&#232;ves : Elise et C&#233;lestin Freinet, Fernand Oury, Roger Cousinet, Barth&#233;l&#233;my Profit et bien d'autres. Tous ont contribu&#233; au d&#233;veloppement de p&#233;dagogies diff&#233;rentes encourageant les &#233;l&#232;ves &#224; coop&#233;rer, selon des mani&#232;res et pour des raisons diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le &#224; ces dynamiques p&#233;dagogiques, des disciplines universitaires comme les sciences de l'&#233;ducation ont explor&#233; de mani&#232;re scientifique la dimension sociale des apprentissages (Baudrit, 2000 ; Darnon et al., 2008). Elles s'appuient g&#233;n&#233;ralement sur les th&#233;ories constructivistes de l'acte d'apprendre qui con&#231;oivent les obstacles cognitifs comme des sources de d&#233;veloppement &#233;pist&#233;mique. Dans ce cadre des p&#233;dagogies coop&#233;ratives, les relations interpersonnelles se pr&#233;sentent donc comme vectrices de trois types de sollicitations coop&#233;ratives : pour du soutien face &#224; une difficult&#233;, pour une diversification des id&#233;es individuelles et pour du conflit interpersonnel (par une confrontation des avis). Elles ont &#233;galement particip&#233; (et participent toujours) &#224; l'avanc&#233;e de ces savoirs p&#233;dagogiques, en suivant les &#233;volutions soci&#233;tales et les attentes scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Malentendus autour de ces deux conceptions coop&#233;ratives&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les publications sur la coop&#233;ration entre &#233;l&#232;ves, un flou existe lorsque l'on constate que l'acception &#8220;cooperative learning&#8221; a &#233;t&#233; traduite en fran&#231;ais par &#171; apprentissage coop&#233;ratif &#187; ou &#171; p&#233;dagogie coop&#233;rative &#187; (Louis, 1995 ; Howden et Kopiec, 2000 ; Rouiller et Lerhaus, 2003 ; Howden et Rouiller, 2010). &#171; Cette traduction du cooperative learning permet, en Europe, d'&#233;tablir des ponts avec l'approche Freinet - cette appellation existant d&#233;j&#224; dans ce contexte - et de la compl&#233;ter dans des dimensions qu'elle ne prenait pas en compte &#187; (Lerhaus et Rouiller, 2008, p. 14). &#171; Face aux deux traductions possibles en fran&#231;ais de l'expression cooperative learning, &#224; savoir l'apprentissage coop&#233;ratif et la p&#233;dagogie coop&#233;rative, nous adoptons la seconde &#187; (Rouiller et Howden, 2010, p. 13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le concept de CL a &#233;t&#233; traduit en Catalogne par &#171; aprenentatge cooperatiu &#187; (apprentissage coop&#233;ratif) et en Espagne par &#171; aprendizaje cooperativo &#187; (apprentissage coop&#233;ratif). En m&#234;me temps, en catalan, cooperative learning se traduit par les expressions &#171; m&#232;todes cooperatius &#187; (m&#233;thodes coop&#233;ratives) ou &#171; metodologies cooperatives &#187; (m&#233;thodologies coop&#233;ratives), et en espagnol, de &#171; m&#233;todos cooperativos &#187; (m&#233;thodes coop&#233;ratives) ou &#171; metodolog&#237;as cooperativas &#187; (m&#233;thodologies coop&#233;ratives). Toutefois, dans ces deux langues ib&#233;riques, les th&#233;oriciens et l'administration de l'&#233;ducation en abusent quand ils disent &#8220;m&#232;tode cooperatiu&#8221; ou &#8220;metodologia cooperativa&#8221; (en catalan) et &#8220;m&#233;todo cooperativo&#8221; ou &#8220;metodolog&#237;a cooperativa&#8221; (en espagnol). L'usage de ce singulier est en effet une utilisation erron&#233;e du concept car le CL englobe toutes les m&#233;thodes/m&#233;thodologies coop&#233;ratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre erreur consiste &#224; &#233;voquer indiff&#233;remment &#171; apprentissage coop&#233;ratif &#187; et &#171; apprentissage collaboratif &#187;, comme s'ils &#233;taient synonymes. Or, coop&#233;rer et collaborer n'ont pas le m&#234;me sens (Connac, 2022). Certains auteurs ont choisi d'&#233;viter la pol&#233;mique entre coop&#233;ration et collaboration. Topping et Ehly (1998) pr&#233;f&#232;rent dire Peer Assisted Learning et d&#233;crivent les relations qui s'&#233;tablissent de mani&#232;re pr&#233;cise (tutorat, suivi, &#233;valuation...). O'Donell et King (1999) et Dillenbourg (1999) pr&#233;f&#232;rent utiliser le terme &#171; collaboratif &#187; comme une expression qui englobe les diff&#233;rentes dimensions de l'apprentissage par les pairs. Duran Gisbert et Monereo Font (2012) affirment que la collaboration peut &#234;tre per&#231;ue comme la forme la plus naturelle et la plus spontan&#233;e de travail entre pairs, et que la coop&#233;ration et le tutorat n&#233;cessitent un certain degr&#233; de technicit&#233; ou d'artificialit&#233; ainsi qu'un certain niveau de structuration de l'interaction. De plus, ces auteurs, ainsi que Duran et Vidal (2004) utilisent le terme &#171; apprentissage coop&#233;ratif &#187; (aprendizaje cooperativo) comme un terme g&#233;n&#233;rique dans lequel on retrouve des pratiques de tutorat et de collaboration. Pour d'autres, comme pour Iglesias et al. (2017), coop&#233;ration et collaboration ne peuvent &#234;tre assimil&#233;es. Ferreiro et Calder&#243;n (2006) soutiennent &#233;galement que la coop&#233;ration est une conception plus large de la collaboration. Pour Pujol&#224;s (2008), coop&#233;rer n'est pas collaborer, car la coop&#233;ration rassemble plus de solidarit&#233;, d'entraide et de g&#233;n&#233;rosit&#233;, ce qui signifie des liens relationnels plus profonds. De mani&#232;re plus pr&#233;cise, un partage collaboratif d'int&#233;r&#234;ts permet en g&#233;n&#233;ral d'&#234;tre &#233;gocentr&#233; ensemble (parce que l'on cherche &#224; produire ensemble, par un partage de but). Une coop&#233;ration, en revanche, suppose aussi le partage des d&#233;sirs et se traduit par un agir commun, souvent au m&#234;me moment et dans un m&#234;me espace. Elle se rapproche en cela du champ de la g&#233;n&#233;rosit&#233; (Go, 2013). En somme, une relation collaborative est tourn&#233;e vers des buts communs alors qu'une relation coop&#233;rative vise plut&#244;t des int&#233;r&#234;ts individuels (Connac, 2022b). C'est le sens retenu par Duran Gisbert et Monereo Font (2012) qui r&#233;servent le terme d'apprentissage coop&#233;ratif &#224; l'activit&#233; des &#233;l&#232;ves et utilisent celui d'apprentissage collaboratif en r&#233;f&#233;rence &#224; l'apprentissage des enseignants qui travaillent ensemble dans un contexte structur&#233; et sym&#233;trique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article th&#233;orique et conceptuel, prenant la forme d'une note de synth&#232;se, consiste donc &#224; lever les &#233;ventuels malentendus qui existeraient dans les r&#233;f&#233;rences faites &#224; ces conceptions diff&#233;rentes des pratiques de coop&#233;ration