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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Greenwashing : manuel pour d&#233;polluer le d&#233;bat public</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article13818.html</link>
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		<dc:date>2023-01-23T11:39:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gautier Lemelin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un article repris de Vertigo, la revue &#233;lectronique en sciences de l'environnement, une publication sous licence CC by nc nd &lt;br class='autobr' /&gt;
Gautier Lemelin, &#171; Greenwashing : manuel pour d&#233;polluer le d&#233;bat public &#187;, VertigO - la revue &#233;lectronique en sciences de l'environnement [En ligne], Lectures, mis en ligne le 17 janvier 2023, consult&#233; le 22 janvier 2023. URL : http://journals.openedition.org/vertigo/37649 ; DOI : https://doi.org/10.4000/vertigo.37649 &lt;br class='autobr' /&gt;
Greenwashing, ce recueil de 24 textes, entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique38.html" rel="directory"&gt;Enseigner la transition &#233;cologique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/vertigo/37649&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris de &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/vertigo/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vertigo&lt;/a&gt;, la revue &#233;lectronique en sciences de l'environnement, une publication sous licence CC by nc nd &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Gautier Lemelin, &#171; Greenwashing : manuel pour d&#233;polluer le d&#233;bat public &#187;, VertigO - la revue &#233;lectronique en sciences de l'environnement [En ligne], Lectures, mis en ligne le 17 janvier 2023, consult&#233; le 22 janvier 2023. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/vertigo/37649&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/vertigo/37649&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/vertigo.37649&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/vertigo.37649&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Greenwashing, ce recueil de 24 textes, entre synth&#232;se scientifique, intervention politique et critique culturelle, &#233;claire &#171; les impasses de pratiques, de technologies ou de politiques publiques, pourtant pr&#233;sent&#233;es ou per&#231;ues, parfois au sein des mouvements &#233;cologistes eux-m&#234;mes, comme des solutions aux probl&#232;mes environnementaux &#187; (Berlan et al., 2022, p. 11). Selon les coordonnateurs de l'ouvrage, le greenwashing, ou &#233;coblanchiment en fran&#231;ais, met en lumi&#232;re comment certains moyens rh&#233;toriques, esth&#233;tiques et certaines d&#233;clarations inv&#233;rifiables obscurcissent la complexit&#233; des probl&#232;mes environnementaux ainsi que le potentiel et la port&#233;e concr&#232;te des solutions propos&#233;es (Berlan et al., 2022, p. 13). L'&#233;coblanchiment d&#233;signe aussi un ensemble d'actions politiques et financi&#232;res &#339;uvrant davantage &#224; garantir des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques qu'&#224; assumer des engagements s&#233;rieux et urgents face aux exigences plan&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; manuel d'autod&#233;fense intellectuelle &#187; (Berlan et al., 2022, p. 11) et ses diverses entr&#233;es th&#233;matiques, de quatre &#224; sept pages, allant de l'&#233;cocitoyennet&#233; au nationalisme vert, et &#224; la finance verte, examine l'h&#233;g&#233;monie des pratiques et des discours favorisant l'inertie face aux d&#233;r&#232;glements environnementaux (Berlan et al., 2022, p. 27). Pour ces auteurs, &#171; l'&#233;conomisme, le solutionnisme technologique et la pens&#233;e en silo &#187; (Berlan et al., 2022, p. 21) constituent trois biais caract&#233;ristiques de la pens&#233;e, qui demeurent de v&#233;ritables impens&#233;s de l'&#233;poque. En d&#233;pit de l'apparente neutralit&#233; des solutions analys&#233;es, qui alimente une rh&#233;torique et des pratiques scientifiques, politiques et m&#233;diatiques ne favorisant gu&#232;re des strat&#233;gies tangibles de r&#233;solution ou d'att&#233;nuation de la crise environnementale, l'&#233;coblanchiment contribue &#224; renforcer le statu quo et &#224; &#171; retarder le tournant &#233;cologique &#187; (Berlan et al., 2022, p. 31).