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L’origine des confusions autour du terme MOOC

3 septembre 2016 par Matthieu Cisel Veille 159 visites 0 commentaire

Un article repris de http://numpedago.hypotheses.org/15

Un article publié en mai 2016 sur le site numérique pédagogique de Mathieu Cisel

Bon, allez, malgré ce que je vous ai dit l’autre fois, je vous propose dans un petit billet de revenir sur les origines du terme MOOC. L’impact médiatique du phénomène (Bulfin, 2014 ; Kovanovic, 2015), notamment sur les réseaux sociaux (Shen & Kuo, 2015 ; Zhang, 2015), son appropriation par de multiples acteurs et l’évolution constante des dispositifs n’ont pas manqué de jeter un certain flou quant à la définition de l’objet. Le succès qu’ont rencontré les MOOC à partir de 2012 a conduit à de nombreux détournements plus ou moins intentionnels du terme, qui fut utilisé pour désigner aussi bien des live-tweets que des dispositifs de e-learning entièrement payants. On entend maintenant le terme MOOC à toutes les sauces, et c’est parfois un peu agaçant. Il n’y aura dans ce billet rien de révolutionnaire, pour ceux qui connaissent déjà un tant soit peu le sujet.

Le terme MOOC a été proposé en 2010 par le canadien Dave Cormier ; il faisait à l’origine référence à une poignée de cours ouverts à tous proposés par quelques techno-pédagogues à partir de 2008 (Daniel, 2012 ; Cisel & Bruillard, 2012). Le sigle désignait alors une série de formations s’inscrivant dans la lignée du cours intitulé Connectivism and Connective Knowledge, ou CCK08. Ce cours a été organisé pour la première fois en 2008 par Georges Siemens de l’Université d’Athabasca et Stephen Downes du National Research Council. Il rassembla 25 étudiants de l’Université de Manitoba et 2300 internautes ; les premiers recevaient des crédits d’enseignement tandis que les seconds n’y avaient pas droit. Les concepteurs se réclamaient du connectivisme (Siemens, 2004 ; Kop & Hill, 2008 ; Bell, 2011), une théorie de l’apprentissage basée sur les spécificités du Web 2.0 (Siemens & Conole, 2011). Les promoteurs de cette théorie insistent sur l’importance des ressources disponibles en ligne et des autres internautes dans le processus d’apprentissage. On parlera rétrospectivement de MOOC connectivistes, ou cMOOC, pour désigner les cours qui se réclament du connectivisme.

Ce n’est qu’en 2012, lorsque des universités américaines prestigieuses comme Stanford, Harvard ou le MIT s’emparent du concept, que les MOOC commencent à se faire connaître auprès du grand public (Papanno, 2012). A l’automne 2011 à Stanford, les équipes de Sebastian Thrun et Daphne Koller lancèrent de manière expérimentale et par leurs propres moyens leurs premiers cours d’intelligence artificielle et d’apprentissage machine ouverts à tous (Daniel, 2012 ; Cisel & Bruillard 2012). Face au succès de ces expérimentations, les startups Coursera et Udacity sont fondées, et le consortium edX se constitue ; les institutions s’emparent du phénomène et le mouvement se mondialise. En l’espace de quelques mois, des établissements du monde entier signent avec les principaux hébergeurs que sont alors edX ou Coursera.

Le changement de signification du terme a suscité un certain nombre de confusions, car si les cMOOC et les xMOOC partagent un certain nombre de points communs, notamment la gratuité des inscriptions, leur philosophie et leur mode de fonctionnement sont profondément différents (Bates, 2014). La diversité des acceptions du terme MOOC n’a probablement pas contribué à stabiliser sa définition. Nous procéderons dans le prochain billet à une définition du terme basée sur l’analyse des lettres qui composent le sigle. Tout dispositif de formation répondant aux critères ainsi explicités tombera sous la définition que nous avons adoptée. Cette approche basée sur une décomposition du sigle a le mérite de sa simplicité. Comment interpréter les termes Massif, Open, Online, et Course ? Je vous propose de revenir sur cette question dans le prochain billet.

PS : en ce qui concerne la bibliographie, j’ai créé un billet dédié dans un autre blog, pour des raisons de lisibilité : http://www.matthieucisel.fr/la-bibliographie-de-ma-these-sur-les-mooc/

Licence : CC by-sa

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