entre &#233;l&#232;ves : le cooperative learning (CL) et les p&#233;dagogies coop&#233;ratives (PC). Les rapprochements et divergences entre ces deux courants se font au prisme du bien-&#234;tre et de la r&#233;ussite des &#233;l&#232;ves &#224; l'&#233;cole. Nous choisissons comme matrice de d&#233;veloppement le triangle des doctrines p&#233;dagogiques (Meirieu, 2018), articulant de mani&#232;re complexe trois p&#244;les : axiologique, &#233;pist&#233;mologique et prax&#233;ologique. Cela donne la possibilit&#233; de mettre en tension les deux conceptions des pratiques de coop&#233;ration entre &#233;leves au regard de deux objectifs diff&#233;rentes : apprendre &#224; coop&#233;rer ou coop&#233;rer pour apprendre ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Le p&#244;le axiologique : les valeurs de la coop&#233;ration entre &#233;l&#232;ves&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce chapitre fait r&#233;f&#233;rence au p&#244;le axiologique des organisations coop&#233;ratives, soulignant les finalit&#233;s philosophiques et politiques induites et cherch&#233;es par les penseurs de ces formes de coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux courants de la coop&#233;ration entre &#233;l&#232;ves s'entendent pour contribuer &#224; la r&#233;ussite et au bien-&#234;tre des &#233;l&#232;ves. Mais ils g&#233;n&#232;rent des paradigmes p&#233;dagogiques diff&#233;rents : de la coop&#233;ration &#224; l'&#233;cole avec des vis&#233;es politiques (principalement d'&#233;mancipation des peuples dans un esprit d'&#233;ducation sociale et solidaire), des vis&#233;es collaboratives et coop&#233;ratives (pour participer au d&#233;veloppement d'habilet&#233;s prosociales d&#232;s l'enfance, en pr&#233;paration d'un monde adulte collaboratif) et des vis&#233;es p&#233;dagogiques (pour que les &#233;l&#232;ves apprennent mieux ce qui est fix&#233; par les programmes scolaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les PC affichent plusieurs types d'intentions &#233;ducatives &#224; d&#233;velopper. D'abord, prendre en compte la diversit&#233; des &#233;l&#232;ves, en consid&#233;rant leurs diff&#233;rences comme des richesses pour qu'ils puissent r&#233;ussir. Autrement dit, introduire une organisation coop&#233;rative au sein d'une classe pour que celle-ci devienne un levier de diff&#233;renciation p&#233;dagogique, &#224; partir de conceptions personnalisantes (Connac, 2021). En effet, avec du travail en groupe ou en &#233;quipe, les &#233;l&#232;ves peuvent &#234;tre enr&#244;l&#233;s dans des activit&#233;s collectives et ainsi profiter de l'&#233;lan commun et des id&#233;es &#233;chang&#233;es. Avec l'aide, l'entraide ou le tutorat, ils disposent de plusieurs modalit&#233;s pour travailler et apprendre : seul, avec d'autres autour d'un m&#234;me probl&#232;me, en demandant de l'aide face &#224; un blocage, en apportant de l'aide (et donc en r&#233;utilisant ce que l'on a appris), en travaillant au sein d'un petit groupe avec l'enseignant ou m&#234;me individuellement avec lui. Cette palette large de modalit&#233;s de travail donne la possibilit&#233; aux &#233;l&#232;ves de choisir celle qui semble leur correspondre et aux enseignants de ne plus &#234;tre les seules personnes ressources dans la classe pour r&#233;pondre aux besoins individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre vis&#233;e &#233;ducative de l'organisation coop&#233;rative est de faire vivre des valeurs humaines et citoyennes. La devise de la R&#233;publique fran&#231;aise en &#233;nonce trois : la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233;. En coop&#233;rant &#224; l'&#233;cole, les &#233;l&#232;ves apprennent les usages de libert&#233;s qui s'arr&#234;tent l&#224; o&#249; commencent celles des autres. Ils travaillent ensemble pour que chacun puisse progresser &#224; &#233;gale mesure, personne n'&#233;tant d&#233;laiss&#233; et d&#233;courag&#233; de fournir des efforts. Cette modalit&#233; de travail transforme la classe en une communaut&#233; de fraternit&#233; o&#249; les forces des uns sont au service des difficult&#233;s des autres, afin que le collectif devienne une structure de valorisation et de soutien mutuel. C'est en ce sens que la coop&#233;ration rejoint l'&#233;ducation au principe de la&#239;cit&#233;. Ainsi, sans grands discours, une classe coop&#233;rative (une classe o&#249; les &#233;l&#232;ves peuvent agir et apprendre avec, par et pour les autres) est un espace de valeurs en actes, o&#249; les &#233;l&#232;ves les vivent au lieu de seulement en entendre parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces valeurs gravitent autour des id&#233;aux de fraternit&#233;, d&#233;finie comme le sentiment d'appartenance &#224; une communaut&#233; plus ou moins restreinte (Budex, 2020). C'est en ce sens que la coop&#233;ration peut participer au bien-&#234;tre des &#233;l&#232;ves en leur apportant une alternative &#224; l'isolement. &#171; Je nomme parmi les conditions essentielles pour apprendre : un cadre de s&#233;curit&#233;, des dispositifs qui cherchent &#224; int&#233;grer chacun parmi les autres &#187; (Cifali, 2022, p. 13). Ce serait moins le cas avec la solidarit&#233; qui ob&#233;it &#224; une logique froide d'int&#233;r&#234;ts bien compris par celles et ceux qui s'y engagent. Elle serait plus compatible avec les paradigmes d'une collaboration (Laurent, 2018), alors que la fraternit&#233;, dans sa dimension humaniste, serait plus riche et plus exigeante en ceci qu'elle r&#233;clame une attention inconditionn&#233;e &#224; autrui (Budex, 2020). La coop&#233;ration entre &#233;l&#232;ves privil&#233;gierait ainsi moins la solidarit&#233; que la g&#233;n&#233;rosit&#233;, entendue comme un don d&#233;sint&#233;ress&#233; de soi, dans l'effort &#8211; un don de soi &#8211; ou dans la relation &#8211; un don &#224; autrui (Bidar, 2016). Avec cette conception g&#233;n&#233;reuse de la coop&#233;ration, &#171; je fais quelque chose avec l'autre et pour l'autre parce que j'&#233;prouve une satisfaction &#224; l'id&#233;e de la satisfaction de l'autre &#187; (Go, 2013, p. 52).