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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>La collaboration dans le travail en groupe en contexte d'examen collaboratif &#224; l'universit&#233;</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article13655.html</link>
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		<dc:date>2022-12-31T08:59:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233;-S&#233;bastien Aubin, Audrey Raynault, Diane Leduc, Mathilde Cambron-Goulet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement d'habilet&#233;s de collaboration est devenu un aspect important de l'enseignement universitaire et une exigence non n&#233;gligeable pour l'employabilit&#233;. Il n'est pas rare que des enseignants utilisent la collaboration en classe, gr&#226;ce &#224; des travaux d'&#233;quipe, pour moduler leur enseignement et susciter la participation. Pourtant, le travail en &#233;quipe g&#233;n&#232;re son lot de difficult&#233;s dont celle, courante, de se diviser les t&#226;ches &#224; faire sans r&#233;elle vue d'ensemble et, cons&#233;quemment, sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique33.html" rel="directory"&gt;RIPES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement d'habilet&#233;s de collaboration est devenu un aspect important de l'enseignement universitaire et une exigence non n&#233;gligeable pour l'employabilit&#233;. Il n'est pas rare que des enseignants utilisent la collaboration en classe, gr&#226;ce &#224; des travaux d'&#233;quipe, pour moduler leur enseignement et susciter la participation. Pourtant, le travail en &#233;quipe g&#233;n&#232;re son lot de difficult&#233;s dont celle, courante, de se diviser les t&#226;ches &#224; faire sans r&#233;elle vue d'ensemble et, cons&#233;quemment, sans vraiment collaborer. Ce constat est &#224; la source de notre question de recherche : comment la collaboration se manifeste-t-elle dans le travail en groupe pendant un examen &#224; l'universit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y r&#233;pondre, nous avons mobilis&#233; des travaux portant sur le travail en &#233;quipe et la collaboration qui fournissent plusieurs cadres conceptuels. Le mod&#232;le de Landry (2010) nous a interpel&#233; parce qu'il synth&#233;tise l'ensemble des processus &#224; l'&#339;uvre dans tout groupe restreint. Son postulat est qu'il existe trois zones dynamiques - le travail, l'affection et le pouvoir - et que l'&#233;volution du groupe se joue dans leurs interd&#233;pendances et dans leurs interactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre &#233;tude, nous avons plac&#233; en &#233;quipe de quatre ou cinq des &#233;tudiants d'un cours en fondements de l'&#233;ducation devant r&#233;aliser un examen collaboratif visant &#224; &#233;valuer les acquis pour faire &#233;merger les dimensions de la collaboration et de la zone du travail. Nos r&#233;sultats indiquent que les groupes ont peu clarifi&#233; la vis&#233;e commune, que la structuration de leur travail &#233;tait ad&#233;quate, que leurs prises de d&#233;cisions se sont faites de fa&#231;on collaborative et qu'ils ont appliqu&#233; implicitement plusieurs normes concernant le respect, les attitudes &#224; adopter et les interactions. L'&#233;tude fait aussi ressortir l'importance de mieux pr&#233;parer et de former autant les enseignants que les &#233;tudiants &#224; la collaboration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/ripes/4290&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris de la revue &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ripes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revue internationale de p&#233;dagogie de l'enseignement sup&#233;rieur&lt;/a&gt;, une publication sous licence CC by nc sa&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diane Leduc, Mathilde Cambron-Goulet, Andr&#233;-S&#233;bastien Aubin et Audrey Raynault, &#171; La collaboration dans le travail en groupe en contexte d'examen collaboratif &#224; l'universit&#233; &#187;, Revue internationale de p&#233;dagogie de l'enseignement sup&#233;rieur [En ligne], 38(3) | 2022, mis en ligne le 23 d&#233;cembre 2022, consult&#233; le 31 d&#233;cembre 2022. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/ripes/4290 &#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/ripes/4290&#160;&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/ripes.4290&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/ripes.4290&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; On apprend toujours seul, mais jamais sans les autres. &#187; (Carr&#233;, 2015, p. 13)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;1. Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte &#233;ducatif marqu&#233; par de multiples changements, un des multiples d&#233;fis des enseignants consiste &#224; s'adapter &#224; des imp&#233;ratifs mettant en avant-plan le travail en &#233;quipe et la collaboration. En effet, dans les milieux professionnels, les habilet&#233;s reli&#233;es &#224; la collaboration et &#224; l'exercice d'actions efficaces avec des pairs s'imposent de plus en plus comme une valeur ajout&#233;e et m&#233;ritent d'&#234;tre enseign&#233;es. En milieu universitaire, les m&#233;thodes de travail collaboratif ne manquent pas (Cozma, 2021). L'enseignement par les pairs, la r&#233;solution de probl&#232;me en petit groupe, la strat&#233;gie r&#233;fl&#233;chir-discuter-partager (think-pair-share) n'en sont que quelques exemples (Johnson et al., 2011). Ces m&#233;thodes ont en commun le fait de soutenir l'apprentissage gr&#226;ce &#224; l'interaction entre pairs et de favoriser la r&#233;flexion individuelle notamment par la r&#233;troaction imm&#233;diate dans l'action. Cependant, ces m&#233;thodes ne sont que tr&#232;s peu transpos&#233;es aux &#233;valuations et encore moins aux &#233;valuations sommatives (Cozma, 2021). L'&#233;valuation des apprentissages &#233;tant centrale dans le parcours des &#233;tudiants, et non moins exigeante pour l'enseignant, elle pourrait &#234;tre une occasion privil&#233;gi&#233;e pour exploiter ces m&#233;thodes. Parmi les multiples modalit&#233;s &#233;valuatives, l'examen collaboratif en est une qui est peu exploit&#233;e, du moins en milieu francophone, alors qu'elle s'av&#232;re &#234;tre un terrain fertile pour examiner comment la collaboration se d&#233;ploie au sein des &#233;quipes en travail (Cozma, 2021).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc dans un contexte d'&#233;valuation en classe universitaire que nous avons r&#233;alis&#233; notre &#233;tude. La probl&#233;matique et les assises conceptuelles sont pr&#233;sent&#233;es avant de d&#233;tailler la m&#233;thodologie et une partie des r&#233;sultats. Nous concluons par une discussion et un r&#233;sum&#233; de nos r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;2. Probl&#233;matique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'apprendre &#224; collaborer se fasse notamment par le faire, c'est-&#224;-dire en collaborant, nous savons par plusieurs auteurs et par exp&#233;rience que le seul fait de demander aux &#233;tudiants de collaborer n'est pas garant d'un bon fonctionnement et qu'il faut bien les y pr&#233;parer (Gosselin-Picard, 2015 ; Laberge, 2004). Malgr&#233; ce constat, des enseignants universitaires exigent r&#233;guli&#232;rement la r&#233;alisation de travaux d'&#233;quipe, pour lesquels les &#233;tudiants doivent collaborer, et utilisent la collaboration en classe pour moduler leur enseignement et susciter la participation ainsi que l'engagement des &#233;tudiants. Le travail en &#233;quipe permet certes aux &#233;tudiants d'exprimer leur point de vue, d'&#234;tre &#224; certains &#233;gards plus efficaces, de prendre des d&#233;cisions charg&#233;es de compromis. Cependant, ce type de travail g&#233;n&#232;re aussi son lot de difficult&#233;s comme celle de se diviser les t&#226;ches &#224; faire individuellement sans r&#233;elle vue d'ensemble et, cons&#233;quemment, sans vraiment collaborer (Mucchielli, 2019). Gosselin-Picard (2015) recense plusieurs &#233;tudes qui mentionnent d'autres difficult&#233;s telles que &#171; l'absence d'une vision commune, une faible coh&#233;sion, une r&#233;partition inad&#233;quate des r&#244;les et l'iniquit&#233; &#187; (p. 125). Elles surviennent notamment lorsqu'enseignants et &#233;tudiants ne sont pas suffisamment pr&#233;par&#233;s &#224; travailler en collaboration m&#234;me si la collaboration fait partie des comp&#233;tences dans bien des m&#233;tiers et professions. Les &#233;crits montrent assez bien que les &#233;tudiants sont peu pr&#233;par&#233;s au travail en &#233;quipe et collaborent de fa&#231;on intuitive en esp&#233;rant que tout se passe bien (Cozma, 2021 ; Thomas et Kilmann, 2007). Hormis les formations sp&#233;cialis&#233;es, par exemple en coop&#233;ration internationale, il existe en effet peu de cours &#224; l'universit&#233; portant sur le travail en &#233;quipe ou sur l'ensemble des aspects de la collaboration, m&#234;me si des centres de d&#233;veloppement p&#233;dagogique de plusieurs universit&#233;s proposent des ateliers courts qui sensibilisent les enseignants &#224; la collaboration et les accompagnent dans la mise en place d'activit&#233;s de travail en &#233;quipe (Cani&#235;ls et al., 2019). Ajoutons &#224; cela le manque de d&#233;finition claire de ce qu'est la collaboration et de comment elle se d&#233;ploie dans l'action engendrant des difficult&#233;s tant sur le plan de la recherche empirique que sur celui de l'am&#233;lioration des pratiques (Bedwell et al., 2012). Chiocchio et ses coll&#232;gues (2012) mentionnent par exemple les probl&#232;mes suivants : confusion et utilisation indiff&#233;renci&#233;e de diff&#233;rents termes, manque de pr&#233;cision, niveaux