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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>La discussion en &#233;ducation et formation : probl&#233;matique</title>
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		<dc:creator>Michel Tozzi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un article repris de la revue Education et socialisation, une publication sous licence CC by nc nd &lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Tozzi, &#171; La discussion en &#233;ducation et formation : probl&#233;matique &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 19 | 2005, mis en ligne le 01 mars 2023, consult&#233; le 31 janvier 2024. URL : http://journals.openedition.org/edso/19780 ; DOI : https://doi.org/10.4000/edso.19780 &lt;br class='autobr' /&gt;
La discussion peut appara&#238;tre anthropologiquement &#224; la fois comme un processus de socialisation et un mode collectif (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/19780&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; repris de la revue &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Education et socialisation&lt;/a&gt;, une publication sous licence CC by nc nd&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Michel Tozzi, &#171; La discussion en &#233;ducation et formation : probl&#233;matique &#187;, &#201;ducation et socialisation [En ligne], 19 | 2005, mis en ligne le 01 mars 2023, consult&#233; le 31 janvier 2024. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/edso/19780&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/edso/19780&lt;/a&gt; ; DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/edso.19780&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/edso.19780&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion peut appara&#238;tre anthropologiquement &#224; la fois comme un processus de socialisation et un mode collectif d'&#233;laboration du savoir. C'est cette articulation dans un r&#233;gime d&#233;mocratique et une &#233;poque technoscientifique en qu&#234;te de sens qui pourrait expliquer son irruption massive dans le champ de l'&#233;ducation. Cette &#233;mergence, par rapport &#224; une pratique &#233;ducative traditionnelle, am&#232;ne &#224; reconsid&#233;rer le pouvoir de l'autorit&#233; d'une part, et &#224; reconfigurer l'autorit&#233; du savoir d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entendrons par &#171; discussion &#187; une interaction sociale o&#249; des interlocuteurs humains &#233;changent et confrontent oralement dans un groupe leurs positions sur un probl&#232;me en suspens (question th&#233;orique ou pratique, difficult&#233; rencontr&#233;e, d&#233;cision &#224; prendre), pour proposer une solution.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Les dimensions anthropologiques de la discussion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La discussion comme processus de socialisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne conna&#238;t gu&#232;re l'origine anthropologique de la discussion. Sa condition de possibilit&#233;, en tant qu'&#233;change social verbal, est li&#233;e &#224; l'&#233;mergence du langage, qui a promu l'homme en &#171; inter-locuteur &#187;, et introduit un nouveau type d'&#233;change entre les membres de groupes de l'esp&#232;ce humaine. On peut faire l'hypoth&#232;se que, dans l'&#233;volution de l'humanit&#233;, pour passer du registre de la survie biologique &#224; l'ordre symbolique humain, la discussion s'est instaur&#233;e entre ceux qui avaient le pouvoir d&#232;s qu'il a fallu interpr&#233;ter un interdit ou un rite, pour en d&#233;limiter le sens, d&#233;terminer une formulation pr&#233;cise ou ajuster une proc&#233;dure de passation ou de sanction. La discussion, comme &#233;change r&#233;gl&#233;, sortirait le collectif du r&#232;gne de la violence physique, de l'omnipotence d'un seul, amen&#233; &#224; &#171; consulter &#187;, ou inaugurerait par un &#171; troc d'id&#233;es &#187; un &#233;change entre &#171; dominants &#187;. Elle r&#233;duit donc la toute-puissance par le partage de l'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est significatif que chez Hom&#232;re, dans le chant II de l'Odyss&#233;e, les guerriers d'Ithaque rompent les lances en dessinant un cercle : dans cette configuration constituant un espace public d'&#233;gaux, T&#233;l&#233;maque s'avance au centre, prend en main le sceptre et parle librement. Quand il a fini, il sort du cercle, un autre prend sa place et lui r&#233;pond. La d&#233;mocratie a &#233;lev&#233; la discussion au rang de principe r&#233;gulateur des &#233;changes entre hommes libres sur l'agora de la cit&#233; grecque, et la philosophie des Lumi&#232;res a &#233;tendu les b&#233;n&#233;ficiaires de cet &#233;change dans l'espace public par la proclamation des droits de l'homme et du citoyen, o&#249; libert&#233; d'expression et pluralit&#233; des opinions sont les fondements de l'interlocution politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;mocratie n'a pas l'apanage de la discussion. L'ethnologie par exemple d&#233;finit la palabre africaine comme une discussion entre les sages du village o&#249; l'on devise longuement jusqu'&#224; ce que m&#251;risse une position. Chacun parle &#224; son tour en prenant le b&#226;ton de parole, qui symbolise le moment du pouvoir et du devoir de chacun &#224; s'exprimer dans l'assembl&#233;e coutumi&#232;re. Chaque soci&#233;t&#233; &#233;tablit ses formes d'interdit de la violence originaire et les rites cens&#233;s la canaliser : par exemple substituer &#224; la vengeance la discussion du proc&#232;s ; instaurer dans le temps de la discussion un ordre du jour ; des modalit&#233;s de tours de parole ; des fonctions dans le groupe, comme pr&#233;sident de s&#233;ance, mod&#233;rateur, secr&#233;taire, rapporteur ; des fa&#231;ons de commencer, de trancher sur un point, comme le vote, et de conclure ; des fa&#231;ons de r&#233;guler des conflits, tels l'injure, qui se d&#233;clarent ou se r&#233;activent pendant l'&#233;change, comme le rappel &#224; l'ordre. Ce sont ces inventions proc&#233;durales qui vont faire