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	<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
	<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/</link>
	<description>Un site participatif, lieu de partage et d'&#233;change autour des initiatives en transitions et des innovations p&#233;dagogiques dans l'enseignement sup&#233;rieur francophone.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Innovation P&#233;dagogique et transition</title>
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		<title>Accompagnement du processus cr&#233;atif dans un &#171; Atelier Terre de la ville de Toulouse &#187; : reconnaissance de l'&#234;tre sensible et r&#244;le des autres pour y parvenir.</title>
		<link>https://www.innovation-pedagogique.fr/article11773.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.innovation-pedagogique.fr/article11773.html</guid>
		<dc:date>2022-04-05T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cecilia Olabarrieta</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/IMG/png/biennale2021.png' align=&#034;right&#034; height=&#034;70&#034; width=&#034;70&#034;&gt;A partir de l'exp&#233;rience d'accompagnement dans &#171; l'Atelier Terre Croix Baragnon de la mairie de Toulouse &#187; depuis 14 ans, je propose de raconter comment cette activit&#233; se transforme au contact des autres, qu'il s'agisse d'intervenants ext&#233;rieurs au cours de workshops avec un ou plusieurs artistes propos&#233;s chaque ann&#233;e, ou qu'ils s'agissent des participants aux ateliers. La r&#233;flexivit&#233; sur ma pratique d'accompagnement me permet aujourd'hui de mettre en lumi&#232;re comment l'exp&#233;rience personnelle de chacun contribue &#224; clarifier ce que veut dire accompagner un processus cr&#233;atif, ce qui renvoie &#224; une relation entre un dialogue avec la terre et un dialogue entre nous. Parler de dialogue permet de mettre l'accent sur le processus de cr&#233;ation, plus que sur la technique qui permet de l'exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens d'ailleurs, j'ai habit&#233; dans d'autres pays, avec une histoire personnelle et collective. Je suis architecte de formation, mais j'ai eu envie d'explorer des espaces entre diff&#233;rents mondes professionnels et artistiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour j'ai quitt&#233; l'architecture, j'ai fait la rencontre avec la terre. J'ai tout de suite &#233;t&#233; attir&#233;e par l'argile.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/rubrique54.html" rel="directory"&gt;Biennale de l'&#233;ducation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7573 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://labiennale-education.eu&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L500xH46/bandeautitrebiennale-6-88793.png?1649142031' width='500' height='46' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;center text-center&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cecilia Olabarrieta&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mairie de Toulouse, Centre Culturel Bellegarde, Atelier Terre 31000 &lt;i&gt;cecilia.olabarrieta@mairie-toulouse.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec des remerciements &#224; : - La mairie de Toulouse, - Caroline (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7543 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L168xH224/biennale30-1-b808d.png?1647956453' width='168' height='224' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A partir de l'exp&#233;rience d'accompagnement dans &#171; l'Atelier Terre Croix Baragnon de la mairie de Toulouse &#187; depuis 14 ans, je propose de raconter comment cette activit&#233; se transforme au contact des autres, qu'il s'agisse d'intervenants ext&#233;rieurs au cours de workshops avec un ou plusieurs artistes propos&#233;s chaque ann&#233;e, ou qu'ils s'agissent des participants aux ateliers. La r&#233;flexivit&#233; sur ma pratique d'accompagnement me permet aujourd'hui de mettre en lumi&#232;re comment l'exp&#233;rience personnelle de chacun contribue &#224; clarifier ce que veut dire accompagner un processus cr&#233;atif, ce qui renvoie &#224; une relation entre un dialogue avec la terre et un dialogue entre nous. Parler de dialogue permet de mettre l'accent sur le processus de cr&#233;ation, plus que sur la technique qui permet de l'exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens d'ailleurs, j'ai habit&#233; dans d'autres pays, avec une histoire personnelle et collective. Je suis architecte de