d'analyse vari&#233;s, effets sur la qualit&#233; des instruments utilis&#233;s pour &#233;valuer la collaboration, confusion entre les causes et les cons&#233;quences de la collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces difficult&#233;s propres &#224; la collaboration et au travail en &#233;quipe sont depuis longtemps document&#233;es et se retrouvent aussi dans des travaux portant sur les groupes restreints et notamment dans ceux de Landry (2010), de Chiocchio (2012) et de Mucchielli (2019). Pour Landry (2010), chercheure de r&#233;f&#233;rence dans ce domaine, l'action d'un groupe restreint se concentre dans ce qu'elle appelle la zone du travail. C'est dans cette zone que se coordonnent les efforts des membres, &#171; en un partage plus ou moins pr&#233;cis du travail &#224; accomplir entre eux &#187;, en vue de l'atteinte de la vis&#233;e commune (p. 229). Puisqu'elle est la dimension instrumentale du groupe restreint, la zone du travail regroupe des probl&#232;mes li&#233;s, par exemple, &#224; une vis&#233;e commune non explicit&#233;e pouvant entrer en conflit avec les buts individuels, le manque de planification des t&#226;ches, une gestion ou un suivi des actions d&#233;ficient, des normes et des r&#244;les non respect&#233;s, un processus de r&#233;solution de probl&#232;me absent ou mal compris. Les probl&#232;mes li&#233;s au travail dans un groupe restreint ont des cons&#233;quences sur l'ensemble des actions et des membres, mais aussi sur l'efficacit&#233;. Par exemple, une prise de d&#233;cision d&#233;ficiente ou erron&#233;e peut mener &#224; un r&#233;sultat incoh&#233;rent avec la vis&#233;e commune ou ralentir les travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette probl&#233;matique se retrouve &#233;galement dans le contexte sp&#233;cifique de notre &#233;tude, soit celui d'un programme de formation initiale en enseignement secondaire. Au Qu&#233;bec, la collaboration est inscrite dans les comp&#233;tences professionnelles &#224; acqu&#233;rir pour les futurs enseignants du secondaire (Minist&#232;re de l'&#201;ducation, 2020). Ils doivent savoir collaborer et travailler de concert avec les divers intervenants du milieu scolaire. Pourtant, &#224; l'int&#233;rieur des programmes de formation en enseignement de bien des pays, la collaboration est surtout utilis&#233;e lors des activit&#233;s p&#233;dagogiques et dans les &#233;valuations formatives. Elle est peu r&#233;investie lors des &#233;valuations sommatives qui sont r&#233;alis&#233;es pour la plupart individuellement (Cozma, 2021 ; Shindler, 2004). Ce faisant, ceci am&#232;ne les &#233;tudiants &#224; reproduire dans leurs pratiques futures les m&#234;mes sch&#232;mes et &#224; utiliser la collaboration en dehors du cadre sommatif. De plus, elle fait rarement l'objet des &#233;valuations possiblement &#224; cause de sa complexit&#233;, de son caract&#232;re &#224; priori intangible et des d&#233;fis de mesure qu'elle pose (Chiocchio, 2012). Ainsi, &#224; l'instar de Chiocchio et de ses coll&#232;gues (2012), nous nous demandons comment la collaboration se manifeste dans le travail en groupe en contexte d'&#233;valuation &#224; l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tent&#233; de r&#233;pondre &#224; cette question en pla&#231;ant la collaboration au c&#339;ur de la d&#233;marche &#233;valuative d'un cours de fondements de l'&#233;ducation s'adressant &#224; de futurs enseignants qu&#233;b&#233;cois. L'utilisation d'un examen collaboratif sommatif s'est impos&#233;e comme un terrain pertinent pour aborder cette probl&#233;matique. Les enseignants sont en effet appel&#233;s &#224; collaborer et doivent fr&#233;quemment prendre des d&#233;cisions en &#233;quipe. Le cours de fondements de l'&#233;ducation vise entre autres &#224; amener les &#233;tudiants futurs enseignants &#224; mettre de c&#244;t&#233; la question des notes, souvent mise de l'avant dans le syst&#232;me scolaire, pour se concentrer sur les facteurs de motivation intrins&#232;que et d'apprentissage. M&#234;me si ce type d'examen est relativement simple &#224; concevoir et &#224; implanter dans un cours universitaire, il est peu utilis&#233; par les enseignants en milieu francophone (du moins peu d'&#233;tudes d&#233;montrent le contraire) surtout parce qu'il apparait moins &#233;prouv&#233; que les examens de format conventionnel (Cozma, 2021 ; Rieger et Heiner, 2014 ; Shindler, 2004). Pour notre part, nous avons r&#233;alis&#233; une &#233;tude exploratoire moins pour en v&#233;rifier ses effets sur la r&#233;ussite ou sur la r&#233;tention de la mati&#232;re que pour observer comment la collaboration se d&#233;ploie dans le travail en groupe restreint.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;3. Assises conceptuelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.1. Collaboration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son sens commun, la collaboration signifie simplement &#171; travailler de concert avec quelqu'un d'autre pour &#233;laborer en commun une solution n&#233;goci&#233;e et consensuelle &#187; (Dubois, 2009, p. 370 ; Thomas et al., 2007). Depuis les &#233;changes d'id&#233;es et les r&#233;flexions entre pairs, au concept d'interd&#233;pendance sociale en passant par les travaux sur le leadership, la d&#233;finition de la collaboration n'est pour autant pas encore stabilis&#233;e (Raynault, 2018). Utilis&#233; depuis longtemps dans de multiples disciplines, ce concept en apparence simple tra&#238;ne avec lui un flou conceptuel le confondant notamment avec le travail en &#233;quipe ou la coop&#233;ration (Raynault et al., 2021). Il en est de m&#234;me pour la collaboration appliqu&#233;e &#224; l'apprentissage. Depuis le d&#233;but du XXe si&#232;cle, de nombreuses &#233;tudes traitent des apports de la collaboration pour l'apprentissage (dont les travaux de m&#233;ta-analyses de Johnson et Johnson (1989) portant sur plus de 470 &#233;tudes) sans arriver &#224; une d&#233;finition facilement exploitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; travers un exercice syst&#233;matique d'analyse compr&#233;hensive d'&#233;crits, Bedwell et ses coll&#232;gues (2012) proposent une d&#233;finition de la collaboration, issue de l'int&#233;gration de plusieurs conceptualisations, qui nous semble bien refl&#233;ter les r&#233;alit&#233;s &#224; l'universit&#233;. Pour eux, la collaboration est un &#171; processus &#233;volutif par lequel deux ou plusieurs entit&#233;s sociales participent activement et r&#233;ciproquement &#224; des activit&#233;s conjointes visant &#224; atteindre au moins un objectif commun &#187; (p. 130)((]]. Ils compl&#232;tent leur propos en illustrant les rapports entre la collaboration et trois termes courants (figure 1).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8043 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L480xH364/img-1-small480-29-53d38.png?1672477230' width='480' height='364' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Figure 1. Espaces partag&#233;s entre la collaboration, le travail d'&#233;quipe, la coordination et la coop&#233;ration (Bedwell et al., 2012, p. 136)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de travail en &#233;quipe partage avec la collaboration la plupart des &#233;l&#233;ments de leur d&#233;finition. La collaboration est une manifestation du travail d'&#233;quipe et elle est un indice de la qualit&#233; du travail r&#233;alis&#233; (Bedwell et al., 2012 ; Chiocchio, 2012). Leur principale diff&#233;rence r&#233;side dans leur niveau d'analyse : le travail en &#233;quipe implique exclusivement des individus au sein d'un groupe et ne peut par d&#233;finition se faire entre groupes ou entre organisations. Ainsi, si tout travail en &#233;quipe est un exemple de collaboration, celle-ci peut exister sans celui-l&#224;. Concernant le terme coordination, il met en jeu les m&#233;canismes et les interd&#233;pendances pour accomplir une t&#226;che de mani&#232;re efficiente &#224; partir des ressources de l'&#233;quipe, mais l&#224; s'arr&#234;te leur point commun. Quant &#224; la coop&#233;ration, trop souvent consid&#233;r&#233;e comme un synonyme de la collaboration, elle s'en distingue notamment par le fait qu'elle est une attitude ou une pr&#233;disposition &#224; travailler avec d'autres personnes (Bedwell et al., 2012 ; Salas et al., 2007). Coop&#233;rer serait aussi davantage tourn&#233; vers la finalit&#233;, la production d'une &#339;uvre sans tenir compte du processus, alors que la collaboration mise plut&#244;t au processus en tenant moins compte du r&#233;sultat. La coop&#233;ration suppose une r&#233;partition des t&#226;ches bien d&#233;finies et une mise en commun par juxtaposition des apports de chacun (Henri et Lundgren-Cayrol, 2001 ; Heutte, 2011). Pour Bedwell et ses coll&#232;gues (2012), elle est n&#233;cessaire pour collaborer, mais elle ne d&#233;crit pas la collaboration en tant que telle. De leur c&#244;t&#233;, Chiocchio et ses coll&#232;gues (2012), tout en relevant eux aussi les probl&#232;mes li&#233;s &#224; la confusion des concepts de collaboration et de travail en &#233;quipe comme limitant notre compr&#233;hension de leur efficacit&#233;, proposent la d&#233;finition de la collaboration que voici : &#171; l'interaction des usages adapt&#233;s &#224; une situation de quatre processus interd&#233;pendants : la communication en &#233;quipe, la synchronicit&#233;, la coordination explicite et la coordination implicite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduction libre. Citation originale : &#171; the interplay of situation-appropriate&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; (p. 12). La communication renvoie non seulement aux &#233;changes d'informations entre les membres d'une &#233;quipe, mais