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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Le vrai co&#251;t &#233;nerg&#233;tique du num&#233;rique</title>
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		<dc:date>2022-10-23T09:02:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-C&#233;cile Orgerie</dc:creator>



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&lt;p&gt;Surfer sur Internet, utiliser une application, regarder une vid&#233;o en streaming, discuter en visio&#8230; Toutes ces activit&#233;s qui paraissent aujourd'hui naturelles &#224; nombre d'entre nous sont loin d'&#234;tre anodines pour l'environnement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re Internet et les objets connect&#233;s que nous utilisons se cache une architecture complexe de r&#233;seaux, de centres de donn&#233;es et d'&#233;quipements terminaux d&#233;ploy&#233;s dans le monde entier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes ces infrastructures ont un impact environnemental consid&#233;rable et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique49.html" rel="directory"&gt;Transition&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Surfer sur Internet, utiliser une application, regarder une vid&#233;o en streaming, discuter en visio&#8230; Toutes ces activit&#233;s qui paraissent aujourd'hui naturelles &#224; nombre d'entre nous sont loin d'&#234;tre anodines pour l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re Internet et les objets connect&#233;s que nous utilisons se cache une architecture complexe de r&#233;seaux, de centres de donn&#233;es et d'&#233;quipements terminaux d&#233;ploy&#233;s dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces infrastructures ont un impact environnemental consid&#233;rable et tr&#232;s complexe &#224; estimer dont on commence &#224; mesurer l'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des pistes se dessinent pour r&#233;duire leur consommation &#233;nerg&#233;tique et informer les usagers sur le vrai co&#251;t des &#233;quipements qu'ils utilisent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une premi&#232;re version de cet article est parue dans le n&#176;518 de la revue &lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/physique-theorique/pour-la-science-n0-518-19986.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour la Science,&lt;/a&gt; en d&#233;cembre 2020. Une nouvelle version vient d'&#234;tre publi&#233;e dans &lt;a href=&#034;https://interstices.info/le-vrai-cout-energetique-du-numerique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Interstices&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;https://ecoinfo.cnrs.fr/2022/10/21/le-vrai-cout-energetique-du-numerique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; par Anne-C&#233;cile Orgerie &amp; Laurent Lef&#232;vre repris du site &lt;a href=&#034;hhttps://interstices.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;Interstices&lt;/a&gt;, revue de culture scientifique publi&#233;e par l'INRIA, une publication sous licence CC by nc nd&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19, et en particulier durant les p&#233;riodes de confinement, le t&#233;l&#233;travail a pris une grande importance dans nombre de services publics et d'entreprises. L'usage des transports s'en est trouv&#233; consid&#233;rablement diminu&#233;. Mais peut-on dire pour autant que le t&#233;l&#233;travail et l'utilisation massive d'Internet qui y est associ&#233;e ont &#233;t&#233; b&#233;n&#233;fiques pour l'environnement ? Plus g&#233;n&#233;ralement, quel est l'impact environnemental du num&#233;rique ? Et comment le diminuer ? R&#233;pondre &#224; ces questions n'est pas simple. Pour &#233;tablir l'impact environnemental d'un syst&#232;me num&#233;rique, il faut mesurer son co&#251;t &#233;nerg&#233;tique. Mais qu'est-ce que cela signifie pour un syst&#232;me aussi complexe et interd&#233;pendant qu'Internet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; il y a cinquante ans, accessible au grand public depuis une trentaine d'ann&#233;es, Internet est devenu un outil quotidien et indispensable pour quelque 4,5 milliards d'utilisateurs dans le monde, soit un peu moins de 60 % de la population mondiale (fin 2020). Son succ&#232;s plan&#233;taire fulgurant a entra&#238;n&#233; sa croissance tr&#232;s rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courriers &#233;lectroniques, messageries instantan&#233;es, moteurs de recherche, r&#233;seaux sociaux, stockage dans le cloud, vid&#233;o &#224; la demande en streaming, etc. Les services d'Internet ont &#233;volu&#233; au cours du temps, et son architecture s'est &#233;tendue et complexifi&#233;e pour r&#233;pondre &#224; cette demande. Internet donne ainsi acc&#232;s &#224; un monde num&#233;rique, &#233;lectronique, d&#233;mat&#233;rialis&#233;, virtuel&#8230; autant d'adjectifs qui lui conf&#232;rent un aspect quelque peu magique. Pourtant, ses infrastructures sont bien r&#233;elles et consomment de l'&#233;nergie et des ressources, tr&#232;s souvent sans que l'utilisateur en ait conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; d&#233;r&#232;glement climatique et &#233;puisement des ressources naturelles interpellent les utilisateurs, les impacts environnementaux d'Internet restent largement m&#233;connus et sont encore peu &#233;tudi&#233;s. Les &#233;tudes existantes indiquent que ces impacts sont consid&#233;rables et pr&#233;occupants, aussi bien en termes de consommation &#233;nerg&#233;tique, de consommation de mati&#232;res premi&#232;res ou d'empreinte carbone. Mais ces &#233;tudes brossent des tableaux vari&#233;s, avec des chiffres diff&#233;rant parfois fortement de l'une &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, Vlad Coroam&#259;, de l'universit&#233; technique de Lisbonne, et Lorenz Hilty, de l'universit&#233; de Zurich, ont ainsi observ&#233;, en examinant les articles parus les dix ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes sur le co&#251;t &#233;nerg&#233;tique