formation, mais j'ai eu envie d'explorer des espaces entre diff&#233;rents mondes professionnels et artistiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour j'ai quitt&#233; l'architecture, j'ai fait la rencontre avec la terre. J'ai tout de suite &#233;t&#233; attir&#233;e par l'argile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'atelier Croix Baragnon : lieu de dialogue avec la terre et de dialogue avec les autres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, j'ai pris la rel&#232;ve de Nadia Panziera qui a cr&#233;&#233; l'atelier &#171; Croix Baragnon &#187;, prestigieux dans le domaine de la c&#233;ramique. C'est un lieu qui accueille du public adulte &#171; pour des activit&#233;s culturelles &#187;. D&#232;s le d&#233;part j'ai eu le sentiment de me trouver dans un lieu exceptionnel, un champ propice &#224; de nouvelles exp&#233;riences. Ici, j'ai une tr&#232;s grande libert&#233; dans ce que je suis amen&#233;e &#224; proposer. Pour les participants, c'est aussi un lieu privil&#233;gi&#233; car, accessible &#224; tous, avec un &#233;quipement performant : ils ne sont pas sollicit&#233;s pour &#234;tre rentable (v&#233;ritable &#171; pause &#187; dans leur r&#233;alit&#233; quotidienne), ils ne sont pas sanctionn&#233;s par des dipl&#244;mes, ni des encouragements. C'est avant tout un atelier d'amateurs, m&#234;me si certains deviennent professionnels et sont pour la plupart tr&#232;s engag&#233;s. C'est un espace de rendez-vous avec soi-m&#234;me gr&#226;ce au dialogue avec la terre au sein d'un groupe de 12-16 personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les personnes sont invit&#233;es &#224; se rendre disponible pendant un temps donn&#233; pour sentir, r&#233;fl&#233;chir, se questionner, exp&#233;rimenter, apprendre, partager, se rencontrer, faire seul ou ensemble&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le dit Ettore Sottsass (2013), c'est un lieu o&#249; l'on peut &#171; ensemble essayer de faire des choses avec les mains, ou avec les machines, de n'importe quelle fa&#231;on, non comme des boyscouts, ou comme des artisans, ni comme des ouvriers, et encore moins comme des artistes, mais comme des hommes, avec des bras, des jambes, des mains, des pieds, des poils, un sexe, de la salive, des yeux et une haleine &#187;. Mais comme le dit une participante, &#171; c'est un lieu de libert&#233; mais aussi de pr&#233;cision et de rigueur dans le travail : m&#234;me en &#233;tant amateur, on reste dans le rigoureux, on ne fait pas n'importe quoi avec la terre &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un lieu des possibles. J'ai tr&#232;s vite pris conscience de la richesse des participants dans beaucoup de domaines y compris celui du travail de la terre et comment cela pouvait &#234;tre utile pour s'aventurer ensemble vers des nouvelles d'exp&#233;riences, accessibles aussi bien aux n&#233;ophytes, qu'aux personnes exp&#233;riment&#233;es. Notre d&#233;nominateur commun, c'est la terre cette mati&#232;re vivante qui nous relie. &#171; L'atelier serait cet espace particulier pour faire et &#224; travers ce faire, &#234;tre amen&#233; &#224; ressentir, redevenir vivant, pousser les portes du r&#234;ve, et dans ce donner &#224; ressentir, produire du commun &#187; (C). C'est aussi un lieu o&#249; on se sent en s&#233;curit&#233;, avec les autres, et avec soi-m&#234;me : &#171; un lieu o&#249; j'exprime de moi avec bienveillance &#187; (Am).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cadre : la structure perm&#233;able de l'atelier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la prise en charge de cet atelier, je suis en questionnement permanent : quels types de propositions peuvent ouvrir un maximum des possibilit&#233;s tout en s'inscrivant dans un cadre clair ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s influenc&#233;e par ma participation au spectacle de danse &#8216;40 espontaneos &#187; de la chor&#233;graphe Maria La Ribot, j'ai eu l'intention de transposer cette exp&#233;rience v&#233;cue dans le cadre de l'atelier.