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CL ne repr&#233;sente pas seulement une ressource pour l'enseignement, mais aussi un contenu que les &#233;l&#232;ves apprennent (Mir, 1998 ; Pujol&#224;s, 2008), et il propose de d&#233;velopper des habilet&#233;s prosociales et des valeurs associ&#233;es &#224; la coop&#233;ration (Gavald&#224;, 2000 ; Irigoyen, 2021). Ce sont des comp&#233;tences utiles pour faire face &#224; un monde complexe et dynamique, favorisant ainsi leur d&#233;veloppement int&#233;gral (Pujol&#224;s, 2002 ; Pujol&#224;s, 2008 ; Ca&#241;abate et Colomer, 2020). Rouiller et Howden (2010) &#233;voquent une matrice pr&#233;cise de valeurs travaill&#233;es : le respect, l'entraide, l'engagement, l'ouverture aux autres, le droit &#224; la diff&#233;rence, la solidarit&#233;, la confiance, le partage, le plaisir, l'autonomie, l'&#233;quit&#233; et l'&#233;coute empathique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif premier des s&#233;ances de CL est de construire un avenir d&#233;mocratique, &#233;quitable et durable (Ca&#241;abate et Colomer, 2020). Cela recoupe les valeurs et la pratique de l'interd&#233;pendance positive, du leadership partag&#233;, de la responsabilit&#233; individuelle combin&#233;es &#224; la responsabilit&#233; de groupe (Abrami et al., 1995 ; Slavin 1995 ; Johnson et Johnson, 2015). Le CL permet que l'&#233;galit&#233; des droits devienne l'&#233;galit&#233; des chances en d&#233;couvrant par eux-m&#234;mes la valeur de travailler ensemble et de s'engager et de prendre en charge leur propre apprentissage et celui des autres, dans un environnement qui favorise la coop&#233;ration (Ferreiro et Calder&#243;n, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; du groupe est une caract&#233;ristique entendue comme une richesse (Baudrit, 2005). Elle fait que, dans les &#233;changes, les participants peuvent int&#233;grer d'autres visions, strat&#233;gies, valeurs, perspectives et points de vue dans leurs repr&#233;sentations, afin que la pens&#233;e divergente et cr&#233;ative soit promue comme moteur d'apprentissage individuel (Ru&#233;, 2020). L'interaction entre pairs conduit &#224; une confrontation de ces avis qui produit &#224; la fois un conflit social (qui peut am&#233;liorer la communication et la reconnaissance des points de vue de l'autre) et un conflit cognitif qui permet au sujet de r&#233;examiner plus facilement ses propres id&#233;es (Negro et al., 2012 ; Connac et Robbes, 2022). Pour exercer un apprentissage par le dialogue, les &#233;l&#232;ves ont besoin d'exercer, d'exp&#233;rimenter et de ma&#238;triser un r&#233;pertoire de comp&#233;tences sp&#233;cifiques comme raconter, expliquer, instruire, savoir poser diff&#233;rents types de questions, agir et construire &#224; partir des r&#233;ponses, analyser et r&#233;soudre des probl&#232;mes, sp&#233;culer et imaginer, explorer et &#233;valuer des id&#233;es, argumenter, raisonner et justifier et n&#233;gocier : il s'agit de d&#233;ployer le CL dans un cadre coh&#233;rent d'activit&#233;s curriculaires, fond&#233;es sur les apprentissages, compris &#224; partir du paradigme socio-constructiviste (Ru&#233;, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;thodologie d'enseignement-apprentissage est progressivement devenue un mouvement &#233;ducatif plus large qui respecte la diversit&#233; culturelle et &#233;ducative, et vise la justice ainsi qu'une vision durable et &#233;thique pour la vie (Ca&#241;abate et Colomer, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#232; cela, Ovejero (2018) analyse comment la d&#233;finition de CL des fr&#232;res Johnson a &#233;volu&#233; au fil du temps : ce concept a &#233;t&#233; enrichi, l'&#233;tendant &#224; d'autres domaines, de sorte que leur objectif n'&#233;tait pas seulement d'am&#233;liorer l'apprentissage. Aujourd'hui, Johnson et Johnson (2017) parlent d'&#233;cole coop&#233;rative qui, selon Ovejero (2018), ressemble d&#233;j&#224; plus &#224; la p&#233;dagogie Freinet : c'est toute l'&#233;cole, enseignant et &#233;quipe de direction comprise, qui travaille en coop&#233;ration. Mais il y a tout de m&#234;me une diff&#233;rence fondamentale : alors que Freinet, dans la lign&#233;e de Ferrer i Gu&#224;rdia et Freire, inclut une motivation essentielle &#224; la transformation sociale, les fr&#232;res Johnson ne d&#233;passent pas le cadre de l'&#233;cole elle-m&#234;me. Ovejero (2018) d&#233;clare que Johnson et Johnson (2017) ne sont toujours pas tr&#232;s int&#233;ress&#233;s par une transformation politique de la soci&#233;t&#233;. En fait, ils ne voient pas une seule critique du syst&#232;me &#233;conomique, social et culturel, finalement responsable de rendre les gens individualistes, &#233;go&#239;stes et en concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le projet de l'apprentissage coop&#233;ratif n'est pas enti&#232;rement &#233;tranger &#224; l'id&#233;ologie de l'associationnisme (Laville, 2016) et du coop&#233;rativisme (Irigoyen et Pons-Alt&#233;s, 2022, sous presse), en tant que mouvement &#233;conomique et social cherchant &#224; construire un mod&#232;le alternatif au n&#233;olib&#233;ralisme. Il s'agit aussi de promouvoir de nouvelles formes de relations dans la cit&#233;, pouvant modifier l'ordre &#233;ducatif et civique, et ainsi s'engager pour une &#233;ducation coop&#233;rative. Tout projet coop&#233;ratif mise alors sur une &#233;ducation coop&#233;rative comme moteur de changement. Des propositions concr&#232;tes con&#231;oivent la coop&#233;ration en classe en accord avec les valeurs du coop&#233;rativisme (Gavald&#224;, 2000 ; Irigoyen, 2021, p. 19-20 ; Irigoyen et Pons-Alt&#233;s, 2023) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Valorisation des id&#233;es divergentes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte social influence les id&#233;es en construction, la divergence participant aux am&#233;liorations et aux progr&#232;s, par l'obligation de rechercher les fondements les plus solides possibles de nos convictions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Besoin de dialogue et de consensus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recherche d'accords apr&#232;s discussions collectives, mobilisation d'id&#233;es contraires et &#233;volution des points de vue par leur mise en conflit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Engagement pour la libert&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droit d'exprimer son opinion et de participer sans contrainte aux processus de d&#233;cisions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Contribuer &#224; l'&#233;galit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; des droits et des devoirs de l'&#234;tre humain comme objectif premier et diff&#233;rent de celui d'une uniformisation des pratiques. Organisation de principes d'&#233;quit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Responsabilit&#233; dans la participation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prise de responsabilit&#233;s comme marque de maturit&#233; d&#233;mocratique et citoyenne, face aux tentations nihilistes ou &#224; la passivit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Contribution &#224; la d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engagements par la n&#233;gociation et la capacit&#233; &#224; assumer d'&#233;ventuels renoncements &#224; ce qui est cru et d&#233;fendu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. Volont&#233; d'apprendre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transmettre