aussi &#224; un processus centr&#233; sur l'am&#233;lioration des interactions incluant notamment le partage libre des id&#233;es, l'&#233;coute et les r&#233;troactions. La synchronicit&#233; est un processus dans lequel les membres effectuent leurs t&#226;ches &#224; temps et dans le respect des autres t&#226;ches. La coordination explicite r&#233;f&#232;re au processus par lequel les membres &#233;changent de l'information sur leurs r&#244;les et leurs t&#226;ches, alors que la coordination implicite est celui o&#249; ils anticipent les besoins des autres et s'adaptent aux situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents mod&#232;les th&#233;oriques de la collaboration en d&#233;crivent les &#233;tapes dynamiques. Ils mettent aussi l'accent sur l'efficacit&#233;, soit sur le jugement de l'&#233;quipe sur sa capacit&#233; &#224; atteindre l'objectif commun (Chiocchio et al., 2012). L'efficacit&#233; est repr&#233;sentative de ce que font les co&#233;quipiers, de leur perception sur la qualit&#233; de la performance (donc du fonctionnement de l'&#233;quipe, de ses m&#233;canismes d'adaptations, des modes de prises de d&#233;cisions, etc.) et de leur satisfaction des interactions. En somme, la collaboration est un concept multidimensionnel qui a &#233;t&#233; largement document&#233; et dont les ramifications th&#233;oriques, bien qu'elles soient nombreuses, comportent plusieurs points communs. Nous en abordons quelques-uns dans ce qui suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.2. Zone du travail dans les groupes restreints de Landry (2010)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le postulat de base du mod&#232;le de Landry (2010) est qu'il existe, dans tout groupe restreint, trois zones dynamiques : celle du travail, celle de l'affection et celle du pouvoir (Landry, 2010, p. 124). L'&#233;volution du groupe se joue dans ces trois zones interd&#233;pendantes et dans leur interaction avec l'environnement. La zone du travail se caract&#233;rise par le r&#233;seau de relations se traduisant par une structuration et une division du travail qui permettent l'atteinte de la vis&#233;e commune. &#192; la zone de l'affection correspond la coh&#233;sion groupale favoris&#233;e par la mise en place d'un r&#233;seau de relations affectives et par l'&#233;mergence d'&#233;motions et de sentiments groupaux. Dans la zone du pouvoir, ce sont les enjeux d'&#233;mergence et de consolidation d'une structure de pouvoir et d'un leadership stables qui sont d&#233;terminantes (Landry, 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, nous nous concentrons sur la zone du travail, soit celle qui correspond au fonctionnement du groupe et au d&#233;roulement des actions. Ce choix se justifie par le fait que la zone du travail est celle qui documente le plus et le mieux la collaboration, ses dimensions entrant davantage dans cette zone, et parce qu'elle est la plus visible des trois zones puisqu'elle s'attarde aux actions que font les membres du groupe. Par ailleurs, m&#234;me si notre &#233;tude contient plusieurs phases et comprend un regard sur chacune des trois zones et leur articulation, cet article ne pr&#233;sente, pour des raisons de clart&#233; et de concision, que les r&#233;sultats de celle qui traite la zone du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone du travail se compose des aspects suivants : la clarification de la vis&#233;e commune et de ses objectifs, la structuration du travail &#224; accomplir, le traitement de l'information, les normes groupales et les r&#244;les instrumentaux. Succinctement, voici en quoi consistent ces aspects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vis&#233;e commune repr&#233;sente un id&#233;al &#224; atteindre et commande l'adh&#233;sion au groupe (Landry, 2010). Si elle n'est pas explicit&#233;e, la vis&#233;e commune peut &#234;tre per&#231;ue et interpr&#233;t&#233;e de bien des mani&#232;res par chacun des membres du groupe et influencer le climat de travail (Cani&#235;ls et al., 2019). Il importe donc que chacun sache vers quelle production s'oriente le groupe et par quels moyens il y parviendra. Tout le monde devrait avoir une vision d'ensemble claire du travail &#224; faire. La vis&#233;e commune prend parfois l'allure d'objectifs ou de r&#233;sultats concrets &#224; atteindre (Chiocchio, 2012). Le groupe proc&#232;de ensuite &#224; la structuration du travail &#224; effectuer pour atteindre sa vis&#233;e. Il planifie alors en grandes &#233;tapes les actions &#224; r&#233;aliser et organise l'articulation des actions en des moyens concrets. C'est &#224; cette &#233;tape que s'effectuent les choix des proc&#233;dures, le partage des t&#226;ches, l'attribution de r&#244;les, la gestion et le suivi des actions coordonn&#233;es, l'ex&#233;cution du travail proprement dit et les mises en commun (Mathieu et al., 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me aspect dans la zone du travail touche au traitement de l'information fait par le groupe. Les quatre principaux processus de traitement de l'information au sein d'un groupe restreint sont les suivants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il en existe bien d'autres correspondant notamment &#224; diff&#233;rents types de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : le processus de consultation, soit la synth&#232;se de la position des membres, le processus de prise de d&#233;cision, le processus de r&#233;solution de probl&#232;mes et le processus de discussion. Ces processus sont notamment garants de l'efficacit&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les normes sont les r&#232;gles guidant la conduite au sein groupe. Dans le mod&#232;le de Landry (2010), elles correspondent, d'une part, aux proc&#233;dures, c'est-&#224;-dire aux moyens mis en place pour la r&#233;alisation des actions. Ce sont elles qui assurent le bon d&#233;roulement des t&#226;ches du groupe. Ce sont par exemple, les types d'interventions, la structure des droits de parole, les modalit&#233;s de prises de d&#233;cision, les techniques visant &#224; faire l'inventaire des solutions possibles (remue-m&#233;ninge), le traitement des propositions, la gestion du temps. Le dernier aspect de la zone du travail touche aux r&#244;les attribu&#233;s aux membres du groupe. Outre les r&#244;les instrumentaux, bien identifi&#233;s et d&#233;finis, &#233;mergent des r&#244;les associ&#233;s aux activit&#233;s concr&#232;tes du groupe (Mucchielli, 2019). Trop souvent occult&#233;s, ces r&#244;les contribuent parfois de fa&#231;on significative &#224; l'&#233;volution du groupe. Landry (2010) formule cependant un rappel important : &#171; un r&#244;le ne peut se r&#233;duire &#224; un seul comportement, mais se d&#233;finit plut&#244;t par une constellation de comportements variables d'un groupe &#224; l'autre &#187; (p. 250).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;4. Objectifs de recherche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons que, malgr&#233; certaines difficult&#233;s conceptuelles qui la limitent au regroupement de personnes pour r&#233;aliser une t&#226;che, la collaboration est somme toute bien document&#233;e dans les &#233;crits. Cependant, bien qu'utilis&#233;e comme une technique d'enseignement &#224; l'universit&#233;, elle demeure peu exploit&#233;e dans les &#233;valuations en milieu francophone. Pourtant, les &#233;valuations, particuli&#232;rement celles &#224; vis&#233;e sommative, mettent bien en jeu ce qui se passe dans la zone du travail et elles sont un terrain propice pour faire &#233;merger la partie instrumentale de la collaboration qu'est justement le travail. Dans la premi&#232;re phase de notre recherche sur la collaboration en situation d'&#233;valuation, nous avons donc voulu documenter la zone du travail par le biais des propos des &#233;tudiants sur le fonctionnement de leur &#233;quipe. Pr&#233;cisons que nous ne visions pas dans cette &#233;tude &#224; &#233;tudier l'&#233;valuation de la collaboration, mais plut&#244;t &#224; mettre en &#233;vidence comment la collaboration se manifeste dans le travail en groupe restreint en contexte d'&#233;valuation. Nous visions donc &#224; atteindre les objectifs suivants : lors d'un examen collaboratif 1) d&#233;crire les dimensions de collaboration en jeu et 2) d&#233;crire comment le travail en groupe restreint se manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;5. M&#233;thodologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.1. L'examen collaboratif &#224; l'universit&#233; comme contexte au travail en groupe restreint&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre &#233;tude, l'examen collaboratif est utilis&#233; comme terrain pour &#233;prouver la collaboration dans la zone du travail. Comme le d&#233;montrent les recherches conduites sur les examens collaboratifs dans des disciplines aussi vari&#233;es que les sciences, les soins infirmiers et la psychologie, l'usage de la collaboration en situation d'examen en milieu universitaire n'est pas nouveau (Leight et al., 2012 ; Rao et al., 2002 ; Sandhal, 2010 ; Yuretich et al., 2001). Cependant, ils sont peu pr&#233;sents dans les classes universitaires francophones, du moins ils ne sont pas document&#233;s, et on en trouve tr&#232;s peu dans les disciplines li&#233;es &#224; l'&#233;ducation (Cozma, 2021). L'examen collaboratif utilis&#233; comme un outil d'&#233;valuation formative est fr&#233;quent, mais il est plus rare qu'il le soit &#224; titre d'&#233;valuation sommative (Rieger et al., 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe plusieurs mani&#232;res de faire des examens collaboratifs et il ne semble pas y avoir de typologie. L'examen en deux phases((]] demeure le plus courant (Gilley et Clarkston, 2014). Implant&#233; pour la