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai retenu de cette exp&#233;rience qu'il n'est pas n&#233;cessaire de comprendre intellectuellement mais qu'il faut imaginer un cadre ou la comprehension vienne par l'acte physique comme nous l'avons exp&#233;riment&#233;. Au del&#224; Maria La Ribot nous a fait comprendre plusieurs choses &#224; savoir que la limite n'est pas une fronti&#232;re, qu'il n'y a pas de hi&#233;rarchie et la puissance du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis inspir&#233;e de cette exp&#233;rience pour imaginer l'atelier comme une &#171; structure perm&#233;able &#187; dans lequel se d&#233;roulerait les actions d'un collectif, dans le temps. Dans le temps car ainsi pourra simultan&#233;ment se construire une m&#233;moire collective, et construire une confiance entre nous. Cette structure admettrait l'erreur et la transgression et ouvrirait vers l'exploration de nouvelles possibilit&#233;s pour chacun et collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de mon accompagnement repose sur cette mani&#232;re de voir les choses avec des propositions th&#233;matiques et techniques renouvel&#233;es chaque ann&#233;e, qui servent de pr&#233;texte pour se mettre &#224; plusieurs dans un processus de cr&#233;ation. Les propositions &#233;voluent et se recr&#233;ent par rapport aux r&#233;ponses donn&#233;es par les participants. En m&#234;me temps je propose d'explorer diff&#233;rentes dimensions du travail avec la terre et avec d'autres mat&#233;riaux, permettant &#224; chacun de &#171; construire &#187; son propre cheminement. En fonction des th&#233;matiques, l'objectif peut varier autour d'un travail du volume, de la couleur, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque personne circule dedans, dehors, chacun y construit son propre itin&#233;raire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais comment entrer soi-m&#234;me en dialogue avec cette terre, tout en &#233;tant en dialogue avec les autres ? Notre d&#233;nominateur commun c'est l'argile, l'autre c'est le groupe et son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argile, une rencontre particuli&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre avec l'argile est une exp&#233;rience particuli&#232;re : son origine min&#233;rale, la multiplicit&#233; de sensation li&#233;e aux diff&#233;rents stades de la mati&#232;re : liquide, cr&#233;meux gluant, sec, cuit&#8230;. Dire la puissance de ce contact, l'humidit&#233;, la plasticit&#233; de cette mati&#232;re nous met en relation avec ce qui peut se transformer par nos gestes, le choix des outils, le projet d'une forme &#187; (C).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argile est recyclable &#224; l'infini ; on lui pr&#234;te aussi des vertus r&#233;paratrices. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#202;tre en contact avec l'argile dans l'atelier, c'est faire une exp&#233;rience individuelle et collective de ce que l'argile r&#233;veille en nous. F. nous dit &#171; mon plaisir, ce n'est pas dans la chose finie en g&#233;n&#233;ral, c'est dans ce que je fais ; c'est dans mes mains, quand &#231;a monte ; quand c'&#233;tait cuit, c &#8216;&#233;tait mort pour moi, un peu moins aujourd'hui, je m'habitue, mais c'est un peu moins vivant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Construction des rep&#232;res &#224; travers la mobilisation des sens &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aller vers un processus cr&#233;atif n&#233;cessite d'explorer et prendre conscience individuellement et collectivement de diff&#233;rentes exp&#233;riences relatives aux cinq sens : je recherche et sugg&#232;re des th&#233;matiques qui permettent d'explorer pour soi et avec les autres ces cinq sens ; je vais donner ici quelques exemples d'exp&#233;rience d'exploration de ces cinq sens dans le travail avec l'argile : &lt;br class='autobr' /&gt; - Toucher : &#224; travers la proposition d'une th&#233;matique de la peau : &#171; j'ai la masse de terre, j'ai tap&#233; tr&#232;s fort, des grains, cette texture qui appara&#238;t me parle &#187; comme de toucher ma peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Entendre ce que disent les objets : le son que produit l'eau dans la terre. Quelles images je vois &#224; partir de cette &#233;coute ? comment je peux amplifier ce son, cr&#233;er avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Voir : comment l'exp&#233;rience d'&#234;tre aveugle change et enrichit ma perception de ce que je vois, comment cela transforme ma perception de l'argile, comment je per&#231;ois un autre monde (Huxley, 1991) : &#171; tu nous fais travailler les yeux ferm&#233;s des terres avec des cailloux, du verre&#8230;.tu nous fais travailler &#224; deux.. &#187; ( Fg.