d'Internet, une grande disparit&#233; des estimations, avec des diff&#233;rences allant jusqu'&#224; quatre ordres de grandeur. En cause, les incertitudes sur les mesures, les approximations faites sur les mod&#232;les, mais aussi le p&#233;rim&#232;tre choisi pour l'&#233;valuation : les r&#233;sultats varient consid&#233;rablement selon que l'on prend en compte ou non les objets terminaux qui utilisent Internet. C'est pourquoi il est si compliqu&#233; de d&#233;terminer si le t&#233;l&#233;travail est b&#233;n&#233;fique pour l'environnement ou m&#234;me simplement si une requ&#234;te internet co&#251;te autant que trois heures ou dix minutes de bouilloire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, depuis quelques ann&#233;es, diff&#233;rentes &#233;quipes dans le monde, dont la n&#244;tre, d&#233;cortiquent les interd&#233;pendances d'Internet ou des syst&#232;mes qui constituent ce r&#233;seau. L'id&#233;e est de pr&#233;ciser leur consommation &#233;nerg&#233;tique, de d&#233;finir des indicateurs pertinents d'efficacit&#233; pour ces syst&#232;mes et, &#224; partir de l&#224;, d'en d&#233;duire des solutions pour r&#233;duire leur consommation. De nombreux obstacles restent &#224; franchir, mais des pistes commencent &#224; se dessiner.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Une architecture gigantesque&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour saisir la complexit&#233; de la question de l'impact environnemental d'Internet, il est n&#233;cessaire de comprendre quels sont les syst&#232;mes mat&#233;riels et logiciels impliqu&#233;s dans son fonctionnement, comment ces syst&#232;mes sont utilis&#233;s et quelles sont les corr&#233;lations entre utilisation, consommation &#233;lectrique et consommation de mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un internaute g&#233;n&#232;re une requ&#234;te &#224; destination d'un moteur de recherche, il mobilise diff&#233;rents &#233;quipements mat&#233;riels, physiques et virtualis&#233;s, et des infrastructures logicielles. Le mat&#233;riel mobilis&#233; comporte un &#233;quipement terminal (PC, smartphone, tablette) pour g&#233;n&#233;rer la requ&#234;te et recevoir les r&#233;sultats de la recherche, un ensemble de r&#233;seaux pour transporter les paquets de donn&#233;es et plusieurs serveurs d'un centre de donn&#233;es pour traiter la requ&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services logiciels mis en &#339;uvre sur les serveurs sont plac&#233;s dans des machines virtuelles ou des conteneurs logiciels &#8212; l'&#233;mulation d'un environnement complet associ&#233; &#224; l'utilisateur, o&#249; celui-ci peut lancer ses applications et qui lui garantit certaines protections de s&#233;curit&#233; et des performances. &#192; l'heure o&#249; les services internet se trouvent dans des clouds &#8212; des ensembles de serveurs, de r&#233;seaux et de logiciels r&#233;partis dans le monde &#8212;, les serveurs et r&#233;seaux utilis&#233;s ne sont pas connus des utilisateurs, mais choisis par les fournisseurs de services en fonction de m&#233;triques de performance, d'&#233;quilibrage de charge entre serveurs et de qualit&#233; de service. Le chemin r&#233;seau parcouru par la requ&#234;te de l'utilisateur est donc tr&#232;s variable et son impact environnemental d&#233;pend du lieu d'h&#233;bergement des serveurs utilis&#233;s (voir figure 1 et encadr&#233; &#171; Un exemple de r&#233;seau d'Internet &#187; ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7939 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH328/cout-internet-energie_figure-1_800x525-768x504-d97fc.png?1691758250' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Figure 1 : Le traitement d'une requ&#234;te sur un moteur de recherche mobilise des ressources mat&#233;rielles sur un smartphone, une box internet, des r&#233;seaux, des routeurs, un pare-feu, les &#233;quipements r&#233;seaux d'un centre de donn&#233;es et un serveur. Ces &#233;quipements mat&#233;riels seront utilis&#233;s dans le sens retour pour rapatrier le r&#233;sultat de la recherche. De plus, des applications, services et protocoles logiciels sont d&#233;ploy&#233;s dans chacun des &#233;quipements travers&#233;s. Plusieurs serveurs peuvent &#234;tre mobilis&#233;s en parall&#232;le pour calculer et agr&#233;ger les r&#233;sultats afin d'augmenter la rapidit&#233; de la r&#233;ponse. De m&#234;me, d'autres serveurs peuvent contribuer &#224; la g&#233;n&#233;ration de la requ&#234;te en r&#233;cup&#233;rant chaque lettre tap&#233;e dans la barre de recherche pour afficher des suggestions de recherche. Enfin, une page web donn&#233;e peut faire appel &#224; plusieurs services : publicit&#233; cibl&#233;e, authentification des utilisateurs, affichage d'informations en temps r&#233;el provenant de divers fournisseurs de contenus, etc. Illustration &#169; Ad&#232;le Gall&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un exemple de r&#233;seau d'Internet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vid&#233;os poussent cette logique de fonctionnement &#224; l'extr&#234;me. Selon le &lt;a href=&#034;https://theshiftproject.org/article/climat-insoutenable-usage-video/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport Climat : l'insoutenable usage de la vid&#233;o en ligne&lt;/a&gt;, publi&#233; en 2019 par The Shift Project, un think tank fran&#231;ais qui r&#233;fl&#233;chit &#224; des pistes pour parvenir &#224; &#171; une &#233;conomie lib&#233;r&#233;e de la contrainte carbone &#187;, les flux de donn&#233;es vid&#233;o repr&#233;sentent 80 % du trafic mondial qui circule sur Internet. Ces flux sont majoritairement compos&#233;s de vid&#233;os en ligne (vid&#233;os &#224; la demande, pornographie, etc.) et en direct (t&#233;l&#233;surveillance, vid&#233;oconf&#233;rences).