premi&#232;re fois en 2011 dans leurs cours de sciences &#224; l'Universit&#233; de Colombie-Britannique, l'examen en deux phases est utilis&#233; dans plus de 50 cours dans cet &#233;tablissement (Rieger &amp; Heiner, 2014). Il consiste en une partie individuelle (environ 2/3 du temps avec des questions &#224; choix multiples) et une seconde partie &#224; r&#233;aliser en petits groupes de 3 ou 4 o&#249; les &#233;tudiants discutent de leurs r&#233;ponses initiales et les justifient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section suivante d&#233;crit l'examen collaboratif utilis&#233; comme terrain dans notre &#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.2. Description du cours et participants &#224; la recherche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude a eu lieu dans un cours obligatoire de fondements en &#233;ducation, d'une dur&#233;e de 45 heures de pr&#233;sence en classe &#224; 107 &#233;tudiants de premi&#232;re session inscrits au baccalaur&#233;at en enseignement secondaire de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al. Le cours s'est offert &#224; deux groupes : l'un compos&#233; de 54 &#233;tudiants et l'autre de 53. De disciplines vari&#233;es, les &#233;tudiants proviennent majoritairement du coll&#232;ge (c&#233;gep) et la plupart ont entre 20 et 23 ans au moment de r&#233;alisation de l'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cours est offert depuis plusieurs ann&#233;es par la m&#234;me professeure et propose une initiation &#224; l'histoire et &#224; la philosophie de l'&#233;ducation afin de pr&#233;parer les &#233;tudiants &#224; une pratique r&#233;fl&#233;chie de l'enseignement en les invitant &#224; se positionner par la pratique du dialogue et de l'argumentation. Le contenu est offert par des expos&#233;s interactifs et inclut des exercices &#224; r&#233;aliser en &#233;quipe en classe. Les apprentissages sont &#233;valu&#233;s 1) par cinq devoirs individuels &#224; choisir parmi une liste de 11 (50 % de la note finale ; 2) par cinq fiches d'observation sur les devoirs (5 %) et 3) par deux examens de m&#234;me format : un r&#233;alis&#233; individuellement &#224; la mi-session (20 %) et un autre r&#233;alis&#233; en collaboration &#224; la fin de la session (25 %). Les r&#233;ponses aux examens n&#233;cessitent des r&#233;ponses complexes &#224; d&#233;veloppement et de faire des choix que les &#233;tudiants justifient en appuyant leur argumentation sur les diff&#233;rents courants de pens&#233;e vus en classe. Les &#233;tudiants n'avaient pas le droit &#224; leurs notes de cours lors des examens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.3. Consid&#233;rations &#233;thiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la premi&#232;re s&#233;ance de cours, une fois la certification &#233;thique obtenue, la chercheure responsable du projet a pr&#233;sent&#233; aux &#233;tudiants les &#233;l&#233;ments cl&#233;s de l'&#233;tude &#224; r&#233;aliser tels que ce qu'est un examen collaboratif, les principaux r&#233;sultats de recherche &#224; son sujet, les objectifs poursuivis par l'&#233;tude, la nature de leur participation, la confidentialit&#233; et le consentement. Il leur a &#233;t&#233; expliqu&#233; que leur participation &#233;tait volontaire, que la recherche &#233;tait ind&#233;pendante du cours et que leur non-participation &#224; l'&#233;tude n'aurait aucun impact sur leur r&#233;ussite puisque les responsables des analyses n'auraient pas acc&#232;s &#224; leurs r&#233;sultats &#224; l'examen ni &#224; leur identit&#233;. Les &#233;tudiants ont aussi &#233;t&#233; inform&#233;s du d&#233;roulement de l'examen collaboratif et des pr&#233;cautions prises pour pr&#233;server leur anonymat. Ainsi, ils ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; n'inscrire sur le carnet de r&#233;ponse que leurs matricules de mani&#232;re &#224; ne pas pouvoir les identifier. Dans certains cas, les donn&#233;es contenant les pr&#233;noms des &#233;tudiants ont &#233;t&#233; anonymis&#233;es par des codes. De plus, ils ont &#233;t&#233; inform&#233;s que, pour pouvoir recueillir des donn&#233;es dans le respect des conditions &#233;thiques, il fallait que chaque membre d'une &#233;quipe consente &#224; participer, &#224; d&#233;faut de quoi aucune collecte de donn&#233;es ne serait faite pour cette &#233;quipe et ce, sans aucun pr&#233;judice individuel. Enfin, pour r&#233;duire la pression &#224; participer &#224; la recherche, consid&#233;rant que les &#233;tudiants sont oblig&#233;s de r&#233;aliser l'examen final en mode collaboratif (ce qu'ils ont accept&#233; collectivement par la n&#233;gociation d'une entente d'&#233;valuation au d&#233;but de trimestre obligatoire dans cette universit&#233;), la professeure a &#233;t&#233; invit&#233;e &#224; quitter la classe lors de la pr&#233;sentation des conditions et r&#232;gles li&#233;es au consentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.4. Avant l'examen : un atelier sur le travail collaboratif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s celui de mi-session, nous avons offert &#224; chaque groupe d'&#233;tudiants un atelier de trois heures portant sur le travail collaboratif pr&#233;c&#233;d&#233; de la description de notre projet de recherche. Les &#233;tudiants y ont appris les conditions et l'utilit&#233; du travail collaboratif, l'importance des responsabilit&#233;s individuelles et la pr&#233;vention des conflits. Ils ont r&#233;pondu &#224; une question d'examen fictive semblable &#224; celles des examens pour ensuite observer et analyser le fonctionnement de leur &#233;quipe. Le but &#233;tait de les rassurer sur le d&#233;roulement de l'examen collaboratif en les pla&#231;ant dans un mode de simulation. &#192; la fin de l'atelier, les &#233;quipes ont &#233;t&#233; constitu&#233;es en divisant le groupe en deux : ceux qui s'identifient comme &#233;tant des personnes qui parlent beaucoup et ceux qui s'identifient comme des personnes qui parlent peu. Ils ont ensuite &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; constituer leur &#233;quipe de quatre parmi les personnes de leur sous-groupe. Consid&#233;rant que les &#233;quipes demeureraient les m&#234;mes jusqu'&#224; l'examen, ils avaient ainsi environ six semaines pour se conna&#238;tre davantage, pour &#233;tudier ensemble et s'y pr&#233;parer. Il faut noter ici que nous n'avons pas recueilli de donn&#233;es au sujet de l'apport de l'atelier &#224; la collaboration puisqu'il n'&#233;tait pas le c&#339;ur de notre projet. &#192; la fin de l'atelier, le consentement &#224; la recherche leur a &#233;t&#233; r&#233;expliqu&#233; et les formulaires distribu&#233;s et recueillis. Deux &#233;quipes n'ont pas consenti &#224; participer &#224; la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.5. Durant la s&#233;ance d'examen collaboratif : collecte de donn&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la s&#233;ance d'examen collaboratif, le premier groupe &#233;tait r&#233;parti en 13 &#233;quipes de quatre (deux personnes &#233;taient absentes &#224; l'examen) et le second groupe en 12 &#233;quipes de quatre plus une &#233;quipe de 5 &#233;tudiants. Les &#233;quipes &#233;taient r&#233;parties dans deux salles afin de limiter le niveau de bruit. La professeure &#233;tait assist&#233;e par deux &#233;tudiants aux cycles sup&#233;rieurs et deux chercheurs ont observ&#233; le d&#233;roulement de la s&#233;ance. Ensuite, les &#233;tudiants ont re&#231;u des consignes pr&#233;cises li&#233;es au contenu de l'examen, notamment celle de ne remplir qu'un seul cahier de r&#233;ponse par &#233;quipe, et d'enregistrer leur conversation tout au long de l'examen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;cisons que l'ensemble de ces enregistrements n'a pas &#233;t&#233; analys&#233; d'abord (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils ont &#233;galement re&#231;u la consigne d'enregistrer, &#224; la fin de l'examen, leurs r&#233;ponses aux deux questions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Q1. Avez-vous &#233;t&#233; efficaces lors de l'examen collaboratif ? Si oui, comment ? Sinon pourquoi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Q2. Comment avez-vous pris vos d&#233;cisions pour en arriver une r&#233;ponse ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'incompl&#232;tes pour documenter toute la zone du travail, nous visions par ces questions &#224; ce que les &#233;tudiants d&#233;crivent le fonctionnement de leur &#233;quipe et la mani&#232;re dont ils ont collabor&#233; pour r&#233;aliser la t&#226;che d'examen. Nous avions &#233;galement le souci d'&#234;tre brefs pour susciter leur d&#233;sir d'y r&#233;pondre et ne pas prolonger ind&#251;ment leur s&#233;ance d'examen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.6. Apr&#232;s l'examen collaboratif : m&#233;thode d'analyse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour atteindre nos objectifs, nous avons effectu&#233; une analyse de contenu uniquement des r&#233;ponses aux deux questions pr&#233;c&#233;demment mentionn&#233;es, enregistr&#233;es sur support audio, de chacune des &#233;quipes qui ont consenti &#224; participer (Fortin et Gagnon, 2016). Ces r&#233;ponses, formul&#233;es oralement par chacune des &#233;quipes &#224; la fin de l'examen collaboratif, ont &#233;t&#233; analys&#233;es de la mani&#232;re suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Transcription compl&#232;te des verbatim des deux questions.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;laboration d'un tableau contenant les six aspects de la zone du travail (Landry, 2010).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; S&#233;lection des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse qui correspondent aux six aspects de la zone du travail.