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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>R&#233;sum&#233; de HDR. Concevoir des technologies &#233;mergentes acceptables : compl&#233;mentarit&#233; des approches exp&#233;rimentale, &#233;cologique et prospective</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article12682.html</link>
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		<dc:date>2022-10-18T15:47:38Z</dc:date>
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		<dc:creator>Emilie Loup-Escande</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les technologies &#233;mergentes &#8211; parfois qualifi&#233;es de nouvelles technologies ou technologies innovantes &#8211; peuvent &#234;tre d&#233;finies sur la base de quatre caract&#233;ristiques : un caract&#232;re novateur, des usages peu clairs, des limites qui en ralentissent l'application et une promesse de transformation du contexte &#233;conomique et social dans lequel elles sont introduites (Loup-Escande, 2021). Le caract&#232;re &#233;mergent de ces technologies questionne l'ergonomie de conception &#224; travers deux difficult&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique3.html" rel="directory"&gt;Veille&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les technologies &#233;mergentes &#8211; parfois qualifi&#233;es de nouvelles technologies ou technologies innovantes &#8211; peuvent &#234;tre d&#233;finies sur la base de quatre caract&#233;ristiques : un caract&#232;re novateur, des usages peu clairs, des limites qui en ralentissent l'application et une promesse de transformation du contexte &#233;conomique et social dans lequel elles sont introduites (Loup-Escande, 2021). Le caract&#232;re &#233;mergent de ces technologies questionne l'ergonomie de conception &#224; travers deux difficult&#233;s majeures. La premi&#232;re, li&#233;e au paradoxe de l'ergonomie de conception, correspond &#224; l'absence de recommandations ergonomiques du fait de manque d'usages et de pr&#233;c&#233;dents. La seconde difficult&#233; concerne la complexit&#233; intrins&#232;que &#224; ces technologies &#233;mergentes et &#224; l'interaction de l'utilisateur avec ces derni&#232;res questionnant au moins quatre dimensions ergonomiques : l'utilit&#233;, l'utilisabilit&#233;, l'exp&#233;rience utilisateur et l'acceptabilit&#233;. En effet, ces technologies sont caract&#233;ris&#233;es par des fonctionnalit&#233;s relativement novatrices (Loup-Escande et al., 2013) et des interfaces souvent tr&#232;s innovantes sugg&#233;rant parfois des probl&#232;mes d'utilisabilit&#233; (Chaniaud, 2020) voire d'exp&#233;rience utilisateur (Tcha-Tokey, 2018) ayant des cons&#233;quences en termes d'acceptabilit&#233; (Sagnier, 2019). Ce concept d'acceptabilit&#233; a &#233;t&#233; abord&#233; dans la litt&#233;rature au travers de diff&#233;rentes acceptions : l'acceptabilit&#233; sociale, l'acceptabilit&#233; pratique et l'acceptabilit&#233; situ&#233;e, et des relations avec les dimensions connexes pr&#233;cit&#233;es ont &#233;t&#233; identifi&#233;es (Sagnier et al., 2019). Par ailleurs, l'ergonomie de conception mobilise trois approches m&#233;thodologiques : l'approche exp&#233;rimentale h&#233;rit&#233;e du courant Human Factors, l'approche &#233;cologique issue de l'ergonomie de l'activit&#233; et l'approche prospective qui consiste &#224; anticiper les futurs besoins, usages et comportements en vue de cr&#233;er des syst&#232;mes qui soient adapt&#233;s aux utilisateurs (Loup-Escande et al., 2021).