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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Une exp&#233;rience d'aide aux devoirs par des &#233;tudiants de sciences de l'&#233;ducation</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article20569.html</link>
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		<dc:date>2024-12-02T09:59:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Monjo, Yveline Fumat</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre d'une U.V. pr&#233;-professionnelle intitul&#233;e &#171; Le m&#233;tier d'Enseignant &#187; de la Licence et du Dipl&#244;me d'Universit&#233; de Sciences de l'&#201;ducation de l'Universit&#233; Paul Val&#233;ry, 20 &#233;tudiants ont choisi de faire leur stage de 30 heures au Coll&#232;ge &#171; Les Garrigues &#187; de Montpellier, situ&#233; dans la ZEP de La Paillade qui compte 37 % d'&#233;trangers [1]. Leur stage n'&#233;tait pas exactement un &#171; stage d'observation &#187; puisqu'ils se proposaient pour encadrer des &#233;l&#232;ves volontaires pendant une &#233;tude du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre d'une U.V. pr&#233;-professionnelle intitul&#233;e &#171; Le m&#233;tier d'Enseignant &#187; de la Licence et du Dipl&#244;me d'Universit&#233; de Sciences de l'&#201;ducation de l'Universit&#233; Paul Val&#233;ry, 20 &#233;tudiants ont choisi de faire leur stage de 30 heures au Coll&#232;ge &#171; Les Garrigues &#187; de Montpellier, situ&#233; dans la ZEP de La Paillade qui compte 37 % d'&#233;trangers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;nal, Principal, Monsieur Fumat Principal-adjoint, Mme Ausseil, Conseill&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Leur stage n'&#233;tait pas exactement un &#171; stage d'observation &#187; puisqu'ils se proposaient pour encadrer des &#233;l&#232;ves volontaires pendant une &#233;tude du soir, un soir par semaine, et pour les suivre de mani&#232;re individuelle par des entretiens, ce que nous avons appel&#233; &#171; tutorat &#187;. Ils ont pu suivre aussi certains cours et m&#234;me assister &#224; des conseils de classe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Yveline Fumat et Roger Monjo, &#171; Une exp&#233;rience d'aide aux devoirs par des &#233;tudiants de sciences de l'&#233;ducation &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 16 | 2000, mis en ligne le 16 avril 2024, consult&#233; le 01 d&#233;cembre 2024. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/26189&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/edso/26189&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/12nxe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/12nxe&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Aide aux devoirs &#233;tait organis&#233;e par le Comit&#233; d'Environnement Social de la ZEP avec qui l'Universit&#233; Paul Val&#233;ry a pass&#233; une convention. Ces comit&#233;s sont des organismes &#233;manant de l'&#201;ducation nationale, et dont la cr&#233;ation a &#233;t&#233; recommand&#233;e pour resserrer les liens avec le quartier et agir par tous les moyens possibles pour pr&#233;venir les conduites &#224; risque. Pour r&#233;pondre au projet d'aide aux devoirs du Comit&#233; d'Environnement Social, des associations se sont f&#233;d&#233;r&#233;es (Centre social protestant, Marocains en France, Association jeunes de la Paillade Nord. Les &#233;tudiants de L'Universit&#233; se sont donc ins&#233;r&#233;s dans ce dispositif et ils ont eu en charge des &#233;l&#232;ves de 4e et quelques &#233;l&#232;ves de 3e. Leur stage a donn&#233; lieu &#224; un rapport de 10 &#224; 15 pages rendu souvent en Mars, car les &#233;tudiants souhaitaient une attestation de stage pr&#233;-professionnel pour entrer &#224; l'IUFM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Instituts Universitaires de Formation des Maitres.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il faut souligner que tous ont continu&#233; l'aide aux devoirs m&#234;me apr&#232;s avoir rendu leur rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre travail s'appuie donc sur 18 rapports de stages, 3 s&#233;ances de supervision, et 2 visites d'enseignants universitaires au Coll&#232;ge pendant les &#233;tudes du soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;ciser les termes employ&#233;s, nous donnerons quelques d&#233;finitions et distinguerons les diff&#233;rents niveaux de l'&#171; aide aux devoirs &#187;, ou plut&#244;t les actions progressivement plus larges, plus englobantes, auxquelles peut conduire le projet d'aide aux devoirs :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Aide aux devoirs (au sens strict : aider &#224; faire les devoirs de la semaine)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;peut se transformer en&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Soutien scolaire (aide plus large concernant le travail scolaire)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;soit plut&#244;t au plan des contenus&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;soit plut&#244;t au plan m&#233;thodologique&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;rem&#233;diation&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;aide m&#233;thodologique&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;rattrapage centr&#233; sur certains contenus sp&#233;cifiques : math&#233;matiques, langues&#8230;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;si les lacunes sont d'ordre plus g&#233;n&#233;ral (&#171; ne sait pas organiser son travail &#187;, ne sait pas lire les consignes &#187;&#8230;)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;peut se transformer en&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Accompagnement scolaire (soutien &#171; scolaire &#187; pour l'&#233;cole)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;soit au plan des &#171; contenus culturels &#187; par ses valeurs, ses pratiques culturelles le milieu de vie de l'enfant est trop &#233;loign&#233; de l'&#233;cole. D'o&#249; l'id&#233;e de sorties, d'activit&#233;s sportives, culturelles qui &#233;largissent le champ de connaissances de l'enfant.&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;soit au plan des &#171; m&#233;thodes &#187; par son mode de socialisation, le milieu de vie de l'enfant le pr&#233;pare mal aux exigences d'ordre, de discipline de l'&#233;cole. D'o&#249; l'id&#233;e de lui donner les pr&#233;-requis lui permettant une meilleure adaptation.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'accompagnement scolaire, il s'agira avant tout de &#171; r&#233;concilier l'&#233;l&#232;ve avec l'&#233;cole &#187;. Lorsque les difficult&#233;s scolaires sont li&#233;es &#224; un &#171; mal vivre &#187; l'&#233;cole, soit parce que les activit&#233;s scolaires manquent de sens pour l'enfant, soit parce qu'elles sont trop difficiles &#224; mettre en &#339;uvre &#233;tant donn&#233; ses capacit&#233;s d'attention, de contr&#244;le moteur, sa capacit&#233; &#224; accepter le d&#233;lai et le d&#233;tour&#8230; On souhaite donner &#224; l'enfant ce qu'il n'a pas acquis suffisamment dans sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