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Classement de ces &#233;l&#233;ments dans le tableau selon les aspects auxquels ils sont li&#233;s.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Transformation du verbatim en &#233;l&#233;ments d&#233;personnalis&#233;s (code G pour groupe et E pour &#233;quipe avec un num&#233;ro fictif pour chacun, retrait des pr&#233;noms s'il y a lieu).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour chacun des six aspects de la zone du travail, codage des &#233;l&#233;ments selon leurs diff&#233;rentes dimensions et regroupements en fonction du codage.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cat&#233;gorisation des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse restants : perceptions des &#233;tudiants de l'efficacit&#233;, appr&#233;ciation de la collaboration, effets et contraintes du travail de groupe.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ajout dans le tableau d'analyse de deux &#233;l&#233;ments de la zone de l'affection : les caract&#233;ristiques de l'&#233;quipe et le processus communicationnel.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Prise de notes simultan&#233;ment &#224; ces &#233;tapes d'analyse sur des consid&#233;rations m&#233;thodologiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;6. R&#233;sultats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous pr&#233;sentons ici les r&#233;sultats en fonction des six aspects de la zone du travail. Sur les 23 &#233;quipes qui ont consenti &#224; participer, 16 ont r&#233;pondu aux deux questions (un enregistrement n'a pu &#234;tre utilis&#233; &#224; cause d'un mauvais fonctionnement de l'appareil), deux n'ont pas r&#233;pondu &#224; la question deux et quatre n'ont r&#233;pondu &#224; aucune des questions. Ce dernier &#233;l&#233;ment peut s'expliquer par le fait que, dans le brouhaha de la fin de l'examen (que nous avons constat&#233; de visu), certains &#233;tudiants ont quitt&#233; rapidement la salle de classe en oubliant tout simplement de r&#233;pondre aux questions. Il n'a pas &#233;t&#233; possible de nous assurer que toutes les &#233;quipes, dans les deux salles, avaient bel et bien r&#233;pondu aux deux questions. Consid&#233;rant l'exp&#233;rience compl&#232;te de l'examen, rien n'indique un possible rejet de l'examen collaboratif par ces &#233;quipes. Pour la plupart, les r&#233;ponses &#233;taient courtes, dites spontan&#233;ment et t&#233;moignaient d'un accord entre les membres des &#233;quipes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.1. La vis&#233;e commune&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier aspect de la zone du travail concerne la vis&#233;e et les objectifs de la t&#226;che. La vis&#233;e semble &#234;tre demeur&#233;e sous-entendue puisqu'aucune &#233;quipe ne la mentionne explicitement. Plusieurs d'entre elles disent s'&#234;tre assur&#233;es, sans sp&#233;cifier comment, d'une compr&#233;hension commune de la t&#226;che et ont manifest&#233; le d&#233;sir &#171; d'arriver &#224; se comprendre &#187;. Il appara&#238;t &#233;vident, &#224; travers l'ensemble des donn&#233;es et surtout &#224; l'issue de l'atelier, que la r&#233;ussite de l'examen a fait office de vis&#233;e commune pour l'ensemble des &#233;quipes. Concernant les objectifs, aucune &#233;quipe ne mentionne s'&#234;tre concr&#232;tement dot&#233;e d'objectifs communs. Il est possible qu'elles l'aient fait lors de l'atelier &#224; la mi-session. Cela dit, nos analyses montrent que chacune des &#233;quipes avait une vision claire de l'examen collaboratif &#224; r&#233;aliser sans pour autant avoir ressenti le besoin de d&#233;crire des t&#226;ches pr&#233;cises au pr&#233;alable. &#192; titre d'exemple, trois &#233;quipes mentionnent que chacun de leurs membres a &#233;tudi&#233; et deux autres affirment que chacun &#233;tait bien pr&#233;par&#233;. Des membres de trois autres &#233;quipes disent que tous &#233;taient responsables des autres et soucieux de ne pas faire &#233;chouer l'&#233;quipe. Sans &#234;tre des objectifs de r&#233;alisation de la t&#226;che, ces r&#233;sultats portent &#224; croire que les membres ont au moins discut&#233; de moyens pour atteindre la vis&#233;e commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.2. La structuration du travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord les &#233;tapes de la structuration du travail selon Landry (2010) : la planification, l'organisation, la coordination, l'ex&#233;cution et l'&#233;valuation. L'&#233;tape de la planification a pris diverses formes sans &#234;tre identifi&#233;e comme telle ni explicit&#233;e. Pour la majorit&#233; des groupes, l'&#233;tude individuelle et les r&#233;visions d'&#233;quipe constituent une mani&#232;re de planifier les actions &#224; faire en vue de l'examen. Un groupe affirme que ses membres se sont entra&#238;n&#233;s, ce qui sugg&#232;re qu'ils avaient planifi&#233; une mani&#232;re d'&#233;tudier. Un autre groupe admet avoir pr&#233;vu, au d&#233;but de l'examen, partir de leurs connaissances communes pour compl&#233;ter ensuite leurs r&#233;ponses et trois autres affirment avoir autoris&#233; au pr&#233;alable le d&#233;bat comme strat&#233;gie de r&#233;ponse aux questions. Nous avons aussi pu observer que la pr&#233;vision de g&#233;rer le temps et les tours de parole &#233;tait bien pr&#233;sente. Cependant, nous n'avons obtenu aucune donn&#233;e sur le partage des t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;tape d'organisation durant l'examen, un groupe dit que ses membres se sont r&#233;parti le travail &#233;quitablement, deux autres qu'ils se sont assur&#233;s que chacun ait pu participer &#224; la r&#233;ponse en demandant &#171; qui veut ajouter quelque chose ? &#187; (G20-E4) et &#171; Vas-y exprime ta pens&#233;e ! &#187; (G20-E7). Le fait de d&#233;tendre l'atmosph&#232;re, de s'autoriser &#224; divaguer, de cabotiner, de laisser les conversations d&#233;vier constitue aussi une mani&#232;re d'organiser le travail. L'&#233;tape de coordination s'est effectu&#233;e, pour tous les groupes, par la gestion du temps, les rappels &#224; l'ordre et par les r&#233;visions des r&#233;ponses &#233;crites avant la fin de l'examen. Bien qu'exprim&#233;s par les &#233;tudiants par plusieurs expressions, nos r&#233;sultats t&#233;moignent d'une gestion r&#233;fl&#233;chie et d'un s&#233;rieux en regard de l'examen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tape d'ex&#233;cution est celle qui a &#233;t&#233; la plus nourrie par les groupes lors de notre collecte de donn&#233;es. En premier lieu, ils &#233;taient nombreux &#224; &#234;tre pr&#233;sents en classe bien avant l'examen (deux heures dans certains cas) pour r&#233;viser ensemble. Ceci t&#233;moigne notamment d'un investissement individuel et collectif pour une ex&#233;cution s&#233;rieuse de la t&#226;che. Ensuite, nos r&#233;sultats, toujours issus des r&#233;ponses aux deux questions, d&#233;montrent que les &#233;quipes ont utilis&#233;, lors de l'examen, des moyens vari&#233;s pour construire leurs r&#233;ponses aux questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le remue-m&#233;ninge ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#233;change des connaissances et des id&#233;es individuelles ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la composition des r&#233;ponses tous ensemble par l'accumulation des connaissances compl&#233;mentaires ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la justification et l'argumentation de leurs choix individuels pour mener au consensus ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'apport d'une consigne visant &#224; s'entendre rapidement sur les &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#233;mission leur avis personnel sur la r&#233;ponse &#233;labor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble y avoir eu peu de d&#233;bats, bien qu'un groupe ait explicitement mentionn&#233; l'avoir autoris&#233;. Cependant, l'&#233;tape d'ex&#233;cution ne s'est pas faite sans heurts. Un groupe admet la difficult&#233; &#224; &#233;crire la pens&#233;e d'une autre personne (G20-E7) alors qu'un autre constate qu'il &#233;tait &#171; difficile d'&#233;couter et de r&#233;diger en m&#234;me temps &#187; (G50-E5). Le travail en groupe a aussi suscit&#233; des temps morts et des d&#233;calages : &#171; Je me souvenais plus de ce que l'on avait discut&#233; &#187; (G50-E6), &#171; On perdait du temps &#224; retrouver nos informations &#187; (G50-E6). Soulignons ici un souci d'efficacit&#233; pour plusieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous avons peu de donn&#233;es concernant l'&#233;tape d'&#233;valuation qui consiste dans ce contexte-ci &#224; v&#233;rifier l'accomplissement des t&#226;ches individuelles et l'atteinte des r&#233;sultats. Selon nous, les r&#233;sultats pour cette &#233;tape ne sont pas suffisamment &#233;tay&#233;s pour affirmer que les groupes aient proc&#233;d&#233; &#224; une &#233;valuation. N&#233;anmoins, la r&#233;vision de leurs r&#233;ponses, le constat sur leur avancement durant l'examen et l'expression de leur satisfaction quant &#224; leur performance sugg&#232;re que le fait de devoir r&#233;pondre &#224; nos deux questions les a amen&#233;s &#224; porter un regard de nature &#233;valuative comme en t&#233;moigne ces extraits : &#171; on a r&#233;ussi &#224; faire de belles r&#233;ponses &#187; (G20-E7) &#171; on a &#233;t&#233; efficace &#187; (G20-E5), &#171; nos r&#233;ponses allaient plus loin, &#233;taient plus compl&#232;tes &#187; (G20-E18).