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour offrir un aper&#231;u de l'ouvrage, nous examinons trois de ses entr&#233;es &#224; savoir la croissance verte, la d&#233;mat&#233;rialisation et l'&#233;nergie d&#233;carbon&#233;e, qui, li&#233;es &#224; l'actualit&#233;, t&#233;moignent de trois biais caract&#233;ristiques de la pens&#233;e moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Jacques Humulle et Timoth&#233;e Parrique, la croissance verte ne propose aucune remise en cause des dynamiques socio&#233;conomiques de croissance. S'appuyant sur l'innovation technologique, comme strat&#233;gie de r&#233;solution des probl&#232;mes qu'elle provoque, elle s'inscrit ainsi dans la lign&#233;e du &#171; d&#233;veloppement durable &#187;. La conviction que le d&#233;veloppement socio&#233;conomique, fond&#233; sur l'accroissement du produit int&#233;rieur brut (PIB), n'est aucunement incompatible avec une r&#233;duction des pressions environnementales et un respect des limites plan&#233;taires serait au c&#339;ur m&#234;me du projet de croissance verte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'une telle croissance verte constitue une solution cr&#233;dible d'adaptation et d'att&#233;nuation de la crise environnementale, encore faut-il r&#233;ussir &#224; d&#233;montrer que la croissance du PIB n'augmente pas pour autant les impacts environnementaux et que les innovations technologiques, souvent incertaines et implant&#233;es tardivement en regard de l'urgence environnementale, puissent &#234;tre pertinentes sans contribuer davantage &#224; d&#233;placer les probl&#232;mes identifi&#233;s qu'&#224; les r&#233;soudre. Ainsi, plusieurs technologies &#171; bas carbone &#187; (dont l'&#233;nergie nucl&#233;aire), soulignent ces auteurs, r&#233;duisent les &#233;missions de CO2, mais au prix de la d&#233;gradation de la biodiversit&#233; et de la pollution des sols. Si les personnes d&#233;j&#224; gagn&#233;es &#224; la critique de la croissance verte et du &#171; solutionnisme &#187; technologique sont facilement convaincues que produire d'autres nuisances ou les externaliser n'est gu&#232;re une perspective soutenable, n&#233;anmoins, dans un contexte o&#249; la croissance demeure le paradigme &#233;conomique dominant, tant chez les &#233;conomistes que dans l'opinion publique, un solide argumentaire bas&#233; sur des donn&#233;es empiriques aurait pu &#234;tre plus convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour soulever les ambigu&#239;t&#233;s et les contradictions de la notion de croissance verte, ces auteurs remettent en question l'assimilation de la croissance &#233;conomique au progr&#232;s social et culturel tout en mettant en &#233;vidence l'entrelacement des probl&#232;mes et de leurs effets dans la production des diagnostics et des solutions &#233;cologiques. En contexte d'urgence environnementale, la croissance verte serait, selon eux, &#171; un pari collectif extr&#234;mement risqu&#233; &#187; (Berlan et al., 2022, p. 82) qu'il vaut mieux &#233;viter. Autrement dit, entre &#171; croire ou verdir, il faut choisir &#187; (Berlan et al., 2022, p. 82) et &#171; de nouveaux projets de soci&#233;t&#233; &#233;mancipateurs sont plus que jamais n&#233;cessaires &#187; (Berlan et al., 2022, p. 84), ce que semble soutenir Timoth&#233;e Parrique dans Ralentir ou p&#233;rir : L'&#233;conomie de la d&#233;croissance, publi&#233; au