<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.innovation-pedagogique.fr/spip.php?id_auteur=10624&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
		<url>https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/siteon0-b9b71.png?1691667292</url>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
		<height>64</height>
		<width>64</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Cultiver &#171; la part sensible de soi &#187; dans la formation des travailleurs sociaux</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article17672.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article17672.html</guid>
		<dc:date>2024-02-20T10:14:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patricia Vallet</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/IMG/png/biennale2021.png' align=&#034;right&#034; height=&#034;70&#034; width=&#034;70&#034;&gt;Cet article propose le r&#233;cit d'un &#171; parcours sensible &#187; qui vise &#224; &#171; cultiver la part sensible de soi dans la formation des travailleurs sociaux. Cela passe par l'analyse de son champ perceptif, de ses sensations, et le partage avec d'autres de ses repr&#233;sentations pour favoriser une intelligence relationnelle plus aiguis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9017 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/IMG/png/vallet_1.png' width=&#034;288&#034; height=&#034;201&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;

-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique54.html" rel="directory"&gt;Biennale de l'&#233;ducation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L150xH51/737x250_logo_biennale-5-1dcb6.png?1708424780' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='51' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.innovation-pedagogique.fr/IMG/png/bandeau-2-com-ipt_.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH101/bandeau-2-com-ipt_-82024.png?1707917226' width='500' height='101' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;center text-center&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Cultiver &#171; la part sensible de soi &#187; dans la formation des travailleurs sociaux&lt;/h3&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;center text-center&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VALLET Patricia&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
patricia.vallet &lt;i&gt;at&lt;/i&gt; faire-ess.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Formatrice depuis plus de trente ans aupr&#232;s de travailleurs sociaux en formation, c'est tous les jours dans le quotidien partag&#233; que j'essaie de faire &#233;merger chez eux une certaine conscience aiguis&#233;e de ce qui se passe autour d'eux. Affiner ses perceptions, aff&#251;ter son regard, revitaliser sa sensibilit&#233; pour mieux l'utiliser dans la relation &#224; l'autre, c'est ce que j'ai appris dans la danse et que j'essaie d'articuler entre les deux mondes du travail social et de l'art. Cela passe par l'analyse de ses sensations, de son champ perceptif et le partage de ses repr&#233;sentations avec d'autres, ce qui permet d'acqu&#233;rir une intelligence sensible et relationnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Mes points d'appui essentiels&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont n&#233;s tout d'abord &#224; la lecture d'un ouvrage de Claudine Haroche &#171; L'avenir du sensible &#187;. Elle entreprend d'&#233;lucider les m&#233;tamorphoses de la perception dans nos soci&#233;t&#233;s contemporaines, et la fa&#231;on dont nos sens et nos sentiments conditionnent nos valeurs et nos fa&#231;ons de penser. Elle explique que le monde des m&#233;dias qui diffuse aujourd'hui en continu des flux sensoriels et informationnels, transforme en profondeur nos mani&#232;res de sentir, de percevoir, d'&#234;tre et de penser. Dans cette nouvelle &#232;re de &#171; la condition sensible &#187;, les effets produits par ces flux sensoriels continus entravent l'exercice de la conscience, de la r&#233;flexion et &#171; emp&#234;chent de penser de fa&#231;on sourde, diffuse, impalpable et intense, ce qui influence l'&#233;laboration de nos perceptions, de nos convictions et de nos connaissances &#187; (Haroche, 2008, p211.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai mis en rapport ces observations avec les miennes car je rep&#232;re chez la plupart des &#233;tudiants aujourd'hui une grande difficult&#233; &#224; maintenir une attention et une pr&#233;sence : ils manifestent souvent une sorte d'hyperactivit&#233; (assistant &#224; un cours tout en passant des sms et discutant avec les voisins&#8230;), paraissent un peu ailleurs, d&#233;sengag&#233;s, presque absents ou imperm&#233;ables &#224; certains moments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Arr&#234;ter de s'agiter pour recommencer &#224; penser, retrouver un apaisement psychique, une tranquillit&#233; affective, une continuit&#233; subjective &#187; (Haroche, 2008, p.3) propose Vincent de Gaulejac dans l'introduction de cet ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lecture frappante m'a convaincue de l'urgence d'entreprendre une &#171; formation &#224; la sensibilit&#233; &#187; dans le cadre de nos dispositifs en travail social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et puis mes perspectives de recherches actuelles m'orientent vers des savoirs qui sont issus d'une multitude de courants th&#233;oriques : Savoirs sensibles (Bouillet, 2001) pour articuler pens&#233;e sensible et pens&#233;e intelligible, savoirs corporels (Pujade Renaud, 2005), car le travail relationnel est avant tout port&#233; par un corps, avec ses sensations, sa posture, sa proximit&#233; ou sa distance ; Savoirs esth&#233;tiques (Saint Girons, 2008) pour d&#233;placer nos repr&#233;sentations et nos visions du monde, savoirs