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les techniques de diffusion hertziennes reposent sur du broadcast, c'est-&#224;-dire une diffusion d'un unique &#233;metteur vers beaucoup de r&#233;cepteurs, la vid&#233;o sur Internet exploite fortement des &#233;changes de type &#171; un &#233;metteur vers un r&#233;cepteur &#187;, o&#249; un flux de donn&#233;es est g&#233;n&#233;r&#233; pour chaque utilisateur. Ce type d'&#233;change accro&#238;t le trafic r&#233;seau proportionnellement au nombre d'utilisateurs, l&#224; o&#249; la diffusion hertzienne n'&#233;tait pas d&#233;pendante du nombre d'utilisateurs, mais uniquement du nombre de contenus visibles simultan&#233;ment &#224; un instant donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cause de ce trafic colossal et afin d'am&#233;liorer la diffusion de flux vid&#233;o en ligne, les grandes plateformes ne peuvent pas utiliser des architectures centralis&#233;es traditionnelles de type client-serveur, comme pour les pages web. Au contraire, elles reposent sur des infrastructures de type CDN (pour content delivery network, &#171; r&#233;seau de diffusion de contenu &#187;) o&#249; les donn&#233;es vid&#233;o sont r&#233;pliqu&#233;es aux bons endroits dans les infrastructures mondiales, au c&#339;ur des r&#233;seaux et dans des centres de donn&#233;es, et g&#233;ographiquement proches des utilisateurs (voir figure 3 ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7940 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH200/cout-internet-energie_figure-7_700x280-eb921.jpg?1666515947' width='500' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Figure 3 : Les plateformes de vid&#233;o en ligne comme Netflix n'utilisent pas une architecture traditionnelle client-serveur (&#224; gauche), o&#249; un serveur central fournit les donn&#233;es &#224; de multiples utilisateurs, mais une architecture de type CDN (&#224; droite), o&#249; les donn&#233;es sont r&#233;pliqu&#233;es dans plusieurs serveurs dans le monde qui les rapprochent g&#233;ographiquement des utilisateurs. Illustration &#169; Ad&#232;le Gall&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces infrastructures redondantes, &#224; hautes performances, permettent d'assurer un meilleur &#233;quilibre de la diffusion vid&#233;o &#224; l'&#233;chelle mondiale et de r&#233;duire l'usage des capacit&#233;s du r&#233;seau de c&#339;ur (le r&#233;seau central sur lequel les autres reposent) sur de longues distances. Ce mode de distribution de contenu implique cependant qu'une vid&#233;o donn&#233;e soit pr&#233;sente en de multiples exemplaires et formats, &#224; de nombreux points du globe, &#224; chaque instant, pour assurer une diffusion optimis&#233;e. Il mobilise ainsi un nombre colossal de serveurs dans des centres de donn&#233;es. Ainsi, en 2018, Timm B&#246;ttger et ses coll&#232;gues, de l'universit&#233; Queen Mary de Londres, ont estim&#233; que Netflix utilisait au moins 8 500 serveurs de distribution de contenu localis&#233;s dans plus de 600 centres de donn&#233;es, ces derniers n'appartenant pas &#224; Netflix, mais &#224; des op&#233;rateurs de r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, une donn&#233;e num&#233;rique, quelle qu'elle soit, traverse donc de nombreux &#233;quipements informatiques. On divise le monde mat&#233;riel d'Internet en trois parties : les r&#233;seaux (filaires et sans fil), les centres de calcul et de donn&#233;es (qui h&#233;bergent les serveurs), et les terminaux des utilisateurs (smartphones, tablettes, ordinateurs, objets connect&#233;s, etc.). Chacun de ces &#233;quipements g&#233;n&#232;re des impacts sur l'environnement tout au long de sa vie (voir encadr&#233;s ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Internet des mat&#233;riels h&#233;t&#233;rog&#232;nes qui ont des impacts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &#233;tape de la vie d'un &#233;quipement compte dans l'&#233;valuation de son impact environnemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de sa fabrication, un &#233;quipement n&#233;cessite des mati&#232;res premi&#232;res, des produits chimiques, des usines d'assemblage, etc. Et avant m&#234;me cela, il a n&#233;cessit&#233; de l'&#233;nergie et des ressources pour &#234;tre imagin&#233;, prototyp&#233;, test&#233;, con&#231;u et am&#233;lior&#233;. Afin d'&#233;valuer l'impact d'un &#233;quipement, il est donc indispensable de d&#233;finir le cadre consid&#233;r&#233; par l'&#233;tude :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le p&#233;rim&#232;tre de l'&#233;quipement (ou du syst&#232;me) consid&#233;r&#233; : cela permet de sp&#233;cifier si l'&#233;tude inclut les p&#233;riph&#233;riques, par exemple ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la fonction ou utilisation consid&#233;r&#233;e pour cet &#233;quipement : un m&#234;me &#233;quipement peut avoir des fonctions tr&#232;s vari&#233;es. Par exemple, un m&#234;me mod&#232;le d'&#233;cran peut &#234;tre utilis&#233; pour l'affichage des trains en partance dans une gare ou en bureautique ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les indicateurs d'impact consid&#233;r&#233;s : consommation &#233;nerg&#233;tique, consommation d'eau, impact CO2, utilisation de mati&#232;res premi&#232;res&#8230; Les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre sont un indicateur environnemental li&#233; &#224; l'objet consid&#233;r&#233;. Cet indicateur somme l'ensemble des diff&#233;rents gaz &#224; effet de serre &#233;mis lors du cycle de vie de l'&#233;quipement en les exprimant en &#233;quivalent CO2 (not&#233; CO2eq). Pour les gaz &#224; effet de serre autres que le CO2, cette quantit&#233; repr&#233;sente la quantit&#233; de CO2 qui aurait une capacit&#233; &#233;quivalente &#224; retenir le rayonnement solaire, et donc &#224; participer au r&#233;chauffement global de notre plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation internationale de normalisation a standardis&#233; ces analyses de cycle de vie sous les normes ISO 14 040 et ISO 14 044, qui fournissent des directives pour les mener. Dans le contexte des &#233;quipements connect&#233;s, le cycle de vie se d&#233;compose en quatre phases : fabrication, transport, utilisation et fin de vie, chacune avec de nombreux param&#232;tres (voir figure 4).