D'o&#249; le projet d'adoucir la transition &#201;COLE/FAMILLE&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et souvent en agissant avec les familles, ou aupr&#232;s d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Difficult&#233;s rencontr&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Statut et formation des &#233;tudiants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes les &#233;tudiants arrivent au Coll&#232;ge des Garrigues avec le statut de &#171; stagiaires se pr&#233;parant &#224; devenir enseignants &#187; et sont pr&#233;sent&#233;s comme tels aux &#233;l&#232;ves. Mais cela ne suffit pas &#224; bien d&#233;finir leur r&#244;le, ni aux yeux des &#233;l&#232;ves ni &#224; ceux des professeurs, car pr&#233;cis&#233;ment ils ne sont pas, comme les stagiaires de l'IUFM &#171; observateurs &#187; ou encore &#171; &#224; l'essai &#187; dans le r&#244;le de l'enseignant ; ils sont acteurs et ceci dans un temps et un lieu qui n'est pas exactement celui de la classe. Le r&#244;le, &#171; style de conduite li&#233; &#224; un statut &#187;, est ici mal d&#233;fini. Et ceci non seulement parce que les &#233;tudiants ne sauraient pas bien &#171; tenir leur r&#244;le &#187;, mais parce qu'effectivement, r&#233;ellement, le r&#244;le n'est pas prescrit par une tradition qui en dessinerait fermement les contours. En fait, le r&#244;le est ici &#224; inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter &#224; cela que les &#233;tudiants, bien qu'&#233;tant en &#171; Sciences de l'&#201;du&#173;cation &#187; n'ont pourtant aucune connaissance th&#233;orique, car l'ann&#233;e commence, et la mise en stage, les premiers contacts auront lieu sans qu'une pr&#233;paration sp&#233;ciale leur soit donn&#233;e. Certains cependant ont d&#233;j&#224; manifest&#233; leur int&#233;r&#234;t pour l'&#233;ducation ou l'enseignement auparavant, en cherchant &#224; avoir des exp&#233;riences pratiques (le&#231;ons particuli&#232;res, centres de vacances, centres m&#233;dico-p&#233;dagogiques) et les comparai&#173;sons qu'ils ne manquent pas de faire montrent que ces exp&#233;riences les ont marqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au d&#233;part m&#233;prise r&#233;ciproque sur les r&#244;les&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que dans une institution les r&#244;les sont toujours articul&#233;s et compl&#233;mentaires et que la mani&#232;re de les tenir d&#233;pend des diff&#233;rents partenaires En fait on a bien toujours affaire &#224; un &#171; jeu &#187; de r&#244;les, l'exercice de r&#244;le n'est jamais solitaire et r&#233;sulte d'un ajustement n&#233;cessaire. Ici, d&#232;s le d&#233;part, le malentendu est visible et imm&#233;diatement rep&#233;rable&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les attentes des &#233;tudiants ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ils reconnaissent eux-m&#234;mes qu'ils arrivaient avec beaucoup de st&#233;r&#233;otypes concernant ces jeunes &#171; j'avais une certaine crainte du fait du st&#233;r&#233;otype concernant les jeunes de banlieues (racket, drogue, etc.) Un ami m'avait d&#233;crit ces adolescents comme des terreurs &#187;&#8230; Mais jusqu'ici il s'agit d'une image globale du coll&#232;ge, du milieu o&#249; ils vont faire leur stage. Paradoxalement ils ont, dans le m&#234;me temps, une image favorable des jeunes &#224; qui ils auront affaire. Ils savent qu'ils auront en &#233;tude des &#233;l&#232;ves b&#233;n&#233;voles, volontaires pour travailler avec eux. Et c'est le pr&#233;jug&#233; favorable qui au d&#233;part semble cr&#233;er la plus grande m&#233;prise : &#171; Je croyais que j'aurais &#224; faire &#224; des jeunes un minimum responsables&#8230; &#187; &#171; Je pensais m'occuper d'&#233;l&#232;ves motiv&#233;s, consciencieux, concentr&#233;s&#8230; quel ne fut pas mon &#233;tonnement &#187; Les &#233;tudiants d&#233;couvrent que les &#233;l&#232;ves &#233;taient &#171; volontaires &#187; et pourtant que ce qui leur manque le plus est peut-&#234;tre une volont&#233; soutenue, qu'ils &#233;taient d&#233;cid&#233;s &#224; venir &#224; l'&#233;tude et pourtant qu'ils y viennent sans les moyens et le d&#233;sir de travailler, qu'ils veulent am&#233;liorer leur r&#233;sultats mais qu'ils n'ont aucune id&#233;e de ce qu'est &#171; apprendre &#187;. Certains comprendront tr&#232;s vite que pr&#233;cis&#233;ment l&#224; est leur probl&#232;me mais le choc sera rude et la compr&#233;hension de ces comportements apparemment contradictoires, les feront avancer vers une prise en compte plus r&#233;aliste de ce que sont ces jeunes &#171; encore des enfants &#187;, &#171; trop infantiles &#187; ni vraiment des terreurs, ni &#171; conscients et concern&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les attentes des &#233;l&#232;ves ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Elles sont sans doute bien r&#233;sum&#233;es par cette phrase d'une &#233;tudiante : ils pensaient que nous &#233;tions &#171; des enseignants pay&#233;s pour faire leurs devoirs &#187;. La m&#233;prise est aussi forte : ils voient les &#233;tudiants du c&#244;t&#233; de l'enseignant (d&#233;j&#224; enseignant et non &#171; en formation &#187;, en projet de formation), &#171; pay&#233;s &#187; (comme d'autres surveillants ou intervenants) et venus &#171; pour faire leurs devoirs &#187;. Ici le malentendu est profond et vient de toute une conception de l'apprentissage, de l'exercice, de ce qu'est une &#171; interro &#187; par exemple, que nous examinerons plus particuli&#232;rement par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ajustement des r&#244;les&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un dialogue de pr&#233;sentation approfondie, o&#249; les &#233;tudiants semblent avoir accept&#233; beaucoup de questions sur eux-m&#234;mes, les &#233;l&#232;ves comprendront mieux leur statut et les verront avec d'autres yeux. Aucune &#233;quipe n'a pu faire l'&#233;conomie de cette mise au point. Cela ne signifie pas que toutes les difficult&#233;s seront aplanies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes les &#233;l&#232;ves ne sont pas des &#171; terreurs &#187;, mais persiste apparemment une certaine &#233;tranget&#233;. Manifestement les &#233;tudiants n'ont jamais vu de tels comportements ; avec eux au moment de l'&#233;tude, mais surtout en classe, lorsqu'ils assisteront &#224; certains cours. Pour les expliquer ils sugg&#233;reront une diff&#233;rence de g&#233;n&#233;ration : &#171; de notre temps &#187; dit un &#233;tudiant de 22 ans ; ou une diff&#233;rence culturelle : certaines analyses pourraient se r&#233;sumer par la formule : &#171; nous n'avons pas les m&#234;mes valeurs &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incontestablement, tout au long des s&#233;ances d'&#171; aide aux devoirs &#187; en groupe puis de suivi individualis&#233;, les r&#244;les vont s'ajuster, et les &#233;tudiants finiront par faire ce qu'ils &#233;taient venus faire, mais cela ne sera pas sans t&#226;tonnements, frustrations, ruptures parfois, (venus &#171; tr&#232;s motiv&#233;s &#187; ils seront parfois d'autant plus d&#233;&#231;us) et toujours au prix d'un &#233;norme investissement personnel. La plupart d'entre eux seront finalement satisfaits de cette exp&#233;rience mais toujours aussi tr&#232;s &#233;prouv&#233;s, passant par une gamme de sentiments et de r&#233;actions qu'ils s'efforcent de ma&#238;triser sans toujours y parvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impuissance, quand ils n'arrivent pas &#224; ramener le calme, mais aussi l'exasp&#233;ration, ou une distance avou&#233;e proche du m&#233;pris, (pour des comportements trop &#233;loign&#233;s des leurs). Certaines sc&#232;nes, sans doute extr&#234;mes, montrent les difficult&#233;s des relations : deux &#233;tudiantes, de la m&#234;me &#233;quipe, s'indigneront de la conduite de deux adolescentes qui un jour se sont tra&#238;n&#233;es par terre et ont mang&#233; de la craie. Elles ont r&#233;pondu par un chantage &#224; l'expulsion, et en les mena&#231;ant de leur &#171; scotcher la bouche &#187;. Il aurait sans doute fallu un groupe d'analyse en supervision pour les aider &#224; mieux comprendre la sc&#232;ne. Malgr&#233; le peu d'&#233;l&#233;ments, on ne peut s'emp&#234;cher apr&#232;s coup de percevoir dans ces conduites compl&#232;tement hors normes scolaires, une provocation manifeste, et en m&#234;me temps sans doute une tentative de s&#233;duction. Les filles, en rampant dans la classe (au lieu de rester assises) et en mangeant de la craie (au lieu d'avaler le savoir) posaient bien la question : &#171; Qu'est-ce que nous faisons &#224; l'&#233;cole ? &#187; Mais sur le coup et dans l'urgence de maintenir la discipline, elles ont re&#231;u la r&#233;ponse habituelle : &#171; taisez-vous, ou l'on vous met dehors &#187;. Rencontre manqu&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants ont &#233;t&#233; choqu&#233;s par certains comportements vis-&#224;-vis des profs : indignation pour des propos &#171; d&#233;nu&#233;s