de la discussion un &#233;change r&#233;gl&#233;, une activit&#233; sociale apte &#224; r&#233;gler des probl&#232;mes par la n&#233;gociation, la recherche de compromis acceptables, la prise de d&#233;cision, ou l'approfondissement collectif d'une question pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de discussion possible en effet sans surseoir au rapport de force physique, sans passer des coups aux mots, du combat au d&#233;bat. Discuter implique une ma&#238;trise du corps et de ses pulsions : l'&#233;motion violemment ressentie soit reste fig&#233;e dans l'immobilit&#233;, soit au contraire se d&#233;charge dans la fuite ou l'attaque. La discussion discipline cet affect par une contention de l'explosion limbique, tout en canalisant la r&#233;ponse vers le traitement cortical d'une formulation verbale. Le corps de l'autre perd sa pr&#233;sence globale, massive et intrusive, pour maintenir une distance ad&#233;quate o&#249; l'attention se focalise sur le visage, sa bouche et ses yeux, &#171; face &#224; face &#187; humanis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'entendre &#187;, au sens &#233;l&#233;mentaire de percevoir des sons pour en d&#233;crypter les sens, suppose une prise en compte de l'autre, et sa reconnaissance comme interlocuteur dans une r&#233;ciprocit&#233; de l'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discuter implique la volont&#233; de se comprendre pour se positionner les uns par rapport aux autres. Se comprendre n'est pas forc&#233;ment s'approuver. D'ailleurs la discussion cesse lorsqu'on tombe d'accord. La discussion n'est donc pas ou plus seulement possible quand dans un rapport de force l'une des parties en pr&#233;sence est capable de soumettre les autres &#224; sa volont&#233;, qui y consentent contraints et forc&#233;s. Elle ne se poursuit qu'autant que la solution n'est pas trouv&#233;e, la d&#233;cision prise, l'approbation atteinte. La r&#233;ponse, le consensus tuent la discussion, c'est-&#224;-dire la question en jeu, la difficult&#233; soulev&#233;e, le diff&#233;rend persistant. La discussion se nourrit de la diversit&#233; due &#224; la confrontation &#224; l'alt&#233;rit&#233;, et en particulier du d&#233;saccord. Mais ce d&#233;saccord reste verbal, ne tourne pas &#224; l'affrontement violent ; il s'exprime avec civilit&#233;, c'est-&#224;-dire dans une forme qui ne rompt pas la relation, mais sauvegarde le lien social, la &#171; face &#187; d'autrui (Goffman), et peut m&#234;me donner du plaisir, comme dans la recherche. Si des hommes consentent librement &#224; habiter cette &#171; institution &#187;, c'est qu'elle peut assurer un minimum de confort reptilien et limbique &#224; ceux qui ne craignent pas une expression qui donne publicit&#233; &#224; leur avis, et consentent &#224; une confrontation cognitive et publique &#224; autrui. Assumer un d&#233;saccord manifest&#233;, sans se sentir attaqu&#233; dans son int&#233;grit&#233;, est une conqu&#234;te sur le r&#232;glement des diff&#233;rends humains par l'agressivit&#233; physique ou verbale. L'injure est en effet un coup verbal, qui cherche &#224; atteindre l'autre pour le blesser narcissiquement. La discussion cesse avec l'injure, qui n'entend plus l'autre, mais r&#233;pond par une d&#233;charge verbale &#233;motive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est une invention humaine, une production culturelle historique, apprise et transmise, en rupture avec la loi de la jungle, qui maintient et m&#234;me peut conforter le lien social, dans une confrontation &#224; autrui qui exclut la (d&#233;)raison du plus fort physiquement, et l'attaque verbale ad hominem. C'est un compromis social acceptable, une fa&#231;on de se confronter sans s'affronter. C'est l'apprentissage humain d'un rapport &#224; l'autre et au groupe confront&#233;, mais m&#233;diatis&#233; par un usage du langage affectivement r&#233;gul&#233; et cognitivement orient&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1C'est en ce sens un processus de socialisation, une fa&#231;on de vivre ensemble, de cr&#233;er du lien social, un lien social humanis&#233;. C'est pourquoi cette appropriation concerne le domaine de l'&#233;ducation et de la formation. Tout particuli&#232;rement dans une soci&#233;t&#233; qui se veut d&#233;mocratique, o&#249; l'&#233;cole r&#233;publicaine, dans sa mission d'&#233;ducation &#224; la citoyennet&#233;, doit poser les ba&lt;a href=&#034;https://www.innovation-pedagogique.fr/ecrire/?exec=article_edit&amp;id_article=17238#ses&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.innovation-pedagogique.fr/ecrire/?exec=article_edit&amp;id_article=17238#ses&lt;/a&gt; d'une socialisation d&#233;mocratique des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La discussion comme mode collectif d'&#233;laboration du savoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la discussion n'est pas seulement au niveau interpersonnel, groupal et politique un certain partage du pouvoir (avec l'id&#233;al r&#233;gulateur de l'&#233;galit&#233; entre citoyens en d&#233;mocratie), qui permet aux hommes de coexister par une communication sociale orale partag&#233;e. C'est historiquement un processus de co-construction du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de discussion possible en droit devant une v&#233;rit&#233; qui s'impose. Qu'elle soit r&#233;v&#233;l&#233;e, ant&#233;rieure, ext&#233;rieure et sup&#233;rieure par sa transcendance, comme la parole divine, assertion absolue et d&#233;finitive , ou arr&#234;t&#233;e par une autorit&#233; supr&#234;me, tyran, roi, duce, dictateur, &#171; p&#232;re du peuple &#187;, etc. La discussion ne commence qu'o&#249; cesse le dogme, contenu intouchable de la foi religieuse ou politique, en dehors duquel il n'y a qu'h&#233;t&#233;rodoxie &#224; excommunier, dissidence &#224; &#233;radiquer, mais pas d&#233;bat &#224; engager, car ce serait douter de l'indiscutable. Elle est inaugur&#233;e l&#224; o&#249; la v&#233;rit&#233; n'est pas transparente dans le texte, mais doit &#234;tre interpr&#233;t&#233;e ; et continue tant qu'il y a d&#233;bat d'interpr&#233;tation, et