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -	Go&#251;ter et sentir la terre, en explorant le monde de la gastronomie. Donner &#224; l'argile une place comme le sucre, la farine ou les &#339;ufs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce sujet Fg. explique &#171; la manipulation &#224; l'aveugle, on boit des trucs, on sent, et &#231;a &#231;a m'a toujours un peu &#233;nerv&#233;, m&#234;me si j'essaye de jouer le jeu. C'est tr&#232;s loin, c'est une sensibilit&#233; que je n'ai peut-&#234;tre pas d&#233;velopp&#233;e ; je n'ai pas une sensibilit&#233; musicale. Peut-&#234;tre que l'odorat et tous ces machins, j'aime sans doute plus toucher. Je crois qu'il y a cela. Mais ces moment-l&#224; je le reconnais, je crois savoir que cela a de l'importance, comme quand tu nous fais dessiner de la main gauche, pour d&#233;coincer certains nombres de choses dans l'imaginaire, dans la cr&#233;ativit&#233;&#8230;.je reste persuad&#233; que cela doit m'aider &#187; ( F.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -	Prendre conscience de son corps et de l'impact de la position dans laquelle on travaille la terre : coucher, assis ou debout, ce rapport &#224; la terre n'est pas le m&#234;me ; il s'agit alors d'explorer la proprioception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces exp&#233;riences sensorielles, je suis tr&#232;s attentive &#224; la mise en partage des ressentis : partage de ces exp&#233;riences, de nos doutes, de on ne sait pas o&#249; on va, partage de son propre cheminement : comme le dit A. &#171; c'est l'atelier du doute &#187;. Dans cette &#233;tape d'exp&#233;riences sensorielles, chacun commence &#224; se d&#233;tourner du r&#233;sultat, pour s'attarder sur le cheminement, et sur le regard qu'on porte sur soi et sur les autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'observation, l'&#233;coute et le partage peuvent aider chacun/e &#224; sentir qu'on peut faire au plus pr&#232;s de ce qu'on est, sans savoir comment et quand on y arrivera.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela renvoie &#224; l'exploration d'une connaissance de soi, de son expression et de son partage. Par la sensibilisation de cette mati&#232;re, l'argile, par les cinq sens, je propose la construction de rep&#232;res en d&#233;veloppant un &#233;tat d'&#233;coute qui mobilise la d&#233;couverte des cinq sens : chacun avec sa propre sensibilit&#233; permet &#224; l'autre de d&#233;couvrir un champ &#233;motionnel non explor&#233; (De Nazelle, 2010). Chaque personne pourra ainsi construire &#224; partir de ses propres rep&#232;res pour progresser dans ce cheminement.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ce sens que je propose d'accompagner chacun &#224; approfondir la mobilisation de diff&#233;rents sens autant dans ce que chacun fait avec la terre, mais aussi dans le regard sur ce que l'autre fait ce qui permet de r&#233;veiller ainsi l'&#234;tre sensible. En ce sens, accompagner le processus cr&#233;atif ne correspond pas &#224; accompagner &#224; cr&#233;er &#171; un bel objet &#187; mais &#224; accompagner une personne dans un cheminement et sa prise de conscience de tout une s&#233;rie de microd&#233;cisions : pendant qu'elle fait un objet : &#233;paisseur, texture, couleur, forme, proportion, rythme etc. qui vont impr&#233;gner l'objet de son caract&#232;re ou &#226;me et transmettra quelque chose d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire et se faire : un voyage dans des territoires d'errance, des zones &#224; risques, des zones de confort, vers une &#233;closion, pour soi-m&#234;me et avec les autres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour progresser dans ce cheminement, je cherche que chacun puisse se promener dans un territoire d'errance, puisse se confronter &#224; &#171; d'autres &#187;, &#224; d'autres disciplines. Je cherche &#224; d&#233;velopper la capacit&#233; &#224; se laisser surprendre, &#224; &#171; d&#233;stabiliser les acquis &#187; par rapport &#224; ce que la personne tient pour vrai, ou pour beau, et l'amener &#171; &#224; ressentir &#187; des &#233;motions dans le rapport qu'elle a, &#224; travers la th&#233;matique, avec la terre. J'ai une attention particuli&#232;re au partage de ce cheminement et au soutien dans le groupe pour que s'il y a une mise en p&#233;ril, les autres soient l&#224;. Comme l'&#233;crit une participante aux ateliers,&#171; se mettre en situation de &#171; cr&#233;er &#187; mobilise nos fragilit&#233;s, nos impasses, nos h&#233;sitations, parfois nos r&#233;ussites &#187;, et &#171; nos mains &#233;veillent quelque chose qui sommeille dans notre corps, oui, plus qu'un autre mat&#233;riau la terre nous invite &#224; ce corps &#224; corps &#187; (C.). &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce voyage dans des territoires d'errance, il y a des passages dans des zones &#224; risque pour chacun, qu'il faut affronter, seul, ou avec l'aide des autres : ce sont ces passages qui pourraient permettre &#171; une &#233;closion &#187;, pour soi-m&#234;me et avec les autres, parce qu'on aura &#233;t&#233; au-del&#224; de ce qu'on conna&#238;t, de soi, des autres, et de l'argile. Il y aura aussi des passages dans des zones de confort. Il s'agit alors de cr&#233;er les conditions pour basculer sans danger vers une zone &#224; risque, &#234;tre de temps en temps autre chose que ce que l'on croit &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#234;tre intens&#233;ment pr&#233;sent &#224; soi et son propre travail tout en &#233;tant attentif &#224; ce qui se passe autour ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer cela, je vais donner ici l'exemple d'une proposition et de ce que cela dit de soi et de la rencontre avec les autres. Dans cet exemple je voudrais souligner comment la terre devient un outil de lien avec les autres, aussi fort que l'&#233;change par la parole, comment le fait &#171; d'accoucher de quelque chose &#187; permet le passage &#224; &#171; &#234;tre &#224; l'aise dans le collectif &#187;, comment se construit cette prise de risque pour soi-m&#234;me, pour les autres, et pour l'atelier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une proposition de th&#233;matiques autour de &#171; habiter, s'abriter &#187; qui a &#233;t&#233; travaill&#233; il y a quelques ann&#233;es dans l'atelier, je souhaite plus particuli&#232;rement rendre compte de ce que cela a provoqu&#233; pour une participante, comment cela nous a permis collectivement d'identifier la dimension instinctive dans le fait de s'abriter et enfin de partager entre nous les &#233;motions qui peuvent y &#234;tre attach&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque participant se met au travail de ce que represente pour lui la th&#233;matique et se cherche son propre territoire, &#224; partir de sa propre vision de ce qui va le mettre &#224; l'abri.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7544 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.innovation-pedagogique.fr/local/cache-vignettes/L435xH203/biennale30-2-1180b.png?1647956453' width='435' height='203' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une participante (cf photo) reste &#224; regarder. Elle regarde de gauche &#224; droite les deux autres participantes qu'elles voient &#224; l'aise avec cette th&#233;matique. Elle est incapable de s'y mettre.. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'elle nous dira ensuite de ce qu'elle a ressentie alors : &#171; je me suis sentie une petite fille sans maison ; j'ai regard&#233; &#224; droite, &#224; gauche &#187;. Et dans ce regard &#224; droite et &#224; gauche, c'est le passage dans une zone &#224; risque que provoque la proposition : c'est le constat puis l'acceptation de cette r&#233;alit&#233; qu'elle vit de ne pas savoir s'abriter. Le passage dans cette zone &#224; risque pour elle-m&#234;me a n&#233;cessit&#233; un temps d'arr&#234;t : ce temps d'arr&#234;t dans le &#171; faire &#187;, c'est &#224; dire le &#171; non-faire &#187; me semble i&#231;i particulierement important ; c'est un non-faire dans un &#233;tat de pr&#233;sence &#224; soi m&#234;me et aux autres, la r&#233;velation de quelque chose qui se passe et lui permet de &#171; se faire &#187; ; partager avec le groupe le fait &#171; de ne pas savoir s'abriter &#187; permet l'&#233;mergence de son &#234;tre sensible, et la possibilit&#233; de s'exprimer sur l'impossibilit&#233; de faire &#224; ce moment l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand tout devient &#233;vident&#8230;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accompagner le processus cr&#233;atif, c'est sans doute &#234;tre t&#233;moin des &#233;mergences qui ne sont pas un aboutissement mais un &#233;tat ou tout semble converger, la complexit&#233; s'organiser, les questionnements nourrir l'action. Tout l'&#234;tre est intens&#233;ment engag&#233; en pens&#233;e, esprit et corps et &#231;a prend forme comme une &#233;vidence sinc&#232;re. La personne enti&#232;re est dans un &#233;tat de confiance. Il s'agit alors d'un &#233;tat de pr&#233;sence dans l'acte de cr&#233;ation, ou la personne va se r&#233;v&#233;ler dans un acte authentique. Il ne s'agit plus de beau, ou de parfait, il s'agit, &#224; travers l'argile de se montrer avec ses failles, &#234;tre fid&#232;le &#224; soi-m&#234;me. Dans cette &#233;tape d'&#233;closion &#224; soi-m&#234;me, le regard de l'autre, m&#234;me non verbalis&#233; est important, il me construit : &#171; Le temps y gagne en intensit&#233;, on ne sait pas encore ce qu'il peut arriver, mais on sait que quelque chose d'autre peut advenir&#8230;nous y voil&#224;, l'atelier serait cet espace particulier pour faire et &#224; travers ce faire, &#234;tre amen&#233; &#224; ressentir, redevenir vivant, pousser les portes du r&#234;ve.. &#187; ( C.