aux &#233;l&#232;ves le besoin de savoir, d'encourager la curiosit&#233; intellectuelle pour progresser individuellement et socialement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. R&#233;gulation sociale de l'&#233;conomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre l'augmentation des in&#233;galit&#233;s sociales et la position abusive de certaines &#233;lites qui privil&#233;gient leur statut au d&#233;triment du progr&#232;s de tous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. Constance et pers&#233;v&#233;rance dans la r&#233;flexion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un acc&#232;s &#224; la connaissance et la construction de projets solides. Valorisation des efforts personnels, comme levier pour atteindre les objectifs fix&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8189 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L495xH507/tab-4-8e5d0.jpg?1680340938' width='495' height='507' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tableau 1 : Les valeurs du coop&#233;rativisme adapt&#233;es pour l'&#233;cole (Gavald&#224;, 2000 ; Irigoyen, 2021, p. 19-20 ; Irigoyen et Pons-Alt&#233;s, 2023).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CL et les valeurs coop&#233;ratives devraient &#234;tre les deux faces d'une m&#234;me m&#233;daille, le CL ne pouvant &#234;tre utilis&#233; que comme une simple m&#233;thode p&#233;dagogique sans rapport aux valeurs (Pons-Alt&#233;s, 2021 ; Pons-Alt&#233;s et Irigoyen, 2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, avec cette id&#233;e, le projet &#233;ducatif du CL est tripartite : aider les &#233;l&#232;ves &#224; apprendre, d&#233;velopper des comp&#233;tences sociales et participer &#224; la valorisation des principes du coop&#233;rativisme : &#171; La p&#233;dagogie coop&#233;rative est donc con&#231;ue comme une approche p&#233;dagogique complexe poursuivant la double vis&#233;e d'apprendre &#224; coop&#233;rer et de coop&#233;rer pour apprendre, en se basant sur des valeurs qui lui sont propres &#187; (Rouillier et Howden, 2010, p. 19). Le projet &#233;ducatif des PC s'inscrit plut&#244;t dans la reconnaissance des potentiels de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, d'apprentissages par les exp&#233;riences sociales ordinaires et vers les valeurs d&#233;mocratiques et r&#233;publicaines en actes. Qu'en est-il d&#233;sormais des th&#233;ories sur lesquelles ces deux approches s'appuient ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Le p&#244;le th&#233;orique : les th&#233;ories de base des deux conceptions de la coop&#233;ration &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le p&#244;le &#233;pist&#233;mologique des pratiques p&#233;dagogiques correspond aux th&#233;ories fondant ces approches ainsi qu'&#224; leurs origines historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les influences des PC sont actuellement diverses. D'abord, tout ce qui provient du champ de l'&#233;ducation nouvelle, en particulier avec les apports de grandes figures de la p&#233;dagogie comme Elise et C&#233;lestin Freinet, Roger Cousinet, Barth&#233;l&#233;my Profit ou encore Fernand Oury. Le couple Freinet est &#224; l'origine d'un grand &#233;lan p&#233;dagogique, concr&#233;tis&#233; par la cr&#233;ation de l'Institut Coop&#233;ratif de l'Ecole Moderne (ICEM). Une p&#233;dagogie Freinet s'identifie autour de cinq piliers : la libre expression des &#233;l&#232;ves, le t&#226;tonnement exp&#233;rimental, les techniques &#233;ducatives, la participation d&#233;mocratique et la coop&#233;ration (Connac et al., 2019). Roger Cousinet &#233;tait un inspecteur primaire ayant d&#233;velopp&#233; une &#171; m&#233;thode de travail libre par groupe &#187; (Raillon, 1993). Elle tendait &#224; susciter, par l'entraide au sein d'une classe, un d&#233;veloppement moral des &#233;l&#232;ves fond&#233; sur le refus d'une soumission aveugle aux solidarit&#233;s contraignantes impos&#233;es par les collectivit&#233;s. Barth&#233;l&#233;my Profit &#233;tait &#233;galement un inspecteur primaire, mais motiv&#233; par la promotion du mutualisme comme instrument d'&#233;ducation &#224; l'engagement citoyen. Il a fait partie des fondateurs de l'Office Central de la Coop&#233;ration &#224; l'Ecole (OCCE), promouvant la cr&#233;ation de coop&#233;ratives scolaires, g&#233;r&#233;es par et pour les enfants selon des organisations d&#233;mocratiques (Vuillet, 1968). Fernand Oury &#233;tait instituteur et, accompagn&#233; par son Fr&#232;re Jean Oury, psychanalyste, ils sont &#224; l'origine de collectifs p&#233;dagogiques issus du mouvement Freinet mais prenant en compte la dimension inconsciente des relations &#233;ducatives. Ils ont ainsi d&#233;velopp&#233; le courant de la p&#233;dagogie institutionnelle. Une institution est entendue comme une organisation symbolique aidant &#224; la m&#233;diation des relations par l'interm&#233;diaire de supports de projection (Pain, 2005). C'est ce qui se produit par exemple en pensant la vie coop&#233;rative d'une classe au sein d'un conseil d'&#233;l&#232;ves, une structure comp&#233;tente pour instituer r&#232;gles de fonctionnements et nouvelles institutions p&#233;dagogiques (Pagoni, 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces PC se d&#233;veloppent &#224; partir de th&#233;ories de l'apprentissage pr&#233;cises, explor&#233;es par l'interm&#233;diaire de tr&#232;s nombreux travaux en psychologie. Ceux-ci se sont appuy&#233;s au d&#233;part sur les recherches conduites par Jean Piaget et ont &#233;t&#233; concr&#233;tis&#233;s par le courant socioconstructiviste. C'est ainsi que Mugny, Doise et Perret-Clermont ont d&#233;crit l'&#233;volution possible de d&#233;saccords d'id&#233;es entre des &#233;l&#232;ves (sous forme de conflits socio-cognitifs) vers des &#233;tats de doute et d'incertitude (du conflit cognitif) (Buchs et al., 2008). Ces questionnements sont &#224; la source d'un besoin d'apprendre pouvant &#234;tre compens&#233; par un rapport formel aux contenus d'enseignement (comme r&#233;ponse aux questions que les &#233;l&#232;ves sont en train de se poser). Vygotsky a pr&#233;cis&#233; l'importance de la dimension sociale des apprentissages en situant une zone cognitive d'apprentissage (dite &#171; proximale &#187;) entre ce que l'&#233;l&#232;ve sait faire seul et ce qu'il ne peut parvenir &#224; r&#233;aliser m&#234;me accompagn&#233;. &#171; Enseigner &#224; l'enfant ce qu'il n'est pas capable d'apprendre est aussi st&#233;rile que lui enseigner ce qu'il sait d&#233;j&#224; faire tout seul &#187; (Vygotski, 1997, p. 370). La contribution d'un tiers, enseignant ou pair-&#233;l&#232;ve, peut alors &#234;tre une aide importante pour apprendre ce qui est inaccessible seul. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; reprise et fouill&#233;e par Bruner avec les diff&#233;rentes postures d'&#233;tayage, accordant &#224; la relation p&#233;dagogique des fonctions de tutelle aux &#233;l&#232;ves. Il d&#233;signe par tutelle &#171; les moyens gr&#226;ce auxquels un adulte ou un sp&#233;cialiste vient en aide &#224; quelqu'un qui est moins adulte ou sp&#233;cialiste que lui &#187; (Bruner, 2011, p. 261). De son c&#244;t&#233;, Bandura (1976) est &#224; l'origine de l'identification d'un autre ph&#233;nom&#232;ne d'apprentissage social, celui de la vicariance, pr&#233;cisant qu'il est &#233;galement possible d'apprendre par un double processus d'observation puis d'imitation de ce qui vient d'&#234;tre observ&#233; chez un tiers. Ces approches sont actuellement beaucoup travaill&#233;es par les sciences de l'&#233;ducation, qui les &#233;clairent de pr&#233;occupations sociologiques ou philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8190 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L480xH490/img-2-small480-24-f8345.png?1680340938' width='480' height='490' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Figure 2 - M&#233;taphore du raisin pour les p&#233;dagogies coop&#233;ratives &#8211; cr&#233;&#233;e par les auteurs pour cet article&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CL repose &#233;galement sur ces th&#233;ories construites sur les fondements de Piaget et de Vygotsky. Mais il puise ses origines dans une longue histoire commen&#231;ant par les travaux de Dewey (1915) sur l'apprentissage comme processus social et d&#233;mocratique, Lewin (1945) sur la dynamique de groupe, suivis de ceux de Deutsch (1949) le d&#233;finissant autour des relations sociales et de la th&#233;orie de l'interd&#233;pendance sociale, puis dans les ann&#233;es 70-80 avec les fr&#232;res Johnson qui ont jet&#233; les bases de la th&#233;orie de l'interd&#233;pendance sociale de Deutsch, avant d'autres recherches telles que celles conduites par Aronson, Slavin, Kagan ou Sharan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ces p&#233;riodes, la recherche internationale sur le CL a &#233;tabli quelques id&#233;es fondamentales sur cette approche (Ru&#233;, 2020) : la d&#233;finition de ce qu'est le CL, les conditions cl&#233;s qui le d&#233;finissent, et ses avantages comparatifs par rapport &#224; l'apprentissage individualis&#233; ou des modalit&#233;s scolaires comp&#233;titives (Johnson et Johnson, 1978). Johnson et Johnson (1989) ont d&#233;velopp&#233; un important travail de recherche, pass&#233; en revue plus de 600 &#233;tudes sur les m&#233;thodes coop&#233;ratives, comp&#233;titives et individualistes. Ces r&#233;sultats montrent les avantages des m&#233;thodes de CL dans trois grandes cat&#233;gories : efforts pour atteindre de bonnes performances (performances plus &#233;lev&#233;es, motivation intrins&#232;que, niveau de raisonnement et d'esprit critique am&#233;lior&#233;), relations positives (augmentation de l'esprit d'&#233;quipe, relations de solidarit&#233; et appr&#233;ciation de la diversit&#233;) et la sant&#233; mentale (renforcement de soi, d&#233;veloppement social, int&#233;gration, estime de soi et capacit&#233; &#224; faire face &#224; l'adversit&#233;). De nombreuses revues et m&#233;ta-analyses ult&#233;rieures ont abouti &#224; des conclusions similaires (Colomina et Onrubia, 2004 ; Serrano i Pons, 2007 ; Serrano et al ., 2007 ; Garc&#237;a Cabrera et al., 2012 1 ; Gillies, 2014 ; Slavin, 2014).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les avantages tir&#233;s de l'apprentissage coop&#233;ratif ont &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;s dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, trois autres id&#233;es permettent de comprendre les raisons de ces avantages du CL (Ru&#233;, 2020) : le r&#244;le de la notion d'&#171; intentionnalit&#233; partag&#233;e &#187; dans la coop&#233;ration (Tomasello, 2014) ; la notion n&#233;o-piag&#233;tienne de &#171; conflit sociocognitif &#187;, c'est-&#224;-dire le d&#233;s&#233;quilibre et le r&#233;&#233;quilibrage de la cognition, n&#233;e de l'interaction sociale (Mugny et Doise, 1983) ; et le r&#244;le du dialogue (interd&#233;pendant), comme vecteur g&#233;n&#233;rateur des ph&#233;nom&#232;nes ant&#233;rieurs (Jonassen, 2009). Par cons&#233;quent, le CL est consid&#233;r&#233; comme un outil m&#233;thodologique qui peut r&#233;pondre aux diff&#233;rents besoins des individus au 21e si&#232;cle (Johnson et Johnson, 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres experts de ces m&#233;thodes y contribuent &#233;galement : Slavin (2014) propose quatre perspectives th&#233;oriques compl&#233;mentaires fondant le CL comme nouveau paradigme d'enseignement : (1) la perspective motivationnelle, qui se concentre sur les diff&#233;rentes t&#226;ches propos&#233;es aux &#233;l&#232;ves (Johnson et Johnson, 2009) ; (2) la perspective de coh&#233;sion sociale, qui stipule que des relations interd&#233;pendantes sont &#233;tablies entre les membres du groupe (Cohen, 1994) ; (3) la perspective cognitive, qui stipule que pour apprendre, les &#233;l&#232;ves doivent restructurer cognitivement un nouveau contenu (Schunk, 2012) ; (4) la perspective d&#233;veloppementale, qui d&#233;crit les interactions entre &#233;l&#232;ves &#224; diff&#233;rents niveaux (Damon, 1984). Sharan et Sharan (2004) poursuivent les th&#233;ories de Dewey (1915) en identifiant quatre composantes essentielles &#224; combiner pour qu'il y ait de l'apprentissage au sein d'un groupe : la recherche, l'interaction, l'interpr&#233;tation et la motivation intrins&#232;que. Kagan et Kagan (2013), avec leurs plus de 200 structures d'apprentissage coop&#233;ratif, mettent en &#339;uvre quatre principes : l'interd&#233;pendance positive, la responsabilit&#233; individuelle, la participation &#233;gale et l'interaction simultan&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, de tous les th&#233;oriciens du CL, la grande r&#233;f&#233;rence reste Johnson et Johnson, qui structurent l'apprentissage du travail coop&#233;ratif en groupe avec trois types de groupe (formel, informel et de base), la th&#233;orie de l'interd&#233;pendance sociale et cinq &#233;l&#233;ments essentiels pour que la coop&#233;ration fonctionne (Johnson et Johnson, 1991, 1992, 1999, Johnson et al., 1999, p. 21-23) :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'interd&#233;pendance positive (positive interdependence) : les efforts de chacun profitent &#224; tous, et inversement,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; -* la responsabilit&#233; individuelle (Individual accountability) : chacun assume sa part de travail,&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la promotion des interactions en face-&#224;-face (Face-to-face promotive interaction) : le groupe est un soutien scolaire et personnel,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'enseignement des comp&#233;tences sociales (Social Skills) : les &#233;l&#232;ves sont pr&#233;par&#233;s &#224; des comportements coop&#233;ratifs,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'auto-&#233;valuation de groupe (Group processing) : chacun analyse son travail et celui des autres, pour am&#233;liorer l'efficacit&#233; du groupe.