de la philosophie, (Audi, 2010) pour approfondir le plaisir de penser et de cr&#233;er, etc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces auteurs m'ont donn&#233; des mots et des savoirs pour penser. Ce sont des savoirs subtils, implicites, non observables le plus souvent, qui utilisent le corps et la cr&#233;ativit&#233;. Ils supposent un travail de conscience de soi que personnellement je tente de faire &#233;merger &#224; partir de mon exp&#233;rience intellectuelle mais aussi &#224; partir de mon exp&#233;rience de quarante ans en danse contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet cette dimension sensible est capitale dans ma conception de la formation. Une ancienne &#233;tudiante m'a dit un jour qu'elle ne voyait pas de lien entre ma pratique de la danse et mon travail ; depuis lors, j'essaie de &#171; faire danser mon travail &#187;, de pratiquer mon travail comme un art, c'est-&#224;-dire de cr&#233;er des liens, d'articuler sans cesse ma pens&#233;e et ma sensibilit&#233; dans mon travail de formatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer je propose tout d'abord aux &#233;tudiants qui arrivent en formation un &#171; atelier sensible &#187; qui passe par un parcours d'observation et d'&#233;coute dans la nature, puis par un travail d'&#233;criture et de verbalisation progressif pour les inciter &#224; affiner et partager leurs perceptions, leurs sensations, et rep&#233;rer leurs limites dans la rencontre avec autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Un atelier sur la sensibilit&#233; pour inaugurer l'entr&#233;e en formation&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Les objectifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience formative que je propose mobilise le corps, le jeu, l'&#233;criture, la r&#233;flexion personnelle approfondie, l'&#233;change et la rencontre. L'objectif essentiel est d'apporter aux futurs professionnels de la relation, un questionnement personnalis&#233; sur les rapports entre corps et parole, perceptions, sensations et rencontre de l'autre. Mon hypoth&#232;se est que ce travail sur la sensibilit&#233; permet de mieux appr&#233;hender son propre rapport au monde et &#224; l'autre, d'en exalter l'intensit&#233; et la complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Concr&#232;tement il s'agit de partir faire une petite d&#233;ambulation dans la nature au sein de l'Institut de Formation et explorer comment les cinq sens sont convoqu&#233;s dans cette exp&#233;rience. Puis nous &#233;changeons sur les perceptions et les sensations de chacun. Nous pouvons rep&#233;rer les points communs et les diff&#233;rences. Au cours de ce parcours, des traces &#233;crites sont &#233;labor&#233;es par les &#233;tudiants, qui peuvent &#234;tre r&#233;utilis&#233;es au cours de leur formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cultiver un regard plus aiguis&#233; sur le monde et sur soi-m&#234;me, regarder avec le plus d'acuit&#233; possible ce qui se passe, tenter &#224; partir de l&#224; un petit &#233;crit personnel, peut-&#234;tre un peu po&#233;tique, quelque chose d'in&#233;dit et de non pr&#233;visible, glaner des traces et travailler sa m&#233;moire sensible ; recueillir des bribes de l'exp&#233;rience et la partager pour en faire un support de d&#233;bat et de formation : Voil&#224; quelques &#233;l&#233;ments de ce parcours qui vise &#224; articuler intelligibilit&#233; et sensibilit&#233;, et &#224; accompagner les &#233;tudiants dans la prise de conscience de ce qu'ils per&#231;oivent, de ce qu'ils ressentent, de ce qui les retient, les touche, de ce qui existe autour d'eux et qu'ils ne per&#231;oivent pas &#171; &#224; premi&#232;re vue &#187;. Enfin, les amener &#224; d&#233;couvrir comment leur sensibilit&#233; plus affin&#233;e favorise une pr&#233;sence plus affirm&#233;e dans la rencontre avec l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Description du dispositif :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je commence par pr&#233;senter l'argument au groupe. Je pr&#233;cise que cette exp&#233;rience est une proposition de travail que chacun peut suspendre ou am&#233;nager si besoin ; les &#233;crits propos&#233;s pourront &#234;tre gard&#233;s en leur possession, ou partag&#233;s avec quelques uns, ou avec tout le groupe lors d'un d&#233;briefing final, et/ou transmis au formateur, qui de toutes fa&#231;ons leur rendra en fin de module.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parcours d&#233;marre avec une petite exp&#233;rience de relative &#233;tranget&#233; : je distribue tout d'abord une plante odorante &#224; chacun, puis je demande aux &#233;tudiant-e-s de se mettre en file indienne, et je chuchote une phrase dans l'oreille de la premi&#232;re personne de la file : &#171; qu'est-ce qui est le plus important pour vous dans la vie ? &#187; sans pr&#233;ciser ce qu'elle devra faire de cette phrase, si ce n'est la transmettre &#224; celle qui la suit et ainsi de suite. Emmener le groupe sans qu'il sache bien o&#249; ni pour quoi faire, telle est ma d&#233;marche. C'est pour moi une m&#233;taphore de tout ce qui attendra les professionnels dans leur travail futur avec des personnes qu'ils ne connaissent pas et qui les emm&#232;neront dans leur vie et dans leurs pr&#233;occupations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;ambulons quelques minutes, puis je m'arr&#234;te pour demander &#224; chacun d'&#233;crire rapidement ce qu'il a vu, entendu, per&#231;u et ressenti jusqu'ici. C'est alors que la plupart des personnes r&#233;alisent qu'elles n'ont pas regard&#233; grand-chose, qu'elles n'ont pas &#233;t&#233; attentives vraiment &#224; ce qui les environnent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je propose ensuite une sorte de scan corporel : fermer les yeux, &#233;couter tout ce qui peut