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7941 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH187/cout-internet-energie_figure-3_700x262-35f88.jpg?1691758250' width='500' height='187' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Figure 4 : Illustration &#169; Ad&#232;le Gall&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de param&#232;tres parmi cette liste non exhaustive sont complexes &#224; mesurer, calculer ou estimer, car ils d&#233;pendent eux-m&#234;mes de plusieurs autres param&#232;tres. Cette complexit&#233; intrins&#232;que n&#233;cessite, pour chaque impact, de pr&#233;ciser toutes les conditions d'&#233;tude, car les r&#233;sultats varient consid&#233;rablement suivant ces conditions. Par exemple, le transport des &#233;quipements produits n'aura pas le m&#234;me impact en termes d'&#233;missions de gaz &#224; effet de serre s'il est effectu&#233; par bateau ou par avion (l'impact de l'avion par unit&#233; transport&#233;e est plus important que celui d'un porte-conteneurs). Peu d'entreprises fournissent les donn&#233;es d'analyse de cycle de vie des &#233;quipements qu'elles fabriquent et elles sont encore moins nombreuses &#224; indiquer les incertitudes de calcul de ces mesures, lesquelles, pourtant, sont parfois consid&#233;rables, comme le montre le cas d'un &#233;cran externe HP de 24 pouces utilis&#233; cinq ans (voir figure 5 ci-dessous) : l'empreinte carbone de cet &#233;cran est en moyenne de 655 kilogrammes de CO2eq (kg CO2eq). Mais les marges d'erreur se cumulant, l'incertitude sur ce chiffre total est &#233;lev&#233;e : de 370 &#224; 1 310 kg CO2eq selon que l'on consid&#232;re le 5e ou le 95e centile.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH244/cout-internet-energie_figure-4_500x244-59506.jpg?1666515947' width='500' height='244' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Figure 5 : Pour la Science, d'apr&#232;s HP Development Company, L. P.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Un r&#233;seau de communication mondial&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'impact des seuls r&#233;seaux de communication sur lesquels repose Internet est loin d'&#234;tre n&#233;gligeable. Ils sont h&#233;t&#233;rog&#232;nes, se partageant entre fils de cuivre, fibres optiques et r&#233;seaux sans fil. Toutes ces infrastructures s'appuient sur des &#233;quipements embarquant une fraction vari&#233;e d'intelligence (routeurs, commutateurs, antennes, box&#8230;), chacun ayant son propre impact environnemental et sa propre dur&#233;e de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les op&#233;rateurs assurent une couverture nationale de plus en plus importante. Les technologies sans fil, notamment, s'empilent et s'encha&#238;nent : 2G, 3G, 4G et actuellement la 5G, en cours de d&#233;ploiement dans certaines villes (voir encadr&#233; &#171; 5G : la grande inconnue &#187; ci-dessous). Or les anciennes technologies demeurent en place pour assurer la compatibilit&#233; avec les &#233;quipements les plus anciens. Ainsi, au lieu de les remplacer, les nouvelles technologies s'ajoutent &#224; leur liste. De plus, en g&#233;n&#233;ral, pour b&#233;n&#233;ficier de chaque nouvelle technologie r&#233;seau sans fil, le client doit acqu&#233;rir un nouvel &#233;quipement : mettre au rebut son smartphone et en acheter un autre, ce qui acc&#233;l&#232;re le renouvellement des &#233;quipements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5G : la grande inconnue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, chaque nouvelle g&#233;n&#233;ration de r&#233;seaux accro&#238;t les capacit&#233;s de communication : la bande passante disponible par utilisateur est augment&#233;e. Et cette bande passante suppl&#233;mentaire est effectivement utilis&#233;e, augmentant de facto la consommation de donn&#233;es. En avril 2020, l'Arcep (l'Autorit&#233; de r&#233;gulation des communications &#233;lectroniques, des postes et de la distribution de la presse) indiquait ainsi dans son rapport pour l'ann&#233;e 2019 qu'en moyenne, en France, la consommation mensuelle par carte SIM &#233;tait de 7 gigaoctets, toutes cartes SIM confondues, alors que celle des cartes SIM 4G &#233;tait &#224; elle seule de 9,5 gigaoctets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les protocoles qui assurent l'&#233;mission et la r&#233;ception des donn&#233;es dans ces r&#233;seaux ont &#233;t&#233; con&#231;us pour assurer robustesse, performance et qualit&#233; de service des r&#233;seaux. Ils ne sont pas pr&#233;vus pour r&#233;duire leurs impacts environnementaux. Aussi toutes ces infrastructures constituent-elles un poste important de la consommation &#233;lectrique du num&#233;rique. En particulier, parmi les &#233;quipements li&#233;s aux infrastructures, les box (ADSL ou fibre optique) et les r&#233;seaux wifi sont souvent allum&#233;s en permanence chez les particuliers, m&#234;me lorsqu'ils ne sont pas utilis&#233;s, entra&#238;nant alors une consommation inutile (voir l'encadr&#233; ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combien consomme une box internet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#192; 4 heures du matin, le trafic est quasi nul, mais la box consomme environ 15 watts&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De 2010 &#224; 2015, le projet de recherche international &lt;a href=&#034;https://www.bell-labs.com/greentouch/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;GreenTouch&lt;/a&gt;, qui m&#234;lait instituts acad&#233;miques et groupes industriels, a d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait possible de construire une infrastructure des r&#233;seaux de l'internet mondial qui r&#233;duirait de 98 % la consommation d'&#233;nergie en 2020 par rapport &#224; celle de 2010, et ce en tenant compte de l'explosion du trafic et pour une qualit&#233; de service &#233;quivalente (voir figure 7 ci-dessous). La quantit&#233; d'&#233;nergie &#233;conomis&#233;e si ce