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.3. Le traitement de l'information&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le de Landry (2010) stipule que le traitement de l'information se fait par quatre processus : la consultation, la prise de d&#233;cision, la r&#233;solution de probl&#232;me et la discussion. Dans nos r&#233;sultats, nous rep&#233;rons le premier processus par le fait que certaines &#233;quipes ont partag&#233; les quelques actions r&#233;alis&#233;es individuellement. Par exemple, un groupe dit : &#171; quand une id&#233;e &#233;tait compl&#232;te, on l'&#233;crivait soi-m&#234;me plut&#244;t que de la dicter au scribe. Quand tu as ton id&#233;e, &#231;a va mieux ainsi, m&#234;me s'il y a une disparit&#233; entre les styles d'&#233;criture. Ensuite, on choisissait les id&#233;es les plus pertinentes et on les lisait aux autres &#187; (G50-E6). D'autres groupes ont proc&#233;d&#233; par &#233;limination des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse apr&#232;s avoir &#233;chang&#233; leurs id&#233;es personnelles et retenu les parties les plus convaincantes. D'autres encore ont soulign&#233; que la formule collaborative leur a permis d'&#233;crire des r&#233;ponses diversifi&#233;es en synth&#233;tisant plusieurs points de vue. La consultation a aussi pris la forme d'une entente tacite pour s'assurer d'&#234;tre &#171; sur la m&#234;me longueur d'ondes &#187; (G20-E8). Cette strat&#233;gie de coordination dite implicite par Chiocchio et al. (2012) leur a permis, selon eux, de s'exprimer librement en &#233;vitant de revendiquer la paternit&#233; d'une id&#233;e, celle-ci devenant tout de suite celle de l'&#233;quipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de prise de d&#233;cision s'est effectu&#233; de diverses mani&#232;res que voici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par recherche de consensus ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par accord naturel, sans r&#233;elle prise de d&#233;cisions et plus par &#233;limination ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par voie d&#233;mocratique
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par l'identification de ce qu'ils savent d'un penseur avant de choisir d'&#233;crire sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune &#233;quipe ne parle de probl&#232;mes op&#233;rationnels pour &#233;laborer et r&#233;diger les r&#233;ponses. Nous avons aussi observ&#233; que la majorit&#233; des &#233;quipes arrivait facilement &#224; s'entendre. Seules deux &#233;quipes admettent avoir trouv&#233; difficile le fait de devoir structurer leurs id&#233;es ou d'avoir &#224; choisir la meilleure id&#233;e et d'&#233;laborer celle dont elles &#233;taient le plus s&#251;res. D'ailleurs, ce sont l&#224; les deux seuls r&#233;sultats que nous avons obtenus concernant le processus de r&#233;solution de probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le processus de discussion, nos analyses montrent que l'approfondissement des notions s'est r&#233;alis&#233; par des allers-retours individuels et collectifs. En effet, un groupe mentionne s'&#234;tre momentan&#233;ment divis&#233; les questions en fonction des forces de chacun pour ensuite &#233;laborer les r&#233;ponses ensemble en se passant le cahier de r&#233;ponse. &#171; Chaque membre avait des forces et une partie de la mati&#232;re qui &#233;tait plus dans ses cordes. &#199;a nous a aid&#233;s &#187; (G50-E10). Deux autres groupes expliquent que l'&#233;laboration des r&#233;ponses &#233;tait issue de la mise &#224; plat, &#224; l'&#233;crit et lors de discussions, de toutes les informations qu'ils poss&#233;daient. La discussion a suscit&#233; aussi, selon deux &#233;quipes, une plus grande compr&#233;hension et la consolidation de la mati&#232;re : &#171; Dans un examen, on oublie parfois, mais ici les autres &#233;taient l&#224; pour nous aider. &#199;a va rester dans notre m&#233;moire &#224; long terme &#187; (G50-E4). Enfin, quelques &#233;quipes parlent de fouiller, individuellement et ensemble, dans leur m&#233;moire pour retrouver les bribes de la pens&#233;e d'un auteur donn&#233;. Le fait de savoir qu'au moins une personne de l'&#233;quipe connaissait mieux un auteur aidait au rappel et &#224; une &#233;laboration plus compl&#232;te des r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.4. Les normes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les normes permettent la r&#233;alisation ad&#233;quate des t&#226;ches pour l'atteinte des objectifs. Dans l'examen collaboratif, il s'agissait donc des r&#232;gles de fonctionnement mises en place par les &#233;quipes pour s'assurer de remettre un cahier de r&#233;ponse satisfaisant et complet. Les normes de type proc&#233;durales apparaissent dans nos r&#233;sultats par la pr&#233;gnance de la collaboration due probablement &#224; la fa&#231;on dont nous avons pos&#233; nos deux questions. Il semble qu'elle ait &#233;t&#233; implicite et non &#233;mise clairement au d&#233;part (du moins nous n'avons pas de donn&#233;es qui en fassent &#233;tat). On retrouve donc dans nos r&#233;sultats le fait de consid&#233;rer les opinions, les hypoth&#232;ses et les id&#233;es de chacun, de partager ses id&#233;es, l'obligation de prendre les d&#233;cisions ensemble et de r&#233;pondre &#224; toutes les questions en groupe. Il ressort aussi le fait d'avoir pr&#233;vu respecter les tours de parole, de s'&#234;tre partag&#233; les t&#226;ches de fa&#231;on &#233;gale, d'avoir la libert&#233; d'exprimer leur point de vue et d'aider l'autre &#224; se souvenir d'une notion ou d'un penseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les proc&#233;dures, plusieurs autres normes non formelles &#233;taient &#233;galement pr&#233;sentes. Nos r&#233;sultats en r&#233;v&#232;lent au moins trois : 1) le respect des personnalit&#233;s, des temp&#233;raments de chacun et du rythme de travail individuel ; 2) les attitudes individuelles &#224; adopter : &#234;tre ouvert, pr&#233;sent, &#224; l'&#233;coute, se montrer int&#233;ress&#233;, encourager ses co&#233;quipiers comme &#171; on est bon, on est capable, on a la meilleure &#233;quipe de toute la classe ! &#187; (G50-E7) ; 3) les interactions : faire confiance aux autres, faire des compromis, accepter la critique et la confrontation. Cet exemple l'illustre bien : &#171; il est l&#233;gitime que l'un te dise que ce que tu as &#233;crit n'est pas suffisant s'il conna&#238;t mieux la mati&#232;re que toi &#187; (G20-E9). Fait particuli&#232;rement int&#233;ressant : aucune &#233;quipe n'a eu &#224; g&#233;rer un conflit ou de malentendus durant l'examen, hormis un moment o&#249; un groupe d&#233;rangeait les autres en parlant trop fort. &#192; ce propos, quatre groupes nous ont fait part du bruit ambiant qui a perturb&#233; leur travail et nuit &#224; leur concentration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.5. Les r&#244;les&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier aspect de la zone du travail concerne les r&#244;les que les membres du groupe s'attribuent et qui sont associ&#233;s &#224; ses r&#233;alisations. Nos r&#233;sultats mettent en &#233;vidence trois r&#244;les typiques du travail de groupe qui semblent &#234;tre les seuls &#224; avoir &#233;t&#233; d&#233;finis avant de commencer l'examen. Ce sont le scribe, le gardien du temps et les experts en contenu ou les &#171; t&#234;tes pensantes du groupe &#187; (G50-E2). Aucun groupe ne mentionne clairement s'&#234;tre distribu&#233; d'autres r&#244;les et nous avons observ&#233; que la plupart n'avaient qu'un seul scribe. Cela dit, deux groupes mentionnent avoir bien soutenu la personne qui &#233;crivait les r&#233;ponses et, &#224; l'inverse, une autre qu'il aurait fallu mieux la soutenir puisqu'il y avait un d&#233;calage entre elle et celles qui discutent. Deux autres groupes constatent qu'ils auraient pu s'&#233;changer les tours d'&#233;criture et un seul groupe mentionne s'&#234;tre pass&#233; le cahier de r&#233;ponses pour le compl&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;7. Discussion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En vue de discuter de nos r&#233;sultats, rappelons que nos objectifs visaient &#224; d&#233;crire les dimensions de la collaboration et le travail en groupe restreint durant un examen collaboratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7.1. Se pr&#233;parer &#224; &#234;tre ensemble&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'atelier pr&#233;paratoire, les &#233;tudiants ont &#233;t&#233; encourag&#233;s &#224; se conna&#238;tre, mais aussi ils ont &#233;t&#233; initi&#233;s au processus de communication pr&#233;sent dans tout groupe restreint. Selon Chiocchio et Essiembre (2009), la communication est le v&#233;hicule qui permet la coordination et la collaboration. La bonne entente et le sentiment de synergie d&#233;crits par les &#233;tudiants apr&#232;s l'examen ont certainement particip&#233; &#224; la coh&#233;sion groupale. La mise en place d'un r&#233;seau de relations affectives positives et l'&#233;mergence de significations partag&#233;es sont les premiers indices d'une &#233;volution personnelle et sociale (Landry, 2010). Dans notre &#233;tude, la pr&#233;paration &#224; l'examen, notamment par l'atelier et la constitution des groupes bien avant la s&#233;ance d'examen, semble avoir permis d'&#233;viter des conflits entre les membres d'une m&#234;me &#233;quipe et d'assurer un soutien mutuel. Ce qui est notable, c'est que, malgr&#233; le fait que notre collecte de donn&#233;es ait &#233;t&#233; cibl&#233;e sur la zone du travail, nous avons obtenu plusieurs commentaires individuels (dans leurs r&#233;ponses aux deux questions) d'&#233;tudiants concernant leurs &#233;motions et sentiments face &#224; l'examen collaboratif. &#171; J'ai vraiment aim&#233; faire cet examen &#187; (G20-E5), &#171; J'ai eu du plaisir &#224; faire un examen. &#199;a m'a beaucoup aid&#233; &#187; (G20-E10), &#171; Je