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/activites/7345&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; (avril 2022) de la revue &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/activites&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, une publication sous licence Creative Commons by nc nd&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Emilie Loup-Escande (2019). &#8220;Concevoir des technologies &#233;mergentes acceptables : compl&#233;mentarit&#233; des approches exp&#233;rimentale, &#233;cologique et prospective&#8221;. Habilitation &#224; diriger des recherches &#8211; &#201;cole Doctorale Sciences Humaines et Sociales (ED 586), UFR Sciences Humaines Sociales et Philosophie, Centre de Recherche en Psychologie : Cognition, Psychisme et Organisations (UR UPJV 7273 CRP&#8209;CPO), Universit&#233; de Picardie Jules-Verne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie introductive pr&#233;sente notre itin&#233;raire personnel, professionnel et scientifique, ainsi que les deux objectifs de cette HDR. Le premier pose les bases d'une acceptabilit&#233; qui repose sur l'id&#233;e selon laquelle ne consid&#233;rer qu'une seule facette de l'acceptabilit&#233; ne serait pas suffisant pour garantir que la technologie soit effectivement accept&#233;e par ses utilisateurs. Le second objectif d&#233;montre qu'il est souhaitable de mobiliser les trois approches m&#233;thodologiques pr&#233;c&#233;demment &#233;voqu&#233;es afin d'appr&#233;hender l'acceptabilit&#233; dans les processus de conception des technologies &#233;mergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section II alimente le premier objectif affich&#233; en posant les fondements th&#233;oriques d'une approche holistique de l'acceptabilit&#233; des technologies &#233;mergentes, qui int&#233;grerait non seulement les repr&#233;sentations des utilisateurs quant &#224; l'utilit&#233; et l'utilisabilit&#233;, mais aussi les qualit&#233;s instrumentales et non instrumentales de la technologie, relativement aux sp&#233;cificit&#233;s du contexte d'usage, de la technologie et des utilisateurs. Plus pr&#233;cis&#233;ment, l'acceptabilit&#233; sociale et l'acceptabilit&#233; pratique se compl&#232;tent dans la mesure o&#249; l'acceptabilit&#233; pratique ne consid&#232;re pas le rapport subjectif entre l'Homme et la technologie contrairement &#224; l'acceptabilit&#233; sociale qui repose sur l'id&#233;e selon laquelle les perceptions des utilisateurs sur l'utilit&#233; et la facilit&#233; d'utilisation de la technologie impactent les attitudes de ces derniers envers son utilisation. L'acceptabilit&#233; pratique est compl&#233;mentaire &#224; l'acceptabilit&#233; sociale en ce sens qu'une technologie acceptable serait une technologie ayant une bonne qualit&#233; en termes d'utilit&#233; et d'utilisabilit&#233; &#171; r&#233;elles &#187; ainsi qu'une exp&#233;rience utilisateur positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acceptabilit&#233; sociale et l'acceptabilit&#233; situ&#233;e s'articulent &#233;galement de fa&#231;on pertinente. En effet, l'acceptabilit&#233; situ&#233;e consid&#232;re le contexte d'usage et l'activit&#233; dans laquelle s'int&#232;gre la technologie, ainsi que l'&#233;volution des repr&#233;sentations des utilisateurs en fonction des usages effectifs, contrairement &#224; l'acceptabilit&#233; sociale. Cette derni&#232;re se pr&#233;occupe davantage des perceptions des utilisateurs &#224; un moment donn&#233; et en fonction de ses repr&#233;sentations essentiellement a priori. En int&#233;grant les sp&#233;cificit&#233;s de l'approche situ&#233;e, les mod&#232;les de l'acceptabilit&#233; sociale resteraient &#224; enrichir et &#224; &#233;prouver aupr&#232;s d'utilisateurs finaux dans des contextes d'usage bien d&#233;finis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'acceptabilit&#233; pratique et l'acceptabilit&#233; sociale sont compl&#233;mentaires sur trois points. Tout d'abord, les &#233;tudes men&#233;es hors contexte r&#233;el permettent d'anticiper et d'aboutir &#224; des technologies suffisamment acceptables (au sens de &#171; pratique &#187;) et d'&#233;viter un rejet massif de la part des utilisateurs en contexte d'usages et de travail r&#233;els. Ensuite, les &#233;tudes in situ conduites avec ces technologies permettent, quant &#224; elles, de parfaire l'acceptabilit&#233; (au sens de &#171; situ&#233;e &#187;) en &#233;tablissant des liens entre les repr&#233;sentations quant &#224; la technologie d'une part et l'utilit&#233; et l'utilisabilit&#233; r&#233;elles d'autre