Seuil en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mat&#233;rialisation, second volet s&#233;lectionn&#233; de l'ouvrage Greenwashing, pr&#233;sent&#233;e par C&#233;lia Izoard et Aur&#233;lien Berlan, s'attaque de son c&#244;t&#233; &#224; l'id&#233;e selon laquelle la d&#233;mat&#233;rialisation de l'information, de la communication et de l'&#233;conomie serait un ph&#233;nom&#232;ne b&#233;n&#233;fique pour l'environnement. Izoard et Berlan mettent en &#233;vidence que les technologies associ&#233;es &#224; la r&#233;volution du num&#233;rique n&#233;cessitent la production d'une base mat&#233;rielle in&#233;dite qui contredit l'hypoth&#232;se selon laquelle la d&#233;mat&#233;rialisation entra&#238;nerait une r&#233;duction du poids et du co&#251;t mat&#233;riel et &#233;nerg&#233;tique des activit&#233;s touch&#233;es. Ainsi, paradoxalement, &#171; depuis la naissance d'internet, nous n'avons jamais autant consomm&#233; de mati&#232;re, &#224; la fois pour produire les bases mat&#233;rielles de la pr&#233;tendue d&#233;mat&#233;rialisation de l'&#233;conomie, et pour acc&#233;l&#233;rer la mondialisation, ce triomphe plan&#233;taire d'un capitalisme bas&#233; sur une production et une consommation croissantes &#187; (Berlan et al., 2022, p. 87).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'usage quotidien des technologies de l'information peut parfois porter &#224; croire &#224; une certaine &#233;mancipation mat&#233;rielle et &#233;nerg&#233;tique en comparaison du nombre consid&#233;rable d'outils ant&#233;rieurs &#224; la r&#233;volution num&#233;rique, ce qui ne doit pas &#234;tre confondu avec des effets de d&#233;localisation de la production industrielle des pays riches vers les pays pauvres, qui impliquent de nouvelles divisions mondiales du travail et des d&#233;penses mat&#233;rielles et &#233;nerg&#233;tiques majeures. Ainsi, &#171; les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre induites par le secteur du num&#233;rique ont d&#233;pass&#233; celles du trafic a&#233;rien depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2010 et augmentent de 6% par an, sans perspective de ralentissement, bien au contraire, en raison du d&#233;ploiement de la 5G. Pour moiti&#233;, elles r&#233;sultent des terminaux utilis&#233;s par les consommateurs, le reste &#233;tant d&#251; aux r&#233;seaux et notamment aux data centers. Un mail ou une vid&#233;o parcourt en moyenne 15 000 km par voie hertzienne ou c&#226;bl&#233;e &#187; (Berlan et al., 2022, pp. 90-91).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignant l'importance des origines extractives de l'industrie num&#233;rique nourrie par les m&#233;taux et les terres rares des industries mini&#232;res alimentant la cha&#238;ne de production mondiale, Izoard et Berlan estiment que l'analyse critique de la d&#233;mat&#233;rialisation doit &#233;galement inclure celle des effets sanitaires et environnementaux qui en r&#233;sultent. Ainsi, les ordinateurs portables et les t&#233;l&#233;phones intelligents contiennent des dizaines de m&#233;taux rares &#171; pr&#233;sent(s) en tr&#232;s faible concentration dans des gisements contenant des &#233;l&#233;ments radioactifs (et dont le) raffinage consomme beaucoup d'eau et g&#233;n&#232;re d'immenses quantit&#233;s de r&#233;sidus toxiques &#187; (Berlan et al., 2022, p. 89). Sources de d&#233;g&#226;ts irr&#233;versibles, l'exploitation de ces m&#233;taux et terres rares affecte des communaut&#233;s, notamment &#224; Baotou en Mongolie int&#233;rieure o&#249; sont localis&#233;es &#171; pr&#232;s de 40% des r&#233;serves mondiales de terres rares &#187; (Pitron, 2019), mais aussi au Br&#233;sil, en Guyane, en Suriname et au Maroc (Berlan et al., 2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation num&#233;rique, avec ses nombreux services et proc&#233;dures administratives, requiert un ensemble de &#171; machines