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Bac humanités numériques, littératie, programmation, informatique, école créative : les propositions du Conseil National du Numérique

23 octobre 2014 par Michel Briand Retours d’expériences 17 visites 0 commentaire

Un article repris de http://www.a-brest.net/article16576.html

"Quand on dit « numérique », la plupart des gens voient un ordinateur. Il faut aussi y voir un changement dans les savoirs, l’avènement d’une société de la question plutôt que de la réponse. Avec une école qui propose une organisation plus horizontale, plus coopérative, plus solidaire, plus créative." Sophie PENE,

Avec ce rapport, l’ambition du Conseil National du Numérique est de décrire cette vision de l’école d’un monde numérique en devenir, affrontant l’épreuve d’une société en pleine mutation, et de proposer des « chemins praticables » pour y parvenir. Les recommandations qu’il porte ont été pensées comme des pistes d’actions de court et de moyen termes pour redonner
du sens à l’Ecole dans la transition numérique.

Voté à l’unanimité, le rapport du CNNum avance plusieurs pistes pour bâtir ensemble “l’école créative et juste du 21e siècle”, autour de deux grands axes : Que faut-il enseigner et comment dans l’école de la société numérique ? et Comment redessiner un tissu éducatif ?

Voici extrait du communiqué de presse les 8 axes de propositions :

1. Enseigner l’informatique

Il est question d’enseigner la pensée informatique pour mieux comprendre le monde numérique qui nous entoure et être pleinement un citoyen actif dans la société ; mais aussi de profiter de l’enseignement de l’informatique pour introduire de
nouveaux modes d’apprentissage à travers des expériences, en mode projet, par essai-erreur. La condition est la formation d’un corps d’enseignants en informatique par la création d’un Capes et d’une Agrégation d’informatique.

2. Installer à l’école la littératie de l’âge numérique

La littératie c’est non seulement des savoirs, des compétences mais aussi des méthodes qui font qu’un individu peut être acteur de sa vie dans une
société numérique. Ancrer l’école dans cette dynamique, c’est inviter les élèves à participer à une culture et à une économie, fondée sur l’échange des savoirs, la coopération, la création.

3. Oser le bac HN Humanités numériques

Un bac qui reflète l’aventure de la jeunesse, avec la création numérique, le design mais aussi la découverte des big data, de la datavisualisation, des métiers informatiques et créatifs. Les lycées pourraient expérimenter très vite ce bac qui revitaliserait les études secondaires.

4. Concevoir l’école en réseau dans son territoire

Il faut changer les établissements avec un management réel, une vie d’équipe, des projets, de l’interdisciplinarité. Avancer en confiance avec les collectivités locales, le tissu économique local, les associations éducatives, les parents. L’école en réseau, c’est une nouvelle alliance éducative.

5. Lancer un vaste plan de recherche pour comprendre les mutations du savoir et éclairer les politiques publiques

Via une politique volontariste, 500 thèses nouvelles seraient lancées chaque année sur des sujets interdisciplinaires pour mieux décrypter les changements fondamentaux induits par la société numérique sur la transmission des savoirs et les méthodes d’apprentissage.

6. Mettre en place un cadre de confiance pour l’innovation

Toutes les parties prenantes (éditeurs scolaires, pure players du numérique, constructeurs, éditeurs logiciels, pôles de compétitivité) ont besoin de ce cadre pour innover et tester ensemble, avec les établissements et les collectivités locales. Il s’agit de partager des standards et de donner les cadres d’utilisation des données de l’éducation, de valoriser par l’indexation le référencement des ressources
pédagogiques partagées, de privilégier des écosystèmes riches de services et de fonctionnalités pour stimuler le désir d’apprendre et de travailler en groupe, enfin d’encourager la co-création (living labs,expérimentations).

7. Profiter du dynamisme des startups françaises pour relancer notre soft power

L’éducation numérique, c’est aussi un nouveau champ de l’économie, l’Ed- tech. L’économie numérique a commencé à réorganiser l’éducation de l’extérieur avec des initiatives disruptives comme l’école 42 , les Moocs, la Khan Academy. Des méthodes d’apprentissage innovantes fondées sur des technologies émergent (adaptive learning, data driven education, ...).

8. Ecouter les professeurs pour construire ensemble l’école de la société numérique

Aujourd’hui on achète des équipements et on demande aux professeurs de s’y adapter. Pour développer le numérique scolaire, il faut changer de méthode, rompre avec la logique de l’offre et de l’assignation, étudier avec les professeurs leurs besoins réels, pour qu’ils travaillent avec aisance, explorant leur liberté pédagogique et conservent le temps de la relation avec les élèves.

Pour Benoît THIEULIN, “Nous allons vers un véritable design des formations, c’est-à-dire une conception de services numériques au plus proche des élèves. L’école acteur majeur du partage des connaissances via le numérique, c’est une chance pour une industrie vraiment créative. Professeurs et entrepreneurs peuvent “pousser” ensemble un véritable web de l’apprendre.

Sophie PENE conclut : ‘“Notre éducation, notre école, sont embarquées dans la transition numérique. Ce chantier, vaste et complexe, il nous incombe de le conduire collectivement. C’est pourquoi ce rapport est confié à tous ceux qui souhaitent « bâtir l’école créative et juste dans un monde numérique ».

- Le rapport (pdf 119 pages )

- Le communiqué de presse

- Le dossier de presse

- Le site du groupe de travail

Contexte de l’auto saisine

Après le rapport “Citoyens d’une société numérique” qui analysait le numérique comme un levier de l’inclusion sociale et du pouvoir d’agir (novembre 2013), le Conseil national du numérique a identifié l’éducation comme un point nodal. Dans la continuité des ses travaux sur l’inclusion, le Conseil a ainsi constitué fin 2013 un groupe de travail dédié à l’éducation dans une société numérique, composé de Sophie Pène, membre pilote, Serge Abiteboul, Christine Balagué, Ludovic Blécher, Michel Briand, Cyril Garcia, Francis Jutand, Daniel Kaplan, Pascale Luciani-Boyer, Valérie Peugeot, Nathalie Pujo, Bernard Stiegler, Brigitte Vallée, membres du Conseil.

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