de c&#339;ur &#187;, parce que des &#233;l&#232;ves &#233;taient contents de ne pas avoir une &#171; interro &#187; leur professeur &#233;tant absent &#224; cause d'un deuil. Mais aussi par des comportements &#171; irresponsables et irrespectueux &#187; en classe. M&#234;me si, affirme l'une d'elles : &#171; il ne faut pas faire de transfert, ni se mettre au c&#244;t&#233; des &#233;l&#232;ves en les d&#233;fendant vis-&#224;-vis des profs, ni se mettre au c&#244;t&#233; des profs &#187; elle reconna&#238;t qu'apr&#232;s &#234;tre all&#233;e en cours : &#171; il lui a &#233;t&#233; difficile de ne pas s'identifier aux profs &#187; Une autre en allant voir &#171; ses &#233;l&#232;ves &#187; pendant le cours, &#171; a ressenti une grande honte &#187;, &#171; cela s'est r&#233;percut&#233; pendant le soir &#187; et &#171; les &#233;l&#232;ves ont pu percevoir sa col&#232;re vis-&#224;-vis d'eux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur jugement sur les &#233;l&#232;ves seront finalement assez favorables : &#171; Vifs et intelligents &#187; &#171; pleins de vitalit&#233; et de bonne volont&#233; &#187; : et pourtant agit&#233;s, bavards, bruyants, sans int&#233;r&#234;t pour le travail scolaire, &#233;vitant l'effort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;sumer la situation par ces deux r&#233;flexions : &#171; je pensais arriver &#224; un r&#233;sultat rapide, je n'avais pas tenu compte de certains param&#232;tres comme l'envie de travailler des &#233;l&#232;ves &#187;&#8230; Et dans un autre rapport (rendu donc vers P&#226;ques) : &#171; &#192; ce jour nous ne sommes jamais parvenus &#224; ce que tout le monde apporte ses affaires &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui semble peser le plus lourdement sur l'exp&#233;rience d'aide aux devoirs et qu'il faut maintenant analyser plus avant, tient non pas de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale &#224; leur &#171; indiscipline &#187;, mais &#224; leur rapport &#224; l'&#233;cole, au savoir, &#224; ce qu'est &#171; apprendre &#187;. Au fond &#171; l'indiscipline &#187; est un terme large, trop commode, et finalement peu utile (tout comme la paresse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conceptions des &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les comportements des &#233;l&#232;ves vis-&#224;-vis du mat&#233;riel scolaire, des exercices, des r&#233;sultats de leur travail (notes et &#171; interros &#187;) montrent une profonde incompr&#233;hension des finalit&#233;s de l'institution scolaire et de ce qu'est &#171; apprendre &#187;. Avant de s'int&#233;resser au &#171; comment apprendre &#187; comme on le fait souvent, et de chercher &#224; leur donner des m&#233;thodes et des techniques, il para&#238;t indispensable de se demander quel sens a pour eux l'&#233;cole et ses rituels. Une r&#233;flexion &#224; partir de leurs comportements quotidiens permet de d&#233;gager une logique sous-jacente aux conduites, qui, bien qu'&#233;loign&#233;e des buts r&#233;els de l'&#233;cole et des enseignants, a sa propre coh&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils viennent le plus souvent &#224; l'&#233;tude sans mat&#233;riel scolaire, les mains dans les poches. Les &#233;tudiants en ont &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;tonn&#233;s au d&#233;but et se sont vraiment acharn&#233;s ensuite &#224; leur faire comprendre qu'ils ne pouvaient pas les aider s'ils n'avaient ni livres, ni cahiers, ni stylo&#8230; et aucune indication sur le travail &#224; faire. Cela signifiait bien qu'ils venaient &#224; l'&#233;tude en pensant que les &#233;tudiants leur donneraient des r&#233;sultats, et cela m&#234;me de mani&#232;re quasi magique, car sans cahier de texte comment auraient-ils su ce qu'il fallait chercher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils se mettent au travail malgr&#233; tout, ils trouvent normal et plus simple de copier l'exercice sur celui qui a trouv&#233; le premier : &#171; Ils avaient l'habitude de se passer les devoirs&#8230; le meilleur ex&#233;cutait le travail et le donnait aux autres&#8230; &#187; Cette habitude est si forte que l'interdire en parole n'a pas beaucoup d'effet : &#171; il fallait s'interposer&#8230; Seule notre pr&#233;sence physique emp&#234;chait le recopiage&#8230; Les mots &#233;taient impuissants &#187;. Il ne semble pas du tout qu'il s'agit d'une copie de transgression, o&#249; l'on sait qu'on fraude et o&#249; &#224; la limite on a plaisir &#224; frauder, mais d'une &#171; recopie &#187; normale, pratique, banale : &#171; Pourquoi chercher ce r&#233;sultat puisque quelqu'un l'a trouv&#233; ? &#187; Ce qui compte l&#224; encore c'est seulement le r&#233;sultat et qu'il soit inscrit sur le cahier. Enfin, l'&#171; interro &#187; qu'on leur rend n'est pas consid&#233;r&#233;e comme un travail personnel dont on a point&#233; les manques et qu'il faudrait relire. Seule la note est prise en compte, regard&#233;e d'un coup d'&#339;il. Ensuite l'interro est froiss&#233;e, jet&#233;e, parfois &#171; extraite de la poche arri&#232;re du jean &#187; quand l'&#233;tudiant demande &#224; la voir. La sanction du travail a sans doute quelque rapport avec ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit, mais l&#224; encore, c'est seulement le r&#233;sultat chiffr&#233; global qui compte. En caricaturant &#224; peine, il semble que la solution ou la r&#233;ponse juste on tombe dessus, et que la note obtenue soit per&#231;ue comme une sorte de loterie. On a mis une interro&#173; ticket dans une machine, elle ressort plus ou moins bien not&#233;e, selon une loi myst&#233;rieuse&#8230; peut-&#234;tre uniquement celle du hasard, ou du bon vouloir absolu du ma&#238;tre. Le sentiment d'injustice qui pourra na&#238;tre du d&#233;calage entre le niveau des efforts fournis et la note obtenue, nous semble d&#233;j&#224; relever d'une prise de conscience nouvelle, d'une compr&#233;hension diff&#233;rente li&#233;e d'ailleurs au travail des &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sentations sous-jacentes &#224; ces diff&#233;rents comportements qui valorisent tous le r&#233;sultat des exercices, montrent que le sens m&#234;me de l'exercice est compl&#232;tement manqu&#233;. L'inversion fondamentale qui veut que ce qui compte dans l'exercice, c'est le fait de s'exercer et donc l'ex&#233;cution personnelle, le &#171; faire soi&#173;-m&#234;me &#187;, n'est absolument pas per&#231;ue. &#192; l'&#233;cole on doit remplir un certain nombre de t&#226;ches, faire un certain nombre de gestes, &#233;couter le professeur, &#233;crire sur un cahier&#8230; Ce rituel est souvent suivi, mais uniquement dans son formalisme. Ce qui ne signifie pas que les &#233;l&#232;ves font semblant de travailler, au contraire ils manquent le sens du travail scolaire en ignorant l'aspect de simulation. Ils prennent uniquement les choses &#224; la lettre : il faut qu'il y ait quelque chose &#233;crit sur le cahier&#8230; Ils donnent un poids de r&#233;alit&#233; trop fort aux r&#233;sultats et manquent ainsi les processus, les d&#233;marches d'entra&#238;nement. Le travail scolaire est fait pour apprendre. Sa finalit&#233; n'est pas une production, comme le travail en usine, sa finalit&#233; est une formation. Cela ne leur appara&#238;t absolument pas. Mais on peut s'interroger : qui le leur a dit ? Quelles pratiques p&#233;dagogiques leur font imaginer cela ? Quelles pratiques leur font au contraire croire l'inverse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants, parce qu'ils ne pouvaient m&#234;me pas commencer leur travail d'aide-aux-devoirs sans modifier ces conduites d&#233;routantes, ont d&#251; tout naturelle&#173; ment s'attaquer &#224; ces repr&#233;sentations. Pour mettre en place les conditions de l'aide aux devoirs, ils ont d&#251; tenter de modifier ces comportements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord en montrant qu'ils avaient eux-m&#234;mes besoin de ces supports, de ces outils pour apprendre, qu'ils ont commenc&#233; &#224; faire bouger les repr&#233;sentations des &#233;l&#232;ves. M&#234;me