connect&#233;es &#224; un immense r&#233;seau &#187; (Berlan et al., 2022, p. 88) aliment&#233;es en &#233;nergie par de lourdes infrastructures de stockage et de traitement d'information tr&#232;s &#233;nergivores, ayant un poids mat&#233;riel et &#233;nerg&#233;tique significatif. &#192; lui seul &#171; le data center Dalles de Google, en Oregon, abrite 100 000 serveurs, occupe une surface &#233;quivalente &#224; 11,5 terrains de football, consomme la m&#234;me puissance &#233;lectrique qu'une ville fran&#231;aise de 100 000 habitants et stocke pr&#232;s de 400 000 litres de fioul pour pallier une &#233;ventuelle coupure de courant &#187; (Berlan et al., 2022, p. 91). En outre, les fortes quantit&#233;s de d&#233;chets produits et non recycl&#233;s, en raison de l'absence de proc&#233;d&#233;s rentables pour le faire, contribuent au caract&#232;re dissipatif de l'industrie num&#233;rique. Bref, la d&#233;mat&#233;rialisation entra&#238;n&#233;e par l'&#232;re du num&#233;rique serait davantage un vecteur de croissance &#233;conomique et un facteur d'accumulation mat&#233;rielle sur le plan biophysique, qui loin de la soutenabilit&#233; &#233;cologique offre plut&#244;t un horizon id&#233;ologique et une utopie technophile voilant les risques et les co&#251;ts environnementaux et sociaux bien r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le volet sur l'&#233;nergie d&#233;carbon&#233;e de Greenwashing, sign&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Boone, Mickael Coriat, Michel Duru, Julian Carrey et Florian Simatos, s'int&#233;resse aux formes d'&#233;nergies alternatives aux &#233;nergies fossiles, pr&#233;cis&#233;ment au nucl&#233;aire et aux &#233;nergies dites renouvelables. Consid&#233;rant que &#171; l'&#233;nergie provient &#224; 80% de ressources fossiles fortement &#233;mettrices de gaz &#224; effet de serre &#187; (Berlan et al., 2022, p. 122), l'&#233;nergie d&#233;carbon&#233;e se pr&#233;sente comme une solution indispensable pour r&#233;duire l'empreinte carbone de nos soci&#233;t&#233;s. Conscients de la n&#233;cessit&#233; de miser sur des &#233;nergies &#224; faible dissipation de CO2 pour &#339;uvrer &#224; l'atteinte des objectifs climatiques, les auteurs remettent n&#233;anmoins en question bon nombre d'&#233;vidences quant &#224; leur application concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, le fort co&#251;t &#233;nerg&#233;tique de la construction des infrastructures de fonctionnement et de stockage d'&#233;nergie invite &#224; r&#233;fl&#233;chir aux sources d'&#233;nergie primaire mobilis&#233;es tant pour le d&#233;ploiement des projets d'&#233;nergie d&#233;carbon&#233;e que pour leur utilisation. Par exemple, si &#171; l'hydrog&#232;ne n'est qu'un &#8216;vecteur &#233;nerg&#233;tique', c'est-&#224;-dire un interm&#233;diaire entre l'&#233;nergie primaire utilis&#233;e et l'utilisation finale, il importe alors de souligner que l'essentiel de l'hydrog&#232;ne produit actuellement dans le monde provient du gaz naturel, une source d'&#233;nergie fossile, conduisant &#224; de fortes &#233;missions de CO2 lors de sa fabrication &#187; (Berlan et al., 2022, p. 125). La faisabilit&#233; d'une transition aux &#233;nergies d&#233;carbon&#233;es implique donc de v&#233;rifier les stocks de ressources disponibles et l'espace n&#233;cessaire pour r&#233;pondre aux besoins croissants d'&#233;nergie, comme c'est le cas de l'&#233;nergie cin&#233;tique o&#249; &#171; une &#233;olienne de 3 m&#233;gawatts (MW) n&#233;cessite 3 tonnes d'aluminium, 4,7 tonnes de cuivre, 335 tonnes d'acier et 1200 tonnes de b&#233;ton [&#8230;]. Si l'on souhaite ne serait-ce que de maintenir notre consommation &#233;nerg&#233;tique actuelle, [&#8230;] les besoins en ressources mini&#232;res pouvant atteindre 900% des besoins actuels &#224; l'horizon 2050 &#187; (Berlan et al., 2022, p. 127). Sans compter qu'intensifier la