<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.innovation-pedagogique.fr/spip.php?id_auteur=11569&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
		<url>https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/siteon0-b9b71.png?1691667292</url>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
		<height>64</height>
		<width>64</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;seaux sociaux : une hyper-conscience de soi qui amplifie le mal-&#234;tre des jeunes ?</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article24047.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article24047.html</guid>
		<dc:date>2025-10-22T07:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caroline Rouen-Mallet, Enseignant-chercheur en marketing, IAE Rouen Normandie - Universit&#233; de Rouen Normandie, Pascale Ezan, professeur des universit&#233;s - comportements de consommation - alimentation - r&#233;seaux sociaux, St&#233;phane Mallet, Universit&#233; de Rouen Normandie, Universit&#233; Le Havre Normandie</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sur les r&#233;seaux sociaux, les jeunes font face &#224; un jugement collectif permanent. cottonbro studio / Pexels, CC BY &lt;br class='autobr' /&gt;
Troubles alimentaires, genre, corps, identit&#233;&#8230; Sur les r&#233;seaux sociaux, chaque sujet intime devient un th&#232;me de d&#233;bat public. Si ces discours permettent de sensibiliser &#224; des enjeux de sant&#233; et de soci&#233;t&#233;, ils peuvent aussi inciter &#224; une auto-surveillance source de mal-&#234;tre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les indicateurs de sant&#233; mentale des jeunes se d&#233;gradent de mani&#232;re continue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon l'Organisation (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique5.html" rel="directory"&gt;The conversation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/file-20251020-56-18cbc20d-1df7b.jpg?1761292811' width='500' height='333' /&gt;&lt;figcaption&gt;&lt;span class=&#034;caption&#034;&gt;Sur les r&#233;seaux sociaux, les jeunes font face &#224; un jugement collectif permanent. &lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;a class=&#034;source&#034; href=&#034;https://www.pexels.com/photo/photo-of-people-engaged-on-their-phones-8088493/&#034;&gt;cottonbro studio / Pexels&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/&#034;&gt;CC BY&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troubles alimentaires, genre, corps, identit&#233;&#8230; Sur les r&#233;seaux sociaux, chaque sujet intime devient un th&#232;me de d&#233;bat public. Si ces discours permettent de sensibiliser &#224; des enjeux de sant&#233; et de soci&#233;t&#233;, ils peuvent aussi inciter &#224; une auto-surveillance source de mal-&#234;tre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt; &lt;p&gt;Les indicateurs de sant&#233; mentale des jeunes se d&#233;gradent de mani&#232;re continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS), pr&#232;s d'un jeune sur cinq souffre aujourd'hui d'un trouble mental : anxi&#233;t&#233;, troubles alimentaires, sentiment d'isolement, &#233;puisement &#233;motionnel. Les demandes d'aide explosent. En parall&#232;le, le temps pass&#233; sur les r&#233;seaux sociaux ne cesse de cro&#238;tre : les 15&#8211;24 ans y consacrent plus de trois heures et demie par jour en moyenne (Arcom, 2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette g&#233;n&#233;ration n'est pas seulement la plus connect&#233;e : elle est aussi la plus expos&#233;e &#224; des discours permanents sur la sant&#233; mentale, le corps, l'identit&#233; et la performance. Cette exposition continue red&#233;finit la mani&#232;re dont les jeunes per&#231;oivent leurs &#233;motions, interpr&#232;tent leurs comportements et &#233;valuent leur &#171; normalit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Des r&#233;seaux qui apprennent &#224; se scruter et se comparer&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Sur les r&#233;seaux sociaux, chaque sujet intime devient un th&#232;me de d&#233;bat public : identit&#233; sexuelle, genre, TDAH, haut potentiel, troubles alimentaires, dyslexie, stress, normes physiques&#8230; Ces conversations, parfois initi&#233;es dans une intention bienveillante de sensibilisation, finissent parfois par nourrir une hyper-conscience de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes y apprennent, jour apr&#232;s jour, &#224; se scruter, &#224; se diagnostiquer, mais surtout, &#224; se comparer. Chaque &#233;motion devient suspecte : &#171; Suis-je stress&#233; ? TDAH ? Hypersensible ? &#187;, chaque &#233;cart par rapport aux normes visibles sur les r&#233;seaux sociaux devient motif d'inqui&#233;tude. Cette peur permanente &#224; propos de soi-m&#234;me cr&#233;e un terrain fertile pour le mal-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas n&#233;cessairement plus stress&#233;s biologiquement que les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes &#8211; ils ont surtout appris &#224; avoir peur d'&#234;tre stress&#233;s &lt;a href=&#034;https://www.nature.com/articles/nrn2639&#034;&gt;selon Sonia Lupien&lt;/a&gt;, chercheuse en neurosciences. Autrement dit, c'est la repr&#233;sentation n&#233;gative du stress qui en augmente l'intensit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos recherches soulignent que les r&#233;seaux sociaux agissent comme une caisse de r&#233;sonance du mal-&#234;tre. En v&#233;hiculant en continu des messages alarmistes selon lesquels le mal-&#234;tre est un poison ou