que l'ex&#233;g&#232;se n'est pas tranch&#233;e par une instance autoris&#233;e ou un consensus entre herm&#233;neutes. Elle s'instaure et se poursuit lorsque le savoir n'est pas donn&#233;, mais doit se construire, parce qu'il est une r&#233;ponse &#224; une question que l'on se pose, et dont on va chercher par une d&#233;marche r&#233;flexive une solution en la confrontant &#224; d'autres, pour voir si elle est fond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cette fa&#231;on que s'est historiquement construit le savoir scientifique. Confront&#233;s &#224; des ph&#233;nom&#232;nes peu &#233;lucid&#233;s par les explications en cours, des hommes se sont mis au travail et ont esquiss&#233; d'autres propositions, aussit&#244;t &#226;prement d&#233;battues par leurs confr&#232;res, jusqu'&#224; ce que soit on les fasse taire parce qu'ils apparaissaient comme dangereux pour les th&#233;ories et les pouvoirs en place (la discussion s'arr&#234;te devant la force !), soit on parvienne &#224; un nouveau consensus, relatif jusqu'&#224; d'autres remaniements n&#233;cessaires. L'&#233;pist&#233;mologie nous pr&#233;sente aujourd'hui une &#171; v&#233;rit&#233; &#187; scientifique, y compris math&#233;matique, moins comme une d&#233;couverte absolue et d&#233;finitive que comme une construction de l'esprit ou une repr&#233;sentation de la r&#233;alit&#233; qui fait consensus provisoire, mais non arbitraire, par l'administration de la preuve au cours de d&#233;bats engag&#233;s dans la communaut&#233; internationale des experts de la discipline. Le savoir scientifique est donc un processus socialis&#233; de validation des connaissances par le d&#233;bat. La discussion appara&#238;t de ce fait comme un moyen privil&#233;gi&#233; d'engager un rapport au savoir et &#224; la v&#233;rit&#233;, ce qui est important pour le syst&#232;me &#233;ducatif, dont l'une des missions essentielles est la transmission du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons d'ailleurs qu'elle cesse lorsque les d&#233;batteurs s'inclinent volontairement devant un argument, une th&#232;se, une position, une solution qu'ils jugent fond&#233;s en raison. On peut &#234;tre vaincu par une personne, mais on est convaincu par la raison, c'est-&#224;-dire par soi-m&#234;me, par la raison en soi partag&#233;e avec autrui. La raison, parce que sa rationalit&#233; universalise la validation d'une assertion et en permet la communication, permet l'adh&#233;sion &#224; des propositions communes, en un jeu gagnant-gagnant dans l'accord intersubjectif. La discussion &#224; registre rationnel est donc une instance culturelle par laquelle les hommes forment une communaut&#233; rationnelle des esprits qui d&#233;passe le groupe en pr&#233;sence pour concerner l'humanit&#233;, et qui est un espace o&#249; peuvent se confronter des r&#233;ponses &#224; des questions philosophiques, et des solutions &#224; des probl&#232;mes scientifiques. Si elle cesse d&#232;s qu'un consensus s'esquisse, c'est parce qu'elle pr&#233;suppose en droit la possibilit&#233; d'un accord des esprits, en tant qu'elle invoque la raison comme principe r&#233;gulateur des &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion appara&#238;t ainsi anthropologiquement, dans l'histoire de l'humanit&#233;, au croisement d'un double processus de socialisation et de construction des connaissances. C'est pourquoi elle concerne aujourd'hui notre soci&#233;t&#233; &#224; la fois d&#233;mocratique et techno-scientifique, dans un contexte global de crise du sens o&#249; elle peut &#234;tre le lieu de dire et de mutualiser les incertitudes afin de confronter les chemins. Son irruption massive ne va pas cependant sans poser probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Questionner l'irruption massive de la discussion dans le champ de l'&#233;ducation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une irruption massive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique sociale de la discussion, dont l'un des genres, la &#171; confrontation des opinions &#187;, a &#233;t&#233; amplifi&#233;e par l'explosion des m&#233;dias (exemple d'&#233;mission : &#171; &#231;a se discute ! &#187;), a diffus&#233; dans la soci&#233;t&#233; globale. L'exigence d&#233;mocratique, ins&#233;parable de l'obligation de discuter pour d&#233;terminer le bien commun, semble se d&#233;velopper avec l'&#233;l&#233;vation du niveau d'&#233;ducation de la population, et avec une complexit&#233; soci&#233;tale qui, multipliant les niveaux et les instances, doit articuler la diversit&#233; des groupes d'appartenance. Elle s'enracine publiquement dans le sentiment d'insatisfaction vis-&#224;-vis de la repr&#233;sentativit&#233; politique et la crise de l'investissement citoyen dans l'espace public. Tout en misant sur un h&#233;donisme personnel, chacun regrette le rel&#226;chement du lien social et des habitus de civilit&#233;, qui substitue dans les faits les incivilit&#233;s au dialogue, et contraint &#224; la r&#233;pression. La mont&#233;e de l'individualisme et &#171; le d&#233;clin de l'institution &#187; (F. Dubet), qui pr&#233;formatait chacun dans des habitus de r&#244;les fonctionnels, am&#232;ne &#224; recourir soit au rapport de force, soit au raidissement l&#233;gislatif, soit &#224; la discussion pour r&#233;soudre les conflits ou r&#233;guler les dysfonctionnements croissants de la communication. L'individu est amen&#233;, dans le flou des cadres collectifs et le dissensus sur des valeurs communes, &#224; n&#233;gocier et contractualiser pour un temps limit&#233; ses relations privatives, pour tisser la coexistence sur la base des int&#233;r&#234;ts en pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus ou moins selon les milieux sociaux et les personnalit&#233;s, mais on discute et n&#233;gocie d&#233;sormais dans le couple, d&#232;s que la femme est port&#233;e par le courant s&#233;culaire de l'&#233;mancipation financi&#232;re et de l'autonomie personnelle ; avec les enfants, sur les choix de loisirs, d'activit&#233;s, de fr&#233;quentations, d'orientation, d'&#233;tude et de m&#233;tier, sur les