sc&#233;nario &#233;tait appliqu&#233; en Am&#233;rique du Nord, en Europe et au Japon &#233;quivaudrait, en empreinte carbone, aux &#233;missions de gaz &#224; effet de serre de 5,8 millions de voitures. Cette construction impliquerait de nombreux changements structurels et technologiques tant au niveau mat&#233;riel que logiciel. Il reste aux constructeurs et op&#233;rateurs &#224; s'emparer de ces innovations et &#224; les d&#233;ployer petit &#224; petit dans les infrastructures du web&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH166/cout-internet-energie_figure-9_700x233-9f5dc.jpg?1691758250' width='500' height='166' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Figure 7 : En 2015, le projet de recherche GreenTouch a montr&#233; qu'en changeant l'infrastructure des r&#233;seaux de communication, il &#233;tait possible d'am&#233;liorer d'un facteur 316 l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique d'un r&#233;seau de communication de 2020 (&#224; droite) par rapport &#224; 2010 (&#224; gauche) et d'adapter sa consommation &#224; l'heure de la journ&#233;e tout en tenant compte de l'augmentation du trafic. Le sc&#233;nario propos&#233; permettrait par ailleurs d'augmenter d'un facteur 10 000 l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique de l'acc&#232;s mobile au r&#233;seau et d'un facteur 256 celle de l'acc&#232;s fixe. &#169; Pour la Science, d'apr&#232;s GreenTouch Final Results from Green Meter Research Study, 2015&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Des centres de donn&#233;es jamais &#233;teints&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les centres de donn&#233;es constituent eux aussi une part non n&#233;gligeable de la consommation &#233;nerg&#233;tique du num&#233;rique. Un centre de donn&#233;es est constitu&#233; d'un ensemble de serveurs de calculs, de baies de stockage et d'&#233;quipements r&#233;seaux. Autour de ces syst&#232;mes num&#233;riques, une infrastructure physique (b&#226;timents, syst&#232;mes de refroidissement, connectivit&#233; et redondance &#233;lectrique) est n&#233;cessaire. Diff&#233;rentes techniques de r&#233;cup&#233;ration de la chaleur sont aussi exp&#233;riment&#233;es et, pour certaines, mises en production. Une m&#233;trique couramment utilis&#233;e, l'indicateur d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique ou PUE (pour power usage effectiveness), permet de calculer le surco&#251;t &#233;nerg&#233;tique de cette infrastructure (principalement en termes de refroidissement). Les h&#233;bergeurs de centres de donn&#233;es essaient de s'approcher du PUE id&#233;al (de valeur 1), o&#249; l'impact du refroidissement devient n&#233;gligeable par rapport &#224; la consommation des infrastructures informatiques. Toutefois, cette course au PUE est artificielle, car elle ne pr&#233;sume en rien de l'efficacit&#233; et de la pertinence des usages informatiques effectu&#233;s dans les centres de donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gros centres de donn&#233;es (notamment ceux des &#171; Gafam &#187;, Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) sont par ailleurs de plus en plus aliment&#233;s par des &#233;nergies renouvelables, produites localement ou achet&#233;es par contrat &#233;nerg&#233;tique. Mais ils ne fonctionnent pas en autonomie pour autant. Apple, par exemple, annonce que le groupe produit autant d'&#233;nergie renouvelable (en grande partie photovolta&#239;que) qu'il ne consomme d'&#233;nergie, toutes sources confondues, mais en pratique il n'en consomme qu'une petite partie, car cette &#233;nergie n'est majoritairement disponible que le jour et par beau temps, alors que les centres de donn&#233;es fonctionnent en permanence. Apple revend le reste de sa production d'&#233;nergie et rach&#232;te ce dont il a besoin pour alimenter ses centres de donn&#233;es durant la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le nombre de ces centres ne cesse de cro&#238;tre. &#192; l'&#233;chelle mondiale, on observe non seulement le d&#233;ploiement continu de gros centres de donn&#233;es, mais aussi d'autres plus modestes pour accompagner l'arriv&#233;e de l'internet des objets et garantir ainsi de faibles latences entre les serveurs et les objets connect&#233;s. Le principal probl&#232;me associ&#233; aux infrastructures num&#233;riques est leur faible proportionnalit&#233; &#233;nerg&#233;tique, du fait de leur utilisation tr&#232;s variable. En 2015, l'institut Uptime consid&#233;rait qu'aux &#201;tats-Unis, 30 % des serveurs dans les centres de donn&#233;es &#233;taient comateux, c'est-&#224;-dire allum&#233;s pour n'effectuer aucun travail. Or on observe que lorsque l'usage d'un serveur diminue, sa consommation &#233;lectrique ne tend pas vers z&#233;ro, mais vers 50 % de sa puissance &#233;lectrique maximale. Ainsi, lorsqu'un serveur effectue peu de t&#226;ches, sa consommation &#233;lectrique est n&#233;anmoins tr&#232;s importante. Cette faible proportionnalit&#233; &#233;nerg&#233;tique est encore plus criante sur certains &#233;quipements r&#233;seaux (commutateurs, routeurs), o&#249; la consommation &#233;lectrique est quasiment constante (100 % du pic &#233;lectrique) quel que soit l'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches actuelles sur les centres de calcul visent &#224; consolider la charge autant que possible pour la concentrer sur le plus petit nombre de serveurs possible et ainsi &#233;teindre les serveurs compl&#232;tement inutilis&#233;s &#224; un instant donn&#233;. Avec notre coll&#232;gue Issam Rais, nous avons en effet montr&#233; en 2018 qu'il suffit qu'un serveur ne soit pas utilis&#233; pendant trois minutes pour qu'il soit int&#233;ressant de l'&#233;teindre. Il s'agit donc de mettre au point des strat&#233;gies de consolidation qui comportent &#224; la fois des techniques de pr&#233;diction des pics d'utilisation pour rallumer les serveurs &#224; l'avance, des algorithmes pour optimiser le nombre de cycles d'allumage/extinction, gourmands en temps et en &#233;nergie, et