l'&#234;tre, se demander quel est le son le plus proche, le plus lointain, quels sont les parfums qui arrivent au nez, quel est l'&#233;tat de corps du moment&#8230; Puis je propose d'ouvrir les yeux et de regarder attentivement devant soi l'horizon, de rep&#233;rer ce qu'il y a au loin en termes de couleurs, de formes, comme on regarderait un tableau. Puis de regarder devant son orteil droit avec la m&#234;me acuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite j'invite chacun(e) &#224; d&#233;ambuler dans un espace clos et &#233;troit sans regarder les autres qu'il croise, et en essayant d'&#234;tre attentif &#224; ses perceptions. Et apr&#232;s quelques minutes je demande la m&#234;me chose mais en regardant les personnes que l'on croise. J'invite chacun(e) &#224; noter la diff&#233;rence qu'il ressent entre ces deux propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis &#224; &#233;crire sur son v&#233;cu de cette seconde &#233;tape du parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite chaque &#233;tudiant est invit&#233; &#224; aller circuler un peu dans l'espace, puis choisir un lieu qui lui plait, s'y installer confortablement, reprendre un temps pour aiguiser ses cinq sens et &#233;couter, regarder, ressentir vivement ce qui se passe autour de lui et en lui, et l'&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, chacun est invit&#233; &#224; emmener deux ou trois autres personnes dans ce lieu, et expliquer pourquoi il a &#233;t&#233; choisi et ce qu'il &#233;voque pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis ce petit sous-groupe est invit&#233; &#224; discuter de la premi&#232;re phrase qui lui a &#233;t&#233; chuchot&#233;e &#224; l'oreille au d&#233;but du parcours, et les &#233;tudiants peuvent l&#224; &#233;changer sur leurs valeurs et leurs priorit&#233;s de vie. Ils peuvent aussi &#233;crire comment ils ont v&#233;cu cette rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un temps d'&#233;change collectif en grand groupe va clore tout ce travail et permet d'explorer les diff&#233;rences et les ressemblances perceptives et les diversit&#233;s possibles dans l'&#233;criture de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun est invit&#233; &#224; lire tout ou partie de ce qu'il a &#233;crit, puis un &#233;change s'ouvre sur le v&#233;cu de l'exp&#233;rience. Certains la vivent avec plaisir et retiennent surtout son aspect ludique, d'autres la vivent comme p&#233;nible et certains l'arr&#234;tent m&#234;me avec g&#234;ne en cours de route. J'essaie de redonner du sens &#224; tout cela, en lien avec leurs futures exp&#233;riences professionnelles : comment accepter l'inconnu de la rencontre, comment faire confiance quand on ne conna&#238;t pas ce qui nous attend, comment le corps est en jeu dans cette exp&#233;rience : quels sont nos ressentis, nos sentiments, nos limites, quelles sont nos habitudes, quelles sont nos valeurs, comment accepter la rencontre avec celles des autres etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition de travail s'articule bien entendu avec d'autres instances de travail au sein du centre de formation, o&#249; ces questions sont soulev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Quelle posture pour accompagner l'&#233;mergence de &#171; la part sensible de soi &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce qui caract&#233;riserait ma posture d'accompagnement ? De quoi est-elle compos&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De valeurs, d'intentions, d'attitudes ext&#233;rieures et int&#233;rieures, physiques et psychiques, de certaines dispositions, de discours, de savoirs multiples et parfois non visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour moi cette posture se vit et s'invente chaque jour dans le quotidien partag&#233; avec les &#233;tudiants. Dans la mesure o&#249; il s'agit d'un travail d'accompagnement &#224; la fois collectif et individualis&#233; qui s'ajuste &#224; chaque sujet, il me semble indispensable de concevoir des espaces relationnels qui laissent du jeu, de la place, &#224; l'improvisation r&#233;gl&#233;e, &#224; l'inspiration cr&#233;ative. Autrement dit, ma posture s'invente non seulement dans les espaces pr&#233;vus &#224; cet effet, mais aussi tout au long des journ&#233;es, dans les interstices, dans les intercours, et dans tous les moments informels. &#202;tre formatrice, c'est non seulement concevoir des dispositifs et des programmes, mais c'est surtout une fonction d'accompagnement cr&#233;atif, une fonction symbolique en somme, port&#233;e par une posture particuli&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; Je voudrais pr&#233;ciser ici cette posture sensible, qui cherche la congruence, la souplesse, la finesse, la fantaisie, la cr&#233;ativit&#233; mais qui s'appuie aussi sur une exigence et une rigueur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je dois pr&#233;ciser que les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments que je vais pr&#233;senter ici sont tout &#224; fait imbriqu&#233;s, tress&#233;s ensemble, mais que je vais les pr&#233;senter successivement pour plus de clart&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Pr&#233;sence&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui se manifeste tout d'abord, c'est un certain rapport &#224; la pr&#233;sence et un travail sur mes propres attitudes : Il y a tout d'abord un mouvement permanent d'accueil et une forme de rencontre humanisante et vivante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le dialogue avec les personnes en formation, je travaille beaucoup &#224; partir de ma propre pr&#233;sence sensible : ma subjectivit&#233; est pos&#233;e d'embl&#233;e, jamais &#233;vacu&#233;e mais travaill&#233;e : ressentir, regarder, &#233;couter et r&#233;sonner &#224; partir de mes propres mouvements