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celui qui accompagne un processus cr&#233;atif, cet accompagnement renvoie &#224; sa propre sensibilit&#233;. Introduire explicitement cette dimension sensitive en mobilisant le go&#251;t, le regard, le toucher, l'ou&#239;e, permet de dire qu'accompagner &#224; &#171; faire &#187; de la c&#233;ramique peut ouvrir &#224; accompagner &#224; &#171; se faire &#187;, mais aussi que cet accompagnement &#171; &#224; faire et &#224; se faire &#187; invite &#224; transformer en permanence la mani&#232;re d'accompagner. Il ne s'agit plus de technique pour faire, il ne s'agit plus de produire une belle chose, il s'agit de se faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;part je suis partie de certaines intuitions, li&#233;es &#224; mon exp&#233;rience personnelle et mes convictions, aujourd'hui, je peux pr&#233;ciser qu'accompagner ce processus cr&#233;atif, ce n'est pas &#234;tre ext&#233;rieur au processus. Je participe comme les autres &#224; ce que nous sommes en train de construire, mais avec une attention et une vigilance particuli&#232;re &#224; chacun, et la construction de quelques rep&#232;res ici ou l&#224;. Je m'engage moi-m&#234;me dans cette zone &#224; risque qui &#233;tait jusqu'&#224; pr&#233;sent un peu myst&#233;rieuse pour moi : le fait d'&#233;crire cette communication me permet d'explorer ce processus et d'entamer un dialogue sur ce qui se passe dans l'atelier et comment on le fait. Mais dans l'accompagnement, je m'appuie beaucoup sur les groupes : je ne suis pas indispensable, cela peut se faire sans moi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atelier est un mouvement incessant gr&#226;ce aux participants qui passent d'une zone &#224; une autre, de l'errance &#224; la recherche d'une zone de confort ou des &#233;closions &#224; des nouvelles zones &#224; risque. L'observation et l'&#233;coute peuvent s'av&#233;rer des actes puissants. En ce sens, je suis comme les autres participants &#224; la recherche de ce qui a du sens pour moi dans le travail de la terre, qui exprime une partie de moi et qui se construit dans l'interaction avec l'ensemble du groupe. Mais cette exp&#233;rience, v&#233;cue &#224; partir des propositions d'explorations que le groupe s'approprie et qui fait &#233;merger ce qui est en nous, m'am&#232;ne aujourd'hui &#224; avoir envie de donner &#224; voir ce que pour moi accompagner le processus cr&#233;atif veut dire. Faire et se faire est bien ce que je cherche &#224; d&#233;velopper simultan&#233;ment pour chaque participant aux ateliers et collectivement, mais cela vaut aussi pour moi, dans ce que je vis &#224; travers l'accompagnement que je propose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huxley A. ( 1991 ). L'art de voir. Payot et Rivages&lt;br class='autobr' /&gt;
De Nazelle B. (2010). Le travail au champ d'argile, chemin de la connaissance de soi et de transformation , bas&#233; sur l'haptique. Revue francaise de yoga n.42&lt;br class='autobr' /&gt;
La Ribot Maria&lt;br class='autobr' /&gt;
Sottsass Ettore (2013). Revue de la c&#233;ramique et du verre n&#176;190&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avec des remerciements &#224; :&lt;br class='autobr' /&gt; - La mairie de Toulouse, &lt;br class='autobr' /&gt; - Caroline Auricoste et Marina Olabarrieta pour leur soutien dans la r&#233;daction de la communication &lt;br class='autobr' /&gt; - Anne M., Anne S., Chantal, Fran&#231;oise B., Fran&#231;oise L., H&#233;l&#232;ne qui ont accept&#233;s de partager leurs exp&#233;riences de l'atelier&lt;br class='autobr' /&gt; - Toutes les personnes qui ont particip&#233; et continuent de participer &#224; l'atelier, pour leur enthousiasme&lt;br class='autobr' /&gt; - Nadia et Alain Panzierra pour avoir cr&#233;&#233; cet atelier, et m'avoir accompagn&#233; dans cette aventure.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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