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_document_8191 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L480xH557/img-3-small480-20-aec53.png?1680340938' width='480' height='557' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Figure 3 - M&#233;taphore de la pomme pour le cooperative learning (Johnson et al., 1999, p. 22).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Domingo (2008) affirme qu'avec la classe-puzzle les cinq &#233;l&#233;ments de base des fr&#232;res Johnson sont int&#233;gr&#233;s, car l'objectif principal de cette m&#233;thode est de mettre les &#233;l&#232;ves en situation d'interd&#233;pendance positive, puisqu'elle r&#233;partit la t&#226;che d'apprentissage entre les &#233;l&#232;ves et structure les interactions par le biais d'&#233;quipes (Iglesias et al., 2017). &#192; son tour, ce dispositif &#171; force &#187; la responsabilit&#233; individuelle, cr&#233;ant les conditions pour que le travail de chaque membre de l'&#233;quipe soit essentiel pour que les co&#233;quipiers puissent accomplir leur t&#226;che (Torrego et Negro, 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, dans des &#233;tudes r&#233;centes Ovejero (2018) passe en revue les travaux de Johnson et Johnson (1999, 2009), Iglesias et al. (2017), Kagan (1992), Ovejero (1990) et Pujol&#224;s (2008) pour affirmer que pour qu'un groupe de travail soit coop&#233;ratif, il doit r&#233;pondre au moins &#224; ces exigences : 1) interd&#233;pendance positive ; 2) une interaction directe en face &#224; face ; 3) responsabilit&#233; individuelle ; 4) Comp&#233;tences sociales et interpersonnelles ; 5) Auto-&#233;valuation du groupe ; 6) Participation &#233;quitable ; 7) &#201;galit&#233; des chances de r&#233;ussite ; 8) H&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; ; 9) Leadership partag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staquet (2007) d&#233;fend que le CL serait &#171; un apprentissage au travail en &#233;quipe de pairs et &#224; l'autonomie responsable &#187; (p. 17). Il consid&#232;re cette approche comme une p&#233;dagogie au service de huit intentions : se montrer autonome, &#234;tre avec les autres, &#233;changer, partager des ressources, tendre vers la polyvalence et la complexit&#233;, se motiver, vivre une d&#233;mocratie active, se pr&#233;parer &#224; un changement de m&#233;tier. Il d&#233;veloppe ainsi six autres principes du CL : un climat propice &#224; la coop&#233;ration, des &#233;quipes de travail, l'interd&#233;pendance positive et la responsabilisation, les habilet&#233;s sociales et cognitives pour coop&#233;rer, la r&#233;flexion sur la dynamique des groupes, l'enseignant consultant et facilitateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les PC trouvent leurs sources dans la diversit&#233; des &#233;coles de l'&#233;ducation nouvelle, de la psychologie constructiviste et des recherches en sciences de l'&#233;ducation, le CL (qui se base &#233;galement sur la psychologie constructiviste) s'appuie plus pr&#233;cis&#233;ment sur les apports de Dewey, Deutsch et, surtout, de Johnson et Johnson, ainsi que sur de tr&#232;s nombreux travaux r&#233;alis&#233;s dans les territoires anglophones et hispaniques. Ces rep&#232;res th&#233;oriques invitent &#224; d&#233;crire comment ces formes de coop&#233;ration scolaire sont mises en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Le p&#244;le prax&#233;ologique des pratiques de coop&#233;ration entre &#233;l&#232;ves&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le p&#244;le prax&#233;ologique renvoie aux pratiques effectives dans les salles de classe. Nous tentons ici de montrer comment ces pratiques de la coop&#233;ration prennent forme avec des &#233;l&#232;ves et quelles postures sont adopt&#233;es par les enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CL n'est pas seulement une fin en soi, il est aussi un moyen pour soutenir l'apprentissage : il s'agit pour les &#233;l&#232;ves d'apprendre (par) la coop&#233;ration et pour l'enseignant de guider &#171; les conditions d'une interaction constructive &#187; (Buchs, 2020, p. 52). Notons que le CL concerne &#233;galement la formation des &#233;l&#232;ves aux comp&#233;tences sociales n&#233;cessaires aux t&#226;ches scolaires (Staquet, 2007 ; Rouiller et Howden, 2010 ; Buchs et al., 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque enseignant peut utiliser le CL selon sa philosophie et ses pratiques p&#233;dagogiques (Ovejero, 2018). Mais le d&#233;veloppement de ces structures constitue un univers complexe et m&#234;me difficile &#224; classer (Duran et Monereo, 2012), parce que chacune dispose de ses propres caract&#233;ristiques et utilise des strat&#233;gies coop&#233;ratives particuli&#232;res. Coop&#233;rer n'est pas une simple action, apprendre en coop&#233;ration n&#233;cessite une conception de la situation d'enseignement-apprentissage qui tienne compte du contexte (Colomina et Onrubia, 2004 ; Pujol&#224;s, 2008 ; Irigoyen (2022). Pour cette raison, il semble essentiel que les enseignants connaissent certaines de ces structures, comprenant avant tout les principes conceptuels sur lesquels repose le CL, afin de pouvoir choisir celle qui convient le mieux &#224; leur r&#233;alit&#233; (Echeita, 1995 ; Torrego et Negro, 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fernandez-Rio et al. (2017) marquent trois approches (compl&#233;mentaires les unes des autres) pour l'introduction de l'apprentissage coop&#233;ratif :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Conceptuelle : se concentre sur l'&#233;laboration de programmes g&#233;n&#233;raux th&#233;oriques et pratiques et de principes g&#233;n&#233;raux d'action pour aider &#224; la mise en &#339;uvre du mod&#232;le (Johnson et Johnson, 2009).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Curriculaire : met l'accent sur le d&#233;veloppement de mat&#233;riels sp&#233;cifiques et applicables pour travailler sur les principaux contenus des diff&#233;rents domaines curriculaires (Slavin, 1995).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Structurelle : se concentre sur l'organisation de la structure du contexte d'enseignement-apprentissage dans le but de promouvoir l'interaction entre les &#233;tudiants (Kagan, 1992).