en diffusant des discours emprunts d'une positivit&#233; exacerb&#233;e, ils entretiennent la croyance qu'un individu &#233;quilibr&#233; devrait &#234;tre constamment serein et performant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mal-&#234;tre est donc devenu social et symbolique. Par le biais des r&#233;seaux sociaux, il devient diffus, constant et se renforce au gr&#233; de la visibilit&#233; des contenus num&#233;riques et de la comparaison sociale qu'ils sous-tendent. Ainsi, les jeunes ne fuient plus une menace ext&#233;rieure, mais un jugement collectif permanent, celui des pairs et des algorithmes qui r&#233;gulent leur image de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, &#224; force de pr&#233;senter l'anxi&#233;t&#233;, la fatigue ou encore la diff&#233;rence comme des signaux alarmants, les jeunes finissent par redouter de ne pas souffrir de pathologies qui les rendent &#171; normaux &#187; aux yeux des autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Une internalisation des normes&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Selon la &lt;a href=&#034;https://psycnet.apa.org/record/1985-98423-000&#034;&gt;th&#233;orie de l'apprentissage social&lt;/a&gt;, les individus apprennent &#224; se comporter et &#224; se percevoir en observant les autres. Les r&#233;seaux sociaux fonctionnent pr&#233;cis&#233;ment sur ce principe : chaque image, chaque t&#233;moignage agit comme un micro-mod&#232;le de comportement, de posture ou d'&#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos recherches dans le cadre du [projet ALIMNUM], qui vise &#224; &#233;tudier l'impact de la consommation num&#233;rique des &#233;tudiants sur leur sant&#233;, et notamment leurs pratiques nutritionnelles, constituent un cas concret illustrant ce ph&#233;nom&#232;ne. Les &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/les-influenceurs-fitness-nouveaux-relais-dopinion-pour-interpeller-les-pouvoirs-publics-sur-la-sante-des-jeunes-260378&#034;&gt;influenceurs&lt;/a&gt; sont pour les jeunes des figures m&#233;diatiques et incarnent aujourd'hui de v&#233;ritables mod&#232;les normatifs. Dans le domaine du &lt;em&gt;fitness&lt;/em&gt; par exemple, leurs contenus pr&#244;nent la discipline, le contr&#244;le de soi et la performance corporelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exposition r&#233;p&#233;t&#233;e favorise l'internalisation des normes esth&#233;tiques et une auto-surveillance constante &#8211; ce que Michel Foucault d&#233;crivait d&#233;j&#224; comme une &#171; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernementalit%C3%A9&#034;&gt;gouvernementalit&#233;&lt;/a&gt; du corps &#187;. Les jeunes ne se contentent plus de voir ces mod&#232;les : ils apprennent &#224; se juger &#224; travers eux.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Retrouver le sens de la nuance&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;seaux sociaux se transforment en outil d'auto-surveillance : les jeunes y apprennent &#224; reconna&#238;tre des sympt&#244;mes, mais aussi &#224; s'y identifier. L'expression du malaise devient un marqueur de l&#233;gitimit&#233; sociale o&#249; la souffrance se mesure, se compare et se valorise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos travaux mettent en &#233;vidence une peur d'&#234;tre imparfait ou non conforme aux normes sociales, corporelles circulant en ligne. L'environnement num&#233;rique fonctionne alors comme un amplificateur de vigilance int&#233;rieure, qui transforme la r&#233;gulation &#233;motionnelle en source d'angoisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que d'&#233;liminer le mal-&#234;tre, il faut r&#233;habiliter l'ambivalence : la peur, le doute, l'imperfection. La sant&#233; mentale ne consiste pas &#224; supprimer ces &#233;tats, mais &#224; apprendre &#224; vivre avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#232;re des r&#233;seaux sociaux, cet apprentissage de la nuance devient une forme de r&#233;sistance : accepter de ne pas tout mesurer, de ne pas toujours aller bien. C'est sans doute l&#224; le v&#233;ritable enjeu : d&#233;pathologiser l'exp&#233;rience ordinaire, pour permettre aux jeunes de vivre avec eux-m&#234;mes &#8211; et non contre eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le projet &lt;a href=&#034;https://anr.fr/Projet-ANR-21-CE36-0009&#034;&gt;Alimentation et num&#233;rique &#8211; ALIMNUM&lt;/a&gt; est soutenu par l'Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. L'ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le d&#233;veloppement de recherches fondamentales et finalis&#233;es dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et soci&#233;t&#233;. Pour en savoir plus, consultez le site de l'&lt;a href=&#034;https://anr.fr/&#034;&gt;ANR&lt;/a&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L1xH1/count-e165f47a-62df1.gif?1761292811' alt=&#034;The Conversation&#034; width='1' height='1' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Caroline Rouen-Mallet a re&#231;u des financements de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) ) pour les projets ALIMNUM et MEALS. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Pascale Ezan a re&#231;u des financements de Agence Nationale de la Recherche (ANR) ) projets ALIMNUM et MEALS. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;fine-print&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;St&#233;phane Mallet a re&#231;u des financements de l'Agence Nationale de la Recherche pour les projets Alimnum et Meals&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