n'oublierai jamais cet examen ! &#187; (G50-E4), &#171; Je n'ai jamais autant ri dans un examen ! &#187; (G50-E5) t&#233;moignent d'une dynamique de groupe et d'un v&#233;cu significatif pour eux. Ceci rejoint les conclusions de Landry (2010) &#224; l'effet que les m&#233;canismes en jeu dans un groupe, porteurs de significations et de m&#233;diations particuli&#232;res, chevauchent les trois zones de son mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il est int&#233;ressant de noter que la qualit&#233; de l'ambiance peut jouer un r&#244;le sur le v&#233;cu de l'examen. En effet, selon Soller (2001) le plaisir et les &#233;motions ressenties pendant une activit&#233;, en restituant &#224; celle-ci son caract&#232;re d'&#233;v&#233;nement, sont susceptibles d'activer la m&#233;moire. Les r&#233;ponses formul&#233;es oralement par les &#233;tudiants &#224; nos questions constituent des indices qu'ils per&#231;oivent intuitivement ce lien entre plaisir et m&#233;moire : &#171; J'ai ador&#233; les &#233;valuations dans ce cours. Je n'ai pas eu besoin d'&#233;tudier. Je me rappelle beaucoup de choses. &#187; (G50-E7), &#171; On a suscit&#233; les r&#233;miniscences &#187; (G50-E4). Nous ne pouvons affirmer ce lien de d&#233;pendance, mais nous y voyons un effet possible sur l'apprentissage gr&#226;ce &#224; la situation collaborative. &#192; ce sujet, Chiocchio (2012) mentionne le concept de m&#233;moire transactive. Il r&#233;f&#232;re &#224; la conscience qu'ont les individus d'un groupe de ce qu'ils savent individuellement et collectivement pour la t&#226;che &#224; accomplir. Ce type de m&#233;moire est &#171; fortement corr&#233;l&#233;e &#224; l'atteinte des buts de l'&#233;quipe &#187; (p. 46).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme Blasco-Arcas et ses coll&#232;gues (2013) l'affirment, la collaboration prend tout son sens en milieu &#233;ducatif si elle place les &#233;tudiants dans un mode o&#249; ils doivent se situer face aux autres. L'examen collaboratif dont sont issus nos r&#233;sultats a amen&#233; tr&#232;s t&#244;t les &#233;tudiants &#224; prendre des d&#233;cisions, &#224; prendre position, &#224; s'affirmer, contrairement aux examens individuels o&#249; ils ne sont face qu'&#224; eux-m&#234;mes. Ils n'ont pas le choix de s'appuyer sur leurs co&#233;quipiers et d&#233;veloppent du m&#234;me coup leur responsabilit&#233; collective. Les &#233;crits de Chiocchio (2012) montrent aussi que, parmi les avantages de la collaboration, on retrouve un fort engagement et, par extension, le plaisir d'apprendre, ce qui co&#239;ncidait dans notre cas avec les objectifs d'apprentissage du cours de fondements de l'&#233;ducation et rendait par cons&#233;quent le choix de l'examen collaboratif particuli&#232;rement pertinent. L'&#233;valuation aide en outre &#224; la gestion du stress et du temps (Gilley et al., 2014). Nos r&#233;sultats montrent effectivement que l'examen collaboratif est notablement moins anxiog&#232;ne et moins stressant qu'un examen individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7.2. La dynamique des groupes par l'action collaborative&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons vu, la zone du travail est constitu&#233;e de l'ensemble des activit&#233;s qu'effectue le groupe pour atteindre la vis&#233;e commune. Pour Landry (2010), la zone du travail se trouve entre celle de l'affection et du contr&#244;le. Elle est le lieu des relations d'action et des m&#233;canismes de structuration du travail. Dans notre &#233;tude, cette zone se caract&#233;rise globalement par une centration sur la t&#226;che, probablement parce que celle-ci &#233;tait incontournable pour les membres du groupe, l'examen &#233;tant un passage oblig&#233; pour r&#233;ussir le cours. Les &#233;tudiants ont rapidement compris, d&#232;s l'atelier, qu'ils se devaient de miser sur les forces de chacun, de discuter beaucoup, de viser prestement le consensus et de s'organiser. C'est l&#224; un exemple typique de la dynamique de groupe de Landry (2010) qui se met en place lorsque se pointe &#224; l'horizon une d&#233;cision importante ou une obligation in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation &#224; caract&#232;re urgent (ils avaient trois heures) a permis aux groupes de d&#233;passer rapidement l'&#233;tape initiale du cheminement groupal o&#249; les exp&#233;riences personnelles priment sur les exigences du travail &#224; faire (Chiocchio, 2012 ; Landry, 2010). Bien que nous n'ayons pas document&#233; le fonctionnement des groupes entre l'atelier et l'examen collaboratif, nos r&#233;sultats d&#233;montrent qu'ils semblent avoir peu planifi&#233; explicitement, mais qu'ils ont bien g&#233;r&#233; le temps et qu'ils ont &#233;t&#233; efficaces. Ils ont fait une gestion r&#233;fl&#233;chie et &#233;quitable de l'examen, avant et pendant celui-ci. Pour Chiocchio et Essiembre (2009), une &#233;quipe vraiment fonctionnelle et adaptative est capable d'&#233;viter la surcharge de t&#226;ches et est capable de s&#233;quencer, synchroniser et rythmer ses activit&#233;s. Ceci se rep&#232;re dans nos r&#233;sultats notamment par l'importance qu'ils ont accord&#233;e &#224; la r&#233;vision, par la vari&#233;t&#233; des modes de prise de d&#233;cision et par la vari&#233;t&#233; des strat&#233;gies utilis&#233;es pour r&#233;pondre aux questions de l'examen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous relevons aussi que les &#233;tudiants se sont g&#233;n&#233;ralement sentis libres de s'exprimer, mais sans que la justification de leur point de vue personnel ne soit au centre de leur propos. Comme dit l'un deux : &#171; on s'est vite habitu&#233; &#224; l'opinion des autres &#187; (G50-E5). Ce qui primait &#233;tait de r&#233;diger de bonnes r&#233;ponses, approfondies, unifi&#233;es et compl&#232;tes. La conscience claire du travail &#224; faire, en amont et pendant l'examen, a favoris&#233; une efficacit&#233; et m&#234;me un certain regard critique sur leurs propres productions. Une &#233;tudiante juge que ce type d'examen &#171; n'est pas tr&#232;s efficace si on &#233;vacue le plaisir. Seule, j'aurais &#233;t&#233; plus efficace. Il fallait discuter et tout, mais, c'&#233;tait le fun &#187; (G50-E5). Cette remarque illustre bien l'&#233;volution du groupe. Selon Landry (2010), la notion de plaisir participe au sens qu'accorde le groupe &#224; son existence et elle survient g&#233;n&#233;ralement lorsqu'il est capable de questionner son organisation et lorsque ses membres peuvent confronter leurs positions au sujet des &#233;l&#233;ments d&#233;cisifs. &#192; cet &#233;gard, le d&#233;veloppement des habilet&#233;s de collaboration semble avoir amen&#233; les groupes de notre &#233;tude &#224; atteindre rapidement une forme de maturit&#233; groupale (Chiocchio et al., 2012 ; Landry, 2010). Elle se manifeste notamment par un sentiment d'appartenance au groupe, par la gestion saine des conflits et par le constat que plusieurs t&#234;tes valent mieux qu'une. L'examen a &#233;t&#233; &#171; plus facile, nos connaissances sont plus pouss&#233;es &#187; (G20-E3), &#171; On a mieux r&#233;fl&#233;chi &#224; quatre que si on avait &#233;t&#233; seul &#187; (G50-E11). Si nous demeurons dans la ligne de pens&#233;e de Landry (2010), nous avan&#231;ons l'id&#233;e que les besoins d'affection et de contr&#244;le ont &#233;t&#233; satisfaits lors de la pr&#233;paration &#224; l'examen collaboratif ce qui aurait favoris&#233; une &#233;volution ais&#233;e des groupes. De m&#234;me, la mani&#232;re de constituer les &#233;quipes, en partie impos&#233;e et en partie choisie, a possiblement influenc&#233; positivement le degr&#233; de collaboration (Cozma, 2021). De plus, on peut facilement percevoir &#224; travers nos r&#233;sultats que le processus de structuration de tous les groupes de notre &#233;tude est dynamique, le fait que chaque action ne soit pas fig&#233;e assure une certaine stabilit&#233; au groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7.3. Interaction et interd&#233;pendance des zones : apports de la collaboration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des difficult&#233;s que nous avons rencontr&#233;es lors de nos analyses concerne le fait que certains r&#233;sultats pouvaient se retrouver sous plusieurs aspects. Ainsi, faire un remue-m&#233;ninge est une mani&#232;re de traiter les informations en amor&#231;ant une discussion pour approfondir, mais c'est aussi une fa&#231;on d'ex&#233;cuter le travail, aspect plut&#244;t li&#233; &#224; la structuration. Il en est de m&#234;me pour le processus de d&#233;cision qui fait &#224; la fois partie de l'&#233;tape d'ex&#233;cution dans la structuration du travail et &#224; la fois du traitement de l'information. Ces difficult&#233;s ne sont pas que circonstancielles. Elles illustrent l'interaction entre les zones du mod&#232;le de Landry (2010), appuy&#233;e &#233;galement par Chiocchio (2012), qui nous rappelle que la structure, les actions, les comportements et les normes se construisent dans l'interaction et que les zones ne sont pas exclusives. Par exemple, nous pouvons d&#233;gager de nos r&#233;sultats que le fait de s'entendre rapidement sur un sujet donn&#233; am&#233;liore l'efficacit&#233; du groupe, mais refl&#232;te aussi sa mani&#232;re de communiquer. L'interaction est pr&#233;sente aussi dans notre &#233;tude sous le signe de l'&#233;vidente entraide pr&#233;sente dans chacun des groupes restreints et par les multiples it&#233;rations des actions du groupe et des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus interactif nourrit &#233;galement les comportements d'&#233;tude. En pr&#233;vision de l'examen, les &#233;tudiants se sont pr&#233;par&#233;s &#224; argumenter leurs r&#233;ponses et &#224; d&#233;fendre