adultes et comp&#233;tents, il fallait qu'ils connaissent les consignes des enseignants, qu'ils reviennent &#224; la le&#231;on pour faire l'exercice, qu'ils cherchent souvent pendant un certain temps... Tout cela donnait aux jeunes l'exemple d'une d&#233;marche d'apprentissage effective. La modestie de leur attitude pouvait faire reculer l'id&#233;e qu'on r&#233;ussit presque magiquement. De plus, m&#234;me s'ils avaient trouv&#233; le r&#233;sultat, ils insistaient pour que les jeunes le trouvent eux-m&#234;mes ! L'inversion majeure qui veut que dans l'exercice ce qui compte c'est le fait de s'exercer, que l'ex&#233;cution personnelle est essentielle si l'on veut apprendre, et qu'en d&#233;finitive apprendre ce n'est pas avoir plus, c'est devenir autre, commen&#231;ait &#224; &#234;tre entre&#173; vue. Si l'on revient au mod&#232;le de la psychologie du travail transpos&#233; &#224; l'&#233;cole (Benedetto, 1993), on peut d&#233;crire la motivation comme un processus d&#233;pendant simultan&#233;ment de 3 facteurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#171; Expectation &#187; : la probabilit&#233; per&#231;ue par un &#233;l&#232;ve qu'un effort accompli soit suivi d'effets d&#233;sir&#233;s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#171; Instrumentalit&#233; &#187; : l'impression qu'il a de contr&#244;ler la situation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la &#171; Valence &#187; : la valeur attribu&#233;e au r&#233;sultat de son travail en fonction de ce qu'il peut lui procurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit que sur ces trois plans, les &#233;l&#232;ves auxquels nous avons affaire sont tr&#232;s loin d'une &#171; estimation &#187; conduisant &#224; une forte motivation. Tout d'abord ils ont bien du mal &#224; &#171; faire des efforts &#187;. Un &#233;tudiant dira &#171; ils se bloquent &#224; l'id&#233;e de se mettre au travail &#187;. L'&#233;vitement de l'effort semble leur premi&#232;re caract&#233;ristique. Quand ils font des efforts, il est vrai qu'ils sont souvent tr&#232;s d&#233;&#231;us par les notes qu'ils obtiennent. Apr&#232;s un soutien de quelques semaines, une &#233;tudiante constate : &#171; Malgr&#233; ces premiers efforts, leurs r&#233;sultats ne s'am&#233;lior&#232;rent pas toujours. Chaque nouvelle s&#233;ance d&#233;butait par une &#233;num&#233;ration des mauvaises notes obtenues &#187; Pour 1'ensemble de la vie scolaire et pour l'&#233;valuation en particulier, ils n'ont aucunement l'impression de ma&#238;triser la situation ; nous avons vu &#224; quel point le lien leur semble l&#226;che entre le travail fourni et son &#233;valuation. Le hasard, la Providence, l'humeur du professeur mais pas du tout l'id&#233;e d'&#233;chelle de points, de gratification proportionnelle, de bar&#232;me, de &#171; r&#233;compense &#187; ajust&#233;e, de sanction impersonnelle. Une causalit&#233; quasiment magique et du m&#234;me coup, tr&#232;s peu de responsabilit&#233; dans ce qui leur arrive. On peut rapprocher ceci d'une attitude qu'ont signal&#233;e d'autres enqu&#234;tes : l'attente tr&#232;s forte et tout &#224; fait &#171; d&#233;mesur&#233;e &#187; des r&#233;sultats du dernier conseil de classe, l'espoir, contre toute attente rationnelle, pr&#233;cis&#233;ment, d'une bonne orientation, en d&#233;pit des mauvais r&#233;sultats de toute une ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces espoirs les moins fond&#233;s peuvent se retrouver aussi dans les anticipations des m&#233;tiers qu'ils aimeraient faire. Et ceci correspondra plut&#244;t au facteur : la valence. Mais ici la question est sans doute plus complexe : s'il s'agit de saisir quelle valeur en g&#233;n&#233;ral les jeunes, ou plut&#244;t leur famille, attribue aux &#233;tudes, on sait que plusieurs distinctions doivent &#234;tre faites. C'est en particulier le cas, tout d'abord, de la diff&#233;rence entre le projet familial et celui du jeune : m&#234;me si, comme il arrive encore assez souvent, la famille croit fortement &#224; l'ascension sociale par l'&#233;cole, encore faut-il qu'elle le fasse savoir. M&#234;me quand l'&#233;cole fait l'objet d'un surinvestissement, la famille et en particulier le p&#232;re, ne le fait pas toujours savoir. Ou encore il peut y avoir ambivalence : &#171; fais comme moi &#187; et aussi &#171; surtout ne fais pas comme moi &#187; qui provoque, comme on le sait des comportements contradictoires et un sentiment de trahison. Mais aussi, il ne faut pas l'oublier, existent des familles qui ne croient plus &#224; l'&#233;cole, ou encore des enfants qui vivent dans un quasi abandon, sans famille du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me si la famille est pr&#233;sente, investit sur l'&#233;cole, et le fait savoir, (trois conditions qui paraissent favorables &#224; une bonne estimation du rapport entre le travail scolaire et la profession future) tout n'est pas r&#233;solu. Il est possible que les parents concr&#232;tement, quotidiennement, ne soient pas vraiment capables d'aider l'enfant &#224; r&#233;ussir : soit parce que le niveau de langue est trop &#233;loign&#233;, soit parce qu'ils per&#231;oivent mal les exigences scolaires, soit parce que leur volont&#233; se dilue, au fil des pr&#233;occupations quotidiennes, et ne peut toujours maintenir cette priorit&#233;. Il manque souvent entre la valorisation de l'&#233;cole et le soutien r&#233;el des enfants la connaissance de diverses conditions favorables comme le montrent Charlot Beautier, Rochex (1992) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#8230; Cette forte mobilisation sur l'&#233;cole n'entra&#238;ne pas &#224; elle seule la volont&#233; quotidienne et tenace de travailler. (p. 75)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation sur l'&#233;cole, ne conduit pas n&#233;cessairement &#224; une mobilisation &#224; l'&#233;cole. Plusieurs &#233;tudiants notent aussi &#171; les projets irr&#233;alistes &#187; quant &#224; leur avenir professionnel :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Mon p&#232;re est ma&#231;on, moi je serai architecte &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Moi je serai pharmacienne &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; Irr&#233;alistes &#187; parce que d&#233;j&#224; tr&#232;s compromis par les difficult&#233;s scolaires actuelles, et parce qu'ils sentent bien que les m&#233;diations entre le pr&#233;sent et l'avenir ne sont pas comprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes auteurs (Ibid.) remarquent que la plupart des jeunes oscillent entre un rapport magique et un rapport instrumental lorsqu'il s'agit de penser le rapport de l'&#233;cole et du m&#233;tier. Le rapport magique ne pose pas la question du lien. Le rapport instrumental porte exigence d'un lien direct. Ils ont tous deux en commun d'ignorer cette forme sp&#233;cifique de m&#233;diation que constitue la formation :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Le probl&#232;me est que ces adolescents, &#224; l'exception d'une minorit&#233;, n'ont pas compris que cette fonction sociale de l'&#233;cole, implique m&#233;diation par une fonction cognitive et culturelle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme le montrent bien nos analyses pr&#233;c&#233;dentes, ce qu'est &#171; apprendre &#187; ce qu'est v&#233;ritablement une formation, n'appara&#238;t jamais. Du m&#234;me coup on comprend bien que le rapport au m&#233;tier reste imaginaire et &#171; de fiction &#187; pour ainsi dire, car les m&#233;diations institutionnelles et cognitives ne sont pas appr&#233;hend&#233;es. Savoir ce qu'on veut faire plus tard, est sans doute d&#233;j&#224; mieux que n'avoir aucun projet d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne suffit pas. Les &#233;tudiants semblent avoir v&#233;cu cette situation embarras&#173;sante o&#249;, devant les jeunes finalement les plus motiv&#233;s par une finalit&#233; professionnelle, ils ne savaient s'il fallait aller dans leur sens ou d&#233;mentir dans la mesure o&#249;, connaissant les cursus et les barri&#232;res sociales, ils voyaient lucidement que