des m&#233;canismes de migration de machines virtuelles d'un serveur physique &#224; l'autre avec le moins d'impact possible sur les performances per&#231;ues par les utilisateurs. D'autres techniques encore visent &#224; contr&#244;ler la fr&#233;quence et la tension d'alimentation des processeurs pour r&#233;duire leur consommation lorsqu'ils ne sont pas utilis&#233;s &#224; 100 % ou lorsqu'ils doivent attendre des r&#233;sultats provenant d'autres processeurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Une foule d'objets connect&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;quipements terminaux des utilisateurs, enfin, n'ont rien &#224; envier aux deux autres composantes du num&#233;rique en mati&#232;re de consommation &#233;nerg&#233;tique. En 2018, dans le monde, on comptait environ 9 milliards d'appareils connect&#233;s &#224; Internet, dont 2 milliards de smartphones et 1 milliard d'ordinateurs. Le reste est constitu&#233; des tr&#232;s nombreux objets connect&#233;s qui ont fleuri ces derni&#232;res ann&#233;es : ampoules, micro-ondes, brosses &#224; dents, t&#233;l&#233;viseurs, cam&#233;ras, enceintes, montres, robots&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prolif&#233;ration des objets connect&#233;s et leur impact consid&#233;rable sur l'environnement interrogent les habitudes de consommation et les rapports aux nouvelles technologies : sont-ils des gadgets ou des outils pour mieux vivre ? De la cocotte-minute au capteur de glucose pour personnes diab&#233;tiques en passant par la brosse &#224; dents et l'ampoule, difficile de d&#233;finir des crit&#232;res objectifs et universels pour quantifier l'utilit&#233; de ces objets. Leurs impacts sur l'environnement, cependant, sont quantifiables, comme dans le cas de la tablette (voir l'encadr&#233; &#224; propos de l'Ipad). Cela permet aux consommateurs de comparer les objets de diff&#233;rents vendeurs&#8230; &#224; condition d'avoir des indicateurs pertinents et compr&#233;hensibles, comme l'empreinte carbone ou des &#233;colabels tels ceux pr&#233;sents sur les machines &#224; laver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'iPad : l'impact pr&#233;pond&#233;rant de la fabrication&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phase d'utilisation est loin d'&#234;tre la plus nocive pour l'environnement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7944 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;169&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH346/cout-internet-energie_figure-5_500x346-8ba91.jpg?1666515947' width='500' height='346' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-7944 '&gt;&lt;strong&gt;Figure 8 : &#169; Pour la Science, d'apr&#232;s Apple iPad Product Environmental Reports 2017
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-7944 '&gt;Figure 8 : &#169; Pour la Science, d'apr&#232;s Apple iPad Product Environmental Reports 2017
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre associ&#233;es aux diff&#233;rentes &#233;tapes du cycle de vie des tablettes iPad fournissent des indications assez claires sur les moyens d'action des utilisateurs pour limiter l'impact environnemental de ces objets, comme l'illustre la figure 8, rassemblant les donn&#233;es d'Apple pour des iPad de diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les tablettes consid&#233;r&#233;es, le transport repr&#233;sente de 3 &#224; 11 % des &#233;missions totales. L'utilisation, quant &#224; elle, est principalement influenc&#233;e par la dur&#233;e d'utilisation, ici suppos&#233;e &#234;tre de trois ans, et la provenance de l'&#233;lectricit&#233; utilis&#233;e : une source d'&#233;nergie renouvelable &#233;met moins de CO2 qu'une centrale &#224; charbon, par exemple. Sur les tablettes pr&#233;sent&#233;es, on note qu'entre 6 et 14 % des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre concernent la phase d'utilisation, contre 79 &#224; 88 % pour la phase de fabrication. Ainsi, l'impact de la fabrication est tel que faire durer les &#233;quipements le plus longtemps possible est primordial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal levier dont dispose un utilisateur pour r&#233;duire l'impact li&#233; &#224; cet objet connect&#233; consiste donc &#224; allonger sa dur&#233;e de vie. M&#234;me si la g&#233;n&#233;ration suivante de l'objet pr&#233;sente une meilleure efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique en phase d'utilisation, l'impact environnemental de sa phase de fabrication restant largement pr&#233;pond&#233;rant, il est pr&#233;f&#233;rable de garder l'ancien mod&#232;le plut&#244;t que d'acqu&#233;rir le nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarque ainsi qu'une plus petite taille d'&#233;cran correspond &#224; moins de mat&#233;riaux et donc &#224; des &#233;missions totales de gaz &#224; effet de serre moins &#233;lev&#233;es. Cependant, &#224; taille d'&#233;cran identique, l'empreinte carbone peut aller du simple au double, par exemple entre le mod&#232;le de septembre 2015 (premi&#232;re g&#233;n&#233;ration de l'iPad Pro) et celui de juin 2017 (deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration de l'iPad Pro).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les constructeurs font des efforts pour diminuer l'empreinte carbone des &#233;quipements qu'ils fabriquent. Cependant, ce n'est souvent pas le premier crit&#232;re consid&#233;r&#233; dans les choix technologiques, comme le montre l'augmentation de l'empreinte entre le mod&#232;le de juin 2017 (deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration de l'iPad Pro) et celui d'octobre 2018 (troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration de l'iPad Pro).