part. Enfin, l'acceptabilit&#233; situ&#233;e reste propre &#224; un contexte d'usages bien d&#233;fini, et ne permet donc pas d'obtenir des donn&#233;es g&#233;n&#233;ralisables &#224; d'autres situations. Nous pensons que cette limite peut &#234;tre compens&#233;e par l'acceptabilit&#233; pratique si l'on confronte la technologie &#224; un large panel d'utilisateurs. Ainsi, en utilisant les contributions de ces deux approches, nous pourrions nous centrer non seulement sur l'usage de la technologie en contexte et selon une perspective longitudinale afin de nous &#233;clairer sur la dynamique d'int&#233;gration de celle-ci dans les activit&#233;s de ses utilisateurs et sur les processus d'appropriation susceptibles d'appara&#238;tre, mais aussi sur la mise en place de situations d'&#233;valuation simul&#233;es et proches du contexte r&#233;el d'usage de cette technologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sections III, IV et V s'appuient sur nos recherches pour alimenter les contributions de chaque approche aux diff&#233;rentes facettes de l'acceptabilit&#233; apportant ainsi des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse au second objectif de l'HDR. Plus pr&#233;cis&#233;ment, nous montrons que l'approche exp&#233;rimentale &#8211; au sens d'exp&#233;rimentation et de simulation de situations (via des tests utilisateurs) &#8211; contribue de fa&#231;on judicieuse &#224; d&#233;finir l'acceptabilit&#233; pratique et l'acceptabilit&#233; sociale d'une technologie &#233;mergente. En l'occurrence, nous avons mis en &#233;vidence que l'exp&#233;rimentation avait permis de produire des donn&#233;es sur l'utilit&#233; et l'utilisabilit&#233; per&#231;ues et r&#233;elles des technologies &#233;mergentes, et par cons&#233;quent d'aboutir &#224; des mod&#232;les th&#233;oriques mais &#233;galement &#224; des outils de mesure (par ex., Tcha-Tokey, 2018 ; Chaniaud, 2020) transposables et r&#233;utilisables dans d'autres contextes exp&#233;rimentaux, et servant de cadres d'analyse &#224; des contextes plus &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous montrons ensuite en quoi l'approche &#233;cologique est particuli&#232;rement appropri&#233;e pour alimenter l'acceptabilit&#233; situ&#233;e et sociale. En l'occurrence, nous avons mis en &#233;vidence que l'analyse et la compr&#233;hension d&#233;taill&#233;es de l'activit&#233; existante sans technologie &#233;mergente &#233;taient n&#233;cessaires pour co-concevoir son utilit&#233; en particulier au sens de ce qu'apporterait cette technologie &#224; la situation non outill&#233;e, ainsi que ses propri&#233;t&#233;s d'utilisabilit&#233; (par ex., Loup-Escande &amp; Loup, 2021). Par ailleurs, nos travaux montrent que les perceptions (a priori et a posteriori) et l'usage effectif de la technologie &#233;mergente en situation d'usages permettent de parfaire l'acceptabilit&#233; de cette derni&#232;re en optimisant ses fonctionnalit&#233;s et propri&#233;t&#233;s (par ex., Sagnier, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7Nous terminons par l'int&#233;r&#234;t et la pertinence de l'approche prospective pour investiguer l'acceptabilit&#233; sociale, pratique et situ&#233;e. Tout d'abord, nos travaux montrent que les m&#233;thodes de cr&#233;ativit&#233; individuelle d&#233;ploy&#233;es par les concepteurs et la caract&#233;risation des utilisateurs (par ex., au travers des personas) sont utiles pour imaginer et anticiper les fonctionnalit&#233;s et les propri&#233;t&#233;s de la technologie d&#233;terminant son acceptabilit&#233; pratique (par ex., Loup-Escande et al., 2019). Ensuite, nous avons montr&#233; que les situations collectives de cr&#233;ativit&#233; telles que les brainstormings &#233;taient propices &#224; la co-construction de repr&#233;sentations partag&#233;es favorisant la convergence de perceptions sur des usages jusqu'alors non envisag&#233;s, contribuant ainsi &#224; la d&#233;finition de l'acceptabilit&#233; sociale. Enfin, les tests utilisateurs men&#233;s avec de r&#233;els utilisateurs finaux sont un moyen pour eux de se rendre