production d'une ressource renouvelable en ayant pour objectif de r&#233;duire la dissipation de CO2 peut entra&#238;ner divers impacts environnementaux collat&#233;raux. Ainsi, &#171; l'utilisation de v&#233;g&#233;taux pour produire de l'&#233;nergie [&#8230;] entra&#238;ne le d&#233;ploiement &#224; grande &#233;chelle de monocultures intensives [&#8230;] avec des cons&#233;quences catastrophiques directes sur la biodiversit&#233;, l'&#233;rosion des sols, les fonctions des &#233;cosyst&#232;mes &#187; (Berlan et al., 2022, p. 126). Bref, sans rejeter l'importance des &#233;nergies d&#233;carbon&#233;es, ces auteurs montrent que derri&#232;re ce terme en apparence positif se cachent des enjeux d'une complexit&#233; dont il est indispensable de saisir les implications et les d&#233;fis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Greenwashing, comme son sous-titre l'indique, se veut une invitation &#224; &#171; d&#233;polluer le d&#233;bat public &#187; afin d'orienter la recherche scientifique et la discussion collective vers une compr&#233;hension lucide et critique de la situation environnementale actuelle. Bien que ce livre appuie ses constats et ses analyses sur des recherches publi&#233;es, et bien qu'on puisse regretter la l&#233;g&#232;ret&#233; des r&#233;f&#233;rences et des bibliographies propos&#233;es, il offre n&#233;anmoins une excellente entr&#233;e en mati&#232;re aux enjeux et d&#233;bats &#233;cologiques et aux recherches en sciences de l'environnement. Soulignant l'interd&#233;pendance des ph&#233;nom&#232;nes et la n&#233;cessit&#233; de transdisciplinarit&#233;, cet ouvrage porte en lui l'exigence de comprendre, sans r&#233;ductionnisme, les ph&#233;nom&#232;nes locaux dans une perspective globale de cod&#233;pendance et de r&#233;ciprocit&#233;, tout en pr&#233;cisant que la recherche scientifique n'est pas &#224; l'abri de l'instrumentalisation et de la manipulation s&#233;mantique et id&#233;ologique, d'o&#249; leur importante responsabilit&#233; politique &#224; l'&#233;gard des ph&#233;nom&#232;nes sociaux environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des DOI sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;Berlan, A., G. Carbou, et L. Teuli&#232;res, 2022, Greenwashing : manuel pour d&#233;polluer le d&#233;bat public, &#201;ditions du Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parrique, T., 2022, Ralentir ou p&#233;rir : L'&#233;conomie de la d&#233;croissance, &#201;ditions du Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pitron, G., 2019, La guerre des m&#233;taux rares : La face cach&#233;e de la transition &#233;nerg&#233;tique et num&#233;rique, &#201;ditions Les Liens qui Lib&#232;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3917/rce.025.0212&lt;br class='autobr' /&gt;
Haut de page&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour citer cet article&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;f&#233;rence &#233;lectronique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gautier Lemelin, &#171; Greenwashing : manuel pour d&#233;polluer le d&#233;bat public &#187;, VertigO - la revue &#233;lectronique en sciences de l'environnement [En ligne], Lectures, mis en ligne le 17 janvier 2023, consult&#233; le 22 janvier 2023. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/vertigo/37649&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/vertigo/37649&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/vertigo.37649&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/vertigo.37649&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gautier Lemelin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Candidat &#224; la ma&#238;trise en sociologie, Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, courriel : lemelin.gautier@courrier.uqam.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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