int&#233;rieurs, entendre les d&#233;sarrois, les doutes, les reculs, les angoisses, cela passe par le corps et l'articulation entre corps, intelligence (&lt;i&gt;inte-ligere&lt;/i&gt; : lire entre les lignes) et parole de justesse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis en mouvement, je regarde avec mon &#171; troisi&#232;me &#339;il &#187;, j'&#233;coute avec ma &#171; troisi&#232;me oreille &#187;, je m'appuie sur ce que je per&#231;ois, ressens, et mon savoir me sert de guide, je me laisse embarquer car j'ai des rep&#232;res, des balises, et j'essaie de cr&#233;er un bel espace large, ouvert, mouvant, de r&#233;flexion, de pens&#233;e, de d&#233;bat, au sein d'un espace prot&#233;g&#233; et garanti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes convictions et mes valeurs s'appuient sur l'id&#233;e d'une homoth&#233;tie entre la relation formative et la relation en travail social : Je fais l'hypoth&#232;se d'un lien entre ma propre mani&#232;re d'habiter &#171; po&#233;tiquement &#187; ma relation aux &#233;tudiants, et la mani&#232;re dont ils pourront r&#233;fl&#233;chir &#224; partir de l&#224;, &#224; leur propre relation aux personnes concern&#233;es. Au fond je pense qu'en mati&#232;re de relation &#224; l'autre, la transmission passe par un parcours accompagn&#233; plus que par la d&#233;livrance de prescriptions ou de conseils. C'est la mani&#232;re dont le formateur habite et anime ses attitudes, ses valeurs et ses actes, qui va permettre &#224; l'&#234;tre en formation d'interroger ses propres &lt;i&gt;habitus&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme l'&#233;crit Claudine Blanchard-Laville (2004, p.25) : &#171; Il s'agit un mode de transmission primordial aujourd'hui : la transmission subjective du geste. J'ai la conviction que ce n'est que par l'interm&#233;diaire de l'autre formateur-praticien que la transmission du geste d'&#234;tre soi-m&#234;me praticien peut avoir lieu : il faut en avoir re&#231;u le courage dans une rencontre avec un autre (&#8230;) C'est gr&#226;ce &#224; son engagement en acte dans le geste partag&#233; que l'un des acteurs pourra transmettre ce geste &#224; l'autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La posture renvoie aussi au corps en jeu&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est avant tout par mon corps que je vais &#234;tre per&#231;ue tout d'abord : on peut utiliser son corps sans y penser, mais c'est au fond toute une part de notre identit&#233; qui transpara&#238;t et que nous donnons &#224; voir. C'est la premi&#232;re image de moi qui a un impact fort sur la posture et qui s'inscrit dans la rencontre, que je peux montrer ou cacher, valoriser par quelques strat&#233;gies vestimentaires ou ornementales ; personnellement je &#171; joue &#187; beaucoup avec ces &#233;l&#233;ments (tenues vari&#233;es, color&#233;es, bijoux, fleurs dans les cheveux, maquillage), pour favoriser les r&#233;flexions des &#233;tudiants sur l'imaginaire du corps.&lt;br class='autobr' /&gt; Par ailleurs la pratique de la danse et du yoga m'a appris l'importance de s'int&#233;resser tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'impact des petits d&#233;tails corporels. La posture juste au yoga demande parfois des ann&#233;es de travail, d'observation et de tentatives, pour trouver celle qui tiendra longtemps sans faire mal. Dans la danse j'ai appris que le moindre mouvement peut changer consid&#233;rablement la port&#233;e d'une figure ou d'une rencontre. Et dans le travail social, &#171; le moindre geste &#187;, autant que les sourires, les mimiques qui accompagnent nos discours sont essentiels en terme de congruence : cette mani&#232;re d'accorder nos pens&#233;es, nos convictions, notre langage, avec nos mouvements et nos attitudes est d&#233;terminante en terme de justesse relationnelle. Ainsi la posture met en jeu une dynamique de travail et une gestualit&#233; minutieuse, il y a du corps en jeu dans l'attention vive, du soin port&#233; &#224; l'autre et &#224; la relation, des variations, des ajustements, des tentatives pour &#234;tre dans la proximit&#233; et la d&#233;licatesse relationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire grande place &#224; la sensibilit&#233; et &#224; la pens&#233;e r&#234;vante&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aime articuler intelligibilit&#233; et sensibilit&#233;. Cela se travaille notamment par le regard et par le langage : Je cherche &#224; travailler la puissance d'&#233;tonnement, une certaine attention po&#233;tique, modeste et sensible &#224; l'extraordinaire de l'infime, du quotidien. Extr&#234;me acuit&#233;, pr&#233;sence active du regard au surgissement de la r&#233;alit&#233;, voil&#224; ce que j'essaie de transmettre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis je travaille le go&#251;t des mots simples et de la justesse : je cherche des mots &#171; qui donnent envie &#187;, de sorte que les mots retrouvent un vif attrait, un impact et une dimension po&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail de la sensibilit&#233; passe aussi &#224; travers les gestes infra ordinaires qui meublent notre quotidien partag&#233; avec les &#233;tudiants : la formation informelle passe par ce climat de cr&#233;ativit&#233; qui se manifeste dans le millefeuille des rencontres, discussions et connivences, pour faire vivre des bribes d'enchantement et une po&#233;tique du quotidien partag&#233;. Je tente de travailler &#171; la part sensible de l'acte &#187; comme l'&#233;crit cette formatrice ES J. Libois (2013) qui valorise la rencontre et tous ces micro &#233;v&#232;nements qui sont pour elle des formes de r&#233;sistance &#224; l'inhumanit&#233;. Elle cultive le &#171; laisser advenir &#187; et le &#171; presque rien &#187; qui surgit dans le vivre ensemble au milieu des t&#226;ches minimes (ouvrir les