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, Ovejero (2018) souligne que l'enseignant doit : a) cr&#233;er une atmosph&#232;re de coop&#233;ration et d'empathie en classe ; b) pr&#233;parer les &#233;l&#232;ves (et les enseignants) &#224; travailler en groupe ; c) former les groupes ; d) engager l'apprentissage coop&#233;ratif. Ces phases s'appuient sur les travaux d'Iglesias et al. (2017), qui recherchent une mise en &#339;uvre ad&#233;quate de l'apprentissage coop&#233;ratif &#224; travers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Phase I : la cr&#233;ation du groupe et l'am&#233;lioration de sa coh&#233;sion interne ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Phase II : l'apprentissage coop&#233;ratif comme contenu &#224; apprendre (apprendre &#224; coop&#233;rer) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Phase III : l'apprentissage coop&#233;ratif comme ressource pour l'enseignement et l'apprentissage (coop&#233;rer pour enseigner-apprendre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pujol&#224;s et Lago (2010) ont con&#231;u et &#233;valu&#233; un programme p&#233;dagogique qui envisage la coop&#233;ration &#224; la fois comme contenu d'enseignement (Apprendre &#224; coop&#233;rer) et comme ressource pour apprendre (Coop&#233;rer pour apprendre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, coop&#233;rer pour apprendre dans le cadre de m&#233;thodes coop&#233;ratives peut &#234;tre une t&#226;che complexe et souvent difficile (Ovejero, 2018). Cela demande de la rigueur dans les conditions d'application (Ru&#233;, 2020). Les enseignants ne doivent pas &#234;tre de simples techniciens qui appliquent des m&#233;thodes (Johnson et Johnson, 1994 ; Ca&#241;abate et Colomer, 2020). Ils doivent int&#233;rioriser la m&#233;thode et l'adapter &#224; la r&#233;alit&#233; de la classe, modifier si besoin la structure organisationnelle, et concevoir les techniques coop&#233;ratives comme un fil conducteur des apprentissages (Irigoyen, 2021 ; Irigoyen et Pons-Alt&#233;s, 2022b, sous presse). Le r&#244;le de l'enseignant est essentiel pour garantir la participation de tous et une structuration des activit&#233;s coop&#233;ratives pour favoriser les interactions simultan&#233;es entre les &#233;l&#232;ves, garantissant une participation &#233;gale (Buchs, 2020). C'est &#224; lui d'expliquer les raisons de la coop&#233;ration et d'&#233;noncer clairement la nature de l'interd&#233;pendance (Buchs, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les PC, il est aussi n&#233;cessaire de pr&#233;ciser la nature des organisations en vigueur (tr&#232;s diverses) et, pour chacune de ces d&#233;clinaisons, situer les attentions sp&#233;cifiques pour que la coop&#233;ration puisse participer aux progr&#232;s de chacun. C'est en ce sens que se d&#233;veloppe actuellement une didactisation de la coop&#233;ration entre &#233;l&#232;ves (Connac, 2023), d&#233;taillant des pratiques comme l'aide, l'entraide, le tutorat entre pairs, le travail en groupe, en &#233;quipe ou en atelier, les jeux et les conseils coop&#233;ratifs ou les march&#233;s de connaissances. Elles peuvent &#234;tre pr&#233;sent&#233;es selon deux variables : la consigne de coop&#233;rer (&#224; l'initiative des enseignants &#8211; formelle, ou des &#233;l&#232;ves &#8211; informelle) et le rapport au savoir (sym&#233;trique ou dissym&#233;trique).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8192 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L480xH274/img-4-small480-11-ffa42.png?1680340938' width='480' height='274' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Figure 4 - Principales d&#233;clinaisons des p&#233;dagogies coop&#233;ratives (Connac, 2020, p. 32).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une aide (entre &#233;l&#232;ves) correspond &#224; une situation au cours de laquelle un &#233;l&#232;ve, qui se reconna&#238;t capable, vient apporter ses connaissances et ses comp&#233;tences &#224; un camarade qui en a exprim&#233; le besoin. Pour &#233;viter les risques de d&#233;valorisation par un &#233;tiquetage stigmatisant (li&#233; &#224; de la r&#233;signation acquise), une aide s'exerce &#224; l'initiative de celui qui en manifeste le besoin (Puustinen, 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une entraide est plut&#244;t une situation coop&#233;rative o&#249; deux ou plusieurs &#233;l&#232;ves d&#233;cident de se r&#233;unir pour tenter, &#224; plusieurs, de r&#233;soudre un probl&#232;me ou une difficult&#233; qu'ils rencontrent conjointement (Marchive, 1995). L'entraide peut avoir pour risque une diminution de l'investissement si des &#233;l&#232;ves choisissent des partenaires qui vont r&#233;aliser la partie la plus difficile du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tutorat (entre pairs) est une forme d'aide plus organis&#233;e (Baudrit, 2018). Un tuteur est un &#233;l&#232;ve volontaire et form&#233; aux gestes de l'accompagnement et de l'explication. Il ma&#238;trise ce qu'on lui demande ou sait renvoyer vers quelqu'un de comp&#233;tent. Un tutor&#233; est un &#233;l&#232;ve form&#233; aux gestes de demande d'aide, qui exprime le besoin d'obtenir un soutien ponctuel, plus ou moins durable, de la part d'un camarade qu'il choisit. Pour &#233;viter l'augmentation des in&#233;galit&#233;s entre les &#233;l&#232;ves, un lien de r&#233;ciprocit&#233; est n&#233;cessaire entre tuteurs et tutor&#233;s, afin que tous les &#233;l&#232;ves puissent endosser ces deux fonctions (sans r&#233;ciprocit&#233;, on parle alors de monitorat). L'aide et le tutorat ont des fonctions de d&#233;blocages face &#224; une micro-t&#226;che (une consigne, un mot de vocabulaire, une rapide notion), souvent lors des phases d'enseignement o&#249; l'on donne la possibilit&#233; aux &#233;l&#232;ves de s'entra&#238;ner et de travailler la m&#233;morisation des proc&#233;dures. L'entraide a plut&#244;t une fonction p&#233;dagogique d'enr&#244;lement, les &#233;l&#232;ves pouvant compter sur la motivation apport&#233;e par les autres et sur les id&#233;es qu'ils n'auraient pas eues seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travail en groupe (ou groupe d'apprentissage) est organis&#233; par l'enseignant, afin que les &#233;l&#232;ves explorent, &#224; plusieurs, une situation-probl&#232;me qu'ils ont pr&#233;c&#233;demment &#233;tudi&#233;e individuellement (Connac et Rusu, 2021). Le travail en groupe vise l'&#233;mergence d'un conflit sociocognitif, sous forme d'un litige entre les &#233;l&#232;ves, pour que les repr&#233;sentations initiales de chacun soient &#233;prouv&#233;es (sous forme de conflit cognitif, d'incertitude), puis major&#233;es par une formalisation des savoirs (Buchs et al., 2008). Son principe est que les &#233;l&#232;ves ne soient pas d'accord entre eux pour qu'ils puissent