heures de sortie, l'achat d'un moyen de d&#233;placement, le montant de l'argent de poche, etc. Mais aussi avec les amants, les amis, les coll&#232;gues au travail ; entre patrons et salari&#233;s, pas seulement dans les relations syndicales classiques, qui entrem&#234;lent rapport de force et n&#233;gociation, mais dans le cadre du &#171; management participatif des ressources humaines &#187;, du travail d'&#233;quipe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat est &#224; l'ordre du jour dans le syst&#232;me &#233;ducatif fran&#231;ais :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; dans la vie scolaire (ex : la formation des &#233;l&#232;ves d&#233;l&#233;gu&#233;s) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; dans la vie de classe : on encourage dans le primaire, alors qu'ils apparaissaient jadis comme subversifs, la mise en place de &#171; conseils coop&#233;ratifs &#187; de type Freinet ou &#171; p&#233;dagogie institutionnelle &#187; ; on a institutionnalis&#233; une heure de vie de classe dans le secondaire, avec des &#171; d&#233;bats de r&#233;gulation &#187; ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; dans l'enseignement des disciplines : en fran&#231;ais on demande des &#171; d&#233;bats d'interpr&#233;tation &#187; oraux sur des textes &#224; partir de passages qui &#171; r&#233;sistent &#187; d&#232;s la maternelle, on vise &#224; d&#233;velopper des capacit&#233;s argumentatives par des discussions dans le cadre d'une didactique de l'oral en constitution ; en &#233;ducation civique (rebaptis&#233;e &#171; vivre ensemble &#187;), on a rendu obligatoire en cycle 2 et 3 du primaire une demi-heure de d&#233;bat par semaine ; en sciences &#233;conomiques et sociales on d&#233;bat sur des &#171; questions socialement vives &#187; ; en math&#233;matiques on organise &#224; partir de &#171; probl&#232;mes ouverts &#187; des &#171; d&#233;bats scientifiques &#187; ; en sciences exp&#233;rimentales on confronte des hypoth&#232;ses &#224; partir d'&#233;nigmes sur des ph&#233;nom&#232;nes naturels (cf. la d&#233;marche de situations probl&#232;mes de &#171; la main &#224; la patte &#187;) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; on a introduit au lyc&#233;e l'ECJS (&#201;ducation Civique, Juridique et Sociale), qui n'est pas une discipline mais un &#171; enseignement &#187;, avec l'objectif explicite de la &#171; m&#233;thodologie du d&#233;bat argument&#233; &#187;. Dans l'exp&#233;rimentation de la philosophie en lyc&#233;e professionnel, la discussion l'emporte sur le cours magistral ou la dissertation. Les innovations font une large part &#224; la discussion : on voit &#233;merger dans le syst&#232;me &#233;ducatif des &#171; discussions &#224; vis&#233;e philosophique &#187; au primaire et en coll&#232;ge, etc.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat appara&#238;t donc comme une activit&#233; structurant de mani&#232;re transversale l'&#233;cole, tant au niveau de la vie scolaire que de l'enseignement des disciplines. On peut interpr&#233;ter cette r&#233;currence, cette insistance comme un sympt&#244;me. Sur fond d'&#233;volutions soci&#233;tales, ce succ&#232;s pourrait s'expliquer parce que le d&#233;bat est &#224; la rencontre de finalit&#233;s jug&#233;es actuellement d&#233;cisives pour le syst&#232;me &#233;ducatif. Il est en effet &#224; la confluence :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; de la ma&#238;trise orale de la langue (indicateur fondamental des difficult&#233;s et de l'&#233;chec scolaires), dont il est l'un des principaux genres ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; de l'&#233;ducation &#224; la civilit&#233; et &#224; la citoyennet&#233;, jug&#233;e prioritaire &#224; cause de la mont&#233;e des &#171; incivilit&#233;s &#187;, d'une part parce qu'il met en jeu une &#233;thique communicationnelle de la personne, d'autre part parce qu'il relie politiquement son apprentissage dans l'&#233;cole de la R&#233;publique &#224; celui de la participation d&#233;mocratique d'un citoyen critique dans l'espace public ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; de la co-construction des savoirs dans la classe, qui constitue une &#171; communaut&#233; de recherche &#187; &#224; partir de probl&#232;mes, d'&#233;nigmes, de questions, selon le paradigme socio-constructiviste des didactiques disciplinaires.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat est ainsi didactis&#233; &#224; l'&#233;cole comme objectif d'apprentissage (&#171; apprendre &#224; d&#233;battre &#187;), par exemple en didactique de l'oral en fran&#231;ais, pour ma&#238;triser un genre de l'oral comme &#171; genre scolaire &#187; (au sens de Schneuwly) ; en &#233;ducation civique, pour savoir intervenir dans &#171; l'espace public scolaire &#187; de la classe et l'&#233;tablissement. Mais aussi comme moyen d'apprentissage disciplinaire de savoirs et de savoir-faire, et de socialisation d&#233;mocratique pour &#171; vivre ensemble en apprenant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant il tente d'articuler, c'est son aspect &#171; symptomatique &#187;, ce qui fait crise &#224; l'&#233;cole (et dans la soci&#233;t&#233;) :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le rapport &#224; la loi, par une relation plus coop&#233;rative au pouvoir, acceptant le bien fond&#233; des r&#232;gles de l'&#233;change, qui &#233;chappe tant &#224; l'autoritarisme rejet&#233; qu'&#224; un laxisme anomique ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le rapport au savoir, par une relation signifiante, non dogmatique et socialis&#233;e &#224; la connaissance, plus conforme &#224; la conception &#233;pist&#233;mologique moderne du rapport &#224; la v&#233;rit&#233; ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la qu&#234;te de sens, en redonnant une signification aux apprentissages scolaires (ex : le d&#233;bat en math&#233;matiques), ou &#224; ma propre vie (discussion &#224; vis&#233;e philosophique).