volets, installer une salle, se dire bonjour&#8230;) Agir discr&#232;tement dans le quotidien est un acte qui peut avoir un sens profond et devenir po&#233;tique, utilise &lt;i&gt;la m&#232;tis&lt;/i&gt;, l'intelligence rus&#233;e qui lit entre les lignes des r&#233;f&#233;rentiels de comp&#233;tences ce qui n'y appara&#238;t pas, et le &lt;i&gt;ka&#239;ros&lt;/i&gt;, ce sens de l'&#233;v&#232;nement opportun qui permet d'intervenir &#224; bon escient &#224; partir de moments apparemment insignifiants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, je con&#231;ois ce travail de la transmission comme artistique, car il me vient souvent quand je travaille avec les personnes en formation l'image du sculpteur : &#171; je sculpte la relation &#187; avec une extr&#234;me attention ; il faut savoir se d&#233;placer, reculer, s'ajuster, recomposer son geste professionnel en permanence. Le risque est bien s&#251;r dans le fantasme de Pygmalion, et je sais combien j'ai envie parfois de configurer l'autre &#224; mon image ! (Voir ma th&#232;se, &#171; D&#233;sir d'emprise et &#233;thique de la formation &#187;, Vallet, 2003) mais je vois aussi la sculpture comme un travail d'&#233;videment : je pense au beau travail sur les arbres de G.Penone qui creuse et d&#233;cortique l'arbre en suivant ses cernes de croissance jusqu'&#224; retrouver son c&#339;ur, il r&#233;v&#232;le les mati&#232;res, les m&#233;tamorphoses de l'arbre, il questionne l'&#233;tendue du visible et il me vient ainsi l'image de la rencontre avec les &#233;tudiants : &#224; partir d'un &#171; mat&#233;riau initial &#187;, je tente de trouver comment faire ressortir la richesse d'une belle forme cach&#233;e &#224; l'int&#233;rieur, comment faire jaillir, faire appara&#238;tre ce qui est en dormance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai essay&#233; de d&#233;crire ici le travail que j'ai entrepris pas &#224; pas, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, pour aller vers un travail d'accompagnement qui devienne de plus en plus sensible et cr&#233;atif. Mettre &lt;strong&gt;la sensibilit&#233; et la cr&#233;ativit&#233; au coeur de l'identit&#233;&lt;/strong&gt; a &#233;t&#233; pour moi un tournant existentiel qui m'a permis d'articuler Ethique, Clinique et Esth&#233;tique, pour penser la formation comme accompagnement &#224; la transformation de soi, dans la combinaison entre diff&#233;rentes dimensions essentielles : raison et &#233;motions, savoirs rationnels et savoirs sensibles, pens&#233;e scientifique et pens&#233;e r&#234;vante, travail sur soi et avec les autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; AUDI, P. (2010), &lt;i&gt;Cr&#233;er&lt;/i&gt;, Lagrasse, Editions Verdier.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; BLANCHARD-LAVILLE, C. (2004), &#171; L'analyse clinique des pratiques professionnelles, un espace de transitionnalit&#233; &#187;, &lt;i&gt;&#201;ducation permanente&lt;/i&gt;, n&#176; 161.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; BOUILLET, A. (2001), &#171; &#192; la recherche d'une &#233;ducation esth&#233;sique : rudiments, affinit&#233;s, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; HAROCHE, C. (2007), &lt;i&gt;L'avenir du sensible, les sens et les sentiments en question&lt;/i&gt;, Paris, PUF.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; LIBOIS, J. (2013), &lt;i&gt;La part sensible de l'acte, pr&#233;sence au quotidien en &#233;ducation sociale&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, I.E.S. &#201;ditions.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; PHILLIPS, A. (2009), &lt;i&gt;Trois capacit&#233;s n&#233;gatives&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de l'Olivier.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; VALLET, P. (2003), &lt;i&gt;D&#233;sir d'emprise et &#233;thique de la formation&lt;/i&gt;, Paris, l'Harmattan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.innovation-pedagogique.fr/IMG/png/vallet_1.png" length="109526" type="image/png" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;criture d'un M&#233;moire en formation. Entre commande institutionnelle et &#233;mergence d'une singularit&#233;</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article15831.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article15831.html</guid>
		<dc:date>2023-09-01T09:20:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patricia Vallet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Patricia Vallet, &#171; L'&#233;criture d'un M&#233;moire en formation. Entre commande institutionnelle et &#233;mergence d'une singularit&#233; &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 20 | 2006, mis en ligne le 01 f&#233;vrier 2023, consult&#233; le 01 septembre 2023. URL : http://journals.openedition.org/edso/19744 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour pr&#233;ciser ce qui m'am&#232;ne &#224; travailler sur ce th&#232;me, je dois dire que je suis formatrice en service social, et qu'&#224; ce titre j'accompagne fr&#233;quemment des &#233;tudiants dans l'&#233;laboration d'un M&#233;moire de fin (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patricia Vallet, &#171; L'&#233;criture d'un M&#233;moire en formation. Entre commande institutionnelle et &#233;mergence d'une singularit&#233; &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 20 | 2006, mis en ligne le 01 f&#233;vrier 2023, consult&#233; le 01 septembre 2023. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/19744&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/edso/19744&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;ciser ce qui m'am&#232;ne &#224; travailler sur ce th&#232;me, je dois dire que je suis formatrice en service social, et qu'&#224; ce titre j'accompagne fr&#233;quemment des &#233;tudiants dans l'&#233;laboration d'un M&#233;moire de fin d'&#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question centrale que je me pose en permanence est celle-ci : comment cr&#233;er les conditions d'une &#233;criture &#224; la fois rigoureuse et impliqu&#233;e ; autrement dit, &#224; quelles conditions le travail d'&#233;criture d'un M&#233;moire en formation initiale peut-il favoriser un processus de socialisation d&#233;mocratique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;senterai dans cet article tout d'abord le cadre de r&#233;f&#233;rence dans lequel s'inscrit ce travail, puis les enjeux qui s'ouvrent pour celui qui se met &#224; &#233;crire, enfin je terminerai sur la fonction du formateur telle que je la con&#231;ois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Le contexte et la probl&#233;matique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout commence par une commande institutionnelle : en effet, l'&#233;criture du M&#233;moire vient clore un parcours de formation dans le cadre d'une Dipl&#244;me d'&#201;tat ; le cadre r&#233;glementaire fixe un champ d'&#233;tude d&#233;limit&#233;, des normes quantitatives (nombre de pages, interligne, etc.) et qualitatives : du c&#244;t&#233; de la m&#233;thodologie de la recherche en sciences sociales : une probl&#233;matique, une hypoth&#232;se, un terrain de v&#233;rification, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces consignes sont accompagn&#233;es de normes plus implicites du c&#244;t&#233; de l'orthographe et des r&#232;gles syntaxiques&#8230; ainsi que d'une grille d'&#233;valuation qui servira de point d'appui &#224; la notation du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le M&#233;moire vient valider la capacit&#233; d'un candidat &#224; forger sa propre identit&#233; professionnelle. Celui-ci doit &#224; la fois d&#233;montrer comment il a int&#233;gr&#233; lors de son parcours de formation divers &#233;l&#233;ments th&#233;oriques et pratiques pour construire une repr&#233;sentation pertinente du m&#233;tier auquel il se destine, et montrer sa r&#233;elle implication personnelle dans ce travail. De plus, le jury appr&#233;ciera en g&#233;n&#233;ral un travail qui &#171; sort un peu des sentiers battus &#187;, propose quelques pistes de r&#233;flexion neuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi pourrait-on &#224; pr&#233;sent formuler l'injonction suivante qui est en quelque sorte impos&#233;e au candidat : d&#233;montrer qu'il a int&#233;gr&#233; suffisamment les normes et les codes de la culture professionnelle, et &#224; la fois &#233;crire quelque chose d'original sur la question ! Entre normalisation et autonomisation appara&#238;t l'aporie fondatrice de ce travail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Un processus de socialisation d&#233;mocratique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il me semble qu'il peut y avoir trois niveaux d'analyse pour r&#233;pondre &#224; cette question, que j'articulerai en trois temps autour des termes suivants qui fondent ce processus de travail : Faire, D&#233;faire, Laisser-Faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire, c'est &#224; dire travailler activement &#224; Observer, D&#233;crire, D&#233;cortiquer, Analyser, Objectiver&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet ce travail est tout d'abord un processus d'acculturation qui proc&#232;de &#224; partir de la lecture de textes concernant le m&#233;tier et la population d'&#233;tude ; il inclut &#233;galement la rencontre de personnes ressources et d'experts. L'&#233;tudiant doit donc produire un travail actif &#224; la fois pour entrer dans des textes parfois ardus, et pour aller sur le terrain se confronter &#224; la r&#233;alit&#233; des probl&#232;mes &#233;tudi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette mani&#232;re, il va rencontrer diff&#233;rents discours th&#233;oriques, et tenter de les &#233;couter, de les comprendre, de les analyser. Sur le terrain, avec les personnes ressources, il cherche &#224; se faire comprendre par rapport &#224; son int&#233;r&#234;t de recherche ; puis il doit rendre compte des diff&#233;rentes id&#233;es sans les d&#233;former ; il va ouvrir d'autres perspectives, complexifier sa pens&#233;e dans la rencontre avec ces points de vue &#233;ventuellement contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, progressivement, il va ainsi acqu&#233;rir le vocabulaire professionnel, nuanc&#233;, complexe, prudent, int&#233;grer les traits typiques de l'identit&#233; professionnelle ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telle sorte qu'on peut parler alors d'un processus de socialisation ici, par l'acquisition d'une culture professionnelle, et d&#233;mocratique dans le sens o&#249; l'&#233;tudiant apprend &#224; prendre en compte le point de vue d'autrui, le respecter, en tenir compte, le discuter, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;faire ses id&#233;es et s'impliquer dans le travail personnel de l'&#233;criture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se mettre &#224; &#233;crire, c'est se mettre dans une position d'auteur, sortir des postures habituelles et d&#233;faire ses habitudes, se risquer &#224; une position personnelle, s'affranchir un peu de la parole des ma&#238;tres, s'autoriser, se donner le droit de prendre la parole, se rendre soi-m&#234;me auteur-cr&#233;ateur dans ce travail d'implication subjective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un travail d'alt&#233;ration de renoncement et de deuil : choisir un sujet, c'est faire le deuil de tous les autres sujets possibles. C'est encore un travail de perte quand il s'agit de se d&#233;faire des images pr&#233;construites pour affronter la solitude, l'angoisse &#233;ventuellement, la d&#233;r&#233;liction, les al&#233;as de la travers&#233;e, et lutter contre l'impatience des r&#233;ponses ou