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact consid&#233;rable de la fabrication est notamment d&#251; aux nombreux mat&#233;riaux n&#233;cessaires &#224; cette phase (ci-dessus). Les &#233;l&#233;ments chimiques rencontr&#233;s dans un iPad sont nombreux : aluminium, carbone, oxyg&#232;ne, fer, cuivre, silicium, cobalt, hydrog&#232;ne, chrome, nickel, zinc, lithium, magn&#233;sium, &#233;tain, pour ne citer que les principaux. Un &#233;l&#233;ment peut &#234;tre pr&#233;sent en tr&#232;s faible quantit&#233; et avoir en m&#234;me temps un impact important du fait de sa raret&#233;, de sa difficult&#233; d'extraction, de sa localisation g&#233;opolitique &#224; l'&#233;tat naturel ou encore des difficult&#233;s &#224; le recycler. Aussi, ni les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre ni le poids de l'objet ne traduisent ses impacts sur les ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es sur l'utilisation des ressources sont difficiles &#224; obtenir du fait des secrets industriels de fabrication et de la complexe intrication des &#233;l&#233;ments dans les composants assembl&#233;s pour fabriquer des &#233;quipements num&#233;riques. De plus, certains compos&#233;s chimiques ne sont utilis&#233;s que lors de la phase d'extraction des ressources ou d'assemblage et n'apparaissent pas dans l'&#233;quipement final. De nombreuses am&#233;liorations demeurent &#224; explorer pour r&#233;duire l'impact de la fabrication des &#233;quipements num&#233;riques, accro&#238;tre leur dur&#233;e de vie, am&#233;liorer leur r&#233;parabilit&#233; et faciliter leur recyclage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7945 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH204/cout-internet-energie_figure-6_700x285-657b0.jpg?1666515947' width='500' height='204' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_7946 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.innovation-pedagogique.fr/IMG/jpg/i-pad.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH159/i-pad-4b315.jpg?1666515947' width='500' height='159' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude d'Apple de 2019 fournit les &#233;missions moyennes de gaz &#224; effet de serre dues &#224; un ordinateur portable : un MacBook Pro poss&#233;dant un &#233;cran de 16 pouces (environ 40 centim&#232;tres), un stockage de 512 gigaoctets et un processeur &#224; 2,6 gigahertz. La phase d'utilisation consid&#233;r&#233;e est de quatre ans en premi&#232;re main. Cette &#233;tude indique que l'empreinte de l'ordinateur est de 394 kilogrammes d'&#233;quivalent CO2 (kg CO2eq). Dans ce cas pr&#233;cis, la fabrication concentre &#224; elle seule 75 % de l'empreinte de l'ordinateur portable, le transport 5 %, l'utilisation 19 % et la fin de vie moins de 1 %. Selon ces r&#233;sultats, il faudrait utiliser cet ordinateur quatre fois plus longtemps (en supposant une utilisation constante dans le temps), soit environ seize ans, pour que son empreinte pendant sa phase d'utilisation soit &#233;quivalente &#224; celle de sa phase de fabrication.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7947 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;488&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L263xH500/cout-internet-energie_figure-10_263x500-5daf5.jpg?1666515947' width='263' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-7947 '&gt;&lt;strong&gt;Figure 10 : Si un seul thermostat connect&#233; consomme moins que le cloud gr&#226;ce auquel il fonctionne (&#224; gauche), un parc de 300 thermostats r&#233;partis dans autant de maisons co&#251;te beaucoup plus cher en &#233;nergie que les serveurs qui traitent leurs donn&#233;es (&#224; droite). Le r&#233;seau qui connecte les thermostats et le cloud, quant &#224; lui, consomme peu en comparaison (en jaune). &#169; Pour la Science, d'apr&#232;s L. Guegan et A.-C. Orgerie, 2019 IEEE International Conference on CloudCom, pp. 287-294, 2019
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les objets connect&#233;s n'&#233;chappent pas &#224; ce constat. Par exemple, le thermostat Google Nest, qui ajuste automatiquement le syst&#232;me de chauffage d'une habitation, a une empreinte de 30 kg CO2eq selon Google. Cette empreinte est calcul&#233;e pour une utilisation de dix ans. La phase de production repr&#233;sente alors 82 % de cet impact, contre 15 % pour l'utilisation. Il faudrait garder cet &#233;quipement environ cinquante-cinq ans pour que son empreinte pendant son utilisation soit &#233;quivalente &#224; celle de sa fabrication et donc limiter l'impact de cette derni&#232;re. Il est cependant peu probable que la batterie de l'objet tienne aussi longtemps, m&#234;me si l'&#233;tude fait l'hypoth&#232;se qu'elle fonctionnera au moins dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le principal argument de vente d'un tel objet consiste &#224; r&#233;duire la facture &#233;lectrique de l'acheteur. Il serait donc int&#233;ressant que son bilan &#233;nerg&#233;tique soit compar&#233; aux gains &#233;nerg&#233;tiques effectifs qu'il induit. Cependant, pour que cette comparaison soit pertinente, elle doit comprendre non seulement l'&#233;nergie consomm&#233;e par le thermostat tout au long de son cycle de vie, mais aussi celle de l'infrastructure indispensable &#224; son fonctionnement : le r&#233;seau d'acc&#232;s &#224; Internet qu'il utilise pour communiquer et les serveurs du fournisseur de service qui ex&#233;cutent des algorithmes d'apprentissage et d'optimisation, et stockent les donn&#233;es produites et les historiques. Or ce co&#251;t n'est pas pris en compte dans l'empreinte cit&#233;e plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, avec notre coll&#232;gue Lo&#239;c Guegan, nous avons propos&#233; un mod&#232;le pour calculer la consommation &#233;lectrique totale d'un objet connect&#233;. En l'appliquant &#224; une simulation de thermostat de type Google Nest, nous avons ainsi montr&#233; que si le cloud g&#232;re un petit nombre de thermostats, sa consommation est sup&#233;rieure &#224; celle de ces derniers. En revanche, d&#232;s que le nombre de thermostats d&#233;passe la vingtaine, l'impact des objets devient pr&#233;pond&#233;rant sur celui du cloud (voir figure 10). Or de tels objets sont destin&#233;s &#224; &#234;tre d&#233;ploy&#233;s sur des ensembles de plusieurs centaines de maisons. Reste &#224; comparer cette consommation totale aux gains &#233;nerg&#233;tiques que ces objets entra&#238;nent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, la consommation d'autres objets repose beaucoup plus sur le cloud. En 2018, avec d'autres coll&#232;gues, nous avons ainsi montr&#233; que, dans le cas d'une webcam qui transf&#232;re ses donn&#233;es par wifi &#224; un serveur du cloud effectuant de la reconnaissance d'images, la partie cloud consomme en moyenne deux fois plus d'&#233;lectricit&#233; que l'objet lui-m&#234;me. Voire trois fois plus si au lieu d'&#234;tre constitu&#233; de grandes fermes de calcul, comme actuellement Google (qui compte une vingtaine de grands centres de donn&#233;es r&#233;partis dans le monde), le cloud est d&#233;ploy&#233; en une multitude de petits centres de donn&#233;es plus proches des utilisateurs, comme cela se d&#233;veloppe de plus en plus, notamment en lien avec la 5G.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous int&#233;ressons par ailleurs &#224; d'autres syst&#232;mes num&#233;riques apparus ces derni&#232;res ann&#233;es et faisant intervenir des objets connect&#233;s : les &#171; r&#233;seaux &#233;lectriques intelligents &#187;. Ces r&#233;seaux de distribution d'&#233;lectricit&#233; utilisent les informations re&#231;ues de chaque consommateur &#224; l'aide d'un bo&#238;tier (le compteur Linky d'Enedis, en France, par exemple) pour ajuster le flux d'&#233;lectricit&#233; et permettre &#224; terme de mieux g&#233;rer les fluctuations de consommation et de production, plus particuli&#232;rement la production de sources d'&#233;nergie renouvelable. Les fournisseurs d'&#233;lectricit&#233; d&#233;fendent l'id&#233;e que ces r&#233;seaux vont permettre de r&#233;duire la consommation &#233;nerg&#233;tique, mais sans se pr&#233;occuper de la consommation m&#234;me de ces r&#233;seaux. Quel co&#251;t &#233;nerg&#233;tique cette intelligence rajoute-telle ? Peut-on l'optimiser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s peu d'informations sont disponibles concernant la consommation de ces &#233;quipements intelligents. En revanche, il est possible de mod&#233;liser la fa&#231;on dont les donn&#233;es circulent et comment cela impacte les services du r&#233;seau &#233;lectrique. C'est ce que nous avons fait avec des coll&#232;gues sur un bo&#238;tier fictif afin d'optimiser l'infrastructure mat&#233;rielle et logicielle n&#233;cessaire pour obtenir des approches d'effacement de charge r&#233;actives et efficaces (voir encadr&#233; &#171; Une piste pour optimiser un r&#233;seau intelligent &#187; ci-dessous). Ces approches pourraient finalement permettre de limiter le surdimensionnement des r&#233;seaux de distribution d'&#233;lectricit&#233; en att&#233;nuant les pics de consommation, li&#233;s notamment aux v&#233;hicules &#233;lectriques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Vers une sobri&#233;t&#233; num&#233;rique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, de nombreuses pistes se dessinent pour r&#233;duire les &lt;a href=&#034;https://ecoinfo.cnrs.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;impacts environnementaux d'Internet&lt;/a&gt; et sont explor&#233;es par les acad&#233;miques et les industriels. Certaines, comme l'am&#233;lioration de la proportionnalit&#233; &#233;nerg&#233;tique, le ciblage des gaspillages et l'&#233;co-conception mat&#233;rielle et logicielle, visent &#224; am&#233;liorer l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique. D'autres, comme l'allongement de la dur&#233;e de vie et de l'usage des &#233;quipements ou la conception de m&#233;triques rendant compte de l'impact environnemental r&#233;el des &#233;quipements afin de les rendre comparables, tant pour sensibiliser le grand public que pour informer les pouvoirs publics, tendent vers une sobri&#233;t&#233; num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7948 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH409/cout-internet-energie_figure-11_800x654-768x628-411dd.jpg?1666515947' width='500' height='409' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Figure 11 : Comment limiter son impact environnemental en t&#233;l&#233;travail. Source : ADEME / Illustration &#169; Ad&#232;le Gall&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes doivent nous aider &#224; nous interroger sur les pratiques de construction d'Internet et sur nos usages. Les accords de Paris sur le climat nous demandent de r&#233;duire notre empreinte carbone, et on pense souvent qu'Internet va &#234;tre la solution. Mais le num&#233;rique n'&#233;chappe pas &#224; ces accords. Il est indispensable de prendre en compte ses impacts environnementaux, de les ma&#238;triser et les r&#233;duire. Et chacun de nous peut s'engager d&#232;s maintenant sur cette voie en conjuguant chez soi efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique, sobri&#233;t&#233; num&#233;rique et usage raisonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; B. Camus et al., Co-simulation of an electrical distribution network and its supervision communication network, 2020 IEEE 17th Annual Consumer Communications &amp; Networking Conference (CCNC), pp. 1-6, 2020.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L. Guegan et A.-C. Orgerie, Estimating the end-to-end energy consumption of low-bandwidth IoT applications for WiFi devices, 2019 IEEE International Conference on Cloud Computing Technology and Science (CloudCom), pp. 287-294, 2019.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; I. Ra&#239;s et al., Quantifying the impact of shutdown techniques for energyefficient data centers, Concurr. Comp. Pract. Exp., vol. 30(17), pp. 1-13, 2018.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Y. Li et al., End-to-end energy models for edge cloud-based IoT platforms : Application to data stream analysis in IoT, Future Generation Computer Systems, vol. 87, pp. 667-678, 2018.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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