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Questionner cette &#233;mergence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette irruption massive du d&#233;bat et de la discussion dans le champ &#233;ducatif (famille, &#233;cole, formation continue, animation, etc.), s'inscrit dans une demande soci&#233;tale globale de discussion, dont on regrette le d&#233;ficit dans le champ politique et &#233;conomique, d&#233;nonce les caricatures m&#233;diatiques, et promeut la pratique dans la soci&#233;t&#233; civile (voir par exemple la prolif&#233;ration des caf&#233;s de discussion en tout genre), la vie associative, nouveau champ de l'engagement, et la vie priv&#233;e. L'&#233;cole ne fait que refl&#233;ter cette demande, d'autant qu'elle est cens&#233;e pr&#233;parer un monde de demain plus id&#233;al !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'en est-il de l'introduction du mode discussionnel dans la relation &#233;ducative et le champ de la transmission ? Qu'introduit celui-ci dans la &#171; forme scolaire &#187; (G. Vincent) ? Quels sont son int&#233;r&#234;t, ses limites, peut-&#234;tre ses d&#233;rives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une reconfiguration de l'autorit&#233; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autorit&#233; traditionnelle (le chef, le pater familias, l'enseignant comme &#171; ma&#238;tre &#187;) ne discute pas. Elle prend seule les d&#233;cisions, pour le bien de la communaut&#233;. Elle ordonne, et se fait ob&#233;ir. Premier article de l'ancien code militaire : &#171; La discipline est la force principale des arm&#233;es. Tout ordre doit &#234;tre ex&#233;cut&#233; sans h&#233;sitation ni murmure. &#187; L'ordre est performatif, il appelle au faire, et non &#224; la r&#233;ciprocit&#233; de la r&#233;partie et &#224; la dynamique de l'&#233;change. Au pourquoi faire ceci, dire ou taire cela, cette autorit&#233; r&#233;pond &#171; parce que parce que ! Point final ou point barre &#187;. Elle n'a pas &#224; se justifier parce qu'elle est la source de la l&#233;galit&#233;. Plus exactement sa l&#233;gitimit&#233; est d'un autre ordre (par exemple Dieu), qui fonde l'ordre qu'elle donne. L'ob&#233;issance est en contre-partie une vertu qui &#233;l&#232;ve par humilit&#233; et reconnaissance, notamment vis-&#224;-vis de celui qui a donn&#233; la vie ou le nom, d&#233;livre le savoir et la tradition, transmet les valeurs et la sagesse. La sanction, y compris corporelle, est &#233;ducative, parce qu'elle vise &#224; redresser l'impertinent, &#224; le faire sortir de l'animalit&#233; agressive. Cette autorit&#233; informe, elle peut expliquer, mais elle n'a pas &#224;, ne doit pas, et m&#234;me n'a pas int&#233;r&#234;t &#224; justifier ou argumenter sa position. C'est l'autorit&#233; qui fait argument, et non l'argument autorit&#233;. Quand on est indiscut&#233;, on ne peut entrer dans le discutable et le n&#233;goci&#233; sous peine de se faire remettre en question, de faire vaciller sa l&#233;gitimit&#233;. Une autorit&#233; qui discute, &#224; terme se discute, et risque de se dissoudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est contre cette conception &#171; autoritariste &#187; de l'autorit&#233; &#233;ducative que s'est &#233;lev&#233;e &#171; la pens&#233;e 68 &#187; (Ferry-Renaut) : &#171; d&#233;coloniser l'enfant &#187; (Mendel), &#233;duquer de &#171; libres enfants &#187; (Neil), att&#233;nuer une inutile &#171; surr&#233;pression &#187; (Marcuse) pour favoriser leur potentiel d&#233;veloppemental spontan&#233; par une &#233;ducation lib&#233;rale en famille, et par une &#171; autogestion p&#233;dagogique &#187; (Lobrot) avec un &#171; ma&#238;tre-camarade &#187; &#224; l'&#233;cole. Les m&#233;thodes actives de &#171; l'&#233;ducation nouvelle &#187;, fond&#233;es sur l'int&#233;r&#234;t de l'enfant et le &#171; travail coop&#233;ratif &#187; (Freinet), s'appuyaient d&#233;j&#224; sur la mise en activit&#233; des &#233;l&#232;ves, le travail en groupe, le d&#233;bat de r&#233;gulation et de d&#233;cision dans la classe consid&#233;r&#233;e comme micro-soci&#233;t&#233; o&#249; l'on prend des initiatives et des responsabilit&#233;s. Le ma&#238;tre, jadis propri&#233;taire du monopole de la parole l&#233;gitime, d&#233;cidant souverainement qui devait &#224; tel moment parler, r&#233;pondre s'il &#233;tait interrog&#233;, ou se taire, n&#233;gociait l'ordre du jour du conseil, et demandait la parole &#224; son pr&#233;sident de s&#233;ance &#233;l&#232;ve ! Quant &#224; la &#171; p&#233;dagogie institutionnelle &#187; (Oury-Vasquez, Pain), influenc&#233;e par le caract&#232;re structurant de la loi dans la psychanalyse, elle insistait sur la d&#233;limitation d'un cadre (les &#171; m&#233;tiers &#187;, les &#171; ceintures &#187;, le &#171; conseil &#187; et ses proc&#233;dures, etc.), pour organiser par des &#171; institutions &#187; la cogestion de l'autorit&#233; et des apprentissages. La discussion d&#233;mocratique et le partage du savoir entre pairs, notamment par l'entraide, entraient donc dans la classe. Les responsables du syst&#232;me &#233;ducatif comprirent, suite &#224; la multiplication des incivilit&#233;s scolaires, que l'apprentissage de la discussion pouvait constituer, notamment dans les zones sensibles, un moyen de pacification scolaire, comme &#233;ducation &#224; la civilit&#233; par une socialisation d&#233;mocratique des individus et des groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me dans la famille, il fallait d&#233;sormais donner la parole &#224; l'enfant, &#233;couter son v&#233;cu, comprendre son point de vue et prendre en compte son avis (Dolto), ne pas le corriger sous peine de le traumatiser. Cette tendance est renforc&#233;e par l'adoption de la &#171; Convention internationale des droits de l'enfant &#187;, qui prot&#232;ge l'enfant de tout abus de pouvoir : la gifle, de m&#233;thode coercitive &#233;ducative, car on l'avait m&#233;rit&#233;e, est devenue maltraitance en famille et faute professionnelle &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devient alors une autorit&#233; qui discute ? Qu'a-t-elle &#224; y perdre ou &#224; gagner ? Ne perd-elle pas pr&#233;cis&#233;ment son autorit&#233;, sa puissance de commander et