individuellement ressentir le besoin de s'approprier des contenus scolaires en mesure de r&#233;soudre leurs doutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travail en &#233;quipe est plut&#244;t associ&#233; &#224; des d&#233;marches de projet (Cottereau, 2007). Lorsque des &#233;l&#232;ves d&#233;cident de se mettre ensemble pour r&#233;aliser une enqu&#234;te commune (Thievenaz, 2017), ils forment une &#233;quipe. Ils se r&#233;unissent pour choisir, penser, mettre en &#339;uvre, communiquer et &#233;valuer un projet, sur un temps long. La fonction p&#233;dagogique d'un travail en &#233;quipe est de favoriser le d&#233;veloppement de comp&#233;tences, disciplinaires (par transferts dans des situations authentiques) ou transversales (sous forme de comp&#233;tences de vie ou de soft-skills). Alors qu'un groupe cherche &#224; susciter des d&#233;saccords entre les &#233;l&#232;ves, une &#233;quipe leur demande de parvenir &#224; se mettre d'accord malgr&#233; leurs diff&#233;rends. De plus, les temporalit&#233;s sont diff&#233;rentes puisque la dur&#233;e de vie d'un groupe n'est que de quelques minutes alors que celle d'une &#233;quipe peut aller jusqu'&#224; plusieurs mois. Les risques d'un travail en &#233;quipe sont que les &#233;l&#232;ves donnent plus d'importance &#224; l'action &#224; r&#233;aliser qu'aux apprentissages &#224; affermir, notamment en se distribuant, de mani&#232;re &#233;tanche et dissym&#233;trique, le travail &#224; r&#233;aliser (ce qui deviendrait ainsi une collaboration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travail en atelier est une autre forme coop&#233;rative pr&#233;sente lorsque des &#233;l&#232;ves partagent une m&#234;me activit&#233; (souvent autour d'un mat&#233;riel commun). &#192; l'&#233;cole, des ateliers peuvent &#234;tre organis&#233;s par l'enseignant (ateliers tournants) ou &#234;tre accessibles aux &#233;l&#232;ves (ateliers permanents). La fonction p&#233;dagogique d'un atelier est que les &#233;l&#232;ves apprennent par vicariance (Bandura, 1976), et donc qu'ils s'observent mutuellement puis reproduisent ce qu'ils ont vu chez leurs camarades. Leur risque est que des &#233;l&#232;ves priorisent ce qu'il y a &#224; manipuler sur ce qu'il y a &#224; apprendre (n'adoptent pas de posture de secondarisation - Bautier et Goigoux, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces premi&#232;res formes de PC cherchent &#224; faire r&#233;ussir scolairement les &#233;l&#232;ves. D'autres formes concernent davantage leur bien-&#234;tre et les conditions de l'apprentissage, la construction d'un espace de travail hors menace o&#249; les &#233;l&#232;ves se sentent sereins. C'est le cas avec les conseils coop&#233;ratifs (Le Gal, 2002 ; Laplace, 2008 ; Pi&#233;trons, 2022), les jeux coop&#233;ratifs (Masheder, 2005), les march&#233;s de connaissances (ou r&#233;seau d'&#233;changes r&#233;ciproque de savoirs - H&#233;ber-Suffrin, 2016), les &#171; Quoi de neuf ? &#187;, les discussions d&#233;mocratiques (notamment &#224; vis&#233;es philosophiques - Tozzi, 2012) ou les messages clairs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agenc&#233;es selon des raisons p&#233;dagogiques et didactiques, ces d&#233;clinaisons coop&#233;ratives peuvent former un tout coh&#233;rent, transformant un groupe-classe en communaut&#233; d'apprentissage. Les &#233;l&#232;ves peuvent alors travailler et apprendre collectivement, individuellement ou en coop&#233;ration. Les enseignants peuvent choisir les moments de transmission des contenus scolaires et ceux consistant &#224; accompagner les apprentissages individuels, sans que leur diversit&#233; soit un frein compliquant l'exercice de leur profession.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au terme de la pr&#233;sentation conjointe de ces deux grandes familles de p&#233;dagogies de la coop&#233;ration, plusieurs diff&#233;rences ont &#233;t&#233; relev&#233;es entre CL et PC, au niveau des valeurs qu'elles cherchent &#224; d&#233;velopper, des appuis th&#233;oriques qu'elles revendiquent et des pratiques qui les caract&#233;risent. Sans n&#233;gliger leurs singularit&#233;s, nous pouvons retenir qu'il ne s'agit pas d'approches p&#233;dagogiques qui s'affrontent ou entrent en concurrence. Ce sont plut&#244;t des logiques avec des traditions diff&#233;rentes, propos&#233;es pour contribuer au bien-&#234;tre des &#233;l&#232;ves et pouvant pr&#233;senter des formes de compl&#233;mentarit&#233; : pour former les &#233;l&#232;ves &#224; la coop&#233;ration &#224; partir des ressources issues du CL, puis pour organiser leur travail quotidien en appui sur les rep&#232;res apport&#233;s par les PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces descriptions en parall&#232;le nous conduisent &#224; ouvrir les r&#233;flexions sur la place de la coop&#233;ration &#224; l'&#233;cole. Tout d'abord, au sujet de sa fonction &#233;ducative : la coop&#233;ration est-elle plut&#244;t un moyen pour apprendre ou un objectif d'apprentissage ? Confondre les deux serait prendre le risque de rendre plus difficile aux &#233;l&#232;ves les postures de secondarisation (Bautier et Goigoux, 2004) : lorsqu'un enseignant propose de coop&#233;rer, est-ce pour apprendre &#224; coop&#233;rer ou pour tenter de faire sien les contenus scolaires associ&#233;s &#224; la programmation d'enseignement en cours ? De plus, en quoi les approches associ&#233;es au CL peuvent-elles participer au d&#233;veloppement des apprentissages acad&#233;miques et au bien-&#234;tre des &#233;l&#232;ves ? Inversement, pourquoi et comment des &#233;l&#232;ves qui coop&#232;rent pour apprendre avec les PC construisent-ils en m&#234;me temps des habilet&#233;s coop&#233;ratives potentiellement disponibles en dehors de l'&#233;cole ? Enfin, au sujet des tensions qui ont &#233;t&#233; relev&#233;es entre coop&#233;ration et collaboration, quelle est la place des actions communes pour apprendre ? En quoi faire ensemble, ou participer &#224; la r&#233;alisation d'un m&#234;me projet peut aider chacun des &#233;l&#232;ves impliqu&#233;s &#224; d&#233;velopper des apprentissages orient&#233;s par des curricula scolaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, notre projet de rapprocher CL et PC se montre une source de f&#233;condit&#233;s qui apporte, c'est &#224; esp&#233;rer, de nombreux b&#233;n&#233;fices pour les &#233;l&#232;ves et les enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI (Digital Object Identifier) sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les utilisateurs des institutions abonn&#233;es &#224; l'un des programmes freemium d'OpenEdition peuvent t&#233;l&#233;charger les r&#233;f&#233;rences bibliographiques pour lesquelles Bilbo a trouv&#233; un DOI.&lt;/p&gt;
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