des solutions toutes faites, du pr&#234;t-&#224;-penser confortable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le probl&#232;me de la temporalit&#233; est aigu si l'on imagine qu'il faut conjuguer le temps personnel n&#233;cessaire &#224; l'&#233;laboration, et le temps prescrit qui fixe des &#233;ch&#233;ances imp&#233;ratives&#8230; c'est-&#224;-dire prendre le temps de se perdre, d'accepter les d&#233;tours et les circonvolutions de sa pens&#233;e, mais aussi se presser de rentrer dans les cadres des attendus fix&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, l'&#233;tudiant doit apprendre &#224; questionner et se questionner sans critiquer les autres ! Autrement dit, il doit chercher &#224; prendre du recul, de la hauteur pour commenter et interroger les id&#233;es neuves qu'il rencontre, sans pour autant entrer dans la critique syst&#233;matique des points de vue oppos&#233;s aux siens propres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rentes dimensions paraissent contribuer &#224; un processus de socialisation d&#233;mocratique si l'on consid&#232;re qu'il permet aux &#233;tudiants de rencontrer l'alt&#233;rit&#233;, (chez l'autre et en eux-m&#234;mes) et d'apprendre &#224; confronter de fa&#231;on constructive leur position &#224; celle d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laisser-Faire, par le travail en groupe et l'analyse de sa pratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif de formation articule des temps de cours de m&#233;thodologie, des temps de travail personnel pour l'&#233;criture, et des temps d'ateliers en groupe, o&#249; les &#233;tudiants peuvent confronter leurs points de vue entre eux &#224; partir d'un travail d'analyse en commun de leur pratique pr&#233;professionnelle, puisque c'est dans ce creuset que s'origine le questionnement qui fonde leur M&#233;moire. Autrement dit, on part de cette pratique pour s'interroger sur les probl&#233;matiques rencontr&#233;es par telle ou telle population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc consid&#233;rer que cette mise en commun des id&#233;es, croyances, convictions, conceptions, qui peuvent &#234;tre discut&#233;es, contest&#233;es, &#233;chang&#233;es et examin&#233;es de fa&#231;on critique et constructive, constitue un espace d&#233;mocratique au sens o&#249; l'entend Pascal Tozzi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tozzi P. Journ&#233;es du CERFEE, la discussion en &#233;ducation et en formation, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; la discussion, interaction sociale et verbale entre les acteurs, constitue le c&#339;ur de cette culture d&#233;mocratique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;changes contradictoires et conflictuels ouvrent &#224; l'expression des id&#233;es propres et singuli&#232;res de certains, l'auto-socio-construction du savoir s'&#233;labore &#224; partir du conflit socio-cognitif2, et l'espace du dissensus est autoris&#233; ! Chacun &#224; la fois se socialise et se d&#233;centre, int&#232;gre le point de vue de l'autre dans sa propre r&#233;flexio&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Doise, W. et Mugny, G. (1981). Le d&#233;veloppement social de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons un risque majeur de normalisation dans ce proc&#233;d&#233;, qui s'apparente &#224; ce que Festinger appelait &#171; la r&#233;duction de la dissonance cognitive &#187; : lorsqu'un &#233;tudiant se retrouve dans une position minoritaire sur une id&#233;e, une question, une opinion, voire surtout dans sa mani&#232;re d'&#233;crire ce m&#233;moire, l'influence du groupe risque toujours de l'amener &#224; revoir son travail dans le m&#234;me sens que les autres&#8230; J'ai en t&#234;te l'exemple de certains &#233;tudiants atypiques qui font leur formation en deux ans au lieu de trois car ils ont des comp&#233;tences diverses qui leur ont permis d'obtenir cet all&#232;gement de formation ; lorsqu'ils se retrouvent dans les ateliers m&#233;moire, ils constatent parfois un d&#233;calage dans leur fa&#231;on de consid&#233;rer les probl&#232;mes et leur vocabulaire n'a pas &#233;t&#233; &#171; moul&#233; &#187; de la m&#234;me mani&#232;re que les &#233;tudiants qui ont fait une premi&#232;re ann&#233;e dans le centre de formation ; et ils vivent souvent ce d&#233;calage comme un d&#233;savantage&#8230; alors qu'il peut produire une originalit&#233; de style tout &#224; fait passionnante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, lors de ce travail en groupe, chaque personne en formation est questionn&#233;e sur ses id&#233;es, mais aussi sur l'avanc&#233;e de son travail d'&#233;criture et des inhibitions ou des rivalit&#233;s peuvent appara&#238;tre entre &#233;tudiants (&#171; il est plus avanc&#233;&#8230; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc un espace d'expression libre mais o&#249; chacun est aussi surexpos&#233; car &#224; la fois son rapport au savoir, ses id&#233;es et ses capacit&#233;s d'&#233;laboration risquent d'&#234;tre interpell&#233;s. Il faut se &#171; laisser faire &#187; par les remarques d'autrui, les accepter, et se laisser-voir m&#234;me dans des moments de doute, de fragilit&#233;. Cet investissement dans l'atelier pr&#233;suppose donc un Id&#233;al du Moi suffisamment fort pour oser se lancer dans l'expos&#233; de son travail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces dimensions du travail en groupe permettent aux &#233;tudiants de se socialiser utilement et de nouer des liens tr&#232;s riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier point essentiel que nous allons aborder &#224; pr&#233;sent concerne le r&#244;le du formateur dans l'accompagnement puisque c'est lui qui est le garant de cet espace de travail, c'est lui qui ouvre et cl&#244;t la discussion, la r&#233;alit&#233; de son