compte des potentialit&#233;s de la technologie et d'envisager d'autres usages en les projetant dans des contextes r&#233;els. Ils enrichissent ainsi l'acceptabilit&#233; situ&#233;e en ce sens qu'il y a un d&#233;but de d&#233;veloppement mutuel entre l'Homme, la technologie et son usage (par ex., Loup-Escande et al., 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie conclusive met en discussion le r&#244;le de l'ergonomie dans les projets d'innovations technologiques. Dans le cadre des technologies &#233;mergentes, l'ergonomie peut intervenir dans deux grands types de projets : les projets technocentr&#233;s et les projets anthropocentr&#233;s. Il en d&#233;coule des contextes de projets et des demandes/attentes de la part des partenaires tr&#232;s diff&#233;rents impactant la fa&#231;on dont l'acceptabilit&#233; va &#234;tre appr&#233;hend&#233;e par le chercheur en ergonomie qui doit &#8211; dans ce domaine sp&#233;cifique &#8211; &#234;tre capable d'adopter des orientations &#233;pist&#233;mologiques diff&#233;rentes. Les projets technocentr&#233;s sont souvent associ&#233;s &#224; une strat&#233;gie &#171; Technology Driver &#187; qui vise &#224; d&#233;velopper des innovations technologiques radicales en misant sur une activit&#233; intense de Recherche &amp; D&#233;veloppement (Davies &amp; Buisine, 2017). Dans ces projets, les travaux sur l'acceptabilit&#233; visent g&#233;n&#233;ralement &#224; &#233;valuer des technologies impl&#233;ment&#233;es pour r&#233;soudre des verrous technologiques et pour lesquelles il n'y a pas n&#233;cessairement d'utilisateurs pr&#233;d&#233;termin&#233;s ou pour lesquelles le public est clairement identifi&#233;. L'exp&#233;rimentation est l'approche la plus pertinente puisque l'ergonomie cherche ici non seulement &#224; &#233;valuer l'interaction directe entre l'utilisateur et la technologie ind&#233;pendamment d'un contexte justifiant ainsi des situations artificielles et d&#233;limit&#233;es, mais aussi &#224; recueillir des donn&#233;es objectives et subjectives aupr&#232;s d'un large panel de personnes en vue d'am&#233;liorer le dispositif le plus souvent en termes d'utilisabilit&#233;. L'Homme moyen, parfois critiqu&#233; dans la litt&#233;rature en ergonomie de l'activit&#233; avan&#231;ant la recherche de standardisation et l'absence de consid&#233;ration de variabilit&#233; inter-individuelle, est ici recherch&#233; puisqu'il ne s'agit pas de consid&#233;rer les particularit&#233;s de chaque individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les projets anthropocentr&#233;s dans lesquels les innovations sont d&#233;velopp&#233;es pour un contexte et une population envisag&#233;s, trois cat&#233;gories peuvent &#234;tre distingu&#233;es. Les deux premi&#232;res cat&#233;gories font r&#233;f&#233;rence &#224; la strat&#233;gie &#171; Market Reader &#187; qui, sur la base d'une bonne connaissance des demandes et besoins exprim&#233;s par les utilisateurs, innove de fa&#231;on incr&#233;mentale et personnalise les produits notamment technologiques (Davies &amp; Buisine, 2017). La premi&#232;re cat&#233;gorie concerne les projets visant &#224; concevoir et &#233;valuer des applications destin&#233;es &#224; un public large et h&#233;t&#233;rog&#232;ne et dont les contextes d'usage sont peu nombreux et d&#233;limit&#233;s. Dans ces projets, l'approche exp&#233;rimentale est parfaitement adapt&#233;e. La deuxi&#232;me cat&#233;gorie de projets anthropocentr&#233;s concerne ceux qui cherchent &#224; concevoir et &#233;valuer des technologies destin&#233;es &#224; des contextes pr&#233;cis et un public a priori clairement identifi&#233;. L'approche &#233;cologique est, dans ces cas, la plus ad&#233;quate puisqu'il n'est pas n&#233;cessaire d'acc&#233;der &#224; une masse de donn&#233;es importante, l'objectif &#233;tant de rep&#233;rer la singularit&#233; des utilisateurs r&#233;els en termes de caract&#233;ristiques et de besoins fonctionnels et non fonctionnels, et des sch&#232;mes d'utilisation mis en &#339;uvre avec la technologie comme moyen et support &#224; l'activit&#233;. Pour favoriser l'acceptabilit&#233;, cette approche doit &#234;tre coupl&#233;e &#224; une d&#233;marche inductive et &#224; une conception participative. En effet, le chercheur en ergonomie doit r&#233;pondre &#224; des questionnements naissant du terrain ici clairement &#233;tabli et doit impliquer les utilisateurs d&#232;s les phases amont de la conception de la technologie (c.