de se faire respecter, sa transcendantalit&#233; comme fondement l&#233;gitime ? Discuter n'entra&#238;ne-t-il pas une parit&#233;, une horizontalit&#233; qui &#171; d&#233;-verticalise &#187; sa position de surplomb, et disqualifie sa pr&#233;tention, par l'ant&#233;riorit&#233; de l'&#226;ge, la sup&#233;riorit&#233; de l'exp&#233;rience et des connaissances, le mandat soci&#233;tal &#224; &#233;duquer et transmettre ? Introduire une exigence d&#233;mocratique de discussion dans la relation &#233;ducative familiale et scolaire, constitu&#233;e de l'asym&#233;trie des &#226;ges (adulte-enfant), des statuts (parent-enfant, ma&#238;tre-&#233;l&#232;ve), des comp&#233;tences et des responsabilit&#233;s (&#233;ducative, civile, p&#233;nale), n'est-ce pas saper les bases de l'ordre social, des hi&#233;rarchies anthropologiquement l&#233;gitimes, de la continuit&#233; inter ou transg&#233;n&#233;rationnelle, des institutions n&#233;cessaires pour int&#233;grer les enfants dans un monde humain ? Importer dans la communaut&#233; affective familiale ou dans l'apprentissage scolaire, &#224; un moment o&#249; l'on n'est que citoyen potentiel, et o&#249; il s'agit moins de transformer la soci&#233;t&#233; professionnellement ou civiquement que d'engranger le capital humain amass&#233;, un mod&#232;le d'adultes citoyens &#233;gaux en droit dans la cit&#233; ; n'est-ce pas transf&#233;rer sauvagement et ind&#251;ment des concepts et des pratiques du registre politique au registre &#233;ducatif ? Ne pas se donner les concepts ad&#233;quats pour penser la sp&#233;cificit&#233; de la relation &#233;ducative ? Certains philosophes critiquent la pente libertaire de la &#171; pens&#233;e 68 &#187; (Ferry-Renaut), et relativisent une interpr&#233;tation laxiste des droits de l'enfant (Finkelkraut), renforc&#233;e par la diffusion psychanalytique de la &#171; cause des enfants &#187;, qui d&#233;bouche sur l'id&#233;ologie de &#171; l'enfant roi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept d'&#171; autorit&#233; &#233;ducative d&#233;mocratique &#187; peut-il alors avoir un sens ? Qu'on contractualise avec les gens que l'on choisit peut sembler souhaitable ; mais on ne choisit ni ses parents ni ses ma&#238;tres, leur autorit&#233; est moins politiquement ou affectivement &#233;lective et r&#233;vocable que transmissive. Et pourtant qu'est-ce qu'une autorit&#233; non reconnue ? La fugue, la r&#233;bellion, l'insoumission, la d&#233;sob&#233;issance t&#233;moignent-elles seulement d'une nature barbare &#224; civiliser, d'une pathologie &#171; sauvageonne &#187; individuelle ou sociale &#224; soigner, &#171; surveiller ou punir &#187; (Foucault) ? Ou d'une r&#233;action vitale &#224; l'&#233;touffement de la personne, au dressage des corps et des esprits, &#224; &#171; l'incarc&#233;ration &#187; de certaines institutions, d'une intelligence des abus de pouvoir, d'une conscience confuse ou lucide de droits &#224; revendiquer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y a-t-il d'autorit&#233; que &#171; naturelle &#187;, par la force physique (le rapport de force d'un p&#232;re avec son gosse), la ruse ou la s&#233;duction, ou culturelle, par la &#171; violence symbolique &#187; des institutions (Bourdieu), c'est-&#224;-dire d&#233;j&#224; l&#224; pour celui qui va s'y confronter (pour se conformer, s'ins&#233;rer, s'int&#233;grer diront les uns, pour apprendre la soumission, se couler dans le carcan du moule diront les autres) ? Ou peut-elle &#234;tre aussi construite, conquise, progressivement reconnue, et pourquoi pas m&#233;rit&#233;e, par la capacit&#233; &#224; proposer, et pas seulement imposer, &#224; &#233;couter et prendre en compte, &#224; d&#233;cider apr&#232;s avoir consult&#233;, recueilli des avis, &#224; synth&#233;tiser des points de vue divers ? L'autorit&#233; qui se m&#233;rite par un processus de reconnaissance de comp&#233;tences en gestion de groupe et de conflit, d'exp&#233;rience de situations, de connaissances dans un domaine, qui se fonde sur la confiance en une personne fiable, qui sait prendre ses responsabilit&#233;s mais aussi d&#233;l&#233;guer du pouvoir peut &#234;tre un nouveau mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence. Est-il possible avec des enfants et des adolescents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il subsiste du non n&#233;gociable, par exemple en mati&#232;re d'interdictions relatives &#224; la l&#233;gislation ou &#224; la s&#233;curit&#233;, qui s'imposent &#224; l'&#233;ducateur lui-m&#234;me, et dont il est le garant r&#233;glementaire, engageant sa propre responsabilit&#233; juridique, sans compter ses propres valeurs &#233;thiques qu'il juge formateur de transmettre et de ne pas transgresser. Pas d'autorit&#233; sans obligation de faire respecter certaines r&#232;gles, et donc sans sanction de leur transgression. Une autorit&#233; &#233;ducative d&#233;mocratique croit &#224; la n&#233;cessit&#233; de discuter pour faire comprendre le bien-fond&#233; d'une sanction. Elle n'est donc pas sans &#171; autorit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le laxisme o&#249; se dissout toute autorit&#233;, parce que le &#171; laisser faire &#187; supprime tout cadre structurant pour une personnalit&#233; en construction identitaire qui a besoin de limites &#224; son fantasme de toute puissance, et l'autoritarisme, qui ne correspond plus aux tendances soci&#233;tales d'un individualisme &#233;mancipateur, et serait per&#231;u comme atteinte aux libert&#233;s individuelles et aux droits de l'enfant, une nouvelle figure de l'autorit&#233; &#233;ducative se cherche, articulant la consistance d'une normativit&#233; n&#233;cessaire avec des processus r&#233;gulateurs de discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la pratique de la discussion ne reconfigure pas seulement le pouvoir de l'autorit&#233;, elle am&#232;ne &#224; reconsid&#233;rer le statut du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Reconsid&#233;rer le statut du savoir et son mode d'autorit&#233; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne partie de l'autorit&#233; du