ces projets avaient assez peu de chances d'aboutir. Et leur embarras &#233;tait sans doute encore plus grand lorsqu'ils d&#233;couvraient que les &#233;l&#232;ves leur attribuaient le pouvoir de r&#233;aliser ces &#171; r&#234;ves les plus fous &#187;, en les amenant &#224; progresser &#171; sans aucun effort de leur part &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons d'ailleurs d'&#233;voquer ce qui semble finalement l'exception : des &#233;l&#232;ves qui auraient un projet d'avenir. En fait ce qui est relev&#233; le plus souvent c'est une vie au jour le jour aussi bien au plan scolaire strict : &#171; ce qui comptait &#233;tait seulement l'interro du lendemain &#187; &#171; J'apprends la le&#231;on pour demain, sous&#173; entendu je l'oublierai apr&#232;s-demain &#187; qu'au plan du rapport de l'&#233;cole &#224; l'avenir : &#171; Ils ne voient pas &#224; long terme, tout est au jour le jour &#187;. Incapables d'anticiper, et irresponsables, on aurait envie de dire : mais n'est-ce pas le propre de l'enfance ? On sait que les enfants sont incapables de conscience de l'avenir, de conscience de soi, de sens fort de leurs responsabilit&#233;s. J. J. Rousseau disait : &#171; lis ont plus peur de s'ennuyer aux v&#234;pres que de br&#251;ler en enfer &#187;. Seulement ce ne sont plus exactement des enfants, et ce qui est courant chez l'enfant de 6 ans devrait l'&#234;tre moins &#224; 14 ans. Les habitudes d'effort, d'anticipation, d'ordre, de discipline, largement mises en place par le travail scolaire de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, sont ici absentes, ce qui fait dire aux &#233;tudiants qu'ils ont quelque chose &#171; d'infantile &#187;. Plus que les lacunes dans telle ou telle mati&#232;re, ce sont ces conditions m&#234;mes du travail scolaire qui leur manquent. Ce qui conduit certains &#224; affirmer que le soutien doit commencer d&#232;s l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, voire d&#232;s la maternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35Si les lacunes essentielles se situent au plan des attitudes vis-&#224;-vis des savoirs et de l'&#233;cole, et non au plan des savoirs eux-m&#234;mes, en quoi l'aide aux devoirs et le tutorat qui a suivi a-t-il pu &#234;tre b&#233;n&#233;fique ? Les &#233;tudiants ont situ&#233; tr&#232;s vite leur action au plan m&#233;thodologique, et en particulier lors du tutorat, ont senti que l'essentiel de leurs efforts devait porter sur le sens et le mode d'apprentissage. Mais comment plus pr&#233;cis&#233;ment leur relation aux &#233;l&#232;ves, ce qu'ils &#233;taient eux-m&#234;mes, ce qu'ils ont dit et ce qu'ils ont fait ont pu apporter quelque changement ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Des satisfactions, une exp&#233;rience positive&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les &#233;tudiants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venus chercher une premi&#232;re initiation au m&#233;tier d'enseignant, les &#233;tudiants malgr&#233; les difficult&#233;s rencontr&#233;es, ne semblent pas d&#233;courag&#233;s. Seuls 2 sur 20 ont abandonn&#233; parce qu'ils n'avaient pas l'impression de dominer la situation et parce qu'ils trouvaient ces &#233;l&#232;ves trop difficiles. Les autres ne l&#226;chent pas prise, semblent trouver l'exp&#233;rience tr&#232;s enrichissante et certains sortent m&#234;me du stage avec une motivation renforc&#233;e. Qu'ont-ils appris de plus que les autres stagiaires, en faisant leur stage dans une ZEP et en choisissant non l'observation d'une classe mais l'aide-aux-devoirs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; coup s&#251;r ils ont modifi&#233; leur image id&#233;alis&#233;e du m&#233;tier en vivant r&#233;ellement ce qui reste le plus difficile pour le m&#233;tier d'enseignant, susciter l'int&#233;r&#234;t, maintenir l'attention, emp&#234;cher le d&#233;sordre, bref tout ce qui en fait la fatigue sp&#233;cifique. Une &#233;tudiante constate avec &#233;tonnement &#171; le vendredi soir j'&#233;tais vid&#233;e&#8230; &#187;. En connaissant les conditions sans doute les plus dures, ils peuvent savoir s'ils pourront faire face, et s'ils d&#233;sirent continuer. En particulier ils ne peuvent plus faire de confusion entre l'int&#233;r&#234;t pour une mati&#232;re (&#171; j'aime l'Anglais &#187;), l'int&#233;r&#234;t pour les enfants (&#171; j'adore les enfants &#187;), et l'int&#233;r&#234;t pour l'enseignement. Ils situent plus exactement la t&#226;che de l'enseignant en comprenant que l'aspect relationnel est capital, mais que la relation aux &#233;l&#232;ves doit rester au service des apprentissages :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Il faut dire &#224; toute personne qui va faire ce m&#233;tier qu'il ne sera pas en face de papiers &#224; remplir mais d'&#234;tres vivants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un autre acquis, apr&#232;s ce contact avec des enfants de ZEP, est bien la certitude que leurs difficult&#233;s ne viennent pas de leur &#171; inintelligence &#187;. Aucun &#233;tudiant ne pose le probl&#232;me en termes d'aptitudes inn&#233;es. Ils semblent tous convaincus que les raisons de l'&#233;chec scolaire sont bien plus complexes, en constatant par eux&#173;-m&#234;mes que les &#233;l&#232;ves sont vifs, astucieux, tout &#224; fait capables de s'exprimer &#224; l'oral, mais trop agit&#233;s, bruyants, tr&#232;s brouillons &#224; l'&#233;crit, avec des lacunes en Fran&#231;ais &#233;crit qui p&#232;seront sur toutes les mati&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Ils ne souffrent ni d'une quelconque d&#233;ficience mentale, ni d'un dysfonctionnement intellectuel, mais v&#233;ritablement d'un comportement d'&#233;chec&#8230; Ils s'enferment dans leurs difficult&#233;s&#8230; D&#233;&#231;us par leurs efforts, ils se persuadent de l'inexorabilit&#233; de la situation&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit toujours d'un probl&#232;me d'attitude et non d'aptitudes dira un autre rapport. Mieux que d'autres stages, ce travail d'aide-aux-devoirs permet donc aux &#233;tudiants de situer de mani&#232;re plus r&#233;aliste les difficult&#233;s du m&#233;tier d'enseignant et de comprendre &#224; quel type d'&#233;l&#232;ves ils auront peut-&#234;tre affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour l'institution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de stagiaires permet de b&#233;n&#233;ficier d'un regard neuf qui r&#233;v&#232;le parfois certains dysfonctionnements. Si le Coll&#232;ge a beaucoup apport&#233; aux &#233;tudiants, il ne faut pas n&#233;gliger non plus ce que ceux-ci ont pu apporter au Coll&#232;ge. En soulignant certaines de leurs difficult&#233;s, ils montrent du m&#234;me coup comment le dispositif d'aide-aux-devoirs pourrait &#234;tre am&#233;lior&#233; (coupure entre les cours et l'&#233;tude, plus petits groupes encore avec un seul &#171; tuteur &#187;, importance plus grande encore donn&#233;e au tutorat individualis&#233;, car il leur semble que l&#224; se font les &#233;changes les plus fructueux&#8230;) Mais l'aspect le plus int&#233;ressant de leur apport est peut-&#234;tre ce qui concerne les pratiques p&#233;dagogiques des professeurs. Dans l'ensemble les &#233;tudiants sont modestes, et compr&#233;hensifs vis-&#224;-vis des difficult&#233;s des enseignants (ce qui n'est pas toujours le cas quand ils font un stage de simple observation&#8230; car ils ne vivent pas alors la difficult&#233; majeure qui est de &#171; tenir la classe &#187;. Ici ils savent, et compatissent beaucoup plus&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, du fait m&#234;me de leur position &#224; la fois ext&#233;rieure (quand ils vont observer un cours) et impliqu&#233;e (quand ils aident &#224; faire le travail en &#233;tude li&#233; &#224; ce cours) les &#233;tudiants peuvent faire des remarques critiques que les enseignants pourraient prendre en compte. Certes, ils sont loin d'avoir le savoir et les comp&#233;tences p&#233;dagogiques du professeur. D'ailleurs le plus souvent ils admirent la patience, la t&#233;nacit&#233; des