leur point de vue. C'est aussi ce que notent Wieman et al. (2014) : dans leur &#233;tude, &#224; quelques rares exceptions pr&#232;s, tous les membres des &#233;quipes ont particip&#233; activement en interagissant avec leurs co&#233;quipiers. Par ailleurs, des chercheurs notent aussi qu'apr&#232;s avoir v&#233;cu une exp&#233;rience d'examen collaboratif, les &#233;tudiants participent mieux et s'engagent davantage dans les activit&#233;s de collaboration au cours du trimestre (Rieger et al., 2014). Ils sont plus convaincus de l'importance de la discussion et ils voient mieux la coh&#233;rence entre les contenus vus en classe et les &#233;valuations. &#201;merge ici, le caract&#232;re essentiel de l'interaction dans la construction du groupe en tant que syst&#232;me d&#233;bordant de la stricte activit&#233; qu'est l'examen. Cela &#233;tant dit, l'interaction n'a pas que des aspects positifs. Certains de nos r&#233;sultats vont dans le m&#234;me sens que ceux de Landry (2010) et de Chiocchio (2012) qui sugg&#232;rent de bien contr&#244;ler l'environnement dans lequel la t&#226;che, ici l'examen collaboratif, aura lieu. Par exemple, il peut &#234;tre utile de pr&#233;voir plusieurs locaux pour r&#233;duire le bruit ou d'envisager la possibilit&#233; que les groupes utilisent l'ordinateur pour r&#233;diger les r&#233;ponses pour faciliter le r&#244;le du scribe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons aussi dans nos r&#233;sultats la pr&#233;sence d'une interd&#233;pendance positive, d'une part, entre les membres d'un m&#234;me groupe et, d'autre part, entre les zones du mod&#232;le de Landry (Johnson et al., 2011 ; 2010). Ceci indique que les co&#233;quipiers ont v&#233;cu une situation de collaboration et non de comp&#233;tition (interd&#233;pendance n&#233;gative). Plusieurs extraits de verbatim illustrent l'accent sur la mise en commun des savoirs individuels. &#171; Tu ne peux pas te s&#233;parer les parties, parce que l'on a juste trois heures, il faut que tu le fasses. C'est rare que l'on s'installe ensemble &#187; (G50-E5), &#171; C'est une force de travailler en &#233;quipe &#187; (G50-E5), &#171; J'ai aim&#233; la collaboration, on met tous nos savoirs ensemble et on se rappelle des choses ensemble &#187; (G20-E7). Dans ces exemples, nous retrouvons l'importance de l'interd&#233;pendance positive pour atteindre la vis&#233;e commune qu'aucun membre n'aurait pu atteindre seul, du moins pas de la m&#234;me mani&#232;re. Avec l'examen collaboratif propos&#233;, les &#233;tudiants ne peuvent faire autrement que de partager les ressources avec le groupe et ils utilisent le travail r&#233;alis&#233; en groupe pour continuer &#224; apprendre par leur participation au travail poursuivi. Les imp&#233;ratifs de la zone du travail doivent permettre d'actualiser sans cesse l'interd&#233;pendance positive et de conserver un niveau &#233;lev&#233; de celle-ci pour &#233;viter une perte de coh&#233;sion groupale. L'interd&#233;pendance positive entre les membres dans notre &#233;tude est aussi marqu&#233;e par une souplesse dans l'organisation et la division du travail. Les r&#232;gles n'&#233;taient pas rigides et la plupart des normes semblent avoir &#233;t&#233; d&#233;finies au fur et &#224; mesure pour s'ajuster aux impr&#233;vus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'interd&#233;pendance entre les zones du mod&#232;le de Landry (2010) se per&#231;oit notamment par les &#233;motions v&#233;cus (zone de l'affection) qui agissent sur l'action (zone du travail) : &#171; l'&#234;tre humain est fait de rationalit&#233; et d'irrationalit&#233;, [aussi] la seule satisfaction de ses besoins d'action ne lui suffit pas, ses besoins d'affection et de contr&#244;le, de m&#234;me que son besoin de sens, d&#233;terminant &#233;galement son agir &#187; (Landry, 2010, p. 252). Au cours de notre &#233;tude, nous avons pu d&#233;celer que les trois zones s'interpellent sans cesse et qu'elles &#233;taient tour &#224; tour dominantes selon l'&#233;volution du groupe et des enjeux en cause (comme la difficult&#233; &#224; justifier les choix du groupe). Par ailleurs, l'examen collaboratif que nous avons fait vivre aux &#233;tudiants ne peut se r&#233;aliser sans une strat&#233;gie p&#233;dagogique favorisant l'interd&#233;pendance affective, cognitive et sociale des &#233;tudiants (Johnson et al., 2011). Les rapports affectifs, provoqu&#233;s par la nature collaborative de l'examen et pour la plupart positifs, ont eu une incidence sur la qualit&#233; du travail rendu et r&#233;ciproquement. Nous avons observ&#233; lors de l'examen des groupes en &#233;quilibre : pr&#234;ts pour l'action, stimul&#233;s par la compl&#233;mentarit&#233; de leurs membres, en confiance et travaillant en totale interd&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;8. Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Afin de mieux comprendre la collaboration dans la zone du travail, nous avons ins&#233;r&#233; un examen collaboratif sommatif dans un cours de fondements de l'&#233;ducation s'adressant &#224; 107 &#233;tudiants. Nos r&#233;sultats indiquent que les groupes n'ont pas eu &#224; clarifier une vis&#233;e commune autre que celle li&#233;e &#224; la r&#233;ussite de l'examen. De ce fait, aucun probl&#232;me notable de fonctionnement n'ont &#233;t&#233; relev&#233;s ; la structuration de leur travail &#233;tait ad&#233;quate : ils ont planifi&#233;, se sont organis&#233;s et ont bien g&#233;r&#233; la s&#233;ance d'examen ; leurs prises de d&#233;cisions se sont faites de fa&#231;on collaborative et vari&#233;e ; les groupes ont appliqu&#233; implicitement plusieurs normes non formelles concernant le respect, les attitudes &#224; adopter et les interactions et ils se sont distribu&#233;s des r&#244;les typiques tels que le scribe ou le gardien du temps. L'&#233;tude fait ressortir l'importance de pr&#233;parer et de former autant les enseignants que les &#233;tudiants &#224; collaborer. Comme le dit Shindler (2004) : &#171; We got to practice what we preach &#187; (p. 277). C'est l'une des responsabilit&#233;s professionnelles de l'enseignant que de se pr&#233;parer ad&#233;quatement &#224; la collaboration avant de placer ses &#233;tudiants dans ce mode sans prendre la mesure des effets importants qu'elle peut g&#233;n&#233;rer sur l'apprentissage et le d&#233;veloppement personnel. &#192; cet &#233;gard, l'atelier pr&#233;paratoire a servi &#224; sensibiliser les &#233;tudiants, &#224; vivre l'&#233;tape initiale de cheminement groupal et &#224; l'enseignante &#224; bien se pr&#233;parer. Comme pistes d'action, il serait pertinent, par exemple, de former les enseignants &#224; la collaboration, d'ouvrir la discussion &#224; son sujet entre &#233;tudiants et enseignant et d'utiliser les r&#233;sultats des recherches notamment sur l'examen collaboratif pour &#233;valuer autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son fort potentiel pour l'apprentissage, l'examen collaboratif est somme toute facile &#224; implanter dans un cours et peut r&#233;pondre aux deux finalit&#233;s de l'&#233;valuation, &#224; savoir &#233;valuer pour apprendre et t&#233;moigner des acquis. Il requiert une volont&#233; de responsabiliser les &#233;tudiants, un souci d'&#233;quit&#233;, une bonne planification, un certain encadrement et la conviction que le travail collectif est pertinent et efficace. C'est ce que nous avons voulu d&#233;montrer aux &#233;tudiants-futurs enseignants avec l'atelier offert avant l'examen collaboratif. Durant cet atelier, ils ont &#233;t&#233; encourag&#233;s &#224; reconna&#238;tre leurs forces et leurs faiblesses, &#224; fraterniser, &#224; pr&#233;voir leur pr&#233;paration &#224; l'examen, &#224; bien communiquer, etc. Bien s&#251;r, ins&#233;rer un atelier sur la collaboration dans un cours exige de revoir la planification de celui-ci. Cependant, les &#233;crits montrent que les b&#233;n&#233;fices de cet exercice sont sup&#233;rieurs aux difficult&#233;s &#233;prouv&#233;es en consid&#233;rant d'embl&#233;e que les &#233;tudiants savent collaborer. Enfin, selon nous, vouloir mieux comprendre ce qui se joue lors de la collaboration a aussi pour effet d'offrir aux enseignants et aux &#233;tudiants une plus grande prise sur les difficult&#233;s du travail en &#233;quipe et des leviers pour agir &#224; la recherche de solutions. En ce sens, notre &#233;tude apporte un peu d'eau au moulin et ouvre sur l'&#233;laboration d'autres &#233;tudes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des DOI sont automatiquement ajout&#233;s aux r&#233;f&#233;rences par Bilbo, l'outil d'annotation bibliographique d'OpenEdition.&lt;br class='autobr' /&gt;
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DOI : 10.1023/B:IHIE.0000018910.08228.39&lt;/p&gt;
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		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction libre. Citation originale : &#171; the interplay of situation-appropriate uses of four interrelated processes : teamwork communication, synchronicity, explicit coordination, and implicit coordination &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il en existe bien d'autres correspondant notamment &#224; diff&#233;rents types de r&#233;unions (Landry, 2010).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pr&#233;cisons que l'ensemble de ces enregistrements n'a pas &#233;t&#233; analys&#233; d'abord parce que nous n'avions pas les ressources pour analyser toutes les donn&#233;es de trois heures d'examen (trois heures fois 24 &#233;quipes) et ensuite parce beaucoup de ces donn&#233;es n'&#233;taient pas pertinentes pour notre &#233;tude puisque li&#233;es au contenu de l'examen.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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