ma&#238;tre, formalis&#233;e par sa d&#233;l&#233;gation institutionnelle d'instruction, est fond&#233;e sur sa ma&#238;trise de connaissances. C'est parce que le ma&#238;tre sait qu'il est habilit&#233; &#224; transmettre. Il fait ainsi b&#233;n&#233;ficier l'&#233;l&#232;ve, qui fait l'&#233;conomie de ce temps, du patrimoine de mill&#233;naires de recherches humaines t&#226;tonnantes (invention de l'&#233;criture, de l'imprimerie, des sciences humaines et sociales, de l'informatique, etc.). Le savoir est cet acquis capitalis&#233; par les hommes qui sert de base pour d'autres d&#233;couvertes : il y a donc devoir de transmission et c'est l'un des sens (signification et direction) de l'&#233;cole. Il ne peut donc, au fondement du progr&#232;s, &#234;tre contest&#233;. On ne va pas voter pour savoir si en math&#233;matiques le th&#233;or&#232;me de Pythagore est dans la g&#233;om&#233;trie d'Euclide &#171; plut&#244;t vrai &#187;, ou si en histoire 1515 est une marque de bi&#232;re ou la bataille de Marignan ! Le savoir scientifique n'est pas une opinion disput&#233;e au caf&#233; du commerce, ou sur laquelle on peut faire un sondage. On ne discute pas 2 + 2 = 4, on m&#233;morise par c&#339;ur sa table de multiplication. Sa v&#233;rit&#233;, parce qu'elle est attest&#233;e, doit &#234;tre transmise, comprise, apprise et retenue. La d&#233;monstration en math&#233;matiques, la v&#233;rification en sciences exp&#233;rimentales, la concordance de t&#233;moignages de sources ind&#233;pendantes en histoire convainquent la raison. Et alors qu'en d&#233;mocratie, la d&#233;cision appartient aux plus nombreux (le pouvoir du nombre), en science un seul peut avoir raison contre tous, par la pertinence du raisonnement ou l'administration de la preuve (le savoir rationnel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le savoir fait autorit&#233;. Discuter l'autorit&#233; du savoir, ce serait instiller le doute sur le pouvoir de conna&#238;tre, sur la l&#233;gitimit&#233; de la raison &#224; construire du consensus universel, estomper les crit&#232;res entre croire et savoir, m&#233;langer opinion et connaissance, revenir en arri&#232;re sur les efforts de l'humanit&#233; pour tenter de r&#233;pondre avec m&#233;thode et rigueur aux probl&#232;mes qu'elle formule : une r&#233;gression obscurantiste face &#224; la diffusion des &#171; lumi&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui est dit de la science doit &#234;tre repris pour cette autre forme de rationalit&#233; que constitue la philosophie. Discuter consiste &#224; exprimer, &#233;changer, d&#233;fendre et combattre les opinions auxquelles on tient. Philosopher consiste au contraire &#224; sortir de l'opinion subjective, contingente et relative de la caverne (Platon), &#224; douter m&#233;thodiquement, radicalement et syst&#233;matiquement de ses &#233;vidences (Descartes), &#224; user avec jugement de sa raison (Kant), &#224; &#171; cr&#233;er du concept &#187; (Deleuze), &#224; &#233;laborer une vision du monde, un syst&#232;me coh&#233;rent d'interpr&#233;tation, dans la &#171; patience du concept &#187; (Hegel). La discussion d&#233;mocratique cherche &#224; avoir raison pour que triomphe son opinion, c'est-&#224;-dire l'influence sur autrui, et non comme la science ou la philosophie le rapport &#224; la v&#233;rit&#233; de ce que l'on avance. D'o&#249; les tentations et les d&#233;rives de la discussion : la doxologie, o&#249; l'on se contente de dire ce que l'on pense sans chercher vraiment &#224; penser ce que l'on dit ; la sophistique, ou l'on cherche plus &#224; persuader l'autre qu'&#224; se convaincre rationnellement soi-m&#234;me ; la d&#233;magogie, o&#249; l'on dit ce que l'autre pense pour qu'il vous approuve et vote pour vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc int&#233;r&#234;t &#224; distinguer nettement la nature &#233;pist&#233;mologique du savoir, avec son rapport &#224; la v&#233;rit&#233; et &#224; l'universalit&#233;, avec ses crit&#232;res rationnels d'&#233;laboration, de la discussion d'opinions, avec ses enjeux plus de pouvoir que de savoir. Le savoir ne se discute pas, comme les opinions : on y adh&#232;re par compr&#233;hension de sa logique interne, de sa rationalit&#233; propre, car c'est l'argument qui y fait autorit&#233;. Le savoir est sous l'autorit&#233; de la raison, qui seule fonde en connaissance l'autorit&#233; du ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes l'&#233;cole doit transmettre les r&#233;sultats scientifiques comme autant d'acquis patrimoniaux et de bases pour l'exercice d'une profession ou la recherche future. Mais elle doit aussi et surtout insuffler dans ces perspectives l'esprit scientifique, le sens du probl&#232;me (Bachelard) et de la d&#233;marche pour r&#233;soudre les probl&#232;mes pos&#233;s. Et donc s'int&#233;resser autant au processus qu'au produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle doit aussi accompagner cette appropriation d'une r&#233;flexion &#233;pist&#233;mologique sur le champ de validit&#233; d'un th&#233;or&#232;me, d'une loi ou d'une th&#233;orie, et sur les modes de r&#233;solution des questions, sans lesquels des m&#233;canismes d'application n'ont pas grand sens pour un sujet, et surtout ne permettent gu&#232;re de transf&#233;rer les savoirs. Or il y a aussi des acquis &#233;pist&#233;mologiques. 