enseignants qui maintiennent une volont&#233; de faire apprendre en d&#233;pit des difficult&#233;s &#224; maintenir le calme. Malgr&#233; tout, en tant qu'&#171; usagers &#187; en quelque sorte, et parce qu'ils sont aussi du c&#244;t&#233; de l'&#233;l&#232;ve, leurs remarques peuvent &#234;tre pr&#233;cieuses : un bon exemple est celui des consignes de travail. Incontestable&#173;ment il existe un grave probl&#232;me concernant ce point qui peut para&#238;tre mineur : les enseignants donnent toujours les devoirs &#224; faire &#224; la fin de l'heure, souvent pr&#233;cipitamment, lorsqu'ils sont pris par la sonnerie et alors que les &#233;l&#232;ves ne pensent qu'&#224; sortir. Tout en reconnaissant qu'il est difficile peut-&#234;tre de savoir ce qui aura &#233;t&#233; trait&#233; au bout d'une heure, les &#233;tudiants sugg&#232;rent de commencer au contraire la s&#233;ance par une r&#233;daction calme et contr&#244;l&#233;e des consignes. Ce qui &#233;viterait le flou, l'impr&#233;cision, voire l'absence de consignes qu'ils remarquent souvent. Ce point qui peut para&#238;tre mineur, commande en fait l'efficacit&#233; de tout le travail en dehors de la classe, il est la condition n&#233;cessaire d'une bonne articulation entre l'&#233;cole et les familles. Plus g&#233;n&#233;ralement, et toujours parce qu'ils sont du c&#244;t&#233; de l'&#233;l&#232;ve qui re&#231;oit les demandes de nombreux enseignants, ils peuvent saisir l'incoordination et parfois les malentendus ou incoh&#233;rences, ils pointent les d&#233;calages entre les attentes des professeurs et la compr&#233;hension des &#233;l&#232;ves. Ils pensent qu'il n'y a pas de concertation entre les enseignants en ce qui concerne la rigueur, ou l'attention apport&#233;e &#224; la tenue des cahiers :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#8230; tant d'attentes, d'attitudes diff&#233;rentes voire divergentes,&#8230; n'offrent plus un cadre&#8230; et ne permettent plus &#224; personne de conna&#238;tre avec exactitude les conduites &#224; suivre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un autre rapport :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Ce que signifie pour chaque enseignant &#171; savoir sa le&#231;on &#187; ni les &#233;l&#232;ves ni les enseignants ne se le demandent&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certes on peut penser qu'il ne faut pas mettre en cause la libert&#233; p&#233;dagogique des enseignants : &#224; chacun ses m&#233;thodes et ses outils (&#171; vous ach&#232;terez un classeur avec des feuilles intercalaires &#187;). Mais on constate ici sur les &#233;l&#232;ves les effets pervers de la libert&#233; p&#233;dagogique : cette vari&#233;t&#233; de conseils, de consignes, de d&#233;cisions pas toujours justifi&#233;es, qui peuvent appara&#238;tre comme autant de manies. Si les bons &#233;l&#232;ves du secondaire savent s'adapter &#224; ce kal&#233;idoscope et m&#234;me apprennent ainsi &#224; relativiser les sources et les supports des savoirs, il n'en est sans doute pas de m&#234;me pour des &#233;l&#232;ves qui ne semblent pas avoir construit des r&#233;f&#233;rences solides &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire. Pour eux la multiplicit&#233; des enseignants et la vari&#233;t&#233; de leurs fa&#231;ons de faire apprendre, non explicit&#233;e comme telle, est plut&#244;t source de confusion et de d&#233;sorientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres cas on s'aper&#231;oit que les &#233;tudiants ont jou&#233; un r&#244;le de m&#233;diateurs : dans des situations particuli&#232;res ils ont re&#231;u les plaintes des &#233;l&#232;ves en col&#232;re, parce que ceux-ci pensaient que le dernier contr&#244;le n'avait rien &#224; voir avec ce qui avait &#233;t&#233; fait en cours. Ils ont discut&#233; avec l'enseignant et celui-ci a pu leur montrer que les &#233;l&#232;ves n'avaient pas compris les consignes. Le soir m&#234;me ils ont expliqu&#233; aux &#233;l&#232;ves ce qu'il fallait comprendre. Mais parfois ils regrettent justement de ne pas &#234;tre suffisamment des m&#233;diateurs : certains ne comprennent pas que les enseignants ne soient pas venus une seule fois voir ce qui se passait &#224; l'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les enseignants leur demandent leur avis sur des &#233;l&#232;ves, et particuli&#232;rement au conseil de classe o&#249; on les a invit&#233;s, ils sont particuli&#232;rement touch&#233;s et en &#233;prouvent une certaine fiert&#233;. Par ailleurs il faut dire que les critiques les plus s&#233;v&#232;res concernant les enseignants portent sur leur attitude aux conseils de classe. Ne consid&#233;rer que les notes au-dessous de la moyenne (sans distinguer un 3 d'un 9), ne pas s'int&#233;resser aux progr&#232;s accomplis, ne pas m&#234;me &#233;couter ce que disent les d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un d'eux va m&#234;me jusqu'&#224; dire, en &#233;coutant les &#171; jugements d&#233;favorables et tranch&#233;s sur les enfants, leur personne, leur avenir &#187; : &#171; &#8230; Nos professeurs ont-ils oubli&#233; leur t&#226;che premi&#232;re ? &#187;. Le d&#233;calage entre leur fonction d'aide qui ne s'int&#233;resse qu'&#224; la progression et la t&#226;che du professeur qui, lors des conseils, est centr&#233;e sur la fonction d'orientation et de s&#233;lection de la notation explique sans doute leur surprise. Ils oublient qu'en classe une bonne partie des enseignants est tr&#232;s sensible aux progr&#232;s des &#233;l&#232;ves et pratique sans doute une &#233;valuation formative. Malgr&#233; tout, au travers de leur regard stup&#233;fait et na&#239;f, on ne peut s'emp&#234;cher de penser que les conseils de classe restent des institutions &#224; r&#233;former o&#249; persistent des pratiques et surtout un discours choquant. Leur admiration pour les enseignants, qui savent en cours partir du concret pour retenir l'attention des &#233;l&#232;ves, calmer le jeu sans crier, garder leur sang-froid en toute occasion, est par contre un point positif. Saluons tout particuli&#232;rement un coll&#232;gue qui, un lundi matin en entrant en classe a dit aux &#233;l&#232;ves : &#171; j'&#233;tais content d'avoir vos copies &#224; corriger ce dimanche o&#249; il pleuvait et o&#249; je ne pouvais pas sortir&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le point essentiel, celui qui commande finalement toute r&#233;ponse &#224; la question pr&#233;cise : &#171; Cette exp&#233;rience d'aide-aux-devoirs est-elle positive &#187; ? &#192; partir de la lecture des rapports il est incontestable que les &#233;l&#232;ves en ont retir&#233; beaucoup mais on peut difficilement quantifier ce gain, et cela tout particuli&#232;rement si l'on pense aux notes. Si l'on ne juge l'int&#233;r&#234;t de l'exp&#233;rience qu'en fonction de l'&#233;l&#233;vation des moyennes on risque de passer &#224; c&#244;t&#233; de modifications plus profondes. Il ne s'agit pas de dire que le but recherch&#233;, c'est-&#224;-dire de meilleurs r&#233;sultats scolaires, &#233;tait secondaire, et que peu importe qu'il ait &#233;t&#233; atteint ou non. Nous affirmons plut&#244;t que pour l'atteindre, et m&#234;me lorsqu'il n'est pas atteint, d'autres &#171; acquisitions &#187; interviennent qu'il faut essayer de cerner. Nous essaierons de les d&#233;finir en distinguant pour la commodit&#233; de l'expos&#233; deux registres, celui du relationnel et celui des modalit&#233;s d'apprentissage, et en posant d'embl&#233;e que ce qui fait peut-&#234;tre certaines r&#233;ussites tient pr&#233;cis&#233;ment &#224; une jonction plus &#233;troite des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le relationnel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'aper&#231;oit que pour les &#233;l&#232;ves, surtout dans la phase de tutorat, existe un besoin fort de relation personnelle avec les &#233;tudiants. Il s'agit sans doute d'un besoin d'identification &#224; un a&#238;n&#233; plus proche d'eux. Mais il nous semble qu'il faut inscrire cette demande dans le cadre pr&#233;cis de l'&#233;cole : le mouvement n'est si fort que parce