pouvoir se d&#233;cline du c&#244;t&#233; du savoir, ainsi que dans l'imposition des r&#232;gles et des rep&#232;res n&#233;cessaires &#224; la socialisation et &#224; l'int&#233;gration de la culture professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;&#201;thique et esth&#233;tique du formateur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je vais pr&#233;senter ici ma conception de la fonction du formateur qui accompagne ce travail d'&#233;laboration, les diff&#233;rents discours qu'il doit conjuguer, et enfin j'ouvrirai sur une perspective peut-&#234;tre plus atypique concernant les fondements de sa posture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa fonction dans ce travail est assez d&#233;licate si l'on consid&#232;re qu'il doit &#224; la fois :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; trouver le contact et la juste proximit&#233; qui favorise le travail et encourage l'expression, soutenir, accompagner le changement et les d&#233;sillusions, &#234;tre pr&#233;sent sans &#234;tre pesant. On pourrait &#233;voquer ici une fonction de contenance ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; demander, arr&#234;ter, sugg&#233;rer, orienter, &#233;valuer, corriger, puisqu'il est garant du cadre de travail et porteur des exigences institutionnelles.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;28Enfin il d&#233;construit, d&#233;fait, d&#233;met, d&#233;cale et remet en question les id&#233;es arr&#234;t&#233;es, les paradoxes sont mis en lumi&#232;re, rien ne va plus de soi, il cr&#233;e un &#233;cart et ce travail de d&#233;sid&#233;alisation demande beaucoup de doigt&#233; pour ne pas &#234;tre v&#233;cu comme une violence faite &#224; l'&#233;tudiant ; en effet, il peut &#234;tre un p&#244;le d'identification porteur ou inhibant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond on pourrait dire qu'il conjugue &#224; la fois quatre types de discours :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le discours scientifique, centr&#233; plut&#244;t sur la rationalit&#233;, la preuve, et les th&#233;ories rep&#233;r&#233;es, la rigueur conceptuelle ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le discours m&#233;thodologique, centr&#233; sur les processus &#224; mettre en &#339;uvre, le &#171; comment faire &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le discours rog&#233;rien, qui soutient l'&#234;tre en formation et accompagne la prise de risque de celui qui se lance dans l'aventure de l'&#233;criture ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le discours analytique, qui prend en compte l'inconscient au travail, et ram&#232;ne la demande de la personne vers son d&#233;sir (notamment pour saisir quelque chose de son rapport au sujet choisi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oserai-je, pour conclure ce travail sur une ouverture, en ajouter un cinqui&#232;me du c&#244;t&#233; de l'artiste ? Si l'on peut se risquer &#224; penser un peu l'&#233;criture po&#233;tiquement, m&#234;me en sciences humaines o&#249; ce n'est peut-&#234;tre pas pens&#233; comme une priorit&#233;&#8230; nulle consigne &#224; cet endroit ; mais seulement ma conception (mon utopie ?) d'une esth&#233;tique de la formation, imag&#233;e par la figure du funambule de Nietzsche oscillant sur son fil au-dessus des p&#233;rils divers. Ce travail d'&#233;quilibriste est situ&#233; dans la voie que proposait Enriquez, qui dans l'homo sapiens r&#233;introduit &#171; l'homo demens, ludens, aestheticus et viator&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enriquez, E. (1999). Le go&#251;t de l'alt&#233;rit&#233;. Paris, Descl&#233;e de Brouwer.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le formateur s'aventure dans des propositions atypiques, innovantes, audacieuses et pr&#233;caires, la pr&#233;carit&#233; &#233;tant entendue aussi comme une valeur ; la pens&#233;e est invit&#233;e &#224; s'illimiter, &#224; s'ouvrir largement, et &#224; conjuguer intelligibilit&#233; et sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au fond, cette posture consiste &#224; travailler sans mod&#232;le absolu et sans garantie derni&#232;re, sa f&#233;condit&#233; tient &#224; sa fragilit&#233; m&#234;me ; il s'agit de s'accorder &#224; chaque situation, &#224; chaque occasion, l'&#233;ventualit&#233; d'une intervention restant toujours ouverte au ka&#239;ros, &#224; l'&#233;v&#233;nement, &#224; la cr&#233;ation continu&#233;e, toujours &#171; en partance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ferry, G. (2000). Partance. Paris, L'Harmattan.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re analyse, notre projet sillonne les bords de l'impossible &#224; dire et &#224; faire et tout est toujours &#224; inventer&#8230; Ainsi, comme l'&#233;crivait Nietzsche : &#171; l'esprit cong&#233;dierait tout d&#233;sir de certitude, exerc&#233; qu'il serait &#224; se tenir sur des possibilit&#233;s l&#233;g&#232;res comme sur des cordes, et m&#234;me &#224; danser au bord des ab&#238;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nietzsche, F. (1993). Le gai savoir in &#338;uvres. Paris, Laffont.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tozzi P. Journ&#233;es du CERFEE, la discussion en &#233;ducation et en formation, Montpellier, 23 et 24 Mai 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Doise, W. et Mugny, G. (1981). Le d&#233;veloppement social de l'intelligence. Paris, Inter&#233;ditions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Enriquez, E. (1999). Le go&#251;t de l'alt&#233;rit&#233;. Paris, Descl&#233;e de Brouwer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ferry, G. (2000). Partance. Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nietzsche, F. (1993). Le gai savoir in &#338;uvres. Paris, Laffont.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