2 + 2 n'&#233;galent 4 qu'en base 10, et la somme des angles d'un triangle est sup&#233;rieure &#224; deux droits dans la g&#233;om&#233;trie de Rieman, et inf&#233;rieure dans celle de Lobatchevsky ! La m&#233;canique de Newton ne &#171; colle &#187; avec les faits qu'abstraction faite de la vitesse de la lumi&#232;re, et la r&#233;volution de Michelet n'a rien &#224; voir avec celle de F. Furet&#8230; Non pas qu'une v&#233;rit&#233; scientifique soit relative au sens d'&#171; arbitraire &#187;, mais parce qu'elle n'a sa validit&#233; que dans un syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence donn&#233; (la somme des angles vaut seulement, mais n&#233;cessairement 180 degr&#233;s dans la g&#233;om&#233;trie d'Euclide). Une conception de la v&#233;rit&#233; scientifique diffus&#233;e comme absolue et d&#233;finitive en ferait un dogme positiviste, l'&#233;quivalent d'une nouvelle religion &#233;ducativement r&#233;v&#233;l&#233;e, peu conforme &#224; l'&#233;pist&#233;mologie contemporaine, sa modestie devant la complexit&#233; du r&#233;el (Morin), son principe de &#171; raison limit&#233;e &#187; (Simon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'importance dans l'enseignement scientifique d'introduire d'une part l'apprentissage des d&#233;marches scientifiques, d'autre part l'histoire des sciences, qui montre que le savoir a &#233;t&#233; socialement construit, et enfin la dimension &#233;pist&#233;mologique des principes, m&#233;thodes et r&#233;sultats. Dans l'apprentissage de ces d&#233;marches, il faut aussi int&#233;grer les acquis des th&#233;ories de l'apprentissage socio-constructivistes. Les recherches faites montrent que, dans son processus d'appropriation de connaissances, le sujet doit entrer en conflit cognitif avec lui-m&#234;me pour travailler sur ses repr&#233;sentations premi&#232;res, qui sont souvent des pr&#233;jug&#233;s, ce qui lui est facilit&#233; par des conflits sociocognitifs avec autrui, la confrontation interindividuelle r&#233;gul&#233;e (c'est-&#224;-dire sans d&#233;rive socio-affective), et centr&#233;e sur des enjeux intellectuels, favorisant le dialogue intra individuel (Vigotsky). La discussion rationnelle entre &#233;l&#232;ves sous la conduite du ma&#238;tre peut &#234;tre, avec l'observation, l'exp&#233;rimentation ou la mod&#233;lisation, un des moyens de faire &#233;voluer ses repr&#233;sentations sur le r&#233;el, comme elle le fut et le reste dans la communaut&#233; de savants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que l'on discute que tout se vaut. Dans cette relativisation des opinions, il n'y aurait plus de place pour une formation scientifique ou philosophiques sp&#233;cifiques. Si l'on discute &#224; l'&#233;cole, c'est au contraire parce que tout ne se vaut pas, et qu'il faut argumenter rationnellement pour savoir o&#249; est la v&#233;rit&#233; et qui a raison en cas de d&#233;saccord. En &#233;ducation, la discussion, pour &#234;tre formative, c'est-&#224;-dire &#233;chapper &#224; la conversation, &#224; l'&#233;change qui d&#233;rive au gr&#233; des associations d'id&#233;es et charrie les pr&#233;jug&#233;s, doit &#234;tre porteuse d'exigences intellectuelles. C'est pourquoi nous avons d&#233;velopp&#233; dans nos travaux (cf. le site &lt;a href=&#034;http://www.philotozzi.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.philotozzi.com&lt;/a&gt; &#8211; jusqu'en 2013 &#8211; et &lt;a href=&#034;http://www.micheltozzi.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.micheltozzi.com&lt;/a&gt; &#8211; apr&#232;s 2013), la th&#232;se que pour avoir une vis&#233;e philosophique, une discussion doit tenter d'articuler, dans un &#233;change impliqu&#233;, sur des questions fondamentales pour chaque homme, des processus de pens&#233;e : probl&#233;matisation de questions, d'affirmations et de notions, conceptualisation de notions et distinctions conceptuelles, argumentation de th&#232;ses et d'objections&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un savoir co-&#233;labor&#233; par une discussion ne se juge pas &#224; la dynamique d'un groupe, la force d'un leader, la ruse ou la s&#233;duction d'un membre, le poids du nombre, mais au &#171; meilleur argument &#187; (Habermas) rationnel, &#224; celui susceptible d'universalisation, partageable par une &#171; communaut&#233; de recherche &#187; (Lipman). La discussion n'am&#232;ne donc pas, si elle est conduite avec des objectifs et un cadre rigoureux &#8212; c'est l'enjeu de sa didactisation disciplinaire &#8212; une d&#233;valorisation du savoir qui r&#233;duirait le ma&#238;tre &#224; un animateur, la classe au caf&#233; du commerce et la connaissance &#224; de l'opinion. Mais elle incite &#224; reconsid&#233;rer le statut du savoir : celui d'une production sociale historiquement &#233;labor&#233;e par des exigences propres soumises &#224; une critique collective rationnelle, dont le champ de validit&#233; est circonscrit dans un domaine, et &#233;tabli par des m&#233;thodes sp&#233;cifiques. Elle reconfigure l'autorit&#233; du savoir, formation culturelle majeure, mais non v&#233;rit&#233; &#171; r&#233;v&#233;l&#233;e &#187; par un ma&#238;tre ou simplement attest&#233;e par des livres, parce qu'il faut s'en approprier le sens, comprendre sa construction, adh&#233;rer &#224; sa coh&#233;rence et sa pertinence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence de la discussion dans le champ contemporain de l'&#233;ducation et de la formation nous semble confirmer la double dimension anthropologique de celle-ci : ancrer dans l'histoire humaine un processus de socialisation d&#233;mocratique des individus et des groupes, donner une fonction &#224; l'&#233;change rationnel r&#233;gl&#233; pour la co-production et la co-appropriation du savoir humain. Ce processus ne se fait pas sans remaniement profond du r&#244;le du ma&#238;tre et du statut du savoir. S'esquissent d'une part une nouvelle figure, &#171; l'autorit&#233; coop&#233;rative &#187;, comme cadre structurant les interactions &#233;ducatives par un jeu r&#233;gul&#233; des &#233;changes, des d&#233;cisions, des conflits, des n&#233;gociations&#8230; et d'autre part une nouvelle configuration du savoir, dont l'autorit&#233; non dogmatique s'origine dans un rapport &#224; la v&#233;rit&#233; qui se construit dans des d&#233;marches de confrontations rationnelles, et s'approprie par les dimensions socialis&#233;e et &#233;pist&#233;mologique de son &#233;laboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N.B. &#171; D&#233;bat scolaire : les enjeux anthropologiques d'une didactisation &#187; est paru dans le num&#233;ro 24 de Tr&#233;ma publi&#233; en 2004, &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/trema/598&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/trema/598&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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