que les &#233;l&#232;ves regrettent d'&#234;tre trop loin des profils cherchent souvent aupr&#232;s des enseignants des contacts plus personnalis&#233;s qu'ils disent ou pensent ne pas trouver suffisamment. Mais aussi parce que le plus souvent, et ceci plus sp&#233;cifiquement au plan de leur travail scolaire, ils ont l'impression de n'&#234;tre pas reconnus. Soit parce qu'un effort est pass&#233; inaper&#231;u, soit parce qu'ils ne comprennent pas les raisons de leurs mauvais r&#233;sultats. Ils ont un immense besoin d'&#234;tre reconnus comme &#233;l&#232;ves, comme personnes, ou plut&#244;t comme &#233;l&#232;ves &#233;tant aussi des personnes. C'est ce besoin que vient satisfaire une relation nouvelle avec un jeune adulte. Un jeune adulte qui va les consid&#233;rer plus personnellement et apporter une attention plus fine &#224; leur progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment la relation n'est jamais neutre, et elle ne peut pas l'&#234;tre. Les &#233;tudiants se sentent bien et ils essaient de trouver la bonne distance entre une relation trop affective qui laisserait les &#233;l&#232;ves ensuite dans la d&#233;ception puisqu'ils partiront, et une relation trop &#171; fonctionnelle &#187;, pure aide technique aux devoirs, qui entra&#238;nerait peu de progr&#232;s. Il faudra, pour amorcer une remont&#233;e, que les &#233;l&#232;ves travaillent d'abord pour leur tuteur, avant d'arriver &#224; travailler pour eux-m&#234;mes. La relation tutorale prend vraiment tout son sens de soutien, en construisant d'abord cet &#233;tayage affectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, m&#234;me si dans cette exp&#233;rience, la relation &#224; deux a &#233;t&#233; choisie, les couples ne sont pas toujours sans nuages. Pour une &#233;tudiante, on a l'impression d'une histoire qui a tourn&#233; court, allant de malentendu en malentendu, l'&#233;l&#232;ve pendant l'&#233;tude ne la regardant m&#234;me plus&#8230; Tout cela non sans souffrance certainement&#8230; Mais le plus souvent le soutien affectif fonctionne bien, l'int&#233;r&#234;t r&#233;el et amical produit des effets : &#171; Nous avons port&#233; nos efforts sur les math&#233;matiques. Le premier objectif &#233;tait de d&#233;passer 5 en moins de deux mois. Apr&#232;s la reprise des interros, et avec une aide m&#233;thodologique, les notes ont augment&#233; jusqu'&#224; 9, 5 au dernier contr&#244;le. Nous esp&#233;rons avoir une moyenne sup&#233;rieure &#224; 10 au dernier trimestre &#187;&#8230; L'implication forte de l'&#233;tudiante est bien marqu&#233;e par le &#171; nous &#187; ; cependant cette implication reste au service de meilleurs r&#233;sultats : il ne s'agit pas d'une relation duelle, en miroir, mais bien d'un couple de forces visant le m&#234;me objectif. Il est sans doute important que la relation tutorale reste m&#233;diatis&#233;e par le Savoir, par le d&#233;sir de faire apprendre du c&#244;t&#233; de l'&#233;tudiant, par le d&#233;sir de r&#233;ussir du c&#244;t&#233; de l'&#233;l&#232;ve. Nous pensons que les &#233;tudiants doivent maintenir une relation tutorale au service de l'apprentissage pour &#233;viter les pi&#232;ges de la s&#233;duction. Certains &#233;tudiants ont senti que pour aider les &#233;l&#232;ves il fallait parler d'autre chose, de loisirs, de m&#233;tier, d'avenir. Ne plus parler de l'&#233;cole. Ils ont compris que pour mieux faire l'aide aux devoirs il fallait non seulement passer au soutien scolaire, mais m&#234;me faire un d&#233;tour par d'autres activit&#233;s et envies d'agir : &#171; Mon &#233;l&#232;ve finit par avouer que seul le football l'int&#233;ressait et qu'il aimerait bien devenir professionnel. Il fut alors ais&#233; de montrer la n&#233;cessit&#233; d'apprendre au travers d'un parcours allant du sport-&#233;tude jusqu'&#224; la reconversion&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit bien d'un d&#233;tour, d'une voie d'acc&#232;s qui rel&#232;ve plut&#244;t de l'accompagnement scolaire, et nullement d'une d&#233;rive. Le m&#234;me &#233;tudiant l&#233;gitimera ensuite l'utilit&#233; des diff&#233;rentes mati&#232;res et donnera beaucoup de conseils techniques. Il suivra son &#233;l&#232;ve de pr&#232;s pour la r&#233;vision de diff&#233;rents contr&#244;les et il aura d'ailleurs le contentement de voir une hausse sensible des notes. Une autre &#233;tudiante commencera aussi ses s&#233;ances de tutorat par une exploration plus large suscit&#233;e d'ailleurs par la curiosit&#233; des &#233;l&#232;ves :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Ils voulaient savoir ce que je souhaiterais faire plus tard, je les questionnais &#233;gale&#173; ment sur leurs d&#233;sirs pour l'avenir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que tout ce qui permet aux &#233;l&#232;ves de mieux imaginer la relation des savoirs aux m&#233;tiers, de mieux comprendre l'int&#233;r&#234;t de tel ou tel savoir, est pr&#233;cieux. Pour conclure sur ce point, il faut dire qu'en dehors de tout &#233;change verbal sur cette question, et par le simple fait qu'ils sont l&#224; et s'occupent d'eux, les &#233;tudiants sont des exemples pour les &#233;l&#232;ves. Ce sont de jeunes adultes qui ont eu un projet, qui le poursuivent et sont sur le point d'avoir un m&#233;tier. De plus leur action pr&#233;sente donne l'id&#233;e aux &#233;l&#232;ves qu'existent encore dans notre soci&#233;t&#233; des pratiques qui ne sont pas enti&#232;rement li&#233;es &#224; l'argent. Cet aspect des choses n'est pas n&#233;gligeable et si les &#233;tudiants deviennent des p&#244;les d'identification, il n'y a peut-&#234;tre pas lieu de s'en plaindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les modalit&#233;s d'apprentissage&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi apprendre, mais aussi comment apprendre : les conseils donn&#233;s alors rel&#232;vent du soutien scolaire. Tous les &#233;tudiants ont imm&#233;diatement compris que les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves venaient de mauvaises m&#233;thodes de travail : &#171; La motivation n'est pas tout &#187;. Un manque complet d'organisation est sans doute ce qui handicape le plus ces adolescents. &#201;crire au tableau les consignes, pour palier &#224; leur absence chez certains, les expliquer, affirmer qu'il faut s'avancer dans son travail (on a l'impression que les jeunes ne sont pas pass&#233;s &#224; la semaine pour le secondaire, ils fonctionnent litt&#233;ralement au jour le jour), donner des conseils de pr&#233;sentation, justifier pourquoi on n'&#233;crit pas sur un coin de feuille : tels sont par exemple les conseils techniques tr&#232;s pr&#233;cis que les &#233;tudiants ont pu donner. Ceux que donnent les parents dans les familles o&#249; l'on suit de pr&#232;s les devoirs jusque dans leur accomplissement et sans &#234;tre pour autant sp&#233;cialiste d'une discipline. Cette comp&#233;tence, interm&#233;diaire pourrait-on dire, qui ne va pas jusqu'&#224; une sp&#233;cialisation dans un domaine, mais prouve que l'on sait ce que sont les &#233;tudes secondaires, les &#233;tudiants l'ont forc&#233;ment puisqu'ils sont arriv&#233;s &#224; ce niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; est la diff&#233;rence avec des parents qui n'ont pas &#233;t&#233; au Coll&#232;ge ou m&#234;me qui sont illettr&#233;s ? Sans doute dans l'acceptation de leur ignorance. Les parents peu instruits se sentent souvent globalement impuissants devant le travail scolaire et n'osent pas s'en m&#234;ler, essayant dans le meilleur des cas d'obtenir une mise au travail formelle, exigeante, ce qui est d&#233;j&#224; beaucoup, et que l'enfant &#171; fasse ses devoirs &#187;. M&#234;me s'ils valorisent l'&#233;cole, ils la ressentent comme un autre monde, et s'estiment totalement incomp&#233;tents pour aider l'enfant &#224; apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants, eux, n'h&#233;sitent pas &#224; reconna&#238;tre qu'ils ne sont pas sp&#233;cialistes d'une discipline et pourtant cela ne les emp&#234;che pas d'essayer de comprendre la le&#231;on et d'aider &#224; faire les devoirs. Nous irions