-&#224;-d., dans les processus d&#233;cisionnels) jusqu'&#224; l'int&#233;gration dans l'organisation en vue d'y investiguer les processus d'int&#233;gration dans l'activit&#233; et l'appropriation par les op&#233;rateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me cat&#233;gorie correspond aux projets anthropocentr&#233;s visant la conception de technologies destin&#233;es &#224; des contextes et des utilisateurs peu ou non clairement d&#233;finis. Elle s'inscrit essentiellement dans une strat&#233;gie &#171; Need Seeker &#187; &#8211; encore peu r&#233;pandue dans les entreprises fran&#231;aises &#8211; qui consiste &#224; anticiper les besoins futurs afin de proposer un produit r&#233;pondant &#224; ces besoins non exprim&#233;s, et ainsi g&#233;n&#233;rer des innovations radicales centr&#233;es sur les fonctions, propri&#233;t&#233;s et usages des produits (Davies &amp; Buisine, 2017). L'approche prospective est la plus adapt&#233;e dans ces projets gr&#226;ce aux m&#233;thodes favorisant la cr&#233;ativit&#233; (par ex., personas, utilisateurs extraordinaires, staffs d'experts de communaut&#233;s) et la projection dans l'usage (par ex., sc&#233;narios) qui lui sont associ&#233;es. Le d&#233;fi pour l'ergonomie est de faire en sorte que les dimensions anticip&#233;es (par ex., les fonctionnalit&#233;s, etc.) et acceptables a priori par ceux qui les ont &#233;voqu&#233;es soient accept&#233;es au cours de l'usage effectif. Ce dernier point pourra ais&#233;ment &#234;tre investigu&#233; au moyen d'approches classiques en ergonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous terminons cette HDR par plusieurs perspectives de recherche pour poursuivre des travaux sur l'acceptabilit&#233;. Une premi&#232;re perspective est d'investiguer l'accessibilit&#233; comme un facteur d'acceptabilit&#233; via le design universel. L'accessibilit&#233; consiste &#224; &#171; fournir un acc&#232;s &#233;gal aux environnements physiques et num&#233;riques en offrant des lieux et des ressources s&#251;rs, sains et adapt&#233;s &#224; la diversit&#233; des personnes susceptibles d'en faire usage &#187; (Folcher &amp; Lompr&#233;, 2012, p. 89-90). Pour parvenir &#224; des technologies acceptables, les principes de conception universelle doivent &#234;tre pens&#233;s avec l'id&#233;e que l'accessibilit&#233; est une propri&#233;t&#233; construite sur la base des repr&#233;sentations &#224; propos de la technologie et des d&#233;ficiences associ&#233;es &#224; l'&#226;ge et/ou au handicap, &#233;volutive en fonction du moment de la conception et/ou de l'usage et situ&#233;e puisqu'elle d&#233;pend du contexte d'utilisation de la technologie (Porcher, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me perspective concerne l'adoption d'une vision plus macroscopique de l'acceptabilit&#233; de ces technologies &#233;mergentes &#224; travers deux niveaux d'analyse. Le premier niveau porte sur la structure organisationnelle dans laquelle les technologies &#233;mergentes sont int&#233;gr&#233;es. Dubois et Bobillier-Chaumon (2009) rappellent que &#171; l'organisation induit des situations de subordination et il est difficile pour un salari&#233; de refuser individuellement la technologie qui organise les mani&#232;res de travailler, de communiquer, etc. &#187; (p. 308). En d'autres termes, l'organisation (formelle) contraint l'acceptabilit&#233; des technologies. Une piste serait de penser un accompagnement au changement technologique en synergie avec des proc&#233;dures suffisamment ouvertes de sorte &#224; permettre &#224; l'op&#233;rateur de maintenir son &#171; pouvoir d'agir &#187; et &#171; les marges de man&#339;uvre &#187; (Clot &amp; Simonet, 2015) malgr&#233; la technologie impos&#233;e par la hi&#233;rarchie. Le second niveau, relatif &#224; l'organisation vivante, concerne l'&#233;tude de l'acceptabilit&#233; des technologies &#233;mergentes par les collectifs de travail. Ces derniers se construisent &#171; entre des op&#233;rateurs et des op&#233;ratrices qui partagent des objectifs renvoyant &#224; la r&#233;alisation d'un travail de qualit&#233;, c'est-&#224;&#8208;dire renvoyant aux crit&#232;res d'efficacit&#233; du travail selon eux et au sens qu'ils accordent &#224; ce travail &#187; (Caroly &amp; Barcellini, 2013, p. 35). Si la technologie, par son introduction, a des effets sur le travail collectif dans ce contexte d'activit&#233;s alors m&#233;diatis&#233;es, elle impacte &#233;galement le collectif de travail en ce sens qu'elle modifie sa capacit&#233; &#171; &#224; &#233;laborer ou r&#233;&#8208;&#233;laborer des normes et des r&#232;gles encadrant l'action, en lien avec les crit&#232;res de qualit&#233; du travail, &#224; g&#233;rer la conflictualit&#233; dans les rapports de travail et enfin &#224; donner un sens au travail &#187; (Caroly &amp; Barcellini, 2013, p. 35). Ainsi, c'est &#224; travers une d&#233;marche compr&#233;hensive des collectifs de travail dans des activit&#233;s m&#233;diatis&#233;es par les technologies &#233;mergentes qu'il sera possible d'identifier les facteurs d'acceptabilit&#233; de ces technologies par ces collectifs et, ainsi, faire &#233;voluer les mod&#232;les d'acceptabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me perspective est de comprendre et de caract&#233;riser les nouveaux m&#233;tiers n&#233;s de l'Industrie du futur en vue de corriger voire de pr&#233;venir les effets d&#233;l&#233;t&#232;res pour les op&#233;rateurs. D'une part, il s'agirait de faire un &#233;tat des lieux des repr&#233;sentations &#224; l'&#233;gard de ces technologies et d'en caract&#233;riser les activit&#233;s r&#233;elles outill&#233;es, dans le but d'induire un changement de repr&#233;sentations et r&#233;duire, ainsi, les craintes et r&#233;ticences observ&#233;es envers les robots et autres technologies &#233;mergentes. D'autre part, il semblerait pertinent de s'int&#233;resser &#224; l'hyper-connexion susceptible d'appara&#238;tre du fait d'un acc&#232;s continu aux outils de travail &#224; distance via l'implantation de la connectivit&#233; dans l'industrie, entra&#238;nant des d&#233;bordements de la vie professionnelle sur la sph&#232;re priv&#233;e et pouvant mener &#224; l'&#233;puisement professionnel des salari&#233;s voire &#224; une addiction au travail.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes de la r&#233;daction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habilitation &#224; diriger des recherches &#8211; &#201;cole Doctorale Sciences Humaines et Sociales (ED 586), UFR Sciences Humaines Sociales et Philosophie, Centre de Recherche en Psychologie : Cognition, Psychisme et Organisations (UR UPJV 7273 CRP-CPO), Universit&#233; de Picardie Jules-Verne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenue le 29 novembre 2019, &#224; l'Universit&#233; de Picardie Jules-Verne,&lt;br class='autobr' /&gt;
par Emilie Loup&#8209;Escande, emilie.loup-escande@u-picardie.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jury&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric BRANGIER, Examinateur, Universit&#233; de Lorraine&lt;br class='autobr' /&gt;
St&#233;phanie BUISINE, Rapporteur, Ecole d'Ing&#233;nieurs CESI Nanterre&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Marie BURKHARDT, Examinateur, IFSTTAR&lt;br class='autobr' /&gt;
Simon RICHIR, Examinateur, Arts et M&#233;tiers ParisTech&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Claude SAGOT, Rapporteur, Universit&#233; de Technologie de Belfort&#8208;Montb&#233;liard&lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;rard VALLERY, Garant, Universit&#233; de Picardie Jules-Verne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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