peut-&#234;tre jusqu'&#224; affirmer, que c'est cet aveu d'incomp&#233;tence qui produit des effets positifs en donnant aux enfants le mod&#232;le d'une personne qui ne sait pas tout et qui peut leur montrer ce qu'est apprendre. Bien des remarques soulignent le c&#244;t&#233; inattendu et positif de l'ignorance du tuteur (&#171; Ne pas tout savoir, avoir l'honn&#234;tet&#233; de le dire cela les rassure plut&#244;t &#187;). Ou encore :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Nous ne sommes plus apparus comme un ma&#238;tre qui sait tout mais comme un &#234;tre humain qui ne sait pas toujours comment faire&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La formule souligne le c&#244;t&#233; lointain, inaccessible du Savoir, lorsqu'on a perdu la trace de sa gen&#232;se. Or, la peur des enseignants de perdre la face les conduit souvent &#224; masquer les origines de leur savoir et ses limites, &#224; d&#233;nier leur rapport aussi pr&#233;caire que celui des &#233;l&#232;ves &#224; l'ensemble des savoirs constitu&#233;s, et &#224; oublier ce que c'est que ne pas savoir dans leur domaine propre. L'avantage des &#233;tudiants vient du fait qu'ils n'ont pas &#224; maintenir une position de pouvoir et qu'ils sont souvent oblig&#233;s de se mettre r&#233;ellement en posture d'apprenant. Des &#233;tudiants ont r&#233;fl&#233;chi &#224; cet &#171; &#233;loignement &#187; de l'enseignant, d&#232;s lors qu'il est ou se veut dans l'oubli du mouvement d'appropriation des savoirs :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; L'enseignant peut &#234;tre per&#231;u comme un &#233;tranger radical quand il ne sait plus ce que c'est ne pas savoir &#187;&#8230; rejoignant Bachelard qui au d&#233;but de &#171; La Formation de l'Esprit scientifique &#187; affirmait que beaucoup d'enseignants &#171; ne comprennent pas que les &#233;l&#232;ves ne comprennent pas &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'attitude d'incompr&#233;hension s'accompagne de moqueries (cit&#233; &#224; une reprise), il est certain que la pente sera difficile &#224; remonter. Redonner une image moins inaccessible du Savoir est sans doute un premier pas. Il faut ensuite reconstruire un sentiment de confiance au plan des capacit&#233;s &#224; l'atteindre, en arrivant souvent &#224; fixer des &#233;tapes, &#224; fractionner les difficult&#233;s. Le r&#244;le du tuteur est bien ici encore d'&#233;tayage mais au sens de la psychologie cognitive : il faut arriver &#224; pr&#233;senter &#224; l'enfant des t&#226;ches dans sa &#171; zone proximale &#187;, ni trop faciles, ni trop difficiles. Les enfants qui ont &#233;t&#233; pour des raisons diverses &#233;cart&#233;s des rythmes normaux, ont sans doute besoin de reprendre confiance &#224; partir d'objectifs plus limit&#233;s qui leur permettront quelque r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un entra&#238;nement fractionn&#233;, tel est ce que certains &#233;tudiants semblent avoir d&#233;couvert d'eux-m&#234;mes pour arriver &#224; de nouveaux r&#233;sultats. Souvent les enjeux sont devenus pour les &#233;l&#232;ves trop lointains, ils ont perdu pied, ils ont d&#233;croch&#233;. Mais il est vrai qu'un certain type d'exercice et leur &#233;valuation traditionnelle (la dict&#233;e avec sa notation brutale qui met sur le m&#234;me plan cinq fautes et la vingtaine de fautes, la r&#233;daction ou plus tard la dissertation qui globalise tous les objectifs et sait ainsi garder aux notes tout leur myst&#232;re) ne vont pas dans le sens du &#171; fractionnement &#187; souhait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres pratiques que nous appellerons de r&#233;ciprocit&#233;, et qui sont difficiles &#224; instaurer pour un enseignant &#8211; parce qu'il a de nombreux &#233;l&#232;ves, mais aussi du fait de sa position de pouvoir &#8211; nous semblent tr&#232;s positives : une &#233;tudiante a souhait&#233; que son &#171; &#233;l&#232;ve &#187; lui apprenne la langue arabe : &#171; Les difficult&#233;s que j'&#233;prouvais pour approcher sa langue, sa surprise pour mon manque de facilit&#233; m'autorisa &#224; lui faire prendre conscience que tout apprentissage m&#233;rite attention, effort, concentration&#8230; &#187;. Sont ici condens&#233;s les traits que nous avons soulign&#233;s, et que la position de tuteur permet de mettre au jour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les enseignants sont des m&#233;diateurs du Savoir qui ont d&#251; apprendre eux&#173; aussi et qui ne savent pas tout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le savoir ne s'obtient que par un effort personnel, c'est seulement par un mouvement qui est un entra&#238;nement que l'on peut savoir vraiment&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les s&#233;ances d'aide-aux-devoirs, il est possible bien s&#251;r de r&#233;expliquer une le&#231;on, de guider les &#233;tapes successives d'un raisonnement, de faire r&#233;citer, de v&#233;rifier que des r&#233;ponses sont justes. Telles sont sans doute les d&#233;marches que les parents souhaitent pour que leur enfant ne d&#233;croche pas, comme une sorte d'assurance tous risques, ou qu'ils pensent utiles, lorsqu'il commence &#224; d&#233;crocher. Il est vraisemblable que la majorit&#233; du personnel qui s'investit dans l'aide aux devoirs pense aussi la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant c'est sans doute ce qu'il advient au-del&#224; des techniques, et en parall&#232;le en quelque sorte, sans que m&#234;me les &#233;ducateurs n'en prennent toujours conscience, qui est le plus important : un changement de m&#233;thodes, une reprise du go&#251;t d'apprendre, une meilleure perception du sens des savoirs et de ce qu'est apprendre. Pour cela il nous semble que le tutorat, relation privil&#233;gi&#233;e entre un adolescent et un jeune adulte, convient mieux : il permet de revenir sur le travail pass&#233;, et de parler de l'avenir. Il &#233;vite justement le travail au jour le jour, qui ne vise qu'un r&#233;sultat imm&#233;diat. Le tuteur prend alors le temps de donner des m&#233;thodes et des techniques transf&#233;rables et transdisciplinaires, de passer &#224; un v&#233;ritable soutien scolaire. Il peut chercher avec le jeune le sens des savoirs et les aider &#224; se projeter dans l'avenir : &#224; ce niveau, il s'agit d'un v&#233;ritable &#171; accompagnement scolaire &#187;, hors de l'&#233;cole mais pour l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BENEDETTO Pierre : &#171; Le projet personnel de l'&#233;l&#232;ve, quelles diff&#233;renciations pour quelles diff&#233;rences ? &#187;, Migrants Formation, 95, 1993, CNDP Paris&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : 10.3406/diver.1993.7392&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHARLOT, BEAUTIER, ROCHEX, &#201;cole et Savoir, dans les banlieues et ailleurs&#8230; A. Colin, Paris, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DANNEQUIN Claudine, Les actions locales d'entraide scolaire, L'Harmattan, Paris, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DUBET Fran&#231;ois, Les Lyc&#233;ens, Seuil, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GLASMAN Dominique, L'&#201;cole hors l'&#233;cole. Soutien scolaire et quartiers, Paris, ESF, 1992.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;nal, Principal, Monsieur Fumat Principal-adjoint, Mme Ausseil, Conseill&#232;re Principale d'&#201;ducation. Mais aussi Les &#233;tudiants : Pascale Bastide, Sandrine Bayle, Yvonne Cabrol, C&#233;cile Capone, David Casas, St&#233;phanie Chateau, S&#233;bastien Copovi, Nathalie Cros, Fr&#233;d&#233;rique G&#233;rin d'Orazio, Karim Hamoudi, Karine Girard, Anne Labeaume, Gilles Perez, Edwige Perez, In&#233;s Segura, Nelly Rouvi&#232;re, Sophie Woifin. Sans oublier les &#233;l&#232;ves : Sa&#239;da, Assia, Kim, Kamel, Hakima, Hicham, Fouad, Ai'cha, Nadia, Khadija, Ismael, Ahamed, Sahafi, Rachid, Khalid...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Instituts Universitaires de Formation des Maitres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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